Catégorie : FONALL

  • BANGUI : FONALL 2026, PARI TENU, PARI…

    La ville de Bangui a vibré, le samedi 7 mars 2026, au rythme de la littérature et de la lecture à l’occasion de la première édition du Forum National sur le livre et la lecture, organisée dans l’enceinte du New Tech Institut. Initié par l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC), cet événement s’inscrivait dans le cadre du mois de la Francophonie et de la promotion de la langue française, une période dédiée à la valorisation de la culture, de la pensée et du dialogue intellectuel.

    Durant toute la journée, de 8 heures à 16 heures, des centaines de participants ont répondu présents à ce rendez-vous culturel qui a rassemblé lecteurs, écrivains, enseignants, élèves, étudiants et passionnés du livre autour d’un objectif commun : promouvoir la lecture et valoriser la production littéraire en République centrafricaine.

    De même, plus de dix (10) établissements scolaires de la capitale ont pris part à cette première édition, aux côtés de la prestigieuse Université de Bangui, témoignant de l’intérêt croissant du milieu éducatif pour les initiatives visant à encourager la culture du livre chez les jeunes. Des délégations d’élèves et d’étudiants ont activement participé aux différentes activités prévues dans le programme.

    La cérémonie a débuté par une lecture inaugurale animée par Landry OUOKO, qui a proposé une réflexion sur l’historique de la littérature centrafricaine et l’état des lieux de celle-ci à l’époque contemporaine. Dans son intervention, il a retracé les grandes étapes de l’évolution de la production littéraire en République centrafricaine, tout en soulignant les défis auxquels sont confrontés aujourd’hui les auteurs et les acteurs du livre dans le pays.

    Au cours de cette journée riche en échanges et en découvertes, plusieurs activités ont rythmé le Forum. Les participants ont assisté à des conférences littéraires, à des débats autour du rôle du livre dans la formation intellectuelle, ainsi qu’à des expositions d’ouvrages mettant en lumière les œuvres d’auteurs centrafricains. Le Forum a également été marqué par des concours de lecture et de poésie, un quiz littéraire, des séances de contes, des animations musicales, ainsi que par un vernissage littéraire et des séances de vente et de dédicaces d’ouvrages. Ces différentes activités ont permis de révéler le talent et la créativité de nombreux jeunes passionnés de littérature et de favoriser les échanges entre auteurs et lecteurs.

    Prenant la parole devant les participants, le président de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains, Bienvenu Juvénal Rouheda Yassara, a rappelé l’importance de la lecture dans la formation de la jeunesse et dans le développement d’une société éclairée. Dans son intervention, il a souligné que le livre demeure un outil fondamental d’éducation, de réflexion et d’émancipation intellectuelle. Il a également salué la mobilisation des établissements scolaires, des étudiants et de l’ensemble des acteurs culturels ayant contribué à la réussite de cette initiative. Il a, par ailleurs, adressé ses remerciements particuliers à Serge Singha Bengba, Président Fondateur du New Tech Institut, pour son soutien et sa disponibilité ayant permis la tenue effective de cette rencontre littéraire.

    La marraine de l’événement, Portia DEYA-ABAZENE, a pour sa part encouragé l’initiative portée par l’AJEC. Dans son intervention, elle a salué l’engagement des jeunes écrivains centrafricains pour la promotion de la lecture et s’est dite disposée à accompagner les prochains projets de l’association, notamment en soutenant l’ouverture de clubs de lecture dans différentes maisons des jeunes de Bangui, afin de rapprocher davantage la jeunesse du livre et de la culture.

    La rencontre a également enregistré la présence de plusieurs personnalités du monde culturel et de la jeunesse, parmi lesquelles Poguy Aaliya, figure de la jeunesse centrafricaine, dont la participation a été saluée par les organisateurs comme un symbole de l’implication des jeunes dans les initiatives culturelles.

    La journée s’est achevée par la remise des prix aux lauréats des différents concours, notamment en lecture, en poésie et dans d’autres catégories liées à la promotion de la littérature. Ces distinctions ont été attribuées aux participants qui se sont particulièrement illustrés par leur talent, leur engagement et leur passion pour les lettres.

    À travers ce Forum, l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains ambitionne de créer un cadre permanent de promotion du livre et de la lecture en République centrafricaine. Pour les organisateurs, cette première édition marque le début d’une dynamique culturelle visant à renforcer la place de la littérature dans la société et à encourager les jeunes générations à s’approprier le livre comme un outil de connaissance et d’ouverture sur le monde.


    Au regard de la mobilisation enregistrée et de l’enthousiasme des participants, le Forum National sur le livre et la lecture (FONALL) s’impose déjà comme un rendez-vous culturel majeur appelé à s’inscrire durablement dans le paysage littéraire de la République centrafricaine.

    QUELQUES IMAGES ICI

    Pauline M.N. ONGONO

  • FONALL 2026 à Bangui : Une conférence, mille maux, dix-mille solutions

    Le samedi 7 mars 2026, le paysage culturel de la République Centrafricaine a franchi un palier décisif. Dans l’enceinte du New Tech Institut à PK 4, carrefour stratégique de la modernité banguissoise, s’est tenue la première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL).

    Dans un pays où la tradition orale a longtemps primé, ce forum, placé sous le thème « Le livre, mémoire et gage de paix pour la RCA », a agi comme un catalyseur. Écrivains, éditeurs, diplomates et acteurs de la société civile se sont réunis autour d’un constat sans appel : après des décennies de crises, la littérature n’est plus un luxe, mais le socle de la reconstruction nationale.

    Un Panel d’Experts face aux Défis de la chaîne du Livre Centrafrique

    Sous la modération de Grâce à Dieu NZAPAOKO, la conférence a réuni des figures de proue dont les interventions ont tracé une véritable feuille de route pour la Renaissance culturelle centrafricaine.

    – Politique publique : Sortir du « Désert Documentaire » : Honoré DOUBA, poète et voix respectée des lettres centrafricaines, a posé un débat sur l’urgence d’une politique publique du livre. Rappelant que l’accès à la lecture reste encore trop centralisé dans la capitale, il a plaidé pour une décentralisation des ressources. Pour monsieur DOUBA, le livre doit cesser d’être le privilège d’une élite, pour devenir un service public, au même titre que l’éducation ou la santé, afin de structurer une véritable économie de l’édition locale capable de rivaliser avec les importations coûteuses.

    – L’écriture au féminin : De l’ombre à la lumière : il s’agissait ici, pour l’écrivaine et dramaturge Alexandrine LAO de porter une réflexion profonde sur la place de la femme. Dans le sillage de pionnières comme Yvonne Ndoumbe-Kotto, le besoin de souligner que la mémoire de la RCA s’écrit désormais au féminin reste essentiel. En outre, la mise en lumière du rôle thérapeutique de l’écriture – les récits des centrafricaines souvent axés sur la résilience et la médiation sociale, constituent des archives vivantes indispensables pour panser les traumatismes collectifs.

    – La révolution numérique : Pallier l’absence de bibliothèques : face à la carence structurelle en bibliothèques physiques et au coût élevé du papier, l’éditeur Landry OUOKO a présenté le numérique non pas comme une menace, mais comme une solution de rupture. En exploitant la pénétration croissante des smartphones, l’édition numérique et les plateformes de diffusion peuvent contourner les défis logistiques du transport en province. Son intervention a marqué les esprits par son pragmatisme : le livre de demain en RCA sera probablement hybride ou ne sera pas.

    – Jeunesse et transmission : Forger le citoyen de demain : Euphrem MOUSSA, fort de son leadership au sein des clubs de lecture (notamment à l’Ambassade des USA), a insisté sur la transmission. Il a rappelé que sans une jeunesse lectrice, le pays risque l’amnésie. Le club de lecture devient alors une solution, un espace de débat démocratique où le savoir se transmet horizontalement, préparant une génération de citoyens critiques et informés.

    Le FONALL : Un Tour de Force Fédérateur

    Pourquoi cet événement est-il historique ? Parce qu’il marque le détour majeur du livre dans l’agenda culturel centrafricain. En reliant la lecture au « gage de paix », le FONALL rappelle que le dialogue interculturel passe par le texte. Comme le souligne l’adage revisité pour l’occasion : « Un peuple qui lit est un peuple qui se souvient, et un peuple qui se souvient est un peuple qui ne répète pas les erreurs du passé. »

    Clôturée à 12h30, cette conférence et les solutions posées ne sont que la première pierre d’un édifice plus vaste. Le défi est désormais de transformer ces réflexions en actions concrètes : création de prix littéraires nationaux, soutien aux librairies de quartier, mise en place d’espaces de lecture, renforcement du dépôt légal… Le monde culturel centrafricain a prouvé, ce 7 mars, qu’il est prêt à reprendre la plume pour écrire son propre récit de paix.

    Pauline M.N. ONGONO

  • FONALL 2026 : la diaspora centrafricaine mobilisée autour du livre, de la mémoire et de la paix

    Les 6 et 7 mars 2026, la première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL) a rassemblé plusieurs acteurs majeurs du monde du livre et de la création culturelle centrafricaine. Initiée par l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC), cette rencontre a permis d’ouvrir un espace de réflexion inédit sur le rôle de la littérature dans la reconstruction intellectuelle et sociale du pays.

    Trois panels majeurs ont marqué ce forum, réunissant des écrivains, traducteurs, théologiens, artistes et slameurs issus de la diaspora centrafricaine et du continent africain. Les échanges ont exploré trois axes essentiels : la mémoire nationale, la contribution culturelle à la paix et la place de la lecture dans l’émancipation des femmes.

    La diaspora centrafricaine face au devoir de mémoire nationale

    Le premier panel, organisé le 6 mars à 10h (heure de Bangui), s’est penché sur la question cruciale de la mémoire collective. Intitulée « La diaspora centrafricaine face au devoir de mémoire nationale », cette rencontre a interrogé le rôle des intellectuels et créateurs vivant à l’étranger dans la conservation et la transmission de l’histoire nationale.
    Autour de la modératrice camerounaise Pauline M.N. Ongono, plusieurs figures de la diaspora ont pris la parole : Gaïus Ngbolo Sangoma, Eric Ngaibino, Adrianna Joly Djangha Yelomane Ndema et plusieurs participants intéressés par le sujet.

    Les discussions ont mis en lumière l’importance de la littérature comme espace de mémoire et de témoignage. Les intervenants ont souligné que l’écriture diasporique permet non seulement de préserver l’histoire nationale, mais aussi de porter la voix centrafricaine sur la scène internationale. Plusieurs panelistes ont insisté sur la nécessité de documenter les périodes sensibles de l’histoire du pays afin d’éviter l’oubli collectif.
    Pour ces intellectuels, la diaspora joue également un rôle de médiateur culturel : elle contribue à faire connaître la culture centrafricaine au-delà des frontières tout en participant à la reconstruction symbolique du pays.

    Contribuer à la paix depuis l’extérieur : l’écriture comme plaidoyer

    Le second échange, tenu le 7 mars à 18h (heure de Bangui), a abordé la question du rôle des créateurs dans les processus de paix. Sous le thème « Contribuer à la paix depuis l’extérieur : écriture, édition, plaidoyer culturel », ce panel était constitué de Boris Koyakonzikoli, Jaïrus J. Maka Yaligara, Théophore Sao Charaf, Zidane Elder Adriss et plusieurs autres participants, sous la modération de Pauline M.N. Ongono.

    Les intervenants ont analysé la manière dont les écrivains et acteurs culturels peuvent contribuer aux dynamiques de paix depuis la diaspora. Selon eux, la littérature possède un pouvoir symbolique majeur : elle peut dénoncer les violences, promouvoir le dialogue et nourrir une culture de la réconciliation, surtout si le sango, la langue nationale, est de mise dans l’écrit, l’apprentissage et la diffusion.

    La question de l’édition a également été au cœur des échanges. Les panelistes ont souligné l’importance de développer des structures éditoriales capables de porter les voix africaines et centrafricaines. Pour ces acteurs culturels, le livre reste un instrument puissant de sensibilisation et d’éducation civique.
    Enfin, plusieurs intervenants ont évoqué le rôle du plaidoyer culturel, estimant que les artistes et écrivains peuvent influencer les imaginaires collectifs et encourager une vision pacifiée de la société. L’union faisant la force, il serait temps d’unir ces différentes forces sans préjugés ni arrières pensées, avec un seul objectif, le développement de la République centrafricaine par la culture.

    Lecture et leadership féminin : former des femmes éclairées

    Le troisième panel, organisé le 7 mars à 11h (heure de RCA), s’est inscrit dans une perspective de promotion du leadership féminin. A travers le thème « Lecture et leadership féminin : former des générations de femmes éclairées », la place centrale de la lecture dans l’émancipation intellectuelle des femmes a été mise en avant.


    Autour du modérateur Ray Ndebi, les panelistes Sainte Heureuse Naomie Bengue Banguitoumba et Élodie Mbetid-Bessane, à la veille de la Journée Internationale de la Femme, ont partagé leurs expériences et leurs réflexions sur le pouvoir transformateur du livre.
    Les discussions ont souligné que la lecture et la culture en général constitue un levier essentiel d’autonomisation pour les femmes. Il suffit de leur offrir des outils intellectuels pour comprendre le monde, affirmer leur voix et exercer un leadership dans leurs communautés.
    Les intervenantes ont également insisté sur l’importance de promouvoir la lecture chez les jeunes filles dès le plus jeune âge, afin de construire une génération de femmes capables de participer pleinement au développement social et culturel du pays.


    Un forum porteur d’avenir pour la littérature centrafricaine

    Au-delà des débats, cette première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture a démontré la vitalité de la scène littéraire centrafricaine et la volonté de ses acteurs de contribuer activement aux dynamiques de paix, de mémoire et de transformation sociale.
    En réunissant des créateurs venus de plusieurs pays, du Cameroun à la France, du Sénégal à la Corée du Sud, de la Pologne au Burkina Faso, du Sénégal au Canada… le forum a illustré la force du réseau intellectuel centrafricain à travers le monde.

    Cette initiative ouvre ainsi une nouvelle page pour la promotion du livre en République centrafricaine, en affirmant une conviction forte partagée par tous les intervenants : la littérature n’est pas seulement un espace de création, elle est aussi un outil de conscience, de dialogue et de construction nationale.

    Pauline M.N. ONGONO




  • Contribuer à la paix depuis l’extérieur : écriture, édition, plaidoyer culturel : le FONALL de la diaspora centrafricaine se poursuit

    La première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL) s’annonce comme un moment fort de réflexion, de dialogue et d’engagement autour du rôle du livre dans la construction de la paix et de la mémoire collective.

    Dans un contexte où les voix intellectuelles et culturelles jouent un rôle déterminant dans la transformation des sociétés, le FONALL ouvre un espace de discussion inédit autour d’un panel international réunissant des acteurs de la diaspora centrafricaine.

    « Contribuer à la paix depuis l’extérieur : écriture, édition, plaidoyer culturel » met en lumière une question essentielle : comment les Centrafricains vivant à l’étranger peuvent-ils participer à la construction de la paix et au développement culturel de leur pays d’origine ?

    En effet, à travers l’écriture, les intellectuels de la diaspora peuvent raconter l’histoire, documenter les réalités sociales et préserver la mémoire collective.
    Par l’édition, ils participent à la diffusion des idées, des savoirs et des œuvres littéraires qui nourrissent la réflexion et la conscience citoyenne.
    Enfin, par le plaidoyer culturel, ils deviennent des ambassadeurs de la culture centrafricaine sur la scène internationale, contribuant ainsi à changer les narratifs et à promouvoir une image plus riche et plus complexe du pays.

    Dans un monde interconnecté, la diaspora ne représente plus seulement une communauté éloignée du territoire national : elle constitue une force intellectuelle, culturelle et stratégique capable d’influencer les dynamiques sociales et politiques.
    Pour explorer ces enjeux, plusieurs écrivains et acteurs culturels de la diaspora prendront part à ce panel :
    – Boris Koyakonzikoli – Traducteur, intervenant depuis la France
    – Jaïrus J. Maka Yaligara – Écrivain, intervenant depuis le Cameroun
    – Théophore Sao Charaf – Écrivain, intervenant depuis le Burkina Faso
    – Jean Romario Malot – Écrivain, intervenant depuis le Cameroun
    – Zidane Elder Adriss – Écrivain, intervenant depuis la Pologne
    La discussion sera modérée par Pauline M. N. ONGONO, présidente de l’ACOLITT, qui accompagnera les échanges autour des expériences, des engagements et des perspectives des écrivains de la diaspora, ce samedi 07 mars 2026, de 18h à 20h (heure de Bangui)

    Ce panel sera l’occasion de réfléchir collectivement à plusieurs questions majeures :
    – Quel rôle peut jouer la diaspora intellectuelle dans la reconstruction symbolique et culturelle de la République centrafricaine ?
    – Comment l’écriture peut-elle devenir un instrument de paix et de mémoire ?
    – De quelle manière les écrivains vivant à l’étranger peuvent-ils soutenir l’édition et la circulation du livre centrafricain ?
    – Comment transformer la diaspora en véritable réseau d’influence culturelle et littéraire ?

    À travers ce dialogue, le FONALL 2026 affirme sa volonté de connecter les voix de l’intérieur et celles de l’extérieur pour construire un avenir où la littérature, la pensée et la culture deviennent des instruments de paix durable.

    Le livre n’est pas seulement un objet culturel : il est une mémoire, une conscience et parfois même un acte de résistance.


    Le FONALL 2026 vous invite donc ce jour encore à prendre part à cette réflexion essentielle pour l’avenir culturel et intellectuel de la République centrafricaine ainsi qu’à d’autres échanges en présentiel. Quelques-unes :

    Pauline M.N. ONGONO

  • Zoom sur l’édition 1 du FONALL – Avec Bienvenu Juvenal ROUHEDA YASSARA, président de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC)

    Bienvenu Juvenal ROUHEDA YASSARA, vous êtes le président de l’AJEC et donc une figure importante de l’organisation du FONALL. Qu’est-ce qui a motivé l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC) à organiser le Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL) ?

    Ce qui nous a motivés, c’est d’abord un constat : en République centrafricaine, le livre existe, les talents existent, mais il manque un véritable cadre national de rencontre, de réflexion et de valorisation. En tant que jeune écrivain et membre engagé de l’AJEC, j’ai estimé qu’il était temps de créer un espace structuré où auteurs, lecteurs, enseignants, élèves, décideurs et partenaires puissent dialoguer autour du livre. Le FONALL est né d’une volonté de redonner au livre sa place centrale dans la construction intellectuelle, morale et citoyenne de notre pays.Pourquoi avoir choisi comme thème de cette première édition : « Le livre, mémoire et gage de paix pour la République centrafricaine » ?
    Notre pays a traversé des crises profondes. Dans ce contexte, nous avons voulu rappeler que le livre n’est pas un simple objet culturel : il est mémoire collective, outil de transmission, et instrument de reconstruction. Le livre conserve notre histoire, nos valeurs, nos blessures et nos espoirs. En ce sens, il devient un gage de paix, car une société qui lit est une société qui réfléchit, dialogue et évite la violence. Ce thème traduit donc une vision : faire du livre un acteur du vivre-ensemble.

    Pourquoi avoir choisi comme thème de cette première édition : « Le livre, mémoire et gage de paix pour la République centrafricaine » ?

    Notre pays a traversé des crises profondes. Dans ce contexte, nous avons voulu rappeler que le livre n’est pas un simple objet culturel : il est mémoire collective, outil de transmission, et instrument de reconstruction. Le livre conserve notre histoire, nos valeurs, nos blessures et nos espoirs. En ce sens, il devient un gage de paix, car une société qui lit est une société qui réfléchit, dialogue et évite la violence. Ce thème traduit donc une vision : faire du livre un acteur du vivre-ensemble.

    Cette initiative s’inscrit-elle dans une stratégie à long terme de l’AJEC pour la promotion du livre et de la lecture ?

    Absolument. Le FONALL n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans une stratégie durable de promotion de la lecture, d’accompagnement des jeunes auteurs et de plaidoyer en faveur d’une politique nationale du livre. Notre ambition est de faire de ce forum un rendez-vous annuel, structurant et évolutif.

    Quels sont les principaux objectifs visés par cette édition 2026 du FONALL ?

    Les objectifs sont multiples : promouvoir la lecture auprès des jeunes, valoriser les écrivains centrafricains, encourager l’édition locale, stimuler le débat sur les politiques publiques du livre et créer des ponts entre les acteurs culturels. Nous voulons également susciter des vocations et renforcer la chaîne du livre dans notre pays.

    À quels publics s’adresse prioritairement ce Forum ?

    Le FONALL s’adresse prioritairement à la jeunesse, car elle représente l’avenir intellectuel du pays. Mais il concerne aussi les écrivains, les enseignants, les chercheurs, les décideurs publics, les partenaires culturels et les membres de la diaspora. Nous avons voulu un événement inclusif, intergénérationnel et transversal.

    Peut-on parler d’un tournant dans la politique de promotion de la lecture en Centrafrique ?

    Je pense que oui, dans la mesure où le FONALL pose publiquement la question du livre comme enjeu national. Si cette dynamique est soutenue par les autorités et les partenaires, elle peut marquer un tournant décisif vers une véritable structuration du secteur.

    Quelle place occupe chaque volet du programme dans la dynamique globale du Forum ?

    Les conférences apportent la réflexion académique et stratégique. Les débats favorisent l’échange d’idées. Les expositions et dédicaces valorisent concrètement les auteurs. Les animations et concours mobilisent la jeunesse et rendent l’événement vivant. Chaque volet joue un rôle complémentaire : réfléchir, célébrer, transmettre et inspirer.

    Pourquoi avoir retenu ces axes thématiques pour la conférence du 07 mars 2026 ?

    Nous avons choisi ces axes parce qu’ils couvrent les enjeux essentiels du secteur, en Centrafrique La question des politiques publiques est fondamentale pour l’accès au livre. La place de la femme dans la littérature centrafricaine mérite d’être valorisée. Le numérique transforme profondément les modes de lecture. Enfin, la jeunesse reste au cœur de la transmission du savoir. Ces axes traduisent une vision globale et actuelle.

    Quel message souhaitez-vous faire passer aux autorités publiques ?

    Nous souhaitons leur dire que le livre doit devenir une priorité nationale. Investir dans la lecture, c’est investir dans la paix, l’éducation et le développement durable. Nous appelons à la mise en place de politiques concrètes en faveur des bibliothèques, de l’édition et de l’accès au livre pour tous.

    Sur quels critères avez-vous sélectionné les intervenants ?

    Nous avons privilégié la compétence, l’expérience, l’engagement pour la culture et la diversité des profils. Nous avons voulu réunir des figures représentatives du paysage littéraire centrafricain, qu’elles soient résidentes ou issues de la diaspora, afin d’enrichir les échanges.

    Que représente la présence de Portia Deya-Abazene ?

    La présence de Portia Deya-Abazene en tant que marraine est un symbole fort. Elle incarne l’excellence, l’engagement et la réussite. Pour l’AJEC et pour la jeunesse littéraire, c’est un encouragement et une source d’inspiration. Sa présence confère à l’événement une dimension institutionnelle et morale importante.

    On constate aussi une belle palette de partenaires…

    Ces partenariats sont réellement essentiels. Ils témoignent de la confiance accordée au projet et permettent d’élargir son impact. Sans collaboration institutionnelle et médiatique, un événement d’envergure nationale ou même internationale ne peut atteindre ses objectifs.

    Quelles sont les principales difficultés rencontrées au cours de cette première édition ?

    Les défis sont d’ordre financier, logistique et organisationnel. Mobiliser les ressources, coordonner les intervenants, assurer la communication et garantir une forte participation représentent un travail considérable. Mais ces défis renforcent notre détermination.

    Le choix du New Tech Institut à Bangui est-il symbolique ou stratégique ?

    Le choix du New Tech Institut est à la fois symbolique et stratégique. Symbolique, parce qu’il représente un espace de savoir et de modernité. Stratégique, parce qu’il offre un cadre adapté à la tenue d’un événement de cette envergure à Bangui.

    Quel impact concret espérez-vous à l’issue de ces deux journées (06 et 07 mars 2026) ?

    À l’issue de ces deux journées, j’espère d’abord un impact immédiat sur les consciences : que le livre redevienne un sujet central de discussion nationale. Je souhaite voir naître un véritable engouement pour la lecture chez les jeunes, une plus grande visibilité pour les auteurs centrafricains et une prise de conscience des décideurs publics quant à l’importance stratégique du secteur du livre. Concrètement, si des engagements sont pris, si des partenariats se renforcent et si des initiatives locales émergent après ce Forum, alors nous pourrons parler d’un impact réel et mesurable.

    Peut-on envisager la pérennisation du FONALL comme rendez-vous annuel ?

    Oui, c’est clairement notre ambition. Le Forum National sur le Livre et la Lecture ne doit pas être une initiative ponctuelle, mais un rendez-vous annuel structurant pour le paysage culturel centrafricain. Nous voulons qu’il devienne une plateforme permanente de dialogue, d’évaluation et de propositions, capable d’accompagner l’évolution des politiques du livre et de la lecture en République centrafricaine.

    Existe-t-il un mécanisme de suivi des recommandations qui sortiront des travaux ?

    Nous prévoyons d’élaborer un rapport général des travaux, qui compilera les recommandations issues des conférences et débats. Ce document sera transmis aux autorités compétentes, aux partenaires et aux acteurs culturels concernés. Au sein de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains, nous mettrons en place un comité de suivi chargé d’assurer la continuité des réflexions et de veiller à ce que les recommandations ne restent pas lettre morte. L’objectif est d’inscrire le Forum dans une dynamique d’action et non seulement de discours.

    Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse centrafricaine à travers le FONALL ?

    À la jeunesse centrafricaine, je veux dire que le livre est une force. Il est un outil d’émancipation, de liberté intellectuelle et de transformation sociale. Lire, c’est élargir son horizon, comprendre le monde et mieux se comprendre soi-même. J’invite chaque jeune à faire du livre un compagnon quotidien, à écrire, à penser, à questionner. Notre pays a besoin d’une jeunesse instruite, critique et créative. Le FONALL est aussi un appel : prenez la parole, prenez la plume, prenez votre place dans l’histoire de notre nation.

    Merci à ACOLITT pour ces questions pertinentes et pour l’intérêt porté à cette initiative.

    Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO




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