Voilà une question à laquelle il faut essayer de répondre en considérant la nouvelle configuration de la Littérature. Dirions-nous que c’est l’auteur nøir d’Afrique vivant sur le continent africain, puisque l’on semble désormais détacher une certaine diaspora de cette Afrique ? Ou alors accepterions-nous que c’est toute plume qui prend cause pour l’Afrique au nom de l’Afrique, où qu’elle soit ? Peut-être est-ce uniquement l’auteur qui s’engage pour l’Afrique… excluant alors même les auteurs vivant en Afrique et qui ne rendent pas honneur au continent-mère ?
Une infinité de possibilités s’ouvrent et, selon les perceptions de ce qu’est aujourd’hui l’Afrique, autant de voies se proposent… Quittons donc ces voies devenues prévisibles, et allons observer un aspect de l’écrivain africain qui apporte une valeur nette à sa présence sur la scène littéraire mondiale… Plutôt que d’aller chercher où me trouver ou qui il peut être, essayons de comprendre ce qu’est l’écrivain africain…
L’écrivain africain, c’est :
📖 Une identité assumée : écrire son Afrique telle qu’elle se présente, avec son originalité si particulière qui n’est pas toujours acceptée… Bien des fois, il est proposé à l’écriture de l’Afrique de se mettre en italique ou entre guillemets face aux « grandes écritures », ou de se dissoudre pour « être comprise ». L’écrivain africain s’écrit et s’offre avec la viølence naturelle de sa condition, une viølence de ses propres douceurs, de ses propres passions, de ses propres grandeurs… si petites soient-elles…
📖 Une plume libre : l’écrivain africain ne porte pas les chaînes des cercles de reconnaissances ou des attentes politiques… Il inscrit, la plume sincère, ses pensées comme elles lui viennent, loin des théories dont souffre encore beaucoup la créativité qui est essentiellement l’expression de la liberté… L’écrivain africain ne revendique pas cette liberté, il en fait de la Littérature et l’exporte ainsi avec la pleine fierté de son discours…
📖 Une racine profonde : le siège de son écriture se trouve dans sa capacité à inspirer le futur et l’encourager à son tour à servir de racine solide et profonde… L’écrivain africain sait que le fruit qui trop s’expose pourrit ou attire aussi des gens qui les cueille et les jette tout de suite après, alors il creuse la terre, s’y enfouit et apprend à la postérité à chérir ses valeurs, ses traditions, les divers héritages que son passé a fièrement portés…
📖 Une écriture universelle : l’écrivain africain sait se faire lire, car il bénéficie d’un héritage traditionnel d’une puissance inégalable… Son discours à lui seul est un classique et ne cesse de nourrir des conversations… Grâce à sa connexion forte avec son environnement, sa nature, il est essentiellement poète, ce qui lui permet une écriture fluide et capable de s’adapter à tous les contextes… Ses mots, inspirés de sa Nature ne connaissent nul complexe…
📖 Un laboureur infatigable : quand il en vient à l’écriture, l’œil de l’auteur voit s’ouvrir un champ infini… Rien alors ne lui est impossible ni hors de portée ; ce qu’il veut, l’auteur africain va simplement le chercher avec le seul outil dont la Nature l’a doté : la passion… Aujourd’hui, nous ne célébrons pas une différence, nous célébrons encore moins un écrivain autre… C’est le berceau de l’humanité qui est acclamé en ce jour. Nous célébrons donc l’écrivain humain… La source de toute forme de Littérature…
Ray NDÉBI « The Ghost »
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Vous pouvez encore réserver votre stand au village du Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé (SALAFEY). Les contacts sont disponibles sur cette affiche
l’Association Des Fous du Livre a procédé ce 12 octobre à l’exposition du catalogue des Éditions Les fous du livre et aussi des catalogues d’autres éditeurs camerounais. Des dizaines de livres, genres littéraires confondus, ont ainsi été présentés à l’oeil avisé du lecteur africain.
Les visiteurs du festival International Le Souffle de l’Harmattan ont accueilli favorablement la littérature camerounaise, et les nombreux livres achetés ont bénéficié d’une marque apposée par Marie Bertille MAWEM et son équipe de Fous du livre.
La quatrième journée du Festival International Le Souffle de l’Harmattan s’annonce encore très riche. Elle est réservée aux Fous du livre. En ce moment, le pôle des Fous du livre du Tchad est au four et au moulin, pour que la journée de demain soit marquée dans la roche tchadienne, et que le Souffle de l’Harmattan chante sa joie d’avoir accueilli Les fous du livre, de nombreuses années encore.
POUR RAPPEL…
Le 13 octobre 2023 marque aussi la dateline des inscriptions à l’appel à textes pour la 4e édition du prix Francis BEBEY. Il s’agit d’une initiative des Éditions Les fous du livre. Le règlement ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=621004253484078&id=100067235262143&mibextid=Nif5oz
Sosthène MBERNODJI et Marie Bertille MAWEM, en ce moment au Tchad
Le Tchad vibre depuis hier, 10 octobre, au rythme du souffle de l’Harmattan, un festival littéraire international annuel qui regroupe plusieurs acteurs du livre autour d’un même intérêt : consolider la communauté littéraire et faire vivre le livre en Afrique.
L’association Les fous du livre représente le Cameroun à cet événement qui souffle sur sa dixième bougie. La maturité, le sérieux de la chose, la résilience des organisateurs, la mobilisation des Tchadiens pour la chose littéraire… renforce donc la décision du comité d’organisation de la semaine des fous du livre de faire du Tchad, l’invité d’honneur de sa 4e édition, qui se tiendra au musée national de Yaoundé du 06 au 09 décembre 2023.
Marie Bertille MAWEM, la présidente du comité d’organisation de la semaine des fous du livre en compagnie de Sosthène MBERNODJI, du comité d’organisation du festival International Le Souffle de l’Harmattan, affichent plein sourire en ce moment au Tchad. L’invitation personnelle comme invité d’honneur à la 4e édition du festival la semaine des fous du livre est donc livrée.
Il ne nous reste qu’à attendre (im)patiemment le mois de décembre pour vivre cette littérature participative entre le Cameroun et le Tchad, et bien sûr avec de nombreux autres pays.
A TITRE DE RAPPEL…
Les inscriptions pour le Prix Littéraire Francis BEBEY lancé par l’association Les fous du livre, à l’occasion de la semaine des fous du livre, seront reçues jusqu’au 13 octobre 2023. Retrouvez le règlement intérieur ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=621004253484078&id=100067235262143&mibextid=Nif5oz
Bonjour, monsieur BEKOLO BEKOLO ou devrais-je dire « Pabe MONGO »… Merci de vous livrer à notre jeu de questions. Vous êtes un acteur de la scène littéraire africaine qu’on ne présente plus. Vous êtes entre autres le coordonnateur national du pôle littéraire du Cameroun et le président de l’Association Nationale des Poètes et Écrivains Camerounais (APEC), la toute première association littéraire du Cameroun. Quelles sont les missions de l’APEC à cette ère de la littérature camerounaise ?
Créée le 23 Janvier 1960, l’Association Nationale des Poètes et Ecrivains Camerounais a le même âge que l’état indépendant du Cameroun. A l’aube exaltante des indépendances, l’APEC se donnait pour mission sacrée « d’arrimer l’indépendance culturelle à l’indépendance politique ! » Pendant trente ans (1960-1990), cette prestigieuse association va fonctionner à l’unisson du pays, comme une véritable République des Lettres au sein de la République du Cameroun ! En 2017, au moment où nous en prenons les rênes, l’APEC est dans un état de dormance depuis près de 25 ans ! Nous plaçons notre mandature sous la bannière de « APEC RENAISSANCE » ! Par cette devise, nous nous arrimons directement à la Renaissance Africaine, le nouveau concept fédérateur de l’intelligentsia continentale dont nous épousons les objectifs ! Depuis lors, nous sommes attelés à faire en sorte que la littérature du Cameroun devienne l’un des plus grands fleuves qui alimentent l’océan littéraire africain ! A noter d’ailleurs que l’APEC est un membre fondateur de l’Association Panafricaine des Ecrivains (PAWA), fondée en1989 et basée à Accra au GHANA.
Y’a-t-il des critères particuliers, en dehors d’être poète et/ou écrivain, pour être un membre de l’APEC ?
L’APEC est la maison des poètes et des écrivains camerounais. De tous les poètes et tous les écrivains : qu’ils soient publiés ou non. Il suffit d’avoir produit un manuscrit, ou d’être en train de rédiger son premier texte, ou seulement d’avoir envie d’écrire ! Les écrivains confirmés, les auteurs en herbe, ou en rêve, s’exprimant dans les langues officielles, étrangères ou camerounaises sont les membres naturels de l’APEC ! En dehors de ces membres naturels, l’APEC s’honore aussi d’avoir des membres d’honneur et des membres bienfaiteurs issus de toutes les couches de la société et œuvrant à la promotion de nos belles lettres.
L’APEC a lancé, l’an dernier, le Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun (GPLMC). Cette première édition a été remportée par Djaili Amadou Amal, la diva de la littérature qu’on ne présente plus. La deuxième édition court depuis le 06 octobre dernier. Quelles sont les promesses de cette deuxième édition ?
En dépit des contraintes de temps, des objectifs trop nouveaux et d’une organisation plutôt complexe (trois sous-jurys et un super jury bilingue), la première édition du Grand Prix Littéraire du Mont Cameron, aura été un coup de maître. La participation record à cette première édition a mobilisé dix-neuf maisons d’édition dont 13 francophones, 04 anglophones et deux en Europe, avec un ensemble de 45 ouvrages : 7 en langues nationales, 5 en anglais, 33 en français.
Djaili Amadou Amal avec son trophée Quelques images de la première édition
Huit Prix Spéciaux escortaient le Grand Prix, tandis que de hautes personnalités du monde des Lettres recevaient des distinctions honorifiques de Dignitaires de la plume et de Dignitaires honoris causa. La réussite populaire était également au rendez-vous avec une Salle de convivialité comble et débordante. L’édition 2023 entend évidemment aller plus loin, notamment dans la communication, la mobilisation des partenariats et du sponsoring, et la promotion du second volet du Grand Prix, à savoir les distinctions honorifiques de Dignitaire de la Plume et Dignitaire honoris causa.
Au Cameroun, on compte une pléthore de prix littéraires. Le GPLMC vient-il pour corriger des imperfections ?
En effet, la scène littéraire camerounaise est vivace, surtout en matière de Prix littéraires. Vous avez des prix sur manuscrit, des prix sur un seul genre littéraire, des prix sur une langue, etc. L’approche de l’APEC n’est point corrective, mais globalisante ! Elle trouve son fondement dans notre volonté d’embrasser et de brasser l’ensemble du phénomène littéraire camerounais et de le pétrir pour en faire une institution digne de notre pays. Pour bien appréhender l’impératif de la globalisation, il faut consulter de l’état actuel de notre littérature. A nos yeux, la littérature camerounaise se présente à ce jour comme un archipel d’îlots littéraires, sans passerelles entre eux et sans bordure tout autour ! Il y a la littérature camerounaise d’expression française et la littérature camerounaise d’expression anglaise, deux corpus de notre littérature, qui ne se parlent ni ne se connaissent ; encore heureux qu’ils ne se combattent ! La bibliographie de la diaspora constitue un troisième ensemble distinct, sans lien organique avec les autres. A ces trois premiers ensembles s’ajoute la germination des littératures en langues nationales qui se font déjà remarquer par leur grande vitalité.
Lancement de la deuxième édition
Le Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun qui se veut une copie conforme du bilinguisme et du multiculturalisme national met toutes ces monades en émulation, dans tous les genres littéraires majeurs (roman, théâtre, poésie et nouvelle) et dans toutes les langues d’expression (français, anglais et les langues nationales) pour en faire une gerbe littéraire colorée et unie.
Au regard de sa structuration, le GPLMC serait donc, sans toucher au mérite de l’animation ambiante tous azimuts, une sorte de Prix des Prix ! Emporter ce Prix c’est véritablement se situer au sommet de la littérature de notre pays, et non dans une loge médiane. D’où son nom Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun. Le Symbole du Mont Cameroun, la demeure tutélaire de EPASA MOTO, est invoqué ici pour
L’un des objectifs que nous voulons atteindre par ce prix c’est de soutenir tous les genres littéraires et remettre à flots ceux qui ont tendance à disparaitre sous la pression de l’image et du numérique. Le théâtre en particulier, la nouvelle aussi. D’ici peu, ressuscités par le GPLMC, tous ces genres vont reverdir !
L’autre objectif est de contribuer au vivre ensemble camerounais en littérature par la traduction de l’ouvrage gagnant dans l’autre langue officielle. Ce qui concourt également à influencer favorablement la circulation des ouvrages.
Le GPLMC ne se contente pas de délivrer un palmarès, il suit l’auteur primé durant toute l’année. Il est alors revêtu de son bandeau glorieux qui fait office de lauriers ! Vous noterez enfin que la participation au GPLMC est gratuite. Il n’est réclamé aucun franc pour faire acte de candidature. Nous en faisons une question d’honneur et de résilience, malgré les affres de la conjoncture.
Vous totalisez 52 ans de vie d’écrivain, quel regard posez-vous sur les jeunes acteurs du livre camerounais ?
52 ans de pratique littéraire ! Je rends grâce à l’Eternel pour cette merveille ! Du haut de ma tour du cinquantenaire, je suis heureux de constater que le Cameroun reste toujours la terre des génies littéraires qu’elle a toujours été. De Ferdinand OYONO, MONGO BETI à Djaili, en passant par Calixthe BEYALA, Léonora MIANO, Eugène EBODE et beaucoup beaucoup d’autres, le Cameroun maintient son firmament littérature bien étoilé. Il faut à présent qu’une institution littéraire nationale professionnelle et ambitieuse mette en valeur cette iconie de manière endogène. Telle est la raison d’être du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun.
Propos recueillis par Linelitt
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La première édition du concours de poésie Assimba est lancée. Le règlement intérieur ici : https://assimbaa.org/concours-assimbaa-poesie/
Le prix littéraire OSÚ est une initiative de la maison d’édition Eclosion, qui s’est donné pour mission de promouvoir l’écriture chez les jeunes.
Pour ce faire, en février 2021, la maison d’édition a lancé un prix littéraire et a enregistré de nombreuses candidatures pour chacune des trois catégories. Les lauréats ont été primés le 17 février 2021, lors d’une soirée organisée par Eclosion au Djeuga Palace de Yaoundé.
A la deuxième édition, le Centre International de Recherche et de Documentation sur les traditions et les langues africaines (CERDOTOLA) est devenu coorganisateur du prix.
Aussi, le CERDOTOLA et les Éditions Eclosion gardent le même objectif : celui d’encourager la création littéraire et de promouvoir la lecture au Cameroun et en particulier chez les jeunes, à travers la récompense et la publication gratuite des livres des lauréats au prix littéraire OSÚ
Pour la troisième édition dont les inscriptions s’achèvent le 31 décembre 2023, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) du Cameroun a décidé d’offrir des prix spéciaux pour les ouvrages écrits en langues nationales.
Le règlement intérieur de cette troisième édition est disponible ici : https://fb.watch/nzGMponKYe/?mibextid=Nif5oz
Pour plus d’informations :
Appels et WhatsApp : (+237) 677157326 E-mail : editioneclosion@gmail.com
La nouvelle littérature Camerounaise (NOLICA), Du maquis à la cité (Pabé Mongo) Essai, 5.000 FCFA | Disponible au https://wa.me/237698013069
L’AFFAIRE MARZOUKA RELANCE LA NOLICA
Voilà bientôt quinze ans que j’ai engagé avec succès la littérature camerounaise et africaine dans la voie de son renouvellement à travers la théorie de la Nolica ! L’objectif de cette théorie, largement atteint, était de ramener la création littéraire camerounaise et africaine, des broussailles du maquis où elle s’était réfugiée par peur des répressions coloniales et des dictatures post coloniales, à l’expression ouverte dans la cité, à la faveur des droits et libertés retrouvés dans les années 1990, afin de réconcilier la littérature avec son environnement culturel, social et politique.
L’affaire MARZOUKA, cette énorme levée de boucliers du peuple d’IDOOL contre une jeune autrice, accusée d’avoir écorné l’image du village et porté atteinte à l’honorabilité de ses personnalités et dignitaires, sonne, pour beaucoup, comme le glas de la littérature libre et découverte, préconisé par la NOLICA.
MARZOUKA SERAIT-ELLE VICTIME DE LA NOLICA ?
Ou, à tout le moins, cette histoire ne montre-t-elle pas la limite de la NOLICA ? Ne serons-nous pas bientôt obligés de regagner le maquis pour nous exprimer ? De remettre les masques sur nos visages ? De délocaliser nos espaces littéraires ? Bref, de conserver jalousement notre bonne esthétique de camouflage forgée sous les hostilités ? Afin de permettre à chacun de trouver la réponse à ce faisceau d’interrogations, j’invite les uns et les autres à une rapide incursion dans la NOLICA à la lumière de l’affaire Marzouka.
A TITRE DE RAPPEL...
Le constat de base de la NOLICA est que : du fait de sa naissance, sous la violence coloniale, et de sa confrontation subséquente avec les dictatures postcoloniales, la littérature africaine a porté pendant longtemps les stigmates de ces systèmes répressifs successifs qui s’acharnaient sur les élites politiques et intellectuelles. Contrainte de se cacher pour s’exprimer, l’art littéraire a été obligé d’emprunter l’essentiel de ses techniques à l’art de la guerre développé par les guérilleros du maquis. D’où le qualificatif de littérature du maquis que nous lui avons accolé. Les grands axes de ce refuge littéraire sous maquis ont été identifiés : L’usage des pseudonymes pour masquer les noms d’état civil des auteurs, Le déguisement des personnages internes du roman, allant parfois jusqu’à éviter de faire identifier l’ethnie d’origine ; Le brouillage spatial, technique consistant à se dissimuler à la vue de l’ennemi tout en l’observant à loisir, afin de pouvoir le frapper à l’improviste ; Le brouillage des repères culturels et temporels, procédé par lequel les auteurs vont volontairement déconstruire l’historicité et l’enracinement culturel des événements inspirateurs des œuvres.
De gauche à droite : Daniel NADJIBER (chef du pôle des éditeurs), Oummou Hanni MARZOUKA (auteure camerounaise), Pabe Mongo (écrivain camerounais)
Une fois cette thèse globale posée, le théoricien de la NOLICA s’est attelé, sur plus de cent cinquante pages, à expliciter les modalités d’application de la théorie de la NOLICA en s’appuyant sur les éléments clés de la production littéraire.
C’est ainsi que La NOLICA a abondamment traité des rapports entre La fiction et la réalité.
Plus d’un chapitre est consacré à la question. Après des rappels historiques sur le sujet, l’essentiel du rapport entre la fiction et la réalité a été condensé dans le décryptage de la création du dragon, l’une des créatures les plus fabuleuses que l’esprit humain ait jamais conçue ! Cet animal mythique est constitué de la combinaison d’un corps de serpent, des griffes et des ailes d’aigle, d’un dos de crocodile et d’une tête de lion crachant du feu. Comme on le voit, tous les éléments qui composent le dragon sont tirés du réel, mais leur résultat (le dragon) est irréel, fictif. La combinaison qui a permis de composer cet être fabuleux c’est l’œuvre de l’imagination. «L’imagination est donc la faculté de combiner les réalités existantes pour faire apparaître une réalité nouvelle.» P 97 (NOLICA). Car, à proprement parler, l’artiste humain ne crée rien, il combine. Le seul vrai créateur c’est Dieu, lui qui, de sa puissance divine, peut faire surgir une réalité nouvelle à partir du néant. Les humains sont des créateurs en second, ils ne peuvent faire surgir une réalité nouvelle qu’à partir de la combinaison plus ou moins habile des réalités existantes. La magie littéraire fonctionne comme la magie tout court. Son procédé consiste à partir du monde familier du lecteur (lieux, personnages, événements, etc.) pour l’entraîner progressivement et subrepticement vers un monde imaginaire sans qu’il s’en aperçoive. Comme les gourous et les sorciers, les écrivains entraînent leurs lecteurs en douceur vers l’utopie. «Le défi aujourd’hui va consister à créer des histoires originales, audacieuses, spiritueuses, universelles, dans un contexte illusoirement familier.» P127 (NOLICA).
La NOLICA accorde également une grande attention sur la nécessité d’acquérir le métier d’écrivain par la professionnalisation.
Dans les pays de vieille civilisation littéraire, les jeunes auteurs, autrefois, se faisaient la main auprès des maîtres comme les apprentis de toutes les corporations. Si aucun diplôme ne leur était exigé, les aspirants s’arrangeaient toujours pour en avoir de bien solides. La littérature enfantant la littérature, ils se faisaient d’abord grands lecteurs, dévoreurs boulimiques de livres, avant de prendre la plume. «Ils se nourrissaient bien sûr de fiction, mais aussi de critique et de théories littéraires.» P 155 (NOLICA). Au Cameroun, malheureusement, en dehors de quelques clubs spontanés, où les membres se corrigent mutuellement les manuscrits, les instances d’apprentissage de l’écriture de fiction sont inexistantes. «N’importe qui peut devenir écrivain du jour au lendemain…» P 156 (NOLICA).
La NOLICA a aussi beaucoup disserté sur : La responsabilité de l’écrivain.
C’est le dernier chapitre du livre, qui tient lieu de conclusion générale. L’écrivain a une grande responsabilité et un grand rôle à jouer. La NOLICA a mis en évidence une typologie de l’écrivain et de son rôle. Une évolution de ce rôle en fonction de l’évolution de la société. «Sous la colonisation, l’écrivain nationaliste. Sous l’autocratie et les dictatures, l’écrivain opposant. Sous la démocratie, l’accoucheur des valeurs nouvelles.» PP 158-160 (NOLICA)
Au regard des quelques rappels ci-dessus, chacun est capable de mesurer l’écart qui existe entre les thèses de la NOLICA et l’œuvre querellée. On découvre en particulier que la NOLICA n’est pas, comme a tendance à la réduire une certaine opinion populiste, un simple slogan qui opposerait de façon brute et mécanique une écriture du dévoilement à une écriture du contournement. La NOLICA invite à sortir des bois et à évoluer dans la lumière de la cité avec art et professionnalisme.
Il y a lieu de se féliciter de ce que la jeune prodige MARZOUKA, après avoir fait amande honorable avec ses parents sur leurs malentendus, est allée s’abreuver à la source de la NOLICA, auprès de son auteur, Pabé MONGO. Une visite fructueuse et pleine de promesses au cours de laquelle il lui a été offert un exemplaire authentique de la NOLICA et un exemplaire de son illustration géniale, Cœur du Sahel, dernier chef d’œuvre de Djaili Amadou Amal, sa marraine, qui a d’ailleurs remporté la première édition du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun ! MARZOUKA a également pris une adhésion à l’APEC, association littéraire prestigieuse et ancienne qui œuvre à rendre à la littérature sa place entière dans la société.
Le malencontreux éditeur de la première version de «MON PÈRE OU MON DESTIN», le livre contesté de MARZOUKA, a tout intérêt de procéder aux mêmes démarches de professionnalisation et de réarmement technique.
Cependant, qu’on se le dise une fois pour toutes : la littérature et les arts sont toujours le reflet de la communauté dont ils émanent ; et la réception des œuvres par la communauté sera toujours liée à la perception de ce reflet. Si le reflet envoie une image flatteuse à la communauté, elle applaudira ; si au contraire le miroir révèle quelques laideurs de ladite communauté, elle s’en offusquera ! Il appartient donc à l’auteur de bien mesurer l’effet à produire dont il doit assumer la réaction. Nous ne sommes ni des griots, ni des opposants, mais des conscientiseurs. Il faut bien que quelque chose change !
Pour moi donc, loin de sonner le glas de la NOLICA, l’affaire MARZOUKA la relance de plus belle, en appelant les praticiens de la littérature à s’approprier cette théorie dans toute sa riche conception pour véritablement atteindre le professionnalisme de l’écriture littéraire au Cameroun !
Pabé MONGO, écrivain camerounais
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C’est sur place, en découvrant le parterre d’invités prestigieux qu’il y avait, en dehors des candidats, que j’avais compris que la DG Christelle Noah ne plaisantait pas. Elle avait mis les petits plats dans les grands. Et quelle ne fut ma joie lorsque je reçus le prix des mains du Ministre Grégoire Owona ; tout simplement inoubliable...
Bonjour, Arthur Bilounga et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présentez vous ?
Bonjour à vous. De mon nom complet, je suis Bilounga Arthur Nathan, jeune Camerounais né dans la ville de Yaoundé, capitale de mon pays. Je suis un passionné de littérature depuis ma plus tendre enfance, car, entouré de personnes qui lisaient énormément. Malgré des études dans le domaine de la finance, ma plume n’a jamais été bien loin, me permettant ainsi de mieux exprimer ce que je pense du monde qui m’entoure.
Vous êtes l’auteur du roman « Bozayeur » paru aux éditions ECLOSION. De quoi s’agit-il ?
« Bozayeur » est un roman réaliste, quoique fictif, relatant les aventures du jeune BIKOÉ Junior, qui a décidé d’aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, au travers de l’immigration clandestine, qui doit le conduire du Cameroun pour l’Europe, avec tout ce que cela comporte comme dangers, etc. Ce roman est également un hommage à un grand ami à moi, qui a décidé d’immigrer clandestinement en Europe, et qui m’a énormément aidé dans mes recherches pour l’écrire.
Parlant de ECLOSION, vous êtes avec ce roman, le premier prix de la « catégorie roman » de la première édition du prix littéraire OSÚ qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure OSÚ.
A chaque fois que j’y pense, j’ai toujours l’impression qu’il s’agit d’un rêve (rires). C’est par hasard, en suivant le journal sur Canal 2 international, que je suis tombé sur l’annonce du concours littéraire OSÚ. Il ne me restait environ que deux mois avant la fin du dépôt des manuscrits. J’avais déjà une idée de quoi j’allais parler dans mon roman, et je me suis tout de suite mis au travail. Ayant ma résidence à Ngaoundéré, je profitai d’un court séjour à Yaoundé pour déposer mon manuscrit au siège de la maison d’édition Eclosion. Un petit doute persistait néanmoins quant au sérieux de ce concours (rires). C’est un soir de décembre, sur la page « Le quatrième pouvoir » sur Facebook où j’avais été tagué par un ancien camarade de l’IRIC, que je découvris avec bonheur ma nomination pour le prix. J’avais déjà complètement oublié l’autre là (rires). J’avais dû prendre une petite permission le jour J afin de venir prendre part à la remise des prix au Djeuga Palace de Yaoundé. C’est sur place, en découvrant le parterre d’invités prestigieux qu’il y avait, en dehors des candidats, que j’avais compris que la DG Christelle Noah ne plaisantait pas. Elle avait mis les petits plats dans les grands. Et quel ne fut ma joie lorsque je reçus le prix des mains du Ministre Grégoire Owona ; tout simplement inoubliable (rires).
Quel est votre regard sur la littérature Camerounaise et la littérature au Cameroun ?
Le Cameroun a toujours regorgé de grands talents sur le plan littéraire, et ce sont les œuvres de ces derniers qui ont longtemps bercé mon enfance. Grace à ces romans lus, j’avais une certaine conception du monde, au travers de ces artistes de la plume. Malheureusement, l’ère du numérique semble avoir tout chamboulé. Les jeunes ne jurent plus que par des applications sur leurs téléphones qu’ils n’utilisent pas toujours à bon escient. Les jeunes ne lisent plus, et préfèrent du tout fait sur leur écran de téléphone, de téléviseur et autre. La littérature au Cameroun va mal. J’espère qu’avec les quelques irréductibles qui restent, surtout sous l’impulsion de passionnées comme Mme Noah, la littérature camerounaise va renaître de ses cendres.
Quel est votre mot aux acteurs du livre Camerounais ?
Je leur demande de ne pas abandonner. Et j’espère qu’ils pourront recevoir dans l’avenir, une franche aide des hautes autorités, afin de permettre aux livres de retrouver leur place dans chaque foyer Camerounais.
Au moment où je décide de trouver un éditeur local, je vois, un soir, une publication sur Facebook annonçant le prix ÓSU. Me rapprochant des organisateurs, je reçois des informations satisfaisantes. Je soumets bientôt mon tapuscrit, je suis retenu parmi les concurrents. Et enfin lauréat. Euphorie…
Bonjour, William TIMMA et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présentez-vous ?
Bonjour ! Merci… Je vous emprunte le nom William Timma, Camerounais, je suis passionné de littérature et adepte du beau. Le beau comme la beauté des cheveux, le beau comme la beauté des mots, le beau comme la beauté l’art, de l’âme… Le beau, surtout dans l’éthique. Tout ce qui est beau l’emporte. J’embrasse les mots dans la nuit calme et boudeuse. Le jour, je me laisse emporter par les cheveux. Je m’endors donc entre les cheveux, l’art et les mots. Estheticien-coiffeur, je suis enseignant de coiffure professionnelle. J’aime le beau…jaime les mots.
Vous êtes l’auteur du recueil de poésie »Enfance effacée » paru aux éditions ÉCLOSION. De quoi s’agit-il ?
« L’enfance effacée » est un recueil de 25 poèmes mettant en lumière les injustices que subissent les enfants. Nous parlerons des violences physiques et psychologiques, la guerre, le travail des enfants, le viol et j’en passe. « L’enfance effacée » se présente surtout comme une thérapie, une porte de sortie bien ouverte, qui arrive au secours des victimes de ces différents maux. En toute situation, on peut déposer les séquelles sur les épaules du passé, soit vivre avec les blessures du passé.
Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec ce recueil, le lauréat de la «catégorie poésie» de la première édition du prix littéraire ÓSU qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.
En 2018, lorsque je décide de coucher des mots sur du papier, je suis animé par des désirs les plus fous. L’écriture pour moi étant une thérapie avant tout, je voulais à tout pris être lu. Rencontrant quelques aînés du milieu littéraire, ils feront naître d’autres désirs et pas des moindres : se faire des sous avec l’écriture en me conseillant de choisir l’autoédition si je voulais réussir le challenge. Je me prépare et m’y lance donc en 2020 avec mon premier roman « Les cris étouffés » publié sur amazon en juin de cette même année.
Sans que le temps ne passe, je me suis rendu compte des défaillances de ce choix. Les gens autour de moi manifestent aussitôt la volonté de lire ce livre. Quand je leur demande d’aller sur amazon, c’est très complexe, surtout dans un environnement où peu de personnes utilisent des portes monnaie électroniques. J’ai bien plus, compris qu’il sera difficile d’aller chercher un livre sur amazon pour l’enseigner à un enfant. Ma cible est donc loin d’être atteinte. Au moment où je décide de trouver un éditeur local, je vois, un soir, une publication sur Facebook annonçant le prix ÓSU. Me rapprochant des organisateurs, je reçois des informations satisfaisantes. Je soumets bientôt mon tapuscrit, je suis retenu parmi les concurrents. Et enfin lauréat. Euphorie…
Quel est votre regard sur la littérature camerounaise et la littérature au Cameroun ?
D’abord, la littérature camerounaise est riche et variée. Le Cameroun regorge de très grands auteurs qui feront toujours son bonheur. Notre littérature ne mourra pas de faim. Cependant, le véritable acteur du livre étant le lecteur, je pense que nous écrivons assez, tout en lisant très peu. L’auteur devrait toujours être le premier lecteur. Je pense que les auteurs camerounais doivent davantage se soutenir.
Ensuite, la littérature camerounaise serait malade. Je vais au conditionnel, parce que n’ayant pas encore lu une jeune plume ayant fait les choux gras des médias tout dernièrement. Le livre est un vecteur de changement et donc une arme que l’auteur utilise pour tuer les maux et bouger les lignes à sa manière. La littérature transcende l’espace et le temps. Il serait criminel d’imposer à un auteur une zone géographique à s’y intéressé, des thèmes à aborder ou non dans son livre. Contraindre un auteur d’édulcorer son récit, c’est voler à la littérature sa substance. Ici, loin de moi de dire que la littérature ( le roman dans ce cas) n’a pas de règles. Du moment où notre littérature ne corrompt pas les bonnes mœurs, on devrait la juger sur la forme.
Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?
Aux acteurs du livre camerounais, toute mon admiration. Merci à toutes ces personnes qui font bouger les lignes… Merci aux agences littéraires qui ne ménagent aucun effort pour que brille la littérature camerounaise de mille feux. Aux éditeurs qui mettent leur moyens en jeux, aux promoteurs qui n’ont plus de vie, aux critiques qui ne ferment pas les yeux, aux lecteurs à qui nous renouvelons notre gratitude. Merci à ACOLITT qui n’hésite d’aller fouiller les coins et recoins pour donner la parole aux auteurs qui, quelques fois, n’ont aucune issue. En deux mots ou plutôt cinq : merci aux acteurs du livre.
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La troisième édition du prix littéraire ÓSU est lancée. N’hésitez pas à tenter votre chance.
Je me souviens de ce moment… C’était juste magique. Recevoir un prix en littérature, waouh ! C’était merveilleux ! Je venais d’être reconnu écrivain. Merci à Eclosion et à sa directrice, Mme Noah, pour ce grand projet qui est ÓSU. Sans ce concours, probablement, je serais retourné voir un éditeur Européen ou Sénégalais. Mais voilà ! Je suis édité au Cameroun et je gagne. Belle aventure ! Je vais la continuer.
Bonjour, David Serge MVOMO et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présentez-vous ?
Merci pour ce moment que vous m’accordez. Qu’est-ce que je peux dire ? David Serge Mvomo est un homme comme tous les autres, couvert, un peu humoriste à l’occasion, souriant, aimant découvrir des choses, comprendre comment elles fonctionnent ; j’aime tout ce qui est harmonieux, positif, simple. Voilà un peu comment je me présente. Mais vous savez, il n’est pas facile de se présenter en fait. Il est plus aisé de laisser les autres vous connaître et de se faire leur propre idée sur vous.
Vous êtes l’auteur de la pièce de théâtre « On a volé Dieu ! » paru aux éditions ECLOSION. De quoi s’agit-il ?
« On a volé Dieu ! » est une mise en scène de notre société en général et principalement notre relation avec Dieu. Comment vivons-nous notre réalité chrétienne ? Est-ce comme nous la connaissons depuis que nous sommes sur terre ? Je veux dire que nous naissons dans des familles qui, la plupart du temps, sont déjà religieuses, et nous, nous ne cherchons plus à connaître Dieu ; nous nous contentons de ce que nous venons trouver et disons simplement « Amen ! Alléluia ! » (une façon de dire : je vais encore chercher quoi ?). « On a volé Dieu ! » veut simplement montrer aux lecteurs un côté qu’il doivent connaître sur cet aspect de la croyance en Dieu,
la véritable vie chrétienne par exemple. Beaucoup de chrétiens ne savent pas ce que c’est que l’Eglise, qui est l’homme de Dieu, comment fonctionne la vie chrétienne… Beaucoup ne savent pas que c’est nous qui pouvons hâter la seconde venue du Seigneur… Bref, « On a volé Dieu ! » est un miroir pour nous, elle nous permet de changer, d’avoir un nouveau regard dans ce que je connais peu comme le disait René Descartes : « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle » Je mets en scène un jeune Eto’o, qui a une vision différente des choses, face à Voundi, un bon religieux.
Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec cette pièce de théâtre, le lauréat de l’édition 1 du prix littéraire ÓSU «catégorie théâtre» qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.
Mon aventure avec Eclosion et le concours ÓSU commence le jour où je rencontre la directrice des éditions Eclosion par hasard. Elle me parle de sa maison d’édition parce que je lui dis que je suis écrivain et j’aimerais désormais me faire publier ici au pays. Alors, elle me parle du concours ÓSU et je lui dis que je vais y participer et gagner (rires). J’avais écrit cette pièce de théâtre en 2017, et j’avais aussi un essai prêt. N’ayant pas encore de roman, je me suis dit : « Je vais concourir avec la pièce de théâtre. » Je dépose mon manuscrit, et quand la liste des lauréats sort, je suis parmi. Et un soir de février 2022, je suis l’heureux lauréat dans la catégorie théâtre. Je me souviens de ce moment. C’était juste magique. Recevoir un prix en littérature, waouh ! C’était merveilleux ! Je venais d’être reconnu comme écrivain. Merci à Eclosion et à sa directrice, Mme Noah, pour ce grand projet qui est ÓSU. Sans ce concours, probablement, je serais retourné voir un éditeur européen ou sénégalais. Mais voilà, je suis édité au Cameroun et je gagne ! Belle aventure… Je vais la continuer.
Quel est votre regardsur la littérature camerounaise et sur la littérature au Cameroun ?
Le Cameroun est un grand récipient rempli de grands écrivains. Je pense que Mongo Beti peut se reposer tranquillement dans sa tombe, parce qu’il y a de la bonne relève. Je parle de Mongo Beti parce que c’est mon auteur préféré. Contrairement à la musique, sans la critiquer, la littérature au Cameroun est éducatrice. Malheureusement, elle reste uniquement dans les livres, les bibliothèques, les maisons d’édition. Les camerounais ne lisent pas. On fait plus la promotion de la musique, de la comédie. Mais le livre est en hibernation par ceux qui doivent la promouvoir. Charles Ateba Yéné disait : « Je vais maintenant commencer à chanter et là, les gens pourront écouter ce que je dis ». Il y a plus de bars, de snack et autres, mais très peu d’espaces de lecture. Au Tchad où j’ai fait une partie de mes études, chaque quartier dans la ville de N’Djaména a au moins deux bibliothèques. En classe de Terminale Philosophique ou A4, il était obligé d’être inscrit dans au moins une bibliothèque et obligation était de présenter ton reçu d’inscription au collège. Moi, j’étais inscrit dans trois bibliothèques (rires). J’ai d’ailleurs gagné le troisième prix du concours de littérature lancé par la Francophonie en 2006 pour la journée de la langue française en N’Djaména… Donc… Notre littérature est très riche et très importante. Elle a juste besoin d’être connue, d’être promue par des concours, des Awards ; il est important de faire connaître nos écrivains et faire connaître ceux qu’ils écrivent. Une nation se bâtit par sa littérature.
Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?
Simplement qu’ils fassent leur jobs. C’est tout et rien d’autre. Merci.
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La troisième édition du prix littéraire national ÓSU est lancée et va jusqu’au 31 décembre 2023. Pour cette édition, des prix dans la catégorie « langues locales » et des textes en anglais ont été ajoutés, avec le soutien de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale du Cameroun et du CERDOTOLA. Il suffit de s’inscrire à 10.000 FCFA pour tenter de gagner jusqu’à 750.000 FCFA. A vos plumes !
J’avais déjà évacué tout cela de mon esprit lorsque j’ai reçu l’appel d’Eclosion m’annonçant que mon roman avait été sélectionné pour la suite de l’aventure. C’était comme un rêve qui devenait réalité.
Bonjour, Jocelyne EBANGA et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présenterez-vous ?
Je suis Jocelyne EBANGA, née à Elat-minkom et membre de la congrégation des Filles de Sainte Marie de la Présentation depuis 2013. Je viens d’une famille chrétienne et nombreuse.
Vous êtes l’auteure du roman «Née dans le Mboko : Fille d’une nanga » paru aux Éditions ÉCLOSION. De quoi s’agit-il ?
Le roman « Née au mboko » retrace le quotidien des enfants de la rue et dans la rue, les raisons qui les amènent à adopter ce style de vie et les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien. Par ailleurs, le roman célèbre la vie. En effet, la vie est sacrée et toute vie a de la valeur. Au-delà de la vie des enfants de la rue, le roman dénonce les fléaux comme le viol, les rites de veuvage humiliants et l’avortement.
Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec ce roman, la lauréate du troisième prix dans la catégorie roman de la première édition du prix littéraire ÓSU qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.
En 2021, je suis tombée sur la rediffusion du journal de canal 2 et l’un des reportages portait sur le concours ÓSU. Le lendemain, j’ai effectué quelques recherches sur internet et j’ai copié l’adresse mail et le contact de la maison d’édition. Quelques jours après, je me suis présentée dans leurs bureaux et je me suis inscrite pour la première édition du concours. C’était au mois de novembre. J’ai attendu qu’ils me rappellent, mais en vain. J’avais déjà évacué tout cela de mon esprit lorsque j’ai reçu l’appel d’Eclosion m’annonçant que mon roman avait été sélectionné pour la suite de l’aventure. C’était comme un rêve qui devenait réalité.
Quel est votre regard sur la littérature camerounaise et la littérature au Cameroun ?
C’est une question très vaste. Je dirais que la littérature camerounaise est riche et en plein essor avec de nouveaux auteurs, des thématiques variées. Cependant, on note les difficultés d’édition, de visibilité, de lecteurs parce qu’en général, très peu d’Africains lisent, surtout les jeunes.
Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?
Les auteurs camerounais tels que DJAILI Amadou Amal, MONGO Béti, Séverin Cécile ABEGA, Engelbert MVENG, Ferdinand OYONO ont bercé ma jeunesse. Tout ce que je peux dire aux auteurs camerounais, c’est de continuer à enseigner par leurs écrits. Je souhaite aussi qu’ils soient plus nombreux à s’engager dans une littérature plus engagée.
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La troisième édition du prix littéraire ÓSU est lancée et court jusqu’au 31 décembre 2023. Ci-dessous, des informations. Pour plus d’informations, appels, WhatsApp et mails par les contacts sur les affiches.