Romans Policiers d’Amérique du Nord
Les villes vont devenir le terrain de jeu favori de nombreux auteurs de polars nord américains.

Ces auteurs, devenus “chercheurs” en sociologie et anthropologie, vont proposer de précieuses et de troublantes analyses de milieux : de Los Angeles magnifiée et décortiquée par Chandler ou Ellroy, aux villes ouvrières du Nord-Est et Chicago en particulier, du Harlem, ghetto violent et délabré, de Chester Himes, à l’isolement des villes du Sud où la ségrégation règne toujours. Les auteurs s’attaquent et révèlent les villes qu’ils connaissent. Le polar s’épanouit, alors, bien loin de la carte postale.

Quand la ville s’embourgeoise, le roman policier nord américain explore les à-côtés et continue d’aller de plus en plus loin dans les banlieues ghéttoisées où bat le pouls de la misère sociale et se démènent des hors-la-loi prolétaires héroïques, dans la suburbain où la violence gratuite comble l’ennui d’une jeunesse des classes moyennes, dans les campagnes, les bleds de plus en plus miteux, où croupissent d’autres oubliés, aux frontières avec le Mexique ou dans le Grand Nord où l’on se planque. Dans des paysages de fermes délabrées devant lesquelles trainent des carcasses de véhicules corrodés est décrit l’ennui d’un monde rural repoussé en marge de la civilisation. Ces oubliés sombrent dans l’alcool, les drogues et la brutalité.

L’envers du décor planté, les protagonistes présentés, reste l’intrigue à sublimer. L’Histoire offre moult contextes: Guerres Mondiales, Guerre du Vietnam, la Ségrégation, l’assassinat de Martin Luther King, celui de Kennedy, le climat de la Guerre Froide, le maccarthysme, la lutte pour les droits des minorités afro-américaines ou amérindiennes… et le fait divers. À partir d’une histoire sordide réelle, beaucoup d’auteurs forgent des tragédies. Le fait divers est un révélateur des maux d’une société, le symptôme criant de ses malaises et tensions. Il est l’expression d’une violence latente.

En 1965, Truman Capote publie De Sang-Froid, récit de son enquête éprouvante sur le quadruple meurtre d’un fermier et de sa famille. Ce récit, analyse clinique de cette tragédie où noms propres, lieux et faits ne sont pas maquillés représente un roman noir de non-fiction. En 1987, James Ellroy débute sa tétralogie sur Los Angeles avec le Dahlia Noir. Deux policiers fictifs du LAPD enquêtent sur un fait divers réel : la découverte du corps mutilé d’Elizabeth Short en 1947 dans un terrain vague en bordure d’Hollywood. Le lecteur se trouve ainsi plongé dans l’Amérique des années 1950 loin de l’imagerie des fifties insouciantes.

 

Découvrez l’envers du Rêve Américain, des ruelles sombres de la métropole de Chicago du temps de la Prohibition aux grandes plaines de l’Oklahoma rural. Si vous êtes prêts à explorer cet inconnu, vous découvrirez le temps d’un road-trip littéraire les différentes facettes de la violence de l’Amérique du Nord.

 

 

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