Catégorie : Club de lecture

  • Réalités Épineuses de Amina NDAM est passé au 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB


    Samedi 21 février 2026…

    Écrire l’amour a toujours été aussi complexe qu’écrire la mort ; ce sont deux composantes de la vie qui surprennent l’auteur et le glissent très souvent dans une expression inachevée, tant il semble désarmé face aux multiples axes qui peuvent être empruntés. Écrire les deux ensemble, l’un comme conséquence de l’autre, s’avère donc une tâche ardue. C’est justement l’exercice auquel l’auteure de Réalités épineuses s’est soumise dans son roman de 20 chapitres, paru chez Éclosion en 2023.

    BREF APERÇU…

    Dassihara et Gérémy, les deux personnages principaux, ne se doutent pas que la passion qui les unit va devoir faire face à quelque chose de bien plus grand que deux cœurs qui battent, ne demandant qu’à avoir la liberté de s’unir. Dans un texte par lequel Amina NDAM fait découvrir sa plume aux lecteurs, une diversité de thèmes entre foi, tradition, famille, culture et destinée, il va s’ouvrir un univers d’exploration exceptionnel avec plusieurs horizons qui se croisent pour former un tout entraînant.

    LECTURE FAITE PAR LE 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB…

    Dans le nouvel espace de la bibliothèque LA MAISON DES SAVOIRS, au quartier Étoudi à Yaoundé, les membres du club de lecture 15 Pages Par Jour se sont donné rendez-vous pour un autre échange critique autour de ce roman dont le contenu semble se poursuivre par-delà les 333 pages. Plusieurs thèmes ont meublé la séance ; habituellement, les séances modérées par The Ghost suivent un canevas qui va toujours de ce que chacun a ressenti au fil de la lecture, à la note attribuée par chaque lecteur.

    LE RESSENTI GÉNÉRAL…

    Célestine, poétesse et auteure de Écoute !, recueil paru chez Luppepo, a apprécié la densité du texte, ainsi que sa richesse, compte tenu de l’âge de l’auteur qui fait ses premiers pas dans la vingtaine ; comme pour Danielle, relectrice, elle a trouvé le texte captivant d’un bout à l’autre. Érine, bibliothécaire, a partagé ce même point de vue, en évoquant le voyage qui s’offre et le tourisme qui fait explorer d’autres régions et cultures du Cameroun. Raphaël, très porté sur la fluidité, a indiqué ne pas avoir pu terminer la lecture bien qu’ayant obtenu le livre en premier, parce que le texte lui a paru long et parfois lourd, mais aussi à cause du lexique local qui l’a obligé à aller consulter les définitions en début de livre à plusieurs reprise. The Ghost, de son côté, a confessé, comme Danielle, que certaines difficultés liées à la lecture sont le fruit de fautes et autres insuffisances ; s’il a reconnu l’importance du travail exprimé par Amina NDAM, il a déploré le peu de regard accordé à cet aspect lors des différents processus de fabrication du livre.

    LE PERSONNAGE MARQUANT…

    « Le roi », Danielle n’a pas hésité une seule seconde. Pour elle, il joue son rôle à la perfection et a été réussi par l’auteure ; personnage que The Ghost n’a pas particulièrement apprécié à cause du peu de vertu qu’il perd facilement au nom de l’amour et aussi son esprit froid et calculateur. Selon lui, c’est Sacha, l’ex-copine de Gérémy ; c’est une jeune femme libertine certes, mais peu conditionnée dans son existence et toujours orientée sur le chemin de la vie. Sa volonté de vivre est exceptionnelle. Célestine et Raphaël sont allés dans le sens de la mère de Dassihara ; la poétesse particulièrement apprécie combien la femme dédie toute son énergie pour le bien de sa fille, malgré le contexte musulman et un mari qui ne demande qu’à marier la jeune femme au roi Abdel Malick.

    LA QUALITÉ DE L’ÉCRITURE…

    Il a été unanime que le volet éditorial est fortement à revoir, comme il est devenu récurrent dans l’univers littéraire aujourd’hui.

    L’AMOUR ET LA MORT…

    Arrivé à ce stade, les autres participants, nouveaux au club ou visiteurs, parmi lesquels l’écrivaine Viviane Moluh Peyou, ont pu participer et donner leurs avis, puisqu’on passait à l’impact du livre. La question posée par The Ghost a soulevé beaucoup de passions : Est-il normal de mourir pour l’amour ? La question trouve ses racines dans la relation entre Gérémy et Dassihara. Le garçon savait qu’il perdrait sa vie s’il s’entêtait à vouloir épouser sa belle ; destinée au roi, elle a marqué le premier pas d’un rite qui engageait sa vie. Entre Viviane qui assure qu’à un certain âge, quand la cœur est fou, on ne craint rien… propos partagés par Pauline Ongono, présidente d’ACOLITT ; et d’autres comme Laura qui pensent que rien n’est au-dessus de la vie, il a fallu près d’une heure, rien que pour ce point, et il a fallu s’arrêter et promettre de poursuivre plus tard. C’est aussi cela, les intrigues fortes, elles savent créer des débats et construire les esprits.

    DIEU ET LES TRADITIONS…

    Ce point est l’un des plus fréquents quand un texte met un accent majeur sur les traditions et, pour cette séance aussi, les échanges ont été nourris. L’auteure Amina Ndam a su offrir, au fil de son écriture, plusieurs champs à explorer. L’équilibre entre la religion catholique et les traditions ancestrales bamoun est si saisissant qu’on ne peut que rester admiratif devant la maturité d’une plume pourtant encore à ses débuts, et encore verte dans son âge.

    LA NOTE…

    En totalisant les votes du jour, Réalités épineuses, le roman d’Amina Ndam également membre du club de lecture 15 Pages Par Jour, a reçu la note de 8.5/10. Avec un comité éditorial effectif, ou un relecteur professionnel, il ne fait aucun doute que cette plume présente un intérêt certain.

    Le 21 mars, Une rencontre avec un pervers narcissique de Yvonne MASSABE sera le livre à l’honneur.

    📧 contacts@acolitt.com

    Ray NDÉBI, critiqué littéraire

  • « L’héroïne du silence : Au-delà du handicap, un cri d’inclusion » de Pacelie EDIMA au 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB de ACOLITT

    PRÉSENTATION DE L’ŒUVRE

    C’est une petite fille. Elle s’appelle Edialéda. Un jour, elle se lève et n’entend plus que le silence. Sa mère la croit rebelle, puisque la petite ne répond pas quand on l’appelle. Parce qu’elle ne réagit pas quand on lui parle, on la dit irrespectueuse, têtue. Pourtant, Edialéda ne sait entendre. Elle ne peut plus entendre. Elle a perdu son ouïe. Elle est devenue sourde.
    Son père lui tourne le dos ; ce n’est pas le reflet de ce qu’il a toujours espéré. Une fille sourde ne lui sert plus à rien. Sa mère entreprend tout pour rappeler les sons à ses oreilles ; les prêtres, les guérisseurs traditionnels, les médecins… tout y passe. Edialéda demeure sourde. La communauté la rejette, disant que c’est une punition, un karma, le résultat de mauvais actes dans sa famille. Une malédiction. Les autres enfants se tiennent loin d’elle ; leurs parents ne veulent pas qu’ils soient contaminés, il ne faut pas qu’ils attrapent la surdité à leur tour.
    A l’école, la petite fille est également rejetée ; il n’existe pas de dispositif adéquat pour prendre en charge des personne comme elle. Quand les voix et les sons ne lui parviennent plus, rien d’autre ne vient. Tout s’éteint, y compris l’estime d’une communauté qui la considérait comme une perle, une lumière. L’amour de sa mère n’est pas suffisamment riche d’argent pour lui obtenir de vrais soins, un dispositif auditif pour lui permettre de réintégrer la société. Tout s’arrête jusqu’à la naissance de sa fille Amide. La lecture vous en dira plus…

    DÉROULEMENT DE LA RENCONTRE

    Le samedi 08 novembre 2025, il est 15h00 à Yaoundé quand, après une lourde pluie, la rencontre prévue pour 14h00 peut enfin débuter sous la modération de Ray NDEBI. Comme d’habitude, la bibliothèque de La Maison des Savoirs accueille la rencontre. Pour ouvrir les échanges, il émet le malaise qui l’a submergé tout au long de la lecture, parlant de la perte accentuée d’humanité constatée dans nos sociétés. « Des Edialéda, nous en avons à tous les carrefours et sur tous les trottoirs, victimes de mille formes d’indifférences », dit-il.

    Les échanges se sont portés en majorité sur l’amour, la beauté, la solidarité et l’humanité. La société telle que présentée par Pacélie EDIMA est toujours d’actualité, avec une marginalisation préoccupante. Mais, en commençant par les femmes du club de lecture 15 PAGES PAR JOUR, à la question de savoir si la future maman s’attend à un enfant handicapé, la réponse a été des plus honnêtes : « Toutes les femmes rêvent d’un enfant bien portant et jouissant de toutes ses facultés et capacités ». Du côté des hommes aussi, les attentes semblent identiques. Ce qui nous offre un contexte familial dans lequel on n’est pas préparé au handicap, surtout quand l’enfant est né comme on l’a rêvé.


    Le comportement de la famille et des communautés paraît se justifier ; mais il y apparaît surtout de l’ignorance et un manque de sensibilisation. Le handicap demeure alors mal accepté et encore plus mal vécu. Selon Raphaël et Pauline, la société aime « avec les yeux » ; ce que soutient Erine en regrettant que les gens considèrent les autres en fonction des canons de beauté préétablis.


    La question de la préparation au handicap a occupé une grande partie des échanges ; car le roman de Pacélie EDIMA montre combien les malheurs d’Edialéda auraient pu être allégés si son entourage avait su ce que le handicap représente, loin de tous les préjugés qui ont poussé la petite, à un moment, à se résoudre à la mendicité dans la rue, parmi d’autres personnes présentant des déficiences physiques. Plusieurs solutions ont alors été évoquées, parmi lesquelles l’introduction de l’apprentissage de la langue des signes et du braille dans les programmes scolaires, à la place de l’allemand et de l’espagnol. « Si cela se réalise, nous aurons une société plus inclusive et plus ouverte. Surtout, chacun sera préparé à cette éventualité qui peut survenir à la naissance ou au cours de la vie », conclura Ray NDEBI quand l’idée est émise. Des expériences personnelles vont meubler la rencontre ; Bertille Audrey, Danielle, Khamila, Amina et Michel ont partagé des vues enrichissantes.


    Il est ensuite venu l’heure de noter le livre. C’est un moment particulier, car la Littérature reprend ses droits et pèse de tout son poids sur la critique. 06/10, voilà ce qui ressort, vu l’importance et la puissance du texte, par rapport à la qualité de sa présentation. Les lecteurs du 15 PAGES PAR JOUR ont, à l’unanimité, regretté l’absence de relecture et de montage professionnels. Si le thème et son déploiement mérite toute l’attention, l’édition quant à elle pourrait sérieusement tenir le lecteur à distance. Nous recommandons vivement une relecture-correction de l’ouvrage.

    Après un appel vidéo avec l’auteure, une photo de famille et un thé d’amitié, les lecteurs du club 15 PAGES PAR JOUR sont repartis avec à cœur un regard empreint d’âme pour cette société en constante dégradation, afin que des enfants comme Amide, fille de parent handicapé, ne noie pas son enfance dans des responsabilités plus fortes que son âge ; c’était à elle de veiller sur sa mère et aussi sur ses cadets, Natacha et Legrand. Tout y est encore possible, si chacun se donne la peine de comprendre et surtout ACCEPTER.


    Vous souhaitez proposer votre livre à notre club de lecture ou y adhérer ?

    Contact : acolitterature@gmail.com


    Le livre est disponible via le numéro de téléphone +237 6 57 55 53 46 (WhatsApp) au prix de 5.000 FCFA



  • LES CHOSES INTERDITES de Aristide OLAMA : L’IMPASSION D’UNE SŒUR

    En 2020, Les choses interdites paraît aux éditions Proximité. C’est un roman qui vient mettre en scène Emilie Ateba et son David Mveng, deux adolescents qui tombent fou amoureux l’un de l’autre, avant de réaliser, trois ans plus tard, après les obsèques de Philippe Ateba, un riche homme d’affaires commun à leurs deux mères, qu’ils sont frère et sœur. Vivant désormais dans la même maison, sous le regard alarmé de Martine, la mère d’Emilie, veuve de Philippe Ateba et désormais belle-mère de l’héritier David Mveng, ils vont faire face à cet amour sous un nouvel angle qui à chaque fois les tiendra au bord de l’inimaginable.
    168 pages d’intrigue proposées par Aristide OLAMA, au cœur d’une société où les choses, même parmi les plus graves, sont considérées avec légèreté.

    Le choix de l’obsession

    C’est alors que le club de lecture « 15 Pages par Jour », fondé par Pauline ONGONO de ACOLITT, décide d’explorer l’univers de ces personnages installés dans leur imposante villa de Yaoundé. Le thème « ETRE OBSEDE.E » en sort tout de suite, élu pour conduire la rencontre du samedi 04 septembre 2025 qui se tient à la bibliothèque La Maison des Savoirs, sise au Dépôt de sable d’Etoudi, à Yaoundé.

    Prévu pour démarrer à 14h, la forte pluie qui s’abat sur la capitale politique du Cameroun repousse le début des échanges à 15h, avec la présence exceptionnelle de l’écrivain Aristide OLAMA en personne qui a tenu à participer au retour de lecture de ce groupe composé d’auteurs, de critiques et de passionnés de lettres.

    La responsabilité de la famille dans l’inceste

    Menés par le critique littéraire Ray NDEBI, les débats s’ouvrent avec l’éducation des enfants et c’est Célestine BELLA qui pointe du doigt, en premier, le manque de fermeté de Martine, la mère d’Emilie, qui aurait dû protéger sa fille, surtout quand elle s’est rendu compte que le mot inceste ne semblait rien dire à la jeune adulte entêtée et obnubilée par l’amour. Elle est suivie dans ce sens par M-T. Ekassi qui renforce son point en indiquant la désunion dans la famille, source d’absence de communication et aussi d’assise pour rappeler ouverte aux fautifs leur tort.
    Ray demande alors aux autres d’apprécier les dispositions prises par l’auteur pour encadrer son sujet. « Trouvez-vous pertinent que la famille soit aussi désolidarisée pour parler de l’inceste ? » Erine Tchouala regrette qu’il n’y ait personne pour pouvoir taper du poing sur la table ; selon elle, l’auteur aurait dû proposer un personnage pour remettre de l’ordre dans cette maison et éviter l’abomination.

    La crainte du regard des autres

    A la question de savoir si l’attitude de Martine Ngo Honla, la veuve, est crédible et illustre une réaction naturelle possible dans la « vraie » vie, Pauline répond par l’affirmative en précisant la peur du qu’en-dire-t-on ; ce que Audrey Bertille MBARGA et Célestine soutiennent donnant des exemples dans leur environnement, des familles qu’elles connaissent qui font passer sous silence ces choses interdites.
    Le modérateur va alors interroger l’intérêt du livre. Ce roman n’est-il pas uniquement destiné aux familles nanties où le nom est à préserver à tout prix ? Les familles pauvres ont-elles le même souci de discrétion ? Selon Pauline, toutes les classes sociales sont concernées par cette attitude, bien que chez les démunies c’est surtout face à la rumeur, même avérée, que l’indifférence s’installe. « Tout le quartier sait, mais chacun se mêle de ses affaires », conclut-elle, approuvée par Bertille et Danielle TAMEN qui arrive au bout d’une heure, retardée par l’orage.

    Le silence criminel

    Et si Philippe avait présenté David, le fils de l’adultère, à sa femme ? Voilà la question qui a particulièrement intéressé Danielle ; elle s’est même rendue à un autre moment : et s’il n’y avait tout simplement pas eu infidélité ? Selon elle, l’infidélité doit être évitée. Seulement, la plume l’a écrite et il faut l’assumer.
    Cet autre point est salué dans l’intrigue, car bien des incestes surviennent entre des enfants qui ignorent tout de l’existence de certains frères et sœurs ; et c’est quand la catastrophe est consommée que les diverses familles s’en rendent compte. Cette fois aussi, le roman est considéré comme une alerte. L’éducation des enfants doit être ouverte et des sujets comme l’inceste doivent être abordés, puisque plusieurs cas entre frères et sœurs qui connaissent déjà leurs liens de sang, sont répertoriés à travers le monde ; quand l’inceste n’y est pas consentant, il est consenti.
    Plusieurs lecteurs regrettent toujours que ni le notaire, ni l’amant de Martine, ni l’oncle Ngul Mam (le personnage préféré de Ray dans ce roman)… personne n’ait reçu de l’auteur la poigne nécessaire pour faire entendre sa voix. Les silence des morts, Philippe et la mère de David, étant trop lourds. La voix de Gertrude, la collègue de Martine, trop lointaine. Celles de Yann, amant d’Emilie, et Claire et Falone, amantes de David, trop faibles.

    L’amour contre le sang

    Le personnage qui cristallise toutes les émotions, c’est Emilie. Un feu d’amour et d’orgueil lui brûle les entrailles. Si David présente quelquefois des réticences, une morale quoique fébrile, sa sœur défie toutes les lois de la vertu. Ray pose alors cette question : « Emilie avait-elle les moyens de combattre cet amour ? »
    Après un temps de silence, Bertille, à qui il est demandé de se mettre dans la peau de la jeune femme obsédée par son frère, tient sa réponse en trois mots : « C’est impossible ! ». Et la question de la classe sociale est à nouveau posée par Ray. N’est-ce pas plus difficile pour les bourgeois de s’arrêter ? M-T et Célestine ne le pensent pas, car Emilie aurait dû s’arrêter à l’évocation du lien de sang. « La crainte de Dieu est-elle aussi présente chez les riches que chez les pauvres ? », suggère Ray, prenant l’exemple de David, de famille pauvre à la base, qui va chercher de l’aide auprès de Dieu, tandis qu’Emilie n’a d’yeux et de cœur que pour son frère. Le silence plane toujours, et la faute revient à Martine, sa mère, qui aurait dû l’éloigner ou s’éloigner avec elle. Si l’on ne peut pas conseiller un cœur amoureux, peut-on seulement aviser un cœur obsédé ? « Home is where heart is », a simplement rappelé Ray, pour conclure cette longue partie qui a fait un détour par la Bible, l’aristocratie, la psychologie et autres.

    La plume de l’auteur

    « Instructive et fluide » ont dit les participants ; « comme un fleuve » a reconnu Pauline. Et cette idée d’isoler les personnages, les privant de toute aide possible, n’a servi qu’à démontrer combien, en définitive, chacun doit faire ses choix selon ses pulsions et les assumer.
    Invité à prendre la parole après avoir suivi en silence et avec intérêt les deux heures d’échanges, Aristide OLAMA a tout d’abord salué la qualité des lectures faites et l’intéressante implication des lecteurs dans le roman ; un tel investissement pour se retrouver au cœur de l’histoire pour en tirer le cru, il l’a trouvé remarquable.
    Aristide approfondit les connaissances en donnant la source de son écriture de ce texte : le constat d’une banalisation de tout, et surtout des choses interdites.

    Tant de choses ont été relevées et partagées au sujet de ce roman qui, à la fin, remporte la note de 8/10. Tout en exhortant les éditeurs, une fois de plus, à encore plus de professionnalisme, nous reconnaissons les efforts qu’ils fournissent déjà pour publier des œuvres littéraires dans un contexte qui n’est pas très prompt au soutien du Livre. Avec un peu plus de pensée pour le Livre de Qualité, ils y seront sans peine.
    Les choses interdites, c’est se permettre de s’interdire.

  • « Journal d’une jeunesse gaspillée ».Tome 1, de Himins au 15 Pages Par Jour Bookclub

    Prendre son temps, Avoir tout son temps, Faire ses propres erreurs, Être encore jeune… Que d’expressions communes au discours quotidien des parents et surtout des jeunes, quand il s’agit d’expérience. Et, comme dans bien des cas, c’est avec des « Si j’avais su » qu’on va pleurer sur ses échecs. Parfois, il est déjà bien tard. Pourtant on est encore jeune.


    Autour du thème « ETRE CONSCIENT.E », les membres du club de lecture 15 Pages par Jour se sont donné rendez-vous le 06 septembre 2025, à la bibliothèque de La Maison des Savoirs, au quartier Etoudi à Yaoundé, pour plonger dans ce texte autobiographique écrit depuis des souvenirs de l’auteur Himins, du temps où il était encore étudiant à l’université de Buéa, dans le Sud-Ouest du Cameroun.


    C’est sous la forme de notes de cette période de six longues années, entre alcool, sexe et fête, pour obtenir une Licence qui normalement ne lui aurait pris que trois ans, que le jeune étudiant va écrire la plus douloureuse expérience de sa jeunesse. Décidé à nourrir et consommer ses folles envies de mondanités, il va se livrer à divers petits boulots pour financer ses activités nocturnes, loin des amphis et des cours que sa « jeunesse » lui interdit de suivre assidument. « Tu as le temps de te rattraper », lui répète une voix intérieure. Il va donc affronter diverses situations, entre les conseils de ses parents qu’il n’écoute pas et la luxure qu’il embrasse sans modération, et expérimenter le bord de l’abîme. L’idée du suicide ne le quitte plus.

    UNE EXPÉRIENCE GLOBALE DE JEUNESSE

    Selon les membres du 15 Pages Par Jour, la jeunesse dans l’univers de l’écriture a poussé notre l’auteur à produire un livre court qui aurait pu avoir un volume quatre ou cinq fois plus important, car le journal a la particularité d’exprimer une intimité  authentique fondée sur des détails étendus des émotions de chaque évènement  ; avec cette forme d’écriture, il est interdit de se mentir ou de s’interdire sa propre réalité. S’il est écrit pour soi, le journal ne change pas de forme quand il doit être publié, rappelle-t-on durant les échanges.
    Pour se défendre, Himins, qui a fait le déplacement depuis Douala pour vivre ce moment qu’il dit « salutaire pour sa plume », a parlé des premiers lecteurs de son manuscrit, notamment des parents, qui lui auraient signifié être peu à l’aise avec le contenu cru que présentait la manuscrit premier. Influencé, il aurait alors dilué son propos et se serait limité à la simple narration de surface, sans donner plus de détails. Et c’est justement ce que tous les membres de du club de lecture ont soulevé : « Il manque à ce livre l’expérience des scènes, des contextes et des personnages. », l’a soulevé Pauline ONGONO, rappelant à l’auteur combien le lecteur reste sur sa faim face à certaines situations dans son texte.

    UNE CIBLE TOUCHÉE

    Laura, la benjamine du club et nouvellement bachelière, a partagé son épanouissement face à cette lecture qu’elle a partagée avec sa mère. Elle soutient, tout comme Bertille Audrey qui s’est reconnue dans les lignes de Himins, que le livre présente la réalité de nos universités ainsi que les zones de perdition qui ouvrent grand les bras aux jeunes qui vont faire l’expérience des études supérieures au Cameroun. Laura se dit alors mieux préparée à affronter cet univers nouveau qu’elle va intégrer dès cette année.
    Pour Célestine, poétesse elle-même déjà passée par la case « Auteur du jour » du Club, la question de l’éducation est à nouveau à considérer, et dans sa totalité, parce que les parents aussi doivent tenir leur rôle sans lâcher, tandis que les enfants doivent faire preuve de respect en écoutant et pratiquant les conseils. Pour elle, même si la cible dit se reconnaître, elle n’entend pas pour autant changer d’attitude, puisqu’elle voit les réseaux sociaux et autres cercles d’influenceurs et influenceuses séduire et détourner des jeunes plus enclins à suivre l’instinct pour le gain, parfois seulement de like ou de followers, que l’intelligence pour leurs études ou d’autres activités vertueuses et constructives. « Les parents doivent rester vigilants, mais les enfants aussi doivent savoir écouter ceux qui sont passés par là avant eux. », insiste-t-elle. Que les jeunes veuillent tout et tout de suite ne peut que contribuer à gaspiller ce temps dont ils peuvent se servir pour se construire avant le moment des regrets.

    Et la question des détails est encore revenue, puisque l’auteur a plus mis l’accent sur la détresse d’un jeune qui échoue, que sur celle des parents qui eux aussi souffrent de voir leurs espoirs se ruiner dans la débauche et l’immaturité.

    QUESTION DE SANTÉ MENTALE

    L’expérience de Himins a poussé certaines personnes de l’assistance à reconsidérer leurs positions quant à ce sujet  ; l’auteur, alors qu’il se voit rattrapé par l’âge et notamment la barbe blanche qui lui envahit le visage, s’est retrouvé au bord du suicide, quand il a « ouvert les yeux » pour réaliser qu’il avait gâché ses ressources et n’avait plus rien de solide sur quoi tenir pour envisager le futur rêvé. A l’image de la couverture du livre qui le montre au crépuscule, Himins ne se posé plus la question du suicide ; il sait que désormais c’est une question de temps. Il trouvera bientôt le courage de sauter dans le vide.
    De plus en plus de jeunes font face à cette situation, pour avoir considéré qu’ils étaient trop jeunes pour se prendre au sérieux. Encore une fois, la question du contenu de ce livre, quant aux détails saillants manquants, a fait dire à l’assistance que le texte n’est pas assez fourni pour des jeunes de cette époque, pleine de tentations faciles à adopter, pour paraphraser Audrey O., Amina et Erine. Surtout une époque où tout va vite, et 24 heures semblent ne plus suffire à s’épanouir dans une journée.

    VERS UNE PLUME PLUS ÉPANOUIE

    Venu de Douala pour en apprendre un peu mieux sur son écriture auprès des professionnels de la Littérature, Himins a pris ses notes et promis de considérer son inspiration autrement. Il a compris le sens de la critique et s’est ouvert à ces remarques que beaucoup redoutent ou rejettent même quand elles sont fondées et nécessaires.
    Conforté aussi dans son approche, il saura désormais comment tenir son journal pour offrir le meilleur de son expérience et contribuer effectivement à faire évoluer la condition de l’étudiant dans le milieu actuel dont l’écosystème est des plus redoutables.
    « Si tu veux que le lecteur te reçoive, il faut que tu t’ouvres. », a affirmé Ray NDÉBI, pour conclure les cent-vingt minutes d’échange. La rencontre a été différente des précédentes, celle-ci un peu plus orientée vers la critique, car l’importance du sujet et la proposition de l’auteur ont saisi ses lecteurs, qui ont tenu à lui apporter de leur expertise.

    Le livre, Journal d’une jeunesse gaspillée, a obtenu la note de 07/10 car, malgré les insuffisances relevées, le potentiel réel de la plume, quant à son apport dans le rétablissement des valeurs nobles dans l’esprit des jeunes, est évident. Il ne lui reste donc plus qu’à rejoindre les cimes qui constituent son ambition. D’autant plus que le tome 2 est déjà en circulation et que « Himins » signifie « Vient de Dieu ».




  • 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB : Écoute ! de Celestine BELLA AWONO, auteure camerounaise

    La poésie… Quand il s’agit de vers, de strophes et de cette expression que l’âme seule sait produire pour toucher la société, le regard se fait toujours plus insistant et l’analyse peu souple. En arrivant à La Maison des Savoirs, la bibliothèque sise au dépôt de sable à Yaoundé, Célestine Bella Owona, l’auteure du recueil de poèmes Ecoute ! paru aux éditions Lupeppo s’attendait à une critique poussée de ses textes.

    Elle-même membre du club de lecture 15 Pages Par Jour créé par ACOLITT, l’auteure à l’épreuve des lecteurs ce 05 juillet 2025 a vécu une journée éprouvante mais unique dans la vie d’une plume. Le thème retenu pour conduire l’échange est « ETRE UN HUMAIN ».

    L’article complet ici

    Le 09 août 2025, ce sera au tour de « Libre » de Bibiche KOUND.

  • 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB – Tuba B., celle qui possède la force : Être une femme assumée

    Dès 12h00, alors que le ciel s’assombrit sur la ville de Yaoundé le 07 juin 2025, La Maison des Savoirs – MDS Yaoundé, bibliothèque aux plus de vingt ans d’activités, voit s’installer dans son enceinte au lieu-dit Dépôt de Sable à Etoudi, les uns après les autres, les membres du 𝗖𝗹𝘂𝗯 𝗱𝗲 𝗹𝗲𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲 𝟭𝟱 𝗣𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗝𝗼𝘂𝗿, un club de lecture initié par ACOLITT.

    Prévue pour deux heures, il faudra une heure supplémentaire à la rencontre pour faire le tour de la question des femmes soulevée par ce roman qui, au bout de l’après-midi, aura obtenu une note de 9,5/10 par les membres du club.

    L’article complet ici.

    📌 Le 05 juillet 2025 à 14h, le recueil de poèmes Écoute ! de Celestine BELLA AWONO sera à l’honneur. L’auteure a fait un don de 15 exemplaires au club de lecture.



    ACOLITT, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com

  • 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB – Saara, de Beyrouk : Entre héritage et nature

    Lire l’article ici.

    Cette séance au CLAC Yaoundé s’est tenue avec le soutien de La CENE littéraire (10 exemplaires du roman « Saara » + 15.000 FCFA)

    📌 Pour la séance du mois prochain, nous avons reçu un don de livres de l’auteure Diane-Annie TJOMB. Nous irons au cœur de « Tuba B., celle qui possède la force ».


    Acolitt, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com