La bibliothèque de du Goethe-Institut Kamerun à Bastos, à Yaoundé, a servi de cadre, vendredi 06 mars 2026, à une cérémonie de dédicace exceptionnelle autour du premier roman de l’écrivain Alain FOFACK, intitulé Entre mère et épouse : L’histoire d’un homme entre amour d’une mère combattante et déboires de couple. L’événement, organisé en collaboration avec Les Éditions Kadeï, a rassemblé un public nombreux et passionné de littérature.
Dès 17 heures, la salle s’est progressivement remplie, accueillant des dizaines de personnes venues d’horizons divers : écrivains, enseignants, étudiants, amoureux du livre, mais aussi simples curieux désireux de découvrir l’univers littéraire de l’auteur. Une forte mobilisation témoignant de l’intérêt croissant du public pour la création littéraire et les débats autour des réalités sociales abordées dans les œuvres contemporaines.
La rencontre a été marquée par un moment d’échange enrichissant entre l’auteur et le public autour de son roman, dévoilant ainsi des tensions affectives et sociales d’un homme partagé entre l’amour filial pour une mère combative et les défis de la vie conjugale. À travers cette histoire, l’auteur met en lumière des questions universelles liées aux relations familiales, aux traditions et aux transformations des dynamiques du couple dans les sociétés africaines. La modération de la rencontre a été assurée par le critique littéraire Ray NDÉBI, qui a su guider les discussions et susciter la participation active du public. La note de lecture, présentée par le passionné de lecture Cyrille ESSAGA, a permis d’éclairer les principaux axes thématiques du roman et d’en souligner la portée sociale et psychologique.
Moment particulièrement attendu de la soirée, la séance de dédicace a donné lieu à une interaction directe entre l’écrivain et ses lecteurs. Plusieurs exemplaires du livre ont été dédicacés, offrant aux participants l’occasion d’échanger personnellement avec l’auteur et de repartir avec un souvenir personnalisé de cette rencontre littéraire.
Publié par les Éditions Kadeï en novembre 2025, Entre mère et épouse s’inscrit dans une dynamique de promotion de la littérature africaine contemporaine et de valorisation des voix d’auteurs qui interrogent les réalités sociales et culturelles du continent.
Au terme de cette soirée conviviale et riche en échanges, les participants ont salué une initiative littéraire réussie, qui confirme l’importance des espaces de dialogue autour du livre et de la lecture à Yaoundé. Cette cérémonie de dédicace restera ainsi comme un moment marquant de la vie littéraire locale, illustrant la vitalité de la scène culturelle camerounaise et l’intérêt croissant du public pour les œuvres d’auteurs africains.
La première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL) s’annonce comme un moment fort de réflexion, de dialogue et d’engagement autour du rôle du livre dans la construction de la paix et de la mémoire collective.
Dans un contexte où les voix intellectuelles et culturelles jouent un rôle déterminant dans la transformation des sociétés, le FONALL ouvre un espace de discussion inédit autour d’un panel international réunissant des acteurs de la diaspora centrafricaine.
« Contribuer à la paix depuis l’extérieur : écriture, édition, plaidoyer culturel » met en lumière une question essentielle : comment les Centrafricains vivant à l’étranger peuvent-ils participer à la construction de la paix et au développement culturel de leur pays d’origine ?
En effet, à travers l’écriture, les intellectuels de la diaspora peuvent raconter l’histoire, documenter les réalités sociales et préserver la mémoire collective. Par l’édition, ils participent à la diffusion des idées, des savoirs et des œuvres littéraires qui nourrissent la réflexion et la conscience citoyenne. Enfin, par le plaidoyer culturel, ils deviennent des ambassadeurs de la culture centrafricaine sur la scène internationale, contribuant ainsi à changer les narratifs et à promouvoir une image plus riche et plus complexe du pays.
Dans un monde interconnecté, la diaspora ne représente plus seulement une communauté éloignée du territoire national : elle constitue une force intellectuelle, culturelle et stratégique capable d’influencer les dynamiques sociales et politiques. Pour explorer ces enjeux, plusieurs écrivains et acteurs culturels de la diaspora prendront part à ce panel : – Boris Koyakonzikoli – Traducteur, intervenant depuis la France – Jaïrus J. Maka Yaligara – Écrivain, intervenant depuis le Cameroun – Théophore Sao Charaf – Écrivain, intervenant depuis le Burkina Faso – Jean Romario Malot – Écrivain, intervenant depuis le Cameroun – Zidane Elder Adriss – Écrivain, intervenant depuis la Pologne La discussion sera modérée par Pauline M. N. ONGONO, présidente de l’ACOLITT, qui accompagnera les échanges autour des expériences, des engagements et des perspectives des écrivains de la diaspora, ce samedi 07 mars 2026, de 18h à 20h (heure de Bangui)
Ce panel sera l’occasion de réfléchir collectivement à plusieurs questions majeures : – Quel rôle peut jouer la diaspora intellectuelle dans la reconstruction symbolique et culturelle de la République centrafricaine ? – Comment l’écriture peut-elle devenir un instrument de paix et de mémoire ? – De quelle manière les écrivains vivant à l’étranger peuvent-ils soutenir l’édition et la circulation du livre centrafricain ? – Comment transformer la diaspora en véritable réseau d’influence culturelle et littéraire ?
À travers ce dialogue, le FONALL 2026 affirme sa volonté de connecter les voix de l’intérieur et celles de l’extérieur pour construire un avenir où la littérature, la pensée et la culture deviennent des instruments de paix durable.
Le livre n’est pas seulement un objet culturel : il est une mémoire, une conscience et parfois même un acte de résistance.
Le FONALL 2026 vous invite donc ce jour encore à prendre part à cette réflexion essentielle pour l’avenir culturel et intellectuel de la République centrafricaine ainsi qu’à d’autres échanges en présentiel. Quelques-unes :
Le thème « La diaspora centrafricaine face au devoir de mémoire nationale » invite à réfléchir au rôle que peuvent jouer les Centrafricains vivant à l’étranger dans la préservation, la transmission et la valorisation de l’histoire collective du pays.
À travers leurs œuvres, leurs productions médiatiques et leurs engagements intellectuels, ces acteurs de la diaspora, écrivains, journalistes, communicateurs et producteurs contribuent à porter la voix de la République centrafricaine au-delà de ses frontières. Mais comment ?
Dans le cadre de la première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture, ce panel réunit des Centrafricains venus du Sénégal, de la France, de la Corée du Sud et du Cameroun afin d’échanger sur la responsabilité de la diaspora dans la construction d’une mémoire nationale vivante, capable d’éclairer le présent et de nourrir l’avenir.
Ce qui nous a motivés, c’est d’abord un constat : en République centrafricaine, le livre existe, les talents existent, mais il manque un véritable cadre national de rencontre, de réflexion et de valorisation. En tant que jeune écrivain et membre engagé de l’AJEC, j’ai estimé qu’il était temps de créer un espace structuré où auteurs, lecteurs, enseignants, élèves, décideurs et partenaires puissent dialoguer autour du livre. Le FONALL est né d’une volonté de redonner au livre sa place centrale dans la construction intellectuelle, morale et citoyenne de notre pays.Pourquoi avoir choisi comme thème de cette première édition : « Le livre, mémoire et gage de paix pour la République centrafricaine » ? Notre pays a traversé des crises profondes. Dans ce contexte, nous avons voulu rappeler que le livre n’est pas un simple objet culturel : il est mémoire collective, outil de transmission, et instrument de reconstruction. Le livre conserve notre histoire, nos valeurs, nos blessures et nos espoirs. En ce sens, il devient un gage de paix, car une société qui lit est une société qui réfléchit, dialogue et évite la violence. Ce thème traduit donc une vision : faire du livre un acteur du vivre-ensemble.
Pourquoi avoir choisi comme thème de cette première édition : « Le livre, mémoire et gage de paix pour la République centrafricaine » ?
Notre pays a traversé des crises profondes. Dans ce contexte, nous avons voulu rappeler que le livre n’est pas un simple objet culturel : il est mémoire collective, outil de transmission, et instrument de reconstruction. Le livre conserve notre histoire, nos valeurs, nos blessures et nos espoirs. En ce sens, il devient un gage de paix, car une société qui lit est une société qui réfléchit, dialogue et évite la violence. Ce thème traduit donc une vision : faire du livre un acteur du vivre-ensemble.
Cette initiative s’inscrit-elle dans une stratégie à long terme de l’AJEC pour la promotion du livre et de la lecture ?
Absolument. Le FONALL n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans une stratégie durable de promotion de la lecture, d’accompagnement des jeunes auteurs et de plaidoyer en faveur d’une politique nationale du livre. Notre ambition est de faire de ce forum un rendez-vous annuel, structurant et évolutif.
Quels sont les principaux objectifs visés par cette édition 2026 du FONALL ?
Les objectifs sont multiples : promouvoir la lecture auprès des jeunes, valoriser les écrivains centrafricains, encourager l’édition locale, stimuler le débat sur les politiques publiques du livre et créer des ponts entre les acteurs culturels. Nous voulons également susciter des vocations et renforcer la chaîne du livre dans notre pays.
À quels publics s’adresse prioritairement ce Forum ?
Le FONALL s’adresse prioritairement à la jeunesse, car elle représente l’avenir intellectuel du pays. Mais il concerne aussi les écrivains, les enseignants, les chercheurs, les décideurs publics, les partenaires culturels et les membres de la diaspora. Nous avons voulu un événement inclusif, intergénérationnel et transversal.
Peut-on parler d’un tournant dans la politique de promotion de la lecture en Centrafrique ?
Je pense que oui, dans la mesure où le FONALL pose publiquement la question du livre comme enjeu national. Si cette dynamique est soutenue par les autorités et les partenaires, elle peut marquer un tournant décisif vers une véritable structuration du secteur.
Quelle place occupe chaque volet du programme dans la dynamique globale du Forum ?
Les conférences apportent la réflexion académique et stratégique. Les débats favorisent l’échange d’idées. Les expositions et dédicaces valorisent concrètement les auteurs. Les animations et concours mobilisent la jeunesse et rendent l’événement vivant. Chaque volet joue un rôle complémentaire : réfléchir, célébrer, transmettre et inspirer.
Pourquoi avoir retenu ces axes thématiques pour la conférence du 07 mars 2026 ?
Nous avons choisi ces axes parce qu’ils couvrent les enjeux essentiels du secteur, en Centrafrique La question des politiques publiques est fondamentale pour l’accès au livre. La place de la femme dans la littérature centrafricaine mérite d’être valorisée. Le numérique transforme profondément les modes de lecture. Enfin, la jeunesse reste au cœur de la transmission du savoir. Ces axes traduisent une vision globale et actuelle.
Quel message souhaitez-vous faire passer aux autorités publiques ?
Nous souhaitons leur dire que le livre doit devenir une priorité nationale. Investir dans la lecture, c’est investir dans la paix, l’éducation et le développement durable. Nous appelons à la mise en place de politiques concrètes en faveur des bibliothèques, de l’édition et de l’accès au livre pour tous.
Sur quels critères avez-vous sélectionné les intervenants ?
Nous avons privilégié la compétence, l’expérience, l’engagement pour la culture et la diversité des profils. Nous avons voulu réunir des figures représentatives du paysage littéraire centrafricain, qu’elles soient résidentes ou issues de la diaspora, afin d’enrichir les échanges.
Que représente la présence de Portia Deya-Abazene ?
La présence de Portia Deya-Abazene en tant que marraine est un symbole fort. Elle incarne l’excellence, l’engagement et la réussite. Pour l’AJEC et pour la jeunesse littéraire, c’est un encouragement et une source d’inspiration. Sa présence confère à l’événement une dimension institutionnelle et morale importante.
On constate aussi une belle palette de partenaires…
Ces partenariats sont réellement essentiels. Ils témoignent de la confiance accordée au projet et permettent d’élargir son impact. Sans collaboration institutionnelle et médiatique, un événement d’envergure nationale ou même internationale ne peut atteindre ses objectifs.
Quelles sont les principales difficultés rencontrées au cours de cette première édition ?
Les défis sont d’ordre financier, logistique et organisationnel. Mobiliser les ressources, coordonner les intervenants, assurer la communication et garantir une forte participation représentent un travail considérable. Mais ces défis renforcent notre détermination.
Le choix du New Tech Institut à Bangui est-il symbolique ou stratégique ?
Le choix du New Tech Institut est à la fois symbolique et stratégique. Symbolique, parce qu’il représente un espace de savoir et de modernité. Stratégique, parce qu’il offre un cadre adapté à la tenue d’un événement de cette envergure à Bangui.
Quel impact concret espérez-vous à l’issue de ces deux journées (06 et 07 mars 2026) ?
À l’issue de ces deux journées, j’espère d’abord un impact immédiat sur les consciences : que le livre redevienne un sujet central de discussion nationale. Je souhaite voir naître un véritable engouement pour la lecture chez les jeunes, une plus grande visibilité pour les auteurs centrafricains et une prise de conscience des décideurs publics quant à l’importance stratégique du secteur du livre. Concrètement, si des engagements sont pris, si des partenariats se renforcent et si des initiatives locales émergent après ce Forum, alors nous pourrons parler d’un impact réel et mesurable.
Peut-on envisager la pérennisation du FONALL comme rendez-vous annuel ?
Oui, c’est clairement notre ambition. Le Forum National sur le Livre et la Lecture ne doit pas être une initiative ponctuelle, mais un rendez-vous annuel structurant pour le paysage culturel centrafricain. Nous voulons qu’il devienne une plateforme permanente de dialogue, d’évaluation et de propositions, capable d’accompagner l’évolution des politiques du livre et de la lecture en République centrafricaine.
Existe-t-il un mécanisme de suivi des recommandations qui sortiront des travaux ?
Nous prévoyons d’élaborer un rapport général des travaux, qui compilera les recommandations issues des conférences et débats. Ce document sera transmis aux autorités compétentes, aux partenaires et aux acteurs culturels concernés. Au sein de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains, nous mettrons en place un comité de suivi chargé d’assurer la continuité des réflexions et de veiller à ce que les recommandations ne restent pas lettre morte. L’objectif est d’inscrire le Forum dans une dynamique d’action et non seulement de discours.
Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse centrafricaine à travers le FONALL ?
À la jeunesse centrafricaine, je veux dire que le livre est une force. Il est un outil d’émancipation, de liberté intellectuelle et de transformation sociale. Lire, c’est élargir son horizon, comprendre le monde et mieux se comprendre soi-même. J’invite chaque jeune à faire du livre un compagnon quotidien, à écrire, à penser, à questionner. Notre pays a besoin d’une jeunesse instruite, critique et créative. Le FONALL est aussi un appel : prenez la parole, prenez la plume, prenez votre place dans l’histoire de notre nation.
Merci à ACOLITT pour ces questions pertinentes et pour l’intérêt porté à cette initiative.
Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO
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Et si l’amour ne suffisait pas à sauver un couple ?
Dans Entre mère et épouse : L’histoire d’un homme entre amour d’une mère combattante et déboires de couple, Alain FOFACK livre un roman intense et profondément humain, au cœur des réalités familiales et conjugales africaines contemporaines. À travers le destin de Didier, l’auteur explore avec finesse la fragile frontière entre l’amour maternel, puissant, sacrificiel, et l’amour conjugal, souvent mis à rude épreuve par l’orgueil, le silence et l’incompréhension.
Loin d’un conflit caricatural entre belle-mère et épouse, le roman met en scène l’effritement progressif d’un couple confronté à ses propres contradictions : Mélissa et Didier s’aiment, mais ne se comprennent plus. Les mots blessent, les gestes manquent, les rancœurs s’accumulent. Pendant ce temps, la figure de Ma’a Magni, mère courage et pilier familial, incarne l’amour inconditionnel et le poids d’une éducation forgée dans le sacrifice.
À travers une succession de scènes de vie vivantes et réalistes, Alain FOFACK dresse également un portrait saisissant de la société camerounaise : précarité, corruption, embouteillages urbains, espoirs déçus de l’ascension sociale. Le récit, nourri d’humour, de métaphores originales et d’une grande sensibilité, agit comme un miroir tendu au lecteur.
Entre mère et épouse est un roman qui parle d’amour, de regrets et de responsabilité émotionnelle. Une œuvre sincère et touchante, dans laquelle chacun peut reconnaître un fragment de sa propre histoire. Un roman poignant, lucide et universel, qui questionne le couple, la famille et la place de l’homme entre héritage maternel et engagement conjugal.
Le jeudi 26 février 2026, l’écrivain camerounais Guillaume Nana a animé un café littéraire au Collège de la Retraite, à Yaoundé, au profit des élèves des classes de 6e. Une rencontre placée sous le signe du partage, de la transmission et de la passion pour le livre.
Un moment d’éveil à la lecture
Dans la grande salle de l’établissement, des centaines d’élèves, dans leur uniforme vert, attentifs et curieux, ont pris part à cette activité culturelle organisée autour de la promotion de la lecture en milieu scolaire. Face à eux, Guillaume Nana, sourire aux lèvres et son cartable à la main, Grains de poussière au taquet, a su capter l’attention dès les premières minutes. L’auteur a expliqué aux jeunes collégiens l’importance de la lecture dans la construction de l’esprit critique, du vocabulaire et de l’imagination. « Lire, c’est voyager sans quitter sa chaise », a-t-il lancé, invitant les élèves à considérer le livre comme un compagnon fidèle.
Des échanges dynamiques avec les élèves
Le café littéraire ne s’est pas limité à un simple exposé de Guillaume NANA. Les élèves ont activement participé à la rencontre à travers une série de questions : — Comment devient-on écrivain ? — D’où viennent les idées d’un roman ? — Peut-on écrire dès le collège ? Avec pédagogie et simplicité, l’écrivain a encouragé les jeunes à écrire leurs propres histoires, à tenir un carnet de notes et à cultiver l’habitude de la lecture quotidienne. Il a insisté sur la discipline, la persévérance et la curiosité comme piliers de toute vocation littéraire.
Une ambiance conviviale et inspirante
À l’issue des échanges, des séances de photos ont immortalisé l’événement dans une atmosphère chaleureuse et détendue. Entouré d’élèves enthousiastes, Guillaume Nana a salué l’intérêt manifeste de ces jeunes apprenants pour la littérature. L’administration du Collège de la Retraite a, pour sa part, réaffirmé son engagement à promouvoir les activités culturelles et éducatives favorisant l’épanouissement intellectuel des élèves.
Encourager la relève littéraire
Ce café littéraire du 26 février 2026 restera sans doute gravé dans la mémoire de ces élèves de 6e comme une expérience marquante. En allant à la rencontre des plus jeunes, Guillaume Nana contribue à semer les graines d’une future génération de lecteurs et, peut-être, d’écrivains. Dans un contexte où les écrans occupent une place grandissante, ce type d’initiative rappelle que le livre demeure un outil essentiel de formation et d’ouverture sur le monde.
Juste après la parution de la trilogie « EAU VIVANTE ET VIVIFIANTE », écrite sur un style poétique, l’expert qui m’accompagnait pour la publication en ligne m’avait suggéré d’écrire un roman. Il m’avait avoué qu’il était séduit par la fécondité de ma plume et la profondeur de mes écrits. Il m’avait aussi déclaré qu’il était convaincu que si je m’y mettais, je pourrais produire un chef d’œuvre dans ce domaine. Je l’avais écouté sans intérêt particulier, et lui avais répondu qu’on verrait bien. Quelques jours après, alors que je fouillais dans mes documents encore contenus dans des cartons depuis mon déménagement, je suis tombée sur un manuscrit que j’avais entamé cinq ans avant. Je l’avais écrit à un moment où j’avais pratiquement tout perdu, et où je cherchais à me reconstruire. N’ayant ni ordinateur, ni tablette, je m’étais servie de feuilles volantes (papier A4) que j’avais numérotées au fur et à mesure que je les noircissais avec mon stylo. Bouleversée par cette curieuse coincidence, j’ai pris la proposition de l’expert au sérieux, d’autant plus qu’en relisant ce texte, je le voyais sur un autre prisme et l’appréciais considérablement. Il n’était pas encore achevé, mais j’avais trouvé ces premières lignes franchement captivantes. Lorsque l’expert a pris connaissance du manuscrit que je lui avais apporté en l’état, il n’a pas caché son émerveillement. « Pratiquement sans rature, fluide, entraînant », sont quelques mots qu’il a débités, tellement il était fasciné. Avec cette assurance et ces encouragements, en moins de deux mois, j’ai terminé la redaction de l’ouvrage que j’ai intitulé IMPASSES AMOUREUSES.
Diriez-vous que ce roman est un cri du cœur, une réflexion sociale ou les deux à la fois ?
J’ai du mal à répondre avec clarté à cette question. Ce que je peux vous déclarer à ce propos, c’est qu’au fond de moi, soudainement, a jailli une inspiration, et j’ai eu la discipline de l’écouter. L’histoire a coulé avec une fluidité déconcertante. On aurait dit qu’une voix dans mon coeur me dictait les mots ; et moi, je les écrivais sans effort particulier, en dehors de celui de la fidélité dans la retranscription. Au regard des multiples expériences vécues par moi-même, par certains proches, et d’autres enregistrées sur un plan plus large au travers des medias, ce récit qui aborde des problèmes universels, constitue indubitablement une piste de réflexion. Je dirai donc que c’est un murmure du coeur que je reconnais comme étant une invitation à une réflexion sociale.
Selon vous, qu’est-ce qui conduit le plus souvent un couple dans une impasse : le manque d’amour, la peur, l’orgueil ou les circonstances ?
Sans être une experte des questions matrimoniales, j’ai pu relever principalement le manque de communication ou une communication défaillante. Dans ces cas, même si les partenaires s’aiment à la base, ce climat favorisera et entretiendra de nombreux malentendus ainsi que des rancoeurs qui conduiront finalement à l’explosion. D’autres causes existent : celles que vous avez citées et bien d’autres encore. Mais je pense que dans une ambiance marquée par le dialogue sain, ouvert et régulier, plusieurs « bombes » peuvent être désamorcées. Imaginez, par exemple, deux personnes qui ont des valeurs et des attentes divergentes, des visions de l’avenir incompatibles, des projets de vie opposés, des rythmes de vie différents, etc. Ou encore des personnes gonflées d’orgueil, promptes à critiquer et à juger, tellement bornées. Elles se dirigent tout droit vers une impasse, car le cadre n’est pas propice à la communication. Ainsi, ce qui pourrait être une richesse dans le sens de la complémentarité, sans tolerance et compréhension de l’autre, devient un obstacle géant.
Pensez-vous que l’amour moderne est plus fragile qu’autrefois ?
Sincèrement, je ne pense pas que l’AMOUR change avec les époques. Pour moi, Il est intemporel, universel. Seulement, chaque génération ou chaque culture vient avec son schéma représentatif de cet élément essentiel, censé saler, sucrer et épicer notre existence. On peut se laisser entrainer dans ces modèles diffusés ou choisir d’aimer en vrai malgré le vent de l’heure (ce qui n’est pas du tout aisé, je le reconnais !). Pour essayer de répondre à votre question, je dirai que le facteur durée de la relation (pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort nous sépare) tend à disparaître dans l’esprit des gens de notre époque. Ceux-ci s’attachent de plus en plus aux intérêts et à l’épanouissement personnels. Par ailleurs, le numérique, avec les applications favorisant les rencontres et les réseaux sociaux, multiplient les possibilités de changement de partenaire. Le consumérisme contemporain a fortement déteint sur l’amour. On n’essaie plus de « réparer », de « récupérer » ou de « retaper » ce qui s’est endommagé ou qui a vieilli. On cherche tout simplement à « jeter », à « remplacer » ou à « multiplier », en recherchant son bien être. C’est un peu caricaturé peut-être, mais nous ne sommes pas loin de là aujourd’hui ; et la solidité du couple est ainsi mise à l’épreuve.
Vos personnages semblent profondément humains et vulnérables. Cherchiez-vous à provoquer l’identification du lecteur ?
Belle remarque! Je n’ai pas cherché à idéaliser les personnages ni à les caricaturer. Certainement vous avez constaté que sur ce plan, le côté conventionnel qui incite généralement à décrire les personnages dans les détails a été ignoré, ou plutôt relégué au second plan. Les aspects physiques ont été survolés exprès afin de mettre en exergue les traits psychologiques et émotionnels, en mode réel. Le livre constitue ainsi une sorte de miroir à travers lequel chaque lecteur pourrait se reconnaître ou se rappeler d’une personne connue. Cela contribue à lui faire vivre intensément le voyage intérieur qui lui est proposé. L’introspection profonde y est prônée.
Avez-vous écrit certains passages avec une émotion particulière ?
Comme je vous l’affirmais, j’ai tout simplement écouté mon coeur sans vouloir ajouter autre chose. Si certaines émotions personnelles se sont introduites compte tenu de l’imperfection de l’instrument que je suis, cela s’est surement fait à mon insu. Mon objectif n’est ni de juger, ni d’accuser, encore moins d’imposer un quelconque point de vue. C’est un exposé qui se veut neutre, une analyse qui se veut objective. Si ce but est atteint, je ne pourrai que m’en réjouir.
Si vous deviez donner un conseil aux personnages de votre propre roman, quel serait-il ?
Dans ma logique, il n’est pas question de faire la leçon à qui que ce soit. Qui suis-je pour le faire ? C’est vrai qu’à partir de mon expérience personnelle de la vie, j’ai su tirer des leçons qui m’ont permis d’avancer au milieu des tempêtes et m’ont ouvert à la source du bonheur authentique. L’une d’elles consiste à ne jamais perdre son amour et sa foi. Il faut aimer malgré tout et par dessus tout ; et s’attacher à Dieu. C’est la clé du bonheur veritable.
La couverture présente une silhouette sombre avec un point d’interrogation au niveau de la tête. Que symbolise cette image ?
Cette image symbolise la complexité des relations humaines, notamment amoureuses, les multiples interrogations de l’individu face à l’amour, aux dilemnes affectifs et moraux, aux pressions sociales ainsi qu’aux autres combats qu’il doit gérer. L’amour, c’est fait pour nous rendre heureux, mais comment y parvenir ? L’aspect sombre de la silhouette indique le caractère universel du sujet.
Pourquoi avoir choisi un fond rouge ? Est-ce une référence à la passion, au danger ou au conflit ?
Les trois aspects interviennent : le rouge pour la passion qu’entraîne l’amour ; le danger en ce sens qu’il peut entrainer un sérieux brisement et d’autres conséquences fâcheuses si les émotions sont mal gérées ; le conflit avec soi-même et avec l’autre.
La posture du personnage, de dos, les mains sur les hanches, semble exprimer une forme de confrontation ou d’interrogation. Était-ce intentionnel ?
Oui, oui ! En effet, ce thème de l’amour qui tend à être de plus en plus banalisé, lorsqu’on s’y penche sérieusement, suscite de nombreuses interrogations. Des fois, on se rend compte que ce n’est pas aussi évident que ça ! Dans IMPASSES AMOUREUSES, les différents cas abordés en témoignent. La confrontation est également présente face à la réalité. Je parlais des dilemmes d’une part ; des secousses émotionnelles, des luttes intérieures d’autre part. Et de la confrontation avec l’autre par ailleurs, et même par rapport à la société.
Quel message aimeriez-vous que les lecteurs retiennent après avoir refermé le livre ?
L’AMOUR demeure l’AMOUR, quelles que soient les circonstances, les épreuves, les obstacles. Il ne calcule pas, Il ne s’use pas avec le temps. Il est bienveillant, tolérant, compréhensif, miséricordieux. Il réchauffe le cœur, donne du goût à la vie et rend heureux. Peut-Il encore s’exprimer dans notre monde où l’éphémère et l’artificiel semblent avoir conquis les cœurs ? A cette question, Laura, le personnage principal du roman répond « OUI, bien que cela ne soit pas aisé ». C’est une quête permanente, un combat de tous les jours, plus intérieur qu’avec l’autre, qui est également confronté à ces pressions intérieures et sociales. La vérité est que seul, il est difficile voire impossible de s’en sortir. Mais avec le secours du divin, la Référence en matière d’amour, l’individu réussit à maintenir le cap et à savourer ainsi ce bonheur special, malgré les épreuves de la vie. En outre, ce roman révèle que l’impasse n’est pas synonyme de fin ou de mort de la relation. Elle peut être une opportunité en or pour le couple qui se regarde dans le miroir, de prendre conscience de tout ce qui ternit la relation et de l’améliorer. Il pourra alors se réinventer, se fortifier et amplifier son bonheur. Encore faut-il que les partenaires acceptent cette démarche ! S’ils n’y arrivent pas seuls, ils peuvent faire appel à un accompagnateur qualifié qui pourrait les aider. Et même là encore, il faut tomber sur le bon ! On voit l’exemple du docteur Collins qui, malgré sa volonté d’aider, est tombé fou amoureux de sa patiente. Ah oui, ce n’est pas aussi facile qu’on le pense ! Mais il faut y croire et se laisser guider par Dieu.
Votre roman se veut-il un avertissement, une consolationou une invitation à réfléchir ?
J’y entrevois une piste de réflexion, un cheminement (sans être une méthode unique) axé sur l’introspection profonde et le miroir relationnel. Il consiste à utiliser l’impasse pour effectuer un voyage intérieur et comprendre ses propres blocages plutôt que de se focaliser uniquement sur les défauts du partenaire. Il peut aussi être utile dans la « prévention » des impasses et dans la gestion harmonieuse des relations au quotidien. Enfin, il constitue une note d’espoir et/ou d’encouragement pour ceux qui ont ont été brisés et qui ont du mal à se relever, pour ceux qui ont peur d’aimer ou ceux qui se demandent si l’amour vrai est encore possible de nos jours. Les lecteurs trouveront peut-être d’autres avantages.
Selon vous, comment éviter une impasse amoureuse ?
En gros, il faut communiquer honnêtement, amicalement, sainement et régulièrement dans le couple. Dans ce climat d’amour et de confiance mutuelle, on doit faire l’effort de résoudre les problèmes sans attendre que la situation pourrisse ou se complique, faire preuve d’humilité pour reconnaître ses erreurs et demander pardon lorsqu’on a tort ; de tolérance vis-à-vis de l’autre qui n’est pas une personne parfaite. Cependant, il faut noter qu’une impasse peut survenir malgré ces précautions, notamment avec le temps. Si elle est bien gérée dans cet espace de dialogue, avec des intentions bienveillantes, le couple peut s’en sortir doublement enrichi : sur les plans individuel et collectif.
Qu’avez-vous découvert sur vous-même en écrivant ce livre ?
Principalement, j’ai pu découvrir certains aspects de ma personnalité que j’ignorais. J’ai pris conscience de mes limites, de mes forces, de mes aspirations profondes notamment en ce qui concerne la relation amoureuse. Et bien d’autres choses encore. J’espère vivement que ce sera le cas pour les divers lecteurs. Je laisse chacun se « découvrir » à travers ce cheminement.
L’écriture a-t-elle été pour vous une forme de thérapie ?
J’avoue que l’écriture est un exercice qui m’a beaucoup aidé à tenir debout dans une phase de fortes turbulences, une période particulièrement tumultueuse de ma vie. Dans ces moments de silence où je me suis souvent retrouvée face à moi-même et avec Dieu, j’ai expérimenté le véritable amour, la paix intérieure et ai été spécialement inspirée, réconfortée et revigorée. Je me souviens encore, lors de la cérémonie de dédicace de mon livre EAU VIVANTE ET VIVIFIANTE, Volume 1, l’un des intervenants parlait, d’«un livre qui soigne », d’une « médecine de l’âme ». Je témoigne de ces effets bénéfiques sur moi, et suis ravie des retours des lecteurs dont certains m’expriment leur « transformation positive », leur « guérison » de profondes blessures ainsi que l’effet libérateur par rapport à des blocages. C’est très encourageant !
Travaillez-vous déjà sur un nouveau projet littéraire ?
Je suis en train d’achever la redaction d’un livre, un autre recueil de poèmes invitant à la contemplation de la beauté et de la succulence de la vie, des relations ainsi qu’à l’exaltation du Créateur pour ces dons gratuits. Il paraîtra très bientôt.
Si Impasses amoureuses devait être adapté au cinéma, à quoi ressemblerait-il selon vous ?
J’imagine le film IMPASSES AMOUREUSES comme étant tellement entraînant, captivant, passionnant, suscitant des émotions vives et amenant le spectateur, même inconsciemment, à revisiter sa vie. Je vois inscrite au début, la mention « Basé sur une histoire vraie » ou « Inspiré de faits reels ». Aucun titre ne me vient à l’esprit tout de suite en terme de comparaison, mais je suis convaincue qu’il connaîtra un succès fulgurant.
À Bangui, les 06 et 07 mars 2026, la capitale centrafricaine vibrera au rythme des mots, des idées et des débats à l’occasion du Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL). À l’initiative de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC), l’événement ambitionne de repositionner le livre au cœur du développement culturel et de la consolidation de la paix en République centrafricaine.
À la tête de cette dynamique : Bienvenu Juvénal Rouheda Yassara, président de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC), une figure engagée de la scène littéraire nationale, convaincue que l’avenir du pays passe aussi par la plume et la lecture. C’est un président d’association porté par une vision : faire du livre un outil de reconstruction, car il le considère plus qu’un simple objet culturel, mais comme un instrument pour la mémoire, la transmission et la transformation sociale. Sous son impulsion, l’AJEC s’est donnée pour mission de structurer la jeunesse littéraire centrafricaine, de valoriser les auteurs locaux et de créer des espaces d’échanges entre écrivains, lecteurs, institutions et partenaires. Le FONALL s’inscrit dans cette vision stratégique : créer un cadre national de réflexion et d’action autour du livre et de la lecture.
Bienvenu Juvenal Rouheda Yassara
Le FONALL : un forum pour repenser la place du livre en Centrafrique
Placée sous le thème « Le livre, mémoire et gage de paix pour la République centrafricaine », cette première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture se veut à la fois symbolique et ambitieuse. Dans un pays marqué par des crises successives, le choix du thème n’est pas anodin. Il traduit une conviction forte : la paix durable passe aussi par l’éducation, la culture et la circulation des idées. Durant deux jours, au New Tech Institut (PK4) à Bangui, le forum proposera : – Des conférences thématiques – Des débats publics – Des rencontres entre auteurs et lecteurs, en ligne et en présentiel – Des expositions et dédicaces – Des animations culturelles – Des concours d’écriture et de lecture L’objectif est clair : démocratiser l’accès au livre et encourager une nouvelle génération de lecteurs et d’auteurs.
Des thématiques au cœur des enjeux nationaux
La conférence principale du 07 mars 2026 réunira plusieurs intervenants autour de problématiques structurantes : – Politique publique et accès au livre en Centrafrique – La femme et la littérature centrafricaine – Les nouvelles dynamiques de promotion de la lecture à l’ère du numérique – Lecture, jeunesse et transmission du savoir
Ces axes traduisent une volonté d’aborder la question du livre sous un angle global : institutionnel, sociétal, numérique et générationnel. Pour l’AJEC, il ne s’agit pas seulement de célébrer la littérature, mais de réfléchir à des solutions concrètes : bibliothèques, politiques d’accompagnement, intégration du numérique, implication des jeunes. Des axes principaux pour l’épanouissement de la littérature.
Une marraine engagée et des voix diverses
La marraine de cette première édition, Portia Deya-Abazene, incarne l’engagement féminin dans la sphère culturelle et intellectuelle. Sa présence donne à l’événement une dimension symbolique forte : celle d’une littérature inclusive et représentative.
Le choix des intervenants reflète également une volonté d’équilibre entre générations, profils littéraires et acteurs institutionnels. Une diversité assumée par l’AJEC, qui voit dans le dialogue intergénérationnel un levier essentiel pour dynamiser le secteur du livre.
L’AJEC : une jeunesse organisée et ambitieuse
L’AJEC s’affirme comme une plateforme structurée, capable de mobiliser des partenaires institutionnels, diplomatiques et médiatiques de RCA et d’autres pays, comme ACOLITT au Cameroun, autour d’un projet culturel d’envergure nationale. Le FONALL ne se veut pas un événement isolé, mais le point de départ d’un rendez-vous appelé à s’inscrire dans la durée. L’ambition affichée est d’en faire un cadre permanent de réflexion, de plaidoyer et d’action pour la promotion du livre en République centrafricaine.
L’AJEC parie sur l’intelligence et la jeunesse au-delà des discours. Le FONALL représente alors un pari : celui de croire en l’intelligence collective, en la force des mots et en la capacité de la jeunesse centrafricaine à écrire une nouvelle page de son histoire. En mettant le livre au centre du débat national autour de la paix, l’AJEC envoie un message fort afin que le livre soit un peu plus valorisé et diffusé. Et la diaspora ne sera pas en reste…
En mars 2026, Bangui ne sera pas seulement la capitale politique du pays, elle deviendra, le temps d’un forum, la capitale des lettres centrafricaines.
Écrire l’amour a toujours été aussi complexe qu’écrire la mort ; ce sont deux composantes de la vie qui surprennent l’auteur et le glissent très souvent dans une expression inachevée, tant il semble désarmé face aux multiples axes qui peuvent être empruntés. Écrire les deux ensemble, l’un comme conséquence de l’autre, s’avère donc une tâche ardue. C’est justement l’exercice auquel l’auteure de Réalités épineuses s’est soumise dans son roman de 20 chapitres, paru chez Éclosion en 2023.
BREF APERÇU…
Dassihara et Gérémy, les deux personnages principaux, ne se doutent pas que la passion qui les unit va devoir faire face à quelque chose de bien plus grand que deux cœurs qui battent, ne demandant qu’à avoir la liberté de s’unir. Dans un texte par lequel Amina NDAM fait découvrir sa plume aux lecteurs, une diversité de thèmes entre foi, tradition, famille, culture et destinée, il va s’ouvrir un univers d’exploration exceptionnel avec plusieurs horizons qui se croisent pour former un tout entraînant.
LECTURE FAITE PAR LE 15 PAGES PAR JOURBOOKCLUB…
Dans le nouvel espace de la bibliothèque LA MAISON DES SAVOIRS, au quartier Étoudi à Yaoundé, les membres du club de lecture 15 Pages Par Jour se sont donné rendez-vous pour un autre échange critique autour de ce roman dont le contenu semble se poursuivre par-delà les 333 pages. Plusieurs thèmes ont meublé la séance ; habituellement, les séances modérées par The Ghost suivent un canevas qui va toujours de ce que chacun a ressenti au fil de la lecture, à la note attribuée par chaque lecteur.
LE RESSENTI GÉNÉRAL…
Célestine, poétesse et auteure de Écoute !, recueil paru chez Luppepo, a apprécié la densité du texte, ainsi que sa richesse, compte tenu de l’âge de l’auteur qui fait ses premiers pas dans la vingtaine ; comme pour Danielle, relectrice, elle a trouvé le texte captivant d’un bout à l’autre. Érine, bibliothécaire, a partagé ce même point de vue, en évoquant le voyage qui s’offre et le tourisme qui fait explorer d’autres régions et cultures du Cameroun. Raphaël, très porté sur la fluidité, a indiqué ne pas avoir pu terminer la lecture bien qu’ayant obtenu le livre en premier, parce que le texte lui a paru long et parfois lourd, mais aussi à cause du lexique local qui l’a obligé à aller consulter les définitions en début de livre à plusieurs reprise. The Ghost, de son côté, a confessé, comme Danielle, que certaines difficultés liées à la lecture sont le fruit de fautes et autres insuffisances ; s’il a reconnu l’importance du travail exprimé par Amina NDAM, il a déploré le peu de regard accordé à cet aspect lors des différents processus de fabrication du livre.
LE PERSONNAGE MARQUANT…
« Le roi », Danielle n’a pas hésité une seule seconde. Pour elle, il joue son rôle à la perfection et a été réussi par l’auteure ; personnage que The Ghost n’a pas particulièrement apprécié à cause du peu de vertu qu’il perd facilement au nom de l’amour et aussi son esprit froid et calculateur. Selon lui, c’est Sacha, l’ex-copine de Gérémy ; c’est une jeune femme libertine certes, mais peu conditionnée dans son existence et toujours orientée sur le chemin de la vie. Sa volonté de vivre est exceptionnelle. Célestine et Raphaël sont allés dans le sens de la mère de Dassihara ; la poétesse particulièrement apprécie combien la femme dédie toute son énergie pour le bien de sa fille, malgré le contexte musulman et un mari qui ne demande qu’à marier la jeune femme au roi Abdel Malick.
LA QUALITÉ DE L’ÉCRITURE…
Il a été unanime que le volet éditorial est fortement à revoir, comme il est devenu récurrent dans l’univers littéraire aujourd’hui.
L’AMOUR ET LA MORT…
Arrivé à ce stade, les autres participants, nouveaux au club ou visiteurs, parmi lesquels l’écrivaine Viviane Moluh Peyou, ont pu participer et donner leurs avis, puisqu’on passait à l’impact du livre. La question posée par The Ghost a soulevé beaucoup de passions : Est-il normal de mourir pour l’amour ? La question trouve ses racines dans la relation entre Gérémy et Dassihara. Le garçon savait qu’il perdrait sa vie s’il s’entêtait à vouloir épouser sa belle ; destinée au roi, elle a marqué le premier pas d’un rite qui engageait sa vie. Entre Viviane qui assure qu’à un certain âge, quand la cœur est fou, on ne craint rien… propos partagés par Pauline Ongono, présidente d’ACOLITT ; et d’autres comme Laura qui pensent que rien n’est au-dessus de la vie, il a fallu près d’une heure, rien que pour ce point, et il a fallu s’arrêter et promettre de poursuivre plus tard. C’est aussi cela, les intrigues fortes, elles savent créer des débats et construire les esprits.
DIEU ET LES TRADITIONS…
Ce point est l’un des plus fréquents quand un texte met un accent majeur sur les traditions et, pour cette séance aussi, les échanges ont été nourris. L’auteure Amina Ndam a su offrir, au fil de son écriture, plusieurs champs à explorer. L’équilibre entre la religion catholique et les traditions ancestrales bamoun est si saisissant qu’on ne peut que rester admiratif devant la maturité d’une plume pourtant encore à ses débuts, et encore verte dans son âge.
LA NOTE…
En totalisant les votes du jour, Réalités épineuses, le roman d’Amina Ndam également membre du club de lecture 15 Pages Par Jour, a reçu la note de 8.5/10. Avec un comité éditorial effectif, ou un relecteur professionnel, il ne fait aucun doute que cette plume présente un intérêt certain.
Le 21 mars, Une rencontre avec un pervers narcissique de Yvonne MASSABE sera le livre à l’honneur.
La couverture du recueil de poèmes Les mots parlants de Diane-Annie TJOMB se présente comme une véritable œuvre de sens, où l’image précède et annonce la puissance du verbe poétique. Bien plus qu’un simple habillage visuel, elle agit comme un texte silencieux qui prépare le lecteur à l’univers intérieur de l’auteure.
Au centre, un visage féminin fragmenté incarne l’âme humaine, à la fois vulnérable et créatrice. Cette fissure symbolique suggère que la parole poétique naît souvent de la blessure, de l’intime et de l’indicible.
Le cœur lumineux, offert par des mains ouvertes, renvoie à l’origine profonde des mots : un lieu d’émotion, de vérité et de don. La poésie apparaît ainsi comme une nécessité vitale, un souffle intérieur qui cherche à se dire.
Autour de cette figure centrale, les éléments naturels : savane, arbres, ciel ouvert, inscrivent l’œuvre dans un espace à la fois africain et universel, évoquant la mémoire, l’enracinement et la transmission ; tandis que l’oiseau blanc, la colombe, qui s’élève au-dessus de la scène, vient apporter l’inspiration, la paix et l’élévation spirituelle. Et l’ensemble crée un dialogue entre la terre et le ciel, entre le vécu et le sacré.
La palette de couleurs chaudes et contrastées accentue l’intensité émotionnelle de la couverture. Le fond neutre, lui, met en valeur l’illustration centrale.
Le titre, LES MOTS PARLANTS, affirmé en rouge, annonce une poésie vivante, engagée, porteuse de sens, où chaque mot semble animé d’une voix propre.
Le visuel de Les mots parlants fonctionne comme un seuil poétique : elle promet un recueillement profond, introspectif et lumineux, où la parole devient un acte de vérité. Avant même la lecture, l’image parle déjà et invite le lecteur à écouter.
Pauline M.N. ONGONO
Les mots parlants est un recueil de poèmes qui a paru aux Éditions KADEÏ en janvier 2026. Il coûte 5.000 FCFA. Il est disponible au Cameroun :à Yaoundé (Librairie des peuples noirs), à Douala, et peut être expédié partout. Il est aussi disponible en lecture payante sur www.appteere.com
Contact : editionskadei@gmail.com ou +237 690195126