Catégorie : Bibliothèque

  • HOW I MET BOOKS | Ray NDÉBI, auteur, coach creative writing & reading, traducteur camerounais

    Les livres, je suis né avec. Le paquet minimum apprêté pour ma naissance comportait un livre. je le sais, parce que ma mère lisait, peu importe la situation… J’ai donc rencontré très tôt la Littérature…
    Ma mère et ses sœurs étaient des lectrices insatiables qui se racontaient leurs pages, et moi j’appréciais la qualité de leur verbe. Je les admirais, espérant dans le plus grand secret que je serais un jour à même de construire un discours aussi riche et raffiné… Notre bibliothèque avait un ordre bien particulier, dont je ne peux que me souvenir pour l’avoir consultée dans un sens puis dans l’autre. A l’entrée, les livres de cuisine de ma mère, puis ceux sur la réussite du mariage près des ouvrages de Jacques Attali et quelques essais sur la politique et l’économie du Cameroun ; plus bas, Mongo Beti et Main basse sur le Cameroun, Dikongué Pipa, Amadou Diallo et son douloureux La mort de Diallo Telli qui m’a filé des cauchemars dans l’adolescence. Il m’a fallu aller à Conakry pour guérir du Camp Boileau. D’autres livres sur Amadou Ahidjo étaient adossés au Libéralisme communautaire de Paul Biya…


    Et en face de la porte principale, dans la salle de séjour, d’autres livres, de la Littérature pure… Le coin favori de ma mère pour les romans, et de mon père pour le whisky. Ma grande passion pour les deux vient de là. A chaque fois que je me rapprochais des livres, je me rapprochais du whisky… D’un côté, la poésie classique anglaise avec la traduction de chaque texte (ainsi j’apprendrai la traduction, observant chaque lettre avec soin), et de l’autre côté le premier livre que j’aie jamais lu… Black boy de Richard Wright… revenant vers ma mère avec mes critiques de 10 ans… En comparant le contexte du roman avec Shanghaï, le quartier dans lequel j’ai grandi à Douala, je lui ai dit que même avec son bâton, ce gamin ne s’en serait jamais sorti. Elle en avait ri. Puis, j’ai rencontré Ville Cruelle de Mongo Beti. L’adolescent que j’étais n’avait pas aimé.

    Alors j’ai poursuivi vers Hemingway, Verlaine, Ousmane, St-Exupéry, Dumas, Duras, Tutuola, Soyinka, Achebe, Sartre, Kafka que j’ai aussi peu aimé, Bebey, dont ma mère m’avait particulièrement parlé sous un sourire que je ne me décris toujours pas ; et tous mes camarades métis eurent pour mère Agatha Moudio.
    Plus tard, entre 17 et 21 ans, je revins vers tous ces livres. Je les relus avec le cœur passionné de ma mère et l’âme curieuse de l’enfant que j’étais à mes premières lectures. C’est durant ces quatre années que j’ai compris ce qu’est la Littérature. Les histoires s’étaient évaporées pour laisser place à l’esprit des auteurs. Et j’ai commencé une exploration approfondie des lettres.


    Mais il est toujours un livre que je refuse de lire. Le tout dernier que ma mère avait abandonné à son chevet, peu avant sa mort… Voyage au bout de la nuit de Céline. Elle ne l’a pas terminé, alors je ne le commencerai pas.


    Avoir été allaité et bercé entre deux pages, c’est ce qu’il pouvait m’arriver de plus magique. J’ai reçu des livres leur plus belle intimité… le secret de l’encre. Aujourd’hui je suis toujours cet enfant qui porte le cœur de sa mère.




  • AVEC LES Éditions Ifrikiya, Nguedi J.m Editions ET LES Editions CLE AU Lycée Classique De Nkolbisson

    Le mercredi 05 février dernier, la présidente de Acolitt, Pauline ONGONO, a été invitée au lycée classique de Nkolbisson, pour un échange sur le thème « Jeunesse et patrie ». Une initiative de la bibliothèque dudit établissement scolaire, coordonnée par madame DJOCGOUE Ursule.
    Comme co panelistes, Pauline ONGONO avait S.M. Jean-Claude AWONO (promoteur des Éditions IFRIKIYA), EDOUMA Oscar (directeur éditorial chez NGUEDI J.M. Éditions), M. PHOUET Maurice (enseignant et bibliothécaire à la retraite), madame DJOUSSE Xavière (enseignante) et Samuel SUFO (l’auteur du recueil de nouvelles  »L’inconnu(e) sur le selfie », paru chez IFRIKIYA).

    Il était question de faire le tour, selon les profils, sur les rapports de la jeunesse avec leur patrie et surtout circonscrire la notion de  »patrie ». Ainsi,  »L’inconnu(e) sur le selfie », les livres au programme scolaire camerounais, les réseaux sociaux, les comportements au sein de cet établissement scolaire, le rôle des parents et de l’Etat, le rôle des acteurs de la littérature, le roman « Le bal des sept collines » de Greg Nguedi… ont été mis sur la table pour relever des causes aux dérives des jeunes et à l’ignorance/la méconnaissance des symboles patriotiques ; pour soulever la conscience des auteurs en herbe dans la salle ; pour plaider pour des livres qui répondent aux questions des jeunes et correspondent au contexte présent…

    Avant ce moment d’échange, nous avons assisté à la remise des prix aux lauréats (élèves du lycée classique de Nkolbisson) des concours de poésie et compte rendu de lecture de  »L’inconnu(e) sur le selfie, organisés par les Éditions IFRIKIYA, primés par les Editions CLE, ayant comme président du jury Emmanuel Golobi, sous l’œil ravi du proviseur, madame NDONGO ESSOMBA et du patriarche et poète Richard LOBE.

     » JEUNESSE ET PATRIE « . On pourrait passer des heures à épiloguer sur le sujet, mais une chose est sûre, responsabilité et volonté sont des attitudes qui pourraient (re)mettre le train sur de bons rails.


    ACOLITT, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com


  • BIOLITT : OMGBWA YASSE Emmanuel Fabrice, expert en gouvernance des systèmes d’information

    OMGBWA YASSE Emmanuel Fabrice est un expert en gouvernance des systèmes d’information, titulaire d’un Diplôme Universitaire en Sciences de l’Information et des Bibliothèques (DUSIB) obtenu à l’Université Senghor d’Alexandrie, en Égypte (2022).

    De 2014 à 2024, il a accumulé plus de 40 expériences professionnelles, durant lesquelles il a piloté plusieurs projets d’informatisation de bibliothèques (Université de Yaoundé SOA, Conseil constitutionnel, Direction générale des impôts, Agnela Académie, Commission Nationale Anti-corruption, etc.).

    Expert en logiciels documentaires, il s’est particulièrement spécialisé dans le logiciel PMB, maîtrisant son évolution de la version 4.2 jusqu’à la version 8 actuellement en développement. Son expertise s’étend également à d’autres outils comme KOHA et les intelligences artificielles.

    Certifié en technologies Web, il dirige actuellement deux projets majeurs dans la gestion des archives en Afrique à savoir le portail des délais de conservation (financé par le Conseil International des Archives) et le premier logiciel open source hybride camerounais, en développement depuis 2023. A côté de cela, ses fortes capacités d’apprentissage autonome lui confèrent une expertise approfondie des normes et standards tels que ISO 19011, 31000, 30300, 15489, 11799, SEDA, MoReq, etc.

    Cette maîtrise lui a permis de publier plusieurs ouvrages, notamment :

    • « L’art de rédiger la politique d’archivage » en 2023
    • « L’art de rédiger les termes de référence » en 2024
    • « L’art d’auditer un système d’archivage » en 2021.

    En résumé, il représente une référence incontournable tant dans le domaine des archives que des bibliothèques, incarnant une véritable bibliothèque de savoir-faire.