
Samedi 21 février 2026…
Écrire l’amour a toujours été aussi complexe qu’écrire la mort ; ce sont deux composantes de la vie qui surprennent l’auteur et le glissent très souvent dans une expression inachevée, tant il semble désarmé face aux multiples axes qui peuvent être empruntés. Écrire les deux ensemble, l’un comme conséquence de l’autre, s’avère donc une tâche ardue. C’est justement l’exercice auquel l’auteure de Réalités épineuses s’est soumise dans son roman de 20 chapitres, paru chez Éclosion en 2023.
BREF APERÇU…
Dassihara et Gérémy, les deux personnages principaux, ne se doutent pas que la passion qui les unit va devoir faire face à quelque chose de bien plus grand que deux cœurs qui battent, ne demandant qu’à avoir la liberté de s’unir. Dans un texte par lequel Amina NDAM fait découvrir sa plume aux lecteurs, une diversité de thèmes entre foi, tradition, famille, culture et destinée, il va s’ouvrir un univers d’exploration exceptionnel avec plusieurs horizons qui se croisent pour former un tout entraînant.
LECTURE FAITE PAR LE 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB…
Dans le nouvel espace de la bibliothèque LA MAISON DES SAVOIRS, au quartier Étoudi à Yaoundé, les membres du club de lecture 15 Pages Par Jour se sont donné rendez-vous pour un autre échange critique autour de ce roman dont le contenu semble se poursuivre par-delà les 333 pages. Plusieurs thèmes ont meublé la séance ; habituellement, les séances modérées par The Ghost suivent un canevas qui va toujours de ce que chacun a ressenti au fil de la lecture, à la note attribuée par chaque lecteur.
LE RESSENTI GÉNÉRAL…
Célestine, poétesse et auteure de Écoute !, recueil paru chez Luppepo, a apprécié la densité du texte, ainsi que sa richesse, compte tenu de l’âge de l’auteur qui fait ses premiers pas dans la vingtaine ; comme pour Danielle, relectrice, elle a trouvé le texte captivant d’un bout à l’autre. Érine, bibliothécaire, a partagé ce même point de vue, en évoquant le voyage qui s’offre et le tourisme qui fait explorer d’autres régions et cultures du Cameroun. Raphaël, très porté sur la fluidité, a indiqué ne pas avoir pu terminer la lecture bien qu’ayant obtenu le livre en premier, parce que le texte lui a paru long et parfois lourd, mais aussi à cause du lexique local qui l’a obligé à aller consulter les définitions en début de livre à plusieurs reprise. The Ghost, de son côté, a confessé, comme Danielle, que certaines difficultés liées à la lecture sont le fruit de fautes et autres insuffisances ; s’il a reconnu l’importance du travail exprimé par Amina NDAM, il a déploré le peu de regard accordé à cet aspect lors des différents processus de fabrication du livre.

LE PERSONNAGE MARQUANT…
« Le roi », Danielle n’a pas hésité une seule seconde. Pour elle, il joue son rôle à la perfection et a été réussi par l’auteure ; personnage que The Ghost n’a pas particulièrement apprécié à cause du peu de vertu qu’il perd facilement au nom de l’amour et aussi son esprit froid et calculateur. Selon lui, c’est Sacha, l’ex-copine de Gérémy ; c’est une jeune femme libertine certes, mais peu conditionnée dans son existence et toujours orientée sur le chemin de la vie. Sa volonté de vivre est exceptionnelle. Célestine et Raphaël sont allés dans le sens de la mère de Dassihara ; la poétesse particulièrement apprécie combien la femme dédie toute son énergie pour le bien de sa fille, malgré le contexte musulman et un mari qui ne demande qu’à marier la jeune femme au roi Abdel Malick.
LA QUALITÉ DE L’ÉCRITURE…
Il a été unanime que le volet éditorial est fortement à revoir, comme il est devenu récurrent dans l’univers littéraire aujourd’hui.
L’AMOUR ET LA MORT…
Arrivé à ce stade, les autres participants, nouveaux au club ou visiteurs, parmi lesquels l’écrivaine Viviane Moluh Peyou, ont pu participer et donner leurs avis, puisqu’on passait à l’impact du livre. La question posée par The Ghost a soulevé beaucoup de passions : Est-il normal de mourir pour l’amour ? La question trouve ses racines dans la relation entre Gérémy et Dassihara. Le garçon savait qu’il perdrait sa vie s’il s’entêtait à vouloir épouser sa belle ; destinée au roi, elle a marqué le premier pas d’un rite qui engageait sa vie. Entre Viviane qui assure qu’à un certain âge, quand la cœur est fou, on ne craint rien… propos partagés par Pauline Ongono, présidente d’ACOLITT ; et d’autres comme Laura qui pensent que rien n’est au-dessus de la vie, il a fallu près d’une heure, rien que pour ce point, et il a fallu s’arrêter et promettre de poursuivre plus tard. C’est aussi cela, les intrigues fortes, elles savent créer des débats et construire les esprits.
DIEU ET LES TRADITIONS…
Ce point est l’un des plus fréquents quand un texte met un accent majeur sur les traditions et, pour cette séance aussi, les échanges ont été nourris. L’auteure Amina Ndam a su offrir, au fil de son écriture, plusieurs champs à explorer. L’équilibre entre la religion catholique et les traditions ancestrales bamoun est si saisissant qu’on ne peut que rester admiratif devant la maturité d’une plume pourtant encore à ses débuts, et encore verte dans son âge.
LA NOTE…
En totalisant les votes du jour, Réalités épineuses, le roman d’Amina Ndam également membre du club de lecture 15 Pages Par Jour, a reçu la note de 8.5/10. Avec un comité éditorial effectif, ou un relecteur professionnel, il ne fait aucun doute que cette plume présente un intérêt certain.
Le 21 mars, Une rencontre avec un pervers narcissique de Yvonne MASSABE sera le livre à l’honneur.
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Ray NDÉBI, critiqué littéraire





















