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  • LITTÉRATURE ET BRAILLE

    Le vendredi 30 janvier 2026, Acolitt participe à la remise des Prix aux lauréats des concours de lecture à voix haute et d’écriture de nouvelles en braille, au CMPJ de Biyem-Assi, à Yaoundé. L’événement est organisé par l’Association SOMSO, en partenariat avec Greensol, sous le thème 𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐛𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞, 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐝’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞.

    Sur l’invitation Mme Sandrine YONE, présidente de l’Association Somsó qui encadre des personnes en déficience visuelle depuis plus dune quinzaine d’années, Ray Ndébi, vice-président d’ACOLITT a vécu une journée riche en ateliers de pâtisserie, performances musicales et lectures d’extraits de roman en braille.

    Pour cette édition, ACOLITT offre au lauréat du concours d’écriture un accompagnement intégral, afin d’améliorer son écriture et le préparer à l’écriture de qualité et à l’édition.

  • D’encre et de MATATEYOU : l’Echo de l’Encre des Mum se fait entendre

    D’encre et de MATATEYOU : l’Echo de l’Encre des Mum se fait entendre

    29 janvier 2026… Il est presque 16 heures quand la Librairie des peuples noirs de Yaoundé, lieu chargé d’une belle histoire de la littérature africaine car elle porte l’empreinte de son fondateur, l’illustre Mongo Beti, a accueilli plusieurs générations de personnes avides d’initiatives de la scène littéraire africaine et camerounaise en particulier. La raison était aussi simple qu’unique : rendre un hommage au professeur Emmanuel MATATEYOU, non seulement par des paroles, mais aussi à travers le deuxième numéro de la revue littéraire « L’Echo de l’Encre des Mums », une initiative de l’association littéraire L’encre des Mums – regroupement des écrivains du département du Noun (Ouest – Cameroun).

    Sous la maestria de Viviane MOLUH, auteure de plusieurs romans et secrétaire générale de l’association, loisir a été de voir défiler, juste après le mot du président de l’association, monsieur Pierre POCHANGOU, des jeunes écrivaines du collectif, Aminatou Ndam Bendia et Khamila Ndayou, qui, à travers leurs note et revue de lecture de cette parution autour du professeur, ont plongé l’assistance dans le bain, incitant les uns et les autres à acheter un exemplaire, pour en savoir plus. Un bal de témoignages aussi poignants les uns que les autres a pris le pas… Des « Ah ! » des « Waouh ! », de belles émotions étaient au rendez-vous des témoignages laissés par la fille du professeur MATATEYOU, ses étudiants et autres jeunes qu’il a encadrés en écriture ou en culture bamoun, le vice-recteur de l’université de Ngaoundéré, le Pr Daouda, qui a fait le déplacement exprès pour témoigner de son affection, son admiration, son respect… à un professeur MATATEYOU encore en vie. Comme l’avait chanté l’artiste camerounais Longue Longue : « Témoignez-moi quand je suis encore en vie ! », l’association littéraire L’encre des Mum l’a compris et nous a servi une belle galette qui nous permet d’apprendre un peu plus sur l’Homme MATATEYOU dans son entièreté.


    Ce moment a connu la présence d’autres figures de l’espace littéraire camerounais comme Josée MELI (critique littéraire), Ray NDEBI (coach littéraire), Laetitia DONG (auteure), Avouzoa d’Ekoulikang (auteure), Louis EBENE (auteur), Salif MFORAIN (auteur), Aristide OLAMA (auteur), Serges NGOUNGA (auteur) et la liste est loin d’être exhaustive. Et chacun y allait de ses félicitations pour cette initiative.
    En effet, Trop de « bibliothèques » meurent avec leurs histoires réelles. Nos livres d’histoire actuels sont encore, pour la majorité, loin de la véritable histoire de notre pays, de notre continent. Des initiatives comme celle-ci contribuent, sans nul doute, à ne plus être spectateurs de la préfabrication de notre histoire. « L’Echo des Mums » est donc disponible auprès du collectif. Nous vous invitons à l’acheter, non seulement pour vous abreuver de sages connaissances, mais aussi pour soutenir cette association, qui vit sa deuxième année sur l’espace littéraire.


    Pauline M.N. ONGONO

  • Bonjour tout le monde !

    Bienvenue sur WordPress. Ceci est votre premier article. Modifiez-le ou supprimez-le, puis commencez à écrire !

  • Entretien avec Marel Fleuri, auteur et homme de loi congolais

    Bonjour, Marel Fleuri et merci d’avoir accepté de participer à ce jeu de questions. Vous êtes auteur, homme de loi, très engagé dans l’écriture et diverses activités littéraires dans votre continent et dans d’autres.

    L’écriture est souvent un voyage qui commence dans l’enfance. Pouvez-vous nous parler de votre premier rapport aux mots, aux histoires ? Y a-t-il un livre, un conteur ou une anecdote fondatrice qui a éveillé en vous le désir d’écrire ?

    Écrire, à mon avis, relève de l’innéisme ; c’est quelque chose d’inné, avant qu’un événement ne vienne déclencher la flamme… Puis, on se met à écrire. On se lance en littérature. Pour ce qui me concerne, j’ai été habitué d’abord à lire par mon père, qui était enseignant. Donc, je lisais ses documents dès l’école primaire et au collège. C’est au Lycée que je me lance dans l’écriture. J’écrivais des poèmes, imitant les grands poètes de la littérature congolaise, africaine et française… Je voulais leur ressembler et donc faire comme eux. C’est en cherchant à me détacher d’eux que naissait progressivement l’inspiration. J’ecrivais sous l’œil attentif de mes professeurs, des amis et un oncle paternel qui consacrait beaucoup son temps à m’apporter sa critique littéraire. Il enseignait à l’université. Enfin, pour reprendre les mots de Nicolas BOILEAU : « Avant d’écrire, il faut lire. » Je suis moi-même un lecteur.


    Votre parcours personnel et professionnel (en dehors de la littérature) influence-t-il votre écriture ? De quelle manière ?

    L’ecrivain est celui qui dépeint la société ; celui qui décrit le monde autour de lui. Rien n’est imaginaire si ce n’est de la fiction littéraire. J’admets que ma plume, outre mes lectures, recherches et découvertes, est le reflet de mon parcours personnel (milieu social) et professionnel, que j’exprime par des figures de style. J’écris suite à un ressenti, à une réaction, à une découverte… pour que l’inspiration cadre avec l’existentielle.

    Comment définiriez-vous votre « laboratoire » d’écriture ? Avez-vous des rituels, des conditions particulières (lieu, heure, supports) pour écrire ?

    Tout dépend du moment où l’inspiration arrive. L’inspiration peut arriver soudainement ou progressivement, pendant la sieste, en mangeant, en me promenant, en privé, en famille… Il m’est arrivé d’écrire en plein vol. Ma plume est naturelle et n’obéit à aucune condition préalable.


    Votre livre « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL » a été salué lors d’un appel à textes de la maison d’édition La perle noire. D’où est venue l’étincelle initiale de ces textes ?


    Je dois rappeler que c’est juste la profondeur de l’inspiration qui est le socle de ma plume. Sur la forme, je suis partisan du Classicisme. J’apprecie un poème quand il y a la rime, l’assonance, la versification… Au début de ma plume, j’écrivais des

    poèmes en vers libres, mais en admirant le style classique, j’ai rectifié ces vers et les ai transformés en poèmes classiques. Dans le fond, je vise toujours un message à travers mes écrits. Je n’écris pas pour écrire. J’ecris pour porter un message et je m’adresse à mon époque. Pour rappel, quelques poèmes de ce recueil, je les ai rédigés en plein dans le ciel notamment « Climaticide ». Il s’agissait, avec ce poème, d’attirer l’attention du monde actuel, des dirigeants actuels, pour agir en faveur du climat, de la protection de l’environnement, afin d’épargner les générations futures des fléaux que nous provoquons à cause de nos comportements climaticides. Outre cette thématique, j’ai aussi mis l’accent sur l’ « Afritude ». c’est un concept de l’engagement, de la détermination, de la mise en valeur de soi en tant qu’Africain. C’est un appel à dépasser la Négritude, qui longtemps à incarner la réclamation de l’identité des « Noirs». Avec l’Afritude, travaillons, écrivons… sans faire du bruit mais avec un impact pour la valorisation de notre identité. Notre respect ne viendra pas des autres, mais de nous-mêmes, de la façon dont nous la concevons, de la façon dont nous nous faisons respecter… au lieu de crier dans les tribunes du monde.

    Sans être exhaustif, je pense que cette profondeur a su toucher le comité d’organisation du Prix Littéraire La Perle Noire, qui a salué mon œuvre, son contenu et sa qualité. D’ailleurs, si je ne me trompe pas, le mot « Climaticide » va rejoindre le dictionnaire français de 2026. c’est une victoire pour toute la littérature africaine d’expression française et un signe qu’elle est au service des peuples francophones confrontés à des défis climatiques d’envergure.


    Vous écrivez en français. Comment travaillez-vous la langue, le rythme de vos phrases ? Pensez-vous à incorporer des sonorités, des expressions ou une musicalité issues du congolais ?

    Je fais partie des auteurs africains d’expression française. Ce qui veut dire qu’à la base, il y a la langue du terroir, sonorités, expressions et musicalité que l’on retrouve forcement. Les lieux indiqués dans certains extraits sont des lieux qui existent, à l’instar de Nji-Nji, qui est l’appellation traditionnelle de la ville de Pointe-Noire ; pareille pour Foa, qui est l’ancienne appellation de la ville de Brazzaville. Vous retrouverez des noms comme Issapa, qui est une zone ayant appartenu à mes ancêtres paternels, ou la Ndeko, qui est une rivière qui mène au village de mes parents maternels. Si cela est rendu peu visible en poésie, dans les prochaines parutions, tel le projet de Nouvelles qui sera intitulé « Contes et Anecdotes de chez moi », la Congolité trouvera toute sa place, toute sa couleur.


    « LES TROMPETTES », votre premier recueil de poèmes, se ancre profondément dans l’histoire et la réalité sociale. Comment abordez-vous la responsabilité (ou la liberté) de l’écrivain face à cet héritage souvent lourd et complexe ?

    L’ecrivain est un acteur social de haut rang. On vient à l’écriture pour perpétuer cette responsabilité, hériter de nos prédécesseurs. On ne se contente pas de dénoncer les vices et les travers mais aussi de construire l’harmonie, de susciter la foi en un avenir meilleur, de rappeler à chaque génération sa part de contribution attendue par notre société, pour qu’elle soit meilleure. Tout se perd si dans une société, les écrivains ne font pas leur travail : la conscientisation du peuple, le rappel à l’élite dirigeante, le rôle de la jeunesse dans la résolution des fléaux qui la persécute… C’est cette responsabilité que je porte à travers ma plume ; et elle se ressent à travers mon recueil de poèmes « LES TROMPETTES ou POEMES DE LA PREMIERE FEUILLE ».

    Il vise à décrire, dépeindre, denoncer, rappeler, détendre, attirer une certaine attention dont chaque poème sous-tend une thématique donnée : le travail, la haine, la jalousie, la dépravation des mœurs, le rôle des jeunes dans une société. Redépeindre l’Afrique comme une terre de valeurs et non une terre de malheur… Cette responsabilité consiste, pour moi, à m’adresser à ceux de mon temps ainsi qu’à notre postérité, afin qu’ils savent que la littérature est une arme constructive quand on la remplit d’œuvres de qualité.

    La littérature africaine, et congolaise en particulier, connaît un dynamisme extraordinaire. Comment vivez-vous cet « être-auteur » congolais aujourd’hui, sur la scène locale et internationale ? Nous rappelons d’ailleurs que « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL » a paru en France le 14 septembre dernier.

    Je dois rappeler que le monde littéraire d’aujourd’hui est en mutation. Celle-ci est due au déclin de la place du livre comme instrument d’acculturation et l’avènement des nouvelles technologies. Ce qui exige des auteurs plus d’originalité dans leurs œuvres pour attirer l’attention, susciter l’intérêt… L’ « être-auteur » congolais se retrouve donc face à cette réalité. Mais, au regard des distinctions enregistrées par les auteurs congolais tant au pays qu’à l’étranger, l’ « être-auteur » congolais se porte mieux et se montre résilient sur la scène locale et internationale. Pour ce qui est de « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL », le recueil est déjà disponible en ligne ; l’éditeur se charge de la mise en vente sous différentes plates-formes.

    Quels sont les auteurs congolais (classiques ou contemporains) ou africains qui vous ont marqué, influencé, ou que vous admirez tout simplement et que vous aimeriez recommander ?


    Je suis admirateur de tous mes prédécesseurs et je leur rends hommage. Certains, tels TCHICAYA-DE-BOEMPIRE, Jean MALONGA…, je les ai honorés dans lun de mes poèmes qui paraîtra prochainement. Plusieurs parmi eux m’ont marqué et je m’inspire d’eux Henri LOPES, TATI LOUTARD, Guy MENGA, TCHICAYA-U-TSAM’SI, Henri DJOMBO, Sony Labou TANSI, Emmanuel DONGALA… je vous les recommande avec plaisir.



    Au-delà du récit, quelle est, selon vous, la fonction de la littérature ? Que peut-elle apporter, guérir ou provoquer dans une société comme la société congolaise ?

    La littérature est une arme multifonctionelle. Elle est constituée d’écrits qui vise à humaniser l’homme, à nourrir son cerveau de savoir. Elle éduque, elle conseille. Elle est le refuge des âmes transgressées par les injustices sociales et un moyen pour eux de se faire entendre ou d’etre défendues. Il en va de même pour la société congolaise dont la jeunesse en a grandement besoin, face aux multiples ravages déshumanisants des réseaux sociaux. On doit non seulement écrire mais aussi susciter l’intérêt de la lecture chez le public. La littérature a un rôle important à jouer au sein de la société congolaise. Elle doit rappeler aux uns l’impérieuse nécessité de l’unité nationale après de moments de perturbations connues, la paix sociale dans une société à dominance jeune où ils doivent être des acteurs clés pour le développement du pays… La littérature doit être comme une table à manger, un feu de cuisine ou un puits d’eau autour duquel chacun vient se servir, se réchauffer, s’abreuver et garder une part pour les autres. Elle doit jouer ce rôle de formation d’un esprit patriotique, culturel, travailleur, engagé… et d’information sur les dangers présents et futurs afin que nous ne soyons pas ceux et celles qui vont causer à notre postérité, un tas de malheurs. D’où mon appel contre les attitudes climaticides, le respect des aînés par les jeunes…


    Être le lauréat d’un concours d’écriture influence-t-il votre perception de votre carrière d’écrivain ? Change-t-il quelque chose à votre regard sur votre propre travail, ou à la manière dont vous envisagez la suite de votre parcours d’écrivain ?


    Sans détour, être lauréat n’est pas qu’un simple honneur. C’est une grande responsabilité. Par conséquent, cela influence votre manière de travailler, car il faudra toujours garder la barre haute et continuer à inscrire son nom dans l’histoire et honorer son pays. A partir de là, les choses deviennent très sérieuses. Votre manière de travailler change et vous portez grande attention à tout ce que vous écrivez ainsi qu’à tout ce que vous dites. En plus d’être lauréat au Prix La Perle Noire 2025, j’ai été sélectionné dans la catégorie Poésie, pour figurer dans l’anthologie de poésie africaine et afro-descendante, Sénégal NJAAY, 2025 (la parution est envisagée pour bientôt).


    Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos prochains projets littéraires ?

    Ma plume est abondante. Je travaille sur des genres variés : poétique, narratif (roman, nouvelles, contes…) et théâtrale. Je dispose d’environs cinq (05) projets de recueils de poèmes, de sept (07) projets de romans, de deux (02) projets de nouvelles, de deux (02) projets de contes et d’un (01) projet d’une pièce théâtrale ; sans mentionner les projets en cours d’écriture. Je ne publie pas aussitôt après écriture. Je prends le temps de me relire et de faire l’autocritique. J’apprends à me référer à d’autres plumes, à me conformer aux règles en vigueur afin d’éviter de tomber dans la dark-romance. Par exemple, la plupart des poèmes qui constitue le recueil « LES TROMPETTES » sont mes œuvres du Lycée. C’est à l’Université que j’ai rédigé la plupart des projets de romans. Je ne suis pas pressé de publier. Je dois jauger de la qualité de mon œuvre avant de le confier à un éditeur. Je profite de cette occasion pour remercier les éditeurs avec lesquels j’ai déjà travaillé pour leur rigueur et leur assistance. Avec votre permission, je cite : les éditions ReCréation, Les éditions La Perle Noire, Les éditions Le Lys Bleu.


    Quels conseils ou quel message d’encouragement auriez-vous aimé recevoir lorsque vous avez écrit votre première ligne et que vous adresseriez aux jeunes plumes congolaises ?

    Pour rappel, j’ai commencé à écrire parce que je ressentais l’envie d’écrire, de passer un message, de traduire ce qui m’arrivait en tête. C’est ainsi que j’ai beaucoup rédigé de l’Université à ce jour. Malgré les deboires avec certains éditeurs au départ, jusqu’à ce que je travaille avec les éditions ReCréation, ma peine était d’avoir des ouvres mais de manquer d’éditeurs qui accepte de m’accompagner. Ça a été difficile à digérer. Le conseil qui me convenait et que je partage avec les jeunes plumes, c’est d’écrire et ne pas se lasser ; et de se rapprocher des aînés pour pallier certaines difficultés que nous, écrivains, traversons : trouver, à ses débuts, un éditeur. Autre chose, il y a le coté vente : le livre est « commerciable » mais pas commercial. Autrement dit, le livre est à vendre mais ne rend pas riche. Votre travail s’arrête à la parution de l’œuvre, le reste c’est le travail de l’éditeur. Toutefois, le résultat de la qualité de votre œuvre va jouer de beaucoup. Prenons donc suffisamment le temps de bien soigner nos œuvres, pour résister à la rouille que les réseaux sociaux veulent imposer aux auteurs. La plus grande joie pour tout auteur est : d’une part, la parution de son œuvre ; d’autre part, la distinction qu’il en recevra.


    Si vous deviez sauver un seul livre de votre bibliothèque (en dehors des vôtres !), lequel serait-il et pourquoi ?

    Cette question est difficile, extrêmement difficile ! Je respecte tous mes aînés, confrères et consœurs écrivains… alors, ne  sauvons que le livre contenant les « 42 lois du Maat », en raison des valeurs morales qu’il contient, lesquelles notre époque peut bien s’en référer et s’en servir car constructives par essence.


    Propos recueillis par P.O.

  • LITTÉRATURE : DONNANT-DONNANT

    « L’amitié n’est pas une prise en charge. », a-t-on l’habitude de lire, d’entendre, de dire même. Mais quelle est la définition réelle de l’amitié ? Pourquoi donne-t-on ce titre d’ami à une personne ? Pour y répondre, je ne fouille aucun dictionnaire, celui de mon expérience me dit que c’est cette personne qu’on laisse pénétrer dans notre intimité sociale, à qui on peut tout dire, à qui l’on doit apporter assistance en toute circonstance, celui à qui l’on peut confier sa bière ouverte 🥴 Attention ‼️ Il faut qu’il y ait, et c’est non négociable, réciprocité.

    Pauline_Parle_Seulement

    Dans l’espace littéraire, des personnes se plaignent du non soutien des autres acteurs du livre, allant même jusqu’à définir, jambes croisées dans leurs salons, les objectifs que devrait avoir tel ou tel maillon de la chaîne qui, d’après eux, ne les aide pas assez, n’aide pas assez la chaîne du livre, ne parle que de x ou y 🙂‍↕️🙂‍↕️🙂‍↕️

    Pauline_Parle_Seulement

    24h par jour, c’est insuffisant, n’est-ce pas ? Toutefois, j’ai créé un espace et j’ai vérifié quelques comptes sociaux des plaignant.e.s. Devinez quoi ? ILS.ELLES NE PARLENT QUE DE CE QUI LES CONCERNE, EUX.ELLES !!! Formidable, n’est-ce pas ? Applaudissons pour eux.elles ! 👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏
    Ces mêmes personnes, vous ne les verrez pas à votre événement, même si celui-ci se tient devant leurs domiciles, même s’il est virtuel.

    Pourquoi ces plaintes alors ? Si l’on n’est pas capable de soutenir les autres maillons, de partager leurs initiatives, de les recommander au lieu de s’évertuer à casser du sucre sur leur dos, pourquoi exiger ou s’estimer méritant d’un quelconque soutien des autres maillons ?

    Pauline_Parle_Seulement

    Comme je le dis souvent et comme l’a soutenu Junior Haussin lors d’un échange dont j’assurais la modération au récent SALIDO (Salon du livre de Douala) : « LA LITTÉRATURE, C’EST LE NJANGUI ! » (NJANGUI ≈ cotisation).

    Ehh oui !

    Tu soutiens les autres, ils se doivent de te soutenir.
    Tu ne soutiens pas les autres, ils ne sont en rien obligés de le faire.
    Tu soutiens les autres, en cas de service payant, tu peux aisément bénéficier d’une réduction./

    📍 N’oublions pas la loi de la réciprocité ☝️☝️

    Pauline_Parle_Seulement

    Alors, cher.ère.s plaignant.e.s, que faites-vous pour les autres ? Et ne venez pas me dire que chacun a son rôle 😒. Car vous le savez très bien, dans l’espace littéraire, peu importe le continent, une petite gentillesse, un partage, un like ou une présence, ça aide toujours.

    C’est l’occasion pour moi de saluer le dévouement à moindre ou pas de coût de Acolitt (oui, charité toujours bien ordonnée 🤩), Ô-LIVRE, L’orchidée Moulengui, Yaouba Kahlom, Gervais Dassi, Kadidia Nebie, Jean Jacques Foko, Omgba Alexandre, Fatoumata Cisse, Centre de Lecture d’initiation et d’Intégration à la culture., KultanS, Babacar Ndiaye, La Maison des Savoirs de Yaoundé, #Espace_LITTÉRAIRE et la liste est loin d’être exhaustive (vous pouvez remercier d’autres en commentaire et vous abonner à ces comptes).

    Pauline_Parle_seulement

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  • Analyse approfondie et détaillée du revêtement de « Le magnificat de la pensée blanche : La fin de la barbarie et de la suprématie occidentale » d’Oscar ELIMBY


    IMPRESSION GÉNÉRALE

    La couverture de « Le Magnificat de la Pensée blanche : La fin de la barbarie et de la suprématie occidentale » s’impose du premier regard comme un manifeste intellectuel et politique. Elle adopte un style solennel, monumental et provocateur, qui renvoie autant à l’essai critique qu’au pamphlet philosophique. Rien n’est laissé au hasard : la typographie, les couleurs, les symboles et la structure visuelle concourent à un même objectif : questionner la domination occidentale et déconstruire la suprématie blanche.
    C’est un livre qui se présente clairement comme un texte de rupture, destiné à déranger, à provoquer une réflexion radicale sur l’histoire, la civilisation et le pouvoir.


    UNE IRONIE PUISSANTE : LE TITRE

    « Le Magnificat de la pensée blanche »…
    Le mot Magnificat, d’origine biblique, renvoie à un chant de louange, de glorification divine. Son emploi ici est hautement ironique. Il suggère :
    – Une auto-célébration de la pensée blanche
    – Une idéologie qui se glorifie elle-même
    – Un discours hégémonique sacralisé, quasi religieux…


    Oscar Elimby détourne volontairement ce terme spirituel, « Magnificat », pour dénoncer une pensée qui s’est imposée comme norme universelle, se présentant comme civilisatrice, morale et supérieure.
    Le contraste entre le caractère sacré du Magnificat et la critique qu’il introduit crée une tension intellectuelle immédiate.

    « Le Magnificat de la Pensée blanche : La fin de la barbarie et de la suprématie occidentale » est donc un acte d’accusation, une plaidoirie visuelle,
    un renversement du regard. L’Occident, longtemps juge de l’histoire, devient ici objet de jugement.

    Cet essai ne cherche pas la séduction douce, mais l’impact intellectuel, la déconstruction des mentalités.


    LE SOUS-TITRE

    « La fin de la barbarie et de la suprématie occidentale » fonctionne comme une thèse qui vient renverser le récit dominant où l’Occident se présente comme le pôle de la civilisation.
    Il associe explicitement la suprématie occidentale à une forme de barbarie, annonçant de ce fait une fin historique.
    Le lecteur comprend immédiatement que le livre s’inscrit dans une logique de déconstruction postcoloniale, de critique historique et de réécriture du récit mondial.


    LA CHARTE GRAPHIQUE : NOIR ET OR

    La couverture repose presque exclusivement sur deux couleurs :
    – le noir, dominant, qui, pour nous,  symbolise la gravité, la profondeur, le deuil, mais aussi la vérité brute ; elle évoque les ténèbres de l’histoire, les violences occultées, la mémoire enfouie…

    – L’or, symbolisant le pouvoir, la richesse, l’empire, référence directe à la splendeur des civilisations dominantes. Et toujours dans une dynamique ironique visuelle, ce qui brille est aussi ce qui dénoncé. L’or devient ici l’ornement de la domination, loin d’une célébration naïve.

    Les SYMBOLES ARCHITECTURAUX

    Au centre de la première de couverture, on observe une série de formes monumentales rappelant :
    – l’arc de Triomphe
    – des colonnes antiques
    – l’empire romain,                                                – les fondements architecturaux de la civilisation occidentale,                                     – les monuments de la conquête et de la domination

    Malgré la puissance qu’ils revêtent, leur position renversée suggère :
    – La chute
    – La fin d’un ordre ancien
    – L’effritement d’un récit impérial dans son déclin symbolique.

    LA TYPOGRAPHIE

    La typographie est épurée, stable. Elle confère au livre une légitimité académique, tout en renforçant la dimension de manifeste. Le contraste entre le mot « BLANCHE », visuellement mis en évidence, accentue la focalisation sur l’objet de la critique.


    LE DOS ET LA QUATRIÈME DE COUVERTURE : L’AUTEUR ENGAGÉ

    Sur la quatrième de couverture, le texte est dense, argumenté, presque combatif. Il met en exergue la violence coloniale, les massacres, les pillages, les viols…

    Sa lecture confirme, comme dit plus haut, que l’auteur ne cherche pas la neutralité. Il s’inscrit dans une tradition de l’intellectuel engagé, qui écrit pour éveiller, dénoncer et prévenir.

    La photographie d’Oscar ELIMBY, vêtu d’un boubou traditionnel africain richement orné, joue un rôle symbolique et fort : l’affirmation identitaire, la réappropriation culturelle, le refus de l’effacement ou de l’assimilation. Un cri pour demeurer des citoyens autonomes, enracinés et conscients de l’histoire.

    PUBLIC CIBLE ET IMPACT PROBABLE

    « Le Magnificat de la Pensée blanche : La fin de la barbarie et de la suprématie occidentale » s’adresse à tous, car il peut
    susciter un débat intense où chacun jouera sa partition. Pour cela, il lui fallait une couverture qui va avec…

    Et celle-ci, c’est une couverture qui ne se contente pas d’illustrer un livre : elle en est déjà un discours.



    INFORMATIONS SUR LE LIVRE…

    Paru aux Éditions de Midi au Cameroun, Le Magnificat de la pensée blanche : La fin de la barbarie et de la suprématie occidentale, 439 pages, coûte 25.000 FCFA et Hors Afrique, 40 euros.

    Il est disponible au Cameroun à la Librairie des peuples noirs (Yaoundé) ; Librairie Éditions CLE (Yaoundé) ; Librairie du savoir (Ngaoundéré) ;  Librairie professionnelle (douala).


    Contact utile (WhatsApp) : +237 697449082


    Pauline M.N. ONGONO, ACOLITT

    ✉️ ongonopauline18@gmail.com / acolitterature@gmail.com

  • Compte rendu de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage 𝐿𝑎 𝑟𝑒𝑣𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑚𝑎𝑛𝑡𝑒 d’Anne Rachel Aboyoyo

    La Librairie des Peuples Noirs a vibré, ce vendredi 26 septembre à 15h, au rythme des mots et des voix lors de la dédicace du recueil 𝐿𝑎 𝑟𝑒𝑣𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑚𝑎𝑛𝑡𝑒 de la poétesse Anne Rachel ABOYOYO A. Placée sous la modération du journaliste retraité de la CRTV, Lazard Étoundi, la cérémonie a rassemblé éditeurs, universitaires, passionnés de littérature, amis et famille de l’autrice.


    La rencontre s’est ouverte avec la prise de parole de François Nkeme, éditeur des Éditions Proximité, qui a rappelé l’historique de la maison et son engagement en faveur des voix nouvelles et audacieuses. Le moment central fut ensuite la lecture de la note de lecture par le Dr Jean-Marie Yombo, chef du département de français à l’École normale supérieure de Bertoua.
    Dans son analyse, le Dr Yombo a mis en évidence la force et la cohérence d’un recueil profondément ancré dans la réalité sociale. Selon lui, La revanche de l’amante explore la condition féminine africaine à travers la figure d’une « amante » revendicatrice, qui s’affirme contre la domination patriarcale et les illusions d’une libération superficielle véhiculée par certaines idéologies contemporaines. Le critique a souligné le désir féminin au cœur de l’œuvre, ainsi que le rôle du langage poétique comme instrument de résistance et d’affirmation. L’écriture d’Anne Rachel se distingue ainsi par sa simplicité et sa lisibilité, en rupture avec les courants d’avant-garde, tout en restant dense et percutante. Le recueil aborde des thèmes essentiels tels que l’amour, la sexualité, la virilité et la restauration de la femme par la présence de l’homme viril, offrant une réflexion nuancée sur les relations hommes-femmes et le rôle complémentaire de chacun. Sa poésie, à la fois lapidaire et syncopée, invite à une relecture attentive, faisant du langage un espace d’émancipation et de créativité.
    Après cette analyse critique, la poétesse a partagé son expérience d’écriture et sa vision de la poésie comme espace de vérité et de liberté. Un échange nourri avec le public a permis d’approfondir les thématiques abordées, avant de laisser place à la traditionnelle séance de dédicaces. La rencontre s’est achevée dans une atmosphère chaleureuse, marquée par un moment de convivialité offert par l’autrice, scellant ainsi la fraternité des mots par celle du partage.


    Avec La revanche de l’amante, Anne Rachel ABOYOYO A. signe une œuvre poétique à la fois intime et universelle, ouvrant une voie singulière dans la littérature féminine africaine contemporaine.

    Catherine Laure MONGONO

  • Nos résolutions pour la nouvelle année seront des Fake news si…

    Qui n’a jamais utilisé l’expression  »Nouvelle année, nouvelle méthode » ou d’autres expressions qui vont dans le même sillage ? Chaque nouvelle année est toujours considérée comme le point de départ d’un autre Nous sur tous les plans. On fait un bilan relationnel, spirituel ou professionnel et, tout de suite, on déclare :  »L’année prochaine, beaucoup de choses changeront. »

    Ce qu’on oublie, c’est que pour passer de 2025 à 2026, par exemple, il reste quelques heures, et à 23h59, on sera toujours Nous. On sera toujours entouré de ceux qui auront survécu : les mêmes collaborateurs, les mêmes compagnons, la même famille… Le même entourage.

    Le grand  »malheur » de l’être humain est qu’il ne peut RIEN faire seul, malgré ce que plusieurs pensent. Directement ou indirectement, pour atteindre un but, le ballon doit passer par plusieurs mains, plusieurs jambes et bénéficier d’une stratégie pour rentrer dans les goals. L’auto glorification n’est donc que pur narcissisme.

     »Malheur », ai-je dit plus haut ? Oui ! Nos résolutions pour les nouvelles années sont soumises à plusieurs guerres.

    💡 Regardons ensemble quelques points :

    📍 LA VIE PROFESSIONNELLE

    Si votre résolution est de pousser votre entreprise, votre groupe, votre association encore plus haut sur tous les plans, vos collaborateurs devraient épouser cette logique. C’est la moindre des choses, non ?

    Comment level-up si vos collaborateurs pensent d’abord à leurs ventres, négligeant l’évolution et la vision de l’ensemble ? Comment level-up si vous vous cassez le crâne seul.e en permanence pour la survie de votre entreprise/groupe/association ? Comment level-up si vous continuez de rester muet quand bien même vous savez que vos proches collaborateurs font des travaux en aparté sans jamais penser à faire grandir l’ensemble ? Comment level-up si vous continuez de vivre cette peur de foncer, d’arrêter de procrastiner, de refuser toute modification de la vision selon les réalités sur le terrain ?

    📍 LA FAMILLE

    Nous sommes nombreux qui avons joué des coudes et posé une certaine rebelliøn sur la table, pour vivre notre passion du livre. Nous étions jugés  »perdus »,  »ratés » et plusieurs le subissent encore aujourd’hui. Cependant, gagnez un ou deux pécules, faites une photo avec une personnalité, passez à la TV… et devenez celui-là qui manquait au puzzle monétaire familial. Désormais, VOUS DEVREZ FAIRE POUR LES AUTRES. Vos ambitions et nouvelles résolutions d’évolution n’incombent que vous. La famille veut et c’est tout.

    📍 LE COUPLE

    Y-a-t-il besoin de trop parler ici ? 😁 Faites le choix d’un partenaire qui ne croit pas en vos initiatives littéraires, qui est prêt.e à vous couper les ailes parce que  »le livre, c’est quoi ? » et vous pouvez être sûr.e que vos résolutions resteront dans vos pensées.

    📍 LES AMIS

    Nous aimons tous, et même les introvertis Pro comme moi, faire la fête. Oui, nous aimons le faire. Mais à quel point ? Vos amis sont-ils prêts à comprendre qu’à 23h, vous préfériez vous pencher sur un projet plutôt que sur un verre de whisky ? Pensez-y !

    📍 NOUS-MÊMES

    Nous sommes les protagonistes et les antagonistes de nos résolutions. Si on les prend, c’est parce qu’on constate des manquements, c’est parce qu’on sent qu’on a les capacités de les tenir, c’est parce qu’on se sent asphyxié.

    ☝️ Qu’est-ce que nous sommes donc prêts à faire ?

    Sommes-nous prêts à éloigner ce collaborateur que nous savons vorace, cupide et fourbe ?

    Sommes-nous prêts à être moins soumis et gentils avec la famille ?

    Sommes-nous prêts à nous séparer des personnes, choses, habitudes… qui ne nous permettent pas d’évoluer ?

    Sommes-nous prêts à exiger de ne plus être seulement le sauveur mais aussi le sauvé ?

    Sommes-nous prêts à porter le casque du méchant ou de l’éternel incompris ?

    Sommes-nous prêts à être suffisamment égoïstes ?

    Sommes-nous prêts à sortir nos résolutions du réseau des Fake news ?

    Vous le savez sûrement mieux que moi : les actes valent mieux que les mots. Il est donc temps d’agir, pour qu’à la fin de l’an qui arrive, on n’ait plus l’impression d’avoir été entubé par notre entourage, par la vie.

    ☝️ Nos résolutions pour la nouvelle année seront des Fake news si nous ne tapons pas du poing sur la table. Si nous échouons ou ne les assumons pas toutes, au mieux, nous saurons quoi corriger.

    🥳 Il ne me reste qu’à nous souhaiter d’avoir un poing assez ferme, pour nos résolutions. Je nous souhaite de nous rendre compte de ce que nous méritons et du pouvoir du NON.


    🤲 J’espère que l’une de vos résolutions est de suivre les pages et chaînes ACOLITT, de partager son contenu, de participer à ses activités et lui confier vos initiatives en littérature.
    Nos services sont dans la bio de la page.

    📧 acolitterature@gmail.com


  • DEVIANCES EN MILIEU SCOLAIRE de ERIC MARTIAL NGADJEU II

    C’est avec une profonde émotion et une grande fierté que j’accepte d’introduire cet ouvrage courageux et nécessaire que signe mon jeune fils et collègue Éric Martial NGADJEU II NYASSE Valders. En tant que Chef du Centre National de Formation des Formateurs et de Développement des Programmes (CNFFDP), jai eu le privilège, au fil des années, d’accompagner des milliers d’enseignants et de réfléchir aux grandes orientations de notre système éducatif. Pourtant, rarement un texte m’aura à ce point bouleversé par sa lucidité, son authenticité et son urgence.

    « Déviances en milieu scolaire » n’est pas un livre de plus sur les « problèmes de l’école ». C’est un cri lancé depuis l’atelier, depuis la salle de classe, où l’odeur de l’huile se mêle à celle de la résignation ; depuis le bureau du surveillant où l’on ne sait plus si l’on doit punir, protéger ou simplement écouter. L’auteur, enseignant électrotechnicien et syndicaliste aguerri, ne parle pas de l’école : il parle depuis l’école, avec la voix rauque de ceux qui y passent leurs journées, leurs nuits parfois, et une grande partie de leur espérance.

    Ce qui frappe d’emblée dans cet ouvrage, c’est le refus de la facilité. NGADJEU II aurait pu se contenter d’un catalogue de doléances ou d’une charge contre « les jeunes d’aujourd’hui ». Il choisit, au contraire, une démarche rigoureuse : analyser la déviance scolaire non comme une pathologie individuelle, mais comme le symptôme brutal dun système éducatif technique en souffrance profonde. Vétusté des infrastructures, absence criante de matériel didactique, précarité sociale des familles, épuisement des enseignants, déconnexion entre les programmes et le marché de l’emploi : tout est passé au crible avec une franchise qui fait parfois mal, mais qui est indispensable.

    En tant que responsable de la formation des formateurs, je mesure chaque jour l’écart qui sépare la belle théorie des textes officiels de la réalité brutale du terrain. Ce livre comble précisément cet écart. Il nous oblige à regarder en face ce que nous savons tous mais que nous préférons souvent taire : un lycée technique sans machines-outils fonctionnelles, sans consommables, sans électricité stable, ne peut pas former des techniciens compétents ; il ne peut que produire de la frustration, du désengagement, et parfois de la violence. L’auteur le démontre avec une force rare : la déviance nest pas d’abord une faute morale de l’élève ; elle est, trop souvent, une réponse rationnelle à un environnement irrationnel.

    Mais ce qui élève cet essai au rang du livre salutaire, c’est qu’il ne sarrête pas au constat. Les derniers chapitres, riches de propositions concrètes (réhabilitation matérielle, cellules d’écoute, refonte participative du règlement intérieur, éducation à la citoyenneté, stratégie nationale coordonnée), dessinent les contours dune école technique enfin digne de ce nom. Ces recommandations ne sont pas des vœux pieux : elles sont nées de l’expérience quotidienne, discutées avec les collègues, testées parfois à petite échelle, et portées par une conviction intacte : oui, l’enseignement technique camerounais peut redevenir le fer de lance du développement de notre pays.

    À l’heure où l’on parle beaucoup, et parfois à tort et à travers, de « compétences du XXIe siècle », ce livre nous ramène à l’essentiel : on ne forme pas des jeunes compétents dans des ateliers en ruine, avec des enseignants démotivés et des familles désemparées. On ne construit pas une nation industrielle sans redonner dignité, moyens et sens à ceux qui, demain, souderont, câbleront, répareront et inventeront.

    Je termine en adressant mes félicitations les plus chaleureuses à l’auteur. Ce livre est un acte de foi en l’école, un acte de courage intellectuel, et surtout un acte d’amour pour nos jeunes. Puissent les décideurs, les partenaires, les parents, les enseignants et les élèves eux-mêmes s’en emparer. Car c’est ensemble, et seulement ensemble, que nous redonnerons à l’enseignement technique camerounais la place qui lui revient : celle d’un ascenseur social puissant et d’un moteur de progrès national.

    Le Directeur du Centre National de Formation des Formateurs et de Développement des Programmes,
    Dr BELLO OUSMANOU Ahmadou


    Nombre de pages : 166

    Éditeur : Editions de Midi

    Prix : 10.000 FCFA (CEMAC) / 12000 FCFA (Afrique) / 23 euros (reste du monde)

    Il est disponible au Cameroun à la Librairie des peuples noirs (Yaoundé) ; Librairie Éditions CLE (Yaoundé) ; Librairie du savoir (Ngaoundéré) ;  Librairie professionnelle (douala)




  • SUR MON CHEMIN par Nicolas WOULAMI

    SUR MON CHEMIN est un recueil de poèmes qui butine sur les sillons de l’amour, du patriotisme, de l’identité culturelle et de la responsabilité jeune Afrique. Le recueil dénonce aussi les infidélités des pourvoyeurs des services sociaux avec des accords bilatéralement consentis. Dans un contexte africain où la jeunesse est dite génération spontanée, SUR MON CHEMIN interpelle aussi bien les générations précédentes que cette jeunesse sur leurs responsabilités respectives. L’école et surtout sa fonction transformationelle est vivement sollicitée afin que le jeune africain dévienne un acteur / accélérateur culturel de choix pour l’Afrique qui vient.


    Ce recueil de poésie est disponible au prix de 3000 FCFA chez :
    ✅ L’auteur : +237 654155678 (WhatsApp) / +237 652214729 / dewanicolas70@gmail.com
    ✅ Chez l’éditeur : Lucioleseditions@gmail.com
    ✅ À la librairie des Peuples Noirs à Yaoundé
    ✅ En ligne, sur TAMA : Sur mon chemin de Nicolas WOULAMI