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  • ENTRETIEN : Joseph MBARGA ou la vertigineuse mécanique du temps et de l’espace fracturée

    Dans « Les États généraux du temps », Joseph MBARGA transforme une simple différence d’heure en une satire profonde des sociétés contemporaines. Entre absurde, ironie et réflexion philosophique, il explore les fractures du réel, les tensions identitaires et notre obsession du contrôle dans un monde où chacun revendique sa propre vérité.


    Les mots à eux seuls sont une source inépuisable d’inspiration créative.


    Dans « Les États généraux du temps », vous transformez une simple différence de cinq minutes en crise existentielle et politique. À quel moment avez-vous compris que le temps pouvait devenir un personnage littéraire à part entière

    À mon avis, si on parle de crise, elle est davantage sociale dans le texte. Tout est parti d’un lieu physique, un de nos carrefours, et croyez-moi ou non, l’heure n’était pas exactement la même sur les deux horloges de ce rond-point. Je suis repassé plusieurs fois à cet endroit et c’était le statu quo. Dans ma tête, je me demandais si un côté de la ville avait pris de l’avance sur l’autre. Cette idée a longtemps trotté dans ma tête et, au final, j’ai décidé d’en faire une nouvelle. L’ intégration d’un conflit entre certains protagonistes a été presqu’évidente au moment de l’écriture, sachant que de nos jours, les gens se disputent pour un rien. À partir de là, le temps peut effectivement devenir un personnage à part entière tellement il va obséder les parties en conflit.

    Votre texte donne l’impression que le désordre horaire révèle surtout une incapacité des hommes à cohabiter. Le problème est-il réellement celui du temps ou celui du pouvoir ?

    Il est frappant de constater comment, chez nous, des questions banales peuvent rapidement escalader en problèmes clivants autour desquels s’érigent des certitudes irréfragables. C’est plus cela qui, à mon avis, créent des challenges dans cette capacité à prendre en compte un point de vue différent, ou seulement à l’écouter attentivement.

    Le proviseur apparaît comme un homme rationnel plongé dans un univers absurde. Avez-vous voulu montrer les limites de la logique face aux réalités sociales et humaines.

    Le proviseur, qui est prof de physique, est effectivement un homme rationnel qui espère contourner de manière logique et scientifique tout obstacle qui se dresse sur son chemin. Cela est particulièrement vrai dans le management de l’établissement scolaire dont il a la charge. Cependant, sa rationalité ne semble pas suffisante pour s’en sortir complètement dans un environnement pour le moins kafkaïen. Il existera toujours des personnes en déphasage complet avec ce qu’il y a autour d’elles. C’est du reste le cas pour le jeune chercheur de la deuxième nouvelle qui ne discerne pas toutes les subtilités contradictoires du monde autour de lui. Mais alors, faut-il s’accommoder en tout point au monde tel qu’on le perçoit aujourd’hui ?

    Derrière l’humour et la satire, on ressent une critique profonde des sociétés contemporaines où chacun revendique sa vérité. Pensez-vous que nous vivons aujourd’hui une fragmentation collective du réel ?

    L’idée selon laquelle il n’ y a pas de vérité absolue ou alors qu’il en existe plusieurs est plus que jamais prégnante aujourd’hui. Il n’ y aurait donc plus rien à dire, aucun principe à défendre ne serait-ce que momentanément puisque tout est relatif. Les réseaux sociaux renforcent le phénomène puisque par le jeu des algorithmes et des logiques parfois obscures, on remarque que certains contenus sont promus alors que d’autres sont invisibilisés. Tout ceci contribue au renforcement de la confusion des esprits et prolonge des mécanismes qui existent déjà dans les médias mainstream ou même dans des lieux de diffusion et de promotion de la culture. Tout cela induit, voire contribue sans doute à la fragmentation des sociétés que vous évoquez. Mais dans le chaos voulu et provoqué, il reste des aspects curieux comme la volonté d’imposer certaines idées de manière coercitive, s’il le faut. N’est-ce pas là une contradiction flagrante avec « la relativité générale » ?

    Vos nouvelles mêlent physique, géographie, politique, psychologie et philosophie. Cette hybridation des savoirs était-elle nécessaire pour parler du chaos moderne ?

    Je me considère avant tout comme un storyteller, comme on dit en anglais, un raconteur d’histoires, car il y en a tellement dans notre quotidien. Mon objectif est d’abord de proposer une histoire simplement pour que le lecteur ou la lectrice passe un bon moment en compagnie d’un ou plusieurs personnages, et c’est aussi pour cette raison que mes nouvelles sont comiques. Ce côté comique s’appuie sur des situations, des personnages ou des mots qui sont le matériau principal de celui ou celle qui écrit, car les mots à eux seuls sont une source inépuisable d’inspiration créative. En plus de distraire le lecteur, j’aimerais bien lui donner une information ici ou là, sachant que moi-même j’aime ces lectures dans lesquelles j’apprends quelque chose. Cependant, les incursions dans l’un ou l’autre champ du savoir peuvent ancrer une histoire dans le réel ou consolider la création d’un univers fictionnel, et cela avant que le récit ne soit complètement happé puis englouti par l’une de ces réalités absurdes qui ne sont jamais loin (rires).

    Le conflit autour de l’heure semble parfois rappeler les tensions identitaires, idéologiques ou même électorales observées dans certaines sociétés africaines. Jusqu’où votre fiction dialogue-t-elle avec le réel ?

    Il y a sûrement là un rapport l’autre, dans le contexte de l’histoire, celui avec qui on ne partage pas la même heure est différent : avec lui, on ne peut partager la même vision du monde, il est du mauvais côté, quelles que soient les circonstances, parce qu’il n’ y a aucune raison qu’il ne perçoive pas la même réalité. Cela est valable même si l’objet de la dispute est complètement artificiel, exogène ou insignifiant. Ce qui compte, c’est de mettre en relief l’altérité et de la manipuler au besoin. Dans cette optique effectivement, le conflit de l’heure… (rires), le conflit de l’heure dans « Les États généraux du temps » est une allégorie.

    Plusieurs personnages semblent prisonniers d’un besoin maladif de contrôle : contrôler l’heure, les horaires, les comportements, les récits. Selon vous, pourquoi l’être humain supporte-t-il si difficilement l’incertitude ?

    On devrait être davantage en quête de sens. Ce n’est pas facile dans la période actuelle avec tout le brouhaha, avec l’absence de repères fiables. À défaut de valeurs solides, on se rabat sur des ersatz, des artifices érigés en modèles. De toutes parts, on répète à longueur de journée, sur les réseaux sociaux et ailleurs, des imprécations, des formules toutes faites sans la moindre nuance et sans un petit effort de réflexion – je ne dis pas de pensée. Évidemment, ces postures ne accommodent d’aucune forme d’incertitude et chacun en vient à vouloir contrôler le réel, tout le réel, à partir d’une ligne de tranchée égocentrique qui est aussi un cocon émotionnel. Maintenant, il faut plus de courage et d’audace pour remettre en question tous ces travers.

    Malgré l’absurdité ambiante, vos personnages continuent à défendre leurs positions avec une ferveur presque religieuse. Diriez-vous que le fanatisme naît souvent de détails devenus symboliques ?

    On pourrait se demander si ce n’est pas le fait de se perdre dans les détails, puis de les défendre bec et ongles, qui rend le monde absurde. Supposons qu’il faille emprunter un axe routier pour se rendre d’une ville à l’autre ; si, en laissant cette voie principale, on se retrouve en brousse et que l’on continue à s’enfoncer parce qu’on pense avoir raison, il devient impératif de chercher là où se trouve la véritable absurdité. Il y a donc ces occurrences déraisonnables et autogénérées qui contribuent à nourrir et à entretenir la grande bulle existante de l’absurdité. Et c’est vrai qu’en se mouvant dans pareil univers, on peut soit être complètement perdu, soit sombrer dans des eaux troubles. Il faut travailler à l’assainissement, d’abord au niveau personnel, puis en se démenant pour assainir autour de soi. Vous voyez, c’est comme dans l’avion où l’on recommande de mettre et de garder son masque à oxygène d’abord, avant de s’occuper d’autres personnes.

    Votre écriture alterne ironie, tension dramatique et réflexion intellectuelle. Comment trouvez-vous l’équilibre entre le plaisir du récit et la profondeur du propos.

    Beaucoup d’histoires dans les fictions de chez nous ne déploient pas vraiment de péripéties. Je mets donc un point d’honneur à avoir au moins une succession de petits événements dans le cadre de la nouvelle, et la tension dramatique permet de ne pas lâcher le ou les personnages parce qu’on se demande ce qui va leur arriver. Pour ce qui est de l’humour, je me demande si ce n’est pas un mécanisme de protection face à la réalité qui est parfois brutale dans la séquence actuelle. C’est de manière naturelle que l’ironie, avec son décalage, est présente dans mon écriture. Elle permet de transcrire de manière décalée la société et de la titiller. Et puis, l’ironie crée, je l’espère, une certaine complicité avec le lecteur. J’aimerais qu’il perçoive, au détour d’une phrase, une instance qui le fera rire et peut-être réfléchir. Car, au final, c’est au lecteur de voir comment il intègre le texte catalyseur dans sa réflexion.

    Après avoir écrit une œuvre où le temps divise autant les hommes, gardez-vous encore l’espoir qu’une société puisse retrouver une « heure commune » au sens symbolique comme humain ?

    Heureusement que nous avons une heure commune de manière globale, si cela est vraiment important ! Ce qu’il faut voir, et qui est utile, c’est pour chaque occasion, chaque contexte, comment, avec les différents récits par exemple, on écrit une histoire ou un discours épidictique qui ne remet pas en cause les différents récits, mais les agrège. Cela permet que, pour certaines occasions, seul le discours épidictique puisse prévaloir. C’est un point fondamental à intégrer. Après tout, il y a de nombreux fuseaux horaires et puis ce qu’on appelle l’heure universelle, non !?

    Vous avez choisi le format numérique gratuit pour permettre aux lecteurs de découvrir ces deux nouvelles. Pourquoi ?

    Dans l’histoire de la littérature, des auteurs publiaient souvent, épisode par épisode, leur roman avant la sortie de l’ouvrage en librairie ; et des nouvellistes faisaient paraître leurs récits courts dans des magazines avant de les rassembler dans des recueils. À son retour d’exil au Cameroun par exemple, Mongo Beti a publié dans le journal Le Messager le roman-feuilleton Mystères en vrac sur la ville, qui sortirait plus tard en imprimerie sous le titre de Trop de soleil tue l’amour.

    La souplesse du numérique nous permet aujourd’hui de garder vivante la littérature et d’être en phase avec la période actuelle. J’ai choisi de diffuser mes deux nouvelles d’abord sur internet, en téléchargement gratuit, mais le livre papier sera bientôt là. Entre-temps, nous aurons engagé des échanges fructueux avec les lecteurs, grâce notamment à ACOLITT, qui effectue un remarquable travail de promotion du livre africain.

    Pour rappel, ces nouvelles sont en téléchargement gratuit ici

    Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO


  • Entretien avec Iya BOYO, auteure Impasses amoureuses

    Comment est née l’idée d’Impasses amoureuses ?

    Juste après la parution de la trilogie « EAU VIVANTE ET VIVIFIANTE », écrite sur un style poétique, l’expert qui m’accompagnait pour la publication en ligne m’avait suggéré d’écrire un roman. Il m’avait avoué qu’il était séduit par la fécondité de ma plume et la profondeur de mes écrits. Il m’avait aussi déclaré qu’il était convaincu que si je m’y mettais, je pourrais produire un chef d’œuvre dans ce domaine. Je l’avais écouté sans intérêt particulier, et lui avais répondu qu’on verrait bien.
    Quelques jours après, alors que je fouillais dans mes documents encore contenus dans des cartons depuis mon déménagement, je suis tombée sur un manuscrit que j’avais entamé cinq ans avant. Je l’avais écrit à un moment où j’avais pratiquement tout perdu, et où je cherchais à me reconstruire. N’ayant ni ordinateur, ni tablette, je m’étais servie de feuilles volantes (papier A4) que j’avais numérotées au fur et à mesure que je les noircissais avec mon stylo.
    Bouleversée par cette curieuse coincidence, j’ai pris la proposition de l’expert au sérieux, d’autant plus qu’en relisant ce texte, je le voyais sur un autre prisme et l’appréciais considérablement. Il n’était pas encore achevé, mais j’avais trouvé ces premières lignes franchement captivantes. Lorsque l’expert a pris connaissance du manuscrit que je lui avais apporté en l’état, il n’a pas caché son émerveillement. « Pratiquement sans rature, fluide, entraînant », sont quelques mots qu’il a débités, tellement il était fasciné.
    Avec cette assurance et ces encouragements, en moins de deux mois, j’ai terminé la redaction de l’ouvrage que j’ai intitulé IMPASSES AMOUREUSES.

    Diriez-vous que ce roman est un cri du cœur, une réflexion sociale ou les deux à la fois ?

    J’ai du mal à répondre avec clarté à cette question. Ce que je peux vous déclarer à ce propos, c’est qu’au fond de moi, soudainement, a jailli une inspiration, et j’ai eu la discipline de l’écouter. L’histoire a coulé avec une fluidité déconcertante. On aurait dit qu’une voix dans mon coeur me dictait les mots ; et moi, je les écrivais sans effort particulier, en dehors de celui de la fidélité dans la retranscription.
    Au regard des multiples expériences vécues par moi-même, par certains proches, et d’autres enregistrées sur un plan plus large au travers des medias, ce récit qui aborde des problèmes universels, constitue indubitablement une piste de réflexion.
    Je dirai donc que c’est un murmure du coeur que je reconnais comme étant une invitation à une réflexion sociale.

    Selon vous, qu’est-ce qui conduit le plus souvent un couple dans une impasse : le manque d’amour, la peur, l’orgueil ou les circonstances ?

    Sans être une experte des questions matrimoniales, j’ai pu relever principalement le manque de communication ou une communication défaillante. Dans ces cas, même si les partenaires s’aiment à la base, ce climat favorisera et entretiendra de nombreux malentendus ainsi que des rancoeurs qui conduiront finalement à l’explosion.
    D’autres causes existent : celles que vous avez citées et bien d’autres encore. Mais je pense que dans une ambiance marquée par le dialogue sain, ouvert et régulier, plusieurs « bombes » peuvent être désamorcées. Imaginez, par exemple, deux personnes qui ont des valeurs et des attentes divergentes, des visions de l’avenir incompatibles, des projets de vie opposés, des rythmes de vie différents, etc. Ou encore des personnes gonflées d’orgueil, promptes à critiquer et à juger, tellement bornées. Elles se dirigent tout droit vers une impasse, car le cadre n’est pas propice à la communication. Ainsi, ce qui pourrait être une richesse dans le sens de la complémentarité, sans tolerance et compréhension de l’autre, devient un obstacle géant.

    Pensez-vous que l’amour moderne est plus fragile qu’autrefois ?

    Sincèrement, je ne pense pas que l’AMOUR change avec les époques. Pour moi, Il est intemporel, universel. Seulement, chaque génération ou chaque culture vient avec son schéma représentatif de cet élément essentiel, censé saler, sucrer et épicer notre existence. On peut se laisser entrainer dans ces modèles diffusés ou choisir d’aimer en vrai malgré le vent de l’heure (ce qui n’est pas du tout aisé, je le reconnais !).
    Pour essayer de répondre à votre question, je dirai que le facteur durée de la relation (pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort nous sépare) tend à disparaître dans l’esprit des gens de notre époque. Ceux-ci s’attachent de plus en plus aux intérêts et à l’épanouissement personnels. Par ailleurs, le numérique, avec les applications favorisant les rencontres et les réseaux sociaux, multiplient les possibilités de changement de partenaire. Le consumérisme contemporain a fortement déteint sur l’amour. On n’essaie plus de « réparer », de « récupérer » ou de « retaper » ce qui s’est endommagé ou qui a vieilli. On cherche tout simplement à « jeter », à « remplacer » ou à « multiplier », en recherchant son bien être. C’est un peu caricaturé peut-être, mais nous ne sommes pas loin de là aujourd’hui ; et la solidité du couple est ainsi mise à l’épreuve.

    Vos personnages semblent profondément humains et vulnérables. Cherchiez-vous à provoquer l’identification du lecteur ?

    Belle remarque! Je n’ai pas cherché à idéaliser les personnages ni à les caricaturer. Certainement vous avez constaté que sur ce plan, le côté conventionnel qui incite généralement à décrire les personnages dans les détails a été ignoré, ou plutôt relégué au second plan. Les aspects physiques ont été survolés exprès afin de mettre en exergue les traits psychologiques et émotionnels, en mode réel. Le livre constitue ainsi une sorte de miroir à travers lequel chaque lecteur pourrait se reconnaître ou se rappeler d’une personne connue. Cela contribue à lui faire vivre intensément le voyage intérieur qui lui est proposé. L’introspection profonde y est prônée.

    Avez-vous écrit certains passages avec une émotion particulière ?

    Comme je vous l’affirmais, j’ai tout simplement écouté mon coeur sans vouloir ajouter autre chose. Si certaines émotions personnelles se sont introduites compte tenu de l’imperfection de l’instrument que je suis, cela s’est surement fait à mon insu. Mon objectif n’est ni de juger, ni d’accuser, encore moins d’imposer un quelconque point de vue. C’est un exposé qui se veut neutre, une analyse qui se veut objective. Si ce but est atteint, je ne pourrai que m’en réjouir.


    Si vous deviez donner un conseil aux personnages de votre propre roman, quel serait-il ?

    Dans ma logique, il n’est pas question de faire la leçon à qui que ce soit. Qui suis-je pour le faire ? C’est vrai qu’à partir de mon expérience personnelle de la vie, j’ai su tirer des leçons qui m’ont permis d’avancer au milieu des tempêtes et m’ont ouvert à la source du bonheur authentique. L’une d’elles consiste à ne jamais perdre son amour et sa foi. Il faut aimer malgré tout et par dessus tout ; et s’attacher à Dieu. C’est la clé du bonheur veritable.


    La couverture présente une silhouette sombre avec un point d’interrogation au niveau de la tête. Que symbolise cette image ?

    Cette image symbolise la complexité des relations humaines, notamment amoureuses, les multiples interrogations de l’individu face à l’amour, aux dilemnes affectifs et moraux, aux pressions sociales ainsi qu’aux autres combats qu’il doit gérer. L’amour, c’est fait pour nous rendre heureux, mais comment y parvenir ?
    L’aspect sombre de la silhouette indique le caractère universel du sujet.


    Pourquoi avoir choisi un fond rouge ? Est-ce une référence à la passion, au danger ou au conflit ?

    Les trois aspects interviennent : le rouge pour la passion qu’entraîne l’amour ; le danger en ce sens qu’il peut entrainer un sérieux brisement et d’autres conséquences fâcheuses si les émotions sont mal gérées ; le conflit avec soi-même et avec l’autre.

    La posture du personnage, de dos, les mains sur les hanches, semble exprimer une forme de confrontation ou d’interrogation. Était-ce intentionnel ?

    Oui, oui ! En effet, ce thème de l’amour qui tend à être de plus en plus banalisé, lorsqu’on s’y penche sérieusement, suscite de nombreuses interrogations. Des fois, on se rend compte que ce n’est pas aussi évident que ça ! Dans IMPASSES AMOUREUSES, les différents cas abordés en témoignent.
    La confrontation est également présente face à la réalité. Je parlais des dilemmes d’une part ; des secousses émotionnelles, des luttes intérieures d’autre part. Et de la confrontation avec l’autre par ailleurs, et même par rapport à la société.


    Quel message aimeriez-vous que les lecteurs retiennent après avoir refermé le livre ?

    L’AMOUR demeure l’AMOUR, quelles que soient les circonstances, les épreuves, les obstacles. Il ne calcule pas, Il ne s’use pas avec le temps. Il est bienveillant, tolérant, compréhensif, miséricordieux. Il réchauffe le cœur, donne du goût à la vie et rend heureux.
    Peut-Il encore s’exprimer dans notre monde où l’éphémère et l’artificiel semblent avoir conquis les cœurs ? A cette question, Laura, le personnage principal du roman répond « OUI, bien que cela ne soit pas aisé ». C’est une quête permanente, un combat de tous les jours, plus intérieur qu’avec l’autre, qui est également confronté à ces pressions intérieures et sociales.
    La vérité est que seul, il est difficile voire impossible de s’en sortir. Mais avec le secours du divin, la Référence en matière d’amour, l’individu réussit à maintenir le cap et à savourer ainsi ce bonheur special, malgré les épreuves de la vie.
    En outre, ce roman révèle que l’impasse n’est pas synonyme de fin ou de mort de la relation. Elle peut être une opportunité en or pour le couple qui se regarde dans le miroir, de prendre conscience de tout ce qui ternit la relation et de l’améliorer. Il pourra alors se réinventer, se fortifier et amplifier son bonheur. Encore faut-il que les partenaires acceptent cette démarche !
    S’ils n’y arrivent pas seuls, ils peuvent faire appel à un accompagnateur qualifié qui pourrait les aider. Et même là encore, il faut tomber sur le bon ! On voit l’exemple du docteur Collins qui, malgré sa volonté d’aider, est tombé fou amoureux de sa patiente. Ah oui, ce n’est pas aussi facile qu’on le pense ! Mais il faut y croire et se laisser guider par Dieu.

    Votre roman se veut-il un avertissement, une consolation ou une invitation à réfléchir ?

    J’y entrevois une piste de réflexion, un cheminement (sans être une méthode unique) axé sur l’introspection profonde et le miroir relationnel. Il consiste à utiliser l’impasse pour effectuer un voyage intérieur et comprendre ses propres blocages plutôt que de se focaliser uniquement sur les défauts du partenaire. Il peut aussi être utile dans la « prévention » des impasses et dans la gestion harmonieuse des relations au quotidien. Enfin, il constitue une note d’espoir et/ou d’encouragement pour ceux qui ont ont été brisés et qui ont du mal à se relever, pour ceux qui ont peur d’aimer ou ceux qui se demandent si l’amour vrai est encore possible de nos jours. Les lecteurs trouveront peut-être d’autres avantages.

    Selon vous, comment éviter une impasse amoureuse ?

    En gros, il faut communiquer honnêtement, amicalement, sainement et régulièrement dans le couple. Dans ce climat d’amour et de confiance mutuelle, on doit faire l’effort de résoudre les problèmes sans attendre que la situation pourrisse ou se complique, faire preuve d’humilité pour reconnaître ses erreurs et demander pardon lorsqu’on a tort ; de tolérance vis-à-vis de l’autre qui n’est pas une personne parfaite.
    Cependant, il faut noter qu’une impasse peut survenir malgré ces précautions, notamment avec le temps. Si elle est bien gérée dans cet espace de dialogue, avec des intentions bienveillantes, le couple peut s’en sortir doublement enrichi : sur les plans individuel et collectif.

    Qu’avez-vous découvert sur vous-même en écrivant ce livre ?

    Principalement, j’ai pu découvrir certains aspects de ma personnalité que j’ignorais. J’ai pris conscience de mes limites, de mes forces, de mes aspirations profondes notamment en ce qui concerne la relation amoureuse. Et bien d’autres choses encore. J’espère vivement que ce sera le cas pour les divers lecteurs. Je laisse chacun se « découvrir » à travers ce cheminement.

    L’écriture a-t-elle été pour vous une forme de thérapie ?

    J’avoue que l’écriture est un exercice qui m’a beaucoup aidé à tenir debout dans une phase de fortes turbulences, une période particulièrement tumultueuse de ma vie. Dans ces moments de silence où je me suis souvent retrouvée face à moi-même et avec Dieu, j’ai expérimenté le véritable amour, la paix intérieure et ai été spécialement inspirée, réconfortée et revigorée. Je me souviens encore, lors de la cérémonie de dédicace de mon livre EAU VIVANTE ET VIVIFIANTE, Volume 1, l’un des intervenants parlait, d’«un livre qui soigne », d’une « médecine de l’âme ». Je témoigne de ces effets bénéfiques sur moi, et suis ravie des retours des lecteurs dont certains m’expriment leur « transformation positive », leur « guérison » de profondes blessures ainsi que l’effet libérateur par rapport à des blocages. C’est très encourageant !

    Travaillez-vous déjà sur un nouveau projet littéraire ?

    Je suis en train d’achever la redaction d’un livre, un autre recueil de poèmes invitant à la contemplation de la beauté et de la succulence de la vie, des relations ainsi qu’à l’exaltation du Créateur pour ces dons gratuits. Il paraîtra très bientôt.

    Si Impasses amoureuses devait être adapté au cinéma, à quoi ressemblerait-il selon vous ?

    J’imagine le film IMPASSES AMOUREUSES comme étant tellement entraînant, captivant, passionnant, suscitant des émotions vives et amenant le spectateur, même inconsciemment, à revisiter sa vie. Je vois inscrite au début, la mention « Basé sur une histoire vraie » ou « Inspiré de faits reels ». Aucun titre ne me vient à l’esprit tout de suite en terme de comparaison, mais je suis convaincue qu’il connaîtra un succès fulgurant.

    Où peut-on trouver Impasses amoureuses ?

    LIENS POUR TÉLÉCHARGER LE LIVRE NUMÉRIQUE (EBOOK)

    FNAC
    https://www.fnac.com/ia12257650/Iya-BOYO

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    BOOKMUNDO
    https://shop.bookmundo.com/fr-FR/book/22026580/impasses-amoureuses/EPUB

    KOBO
    https://www.bol.com/nl/fr/p/impasses-amoureuses/9300000248305928/

    AUTRES

    https://www.google.com/search?q=impasses+amoureuses+iya+boyo+bookmundo&oq=impasses+amoureuses+iya+boyo&gs_lcrp=EgZjaHJvbWUqCAgAEEUYJxg7MggIABBFGCcYOzIGCAEQRRg7MgYIAhBFGDsyBwgDEAAY7wUyBggEEEUYPDIGCAUQRRg8MgYIBhBFGDzSAQkyMTMyOGowajmoAg6wAgHxBRFKVTGR1z7x8QURSlUxkdc-8Q&client=ms-android-transsion&sourceid=chrome-mobile&ie=UTF-8

    LIENS POUR COMMANDER LE LIVRE BROCHÉ

    KOBO
    https://www.bol.com/nl/fr/p/impasses-amoureuses/9300000248364420/

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    AUTRES
    Taper sur internet « Impasses amoureuses Iya Boyo »

    Propos recueillis par Pauline ONGONO