
PRÉSENTATION DE L’ŒUVRE
C’est une petite fille. Elle s’appelle Edialéda. Un jour, elle se lève et n’entend plus que le silence. Sa mère la croit rebelle, puisque la petite ne répond pas quand on l’appelle. Parce qu’elle ne réagit pas quand on lui parle, on la dit irrespectueuse, têtue. Pourtant, Edialéda ne sait entendre. Elle ne peut plus entendre. Elle a perdu son ouïe. Elle est devenue sourde.
Son père lui tourne le dos ; ce n’est pas le reflet de ce qu’il a toujours espéré. Une fille sourde ne lui sert plus à rien. Sa mère entreprend tout pour rappeler les sons à ses oreilles ; les prêtres, les guérisseurs traditionnels, les médecins… tout y passe. Edialéda demeure sourde. La communauté la rejette, disant que c’est une punition, un karma, le résultat de mauvais actes dans sa famille. Une malédiction. Les autres enfants se tiennent loin d’elle ; leurs parents ne veulent pas qu’ils soient contaminés, il ne faut pas qu’ils attrapent la surdité à leur tour.
A l’école, la petite fille est également rejetée ; il n’existe pas de dispositif adéquat pour prendre en charge des personne comme elle. Quand les voix et les sons ne lui parviennent plus, rien d’autre ne vient. Tout s’éteint, y compris l’estime d’une communauté qui la considérait comme une perle, une lumière. L’amour de sa mère n’est pas suffisamment riche d’argent pour lui obtenir de vrais soins, un dispositif auditif pour lui permettre de réintégrer la société. Tout s’arrête jusqu’à la naissance de sa fille Amide. La lecture vous en dira plus…

DÉROULEMENT DE LA RENCONTRE
Le samedi 08 novembre 2025, il est 15h00 à Yaoundé quand, après une lourde pluie, la rencontre prévue pour 14h00 peut enfin débuter sous la modération de Ray NDEBI. Comme d’habitude, la bibliothèque de La Maison des Savoirs accueille la rencontre. Pour ouvrir les échanges, il émet le malaise qui l’a submergé tout au long de la lecture, parlant de la perte accentuée d’humanité constatée dans nos sociétés. « Des Edialéda, nous en avons à tous les carrefours et sur tous les trottoirs, victimes de mille formes d’indifférences », dit-il.
Les échanges se sont portés en majorité sur l’amour, la beauté, la solidarité et l’humanité. La société telle que présentée par Pacélie EDIMA est toujours d’actualité, avec une marginalisation préoccupante. Mais, en commençant par les femmes du club de lecture 15 PAGES PAR JOUR, à la question de savoir si la future maman s’attend à un enfant handicapé, la réponse a été des plus honnêtes : « Toutes les femmes rêvent d’un enfant bien portant et jouissant de toutes ses facultés et capacités ». Du côté des hommes aussi, les attentes semblent identiques. Ce qui nous offre un contexte familial dans lequel on n’est pas préparé au handicap, surtout quand l’enfant est né comme on l’a rêvé.

Le comportement de la famille et des communautés paraît se justifier ; mais il y apparaît surtout de l’ignorance et un manque de sensibilisation. Le handicap demeure alors mal accepté et encore plus mal vécu. Selon Raphaël et Pauline, la société aime « avec les yeux » ; ce que soutient Erine en regrettant que les gens considèrent les autres en fonction des canons de beauté préétablis.
La question de la préparation au handicap a occupé une grande partie des échanges ; car le roman de Pacélie EDIMA montre combien les malheurs d’Edialéda auraient pu être allégés si son entourage avait su ce que le handicap représente, loin de tous les préjugés qui ont poussé la petite, à un moment, à se résoudre à la mendicité dans la rue, parmi d’autres personnes présentant des déficiences physiques. Plusieurs solutions ont alors été évoquées, parmi lesquelles l’introduction de l’apprentissage de la langue des signes et du braille dans les programmes scolaires, à la place de l’allemand et de l’espagnol. « Si cela se réalise, nous aurons une société plus inclusive et plus ouverte. Surtout, chacun sera préparé à cette éventualité qui peut survenir à la naissance ou au cours de la vie », conclura Ray NDEBI quand l’idée est émise. Des expériences personnelles vont meubler la rencontre ; Bertille Audrey, Danielle, Khamila, Amina et Michel ont partagé des vues enrichissantes.

Il est ensuite venu l’heure de noter le livre. C’est un moment particulier, car la Littérature reprend ses droits et pèse de tout son poids sur la critique. 06/10, voilà ce qui ressort, vu l’importance et la puissance du texte, par rapport à la qualité de sa présentation. Les lecteurs du 15 PAGES PAR JOUR ont, à l’unanimité, regretté l’absence de relecture et de montage professionnels. Si le thème et son déploiement mérite toute l’attention, l’édition quant à elle pourrait sérieusement tenir le lecteur à distance. Nous recommandons vivement une relecture-correction de l’ouvrage.
Après un appel vidéo avec l’auteure, une photo de famille et un thé d’amitié, les lecteurs du club 15 PAGES PAR JOUR sont repartis avec à cœur un regard empreint d’âme pour cette société en constante dégradation, afin que des enfants comme Amide, fille de parent handicapé, ne noie pas son enfance dans des responsabilités plus fortes que son âge ; c’était à elle de veiller sur sa mère et aussi sur ses cadets, Natacha et Legrand. Tout y est encore possible, si chacun se donne la peine de comprendre et surtout ACCEPTER.
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