Catégorie : Littérature

  • D-LIVRE – Entretien avec Axel AVERROES KORONDO, écrivain, philosophe et politologue centrafricain

    J’adore quand on me critique, quand on critique mes écrits ! Cela me donne encore plus de force pour écrire.

    Pouvez-vous vous présenter brièvement à nos abonnés ?

    Je me nomme Axel Presnel Averroès Korondo, écrivain centrafricain, chercheur en philosophie, analyste politique et spécialiste de l’éducation.


    Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire, et comment avez-vous trouvé votre voix entre la philosophie, la politique et la littérature ?

    Qu’est-ce qui me pousse à écrire ? Quelle belle question ! Premièrement, écrire est pour moi une passion, une essence qui anime mon âme. Deuxièmement, je peux dire que je suis né pour réfléchir à tout ce qui touche à la survie humaine. Enfin, tant que l’Afrique ne connaîtra pas la paix, tant que la justice sera au détriment du prolétariat, tant que la liberté des peuples sera bafouée, je ne cesserai jamais de m’exprimer. C’est ce qui me pousse à exprimer mes pensées afin d’éveiller la conscience africaine. Comment ai-je trouvé ma voie entre la philosophie, la politique et la littérature ? Une question qui résume toute ma vie et mon être. Pour commencer, la philosophie est l’essence même de ma vie, ce qui me pousse à réfléchir. Dès mon plus jeune âge, j’interrogeais mes parents sur tout ce que je voyais. J’avais ce désir de rechercher la vérité et de la connaître. Soudain, le désir de devenir philosophe, chercheur de la cause première, est né en moi. De la philosophie, je me suis retrouvé dans le domaine de la politique, qui semble être un héritage familial. Je viens d’une famille totalement politisée. Mon père était un grand homme politique, membre du plus grand parti politique de la République centrafricaine et candidat malheureux aux élections législatives. En fin de compte, je dirais que j’ai trouvé ma voie en combinant la philosophie et la politique, et les deux avec la littérature. Rien n’est plus difficile pour moi ! En tant que philosophe, j’utilise la philosophie pour analyser l’action politique.


    Vos écrits mêlent effectivement analyse politique et réflexion philosophique. Il est donc aisé pour vous d’articuler ces deux dimensions dans votre travail…

    Je n’éprouve effectivement aucune difficulté à articuler ces deux dimensions. Premièrement, il est important de comprendre que la réflexion philosophique est une approche dont l’objectif est d’identifier les problèmes de société, puis de formuler une réponse critique et, enfin, de trouver une solution. L’analyse politique, quant à elle, est une approche qui se concentre sur les actions de l’État, le pouvoir et le comportement des acteurs politiques. Cependant, pour l’analyse politique, il est impératif de recourir à la réflexion philosophique. Car la réflexion philosophique implique la raison. Cela signifie simplement que j’articule bien et harmonieusement ces deux dimensions. À mon avis, la réflexion philosophique constitue l’essence même de toute analyse politique.


    Quels auteurs, penseurs ou courants intellectuels ont le plus influencé votre pensée ?

    Je suis influencé par trois grands courants philosophiques : le courant spiritualiste avec Platon, saint Augustin et Bergson ; le courant rationaliste avec Descartes, Spinoza et Hegel ; et le courant humaniste avec Montaigne, Auguste Comte et Emmanuel Kant. Outre ces courants partisans, je suis également influencé par Averroès, Adams Smith, Jean-Jacques Rousseau, John Luck et Thomas Hobbes.


    Votre travail interrogeant très souvent les structures du pouvoir. Comment définiriez-vous votre rapport à la politique : observateur, critique, ou engagé ?

    Je ne suis pas un observateur ! Tous mes écrits expriment qui je suis et ce que je deviendrai. Je critique toutes les politiques néfastes qui détruisent les classes sociales. À travers mes écrits, j’invite la société africaine à une prise de conscience positive et, en particulier, les dirigeants africains à prendre conscience de leurs devoirs et obligations. Je suis donc un acteur engagé qui critique pour contribuer à l’émancipation de la société.


    On revient donc au fait que la philosophie doive nécessairement s’engager dans le débat politique.

    Je le répète sans cesse : philosophie et politique sont indissociables. Car la philosophie est une quête de vérité guidée par une interrogation sur la société, l’homme et son rapport à la nature. La politique, quant à elle, étudie les actions de l’État, le pouvoir, son équilibre, ses relations internes et ses rapports avec autrui. Je dirais donc que la philosophie doit nécessairement s’engager dans le débat politique et ne peut jamais s’en distancier. Le débat politique a nécessairement besoin de la philosophie pour une analyse politique logique et cohérente. Car la philosophie offre des méthodes de réflexion qui favorisent une analyse du politique.

    Dans vos analyses et vos livres, vous abordez des thèmes comme la démocratie, la justice ou la liberté. Quel est, selon vous, le plus grand défi politique de notre époque ?

    Le plus grand défi politique de notre époque est le respect de la démocratie. Car le développement exige une paix durable. Et lorsque la démocratie est respectée, la paix est garantie.


    Votre réflexion philosophique semble ancrée dans des enjeux contemporains. Comment conciliez-vous la profondeur théorique et l’accessibilité pour un public non spécialisé ?

    Mes réflexions philosophiques sont ancrées dans des problématiques contemporaines. Avant de m’exprimer dans mes écrits, je m’efforce de comprendre mon public, mes lecteurs. Parfois, je parviens à écrire dans un langage approprié et accessible à tous. Cette méthode me permet de concilier profondeur théorique et accessibilité pour un public profane. C’est pourquoi j’inclus souvent une explication en introduction afin de faciliter la compréhension de mes écrits.


    La notion de « vérité » est souvent contestée aujourd’hui. Comment analysez-vous la crise des discours dans nos sociétés modernes ?

    La vérité est ce que nous recherchons tous au quotidien. C’est pourquoi rien ne nous empêchera de la rechercher tout au long de notre vie. Mais il est regrettable que nos sociétés actuelles soient fragilisées par des crises du discours. Cette crise du discours est causée par un profond manque de recherche de la vérité. En réalité, lorsque nous recherchons la vérité, c’est ainsi que nous sommes appelés à nous exprimer, à formuler des propositions susceptibles de contribuer à la construction de la société, etc.

    La philosophie peut-elle encore jouer un rôle face à la montée des populismes et des idéologies extrêmes ?

    Je vous le dis, et même si vous invitez un autre écrivain, il vous le dira : la philosophie a un rôle éternel dans la société. Face à la montée fulgurante du populisme et des idéologies extrêmes, je suis convaincu que la philosophie servira d’arme pour bloquer l’essor de cette doctrine instrumentalisant le peuple. N’oublions pas que le populisme et les idéologies extrêmes n’ont d’autre but que d’instrumentaliser le peuple en critiquant le pouvoir en place. Pour les contrer, nous avons besoin d’une raison cohérente pour démontrer au peuple ce que recherchent le populisme et les idéologies extrêmes et quelles sont leurs ambitions.


    On peut donc conclure que la construction de vos livres part d’une idée politique, d’une question philosophique et d’une intuition littéraire ?

    Mes livres s’inspirent toujours des réalités de mes sociétés. Chaque jour, je suis invité à réfléchir aux maux qui affligent notre société. Tous mes livres puisent leurs sources dans des faits réels, parfois même négatifs. Il m’est souvent difficile de mêler imaginaire et réalité dans mes livres. Je dirais donc que mes livres sont construits sur la réalité pure.


    Vos ouvrages et prises de position suscitent parfois des débats polémiques. Comment vivez-vous les critiques et les controverses ?

    Je suis un homme direct, honnête, responsable et cohérent. Je ne recule jamais devant la critique et la controverse. Quelles que soient les critiques ou les controverses, je garde la tête haute et réponds à tous mes détracteurs. J’adore quand on me critique, quand on critique mes écrits ! Cela me donne encore plus de force pour écrire. J’aime le débat lorsqu’il vient de mes lecteurs. C’est pourquoi je reste calme face aux critiques et aux controverses. Je dis souvent : je pense, donc je suis ! Mais je dis ce que je suis et ce que je pense !

    Avez-vous quand même le sentiment que vos idées sont mieux comprises aujourd’hui qu’à vos débuts à l’écriture ?

    C’est une question de perfection littéraire ! Quand j’ai commencé à écrire, mes idées étaient mal comprises ! Certains lecteurs ne me prenaient pas au sérieux, d’autres pensaient que je plaisantais. Mais aujourd’hui, on croit en mon écriture et on me suit partout dans le monde.


    Sur quels projets travaillez-vous actuellement ? Un nouveau livre ou autre initiative littéraire en préparation ?

    Un bon écrivain ne reste jamais sans projet. Sa plume doit toujours être fluide. Je répondrais donc que je travaille actuellement sur trois nouveaux manuscrits : deux essais politiques et un roman. J’ai également d’autres projets littéraires que vous découvrirez au fur et à mesure.


    Y a-t-il une question philosophique ou politique que vous aimeriez explorer mais que vous n’avez pas encore abordée ?

    Je suis un chercheur et un penseur insatisfait ! Pour ce faire, je creuse comme une foreuse. Jour après jour, la scène politique africaine nous offre de nouveaux sujets de réflexion. Je me rapproche donc progressivement de ce que la société africaine m’offre sur la scène politique. Mais la question philosophique que je dois aborder dans mon prochain essai est la suivante : comment entrer en contact avec l’âme de nos parents et comment les ressusciter ? J’emmènerai mes lecteurs dans un voyage au cœur de la spiritualité africaine.


    Quel conseil donneriez-vous à un jeune penseur qui souhaite mêler philosophie, politique et écriture ? Ou tout simplement un jeune qui veut écrire, peu importe le sujet.

    L’amour de l’écriture est l’essence même de la plume. Quiconque souhaite approfondir ses connaissances littéraires doit aimer l’écriture, la lecture et la critique. Un jeune qui souhaite se consacrer à la philosophie, à la politique ou à l’écriture doit connaître et comprendre la philosophie et la politique, et écrire quotidiennement.

    Merci pour vos réponses.


    Propos recueillis par Pauline ONGONO

  • D-LIVRE – Entretien avec Célestine BELLA AWONO, auteure camerounaise

    Traiter de la thématique de l’homme dans ses composantes était une façon pour moi d’attirer l’attention de la base et du sommet de la société, pour que chacun agisse pour l’humanisation de la cité.

    Bonjour, Célestine BELLA AWONO ! Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a poussée à devenir écrivaine ?

    Merci à vous pour l’honneur que vous me faites.
    Du cycle primaire que j’ai essentiellement fait dans le département de l’océan jusqu’au supérieur (principalement à l’université de Yaoundé 1) en passant par le cycle secondaire fait au lycée d’Ekekom et de Nkol-eton, j’ai toujours eu la grâce d’être comptée parmi ceux là qui se démarquent positivement malgré les eaux troubles de la vie. Parce qu’il faut dire que c’était loin d’être un long fleuve tranquille. Néanmoins, je suis parvenue, selon les moyens mis à ma disposition, grâce à ce background, à devenir professeure adjoint des Écoles Normales et experte en management et montage des projets. Durant tout ce parcours (scolaire, académique et professionnel), j’ai observé, entendu et vécu des choses comme toute personne d’ailleurs, qui m’ont poussée au questionnement. Fille d’enseignant que je suis, j’ai été très tôt en contact avec des livres de tout genre. Tout ceci, mêlé à ma passion de vouloir créer par l’art, est certainement ce qui m’a poussée vers l’écriture.

    Quelles sont vos principales influences littéraires, africaines ou internationales ?

    Les littéraires qui m’ont influencée sont nombreux. Mais les littéraires africains qui ont influencé d’une manière ou d’une autre mes écrits sont principalement EZA BOTO, le professeur NJOH MOUELLE, André BRINK, Patrick SEGAL, Michel QUOIST…

    Votre écriture s’inscrit-elle dans une tradition littéraire africaine particulière ? Si oui, laquelle ?

    Les traditions littéraires africaines telles que les contes, les proverbes… sont pleines de sagesse et de leçons. Mon écriture, je pourrais dire qu’elle puise un peu dans toutes ces traditions, pour en faire un cocktail littéraire dosé, émouvant, parfois sucré-salé.

    Comment décririez-vous le rôle de la culture africaine dans votre écriture ?

    Disons d’ors et déjà que la culture africaine est très riche, diverse et variée ; donc ne peut qu’être un creuset pour celui qui voudrait s’en inspirer pour des réalisations multiformes. Par conséquent, dans mes écrits, il est évident qu’elle joue un rôle de source, dans la mesure où je m’y appuie pour des analyses, et des lectures de l’individu et de ses actions dans ses interactions avec son semblable dans son milieu de vie, qui a ses réalités propres. Dans ma plume, la culture africaine joue également un rôle de mémoire. Toujours se rappeler de là où on vient, pour mieux avancer.

    Pouvez-vous nous expliquer le choix du thème central de Écoute !, votre dernier recueil de poèmes ?

    L’homme est l’être essentiel de la vie. C’est d’ailleurs à lui que revient la gestion de ce monde dont sa vie en dépend. Je pense donc qu’il est important et même urgent d’investir véritablement en lui pour redonner à la famille, la société, aux relations, aux services, à la science… leur humanité qui se meurt sous nos yeux ouverts mais endormis par le venin de l’ego et de l’intérêt exacerbés. Traiter de la thématique de l’homme dans ses composantes était une façon pour moi d’attirer l’attention de la base et du sommet de la société, pour que chacun agisse pour l’humanisation de la cité.

    Votre idée d’écriture de ce recueil est-elle inspirée de personnes réelles ou de traditions orales africaines ?

    Oui, dans une certaine mesure, les personnes réelles ont fait naître cette idée d’écriture et parfois des personnes héritières des traditions orales africaines. Ma pensée s’en va vers mes parents et grands-parents à qui je souhaite un doux repos.

    Comment abordez-vous la question de la langue dans vos œuvres ? Écrivez-vous en français, dans une langue africaine, ou mélangez-vous les deux ?

    Nos langues nationales sont de très belles langues. Il suffit d’entendre les chansons composées en ewondo, en bassa’a, en duala… Et les laisser mourir à petit feu est une cruauté envers les peuples camerounais et africains. Car la langue porte et transporte la substance de la culture d’un peuple. Fort heureusement, l’État, qui a très vite compris ce grand mal, a introduit de façon pédagogique l’enseignement de nos langues nationales dans le système éducatif à travers les nouveaux curricula. Et pour moi, c’est important que chacun parle et même écrive sa langue. J’introduis dans mes textes, comme dans mon dernier recueil de poèmes, quelques mots en langue nationale. Ainsi, ce léger mélange laisse transparaître l’amour que j’ai pour nos langues. Toutefois, dans d’autres cadres, j’écris uniquement en langue nationale ou en français, sans aucun mélange.

    Quels défis rencontrez-vous en tant qu’auteure africain dans le paysage littéraire actuel ?

    Parmi tant d’autres, je parlerai particulièrement du défi de la communication et de la visibilité. Il n’y a pas beaucoup de plateformes et d’espaces offerts aux auteurs surtout en herbe pour s’exprimer et se révéler. Quand ceux-ci existent, ils ne sont pas toujours gratuits, ce qui complique encore les choses chez ces auteurs qui ont déjà la peine à écouler leurs stocks de livres dans une société où les individus perdent l’amour du livre et de sa lecture.

    Pensez-vous que la littérature africaine est suffisamment représentée et valorisée sur la scène internationale ?

    Suffisamment représentée et valorisée sur la scène internationale, oui. Mais on peut faire mieux. Toutefois, je souhaiterais que cette représentativité et cette valorisation soient davantage fortes prioritairement en Afrique, pour un réveil et un éveil de la conscience collective, surtout en la jeunesse, dans l’optique de l’informer et de la former, pour une pensée et un agir à relever et à élever l’Afrique.

    Comment voyez-vous l’évolution de la littérature africaine contemporaine ?

    Je la vois fulgurante si celle-ci est davantage soutenue, valorisée, encadrée et accompagnée d’abord par l’État et les organismes privés.

    Votre écriture vise-t-elle une dimension politique ou sociale ? Si oui, comment ?

    Je pense que, lorsqu’on couche sur du papier sa pensée, sa vision, son analyse, c’est pour que celle-ci soit vue et lue par tous les acteurs des paysages politique et social. Ceux-ci, avec tous les outils d’évaluation mis à leur disposition, pourront leur être utiles dans un domaine ou un autre .

    Quel message souhaitez-vous donc transmettre à travers tous ces conseils dans « Écoute ! » ?

    Le message de revenir à l’homme. Nous devons investir d’abord en l’Homme dans toutes ses dimensions : âme, esprit et corps, afin que ses pensées, ses paroles et ses actions vis-à-vis de son semblable et de son environnement soient positives.

    Quel est votre processus d’écriture ? Avez-vous des rituels ou des habitudes particulières ?

    (Rire) Pas vraiment ! J’écris comme ça me vient. Je peux écrire de jour ou de nuit. Parfois même dans un bus… Quand j’ai du fil dans mes idées et la possibilité, j’écris. Mais bien évidemment, je vais toujours revoir le texte pour y mettre de l’ordre ou même tout changer. Mais avant toute soumission formelle d’un texte à un concours ou à une maison d’édition, je me fais toujours lire par un tiers.

    Un conseil pour les jeunes auteurs africains qui souhaitent se lancer dans l’écriture ?

    Briser les barrières de la peur et se lancer. Avec le temps, se faire accompagner. Se préparer à rencontrer les montagnes et les collines. Mais qu’ils sachent et surtout gardent en esprit qu’il y a des plaines verdoyantes qui les attendent.

    Sur quel projet littéraire travaillez-vous actuellement ?

    J’ai commencé un roman il y a des mois. Mais j’ai dû mettre une pause pour des raisons de santé. Je souhaite le reprendre très bientôt et l’achever.




  • BIOLITT : Lorena Nolwen LEKEUFACK KAMAHA, Miss littérature Afrique 2025

    Née le 02 novembre 2006 à Douala au Cameroun, Lorena Nolwen LEKEUFACK KAMAHA est une jeune écrivaine en herbe. Passionnée de narration depuis sa tendre enfance, Lorena Nolwen termine à quinze ans son tout premier roman « Les Tréfonds de L’âme », qui cumule à ce jour près de trois mille vues sur Wattpad, la plateforme d’écriture mondiale.

    Elle assure pendant plus de six mois la fonction de jury du concours Lofn, une compétition littéraire non officielle organisée sur le réseau social.

    À seize ans, elle publie toujours sur Wattpad un recueil de nouvelles basé sur les tragédies marquantes de l’histoire de son pays. La première nouvelle de ce recueil l’amène en demi-finale de la 39e édition du Prix du Jeune Écrivain de Langue Française.

    Fin 2023, elle remporte le Prix de la Meilleure Dissertation Philosophique du Lycée Bilingue de Ngodi-Bakoko, établissement secondaire dans lequel elle est scolarisée. L’année suivante, elle est lauréate de la 40e édition du Prix du Jeune Écrivain de Langue Française avec une nouvelle inédite : « Prémonition ».  Lorena Nolwen, parrainée par l’écrivain canadien Éric CHACOUR et conviée à la Semaine du Jeune Écrivain à Muret en France, à la fin du mois de mars 2025. Sa nouvelle paraîtra avec les onze autres textes gagnants, dans un recueil, aux Éditions Robert Laffont, en avril 2025.

    Depuis la fin d’année 2024, elle est l’ambassadrice bénévole de l’association « Un Livre, Un Trésor », qui promeut le lire et l’écrire chez les jeunes du Cameroun.

    Nolwen KAMAHA est également Miss Littérature Cameroun 2024-2026. Le 26 juillet 2025 au Bénin, elle est élue Miss Littérature Afrique.

    Actuellement, elle étudie le journalisme à l’Institut Universitaire du Golfe de Guinée.


  • D-LIVRE : ENTRETIEN AVEC Anne Rachel ABOYOYO A., écrivaine camerounaise

    Je cherche surtout le cœur de l’homme. J’espère donc avoir la capacité de suggérer de fortes émotions. Que ce soit par le vers libre, par le free verse, par le haïku ou par des laisses, j’espère parler au cœur de l’homme.


    Quand et comment avez-vous découvert votre vocation pour la poésie ?

    Ma vocation pour la poésie découle de ma volonté de me coudre à moi-même, j’avais alors quinze ans et j’étais sujette à une sensibilité un tout petit peu regardée de travers par mon entourage. J’écrivais des textes narratifs et épistolaires surtout, au début. Et la lecture des poèmes a été déterminante; j’avais le sentiment en les lisant et en les écrivant, qu’ils exprimaient mieux ce que j’avais à dire et surtout, ce que je pensais.


    Y a-t-il un poète, une poétesse ou un livre qui a marqué vos débuts ?

    J’ai eu une attirance particulière pour les poèmes de Joseph Rabéarivelo et Jacques Rabémanandjara. Puis, j’ai lu avidement L’anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française de L.S.Senghor ; pour ne plus jamais lâcher la poésie jusqu’à présent.


    Comment définiriez-vous votre propre voix poétique ? A-t-elle évolué au fil du temps ?

    La voix poétique se réfère à la personnalité poétique. Il est difficile d’être à la fenêtre et de se regarder passer dans la rue. Je sais seulement qu’il y a de grandes structures antithétiques dans mes textes.

    Comment naît un poème chez vous ? ( une image, une émotion, une idée ?)

    Les poèmes naissent de tout chez moi : un regard, un sourire, une attitude, un coup de vent ou de blues, une colère, une image… tout.

    Travaillez-vous par inspiration spontanée ou par réécriture minutieuse ?

    Les deux. Je suis saisie de la même manière par la montée de la fulgurance (inspiration toujours nourrie par l’observation), que par le travail de tissage des mots.

    Avez-vous des rituels d’écriture (un lieu, un moment de la journée, des outils préférés) ?

    J’écris comme je vis. Ma vie est à la fois respect et mise à distance vis-à-vis des rituels.

    Vos poèmes explorent souvent l’abstrait, l’union, la communion. Pourquoi ces sujets vous touchent-ils ?

    Je pose sur la société extrêmement marchande, mercantile et superficielle actuelle, un regard d’une certaine condescendance, mêlée de compassion. Et les sujets qui me passionnent visent justement le réinvestissement de cette société par les valeurs immatérielles et la profondeur. Un peu messianique , la noble prétention (sourire).


    Quelle structure poétique préférez-vous ?

    Je cherche surtout le cœur de l’homme. J’espère donc avoir la capacité de suggérer de fortes émotions. Que ce soit par le vers libre, par le free verse, par le haïku ou par des laisses, j’espère parler au cœur de l’homme.


    Tenez-vous à la musicalité des mots, au rythme où à la ponctuation (ou son absence) ?

    Je tiens plus au charme du mot qu’à sa musique, et je ne me limite ni à l’un ni à l’autre. Ma préférence la plus marquée est celle de la ponctuation. Je tiens à être lisible pour tous.

    Comment voyez-vous l’évolution de la poésie francophone/internationale actuelle ?

    Pour parler d’évolution, il faut définir l’étape de l’aboutissement final, clairement. Or cela me semble une mauvaise prétention pour moi. Ce que je sais c’est que les vastes mouvements des peuples (diversité culturelle) et l’engagement sociopolitique qui en découle en termes de paix ou de guerre, sont un gisement où puise le poème francophone pour s’énoncer (il n’y qu’à lire, par exemple, Nous l’éternité de Christophe Pinau-Thierry, ou L’or n’a jamais été un métal de Josué Guébo, pour s’en convaincre). Les brassages sont à l’origine du bondissement du nombre d’anthologies. Les grands rassemblements sportifs aussi… À l’assaut du ciel, par exemple, est un recueil collectif de textes rassemblés par Julie Gaucher et Valentin Deudon, sur les jeux olympiques et paralympiques.Tout cela s’ecrit dans une diversité formelle notoire, où les structures anciennes jouxtent de nouveaux arrangements (slam-poésie, poésie de rue, textes miniaturisés pour les réseaux sociaux, etc.). Et je sais que c’est bien au-delà de ce que je perçois.


    Y a-t-il des poétesses contemporaines que vous admirez ou qui vous influencent ?

    Il y a des poètes contemporains que je respecte. Je peux citer Fernando d’Alméida, Ananda Dévi, Yvette Balana. Je ne m’enferme pas dans les questions de genre.

    Quels regards portez-vous sur les interprétations que les lecteur.ices font de vos poèmes ?

    Le texte littéraire (mes poèmes en sont un) est ouvert à toute interprétation. J’écoute les interprétations avec délectation, mais sans commentaire.

    La performance orale (lectures, slam) fait-elle partie de vos pratiques ?

    Je suis en train de travailler avec quelques grands performeurs sur la mise en texte orale de mes poèmes. On verra ce que cela produira.

    Un retour de lecteur.ice ne vous a-t-il particulièrement pas marqué depuis « Les graines du silence » ou votre récente parution « La revanche de l’amante » ?

    J’évite les commentaires sur les interprétations de mes textes… jusqu’ici (sourire).


    Parlez-nous de « La revanche de l’amante». Quel est son pourquoi, son pour quoi, son comment, et vos attentes.


    La revanche de l’amante est un texte né d’un haro sur le simulacre dans la conception de l’amour, l’embastillement de la liberté et l’émasculation des humains de sexe masculin. L’objectif est de participer à la déculpabilisation pour favoriser des relations amoureuses et maritales épanouissantes. Le mode opératoire est le démantèlement du mensonge qui les organise et l’attente est la lecture du texte par le plus grand nombre.

    Selon votre expérience, quel conseil donneriez-vous à une personne qui débute en poésie ?

    À un débutant en poésie, je conseille de lire au moins 300 recueils de poèmes, de s’exercer à l’observation minutieuse de tout et d’écrire sur un seul sujet à la fois.

    Travaillez-vous déjà sur un nouveau projet ? Si oui, pouvez-vous nous en dire quelques mots?

    « La revanche de l’amante » vient de paraître. Le livre doit faire son chemin d’abord.

    Quel rôle jouent les plateformes numériques dans la diffusion de vos textes ?

    Le digital est un mode de communication. Avec ses modalités et ses pratiques. Je le traite avec les mêmes égards que les médias classiques.

    Vous avez contribué dans plusieurs recueils. Parlez-nous de ces différentes collaborations. Comment nourrissent-elles votre écriture ?

    J’ai déjà publié dans trois anthologies dont deux étaient thématiques. Ce que je garde de ces expériences, c’est la chaleur de la proximité des pairs et le travail de conciliation des différences. C’est enrichissant.

    Comment conciliez-vous poésie et militantisme ?

    Poésie et militantisme ! Ce sont les critiques qui recensent les éléments critiques des parcours. Je les écouterai à ce sujet (sourire).

  • Professor Bill Ndi, from Cameroon, is the new president of the Pan-African Writers Association

    PAWA Elects New Leadership in 2025 Congress – A United Literary Vision for Africa and the Diaspora


    Saturday July 19th, 2025…


    In a demonstration of democratic commitment and pan-African literary unity, the Pan African Writers Association (PAWA) has concluded its 2025 General Assembly elections, guided by a newly constituted Election Committee. Formed on July 12, 2025, the committee originally chaired by Professor Cherno Omar Barry of The Gambia, saw a seamless transition of leadership to Mr. Goima Peter Mwamwingila of Tanzania. Alongside members Ms. Lucille Mudenda (Zambia), Ms. Salma El Nour (Sudan), and Mr. Ernest Oppong (Ghana) as Technical Adviser, the committee embarked on the crucial task of steering the elections in a spirit of clarity, fairness, and inclusiveness.

    Following an official call for nominations on July 13, PAWA sought candidates for its presidency, secretary generalship, and six vice presidencies representing key regions of Africa and the diaspora. It was also decided by the General Assembly that the position of Deputy Secretary General would be suspended until the financial stability of the organization could sustain it. The nomination process closed with a clear outcome: all posts except the presidency were uncontested, resulting in automatic elections of several notable figures — among them Mr. Ashraf Aboul Yazid (Egypt) as Vice President for Northern Africa, Prof. Egara Kabaji (Kenya) for Eastern Africa, Prof. Cherno Omar Barry (The Gambia) for Western Africa, Mr. Carlos Paradona (Mozambique) for Southern Africa, Mr. Eric Joel Bekale (Gabon) for Central Africa, Ms. Reyna Lineres Jones (Diaspora), and Dr. Wale Okediran as Secretary General.

    The presidency, however, unfolded as a spirited yet respectful contest between Prof. Bill Ndi (Cameroon/Diaspora) and Madam Imela Oyono Ayingono (Equatorial Guinea). After the virtual ballot closed on July 18 at 4 PM GMT, 42 votes were cast by PAWA delegates. Of these, 5 were disqualified due to irregularities, resulting in 37 valid votes. Prof. Bill Ndi secured a commanding victory with 23 votes (62.16%), surpassing the constitutional threshold of 50% +1, and was duly declared President for the next three-year term.


    This new leadership, now officially at the helm, marks a diverse and dynamic literary council poised to navigate PAWA through the evolving cultural, linguistic, and socio-political landscapes of African literature. In his closing statement, Mr. Mwamwingila extended heartfelt thanks to his fellow committee members and the General Assembly for entrusting them with this honorable responsibility. As PAWA enters a new chapter of its journey, the literary world watches with anticipation, inspired by the organization’s unwavering dedication to dialogue, creativity, and continental cohesion.


  • Café littéraire avec des enfants : Le recueil « Contes d’enfants d’Afrique » a été lu.

    07 mai 2025 à La Maison Des Savoirs de Yaoundé…

    Offerts le 20 novembre dernier, les exemplaires (20) du recueil « Contes d’enfants d’Afrique » écrit en 2024 par des élèves de moins de 14 ans des lycées et collèges du Cameroun, produit avec le soutien de la Fondation Ducere basée en Australie et supervisé par l’APEC, ont été distribués aux élèves du college Blaise Pascal et du Collège MEYOU, tous deux situés au quartier Etoudi à Yaoundé. 

    Il s’agit de deux collections illustrées, en français et en anglais, qui mettent en exergue les traditions, les coutumes, le regard de cette génération d’auteur.e.s face à la modernité, les fléaux et les mœurs, etc.  

     

    Une belle séance tenue par Erine TCHOUALA, stagiaire à la maison des savoirs, qui a eu du mal à s’achever, l’engouement des enfants étant au beau fixe.

    Rapprochez les livres des populations, et voyez la magie de la lecture s’opérer…

  • 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB – Tuba B., celle qui possède la force : Être une femme assumée

    Dès 12h00, alors que le ciel s’assombrit sur la ville de Yaoundé le 07 juin 2025, La Maison des Savoirs – MDS Yaoundé, bibliothèque aux plus de vingt ans d’activités, voit s’installer dans son enceinte au lieu-dit Dépôt de Sable à Etoudi, les uns après les autres, les membres du 𝗖𝗹𝘂𝗯 𝗱𝗲 𝗹𝗲𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲 𝟭𝟱 𝗣𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗝𝗼𝘂𝗿, un club de lecture initié par ACOLITT.

    Prévue pour deux heures, il faudra une heure supplémentaire à la rencontre pour faire le tour de la question des femmes soulevée par ce roman qui, au bout de l’après-midi, aura obtenu une note de 9,5/10 par les membres du club.

    L’article complet ici.

    📌 Le 05 juillet 2025 à 14h, le recueil de poèmes Écoute ! de Celestine BELLA AWONO sera à l’honneur. L’auteure a fait un don de 15 exemplaires au club de lecture.



    ACOLITT, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com

  • CONFÉRENCE DES BIBLIOTHÉCAIRES AU GOETHE-INSTITUT KAMERUN : LA PART D’ACOLITT

    Qu’est-ce qu’un.e bibliothécaire ? Quelles sont ses missions ? Qu’est-ce qu’un bibliothécaire à l’ère de l’IA ? C’est quoi un parti politique ? Etc.

    Du 11 au 12 juin 2025, le Goethe-Institut Kamerun a été le théâtre et l’organisateur de la Conférence des bibliothécaires du Cameroun. Un événement qui a connu la participation de dizaines de bibliothécaires des institutions camerounaises privées, publiques, scolaires, universitaires… professionnel.le.s et non formé.e.s (formation académique) exerçant dans une bibliothèque ou un centre de documentation, et plusieurs autres acteurs de la chaîne du livre.

    Conférences, ateliers, exposition, réseautage… ont meublé cette initiative qui, sans nul doute, laissera de belles séquelles à la profession.

    Ces dates coïncidant avec des évènements désormais habituels du Goethe-Institut Kamerun, les participants ont eu l’opportunité d’assister à :
    – « L’Aprem du livre » avec l’essai  »Le parti politique en raccourci et en français facile » de Emmanuel Denis MASSAGA MBOUET, le 11 juin à 17h00
    – « 1 JOUR 1 MÉTIER » avec en guests Claudia HOLZMANN et Charles Kamdem, tous deux bibliothécaires et responsables de bibliothèques, le 12 juin à 17h

    Cette conférence a été l’occasion pour nous de  faire une réflexion sur la qualité des livres acquis par les bibliothèques, sur les attentes des usagers, sur les attitudes et habitudes à adopter, pour que la Bibliothèque ne meurt plus.

    Parce que nous sommes pour une littérature dynamique, nous ne pouvions pas manquer la cérémonie organisée par L’Encre des Mum, Collectif des écrivains à l’Institut français du Cameroun antenne de Yaoundé, qui visait à présenter leur revue « L’Echo de l’encre des Mums ». C’était l’occasion de découvrir les livres des auteur.e.s de ce collectif, tel.le.s que : Viviane Moluh Peyou Auteure, Serges Ngounga, Pierre Pochangou officiel, Amina Ndam, Soilihou Mforain – Salif et la liste n’est pas exhaustive. Cette revue est gratuite et disponible ici


    Deux jours bien remplis et ce n’est pas fini !!! Ce 14 juin, le Goethe-Institut Kamerun réouvre officiellement ses portes, après près d’un an de fermeture pour travaux de rénovation. Dès 10h, retrouvons-nous pour vivre ce moment… Et ce, jusqu’à 22h. Notez le njoka littéraire !

  • BIOLITT : Serges NGOUNGA, écrivain camerounais

    Depuis 2008, Serges NGOUNGA mène une vie d’écrivain qui, progressivement, prend de la place dans sa vie.

    De formation universitaire littéraire et communication, il poursuit son cheminement littéraire et artistique à travers plusieurs publications et projets culturels qu’il mène au sein des associations et des groupes de réflexions et d’actions.

    Au fil de ses productions littéraires, l’écrivain développe plusieurs thématiques : l’importance de l’identité culturelle, l’appréciation de la nature, la spiritualité, les voyages, la culture, et les valeurs humanistes.

    Depuis sa jeunesse, ce passionné de littérature, d’histoire, de culture et de traditions, considère ses écrits comme un arbre qui raconte au fil des pages sa vision du monde. Les racines de cet arbre sont plongées dans ses valeurs africaines, son tronc est teinté d’un optimisme et d’une résilience bienveillante. Ce qui donne à cet arbre, des branches capables d’aller à l’écoute des autres, pour un partage sans cesse enrichissant.

    Serges NGOUNGA invite ses lecteurs au cœur d’un voyage essentiel qui sans cesse transcende et dépasse le réel pour un meilleur enchantement des sens.

    SES LIVRES

    Le Nguon expliqué à mon fils… et présenté au monde : Le devoir de transmission (2024) – Récit jeunesse

    VISION & GRANDEUR DU PEUPLE BAMOUN : Du temporel à l’intemporel (2021) – Beau-livre

    Les racines du bien, ou la parenthèse enchantée (2022) – Poésie

    Des larmes aux étoiles – Textes à l’absente (2023) – Poésie

    Au fil du voyage (2008) – Poésie (en rupture de stock p

    Eugène Njo-Léa (1931-2006) : Un sportif – Un militant – Un diplomate (2025)

    Il

    Serges NGOUNGA est le président actuel de l’Amicale des Auteurs Camerounais de la Diaspora (AMACAD). Une récente association qui mène son bout de chemin depuis le début de l’année 2025 à travers salons et festivals du livre.

    POUR SERGES NGOUNGA…

    « Un écrivain est un artiste qui voyage en permanence en lui et hors de lui. Il dépasse les frontières invisibles du temps et de l’espace… Par l’imagination, il tente à sa manière de tutoyer la part de divinité en chacun de nous pour le bonheur d’un plus grand nombre d’humains-lecteurs ».