


Si le livre et la lecture sont de plus en plus mis en avant, promus à travers le monde, présentés comme les clés de l’amélioration de la condition humaine, soutenus comme des outils majeurs pour l’éducation de qualité, il continue de se poser la grande question de leur qualité propre ; notamment concernant leur capacité à remplir le rôle qui leur est attribué.
C’est ici qu’intervient la critique littéraire, et le regard que la scène littéraire lui porte, de façon globale porte sur le jugement des œuvres qui constituent sa substance.
CE QUI SEMBLE NE PAS SATISFAIRE
Du critique littéraire, il a toujours été espéré un regard qui permette au livre de s’épanouir et porter haut et loin, par-delà les frontières et les ressentis propres à son auteur, les perspectives d’une culture, d’un contexte et d’une ambition qui ne sauraient se limiter à la publication d’un livre pour un public bien souvent prédéfini.
En réalisant que l’intérêt est surtout pour les livres dits des grands éditeurs (occidentaux) et quelques rares des personnes qui leur sont intimes, le public a commencé à perdre foi en la voix de ces personnes censées les orienter quant aux lectures, et leur indiquer aussi le niveau actuel de l’écriture sur le continent. Au Cameroun où les exigences sont de plus en plus marquées, parfois confondues à des questions personnelles entre les critiques et les auteurs, la situation représente une véritable crise pour l’épanouissement de la Littérature.
L’IDEE DE LA SECRILO
Il était donc urgent de mettre sur la table ces questions qui fâchent, les présenter à la scène globale du livre, afin de réaliser ensemble une ouverture vers une critique littéraire saine et constructive.

L’équipe d’ACOLITT a pensé à rien de moins qu’une série d’échanges autour des divers aspects de la critique littéraire, en prenant le soin de donner la parole à chaque maillon de la chaîne du Livre, pour qu’elle puisse exprimer sa propre expérience de cet exercice si particulier.














Du 21 au 26 avril 2025, les rencontres s’enchaîneront avec des panélistes de divers horizons, d’Afrique et d’ailleurs, professionnels du livres et observateurs passionnés.















ACOLITT s’est surtout penchée sur l’authenticité de ce qui pèse sur le livre, du point de vue de la critique littéraire, pour ouvrir les discussions autour des divers thèmes qu’elle a proposés et auxquels les participants ont adhéré, chacun en fonction de ses compétences et de la nécessité d’un discours approprié, afin de faire entendre sa voix et faire suivre son regard.








VERS UN LIVRE ÉPANOUI
Le rappeler ne serait jamais assez : le Livre a besoin de s’épanouir pour librement s’affirmer. Contrairement aux décennies précédentes où peu de livres d’auteurs africains circulaient sur le continent, nous observons des milliers de publications par an. Ceci conduit à une conclusion simple : les plumes ont de plus en plus besoin de s’exprimer. Leur encadrement passe donc aussi par l’identification des ressources capables de les porter, avec leurs forces et leurs faiblesses, vers leurs ambitions.




La SECRILO (Semaine de la Critique Littéraire Online) apparaît alors comme un outil de mise en lumière et d’apaisement ; il faut le dire, là où vient la critique littéraire, viennent d’abord les conflits, et très souvent d’égos. La nécessité d’échanges ouverts s’impose naturellement, si l’on comprend que les attentes des uns doivent s’harmoniser avec les exigences des autres. Sans cela, le rêve du livre de qualité continuera de se vivre dans un rêve sans perspective de se réaliser pleinement.




L’espoir qui repose sur cet événement exclusivement en ligne (pour permettre à tout le monde de le vivre), soulève un intérêt vital pour la (re)construction d’une Littérature qui reconnaît et apprécie les valeurs du Livre de façon objective et libre. Toutes les races, nationalités, terres, sensibilités qui ont accepté d’enrichir cette semaine à venir, sont d’une passion à saluer et surtout à recommander.
Ray N


Je suis Yacinthe Maeva Guedjeu, étudiante en école de Travail Social à l’Université d’Ottawa. J’ai fait des études de littérature à l’Université de Douala. Je suis passionnée de l’art depuis mon plus jeune âge. Tout ce qui émanait de la créativité m’a toujours fascinée : les douces mélodies, les peintures, le dessin, la danse, mais particulièrement la beauté des mots.
J’ai fait la rencontre avec le livre deux fois au cours de ma vie. La première était comme une évidence. Moi, enfant, sautant d’une bande dessinée à l’autre ; je semblais être née pour cela. Jamais personne n’a vraiment questionné ce lien, ni mes parents ni moi.
Adolescente, entre les Harlequins, les collections interminables de Barbara Cartland et mes livres au programme que je grignotais toute la journée, la lecture était devenue banale. Je lisais par habitude. C’était aussi banal que de laver la vaisselle le matin. On ne se pose pas de question. On le fait tout simplement.
À l’Université, j’ai redécouvert les livres. Je réalisais alors qu’au-delà de la beauté des mots, le livre était un engagement envers soi-même, envers les codes du milieu littéraire et envers l’humanité. Je les voyais désormais comme des voix inspirantes et je souhaitais joindre ma voix à cette symphonie. Désormais, je disséquais les livres avec un regard chirurgical. Je souhaitais comprendre quelle formule utilisaient les grands auteurs pour produire des émotions. Plus je découvrais des choses, plus j’apprenais à être moi-même. Plus je lisais, plus je découvrais les livres qui manquaient à mon chevet. Et c’est ceux-là que je devais écrire finalement. Je me suis découverte au travers des milliers de livres. Page après page, après chaque morceau de l’expression humaine que je rencontrais, se formait ma véritable identité. Une fresque. Une immense fresque inachevée.
Le livre a fait de moi un brouillon qui se réinvente tous les jours.


« Enfant timide, j’ai appris à sortir les mots des lignes, à les vivre. »
Je suis née avec des troubles Dys. Ce sont des difficultés d’apprentissages pour l’acquisition du langage, de la lecture, de l’écriture, du calcul, de la planification… Je les cumule tous avec d’autres neuroatypies. J’ai dû apprendre à être persévérante en oubliant que cela générerait plus de fatigue.
J’ai adoré lire les livres de Babar. Les mots étaient liés à des images. C’est un jeu qui consiste à deviner le mot mais aussi à décrire l’image entière en face qui reprend cette banque d’images. Babar était installé sur le canapé à raconter des histoires. Ce qui exprime l’envie de se poser et de découvrir. Qui n’a pas rêvé d’entrer dans le livre comme dans le film d’une histoire sans fin ?
J’ai adoré aller à la bibliothèque. Sentir cette odeur particulière, découvrir les nouveautés, écouter les contes. D’ailleurs, je rêve d’en avoir une gigantesque.
Puis, j’ai été sélectionnée à l’école pour faire du théâtre. Enfant timide, j’ai appris à sortir les mots des lignes, à les vivre. Je me souviens de mon rôle de « Mère louve » dans la comédie musicale « Le livre de la jungle » joué en CM2. Et puis on chantait aussi, comme « Kumbaya my love ». Oui le Gospel, le chant poétique qui vous prend par les tripes.
J’ai adoré les livres de la collection « Bibliothèque rose » et « verte ». Je les regrette d’ailleurs, car il y avait des illustrations et j’aimais la texture vieillit du papier.
Au collège, j’ai participé à un concours de poésie où j’ai déclamé « la Cigale et la Fourmi » de Jean de la Fontaine. Cela m’a plongé davantage à poursuivre le théâtre.
J’ai adoré lire des livres à l’eau de rose comme ceux de science-fiction. C’était aussi la mode des chairs de poule.
Et puis en 2020, je me suis mise à écrire sur mes plaies listes de musique. Play : jouer, plaisir, et blessures. Le langage des oiseaux a sifflé mon inspiration pour devenir du slam, rap, théâtre, poétique art thérapeutique. Tout ce que j’ai appris en mix média, même dans l’imagerie des mots, est devenue mon abécédaire.
Je suis devenue la Marianne Joconde, dramaturge de ma vie. Je compose, je mixe. Je m’inspire de références et je vais plus loin.
Il y a le passé, le présent, et le futur. Je navigue entre nostalgies et ma vision du monde. Je défends la culture pour tous avec un aspect art thérapeutique. Quand je lis, je dois vivre l’histoire visuellement, auditivement et de façon kinesthésique. Tout passe en sl’âme. Je me nourris chaque jour de l’intelligence collective.
Je tiens à l’édition du livre en papier, avec des illustrations, des couleurs, des textures, tout ce qui donne envie de lire et de vibrer. Je vais reprendre mes études en licence Art et Spectacles pour nourrir davantage mon expérience de vie avec les livres. Ainsi je deviendrai une artiste et art thérapeute accomplie, car je rêve de monter mes spectacles de type « Muppets Show ». D’ailleurs, les personnages de la rue sésame (Sesame Street) avec Bart et Ernest sont d’excellent vecteur d’apprentissage qui donne le goût d’apprendre et de s’en souvenir. Car aujourd’hui, avec persévérance, j’ai pu débloquer de nombreux freins d’apprentissage. Je suis née dys, je mourrai dys, mais j’ai su comment m’en servir et en faire une force.
J’ai écris mes recueils sans tricher sur ma personnalité ni mon schéma de pensée neuroatypique. Je suis authentique et livresque.


Quand elle est établie en 1999, la journée mondiale de la poésie apparaît comme une occasion de célébrer la lecture, l’écriture, la publication et l’enseignement de cet art. Les mouvements poétiques à travers le monde y voient alors une forme de reconnaissance de leurs activités pour préserver et accroître la présence de ce genre dans la communauté littéraire et la société. Une telle journée sert aussi à reconnaître l’universalité de la poésie et surtout cette nature profonde qui fait d’elle l’âme de toutes les autres beautés et formes d’expressions artistiques.
Un an plus tôt, alors que la France remporte la première coupe du monde de football de son histoire, et face au Brésil de Ronaldo, portée par un Zinedine Zidane d’une virtuosité exceptionnelle sur le terrain, le Président Jacques Chirac le compare alors à un poète. Et la poésie, par-delà cette indéniable beauté dans l’être et l’attitude, dans les expressions de sagesses, dans les mouvements unifiant le corps et l’esprit, se vit aussi au quotidien dans les aubes et les crépuscules, les sourires à l’inconnu, la naissance d’une fleur, la mort d’un cygne, la Passion du Christ… Et même au cœur des tristesses les plus sombres ; ne dit-on pas des femmes duala (Littoral, Cameroun) qu’elles pleurent leurs défunts avec poésie, tant elles y abandonnent le dernier amour qu’il leur reste du moment, devenues la douleur que leur être exprime.
La poésie porte cette liberté que ne contraint aucun regard, aucune circonstance ; elle est libre par elle-même et encore plus libre quand elle ne se soucie pas des libertés. Nulle plume au fait de la poésie ne s’écrie : « Je suis poète ! », car il est cette question : Qui n’est pas poète, au fond ?
Alors…
En 2015, Grand Corps Malade pense que la poésie, c’est essayer de rendre jolies des choses qui pourtant nous sont très proches et très communes (in La Poésie, c’est quoi ?, www.radiofrance.fr)
Mais est-ce l’auteur qui essaie de rendre la nature jolie ou c’est la nature qui lui révèle cette beauté qu’il vient transmettre au bout de sa plume. N’irons-nous pas plutôt vers Théo Ananissoh, écrivain togolais dont les romans se caractérisent par une description poétique remarquable du paysage ? « La nature est généreuse, c’est l’esprit qui est peu cultivé » (Perdre le corps, Gallimard).
La poésie est là bien avant l’être humain. La Nature est poésie. Tout autour de nous est investi d’une âme qui ne demande que notre attention, notre écoute, notre passion, afin de nous transmettre à nouveau cet héritage dont nous nous éloignons avec nos volontés de rendre beau ou agréable ce qui ne l’est pas. Cela n’est dû qu’à notre faible communion avec la nature, l’espace qui nous entoure, la terre qui nous porte… les objets de notre routine devenus trop communs à nos yeux et plus assez intéressants pour nos plumes. Nous n’opérons aucune chirurgie esthétique en célébrant ce qui paraissait pâle ou fade ; la poésie nous rend simplement notre gratitude, notre humanité.
Ainsi, l’on ne dira plus que des textes manquent d’âme. L’on ne prétendra plus que la poésie n’est pas faite pour être comprise, et qu’il faut absolument la présence du poète pour expliquer son écriture. Mais qui parle d’explication… Le lecteur ne demande qu’à vivre, qu’il comprenne ou pas. Qui a besoin de comprendre l’amour quand le ressentir élève bien plus qu’espéré…
Il faut être libre. Authentique. Là où on se trouve. Se dire comme si l’on ne devait sa capacité à parler de soi à personne ; parce qu’on ne la doit à personne. La poésie est l’art par excellence de la liberté, puisque c’est la première expression qui vient naturellement. On n’enseigne pas les émotions, on dispose l’esprit à une discipline propre à son potentiel afin qu’il puisse les offrir avec leur intimité. Leur poésie.
Aujourd’hui, soyons libres ! Disons les poèmes de nos envies, de nos désirs, de nos frustrations, de nos espoirs, de nos inconforts, de nos folies… Ne les disons plus nègres pour nous défendre, ne les disons plus pauvres pour nous justifier, ne les disons plus libres pour nous consoler… Disons-les comme ils sont parce que nous sommes… Ne prenons aucun prétexte de diversité, d’inclusion, de tolérance, d’égalité… si ce n’est à l’égard de la nature…
Et demain, quand cette journée sera passée, quand on ne sera plus au 21 mars, quand on ne sera plus dans aucun calendrier, quand il ne restera plus de nous que des souffles errants… continuons d’être de notre naturelle éternité, puisque nous sommes éternels de Poésie. De Liberté. Que les plumes, si seules elles œuvrent, les groupes ou associations, unissent leurs élans au nom de la Poésie et explorent encore plus leurs libertés, pour une plus grande valorisation de la nature et une meilleure expression de sa poésie.
Rien ne sera authentique si l’on s’en tient à une journée pour l’expression de la passion immense à l’endroit de la Poésie. Nous avons le devoir d’être permanents dans nos activités pour permettre à ce genre de retrouver toute la considération que le passé lui avait apportée. La nécessité d’une communauté solide et solidaire n’est plus à démontrer ; pour cela, il suffit de mener diverses action parmi lesquelles :
– Des ateliers de créativité
– Des rencontres autour des œuvres de poésie d’auteurs locaux
– Des échanges sur la qualité de la poésie
La promotion de la poésie auprès des élèves, des étudiants, des travailleurs et autres secteurs de la société (prisons, hôpitaux, centres d’accueil, orphelinats…)
– La distinction des auteurs de poésie à l’échelle locale
– Des spectacles ouverts de déclamations…
Voilà comment nous pouvons construire un plus bel héritage dès aujourd’hui.
Ray NDÉBI


De son vrai nom NDAYOU NGOUPOUT Khamilou, Khamila Ndayou est une auteure de poèmes et de nouvelles. Elle est originaire du Noun (Ouest Cameroun), passionnée de livres, avec une licence en sociologie option Population et développement obtenue à l’Université de Yaoundé 1.
Son entrée dans le monde de l’écriture se tient au lycée, à travers des poèmes qu’elle écrits sur des papiers décorés et qu’elle partage avec son entourage qui n’hésite pas d’apprécier ses écrits et de l’encourager. Ces mêmes textes poétiques tomberont plutard entre les mains de ses enseignants, qui l’encourageront à représenter son lycée à certaines compétitions littéraires. De là, elle y découvre en l’écriture une passion dont elle ne pourra plus se détacher.
En mars 2024, elle a 20 ans quand elle est lauréate d’un concours d’écriture qui a pour objectif de mettre en valeur la plume féminine : le concours « Dames de Lettres » organisé par les Editions ECLOSION et dont sa première édition se tenait la même année. Un mois avant, elle fera partie des cinq lauréats du concours « Encre de jeunes » organisé par la même maison d’édition.
Khamila est toujours en quête d’apprentissage et d’évaluation. Sa persévérance et son courage la poussent à poursuivre plusieurs défis à l’échelle internationale. C’est ainsi qu’elle a décidé de s’inscrire au concours d’écriture « Prix Petit Écrivain» catégorie « Étudiants ». Il s’agit d’un concours littéraire ouvert à une centaine d’universités, des centres de formation d’Afrique centrale et regroupant des milliers d’étudiants africains.

Toujours en 2024, elle est classée 4ème à ce Prix du Petit Ecrivain (PPE) niveau étudiant à l’international.

Le 8 septembre 2024, au sein de l’Institut Français du Cameroun, elle reçoit la distinction dénommée « Coup de Cœur du jury ».


« Je franchissais le mur de la paroisse catholique pour lire… »
Ma mère et moi étions allées en visite chez l’une de ses amies. J’avais huit ans. Cette tantine avait une fille avec laquelle j’aimais jouer. Ce jour-là, à peine arrivée, j’ai vu un livre qui traînait dans un coin. Au lieu de jouer avec mon amie, je me suis jetée sur le livre. Moi qui n’étais habituée qu’à mes livres de classe, ma joie était débordante.
De retour à la maison, je ne redescendais pas de mon nuage. Je cherchais à savoir où je pouvais trouver des livres dans une ville qui n’avait pas de bibliothèque. Une camarade de classe m’informa que la paroisse catholique en avait une.
Je voulais y aller pour lire. Mais je suis musulmane. Mon père est Imam. Comment aurais-je pu justifier mon entrée dans cette paroisse, si mes oncles assis en face de la paroisse venaient à m’apercevoir ? Voilà une équation à plusieurs inconnues qu’il fallait résoudre.
Je me rendis vite compte que le mur arrière de la paroisse était ma seule solution pour atteindre mon trésor. Près du mur, un arbre dépassait. J’étais frêle, mais me sous-estimer était une mauvaise idée. Je grimpai sur l’arbre, atteignis le haut du mur et me voilà dans la cour arrière de la paroisse. J’entrai dans la paroisse, puis dans la bibliothèque, après avoir répondu aux questions du prêtre visiblement étonné de me voir là. Je sentais bien les regards curieux sur moi, qu’importe, mon trésor m’appelait. Je franchissais ainsi ce mur chaque fois que j’avais l’occasion de m’échapper de la maison.
Un soir, de retour à la maison, mon père m’attendait avec les branches du Nimier, signe que j’avais commis une faute et qu’il entendait me corriger pour cela. Il me demanda d’un ton très calme :
– Amal, qu’est-ce que tu vas chercher à la paroisse catholique ?
La tête baissée et prête pour l’orage, je répondis :
– Papa, je pars à la paroisse pour lire les livres à la bibliothèque.
Je levai légèrement la tête, pour voir venir la tempête. Il me demanda toujours aussi calme :
– Quels types de livres ?
Je commençai à lui réciter les titres de tous les livres que j’avais déjà lus. Mon père parut impressionné, bluffé.
– Et pourquoi tu escalades le mur ? me coupa-t-il.
– Parce que je suis musulmane. Je ne voulais pas qu’on me voie entrer dans la paroisse.
Mon père soupira et secoua la tête. Il se leva lourdement et me lança :
– Tu es trop bête ! La prochaine fois, entre par le portail.


Journaliste culturel, écrivain, critique littéraire et cinéaste, Babacar Korjo Ndiaye est une figure incontournable de la scène culturelle sénégalaise. Il exerce comme journaliste au quotidien Le Témoin, où il analyse et met en lumière les dynamiques littéraires et artistiques. En 2024, il a été distingué par le Prix spécial Ibrahima Sall de la chronique littéraire, récompensant son engagement et la qualité de ses analyses dans le domaine du livre et des lettres.
Auteur prolifique, il a signé plusieurs ouvrages, dont Tanor, le sexe fort, Nymphéa, Danses et Chants d’antan et Waaw Kumba. À travers ses écrits, il explore avec finesse la richesse de l’imaginaire africain, entre traditions et modernité.
Depuis 2014, il dirige Sénégal Njaay, un magazine littéraire de référence qui célèbre la création et la critique littéraire au Sénégal et au-delà. Engagé dans la valorisation du patrimoine oral, il a animé des soirées de contes africains à l’espace Tabadoul de Tanger, contribuant ainsi à la transmission des récits ancestraux.

Son intérêt pour le septième art l’a conduit à devenir scénariste et réalisateur. Il a participé à la réalisation du film Toi aussi comme les autres à Tanger, en collaboration avec des artistes d’Espace Pandora. En 2019, il a écrit le scénario et coréalisé Tanor, le sexe fort, affirmant ainsi sa vision engagée du cinéma.
Entre écriture, journalisme et cinéma, Babacar KORJO NDIAYE s’impose comme un acteur majeur de la culture, tissant des passerelles entre les disciplines et les continents.


A l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, le 7 mars 2025, le Centre de Lecture d’initiation et d’Intégration à la culture (CLIIC) a organisé un atelier d’écriture et de lecture auprès des élèves de CMI et CMII du Complexe Scolaire Bilingue Les Myriades, établissement situé à Ebogo, sur la route qui mène à Soa (centre Cameroun), avec des plumes camerounaises.













Trois femmes et un homme, trois auteures et un auteur, une « polygamie » qui a su répondre aux attentes du CLIIC. En effet, c’est avec un réel enthousiasme que les cibles, réparties en cinq groupes, ont but les explications des formateurs comme du petit lait, exprimant leur désir d’écrire, très prochainement, leurs livres.
Parce que ACOLITT est pour une littérature dynamique en plus de son partenariat solide avec le CLIIC, sa présidente, Pauline ONGONO, était sur les lieux.
Nous félicitons le CLIIC pour cette initiative. Puisse-t-il les multiplier ! Se rapprocher de la cible, s’investir réellement en littérature, restent de belles façons de fixer l’intérêt pour le livre.