
Je me souviens de ce moment… C’était juste magique. Recevoir un prix en littérature, waouh ! C’était merveilleux ! Je venais d’être reconnu écrivain. Merci à Eclosion et à sa directrice, Mme Noah, pour ce grand projet qui est ÓSU. Sans ce concours, probablement, je serais retourné voir un éditeur Européen ou Sénégalais. Mais voilà ! Je suis édité au Cameroun et je gagne. Belle aventure ! Je vais la continuer.
Bonjour, David Serge MVOMO et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présentez-vous ?
Merci pour ce moment que vous m’accordez. Qu’est-ce que je peux dire ? David Serge Mvomo est un homme comme tous les autres, couvert, un peu humoriste à l’occasion, souriant, aimant découvrir des choses, comprendre comment elles fonctionnent ; j’aime tout ce qui est harmonieux, positif, simple. Voilà un peu comment je me présente. Mais vous savez, il n’est pas facile de se présenter en fait. Il est plus aisé de laisser les autres vous connaître et de se faire leur propre idée sur vous.
Vous êtes l’auteur de la pièce de théâtre « On a volé Dieu ! » paru aux éditions ECLOSION. De quoi s’agit-il ?
« On a volé Dieu ! » est une mise en scène de notre société en général et principalement notre relation avec Dieu. Comment vivons-nous notre réalité chrétienne ? Est-ce comme nous la connaissons depuis que nous sommes sur terre ? Je veux dire que nous naissons dans des familles qui, la plupart du temps, sont déjà religieuses, et nous, nous ne cherchons plus à connaître Dieu ; nous nous contentons de ce que nous venons trouver et disons simplement « Amen ! Alléluia ! » (une façon de dire : je vais encore chercher quoi ?). « On a volé Dieu ! » veut simplement montrer aux lecteurs un côté qu’il doivent connaître sur cet aspect de la croyance en Dieu,

la véritable vie chrétienne par exemple. Beaucoup de chrétiens ne savent pas ce que c’est que l’Eglise, qui est l’homme de Dieu, comment fonctionne la vie chrétienne… Beaucoup ne savent pas que c’est nous qui pouvons hâter la seconde venue du Seigneur… Bref, « On a volé Dieu ! » est un miroir pour nous, elle nous permet de changer, d’avoir un nouveau regard dans ce que je connais peu comme le disait René Descartes : « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle » Je mets en scène un jeune Eto’o, qui a une vision différente des choses, face à Voundi, un bon religieux.
Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec cette pièce de théâtre, le lauréat de l’édition 1 du prix littéraire ÓSU «catégorie théâtre» qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.
Mon aventure avec Eclosion et le concours ÓSU commence le jour où je rencontre la directrice des éditions Eclosion par hasard. Elle me parle de sa maison d’édition parce que je lui dis que je suis écrivain et j’aimerais désormais me faire publier ici au pays. Alors, elle me parle du concours ÓSU et je lui dis que je vais y participer et gagner (rires). J’avais écrit cette pièce de théâtre en 2017, et j’avais aussi un essai prêt. N’ayant pas encore de roman, je me suis dit : « Je vais concourir avec la pièce de théâtre. » Je dépose mon manuscrit, et quand la liste des lauréats sort, je suis parmi. Et un soir de février 2022, je suis l’heureux lauréat dans la catégorie théâtre. Je me souviens de ce moment. C’était juste magique. Recevoir un prix en littérature, waouh ! C’était merveilleux ! Je venais d’être reconnu comme écrivain. Merci à Eclosion et à sa directrice, Mme Noah, pour ce grand projet qui est ÓSU. Sans ce concours, probablement, je serais retourné voir un éditeur européen ou sénégalais. Mais voilà, je suis édité au Cameroun et je gagne ! Belle aventure… Je vais la continuer.

Quel est votre regard sur la littérature camerounaise et sur la littérature au Cameroun ?
Le Cameroun est un grand récipient rempli de grands écrivains. Je pense que Mongo Beti peut se reposer tranquillement dans sa tombe, parce qu’il y a de la bonne relève. Je parle de Mongo Beti parce que c’est mon auteur préféré. Contrairement à la musique, sans la critiquer, la littérature au Cameroun est éducatrice. Malheureusement, elle reste uniquement dans les livres, les bibliothèques, les maisons d’édition. Les camerounais ne lisent pas. On fait plus la promotion de la musique, de la comédie. Mais le livre est en hibernation par ceux qui doivent la promouvoir. Charles Ateba Yéné disait : « Je vais maintenant commencer à chanter et là, les gens pourront écouter ce que je dis ». Il y a plus de bars, de snack et autres, mais très peu d’espaces de lecture. Au Tchad où j’ai fait une partie de mes études, chaque quartier dans la ville de N’Djaména a au moins deux bibliothèques. En classe de Terminale Philosophique ou A4, il était obligé d’être inscrit dans au moins une bibliothèque et obligation était de présenter ton reçu d’inscription au collège. Moi, j’étais inscrit dans trois bibliothèques (rires). J’ai d’ailleurs gagné le troisième prix du concours de littérature lancé par la Francophonie en 2006 pour la journée de la langue française en N’Djaména…
Donc… Notre littérature est très riche et très importante. Elle a juste besoin d’être connue, d’être promue par des concours, des Awards ; il est important de faire connaître nos écrivains et faire connaître ceux qu’ils écrivent. Une nation se bâtit par sa littérature.
Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?
Simplement qu’ils fassent leur jobs. C’est tout et rien d’autre. Merci.
Espace PUB’
La troisième édition du prix littéraire national ÓSU est lancée et va jusqu’au 31 décembre 2023. Pour cette édition, des prix dans la catégorie « langues locales » et des textes en anglais ont été ajoutés, avec le soutien de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale du Cameroun et du CERDOTOLA. Il suffit de s’inscrire à 10.000 FCFA pour tenter de gagner jusqu’à 750.000 FCFA. A vos plumes !



















































