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  • Les mots parlants de Diane-Annie TJOMB : quand la couverture devient parole poétique

    La couverture du recueil de poèmes Les mots parlants de Diane-Annie TJOMB se présente comme une véritable œuvre de sens, où l’image précède et annonce la puissance du verbe poétique. Bien plus qu’un simple habillage visuel, elle agit comme un texte silencieux qui prépare le lecteur à l’univers intérieur de l’auteure.


    Au centre, un visage féminin fragmenté incarne l’âme humaine, à la fois vulnérable et créatrice. Cette fissure symbolique suggère que la parole poétique naît souvent de la blessure, de l’intime et de l’indicible.

    Le cœur lumineux, offert par des mains ouvertes, renvoie à l’origine profonde des mots : un lieu d’émotion, de vérité et de don. La poésie apparaît ainsi comme une nécessité vitale, un souffle intérieur qui cherche à se dire.

    Autour de cette figure centrale, les éléments naturels : savane, arbres, ciel ouvert, inscrivent l’œuvre dans un espace à la fois africain et universel, évoquant la mémoire, l’enracinement et la transmission ; tandis que l’oiseau blanc, la colombe, qui s’élève au-dessus de la scène, vient apporter l’inspiration, la paix et l’élévation spirituelle. Et l’ensemble crée un dialogue entre la terre et le ciel, entre le vécu et le sacré.

    La palette de couleurs chaudes et contrastées accentue l’intensité émotionnelle de la couverture. Le fond neutre, lui, met en valeur l’illustration centrale.

    Le titre, LES MOTS PARLANTS, affirmé en rouge, annonce une poésie vivante, engagée, porteuse de sens, où chaque mot semble animé d’une voix propre.

    Le visuel de Les mots parlants fonctionne comme un seuil poétique : elle promet un recueillement profond, introspectif et lumineux, où la parole devient un acte de vérité. Avant même la lecture, l’image parle déjà et invite le lecteur à écouter.

    Pauline M.N. ONGONO


    Les mots parlants est un recueil de poèmes qui a paru aux Éditions KADEÏ en janvier 2026. Il coûte 5.000 FCFA. Il est disponible au Cameroun : à Yaoundé (Librairie des peuples noirs), à Douala, et peut être expédié partout. Il est aussi disponible en lecture payante sur www.appteere.com

    Contact : editionskadei@gmail.com ou +237 690195126


  • Expérience de lecture : Impasses amoureuses de Iya Boyo (Camerounaise)

    Dans son roman Impasses amoureuses, Iya Boyo explore avec finesse les complexités du sentiment amoureux. À travers une écriture sensible et introspective, elle plonge le lecteur dans les méandres des relations humaines, là où la passion se heurte aux réalités, aux blessures intérieures et aux contradictions de l’existence.

    Loin d’être une simple histoire d’amour, Impasses amoureuses se présente comme une radiographie émotionnelle du couple moderne. Il met en lumière ces moments de doute, ces carrefours existentiels où l’on se demande s’il faut continuer, s’arrêter ou se réinventer.
    Les personnages évoluent dans un univers où l’amour n’est ni idéalisé ni caricaturé. Il est vivant, fragile, parfois exaltant, parfois douloureux. L’auteure montre que l’impasse n’est pas nécessairement une fin, mais peut devenir un espace de réflexion, voire de transformation.

    Iya Boyo signe un texte profondément humain. Son écriture, à la fois fluide et analytique, laisse transparaître une grande sensibilité psychologique. Elle s’intéresse moins aux grands rebondissements qu’aux mouvements intérieurs : les silences, les hésitations, les blessures invisibles.
    À travers ses personnages, elle interroge :
    Qu’est-ce que l’amour véritable ?
    Peut-on aimer sans se perdre ?
    Jusqu’où peut-on aller pour sauver une relation ?
    Son approche dépasse la simple fiction : elle invite à une réflexion personnelle. Chaque lecteur peut s’y reconnaître, se questionner et, peut-être, y trouver des réponses.

    La couverture du roman attire immédiatement l’attention. Sur un fond rouge intense se détache une silhouette sombre, de dos, surmontée d’un point d’interrogation blanc au niveau de la tête. Ce visuel fort n’est pas anodin !
    Le rouge évoque la passion, l’amour ardent, mais aussi le danger et le conflit. Il rappelle que les sentiments amoureux peuvent brûler autant qu’ils réchauffent.
    La silhouette noire, anonyme, symbolise l’universalité de l’expérience : chacun peut se retrouver dans cette figure. Elle représente l’individu face à ses propres interrogations. Le point d’interrogation, placé à l’endroit du cerveau, souligne que l’impasse amoureuse est avant tout un combat intérieur. C’est l’esprit qui doute, qui analyse, qui hésite.
    La posture du personnage, les mains posées sur les hanches, suggère une confrontation : confrontation avec soi-même, avec l’autre, avec ses choix. La couverture de Impasses amoureuses devient ainsi une porte d’entrée psychologique dans l’univers du roman.

    Dans un monde où les relations semblent de plus en plus fragiles, Impasses amoureuses résonne comme un miroir de notre époque. Entre pressions sociales, attentes irréalistes et quête d’épanouissement personnel, l’amour est mis à rude épreuve.
    Iya Boyo ne moralise pas. Elle observe, analyse et raconte. Son roman ouvre un espace de dialogue sur la fidélité, l’engagement, la peur de l’abandon et la difficulté de concilier passion et responsabilité.

    Avec Impasses amoureuses, Iya Boyo affirme une voix littéraire singulière, marquée par la profondeur émotionnelle et la finesse d’analyse. Elle démontre que l’amour, loin d’être un thème banal, demeure un territoire complexe et inépuisable.
    Ce roman s’adresse à tous ceux qui ont déjà aimé, douté, espéré ou souffert. À ceux qui se sont retrouvés à un carrefour sentimental, cherchant une issue à une impasse. Car au fond, comme semble nous le rappeler Iya Boyo, une impasse n’est peut-être pas une fin… mais le début d’une prise de conscience.

    Pauline M.N. ONGONO


    – LIENS POUR TÉLÉCHARGER LE LIVRE NUMÉRIQUE (EBOOK)

    FNAC
    https://www.fnac.com/ia12257650/Iya-BOYO

    https://www.fnac.pt/mp26551457/Impasses-Amoureuses

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    BOOKMUNDO
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    https://www.bol.com/nl/fr/p/impasses-amoureuses/9300000248305928/

    AUTRES :
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    LIENS POUR COMMANDER LE LIVRE BROCHÉ

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    https://www.de-boekenmolen.nl/nl/boeken/9789403849263/impasses-amoureuses-iya-boyo

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    AUTRES :
    Taper sur internet « Impasses amoureuses Iya Boyo »


  • Expérience de lecture : BRIGADE 14 : JUDAS de Lois Irene NWAHA, Camerounaise

    BRIGADE 14 : JUDAS est un roman policier contemporain de 368 pages qui plonge le lecteur au cœur d’une enquête criminelle intense dans le Cameroun urbain. Publié aux éditions Tila Africa en février 2025, l’ouvrage mêle réalisme social, suspense procédural et drames familiaux.

    Lire ce roman est une expérience immersive et parfois déstabilisante. L’écriture de Lois Irene NWAHA est viscérale, notamment dans la description clinique et crue du meurtre. Le lecteur est immédiatement happé par le rythme haletant des premières pages.

    Le « Judas » : L’ombre de la trahison… Le titre n’est pas fortuit ! Dès l’exergue citant l’Évangile selon Matthieu (16:15-16), l’autrice prévient : quelqu’un a livré la famille.

    Le jour du meurtre… Un anniversaire de mariage au goût de sang. Un décor idyllique… Le Dr Charles Siewe, cardiologue dont la réputation n’est plus à faire, reçoit ses proches pour fêter ses trente ans d’union avec Hélène, surnommée affectueusement Ma’a Hé. Mais la fête prend fin brusquement lorsqu’un commando de trois hommes, décrits comme nerveux et imprévisibles, a forcé l’entrée de la résidence.

    Les témoignages recueillis sur place dépeignent une scène d’une brutalité froide. Malgré la coopération du médecin, qui a livré sans résistance la somme de cinq millions de francs CFA dissimulée dans son coffre, l’irréparable a été commis. Dans un ultime geste de défi, Hélène Siewe crache au visage de l’un des assaillants. La sentence tombe immédiatement : une balle en plein front, tirée à bout portant.

    Le projectile logé dans le barillet déboula à quatre mille kilomètres par heure hors du canon. (…) L’os frontal s’émietta sous la pression de la balle.

    Le calme habituel de la ville d’Edéa est rompu par une détonation qui résonne encore dans l’esprit des habitants. Ce qui devait être la célébration de trois décennies de mariage pour le Docteur Charles Siewe s’est mué en une scène de crime d’une rare violence.

    La ville est sous tension. L’émotion est vive. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité des biens et des personnes, mais aussi sur la déliquescence des liens familiaux face à l’appât du gain. Alors que le corps de Ma’a Hé repose désormais à la morgue, les regards se tournent vers le Dr Siewe, un homme brisé qui doit désormais affronter le silence de sa maison vide et les questions de plus en plus pressantes de la Brigade 14.

    L’enquête ne fait que commencer, mais une chose est certaine : le coupable n’est peut-être pas celui qui tenait l’arme, mais celui qui a ouvert la porte


    Devant l’inefficacité apparente des premières unités arrivées sur les lieux, l’état-major dépêche la « Brigade 14 », une unité d’élite de la gendarmerie basée à Kribi. Sous les ordres du Commandant Ousmanou Asser, un homme au regard d’acier marqué par trois balafres à la tempe, les enquêteurs tentent de remonter le fil d’une affaire plus complexe qu’il n’y paraît. Créée pour traiter les affaires criminelles de haute importance dans la zone littorale, la Brigade 14 s’est illustrée par sa discrétion et son efficacité. Composée d’éléments triés sur le volet, elle dispose de moyens techniques accrus, mais c’est avant tout le flair de ses hommes et femmes, comme le Commandant Ousmanou, qui fait sa renommée. Dans l’affaire « SIEWE », leur réputation est en jeu.
    Au sein de cette unité, la Maréchale de Logis Anky Ze incarne ce nouveau visage de la gendarmerie : une enquêtrice brillante mais hantée par la noirceur humaine qu’elle côtoie. « Cette maison sentait la mort. À notre entrée, j’avais cru pénétrer dans les enfers », confie-t-elle.

    L’enquête s’’oriente vers le cercle intime. Le titre de l’affaire, que certains officieux appellent déjà le « Dossier Judas », fait écho à cette vérité biblique : on n’est jamais trahi que par les siens. Plusieurs éléments troublent les enquêteurs : comment savaient-ils qu’une somme aussi importante se trouvait dans le coffre ce soir-là ? S’agissait-il d’un simple braquage qui a mal tourné, ou d’une exécution commanditée déguisée en vol ?

    L’ambiance dans ce roman se vit. On ressent l’humidité d’Edéa, l’odeur du « pipi de chat » des malfrats, la tension électrique des salles d’interrogatoire.
    Les enquêtes sont réalistes : nous sommes plongés dans les rouages complexes de la gendarmerie camerounaise, loin des clichés hollywoodiens. On y découvre des enquêteurs humains, confrontés au manque de moyens et aux pressions politiques du maire local.
    Lois Irène NWAHA dépeint avec acidité l’inefficacité initiale des forces de l’ordre locales et les faux-semblants de la bourgeoisie provinciale.

    Brigade 14 : Judas utilise les codes judiciaires de son contexte pour explorer les failles de la société camerounaise et la complexité des rapports familiaux. Le mystère du « Judas » tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Le contraste entre la fête d’anniversaire de mariage et le deuil brutal rend la tragédie de la famille Siewe particulièrement poignante.

    Ce roman peut s’imposer comme une pièce maîtresse du polar contemporain d’Afrique. Entre les murs d’une demeure bourgeoise d’Edéa, l’autrice tisse une toile où le crime n’est que la partie émergée d’un iceberg de secrets familiaux.
    Entre les relations conflictuelles entre belle-mère et belle-fille ; le passé de Charles, marqué par une infidélité ; la victime qui, loin de l’image de sainte, était capable de violence psychologique et de manipulation… La Brigade 14 a du pain sur la planche.

    Lois Irene NWAHA, pour avoir aussi lu son précédent polar – « Brigade 14 : L’affaire Cathy Nkeng », possède une plume visuelle, presque cinématographique. Elle n’épargne aucun détail au lecteur. D’une odeur à la précision anatomique d’une blessure, elle nous sert toutes les émotions. Le cadre spatial est également un personnage à part entière : Edéa, ville de passage, avec son humidité et son atmosphère pesante, rappelle à ceux qui y sont déjà allés des souvenirs d’outre roman. En outre, l’intégration d’expressions locales comme « ndem », « témé », « pandores », ancre le récit dans son contexte géographique et sociolinguistique.

    Brigade 14 : Judas dépasse le simple cadre de l’enquête policière. C’est une autopsie sociale qui questionne la loyauté et les conséquences de nos actes passés. Un roman haletant qui confirme que le « noir » a de beaux jours devant lui dans la littérature camerounaise.

    Prix : 7.000 FCFA

    Contact : +237 693412608 (WhatsApp)

    Pauline M.N. ONGONO

  • PAULINE ONGONO, LA GARDIENNE DES MAILLONS INVISIBLES – Par Elmagazine

    Il y a des pays où les écrivains montent sur scène sous les applaudissements.
    Et d’autres où ils écrivent longtemps dans le silence, avec pour seule certitude le désir d’être lus.
    Le Cameroun n’est pas un désert littéraire. Il est traversé de voix puissantes, de manuscrits vibrants, d’imaginaires vastes. Mais entre l’écriture et la reconnaissance, il existe un espace fragile. Un espace où les livres hésitent à circuler. Où les auteurs doutent. Où les textes cherchent leurs lecteurs. C’est dans cet espace que Pauline Ongono a choisi de vivre. Pas au centre. Pas sous la lumière. Mais là où tout peut se rompre sans que personne ne le remarque.

    Née dans les années 80 à Mbassila, dans la Lekié (région du centre, Cameroun), Ongono Pauline Marie Noelle appartient à cette génération qui a grandi avec des livres dans les mains et le monde dans l’imagination. Avant les écrans. Avant l’immédiateté. Bien avant les algorithmes.
    Sa vie littéraire ne commence pas avec ACOLITT. Elle commence avec des étagères. Avec l’odeur du papier. Avec les livres qu’elle range, qu’elle classe, qu’elle observe… Avec ceux qu’elle lit. Et avec ceux qu’elle voit passer.

    À onze ans déjà, elle sait. Elle travaillera avec les livres. Pas comme un rêve d’enfant. Mais comme une évidence calme.
    Le CLAC (Le Cercle de Lecture et d’Animation Culturelle) de Yaoundé est la première porte qui s’ouvre. Et là, elle comprend ce qu’il y avait de plus essentiel : les livres ne vivent pas seulement dans le silence. Ils vivent dans la rencontre. Dans la parole partagée. Dans l’animation. Dans le regard d’un lecteur qui découvre. Mais derrière les rayonnages, une sensation demeure. Les livres semblent attendre. Les auteurs aussi. Elle voit les manuscrits publiés trop vite. Les textes mal accompagnés. Les projets qui s’essoufflent faute de relais. Les ouvrages qui existent… mais ne circulent pas. Ce n’est pas un manque de talent.
    C’est un manque de lien. Alors elle choisit de devienir ce lien.

    Bien avant qu’ACOLITT n’existe, Pauline travaille. Elle préface. Elle postface.
    Elle anime des ateliers de lecture et de gestion de bibliothèques. Elle forme. Elle accompagne. Elle publie un texte dans « Sororité chérie » , aux Éditions Venus Ébène, aux côtés de trente-et-une femmes à travers le monde. Elle est déjà là, bien assise dans le système. Entière. Engagée. Fidèle.

    En janvier 2022, ACOLITT naît en fin. Non pas comme une ambition. Comme une réponse. Une ‘calebasse’, dit-elle. Un espace où rassembler les forces. Où faire en sorte qu’un livre ne s’éteigne pas après son impression. Où un auteur ne soit pas laissé seul avec son doute.

    Aujourd’hui, elle collabore avec des dizaines de maisons d’édition sur le continent. Elle a été primée en communication littéraire. Mais ce n’est pas ce qui la définit.
    Ce qui la définit, c’est la médiation.
    Cette manière de tenir les fils sans chercher à apparaître dans la tapisserie. Quand un manuscrit est fragile, elle ne le maquille pas. Elle ne prend pas la voix de l’autre. Elle la fortifie. Elle refuse le ghostwriting. Parce qu’elle croit que chaque auteur mérite sa propre maturation, sa propre respiration.

    À l’ère des facilités technologiques, Pauline défend une théorie simple : la littérature est humaine. Elle porte une responsabilité. Elle le rappelle souvent : un auteur est un éducateur. Son attitude compte. Son image compte. Son exigence compte.

    Pauline Ongono n’est pas une romancière en quête de projecteurs. Elle est une veilleuse. Une présence discrète qui empêche les ruptures. Une force tranquille dans un écosystème fragile. Une gardienne des maillons invisibles. Sa phrase préférée résume peut-être tout : « Lire des livres délivre. » Mais pour que les livres délivrent, il faut quelqu’un pour les porter. Pour les relier. Pour les défendre. Pour croire en eux quand ils ne tiennent pas encore debout.

    ACOLITT a quatre ans. Sa fidélité au livre, elle, a l’âge de ses premières étagères. Et peut-être que la vraie grandeur ne se mesure pas au bruit qu’on fait.
    Peut-être qu’elle se mesure aux ruptures qu’on empêche.
    Pauline Ongono est de celles qui empêchent les ruptures depuis le Cameroun.
    Et cela, profondément, mérite d’être célébré.

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  • Sharma ou la reine d’ébène d’Averroes Achour Korondo : un hymne passionné à la femme, à la femme centrafricaine

    Publié en 2022 aux éditions MAB à Yaoundé, Sharma ou la reine d’ébène s’impose comme un recueil profondément lyrique, à la croisée de la déclaration amoureuse et de l’hommage identitaire. À travers plus de cinquante poèmes, l’auteur célèbre la femme centrafricaine dans toute sa beauté, sa dignité et sa force morale.


    Une femme, un pays, une identité

    Dès l’ouverture du recueil avec « La Beauté Centrafricaine », le ton est donné. Le poète élargit son chant bien au-delà d’une seule femme pour embrasser toute une nation :

    Femme zandé
    Femme gbaya
    Femme nzakara
    Femme yakoma, (p.1)

    Par cette énumération des identités ethniques, Sharma devient un symbole. Elle incarne la diversité et l’unité du cœur de l’Afrique. L’auteur insiste sur la résilience féminine :

    Celle qui se sacrifie pour l’avenir de ses enfants (p.1)

    La femme y est présentée comme pilier social, socle familial et moteur d’espérance.


    Sharma, muse et lumière

    Sharma est aussi l’aimée, la muse, la lumière intime du poète. Dans « Sharma La Lune », l’amour se teinte d’images célestes :

    Sharma allume des étoiles dans mes yeux
    Elle est plus belle et apaisante que le coucher du soleil  (p.3)

    Cette comparaison cosmique traduit une admiration sans limite. Plus loin, dans « Ma Prunelle », l’auteur magnifie sa beauté intérieure :

    Ta beauté intérieure naturelle brillera à jamais pour
    Nourrir mon âme. (p.5)

    Loin d’un simple éloge physique, le poète célèbre une beauté spirituelle et éternelle.
    L’amour écrit à l’encre du cœur.
    Le poème « Stylo d’amour » résume peut-être le mieux l’essence du recueil. L’écriture devient acte amoureux :
    Le texte révèle une poésie instinctive, spontanée, où l’émotion prime sur l’ornement stylistique. La sincérité est la principale force du livre.

    Passion et sensualité assumées

    L’ouvrage ne se limite pas à l’amour idéalisé. Il explore aussi la sensualité avec franchise. Dans « Sharma la reine du soir », le désir s’exprime sans détour :

    Mes baisers t’envahissent toute entière désormais ma reine
    Et je te déguste comme la rosée du matin (p.27)

    Cette dimension charnelle cohabite avec une vision presque sacrée de l’union amoureuse. Dans « Le roi et sa reine d’ébène », l’amour devient fusion, alliance, destin partagé.

    Ces deux cœurs qu’il a pris jadis
    N’en font plus qu’un maintenant (p.19)


    Entre douleur et renaissance

    Le recueil explore également la souffrance de l’absence et de la rupture. Dans « Ma dulcinée », la vulnérabilité masculine est assumée, presque revendiquée :

    Pourquoi es-tu partie ? Je n’ai plus de compagnie (p.14)

    Sharma, c’est la déesse de la fidélité retrouvée. Dans « Elle incarne la fidélité » :

    Je ne pensais pas
    Que parmi toutes celles-là, il y a une qui incarne
    La fidélité (p.24)

    L’amour devient réparation et guérison morale. Une guérison qui aboutit à la vie. Un moment fort du recueil : « Amour d’un père », où l’amour donne naissance. La relation dépasse la passion pour devenir famille, transmission et avenir.

    Enfin tu es un papa, mon roi, c’est le cri de ton bébé  (p.23)

    Une poésie de sincérité

    Si l’écriture d’Averroes Achour Korondo reste simple, parfois répétitive, elle est portée par une authenticité indéniable. Les multiples « Je t’aime », notamment dans « Sharma la joie », traduisent une ferveur presque adolescente, mais profondément assumée :

    Je t’aime, je t’aime
    Et je suis tellement fou de toi (p.18)


    Sharma ou la reine d’ébène apparaît ainsi comme une déclaration d’amour totale à une femme, à une culture, à une nation. Un recueil qui, au-delà de la romance, pose un regard valorisant sur la femme africaine et rappelle que l’amour peut être à la fois passion, combat et renaissance.

    Pauline M.N. ONGONO, présidente et directrice de ACOLITT, analyste littéraire


  • Guillaume NANA et les grains de poussière au lycée d’Anguissa

    Il est 11h30 ce 04 février quand Guillaume NANA, écrivain camerounais, arrive au sein du lycée d’Anguissa, un établissement public de Yaoundé. Une heure après, après l’installation des élèves de 6e de cet établissement, le staff présent a pu lancer les festivités.

    Pour sceller leur appartenance à la belle nation camerounaise, ces élèves ont chanté l’hymne national avec bravoure, comme de vaillants soldats conscients de ce qu’ils sont le fer de la nation.

    Pour rappel, Guillaume NANA est l’auteur de « Grains de poussière », un recueil de nouvelles qui a été longtemps au programme scolaire camerounais, et dont les extraits de textes meublent encore les ouvrages d’enseignement de francais ; à l’exemple de celui de la classe de 6e. Par ce fait, il était question de permettre un échange entre ces élèves et l’écrivain, afin de les rapprocher un peu plus des mots et des maux qu’ils posent dans ses textes.

    Vu les nombreuses activités liées à la semaine de la jeunesse, cet échange a duré une heure, mais surtout 60 minutes enrichissantes qui n’ont pas laissé, nous en sommes sûrs, ces élèves indifférents.

  • LITTÉRATURE ET BRAILLE

    Le vendredi 30 janvier 2026, Acolitt participe à la remise des Prix aux lauréats des concours de lecture à voix haute et d’écriture de nouvelles en braille, au CMPJ de Biyem-Assi, à Yaoundé. L’événement est organisé par l’Association SOMSO, en partenariat avec Greensol, sous le thème 𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐛𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞, 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐝’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞.

    Sur l’invitation Mme Sandrine YONE, présidente de l’Association Somsó qui encadre des personnes en déficience visuelle depuis plus dune quinzaine d’années, Ray Ndébi, vice-président d’ACOLITT a vécu une journée riche en ateliers de pâtisserie, performances musicales et lectures d’extraits de roman en braille.

    Pour cette édition, ACOLITT offre au lauréat du concours d’écriture un accompagnement intégral, afin d’améliorer son écriture et le préparer à l’écriture de qualité et à l’édition.

  • D’encre et de MATATEYOU : l’Echo de l’Encre des Mum se fait entendre

    D’encre et de MATATEYOU : l’Echo de l’Encre des Mum se fait entendre

    29 janvier 2026… Il est presque 16 heures quand la Librairie des peuples noirs de Yaoundé, lieu chargé d’une belle histoire de la littérature africaine car elle porte l’empreinte de son fondateur, l’illustre Mongo Beti, a accueilli plusieurs générations de personnes avides d’initiatives de la scène littéraire africaine et camerounaise en particulier. La raison était aussi simple qu’unique : rendre un hommage au professeur Emmanuel MATATEYOU, non seulement par des paroles, mais aussi à travers le deuxième numéro de la revue littéraire « L’Echo de l’Encre des Mums », une initiative de l’association littéraire L’encre des Mums – regroupement des écrivains du département du Noun (Ouest – Cameroun).

    Sous la maestria de Viviane MOLUH, auteure de plusieurs romans et secrétaire générale de l’association, loisir a été de voir défiler, juste après le mot du président de l’association, monsieur Pierre POCHANGOU, des jeunes écrivaines du collectif, Aminatou Ndam Bendia et Khamila Ndayou, qui, à travers leurs note et revue de lecture de cette parution autour du professeur, ont plongé l’assistance dans le bain, incitant les uns et les autres à acheter un exemplaire, pour en savoir plus. Un bal de témoignages aussi poignants les uns que les autres a pris le pas… Des « Ah ! » des « Waouh ! », de belles émotions étaient au rendez-vous des témoignages laissés par la fille du professeur MATATEYOU, ses étudiants et autres jeunes qu’il a encadrés en écriture ou en culture bamoun, le vice-recteur de l’université de Ngaoundéré, le Pr Daouda, qui a fait le déplacement exprès pour témoigner de son affection, son admiration, son respect… à un professeur MATATEYOU encore en vie. Comme l’avait chanté l’artiste camerounais Longue Longue : « Témoignez-moi quand je suis encore en vie ! », l’association littéraire L’encre des Mum l’a compris et nous a servi une belle galette qui nous permet d’apprendre un peu plus sur l’Homme MATATEYOU dans son entièreté.


    Ce moment a connu la présence d’autres figures de l’espace littéraire camerounais comme Josée MELI (critique littéraire), Ray NDEBI (coach littéraire), Laetitia DONG (auteure), Avouzoa d’Ekoulikang (auteure), Louis EBENE (auteur), Salif MFORAIN (auteur), Aristide OLAMA (auteur), Serges NGOUNGA (auteur) et la liste est loin d’être exhaustive. Et chacun y allait de ses félicitations pour cette initiative.
    En effet, Trop de « bibliothèques » meurent avec leurs histoires réelles. Nos livres d’histoire actuels sont encore, pour la majorité, loin de la véritable histoire de notre pays, de notre continent. Des initiatives comme celle-ci contribuent, sans nul doute, à ne plus être spectateurs de la préfabrication de notre histoire. « L’Echo des Mums » est donc disponible auprès du collectif. Nous vous invitons à l’acheter, non seulement pour vous abreuver de sages connaissances, mais aussi pour soutenir cette association, qui vit sa deuxième année sur l’espace littéraire.


    Pauline M.N. ONGONO

  • Bonjour tout le monde !

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