Catégorie : Femme africaine

  • ACOLITT au Salon Africain du Livre Féminin (SALIF) édition 1

    La première édition du SALIF : Salon Africain du Livre Féminin s’est tenue à Yaoundé, du 12 au 13 décembre 2025. Pour cette entrée en matière dans la mise en valeur des femmes du Livre en Afrique, le Cameroun a réussi un véritable coup de maître, avec la participation de ce qui constitue la majorité des actrices du livre locales et de l’étranger.

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  • EXPÉRIENCE DE LECTURE | INSOUMISE : Histoire d’une femme victime de sa passion amoureuse de Bizelle La Fortune

    « L’homme est divers et ondoyant. » S’il y a bien une chose vraie dans ce monde, c’est celle-là. Et ce n’est pas Bizzelle La Fortune qui nous dira le contraire.


    « INSOUMISE », un mot qui fait pâlir plus d’un à sa seule écoute, à sa seule pensée. Qui ose être insoumise ? Qui ose aller outre le sacro principe – surtout africain – qui voudrait que la femme soit soumise au risque d’être répudiée ? Est-ce cette insoumission qui a valu à la narratrice et auteure, Bizzelle La Fortune, d’être victime de l’amour, comme le titre l’indique ?



    Son extraordinaire vie commence le jour de sa naissance, le 04 mars 1984 à l’hôpital central de Yaoundé, au Cameroun. Le nom qui lui est attribué grâce ou à cause sa position familiale fait d’elle un « arbre de paix ». Née d’un père fonctionnaire, grand de taille, toujours bien conservé, amoureux de l’éducation ; et d’une mère de taille plus petite qui avait arrêté les études après son diplôme du cycle primaire et dont les nombreux accouchements – par césarienne – avait flétri ce corps jadis ferme qui restait tout de même attirant, Bizzelle avait tout pour réussir : être heureuse et être endurcie par la vie, entre la rigueur et l’amour de ses parents, entre les déboires de la polygamie dans laquelle son père les avait plongés… Ne dit-on pas que l’éducation n’est pas uniquement celle de l’école ?

    Le père vivant à l’ouest du Cameroun depuis sa mise en retraite, après l’obtention de son diplôme du cycle primaire, Bizzelle est obligée de vivre avec lui, loin de Yaoundé, loin de sa mère, loin de ses frères et sœurs, loin des déboires familiaux qui faisaient partie de l’animation de son existence… Il fallait se familiariser au minimum qu’offrait le village : « Pas de lieu de distraction, à part le marché du village où l’on pouvait danser tard à l’occasion des célébrations comme la fête de la jeunesse le 11 février, la fête nationale le 20 mai, etc. », comme vous le lirez à la page 26. Très vite, elle s’habitue à l’environnement, car c’était « Un village calme, paisible ; où l’air est vraiment frais, pas du tout pollué. Tout était réuni pour qu’un enfant réussisse à l’école. », nous renseigne la page 27. Mais, les habitudes n’ayant pas toujours la peau dure, Bizzelle nourrissait toujours le besoin de rentrer à Yaoundé, une chose fortement désapprouvée par son père qui, deux ans plus tard, céda ; Bizzelle rentra à Yaoundé. Elle avait 15 ans.

    15 ans, l’âge des papillons dans le ventre… 15 ans, l’âge où la puberté rugit dans sa splendeur… 15ans, l’âge où tout commença pour Bizzelle.

    Rommel, l’ami de son frère devenu un enfant de la famille. Rommel, son premier flirt, son premier amour, le premier lien de dispute entre Bizzelle et sa famille. Son premier… Ils vivaient leur amour en cachette, sachant que les réactions ne seraient pas encourageantes. Et quand ils l’ont su, « Naturellement, ils m’ont aussitôt menacée de mettre un terme à cette histoire d’amour sans lendemain. », nous raconte la narratrice à la page 35. 
    « Ma fille, je t’en prie, tu es encore très jeune, tu dois d’abord penser à ton avenir (…) », la supplie sa mère à la page 36, lasse de voir sa fille mener cette idylle qui lui retourne l’estomac, qui lui fait enchainer les mauvaises notes aux examens. Hélas, le cerveau et le cœur de Bizzelle étaient parsemés de fleurs au doux parfum de Rommel. Aucun conseil, aucune menace ne pouvait lui faire quitter son Rommel, son amour. Quand l’amour nous tient, le cerveau souffre et est obligé de suivre le pas pour survivre… Rommel était colérique, arrogant, homme à faire valoir son corps sculpté auprès des autres jeunes filles, Bizzelle n’en avait cure, le parfum senteur Rommel était très fort. Aucun red flag n’aurait réussi à l’aider à trouver raison.

    En classe de Terminale, elle tombe enceinte de leur première fille, elle s’enfuit avec son Rommel, il revient demander sa main, sa famille et surtout sa mère et ses frères sont mécontents, la famille est brisée… Une succession d’événements haletante ! A la page 43, la narratrice nous dit : « (…) je pouvais rencontrer une sœur ou mon frère en route mais je ne les saluais pas, et, eux aussi, faisaient pareil. » Peu importe, tant que le parfum senteur Rommel embaumait sa vie, le reste n’avait aucune importance.
    S’accrocher à cette relation lui enlèvera sa famille, ses amis, sa dignité, sa paix… Et même Son Rommel, celui qui avait nourri les papillons dans son ventre. Le romantique et prévenant Rommel s’est transformé en un monstre froid et égoïste. Mais, en réalité, peut-être l’était-il déjà ? Peut-on changer autant envers la femme qui a tout supporté et tout abandonné pour vivre l’amour avec un grand A même bancal ? Plus de cadeau, une somme de stratagèmes pour pouvoir bénéficier de ses faveurs, des enfants à élever seule en tant qu’ingénieure du bien-être familial – je trouve trivial l’expression « femme au foyer ». Ce changement de Rommel a, heureusement, arraché de nombreuses fleurs du cerveau, pas du cœur, de Bizzelle. Il a fait naitre l’INSOUMISE.


    « Insoumise : Histoire d’une femme victime de sa passion amoureuse » est, vous l’aurez compris, un roman inspiré de faits réels. Il parait aux Editions du Schabel en 2021. Sa couverture de couleur verte, une jeune femme au teint ébène et sertie d’accessoires africains, qui regarde vers le ciel d’où une lumière éclaire son visage, témoignent de la moisson d’un amour tumultueux, de la persévérance, de la compréhension, du semblant de sérénité et de la résilience cultivées au fil des 102 pages qui constituent ce livre. Il s’agit du témoignage des conséquences du non-respect des ordres préétablis. En effet, une sagesse africaine demande de ne jamais aller contre l’avis d’un parent : si ton parent refuse que tu entretiennes une relation amoureuse avec une personne, obéis et cherche celui ou celle qu’il aimera. On ne discute pas, on s’exécute. Malheureusement, l’émancipation de la jeunesse depuis le 20e siècle la pousse à passer outre et à subir – très souvent – des conséquences à long terme. Ils oublient ou méprisent l’œil de l’Homme âgé, cette loupe qui voit le futur très antérieur. Bizzelle en a eu pour son compte.


    Bizzelle a vu son amour tomber en lambeau au fil des jours ; elle a vécu un divorce inqualifiable ; des maternités sans repos ; des insultes de son Rommel à n’en plus finir, exemple : « (…) il m’a répondu d’un ton amer que je suis bête et ignorante (…). », page 75. Elle a encaissé de nombreuses années, elle a perdu sa dignité en quémandant un amour qu’elle pensait – encore – fort. Mais l’a-t-il été un jour ? L’amour fait-il autant mal ? L’amour oblige-t-il de s’éloigner de sa souche de vie ? L’amour permet-il le mépris ? L’amour permet-il l’abandon de sa femme et de sa progéniture ? L’amour…

    Au fil des années, le cœur et le cerveau de Bizzelle ont été rasés de toutes les fleurs aux senteurs Rommel. « Nous étions devenus plus distants qu’avant, rien de ce qu’il disait ou faisait ne m’intéressait plus. », nous dit Bizzelle à la page 79. Les senteurs envolées, la réconciliation avec la famille était possible. Elle a retrouvé sa souche ; elle pouvait désormais se confier, comme elle le confirme à la page 98 : « (…) je n’informai que ma famille de la situation que je vivais. ».

    Dans ce roman, Bizzelle nous donne une autre définition de l’insoumission : il ne s’agit pas d’être têtue, il s’agit de SE PREFERER. En effet, malgré les réticences de Rommel, elle n’a pas cessé de chercher des opportunités professionnelles, de travailler, de chercher sa paix et celle de ses trois filles. Si elle n’avait pas été insoumise, sa douleur et sa misère auraient atteint le rubicond, vu qu’elle ne recevait presque plus rien de Rommel. Elle a été une victime de sa passion amoureuse, mais voudrait-elle ne l’avoir jamais été ? Regarder les trois anges qu’il lui a donnés, laisse croire qu’en tout mal, il y a du bon.

    Bizzelle, à ce jour, est une femme polyvalente avec de nombreuses casquettes. Et si elle n’avait vécu qu’une love story, ne se serait-elle pas reposée sur la poitrine de son homme, prenant une pause pour arroser les fleurs de son cœur et de son cerveau aux senteurs Rommel ?
    « Son chemin ne sera plus le mien, nous n’aurons plus à éprouver de jalousie quant à la vie de l’autre. » « (…) sachant que pour mes filles, il faut que je sois forte. », lirez-vous aux pages 98 et 99. La messe était dite.


    « Insoumise : Histoire d’une femme victime de sa passion amoureuse » est une réelle sonnette d’alarme. Il est, certes, une thérapie pour l’auteure, mais aussi un élément de prises de conscience dans les relations sentimentales et familiales. Que vaut le « NON » d’un parent ? Que devrait-on supporter au nom de l’amour ? A quel moment doit-on taper du poing sur la table ? Etc. Des Bizzelle, on en rencontre tous les jours, et même sous la peau des hommes, trop occupé.e.s à essayer de sauver les apparences d’un couple inexistant et toxique pour voir tous les signaux d’alarme.
    Des parents de Bizzelle, on en rencontre tous les jours. Déchirés par leurs propres problèmes, n’offrant que leur chair en lambeau, en guise de bouclier pour leurs enfants. Et si le père avait fait fi de son honneur patriarcal ? Et s’il avait écouté les supplications de sa femme ? Et s’il ne l’avait pas donnée en mariage aussi jeune et surtout à un homme dont même le meilleur ami n’en voulait pas comme beau-frère ?
    Ce roman est la preuve absolue que l’on ne retient pas un homme avec un ou des enfants ; une preuve qu’il y a une différence entre intelligence et sagesse ; une preuve que l’on peut se relever de toute situation, si l’on y met une bonne d’insoumission.

    Je félicite Bizzelle La Fortune pour le courage qu’elle a eu de coucher son intimité sur papier, livrant ainsi une partie d’elle que seule sa famille gardait jalousement. Je ne manquerai pas de lui faire part des quelques questions qui me taraudent sur le plan de l’édition de ce roman.
    Soyons des insoumises et même des insoumis à travers la lecture, car lire des livres délivre.

    Ce livre est disponible auprès de Bizzelle La Fortune, au prix de 5000 FCFA.

    Par Pauline M.N. ONGONO


  • « Amnésique » d’Yvette NOUGA : D’amour et de résilience par Pauline M.N. ONGONO

    « Où sommes-nous ? Qu’est-ce que je fais ici ? » C’était le premier signe de son amnésie, après cet accident qui a emporté l’amour de sa vie…


    Nsili et Lenssi se revoient au hasard des choses. Nsili est médecin, elle revient d’une longue période de spécialisation en France. Une chose l’anime, faire ce travail qui, quelques années en arrière, ne lui permettait même pas d’avoir une vie descente. Rentrée de Paris, elle devient le médecin à avoir à tout prix. Comme quoi, traversez la mer et devenez automatiquement le plus compétent. Elle mène sa vie entre ses parents, son boulot, sa sœur, prise de temps en temps dans l’étau du fameux « Tu te maries quand ? » de sa mère, madame MESSINA.


    Lenssi est son amour de jeunesse. A peine se sont-ils retrouvés par le hasard des choses, qu’ils se lancent dans une relation maculée de passion, d’amour, de rires… de toutes ces choses qui nourrissent les papillons dans le ventre. « (…) revoir Lenssi hier, a suscité une vive émotion en moi. », lirez-vous à la page 27. Leur mariage est alors une évidence quelques années plus tard, et de cet amour, tombera des fruits. Mais une ombre plane sur eux : Nsili n’est pas aimée de sa belle-mère et ses efforts pour se faire aimer restent vains. Le couple en fait tellement pour changer ce sentiment, que cela les mène à ce moment fatidique, ce 05 février, jour où tout a basculé… Ce jour où tous ces moments idylliques se sont effacés de la mémoire de ce personnage ; ce jour qui lui a prouvé que la vie valait d’être vécue ; ce jour qui a emporté la paix dans la vie de tous les personnages… « Vous avez une amnésie secondaire à votre accident de voiture », lui dira son psychologue au chapitre 7 qui porte d’ailleurs le titre « Amnésie », dès la page 173.


    Le roman « Amnésique » est écrit sous un détail de chronologie et de lieux. Il commence à Paris en septembre 2018 et s’achève en février 2024 à Nkoteng. De sa plume, Yvette NOUGA, camerounaise et médecin épidémiologique, décrit une histoire où tout se veut rêve et beauté ; compréhension et amour ; appréhension et solution ; pleurs et rires… Paru chez Eclosion, une maison d’édition basée au Cameroun, « Amnésique » est une vague houleuse de 248 pages sous un temps intermittent de 10 chapitres et d’un épilogue.
    A travers cette vague, Yvette NOUGA dépeint ces choses que l’on voit tous les jours, qui passent inaperçues ou pas, mais qui s’impriment dans notre subconscient, jusqu’au jour où survient un événement qui vous fera les oublier entièrement ou pas. Elle a choisi de donner à chaque personnage la parole, pour exprimer, sans détour, ressentiment, gratitude, haine, complexe et la liste n’est pas exhaustive. La lecture de ce roman nous a permis de relever ce que nous appellerons les sept péchés sociaux de « Amnésique », ceux-là même qui portent ce roman :


    Premier péché social : La non valorisation des diplômes locaux et des jeunes diplômés :
    Nsili subit des injustices et des salaires minables qui ne lui permettent même pas une gestion efficace des frais de transport, comme vous le lirez à la page 6. Aller en France change la donne, car « Au Cameroun, un médecin qui a un diplôme, même un simple diplôme universitaire obtenu d’une université étrangère et plus encore européenne ou américaine, a une aura décuplée face à ses pairs, de l’avis des patients. », lirez-vous à la page 7. Ou encore à la page 44 : « Nous avons un problème au Cameroun quand il s’agit d’avoir des postes de responsabilités. Etre jeune quand cela arrive, peut poser des problèmes. »

    Deuxième péché social : les rapports avec la belle-famille :
    Dans ce roman, Yvette NOUGA dépeint les rapports belle-mère – belle-fille très souvent teintés d’hypocrisie ou de haine ouverte, mais aussi de beaucoup d’amour. Autant madame MESSINA était détestée de sa belle-mère, autant elle aimait Lenssi, son beau-fils ; et comme un mauvais héritage, Nsili a connu la même haine. Elle a bu presque jusqu’à la lie, la haine de sa belle-mère, Ma’a Seudjang, que même la naissance de son premier petit fils n’a pas réussi à adoucir : « C’est juste que je me disais que vous n’étiez pas obligés de rester ensemble parce que vous avez un enfant ! (…) Je t’ai trouvé quelqu’un qui soit à ta hauteur et qui te portera haut. », dira-t-elle à son fils, à la page 154, ne tenant pas en compte le fait qu’il était déjà marié, mariage auquel elle avait d’ailleurs décidé de ne pas assister.


    Troisième péché social : Le tribalisme :
    Yvette NOUGA met sur le tapis le pseudo non amour entre les tribus camerounaises de l’Ouest et celles du Centre. Une pseudo haine qui a pourtant été à chaque fois la preuve d’unions solides et d’amour vrai entre mari et femme, le cas échéant, entre Lenssi et Nsili. Ce troisième péché est l’objet du rapport nocif entre Nsili et sa belle-mère. Elle est bassaa et ewondo, il est bangangté.


    Quatrième péché social : La pression familiale :
    « Comme toute mère, maintenant j’espère la voir mariée et maman. » Nsili n’avait pas défait ses valises à son retour de France que, déjà, sa mère nourrissait ses envies de belle-mère et grand-mère à la page 15. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à lui mettre cette pression, tout son entourage semble voir en elle cette évidence du « tu dois déjà te marier et avoir des enfants ». Même si cet aspect est relevé avec douceur dans le roman, il n’en reste pas moins qu’il résonne comme un tambour d’Afrique dans le subconscient. Nsili n’avait pas trente ans, elle estimait avoir encore assez de temps pour réfléchir sur la situation.


    Cinquième péché social : La maladie :
    Le roman « Amnésique », au-delà de sa connotation, est aussi le théâtre de la Covid-19 et de toutes les émotions, nouvelles habitudes et inventions médicamenteuses que cette période a connues, comme vous pourrez le lire à la page 38. Mais aussi, le souvenir de ce que la vie n’aurait peut-être plus été, cette chaleur que cette maladie aurait volée, si elle avait perduré.


    Sixième péché social : L’amour :
    Il est vrai que lorsqu’on parle d’amour, on s’imagine toujours le beau et le bon, mais pensons-nous qu’il peut aussi être gage de conséquences désastreuses ? La lecture du livre vous montrera à quel point l’amour a gâché des vies : l’amour pour une mère, l’amour pour un fils, l’amour en trop grande quantité qui peut être agaçant des fois.

    Septième péché social : L’orgueil :
    Voici un péché qui est commis par tous les personnages à un moment donné de leur évolution ; car s’il y a une force qu’a eu Yvette NOUGA lors de l’écriture de ce texte, c’est bien celui de l’évolution des personnages. Une qualité qui manque à plusieurs auteurs de romans.


    Suivant « ces sept péchés sociaux », le titre de ce roman ne symbolise donc pas juste un état de perte de données cérébrales, mais une amnésie liée aux bienfaits de l’union des familles lors du mariage, au pourquoi de l’éducation locale, aux avantages multiculturels, au vivre-ensemble national (vécu pourtant hors des frontières, comme vous le lirez à la page 129).


    « Amnésique », c’est aussi l’étalage de l’échec de la femme. Entre madame MESSINA qui ne comprend pas le désir de Nsili d’y aller doucement malgré tout l’amour qu’elle porte à Lenssi, Ma’a Seudjang qui refoule sa belle-fille… La femme, dans ce roman, est la cause du chaos qui va chambouler la vie des personnages.


    « Amnésique », c’est une invitation à découvrir le Cameroun. Yvette NOUGA n’a pas été chiche, elle a valorisé les villes et villages du Cameroun, les rythmes, les néologismes, les prénoms à connotation camerounaise à l’exemple de « Nsili » qui signifie « question ». Vous pourrez y lire aussi : « les pleurs du Mbolé paktout-paktout » à la page 148 ; « no milk » à la page 149 ; « djoudou » à la page 103 ; et les lieux tels que Ebolowa, Nkolandom, Akoa-kass, Ekom-Nkam, Dibombé, Mont Manengoumba, Mbalmayo, Bangangté… Toutes ces choses qui témoignent de la simplicité d’écriture d’Yvette NOUGA et la facilité de lecture de ce roman.


    « Amnésique », c’est aussi une somme de questions, une somme de « et si ». Et si elle ne l’avait pas aimé ? Et si elle l’avait accueillie ? Et s’ils ne s’étaient pas revus ? Et s’ils n’étaient pas issus de cultures différentes ? Et plein d’autres « et si ».
    Malgré sa couverture de couleur sombre, « Amnésique » est porteur d’espoir. Une sorte de Harlequin à la camerounaise qui vous transporte, vous éteint et vous fait renaitre. Il termine d’ailleurs à la page 248 avec la note : « Aujourd’hui, je débute un nouveau chapitre de ma vie ».


    A cette ère où la santé mentale est de plus en plus démystifiée et concerne même ceux qui paraissent sains d’esprit, « Amnésique », premier livre de l’auteure, rentre dans le sillage des supports à utiliser pour en parler. Qu’il ait été choisi parmi les livres primés au prix littéraire OSU édition 2023 était donc judicieux.


    Aussi vrai que lire des livres délivre, il suffira de dépenser 5000 FCFA, de le lire, pour être délivré. Contact : infoslitt@gmail.com

  • 31 juillet – Journée Internationale de la Femme Africaine : La femme est un remède pour la femme

    La Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA) est instituée en 1962 lors de la première Conférence des Femmes Africaines à Dar es Salaam (Tanzanie), qui a conduit à la création de la PAWO, l’Organisation Panafricaine des Femmes.

    Les objectifs de cette journée sont :

    • Promouvoir, mettre en lumière les initiatives de la femme africaine pour le développement du continent
    • Célébrer les femmes africaines et les aider à réaffirmer l’engagement en faveur de leur autonomisation et de l’égalité des sexes
    • Discuter sur des sujets divers (politique, économie, culture, etc.) pour le développement de la femme en Afrique

    📌 En bref, c’est une journée pour célébrer la femme africaine et la booster encore plus.
    ACOLITT a choisi de célébrer six femmes de la littérature qui, au quotidien, posent des actions autour de la femme.

    Que ce soit chez la fille ou l’adulte, elles sont au taquet pour une jeunesse féminine intelligente. Voilà une belle proposition que fait Carmen Toudonou, écrivaine béninoise, chaque deux ans, avec le concours Miss Litterature. Un concours qui regroupent des jeunes dames de différents pays et qui fait l’éloge de la beauté intellectuelle. En outre, dans plusieurs anthologies, elles regroupent des écrits de femmes, suscitant ainsi un réseau de femmes ouvert au monde.

    Dans le groupe Facebook Ecrivaines du Cameroun, vous aurez le loisir de voir le formidable engagement de Jeanne Louise Djanga. Sortie de livres, événements autour des livres de femmes… elle n’hésite pas à en parler. Et un plus à cette initiative est la mise sur pied l’Union des écrivaines africaines par Cylia Lateb. Une belle manière de fédérer les efforts et les compétences de chacune, créant ainsi un réseau solidifié d’écrivaines africaines à travers le monde.

    Qui dit écrivaine, dit livre, dit découverte, dit chaleur humaine… Pour faire la différence sur les promotions déjà en place, Amina Seck (Sénégal) et Pulchérie Abeme Nkoghe (Gabon) ont institué des salons littéraires pour valoriser les écrits de femmes. D’aucun penseront à un féminisme de haut grade, il convient de les rassurer sur le bien fondé d’un rassemblement de femmes autour de leurs livres, discutant de techniques d’écriture, de défis lorsqu’on est femmes (épouses, mères…) et écrivaines et d’autres sujets pour développer la scène littéraire. Vous pourrez alors assister, à loisir, au Salon International Féminin du Livre et des Arts du Gabon et au Salon du livre féminin de Dakar.

    En Afrique, on déplore le manque de bibliothèques, surtout des bibliothèques avec des fonds africains. Edwige DRO l’a compris et a décidé de mettre sa pierre à l’édifice : elle a mis sur pied 1949 à Yopougon (Abidjan, Côte d’Ivoire). Il s’agit d’une bibliothèque dont le fond est constitué uniquement de livres de femmes d’Afrique et du monde noir.

    Planter la graine comme Carmen Toudonou, créer des réseaux comme Jeanne Louise DJANGA et Cylia LATEB, organiser des salons comme Amina SECK et Pulcherie ABEME, investir et s’investir pour la mise sur pied d’une bibliothèque spécialisée, autant d’actions qui valorisent la femme, ses actions et ses projets en littérature. Des actions à féliciter et à encourager.

    📢📢📢 𝐎𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐥’𝐚𝐟𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞𝐫 : 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐦𝐞̀𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞.

    Cette journée est aussi l’occasion pour nous de féliciter et remercier toutes ces personnes et associations qui se démarquent et qui donnent du leur pour le développement de l’Afrique ; l’autonomisation, le bien-être, l’éducation de la femme africaine. De manière non exhaustive : Djaïli Amadou Amal, Association des Femmes Entrepreneures du Cameroun, Rafdel, Andaal, Griote, L’orchidée Moulengui, LaDika, Régine Nadège Ekodo Ndjoana, Arielle Dnoutcheu, Yémélé Rosine, Armelle Touko, Nadine C. Mekougoum, Nadine Gérard, Carine Andela, Cynthia Nikeze, Christelle Noah DG, Danielle Eyango Ecrivaine et la liste est loin d’être exhaustive.

    Nous adressons spécialement nos encouragements à Rose Dede KOUEVI. Vivement une tenue saine du Salon international féminin du livre de Ouagadougou.
    Des fois, les échecs sont un carburant de bonne qualité.

    ACOLITT, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com