BRIGADE 14 : JUDAS est un roman policier contemporain de 368 pages qui plonge le lecteur au cœur d’une enquête criminelle intense dans le Cameroun urbain. Publié aux éditions Tila Africa en février 2025, l’ouvrage mêle réalisme social, suspense procédural et drames familiaux.
Lire ce roman est une expérience immersive et parfois déstabilisante. L’écriture de Lois Irene NWAHA est viscérale, notamment dans la description clinique et crue du meurtre. Le lecteur est immédiatement happé par le rythme haletant des premières pages.
Le « Judas » : L’ombre de la trahison… Le titre n’est pas fortuit ! Dès l’exergue citant l’Évangile selon Matthieu (16:15-16), l’autrice prévient : quelqu’un a livré la famille.
Le jour du meurtre… Un anniversaire de mariage au goût de sang. Un décor idyllique… Le Dr Charles Siewe, cardiologue dont la réputation n’est plus à faire, reçoit ses proches pour fêter ses trente ans d’union avec Hélène, surnommée affectueusement Ma’a Hé. Mais la fête prend fin brusquement lorsqu’un commando de trois hommes, décrits comme nerveux et imprévisibles, a forcé l’entrée de la résidence.
Les témoignages recueillis sur place dépeignent une scène d’une brutalité froide. Malgré la coopération du médecin, qui a livré sans résistance la somme de cinq millions de francs CFA dissimulée dans son coffre, l’irréparable a été commis. Dans un ultime geste de défi, Hélène Siewe crache au visage de l’un des assaillants. La sentence tombe immédiatement : une balle en plein front, tirée à bout portant.
Le projectile logé dans le barillet déboula à quatre mille kilomètres par heure hors du canon. (…) L’os frontal s’émietta sous la pression de la balle.
Le calme habituel de la ville d’Edéa est rompu par une détonation qui résonne encore dans l’esprit des habitants. Ce qui devait être la célébration de trois décennies de mariage pour le Docteur Charles Siewe s’est mué en une scène de crime d’une rare violence.
La ville est sous tension. L’émotion est vive. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité des biens et des personnes, mais aussi sur la déliquescence des liens familiaux face à l’appât du gain. Alors que le corps de Ma’a Hé repose désormais à la morgue, les regards se tournent vers le Dr Siewe, un homme brisé qui doit désormais affronter le silence de sa maison vide et les questions de plus en plus pressantes de la Brigade 14.
L’enquête ne fait que commencer, mais une chose est certaine : le coupable n’est peut-être pas celui qui tenait l’arme, mais celui qui a ouvert la porte
Devant l’inefficacité apparente des premières unités arrivées sur les lieux, l’état-major dépêche la « Brigade 14 », une unité d’élite de la gendarmerie basée à Kribi. Sous les ordres du Commandant Ousmanou Asser, un homme au regard d’acier marqué par trois balafres à la tempe, les enquêteurs tentent de remonter le fil d’une affaire plus complexe qu’il n’y paraît. Créée pour traiter les affaires criminelles de haute importance dans la zone littorale, la Brigade 14 s’est illustrée par sa discrétion et son efficacité. Composée d’éléments triés sur le volet, elle dispose de moyens techniques accrus, mais c’est avant tout le flair de ses hommes et femmes, comme le Commandant Ousmanou, qui fait sa renommée. Dans l’affaire « SIEWE », leur réputation est en jeu. Au sein de cette unité, la Maréchale de Logis Anky Ze incarne ce nouveau visage de la gendarmerie : une enquêtrice brillante mais hantée par la noirceur humaine qu’elle côtoie. « Cette maison sentait la mort. À notre entrée, j’avais cru pénétrer dans les enfers », confie-t-elle.
L’enquête s’’oriente vers le cercle intime. Le titre de l’affaire, que certains officieux appellent déjà le « Dossier Judas », fait écho à cette vérité biblique : on n’est jamais trahi que par les siens. Plusieurs éléments troublent les enquêteurs : comment savaient-ils qu’une somme aussi importante se trouvait dans le coffre ce soir-là ? S’agissait-il d’un simple braquage qui a mal tourné, ou d’une exécution commanditée déguisée en vol ?
L’ambiance dans ce roman se vit. On ressent l’humidité d’Edéa, l’odeur du « pipi de chat » des malfrats, la tension électrique des salles d’interrogatoire. Les enquêtes sont réalistes : nous sommes plongés dans les rouages complexes de la gendarmerie camerounaise, loin des clichés hollywoodiens. On y découvre des enquêteurs humains, confrontés au manque de moyens et aux pressions politiques du maire local. Lois Irène NWAHA dépeint avec acidité l’inefficacité initiale des forces de l’ordre locales et les faux-semblants de la bourgeoisie provinciale.
Brigade 14 : Judas utilise les codes judiciaires de son contexte pour explorer les failles de la société camerounaise et la complexité des rapports familiaux. Le mystère du « Judas » tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Le contraste entre la fête d’anniversaire de mariage et le deuil brutal rend la tragédie de la famille Siewe particulièrement poignante.
Ce roman peut s’imposer comme une pièce maîtresse du polar contemporain d’Afrique. Entre les murs d’une demeure bourgeoise d’Edéa, l’autrice tisse une toile où le crime n’est que la partie émergée d’un iceberg de secrets familiaux. Entre les relations conflictuelles entre belle-mère et belle-fille ; le passé de Charles, marqué par une infidélité ; la victime qui, loin de l’image de sainte, était capable de violence psychologique et de manipulation… La Brigade 14 a du pain sur la planche.
Lois Irène NWAHA
Lois Irene NWAHA, pour avoir aussi lu son précédent polar – « Brigade 14 : L’affaire Cathy Nkeng », possède une plume visuelle, presque cinématographique. Elle n’épargne aucun détail au lecteur. D’une odeur à la précision anatomique d’une blessure, elle nous sert toutes les émotions. Le cadre spatial est également un personnage à part entière : Edéa, ville de passage, avec son humidité et son atmosphère pesante, rappelle à ceux qui y sont déjà allés des souvenirs d’outre roman. En outre, l’intégration d’expressions locales comme « ndem », « témé », « pandores », ancre le récit dans son contexte géographique et sociolinguistique.
Brigade 14 : Judas dépasse le simple cadre de l’enquête policière. C’est une autopsie sociale qui questionne la loyauté et les conséquences de nos actes passés. Un roman haletant qui confirme que le « noir » a de beaux jours devant lui dans la littérature camerounaise.
Il y a des pays où les écrivains montent sur scène sous les applaudissements. Et d’autres où ils écrivent longtemps dans le silence, avec pour seule certitude le désir d’être lus. Le Cameroun n’est pas un désert littéraire. Il est traversé de voix puissantes, de manuscrits vibrants, d’imaginaires vastes. Mais entre l’écriture et la reconnaissance, il existe un espace fragile. Un espace où les livres hésitent à circuler. Où les auteurs doutent. Où les textes cherchent leurs lecteurs. C’est dans cet espace que Pauline Ongono a choisi de vivre. Pas au centre. Pas sous la lumière. Mais là où tout peut se rompre sans que personne ne le remarque.
Née dans les années 80 à Mbassila, dans la Lekié (région du centre, Cameroun), Ongono Pauline Marie Noelle appartient à cette génération qui a grandi avec des livres dans les mains et le monde dans l’imagination. Avant les écrans. Avant l’immédiateté. Bien avant les algorithmes. Sa vie littéraire ne commence pas avec ACOLITT. Elle commence avec des étagères. Avec l’odeur du papier. Avec les livres qu’elle range, qu’elle classe, qu’elle observe… Avec ceux qu’elle lit. Et avec ceux qu’elle voit passer.
À onze ans déjà, elle sait. Elle travaillera avec les livres. Pas comme un rêve d’enfant. Mais comme une évidence calme. Le CLAC (Le Cercle de Lecture et d’Animation Culturelle) de Yaoundé est la première porte qui s’ouvre. Et là, elle comprend ce qu’il y avait de plus essentiel : les livres ne vivent pas seulement dans le silence. Ils vivent dans la rencontre. Dans la parole partagée. Dans l’animation. Dans le regard d’un lecteur qui découvre. Mais derrière les rayonnages, une sensation demeure. Les livres semblent attendre. Les auteurs aussi. Elle voit les manuscrits publiés trop vite. Les textes mal accompagnés. Les projets qui s’essoufflent faute de relais. Les ouvrages qui existent… mais ne circulent pas. Ce n’est pas un manque de talent. C’est un manque de lien. Alors elle choisit de devienir ce lien.
Bien avant qu’ACOLITT n’existe, Pauline travaille. Elle préface. Elle postface. Elle anime des ateliers de lecture et de gestion de bibliothèques. Elle forme. Elle accompagne. Elle publie un texte dans « Sororité chérie » , aux Éditions Venus Ébène, aux côtés de trente-et-une femmes à travers le monde. Elle est déjà là, bien assise dans le système. Entière. Engagée. Fidèle.
En janvier 2022, ACOLITT naît en fin. Non pas comme une ambition. Comme une réponse. Une ‘calebasse’, dit-elle. Un espace où rassembler les forces. Où faire en sorte qu’un livre ne s’éteigne pas après son impression. Où un auteur ne soit pas laissé seul avec son doute.
Aujourd’hui, elle collabore avec des dizaines de maisons d’édition sur le continent. Elle a été primée en communication littéraire. Mais ce n’est pas ce qui la définit. Ce qui la définit, c’est la médiation. Cette manière de tenir les fils sans chercher à apparaître dans la tapisserie. Quand un manuscrit est fragile, elle ne le maquille pas. Elle ne prend pas la voix de l’autre. Elle la fortifie. Elle refuse le ghostwriting. Parce qu’elle croit que chaque auteur mérite sa propre maturation, sa propre respiration.
À l’ère des facilités technologiques, Pauline défend une théorie simple : la littérature est humaine. Elle porte une responsabilité. Elle le rappelle souvent : un auteur est un éducateur. Son attitude compte. Son image compte. Son exigence compte.
Pauline Ongono n’est pas une romancière en quête de projecteurs. Elle est une veilleuse. Une présence discrète qui empêche les ruptures. Une force tranquille dans un écosystème fragile. Une gardienne des maillons invisibles. Sa phrase préférée résume peut-être tout : « Lire des livres délivre. » Mais pour que les livres délivrent, il faut quelqu’un pour les porter. Pour les relier. Pour les défendre. Pour croire en eux quand ils ne tiennent pas encore debout.
ACOLITT a quatre ans. Sa fidélité au livre, elle, a l’âge de ses premières étagères. Et peut-être que la vraie grandeur ne se mesure pas au bruit qu’on fait. Peut-être qu’elle se mesure aux ruptures qu’on empêche. Pauline Ongono est de celles qui empêchent les ruptures depuis le Cameroun. Et cela, profondément, mérite d’être célébré.
Publié en 2022 aux éditions MAB à Yaoundé, Sharma ou la reine d’ébène s’impose comme un recueil profondément lyrique, à la croisée de la déclaration amoureuse et de l’hommage identitaire. À travers plus de cinquante poèmes, l’auteur célèbre la femme centrafricaine dans toute sa beauté, sa dignité et sa force morale.
Une femme, un pays, une identité
Dès l’ouverture du recueil avec « La Beauté Centrafricaine », le ton est donné. Le poète élargit son chant bien au-delà d’une seule femme pour embrasser toute une nation :
Par cette énumération des identités ethniques, Sharma devient un symbole. Elle incarne la diversité et l’unité du cœur de l’Afrique. L’auteur insiste sur la résilience féminine :
Celle qui se sacrifie pour l’avenir de ses enfants (p.1)
La femme y est présentée comme pilier social, socle familial et moteur d’espérance.
Sharma, muse et lumière
Sharma est aussi l’aimée, la muse, la lumière intime du poète. Dans « Sharma La Lune », l’amour se teinte d’images célestes :
Sharma allume des étoiles dans mes yeux Elle est plus belle et apaisante que le coucher du soleil (p.3)
Cette comparaison cosmique traduit une admiration sans limite. Plus loin, dans « Ma Prunelle », l’auteur magnifie sa beauté intérieure :
Ta beauté intérieure naturelle brillera à jamais pour Nourrir mon âme. (p.5)
Loin d’un simple éloge physique, le poète célèbre une beauté spirituelle et éternelle. L’amour écrit à l’encre du cœur. Le poème « Stylo d’amour » résume peut-être le mieux l’essence du recueil. L’écriture devient acte amoureux : Le texte révèle une poésie instinctive, spontanée, où l’émotion prime sur l’ornement stylistique. La sincérité est la principale force du livre.
Passion et sensualité assumées
L’ouvrage ne se limite pas à l’amour idéalisé. Il explore aussi la sensualité avec franchise. Dans « Sharma la reine du soir », le désir s’exprime sans détour :
Mes baisers t’envahissent toute entière désormais ma reine Et je te déguste comme la rosée du matin (p.27)
Cette dimension charnelle cohabite avec une vision presque sacrée de l’union amoureuse. Dans « Le roi et sa reine d’ébène », l’amour devient fusion, alliance, destin partagé.
Ces deux cœurs qu’il a pris jadis N’en font plus qu’un maintenant (p.19)
Averroes Achour KORONDO, aujourd’hui Axel Presnel Averroes KORONDO MOBEZAORO
Entre douleur et renaissance
Le recueil explore également la souffrance de l’absence et de la rupture. Dans « Ma dulcinée », la vulnérabilité masculine est assumée, presque revendiquée :
Pourquoi es-tu partie ? Je n’ai plus de compagnie (p.14)
Sharma, c’est la déesse de la fidélité retrouvée. Dans « Elle incarne la fidélité » :
Je ne pensais pas Que parmi toutes celles-là, il y a une qui incarne La fidélité (p.24)
L’amour devient réparation et guérison morale. Une guérison qui aboutit à la vie. Un moment fort du recueil : « Amour d’un père », où l’amour donne naissance. La relation dépasse la passion pour devenir famille, transmission et avenir.
Enfin tu es un papa, mon roi, c’est le cri de ton bébé (p.23)
Une poésie de sincérité
Si l’écriture d’Averroes Achour Korondo reste simple, parfois répétitive, elle est portée par une authenticité indéniable. Les multiples « Je t’aime », notamment dans « Sharma la joie », traduisent une ferveur presque adolescente, mais profondément assumée :
Je t’aime, je t’aime Et je suis tellement fou de toi (p.18)
Sharma ou la reine d’ébène apparaît ainsi comme une déclaration d’amour totale à une femme, à une culture, à une nation. Un recueil qui, au-delà de la romance, pose un regard valorisant sur la femme africaine et rappelle que l’amour peut être à la fois passion, combat et renaissance.
Pauline M.N. ONGONO, présidente et directrice de ACOLITT, analyste littéraire
Il est 11h30 ce 04 février quand Guillaume NANA, écrivain camerounais, arrive au sein du lycée d’Anguissa, un établissement public de Yaoundé. Une heure après, après l’installation des élèves de 6e de cet établissement, le staff présent a pu lancer les festivités.
Pour sceller leur appartenance à la belle nation camerounaise, ces élèves ont chanté l’hymne national avec bravoure, comme de vaillants soldats conscients de ce qu’ils sont le fer de la nation.
Pour rappel, Guillaume NANA est l’auteur de « Grains de poussière », un recueil de nouvelles qui a été longtemps au programme scolaire camerounais, et dont les extraits de textes meublent encore les ouvrages d’enseignement de francais ; à l’exemple de celui de la classe de 6e. Par ce fait, il était question de permettre un échange entre ces élèves et l’écrivain, afin de les rapprocher un peu plus des mots et des maux qu’ils posent dans ses textes.
Vu les nombreuses activités liées à la semaine de la jeunesse, cet échange a duré une heure, mais surtout 60 minutes enrichissantes qui n’ont pas laissé, nous en sommes sûrs, ces élèves indifférents.
Le vendredi 30 janvier 2026, Acolitt participe à la remise des Prix aux lauréats des concours de lecture à voix haute et d’écriture de nouvelles en braille, au CMPJ de Biyem-Assi, à Yaoundé. L’événement est organisé par l’Association SOMSO, en partenariat avec Greensol, sous le thème 𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐛𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞, 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐝’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞.
Sur l’invitation Mme Sandrine YONE, présidente de l’Association Somsó qui encadre des personnes en déficience visuelle depuis plus dune quinzaine d’années, Ray Ndébi, vice-président d’ACOLITT a vécu une journée riche en ateliers de pâtisserie, performances musicales et lectures d’extraits de roman en braille.
Pour cette édition, ACOLITT offre au lauréat du concours d’écriture un accompagnement intégral, afin d’améliorer son écriture et le préparer à l’écriture de qualité et à l’édition.
29 janvier 2026… Il est presque 16 heures quand la Librairie des peuples noirs de Yaoundé, lieu chargé d’une belle histoire de la littérature africaine car elle porte l’empreinte de son fondateur, l’illustre Mongo Beti, a accueilli plusieurs générations de personnes avides d’initiatives de la scène littéraire africaine et camerounaise en particulier. La raison était aussi simple qu’unique : rendre un hommage au professeur Emmanuel MATATEYOU, non seulement par des paroles, mais aussi à travers le deuxième numéro de la revue littéraire « L’Echo de l’Encre des Mums », une initiative de l’association littéraire L’encre des Mums – regroupement des écrivains du département du Noun (Ouest – Cameroun).
Sous la maestria de Viviane MOLUH, auteure de plusieurs romans et secrétaire générale de l’association, loisir a été de voir défiler, juste après le mot du président de l’association, monsieur Pierre POCHANGOU, des jeunes écrivaines du collectif, Aminatou Ndam Bendia et Khamila Ndayou, qui, à travers leurs note et revue de lecture de cette parution autour du professeur, ont plongé l’assistance dans le bain, incitant les uns et les autres à acheter un exemplaire, pour en savoir plus. Un bal de témoignages aussi poignants les uns que les autres a pris le pas… Des « Ah ! » des « Waouh ! », de belles émotions étaient au rendez-vous des témoignages laissés par la fille du professeur MATATEYOU, ses étudiants et autres jeunes qu’il a encadrés en écriture ou en culture bamoun, le vice-recteur de l’université de Ngaoundéré, le Pr Daouda, qui a fait le déplacement exprès pour témoigner de son affection, son admiration, son respect… à un professeur MATATEYOU encore en vie. Comme l’avait chanté l’artiste camerounais Longue Longue : « Témoignez-moi quand je suis encore en vie ! », l’association littéraire L’encre des Mum l’a compris et nous a servi une belle galette qui nous permet d’apprendre un peu plus sur l’Homme MATATEYOU dans son entièreté.
Ce moment a connu la présence d’autres figures de l’espace littéraire camerounais comme Josée MELI (critique littéraire), Ray NDEBI (coach littéraire), Laetitia DONG (auteure), Avouzoa d’Ekoulikang (auteure), Louis EBENE (auteur), Salif MFORAIN (auteur), Aristide OLAMA (auteur), Serges NGOUNGA (auteur) et la liste est loin d’être exhaustive. Et chacun y allait de ses félicitations pour cette initiative. En effet, Trop de « bibliothèques » meurent avec leurs histoires réelles. Nos livres d’histoire actuels sont encore, pour la majorité, loin de la véritable histoire de notre pays, de notre continent. Des initiatives comme celle-ci contribuent, sans nul doute, à ne plus être spectateurs de la préfabrication de notre histoire. « L’Echo des Mums » est donc disponible auprès du collectif. Nous vous invitons à l’acheter, non seulement pour vous abreuver de sages connaissances, mais aussi pour soutenir cette association, qui vit sa deuxième année sur l’espace littéraire.
Bonjour, Marel Fleuri et merci d’avoir accepté de participer à ce jeu de questions. Vous êtes auteur, homme de loi, très engagé dans l’écriture et diverses activités littéraires dans votre continent et dans d’autres.
L’écriture est souvent un voyage qui commence dans l’enfance. Pouvez-vous nous parler de votre premier rapport aux mots, aux histoires ? Y a-t-il un livre, un conteur ou une anecdote fondatrice qui a éveillé en vous le désir d’écrire ?
Écrire, à mon avis, relève de l’innéisme ; c’est quelque chose d’inné, avant qu’un événement ne vienne déclencher la flamme… Puis, on se met à écrire. On se lance en littérature. Pour ce qui me concerne, j’ai été habitué d’abord à lire par mon père, qui était enseignant. Donc, je lisais ses documents dès l’école primaire et au collège. C’est au Lycée que je me lance dans l’écriture. J’écrivais des poèmes, imitant les grands poètes de la littérature congolaise, africaine et française… Je voulais leur ressembler et donc faire comme eux. C’est en cherchant à me détacher d’eux que naissait progressivement l’inspiration. J’ecrivais sous l’œil attentif de mes professeurs, des amis et un oncle paternel qui consacrait beaucoup son temps à m’apporter sa critique littéraire. Il enseignait à l’université. Enfin, pour reprendre les mots de Nicolas BOILEAU : « Avant d’écrire, il faut lire. » Je suis moi-même un lecteur.
Votre parcours personnel et professionnel (en dehors de la littérature) influence-t-il votre écriture ? De quelle manière ?
L’ecrivain est celui qui dépeint la société ; celui qui décrit le monde autour de lui. Rien n’est imaginaire si ce n’est de la fiction littéraire. J’admets que ma plume, outre mes lectures, recherches et découvertes, est le reflet de mon parcours personnel (milieu social) et professionnel, que j’exprime par des figures de style. J’écris suite à un ressenti, à une réaction, à une découverte… pour que l’inspiration cadre avec l’existentielle.
Comment définiriez-vous votre « laboratoire » d’écriture ? Avez-vous des rituels, des conditions particulières (lieu, heure, supports) pour écrire ?
Tout dépend du moment où l’inspiration arrive. L’inspiration peut arriver soudainement ou progressivement, pendant la sieste, en mangeant, en me promenant, en privé, en famille… Il m’est arrivé d’écrire en plein vol. Ma plume est naturelle et n’obéit à aucune condition préalable.
Votre livre « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL » a été salué lors d’un appel à textes de la maison d’édition La perle noire. D’où est venue l’étincelle initiale de ces textes ?
Je dois rappeler que c’est juste la profondeur de l’inspiration qui est le socle de ma plume. Sur la forme, je suis partisan du Classicisme. J’apprecie un poème quand il y a la rime, l’assonance, la versification… Au début de ma plume, j’écrivais des
poèmes en vers libres, mais en admirant le style classique, j’ai rectifié ces vers et les ai transformés en poèmes classiques. Dans le fond, je vise toujours un message à travers mes écrits. Je n’écris pas pour écrire. J’ecris pour porter un message et je m’adresse à mon époque. Pour rappel, quelques poèmes de ce recueil, je les ai rédigés en plein dans le ciel notamment « Climaticide ». Il s’agissait, avec ce poème, d’attirer l’attention du monde actuel, des dirigeants actuels, pour agir en faveur du climat, de la protection de l’environnement, afin d’épargner les générations futures des fléaux que nous provoquons à cause de nos comportements climaticides. Outre cette thématique, j’ai aussi mis l’accent sur l’ « Afritude ». c’est un concept de l’engagement, de la détermination, de la mise en valeur de soi en tant qu’Africain. C’est un appel à dépasser la Négritude, qui longtemps à incarner la réclamation de l’identité des « Noirs». Avec l’Afritude, travaillons, écrivons… sans faire du bruit mais avec un impact pour la valorisation de notre identité. Notre respect ne viendra pas des autres, mais de nous-mêmes, de la façon dont nous la concevons, de la façon dont nous nous faisons respecter… au lieu de crier dans les tribunes du monde.
Sans être exhaustif, je pense que cette profondeur a su toucher le comité d’organisation du Prix Littéraire La Perle Noire, qui a salué mon œuvre, son contenu et sa qualité. D’ailleurs, si je ne me trompe pas, le mot « Climaticide » va rejoindre le dictionnaire français de 2026. c’est une victoire pour toute la littérature africaine d’expression française et un signe qu’elle est au service des peuples francophones confrontés à des défis climatiques d’envergure.
Vous écrivez en français. Comment travaillez-vous la langue, le rythme de vos phrases ? Pensez-vous à incorporer des sonorités, des expressions ou une musicalité issues du congolais ?
Je fais partie des auteurs africains d’expression française. Ce qui veut dire qu’à la base, il y a la langue du terroir, sonorités, expressions et musicalité que l’on retrouve forcement. Les lieux indiqués dans certains extraits sont des lieux qui existent, à l’instar de Nji-Nji, qui est l’appellation traditionnelle de la ville de Pointe-Noire ; pareille pour Foa, qui est l’ancienne appellation de la ville de Brazzaville. Vous retrouverez des noms comme Issapa, qui est une zone ayant appartenu à mes ancêtres paternels, ou la Ndeko, qui est une rivière qui mène au village de mes parents maternels. Si cela est rendu peu visible en poésie, dans les prochaines parutions, tel le projet de Nouvelles qui sera intitulé « Contes et Anecdotes de chez moi », la Congolité trouvera toute sa place, toute sa couleur.
« LES TROMPETTES », votre premier recueil de poèmes, se ancre profondément dans l’histoire et la réalité sociale. Comment abordez-vous la responsabilité (ou la liberté) de l’écrivain face à cet héritage souvent lourd et complexe ?
L’ecrivain est un acteur social de haut rang. On vient à l’écriture pour perpétuer cette responsabilité, hériter de nos prédécesseurs. On ne se contente pas de dénoncer les vices et les travers mais aussi de construire l’harmonie, de susciter la foi en un avenir meilleur, de rappeler à chaque génération sa part de contribution attendue par notre société, pour qu’elle soit meilleure. Tout se perd si dans une société, les écrivains ne font pas leur travail : la conscientisation du peuple, le rappel à l’élite dirigeante, le rôle de la jeunesse dans la résolution des fléaux qui la persécute… C’est cette responsabilité que je porte à travers ma plume ; et elle se ressent à travers mon recueil de poèmes « LES TROMPETTES ou POEMES DE LA PREMIERE FEUILLE ».
Il vise à décrire, dépeindre, denoncer, rappeler, détendre, attirer une certaine attention dont chaque poème sous-tend une thématique donnée : le travail, la haine, la jalousie, la dépravation des mœurs, le rôle des jeunes dans une société. Redépeindre l’Afrique comme une terre de valeurs et non une terre de malheur… Cette responsabilité consiste, pour moi, à m’adresser à ceux de mon temps ainsi qu’à notre postérité, afin qu’ils savent que la littérature est une arme constructive quand on la remplit d’œuvres de qualité.
La littérature africaine, et congolaise en particulier, connaît un dynamisme extraordinaire. Comment vivez-vous cet « être-auteur » congolais aujourd’hui, sur la scène locale et internationale ? Nous rappelons d’ailleurs que « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL » a paru en France le 14 septembre dernier.
Je dois rappeler que le monde littéraire d’aujourd’hui est en mutation. Celle-ci est due au déclin de la place du livre comme instrument d’acculturation et l’avènement des nouvelles technologies. Ce qui exige des auteurs plus d’originalité dans leurs œuvres pour attirer l’attention, susciter l’intérêt… L’ « être-auteur » congolais se retrouve donc face à cette réalité. Mais, au regard des distinctions enregistrées par les auteurs congolais tant au pays qu’à l’étranger, l’ « être-auteur » congolais se porte mieux et se montre résilient sur la scène locale et internationale. Pour ce qui est de « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL », le recueil est déjà disponible en ligne ; l’éditeur se charge de la mise en vente sous différentes plates-formes.
Quels sont les auteurs congolais (classiques ou contemporains) ou africains qui vous ont marqué, influencé, ou que vous admirez tout simplement et que vous aimeriez recommander ?
Je suis admirateur de tous mes prédécesseurs et je leur rends hommage. Certains, tels TCHICAYA-DE-BOEMPIRE, Jean MALONGA…, je les ai honorés dans lun de mes poèmes qui paraîtra prochainement. Plusieurs parmi eux m’ont marqué et je m’inspire d’eux Henri LOPES, TATI LOUTARD, Guy MENGA, TCHICAYA-U-TSAM’SI, Henri DJOMBO, Sony Labou TANSI, Emmanuel DONGALA… je vous les recommande avec plaisir.
ACOLITT pour une littérature dynamique !
Au-delà du récit, quelle est, selon vous, la fonction de la littérature ? Que peut-elle apporter, guérir ou provoquer dans une société comme la société congolaise ?
La littérature est une arme multifonctionelle. Elle est constituée d’écrits qui vise à humaniser l’homme, à nourrir son cerveau de savoir. Elle éduque, elle conseille. Elle est le refuge des âmes transgressées par les injustices sociales et un moyen pour eux de se faire entendre ou d’etre défendues. Il en va de même pour la société congolaise dont la jeunesse en a grandement besoin, face aux multiples ravages déshumanisants des réseaux sociaux. On doit non seulement écrire mais aussi susciter l’intérêt de la lecture chez le public. La littérature a un rôle important à jouer au sein de la société congolaise. Elle doit rappeler aux uns l’impérieuse nécessité de l’unité nationale après de moments de perturbations connues, la paix sociale dans une société à dominance jeune où ils doivent être des acteurs clés pour le développement du pays… La littérature doit être comme une table à manger, un feu de cuisine ou un puits d’eau autour duquel chacun vient se servir, se réchauffer, s’abreuver et garder une part pour les autres. Elle doit jouer ce rôle de formation d’un esprit patriotique, culturel, travailleur, engagé… et d’information sur les dangers présents et futurs afin que nous ne soyons pas ceux et celles qui vont causer à notre postérité, un tas de malheurs. D’où mon appel contre les attitudes climaticides, le respect des aînés par les jeunes…
Être le lauréat d’un concours d’écriture influence-t-il votre perception de votre carrière d’écrivain ? Change-t-il quelque chose à votre regard sur votre propre travail, ou à la manière dont vous envisagez la suite de votre parcours d’écrivain ?
Sans détour, être lauréat n’est pas qu’un simple honneur. C’est une grande responsabilité. Par conséquent, cela influence votre manière de travailler, car il faudra toujours garder la barre haute et continuer à inscrire son nom dans l’histoire et honorer son pays. A partir de là, les choses deviennent très sérieuses. Votre manière de travailler change et vous portez grande attention à tout ce que vous écrivez ainsi qu’à tout ce que vous dites. En plus d’être lauréat au Prix La Perle Noire 2025, j’ai été sélectionné dans la catégorie Poésie, pour figurer dans l’anthologie de poésie africaine et afro-descendante, Sénégal NJAAY, 2025 (la parution est envisagée pour bientôt).
Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos prochains projets littéraires ?
Ma plume est abondante. Je travaille sur des genres variés : poétique, narratif (roman, nouvelles, contes…) et théâtrale. Je dispose d’environs cinq (05) projets de recueils de poèmes, de sept (07) projets de romans, de deux (02) projets de nouvelles, de deux (02) projets de contes et d’un (01) projet d’une pièce théâtrale ; sans mentionner les projets en cours d’écriture. Je ne publie pas aussitôt après écriture. Je prends le temps de me relire et de faire l’autocritique. J’apprends à me référer à d’autres plumes, à me conformer aux règles en vigueur afin d’éviter de tomber dans la dark-romance. Par exemple, la plupart des poèmes qui constitue le recueil « LES TROMPETTES » sont mes œuvres du Lycée. C’est à l’Université que j’ai rédigé la plupart des projets de romans. Je ne suis pas pressé de publier. Je dois jauger de la qualité de mon œuvre avant de le confier à un éditeur. Je profite de cette occasion pour remercier les éditeurs avec lesquels j’ai déjà travaillé pour leur rigueur et leur assistance. Avec votre permission, je cite : les éditions ReCréation, Les éditions La Perle Noire, Les éditions Le Lys Bleu.
Quels conseils ou quel message d’encouragement auriez-vous aimé recevoir lorsque vous avez écrit votre première ligne et que vous adresseriez aux jeunes plumes congolaises ?
Pour rappel, j’ai commencé à écrire parce que je ressentais l’envie d’écrire, de passer un message, de traduire ce qui m’arrivait en tête. C’est ainsi que j’ai beaucoup rédigé de l’Université à ce jour. Malgré les deboires avec certains éditeurs au départ, jusqu’à ce que je travaille avec les éditions ReCréation, ma peine était d’avoir des ouvres mais de manquer d’éditeurs qui accepte de m’accompagner. Ça a été difficile à digérer. Le conseil qui me convenait et que je partage avec les jeunes plumes, c’est d’écrire et ne pas se lasser ; et de se rapprocher des aînés pour pallier certaines difficultés que nous, écrivains, traversons : trouver, à ses débuts, un éditeur. Autre chose, il y a le coté vente : le livre est « commerciable » mais pas commercial. Autrement dit, le livre est à vendre mais ne rend pas riche. Votre travail s’arrête à la parution de l’œuvre, le reste c’est le travail de l’éditeur. Toutefois, le résultat de la qualité de votre œuvre va jouer de beaucoup. Prenons donc suffisamment le temps de bien soigner nos œuvres, pour résister à la rouille que les réseaux sociaux veulent imposer aux auteurs. La plus grande joie pour tout auteur est : d’une part, la parution de son œuvre ; d’autre part, la distinction qu’il en recevra.
Si vous deviez sauver un seul livre de votre bibliothèque (en dehors des vôtres !), lequel serait-il et pourquoi ?
Cette question est difficile, extrêmement difficile ! Je respecte tous mes aînés, confrères et consœurs écrivains… alors, ne sauvons que le livre contenant les « 42 lois du Maat », en raison des valeurs morales qu’il contient, lesquelles notre époque peut bien s’en référer et s’en servir car constructives par essence.
« L’amitié n’est pas une prise en charge. », a-t-on l’habitude de lire, d’entendre, de dire même. Mais quelle est la définition réelle de l’amitié ? Pourquoi donne-t-on ce titre d’ami à une personne ? Pour y répondre, je ne fouille aucun dictionnaire, celui de mon expérience me dit que c’est cette personne qu’on laisse pénétrer dans notre intimité sociale, à qui on peut tout dire, à qui l’on doit apporter assistance en toute circonstance, celui à qui l’on peut confier sa bière ouverte 🥴 Attention ‼️ Il faut qu’il y ait, et c’est non négociable, réciprocité.
Pauline_Parle_Seulement
Dans l’espace littéraire, des personnes se plaignent du non soutien des autres acteurs du livre, allant même jusqu’à définir, jambes croisées dans leurs salons, les objectifs que devrait avoir tel ou tel maillon de la chaîne qui, d’après eux, ne les aide pas assez, n’aide pas assez la chaîne du livre, ne parle que de x ou y 🙂↕️🙂↕️🙂↕️
Pauline_Parle_Seulement
24h par jour, c’est insuffisant, n’est-ce pas ? Toutefois, j’ai créé un espace et j’ai vérifié quelques comptes sociaux des plaignant.e.s. Devinez quoi ? ILS.ELLES NE PARLENT QUE DE CE QUI LES CONCERNE, EUX.ELLES !!! Formidable, n’est-ce pas ? Applaudissons pour eux.elles ! 👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏 Ces mêmes personnes, vous ne les verrez pas à votre événement, même si celui-ci se tient devant leurs domiciles, même s’il est virtuel.
Pourquoi ces plaintes alors ? Si l’on n’est pas capable de soutenir les autres maillons, de partager leurs initiatives, de les recommander au lieu de s’évertuer à casser du sucre sur leur dos, pourquoi exiger ou s’estimer méritant d’un quelconque soutien des autres maillons ?
Pauline_Parle_Seulement
Comme je le dis souvent et comme l’a soutenu Junior Haussin lors d’un échange dont j’assurais la modération au récent SALIDO (Salon du livre de Douala) : « LA LITTÉRATURE, C’EST LE NJANGUI ! » (NJANGUI ≈ cotisation).
Ehh oui !
Tu soutiens les autres, ils se doivent de te soutenir. Tu ne soutiens pas les autres, ils ne sont en rien obligés de le faire. Tu soutiens les autres, en cas de service payant, tu peux aisément bénéficier d’une réduction./
📍 N’oublions pas la loi de la réciprocité ☝️☝️
Pauline_Parle_Seulement
Alors, cher.ère.s plaignant.e.s, que faites-vous pour les autres ? Et ne venez pas me dire que chacun a son rôle 😒. Car vous le savez très bien, dans l’espace littéraire, peu importe le continent, une petite gentillesse, un partage, un like ou une présence, ça aide toujours.
C’est l’occasion pour moi de saluer le dévouement à moindre ou pas de coût de Acolitt (oui, charité toujours bien ordonnée 🤩), Ô-LIVRE, L’orchidée Moulengui, Yaouba Kahlom, Gervais Dassi, Kadidia Nebie, Jean Jacques Foko, Omgba Alexandre, Fatoumata Cisse, Centre de Lecture d’initiation et d’Intégration à la culture., KultanS, Babacar Ndiaye, La Maison des Savoirs de Yaoundé, #Espace_LITTÉRAIRE et la liste est loin d’être exhaustive (vous pouvez remercier d’autres en commentaire et vous abonner à ces comptes).