Catégorie : Lecture

  • Du droit aux livres : l’engagement sans frontières de Jean Klein au Cameroun

    Entre découverte de soi et immersion culturelle, Jean Klein, jeune volontaire français en service civique, livre un témoignage sincère sur son expérience au sein du CLIIC au Cameroun. De l’animation d’ateliers de lecture à la rencontre avec des enfants et des acteurs du livre, son parcours éclaire les enjeux de l’accès à la culture et de la solidarité internationale, tout en révélant la puissance des livres comme passerelles entre les mondes.

    Avant de venir au Cameroun, je pensais que l’accès à la lecture et à la culture était limité mais quand même un peu développé.


    Pouvez-vous vous présenter auprès de nos lecteurs ? Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager en service civique, et pourquoi avoir choisi spécifiquement le CLIIC (Centre de Lecture, d’Initiation et d’Intégration à la Culture) pour cette expérience ?

    Je m’appelle Jean KLEIN, j’ai 21 ans, je suis Français originaire de Lille dans le nord de la France. Je suis étudiant en Droit à Paris et j’ai fini ma Licence l’année dernière. Cette année, j’ai rejoint l’association le CLIIC en tant que volontaire du service civique.
    Rejoindre une mission humanitaire était une idée qui me plaisait depuis un certain temps et je trouvais parfait de prendre une année entre ma Licence et mon Master pour réaliser une mission comme celle-ci. Je voulais réaliser quelque chose de concret dans un environnement nouveau et changer de quotidien. Ainsi je me suis tourné vers le service civique qui propose différentes missions à caractère humanitaire sur une plateforme dédiée. C’est ainsi que plusieurs offres m’ont intéressées mais quand je suis tombé sur celle du CLIIC au Cameroun, je savais que c’était vers cette mission que je voulais m’orienter. Le but de l’association résonnait avec ce qui me plaisait et le Cameroun fait partie de la région d’Afrique subsaharienne vers laquelle je souhaitais évoluer.


    Avant votre arrivée, quelle perception aviez-vous de l’accès à la lecture et à la culture en Afrique, et comment cette perception a-t-elle évolué sur le terrain ?

    Mes connaissances sur l’histoire de l’Afrique et de la culture des différents pays étaient assez sommaires. Je ne connaissais que l’histoire des pays sous le prisme du colonialisme. Je n’avais aucune idée de la richesse culturelle au Cameroun ni de la variété des peuples présents. Concernant la littérature, mes connaissances étaient quasi-nulles, je ne connaissais rien, pas le mouvement de la négritude, pas les grands noms africains ni les grands noms camerounais. Avant de venir au Cameroun, je pensais que l’accès à la lecture et à la culture était limité mais quand même un peu développé. Je m’attendais à ce qu’il y ait des musées dans les villes, des sites touristiques mais je ne m’étais pas posé la question pour les bibliothèques ou pour l’accès aux livres.
    Ma perception de cet accès à la culture et à la lecture s’est surtout développée lorsque je suis arrivé sur le terrain. J’ai ainsi pu découvrir la richesse culturelle qu’avait à offrir le Cameroun grâce aux membres du CLIIC. J’ai pu participer à des rendez-vous littéraires, assister ou organiser des séances de dédicaces, rencontre des auteurs, des poètes, de grands noms du monde littéraire camerounais et travailler sur ceux qui les ont précédés. Je me suis rendu également compte que par rapport à des pays voisins, le Cameroun manquait de moyen au niveau de la culture et donc qu’il y a à mon goût un manque de bibliothèques municipales dans les villes. Cependant, après cette première impression je me suis également rendu compte que de nombreuses écoles disposaient d’espaces dédiés aux livres. Ainsi ma perception s’est construite sur le début de ma mission et a évolué tout au long de celle-ci.


    Pouvez-vous nous décrire vos principales missions au sein du CLIIC et votre rôle concret auprès des bénéficiaires ?

    Au sein du CLIIC, ma mission se divise sur deux axes. Le premier est l’animation d’ateliers de lecture dans les écoles afin de sensibiliser les enfants à la lecture. Ceux-ci consistent dans la majorité des cas à faire lire une histoire aux enfants afin que ceux-ci s’entrainent à la lecture à haute voix pour gagner en aisance à l’oral et par la même occasion faire découvrir de nouvelles histoires aux plus jeunes. Dans certains cas, nous agrémentons ces ateliers de lecture avec des ateliers d’écriture et d’initiation à l’informatique. Le deuxième axe de ma mission consiste à participer à l’organisation d’évènements autour de la littérature comme des dédicaces ou un évènement littéraire organisé par nous-mêmes intitulé « Univers Littéraire ».
    Mon rôle au sein du CLIIC est donc surtout d’assister sur l’organisation d’évènements littéraires que nous souhaitons mettre en place. Je m’occupe également de la préparation des ateliers de lecture dans les différentes écoles auxquelles nous nous rendons. J’ai également eu la chance d’organiser, avec Benjamin MAFFRE, ancien bénévole au sein du CLIIC, une activité coordonnée à Foumban et de travailler sur un projet porté par le CLIIC nommé « Le Kontineng littéraire ».


    Le slogan « Des livres pour tous, des ponts pour le monde », prend-il un sens particulier dans votre expérience personnelle ?

    Dans mon parcours personnel, le livre a toujours occupé une place importante. C’est de savoir que le CLIIC travaillait à la démocratisation du livre au Cameroun qui m’a d’abord motivé à venir. Cependant, mon expérience en littérature africaine et plus particulièrement camerounaise était proche du néant. C’est durant tout mon séjour que j’ai pu découvrir des auteurs, des courants littéraires et de nombreux livres qui m’étaient inconnus jusqu’alors.
    Ces livres et ces auteurs, je n’aurais jamais pu les rencontrer si je n’étais pas venu au Cameroun faire ma mission de service civique. Donc je pense que le slogan « des livres pour tous, des ponts pour le monde » est particulièrement pertinent. Il existe des livres pour tout âge et pour tout public dont la variété est égale à la variété de cultures dans le monde. Découvrir ces livres d’horizons différents est la porte d’entrée vers l’interculturalité. On peut lire de la littérature étrangère depuis chez soi et découvrir une nouvelle fenêtre sur le monde. Ensuite, je trouve que le voyage et la vie au cœur des cultures est le meilleur moyen de construire des ponts entre les cultures. Les livres en sont la fondation.


    Quels ont été vos premiers chocs culturels ou vos premières surprises en arrivant sur le terrain ?

    L’arrivée au Cameroun a été marquée dès la descente de l’avion : un ressenti de la chaleur environnante qui frappe en premier. Pour un Français comme moi, des chaleurs estivales tout au long de l’année, c’est assez inhabituel mais assez plaisant. Plus sérieusement, la vie dans la ville de Yaoundé dans laquelle j’ai le plus évolué est ce qui a marqué le plus gros choc culturel pour moi : l’effervescence dans les rues, les taxis, les motos, les passants… L’animation autour du petit marché d’Odza, lequel ne se situe non loin de là où j’habite, est un parfait exemple de cela.
    Ensuite, les chocs culturels se ressentent sur la manière dont les gens se perçoivent. L’hospitalité, la familiarité, la manière dont on appelle les gens qu’on ne connait pas, tout cela est assez déstabilisant pour un Français qui vient d’arriver. Je me rappelle qu’à mes débuts, c’était toujours étonnant de voir qu’on pouvait entrer chez des gens comme ça et que ceux-ci vous servent volontiers à boire et à manger.


    Travailler avec des enfants issus de milieux parfois précaires demande une grande capacité d’adaptation. Quels défis humains ou émotionnels avez-vous rencontrés ?

    Mon travail au sein du CLIIC est marqué par des passages dans des zones plus défavorisées lorsque nous nous déplaçons dans les écoles dans les milieux ruraux. C’est dans ces zones que nous voyons les milieux les plus précaires. C’est sûr que découvrir ces zones auxquels nous ne sommes pas habitués en France demande une grande capacité d’adaptation et peuvent causer un choc au début. Mais je n’ai jamais eu de défis émotionnels à surmonter lorsque j’étais dans ces zones. Déjà, l’hospitalité des populations dans ces zones est tellement forte qu’on se sent à l’aise au milieu d’elles. Ensuite, partir dans une région plus pauvre fait toujours se poser des interrogations sur comment les populations plus défavorisées vivent. Ainsi, lorsqu’on pense avoir des difficultés à se demander comment on va devoir s’adapter, voir ces gens tellement joyeux et accueillants rend le fait de partager le quotidien pour une courte durée avec eux assez simple, au final. De plus, lorsqu’avec le CLIIC on mène des actions durables pour venir en aide aux enfants de ces villages, voir leur joie efface toutes les questions d’adaptation qui trainent dans notre tête.


    Avez-vous une anecdote ou un moment marquant vécu avec les enfants ou les équipes du CLIIC qui illustre l’impact de votre mission ?

    Ma réponse sera en deux temps. Je vais partager une anecdote sur ma vie au sein du CLIIC et une anecdote sur mon expérience personnelle au Cameroun. Premièrement, les moments les plus marquant vécus avec le CLIIC sont ceux avec les enfants qui sont les moins favorisés et auxquels on essaie de venir en aide. Ainsi, en février 2026, lorsque nous avons organisé un don de chaises et de tables dans l’école maternelle de Nkolbogo près de Sa’a, voir le sourire sur le visage des maitresses et des enfants m’a rempli de joie. Cela a été accentué par le fait que nous étions venus une première fois dans ce village en novembre 2025 et que nous avions constatés le manque de ressources scolaires.
    Deuxièmement, sur le plan personnel : la spontanéité et l’hospitalité des Camerounais. Ce qui me fait toujours sourire lorsque je pense à la société camerounaise, c’est leur goût partagé pour la même musique, leur capacité de boire du vin de palme toute la journée (surtout dans les villages). J’ai toujours eu la chance de rencontrer des Camerounais très accueillants et chaque rencontre sera gravée dans ma tête.

    En quoi cette expérience a-t-elle transformé votre regard sur l’éducation, la solidarité internationale ou votre propre parcours de vie ?

    Cette expérience m’a transformé et je m’y attendais un peu, car une expérience comme celle-ci ne peut se passer sans qu’il n’y ait aucune conséquence. Je suis fier de la manière dont elle m’a transformé. J’ai beaucoup appris sur le relationnel, l’évènementiel ; j’ai développé des compétences que je n’avais pas jusqu’à maintenant.
    Je suis étudiant en droit mais l’éducation est un domaine qui m’intéresse également. Avoir passé six mois au Cameroun où mon activité principale se passait avec des enfants dans des écoles a développé mon envie d’évoluer dans le milieu de l’éducation. Je suis et je reste attaché au droit mais je sais que si cela n’aboutit pas, je souhaiterai m’orienter vers les métiers de l’école, notamment dans le secondaire, et c’est grâce à cette mission de service civique que ma pensée a évolué.
    J’ai toujours pensé que le meilleur moyen de s’intéresser davantage à la solidarité internationale et de la faire évoluer dans notre esprit était de s’intéresser aux cultures étrangères et que le meilleur moyen pour faire cela était le voyage. Après un « voyage » de six mois, je peux confirmer que vivre au milieu des populations étrangères et vivre leur quotidien est le meilleur moyen de combattre les clichés et de construire un monde plus solidaire.

    Comment percevez-vous l’impact des actions du CLIIC, notamment en matière de lecture et d’initiation au numérique, auprès des jeunes ?

    Je pense que les actions du CLIIC ont du poids. Comme d’autres acteurs du livre au Cameroun, nous organisons des événements littéraires autour des plumes du Cameroun et cherchons à rapprocher le lectorat des auteurs camerounais, mais notre impact durable réside dans nos actions dans les écoles, je pense. C’est dans le regard des élèves, des professeurs et des équipes pédagogiques qu’on comprend que nos actions ont du poids. Les enfants sont toujours emplis de joie lorsqu’ils nous voient et c’est quand on leur pose des questions pour savoir s’ils aiment lire ou s’ils développent le goût de la lecture grâce à nous, qu’on se rend compte que nous ne faisons pas ça pour rien. De plus, dans les villages où les jeunes sont plus défavorisés vis-à-vis de la technologie, on se rend compte que les enfants découvrent, pour la majorité d’entre eux, le fonctionnement d’un ordinateur. Et savoir que sans nous, ils n’auraient pas accès à cela, montre que ce que nous faisons a du poids.
    De plus, le CLIIC a un impact fort du fait de sa versatilité. Nous nous déplaçons beaucoup, on est donc capable de toucher beaucoup de jeunes d’horizons divers. Rien que depuis le début de l’année, nous avons pu nous rendre dans quatre régions différentes du Cameroun. Cela permet d’avoir un impact à l’échelle nationale. Parallèlement, sur le plan personnel, cela me permet de beaucoup voyager dans le Cameroun et de découvrir de nouveaux endroits.

    Six mois après votre arrivée au Cameroun et plus précisément au CLIIC, quel message adresseriez-vous à d’autres jeunes Français qui hésitent à s’engager en service civique à l’international, et que retenez-vous personnellement de cette aventure au sein du CLIIC ?

    Après six mois passé au Cameroun en tant que volontaire du service civique, je dis à tous ceux qui souhaiteraient ou qui hésiteraient à faire une mission humanitaire à l’étranger en tant que volontaire : Vous ne devez pas hésiter, si ça vous intéresse, foncez ! Cette expérience a été riche sur tellement de niveaux… J’ai beaucoup appris sur moi-même, sur les autres, sur comment d’autres sociétés peuvent fonctionner, sur la nature humaine… J’ai fait de très belles rencontres, rencontrer des gens que je n’aurais jamais pu rencontrer ailleurs. Je repars en France des souvenirs plein la tête.
    Cependant, je pense qu’il faut avoir le bon état d’esprit pour mener ce genre de missions. Quitter son chez-soi et sortir de sa zone de confort n’est pas facile et il faut une grande capacité d’adaptation pour partir vivre 6 mois ou plus dans un pays qu’on ne connait pas, avec une culture à laquelle on n’est pas habitué. Avant de se dire qu’on veut mener ce genre de mission, il faut bien réfléchir à si on se sent mentalement prêt. Mais si vous pensez que ça va aller, n’hésitez pas, car c’est une superbe expérience.

    Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO




  • Cadences de mon être : un recueil poétique entre la lucidité et l’espérance de Sarah Florence Egypte

    La littérature camerounaise accueille une nouvelle voix prometteuse avec la parution de Cadences de mon être, deuxième ouvrage de la jeune auteure Sarah Florence Égypte, âgée de seulement 17 ans. Publié en mars 2026 aux Éditions Ifrikiya, ce recueil de poésie rassemble vingt-neuf (29) textes qui explorent les émotions humaines, les blessures intérieures et la quête d’un monde plus apaisé.

    À travers une écriture simple mais expressive, la jeune poétesse invite le lecteur à entrer dans l’univers sensible de son âme, où les mots deviennent les témoins d’une génération attentive aux réalités humaines et sociales.

    Une jeune plume déjà affirmée

    Avec Cadences de mon être, Sarah Florence Égypte confirme une vocation littéraire précoce, après la publication de Premiers pas, son premier recueil de poèmes, en 2023.

    Dans l’introduction du livre, l’auteure prévient : ce nouveau recueil représente une étape importante dans son parcours créatif. Si son premier ouvrage posait les bases de sa plume, Cadences de mon être cherche à explorer plus profondément les nuances de ses émotions et de sa perception du monde. Une démarche qui témoigne d’une maturité littéraire remarquable pour une auteure de son âge.

    Une poésie qui questionne le monde

    La première partie du recueil, intitulée « Réalité du monde », propose une réflexion sur les contradictions et les dérives de la société contemporaine. La poétesse y exprime un regard lucide sur la fragilité des relations humaines et la perte des repères moraux.
    Elle interroge avec inquiétude l’évolution des valeurs :

    « Amour est devenu haine
    Amitié trahison
    Vérité mensonge
    Mais où va le monde ?… » (p.13)

    Ces vers traduisent une sensibilité attentive aux injustices et aux tensions qui traversent la société. La poésie devient alors son espace d’interrogation et de prise de parole face aux contradictions du monde.

    Entre blessures et introspection

    Plusieurs textes du recueil explorent les sentiments de solitude, de trahison et de désillusion. Dans des poèmes comme « Abîme », « Cadenas » ou « Ma solitude », on est face à la douleur causée par les ruptures affectives et les déceptions humaines.
    Cette dimension introspective donne au livre une grande intensité émotionnelle. Les mots deviennent une manière de transformer les blessures en parole et de donner un sens aux expériences de la vie.
    À travers ces textes, Sarah Florence Égypte montre que la poésie peut être un espace de libération intérieure où l’on ose dire ce qui reste souvent silencieux.

    La mémoire et les liens affectifs

    Au fil des pages, le recueil accorde également une place importante aux souvenirs. Il évoque les amis, les proches ou les figures marquantes du passé.
    Des textes comme « Je me souviens de toi », « Joséphine » ou « Flashback » témoignent de l’importance de la mémoire dans la construction de l’identité. Les souvenirs, ici, sont sans conteste un refuge face aux absences et aux distances. Une plage qui offre une dimension nostalgique au livre ;  une chaleur humaine qui équilibre les passages plus sombres.

    Une poésie tournée vers l’espérance

    Si la première partie du recueil est marquée par la douleur et la désillusion, la seconde partie intitulée « Ivresse » ouvre progressivement une perspective plus lumineuse.
    Notre jeune poétesse y célèbre les valeurs de paix, d’amour et de solidarité. Dans le poème « Le bien », elle invite à cultiver des attitudes positives capables de transformer la société :

    « Plante la paix
    Ne plante pas la haine
    Mais plutôt l’espoir et le triomphe » (p.53)

    Cette orientation humaniste donne à Cadences de mon être une dimension morale et engagée, prouvant que la poésie peut aussi être un appel à la responsabilité collective.

    Une écriture accessible, sincère et expressive

    Le style de Sarah Florence Égypte est d’une grande simplicité et d’une belle sobriété. Les vers sont courts, parfois fragmentés, ce qui crée un rythme proche de la parole spontanée.
    Cette simplicité stylistique permet de mettre en exergue l’intensité émotionnelle des textes. Les images, elles aussi, sont directes et accessibles ; pas question ici de dire de la poésie qu’elle est hermétique. Les répétitions, les énumérations et les phrases brèves contribuent à créer une musicalité particulière qui correspond à l’idée de « cadence » évoquée dans le titre du recueil. Par tout ceci, Sarah Florence Égypte permet aux lecteurs de se reconnaître facilement dans les sentiments offerts dans ce recueil.

    Avec Cadences de mon être, Sarah Florence Égypte s’impose comme l’une des jeunes plumes à suivre dans le paysage littéraire camerounais et même au-delà. Malgré son âge, elle propose une poésie sensible et engagée qui interroge les réalités humaines tout en ouvrant des perspectives d’espérance.
    À travers ses mots, la jeune actrice rappelle que la poésie reste un espace privilégié pour dire les blessures du monde, mais aussi pour imaginer des chemins de paix et de réconciliation. Sarah Florence Égypte confirme sa volonté de s’inscrire durablement dans le paysage littéraire camerounais. Par son écriture, à la fois sincère et introspective, par ses témoignages d’une sensibilité attentive aux réalités humaines et sociales, elle pose une pierre bien fixe à l’édifice « Littérature ». Ce recueil apparaît ainsi comme une traversée poétique de l’âme humaine, où les mots deviennent à la fois un exutoire et un chemin vers la reconstruction.

    Cadences de mon être bénéficie de la collaboration de l’artiste plasticien Egli Prince, auteur des illustrations qui accompagnent les textes. Cette rencontre entre poésie et arts visuels enrichit l’expérience de lecture et donne au livre une dimension esthétique supplémentaire.

    Dans un contexte où la jeunesse cherche souvent des moyens d’exprimer ses émotions et ses aspirations, Cadences de mon être apparaît comme un témoignage poétique sincère, porté par une voix qui ne demande qu’à grandir.

    Pauline M.N. ONGONO




  • Expérience de lecture : Impasses amoureuses de Iya Boyo (Camerounaise)

    Dans son roman Impasses amoureuses, Iya Boyo explore avec finesse les complexités du sentiment amoureux. À travers une écriture sensible et introspective, elle plonge le lecteur dans les méandres des relations humaines, là où la passion se heurte aux réalités, aux blessures intérieures et aux contradictions de l’existence.

    Loin d’être une simple histoire d’amour, Impasses amoureuses se présente comme une radiographie émotionnelle du couple moderne. Il met en lumière ces moments de doute, ces carrefours existentiels où l’on se demande s’il faut continuer, s’arrêter ou se réinventer.
    Les personnages évoluent dans un univers où l’amour n’est ni idéalisé ni caricaturé. Il est vivant, fragile, parfois exaltant, parfois douloureux. L’auteure montre que l’impasse n’est pas nécessairement une fin, mais peut devenir un espace de réflexion, voire de transformation.

    Iya Boyo signe un texte profondément humain. Son écriture, à la fois fluide et analytique, laisse transparaître une grande sensibilité psychologique. Elle s’intéresse moins aux grands rebondissements qu’aux mouvements intérieurs : les silences, les hésitations, les blessures invisibles.
    À travers ses personnages, elle interroge :
    Qu’est-ce que l’amour véritable ?
    Peut-on aimer sans se perdre ?
    Jusqu’où peut-on aller pour sauver une relation ?
    Son approche dépasse la simple fiction : elle invite à une réflexion personnelle. Chaque lecteur peut s’y reconnaître, se questionner et, peut-être, y trouver des réponses.

    La couverture du roman attire immédiatement l’attention. Sur un fond rouge intense se détache une silhouette sombre, de dos, surmontée d’un point d’interrogation blanc au niveau de la tête. Ce visuel fort n’est pas anodin !
    Le rouge évoque la passion, l’amour ardent, mais aussi le danger et le conflit. Il rappelle que les sentiments amoureux peuvent brûler autant qu’ils réchauffent.
    La silhouette noire, anonyme, symbolise l’universalité de l’expérience : chacun peut se retrouver dans cette figure. Elle représente l’individu face à ses propres interrogations. Le point d’interrogation, placé à l’endroit du cerveau, souligne que l’impasse amoureuse est avant tout un combat intérieur. C’est l’esprit qui doute, qui analyse, qui hésite.
    La posture du personnage, les mains posées sur les hanches, suggère une confrontation : confrontation avec soi-même, avec l’autre, avec ses choix. La couverture de Impasses amoureuses devient ainsi une porte d’entrée psychologique dans l’univers du roman.

    Dans un monde où les relations semblent de plus en plus fragiles, Impasses amoureuses résonne comme un miroir de notre époque. Entre pressions sociales, attentes irréalistes et quête d’épanouissement personnel, l’amour est mis à rude épreuve.
    Iya Boyo ne moralise pas. Elle observe, analyse et raconte. Son roman ouvre un espace de dialogue sur la fidélité, l’engagement, la peur de l’abandon et la difficulté de concilier passion et responsabilité.

    Avec Impasses amoureuses, Iya Boyo affirme une voix littéraire singulière, marquée par la profondeur émotionnelle et la finesse d’analyse. Elle démontre que l’amour, loin d’être un thème banal, demeure un territoire complexe et inépuisable.
    Ce roman s’adresse à tous ceux qui ont déjà aimé, douté, espéré ou souffert. À ceux qui se sont retrouvés à un carrefour sentimental, cherchant une issue à une impasse. Car au fond, comme semble nous le rappeler Iya Boyo, une impasse n’est peut-être pas une fin… mais le début d’une prise de conscience.

    Pauline M.N. ONGONO


    – LIENS POUR TÉLÉCHARGER LE LIVRE NUMÉRIQUE (EBOOK)

    FNAC
    https://www.fnac.com/ia12257650/Iya-BOYO

    https://www.fnac.pt/mp26551457/Impasses-Amoureuses

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    AUTRES :
    Taper sur internet « Impasses amoureuses Iya Boyo »


  • Expérience de lecture : BRIGADE 14 : JUDAS de Lois Irene NWAHA, Camerounaise

    BRIGADE 14 : JUDAS est un roman policier contemporain de 368 pages qui plonge le lecteur au cœur d’une enquête criminelle intense dans le Cameroun urbain. Publié aux éditions Tila Africa en février 2025, l’ouvrage mêle réalisme social, suspense procédural et drames familiaux.

    Lire ce roman est une expérience immersive et parfois déstabilisante. L’écriture de Lois Irene NWAHA est viscérale, notamment dans la description clinique et crue du meurtre. Le lecteur est immédiatement happé par le rythme haletant des premières pages.

    Le « Judas » : L’ombre de la trahison… Le titre n’est pas fortuit ! Dès l’exergue citant l’Évangile selon Matthieu (16:15-16), l’autrice prévient : quelqu’un a livré la famille.

    Le jour du meurtre… Un anniversaire de mariage au goût de sang. Un décor idyllique… Le Dr Charles Siewe, cardiologue dont la réputation n’est plus à faire, reçoit ses proches pour fêter ses trente ans d’union avec Hélène, surnommée affectueusement Ma’a Hé. Mais la fête prend fin brusquement lorsqu’un commando de trois hommes, décrits comme nerveux et imprévisibles, a forcé l’entrée de la résidence.

    Les témoignages recueillis sur place dépeignent une scène d’une brutalité froide. Malgré la coopération du médecin, qui a livré sans résistance la somme de cinq millions de francs CFA dissimulée dans son coffre, l’irréparable a été commis. Dans un ultime geste de défi, Hélène Siewe crache au visage de l’un des assaillants. La sentence tombe immédiatement : une balle en plein front, tirée à bout portant.

    Le projectile logé dans le barillet déboula à quatre mille kilomètres par heure hors du canon. (…) L’os frontal s’émietta sous la pression de la balle.

    Le calme habituel de la ville d’Edéa est rompu par une détonation qui résonne encore dans l’esprit des habitants. Ce qui devait être la célébration de trois décennies de mariage pour le Docteur Charles Siewe s’est mué en une scène de crime d’une rare violence.

    La ville est sous tension. L’émotion est vive. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité des biens et des personnes, mais aussi sur la déliquescence des liens familiaux face à l’appât du gain. Alors que le corps de Ma’a Hé repose désormais à la morgue, les regards se tournent vers le Dr Siewe, un homme brisé qui doit désormais affronter le silence de sa maison vide et les questions de plus en plus pressantes de la Brigade 14.

    L’enquête ne fait que commencer, mais une chose est certaine : le coupable n’est peut-être pas celui qui tenait l’arme, mais celui qui a ouvert la porte


    Devant l’inefficacité apparente des premières unités arrivées sur les lieux, l’état-major dépêche la « Brigade 14 », une unité d’élite de la gendarmerie basée à Kribi. Sous les ordres du Commandant Ousmanou Asser, un homme au regard d’acier marqué par trois balafres à la tempe, les enquêteurs tentent de remonter le fil d’une affaire plus complexe qu’il n’y paraît. Créée pour traiter les affaires criminelles de haute importance dans la zone littorale, la Brigade 14 s’est illustrée par sa discrétion et son efficacité. Composée d’éléments triés sur le volet, elle dispose de moyens techniques accrus, mais c’est avant tout le flair de ses hommes et femmes, comme le Commandant Ousmanou, qui fait sa renommée. Dans l’affaire « SIEWE », leur réputation est en jeu.
    Au sein de cette unité, la Maréchale de Logis Anky Ze incarne ce nouveau visage de la gendarmerie : une enquêtrice brillante mais hantée par la noirceur humaine qu’elle côtoie. « Cette maison sentait la mort. À notre entrée, j’avais cru pénétrer dans les enfers », confie-t-elle.

    L’enquête s’’oriente vers le cercle intime. Le titre de l’affaire, que certains officieux appellent déjà le « Dossier Judas », fait écho à cette vérité biblique : on n’est jamais trahi que par les siens. Plusieurs éléments troublent les enquêteurs : comment savaient-ils qu’une somme aussi importante se trouvait dans le coffre ce soir-là ? S’agissait-il d’un simple braquage qui a mal tourné, ou d’une exécution commanditée déguisée en vol ?

    L’ambiance dans ce roman se vit. On ressent l’humidité d’Edéa, l’odeur du « pipi de chat » des malfrats, la tension électrique des salles d’interrogatoire.
    Les enquêtes sont réalistes : nous sommes plongés dans les rouages complexes de la gendarmerie camerounaise, loin des clichés hollywoodiens. On y découvre des enquêteurs humains, confrontés au manque de moyens et aux pressions politiques du maire local.
    Lois Irène NWAHA dépeint avec acidité l’inefficacité initiale des forces de l’ordre locales et les faux-semblants de la bourgeoisie provinciale.

    Brigade 14 : Judas utilise les codes judiciaires de son contexte pour explorer les failles de la société camerounaise et la complexité des rapports familiaux. Le mystère du « Judas » tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Le contraste entre la fête d’anniversaire de mariage et le deuil brutal rend la tragédie de la famille Siewe particulièrement poignante.

    Ce roman peut s’imposer comme une pièce maîtresse du polar contemporain d’Afrique. Entre les murs d’une demeure bourgeoise d’Edéa, l’autrice tisse une toile où le crime n’est que la partie émergée d’un iceberg de secrets familiaux.
    Entre les relations conflictuelles entre belle-mère et belle-fille ; le passé de Charles, marqué par une infidélité ; la victime qui, loin de l’image de sainte, était capable de violence psychologique et de manipulation… La Brigade 14 a du pain sur la planche.

    Lois Irene NWAHA, pour avoir aussi lu son précédent polar – « Brigade 14 : L’affaire Cathy Nkeng », possède une plume visuelle, presque cinématographique. Elle n’épargne aucun détail au lecteur. D’une odeur à la précision anatomique d’une blessure, elle nous sert toutes les émotions. Le cadre spatial est également un personnage à part entière : Edéa, ville de passage, avec son humidité et son atmosphère pesante, rappelle à ceux qui y sont déjà allés des souvenirs d’outre roman. En outre, l’intégration d’expressions locales comme « ndem », « témé », « pandores », ancre le récit dans son contexte géographique et sociolinguistique.

    Brigade 14 : Judas dépasse le simple cadre de l’enquête policière. C’est une autopsie sociale qui questionne la loyauté et les conséquences de nos actes passés. Un roman haletant qui confirme que le « noir » a de beaux jours devant lui dans la littérature camerounaise.

    Prix : 7.000 FCFA

    Contact : +237 693412608 (WhatsApp)

    Pauline M.N. ONGONO

  • Sharma ou la reine d’ébène d’Averroes Achour Korondo : un hymne passionné à la femme, à la femme centrafricaine

    Publié en 2022 aux éditions MAB à Yaoundé, Sharma ou la reine d’ébène s’impose comme un recueil profondément lyrique, à la croisée de la déclaration amoureuse et de l’hommage identitaire. À travers plus de cinquante poèmes, l’auteur célèbre la femme centrafricaine dans toute sa beauté, sa dignité et sa force morale.


    Une femme, un pays, une identité

    Dès l’ouverture du recueil avec « La Beauté Centrafricaine », le ton est donné. Le poète élargit son chant bien au-delà d’une seule femme pour embrasser toute une nation :

    Femme zandé
    Femme gbaya
    Femme nzakara
    Femme yakoma, (p.1)

    Par cette énumération des identités ethniques, Sharma devient un symbole. Elle incarne la diversité et l’unité du cœur de l’Afrique. L’auteur insiste sur la résilience féminine :

    Celle qui se sacrifie pour l’avenir de ses enfants (p.1)

    La femme y est présentée comme pilier social, socle familial et moteur d’espérance.


    Sharma, muse et lumière

    Sharma est aussi l’aimée, la muse, la lumière intime du poète. Dans « Sharma La Lune », l’amour se teinte d’images célestes :

    Sharma allume des étoiles dans mes yeux
    Elle est plus belle et apaisante que le coucher du soleil  (p.3)

    Cette comparaison cosmique traduit une admiration sans limite. Plus loin, dans « Ma Prunelle », l’auteur magnifie sa beauté intérieure :

    Ta beauté intérieure naturelle brillera à jamais pour
    Nourrir mon âme. (p.5)

    Loin d’un simple éloge physique, le poète célèbre une beauté spirituelle et éternelle.
    L’amour écrit à l’encre du cœur.
    Le poème « Stylo d’amour » résume peut-être le mieux l’essence du recueil. L’écriture devient acte amoureux :
    Le texte révèle une poésie instinctive, spontanée, où l’émotion prime sur l’ornement stylistique. La sincérité est la principale force du livre.

    Passion et sensualité assumées

    L’ouvrage ne se limite pas à l’amour idéalisé. Il explore aussi la sensualité avec franchise. Dans « Sharma la reine du soir », le désir s’exprime sans détour :

    Mes baisers t’envahissent toute entière désormais ma reine
    Et je te déguste comme la rosée du matin (p.27)

    Cette dimension charnelle cohabite avec une vision presque sacrée de l’union amoureuse. Dans « Le roi et sa reine d’ébène », l’amour devient fusion, alliance, destin partagé.

    Ces deux cœurs qu’il a pris jadis
    N’en font plus qu’un maintenant (p.19)


    Entre douleur et renaissance

    Le recueil explore également la souffrance de l’absence et de la rupture. Dans « Ma dulcinée », la vulnérabilité masculine est assumée, presque revendiquée :

    Pourquoi es-tu partie ? Je n’ai plus de compagnie (p.14)

    Sharma, c’est la déesse de la fidélité retrouvée. Dans « Elle incarne la fidélité » :

    Je ne pensais pas
    Que parmi toutes celles-là, il y a une qui incarne
    La fidélité (p.24)

    L’amour devient réparation et guérison morale. Une guérison qui aboutit à la vie. Un moment fort du recueil : « Amour d’un père », où l’amour donne naissance. La relation dépasse la passion pour devenir famille, transmission et avenir.

    Enfin tu es un papa, mon roi, c’est le cri de ton bébé  (p.23)

    Une poésie de sincérité

    Si l’écriture d’Averroes Achour Korondo reste simple, parfois répétitive, elle est portée par une authenticité indéniable. Les multiples « Je t’aime », notamment dans « Sharma la joie », traduisent une ferveur presque adolescente, mais profondément assumée :

    Je t’aime, je t’aime
    Et je suis tellement fou de toi (p.18)


    Sharma ou la reine d’ébène apparaît ainsi comme une déclaration d’amour totale à une femme, à une culture, à une nation. Un recueil qui, au-delà de la romance, pose un regard valorisant sur la femme africaine et rappelle que l’amour peut être à la fois passion, combat et renaissance.

    Pauline M.N. ONGONO, présidente et directrice de ACOLITT, analyste littéraire


  • La Bibliothèque Roulante de Lorena Nolwen, l’endroit où le livre tient sur quatre roues


    La Bibliothèque Roulante de Lorena Nolwen est une collection de « livres mobiles » sur laquelle les amoureux de lecture du quartier Songa-Boko à Douala (Cameroun) et d’ailleurs peuvent désormais compter. Elle a pour mission de faciliter l’accès à la lecture, promouvoir la littérature dans les périphéries, et contribuer à l’éducation et à la formation des citoyen.ne.s. Une initiative de Lorena Nolwen KAMAHA LEKEUFACK, la Miss Littérature Afrique 2025.

    La Bibliothèque Roulante de Lorena Nolwen est plus qu’une étagère où emprunter des livres : elle se veut un coin de formation, d’éveil et de rencontres.

    Elle souhaite promouvoir la littérature, la culture et le savoir dans des espaces où personne ne s’attend à les trouver : les quartiers populaires, les milieux défavorisés…
    Elle reste ouverte à toute collaboration ou soutien, afin de renforcer ses actions et de pérenniser son impact sur les jeunes générations.
    Virginia Woolf disait que les livres tiennent debout tout seuls. La Bibliothèque Roulante de Lorena Nolwen, c’est là où le livre tient sur quatre roues.


    Le fonds documentaire de La bibliothèque Roulante de Lorena Nolwen provient en grande partie des livres personnels de sa promotrice, ainsi que des dons de ses proches. L’on y retrouve :
    – De la littérature générale en langue française : romans classiques et contemporains, poésie, théâtre… d’auteurs africains et occidentaux
    – De la littérature jeunesse : contes, albums illustrés, bandes dessinées, romans jeunesse.
    – Des livres de sciences humaines et sociales : histoire, économie, comptabilité, gestion.
    – Des livres de sciences et techniques : ouvrages d’initiation aux TIC.

    Ce fonds est évalué à 141 documents. Vous pourrez les découvrir du mardi au dimanche, de 09h à 18h, sauf les jours fériés.

    MODALITÉS DE LECTURE ET DE PRÊT

    La consultation surplace est à accès libre et gratuit pour tous les usagers. Une inscription dont le montant s’élève à 1000 FCFA, aboutissant à une carte d’abonné, concrétise l’abonnement à la bibliothèque et donne droit au prêt des documents, à l’accès gratuit aux activités organisées par la bibliothèque et à un sac flanqué du logo de la Bibliothèque Roulante, qui permettra le transport et la conservation des livres empruntés. 

    Les livres empruntés, d’un nombre maximum de deux (2), pourront être gardés pendant 14 jours maximum par l’abonné.e.  Au-delà de ces jours, il/elle sera soumis.e à une pénalité de 100 FCFA par jour de retard de retour.


    SERVICES COMPLÉMENTAIRES

    Ateliers de lecture, d’écriture, de dessin et d’art oratoire ; rencontres littéraires ; débats ; concours de lecture à haute voix, de dessin, d’écriture…

    BESOINS ACTUELS DE LA BIBLIOTHÈQUE

    Pour mener à bien sa mission d’éducation et de culture dans les milieux éloignés du centre-ville, La Bibliothèque Roulante a besoin de nombreuses ressources :
    – Ressources documentaires
    Acquisition d’ouvrages récents en littérature de tous les continents ; acquisition d’ouvrages en langue anglaise ;
    acquisition d’ouvrages de non-fiction pour le public adulte ; acquisition de manuels scolaires et didactiques ; acquisition régulière de magazines, journaux, périodiques ; développement du fonds numérique (ebooks, abonnements à des revues en ligne)…

    – Équipements
    ✓ Mobilier : étagères à roues, chaises, tables
    ✓ Matériel informatique : ordinateur, imprimante, scanner de code-barres.
    ✓ Connexion internet haut débit et
    Logiciels de gestion des bibliothèques.

    – Ressources humaines
    Recrutement du personnel pour les postes à pourvoir ; formation continue du personnel en bibliothéconomie ; recrutement de bénévoles pour l’animation et l’accompagnement des usagers.

    – Financement et partenariats
    ✓ Soutien logistique, financier pour les acquisitions documentaires
    ✓ Sponsoring pour les ateliers, concours et autres animations culturelles
    ✓ Partenariats avec des institutions éducatives, culturelles et autres entreprises privées.


    CONTACTS UTILES

    Adresse : lieu-dit Maison Blanche Petit-Robert, quartier Songa-Boko, Douala (Cameroun)
    Téléphone : (+237) 6 81 02 88 52
    E-mail : labiblioroulantedelorenanolwen@gmail.com
    Réseaux sociaux : Facebook @LabibliothèqueroulantedeLorenaNolwen | Instagram @Labiblioroulantedeln

    EQUIPE ET PARTENAIRES

    Fondatrice : LEKEUFACK KAMAHA Lorena Nolwen
    Responsable : Poste à pourvoir
    Chargé de la communication : Poste à pourvoir
    Chargé de l’animation culturelle : Poste à pourvoir
    Partenaires actuels : Biscuiterie Samuel Foyou, Brasseries Samuel Foyou




  • « Quand je pense à toi », un poème de Symphora Lascribe et Essaid Manssouri

    Quand le vent pleure sur les feuillages,
    Je pense à toi.
    Quand le soleil se dispute avec les nuages,
    Je pense à toi.
    Quand les lampes perdent leurs éclairages,
    Je pense à toi.
    Quand la nuit masque nos villages,
    Je pense à toi.
    Quand l’absence se mire dans nos paysages,
    Je pense à toi,
    Quand les rides câlinent légèrement ton visage,
    Je pense à toi.
    Quand tes lunettes lisent mes messages,
    Je pense à toi.
    Quand ta fleur implore son défunt âge,
    Je pense à toi.
    Quand la solitude déclare ton long voyage,
    Je pense à toi.
    Quand les souvenirs portent leurs bagages,
    Je pense à toi.

    Quand mes paupières s’embrassent sous mes collyres
    Je pense à toi.
    Quand mes larmes se concertent pour trouver le bon pH
    Je pense à toi.
    Quand mon estomac synchronise mon cerveau et mon cardio
    Je pense à toi.
    Quand mon subconscient mime une chanson d’amour rétro
    Je pense à toi.
    Quand, de mes rêves, tu restes le personnage principal
    Je pense à toi.
    Quand le temps et la distance m’accablent de te voir
    Je pense à toi.
    Quand je relis nos vœux et promesses sous la couette de notre miel
    Je pense à toi.
    Quand ton parfum inspire mon souffle vers ton toucher
    Je pense à toi.
    Quand ta voix retentit dans les fragments de mon être
    Je pense à toi.
    Et quand je ne pense pas à toi, c’est que je pense.




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  • Semaine du Critique Littéraire Online (SECRILO) : Une première édition pour un regard autre sur la critique littéraire


    Si le livre et la lecture sont de plus en plus mis en avant, promus à travers le monde, présentés comme les clés de l’amélioration de la condition humaine, soutenus comme des outils majeurs pour l’éducation de qualité, il continue de se poser la grande question de leur qualité propre ; notamment concernant leur capacité à remplir le rôle qui leur est attribué.
    C’est ici qu’intervient la critique littéraire, et le regard que la scène littéraire lui porte, de façon globale porte sur le jugement des œuvres qui constituent sa substance.

    CE QUI SEMBLE NE PAS SATISFAIRE


    Du critique littéraire, il a toujours été espéré un regard qui permette au livre de s’épanouir et porter haut et loin, par-delà les frontières et les ressentis propres à son auteur, les perspectives d’une culture, d’un contexte et d’une ambition qui ne sauraient se limiter à la publication d’un livre pour un public bien souvent prédéfini.


    En réalisant que l’intérêt est surtout pour les livres dits des grands éditeurs (occidentaux) et quelques rares des personnes qui leur sont intimes, le public a commencé à perdre foi en la voix de ces personnes censées les orienter quant aux lectures, et leur indiquer aussi le niveau actuel de l’écriture sur le continent. Au Cameroun où les exigences sont de plus en plus marquées, parfois confondues à des questions personnelles entre les critiques et les auteurs, la situation représente une véritable crise pour l’épanouissement de la Littérature.

    L’IDEE DE LA SECRILO


    Il était donc urgent de mettre sur la table ces questions qui fâchent, les présenter à la scène globale du livre, afin de réaliser ensemble une ouverture vers une critique littéraire saine et constructive.


    L’équipe d’ACOLITT a pensé à rien de moins qu’une série d’échanges autour des divers aspects de la critique littéraire, en prenant le soin de donner la parole à chaque maillon de la chaîne du Livre, pour qu’elle puisse exprimer sa propre expérience de cet exercice si particulier.

    Du 21 au 26 avril 2025, les rencontres s’enchaîneront avec des panélistes de divers horizons, d’Afrique et d’ailleurs, professionnels du livres et observateurs passionnés.


    ACOLITT s’est surtout penchée sur l’authenticité de ce qui pèse sur le livre, du point de vue de la critique littéraire, pour ouvrir les discussions autour des divers thèmes qu’elle a proposés et auxquels les participants ont adhéré, chacun en fonction de ses compétences et de la nécessité d’un discours approprié, afin de faire entendre sa voix et faire suivre son regard.

    VERS UN LIVRE ÉPANOUI


    Le rappeler ne serait jamais assez : le Livre a besoin de s’épanouir pour librement s’affirmer. Contrairement aux décennies précédentes où peu de livres d’auteurs africains circulaient sur le continent, nous observons des milliers de publications par an. Ceci conduit à une conclusion simple : les plumes ont de plus en plus besoin de s’exprimer. Leur encadrement passe donc aussi par l’identification des ressources capables de les porter, avec leurs forces et leurs faiblesses, vers leurs ambitions.


    La SECRILO (Semaine de la Critique Littéraire Online) apparaît alors comme un outil de mise en lumière et d’apaisement ; il faut le dire, là où vient la critique littéraire, viennent d’abord les conflits, et très souvent d’égos. La nécessité d’échanges ouverts s’impose naturellement, si l’on comprend que les attentes des uns doivent s’harmoniser avec les exigences des autres. Sans cela, le rêve du livre de qualité continuera de se vivre dans un rêve sans perspective de se réaliser pleinement.


    L’espoir qui repose sur cet événement exclusivement en ligne (pour permettre à tout le monde de le vivre), soulève un intérêt vital pour la (re)construction d’une Littérature qui reconnaît et apprécie les valeurs du Livre de façon objective et libre. Toutes les races, nationalités, terres, sensibilités qui ont accepté d’enrichir cette semaine à venir, sont d’une passion à saluer et surtout à recommander.

    Ray N