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  • Petit détour : Les choix de l’ombre de Viviane MOLUH PEYOU, auteure camerounaise


    En cette période où l’actualité ici et ailleurs fait naître moult réflexions et débats sur notre être-au-monde et que les nouvelles de la planète remettent en question nos croyances et nos certitudes, un livre intitulé Les choix de l’ombre ne peut que susciter beaucoup de curiosité.

    En fait, dans cette œuvre rigoureusement structurée avec un sommaire, un prologue, un épilogue et un texte décliné en neuf chapitres, nous sommes conviés à un voyage dans le parcours aux multiples péripéties des protagonistes Caïn, Sonia, Zelda, au cœur de leur environnement familial et socio-professionnel. Nous découvrons ainsi les métamorphoses du jeune homme que son épouse ne reconnaît plus après un stage effectué en Allemagne. Avec la complicité de sa belle-mère Maggy, il viole sa protégée Zelda, pour s’assurer une progéniture que Sonia, son épouse depuis dix ans, semble incapable de lui offrir. Lorsque cette dernière découvre la cruelle vérité et la décision de son mari de prendre une deuxième épouse, elle choisit de quitter cette union douloureuse. Elle peut ainsi mieux soutenir sa petite sœur Zelda, sous le traumatisme d’une grossesse indésirée qui aboutit à la naissance de Nikos, fruit des affres de Caïn qu’elle offre à sa grande sœur comblée ainsi de toutes ces années sous le joug d’une apparente stérilité. Plus tard, la famille découvre interloquée les activités délictueuses du favori du clan appâté par le gain. Il est sauvé du pire in extremis par le docteur Kana, l’ange gardien des deux sœurs et par une simulation réussie de décès. Heureusement qu’à la fin, il retrouve le bonheur après son repentir auprès d’une autre épouse tandis que Sonia regagne l’amour avec Adrien Kana à la grande joie de sa Zelda consolée par le bonheur de sa sœur.


    En outre, l’auteure utilise une intrigue à la remarquable complexité pour dresser un réquisitoire sans complaisance contre les maux qui minent notre société en l’occurrence le viol, les secrets de famille, les relations difficiles avec la belle-famille, l’égoïsme et l’égocentrisme des mères manipulatrices à l’instar de Maggy qui reçoit en plein visage cette cinglante déclaration :
    « Ton égoïsme frôle la démesure. »


    Viviane MOLUH PEYOU décoche également des flèches incendiaires contre l’influence nocive des marabouts, la gestion inhumaine de la polygamie, la course débridée à la promotion facile et à l’enrichissement illicite, la cupidité, les dépenses sordides lors des obsèques et toutes les traditions immorales autour de leur organisation. Elle s’insurge aussi contre la surprotection des enfants et l’avilissement de la femme.
    Heureusement que cette toile obscure est irradiée pour l’exaltation du caractère sacré de la vie soutenu par l’équilibre raisonné entre le respect des traditions et l’exploitation des avancées prodigieuses de la science, de l’attachement aux valeurs à l’instar de la vérité, de l’intégrité, de la chasteté loin des plaisirs futiles.

    C’est dans ce contexte que la sublimation du devoir permet de jouir d’une conscience tranquille et de focaliser la sélection du partenaire de vie sur les critères à l’aune des qualités morales et non sur les valeurs éphémères.
    Dans cette perspective, elle nous exhorte sur les bienfaits du pardon, de la résilience, de la détermination ou de la gestion rigoureuse du temps et des émotions. Dans cette posture, nous serons mieux outillés pour mener le deuil des postures peu propices à notre épanouissement, capitaliser sur les cassures du chemin afin de se protéger et être différents dans la quête du bonheur personnel.


    De plus Les choix de l’ombre nous entraîne sur les hauteurs des réflexions philosophiques et ontologiques :
    • Concernant le combat manichéen entre le bien et le mal, les vicissitudes de la femme divorcée, le drame de la stérilité en Afrique, la stigmatisation des filles-mères ou les contours de la culpabilité.
    • Nous sommes ainsi embarqués sur des ratiocinations à propos du mariage, des rites du veuvage, du statut de la femme ou de la responsabilité individuelle et collective.

    En outre, la narration se situe dans un ancrage spatial aux repères précis qui nous plongent dans le terroir camerounais pour une immersion assumée dans nos us et coutumes. Nous nous identifions aisément à l’évocation des lieux aux consonances bien de chez nous comme Douala ou Kribi mais aussi à l’ouverture au monde qui nous transporte en Guinée, au Kenya, en Afrique du Sud, aux Qatar, aux Seychelles ou en Allemagne.


    Au point de vue formel, l’écriture accessible de la romancière se déploie en vue d’un délicieux régal esthétique dans le mélange des registres en toute subtilité des parlers populaires aux réflexions métaphysiques servies dans un style soutenu, contraste lumineux entre des énoncés comme en P.18 : « Ne te bourre pas le crâne avec les stupidités qu’ils ne cessent de te répéter. » ou en P.87 : « Après m’avoir lavée, rincée et séchée » ou les questions rhétoriques au service de l’argumentation à l’exemple de la P.18 : « Où était le grand frère attentionné qui avait promis de toujours veiller sur son bien-être ? » ou en P.19 : « Quels conseils ne t’ai-je pas prodigués sur les pièges des hommes ? »


    Cette écriture à la portée de tous débouche sur une production à l’intérêt didactique indéniable assuré par des nombreux dictons et des déclarations sentencieuses comme en P.27 : « Le linge sale se lave en famille. » ou « l’erreur est humaine. » ; P.42 : « On ne redresse pas un poisson sec au risque de la casser. » ; P.88 : « Dieu lui-même a abandonné les marmites cocottes anciennes et la pierre à écraser pour s’essayer aux cocottes minutes et aux mixeurs. » et en P.71 : « Si tu te retrouves dans la forêt, et que tu passes deux fois devant le même arbre, sache que tu es perdu. » ; Ou encore ce long extrait de D. Ives, P. 171 sur le droit d’être soi.

    Puis, nous savourons les descriptions pittoresques comme en P.66 : « Deux perles brunes aux silhouettes sculptées avec soin et aux jambes interminables. » ou les images scintillantes en comparaison P.9 : « Tel un voile subissant les affres d’une tempête.» ; en métaphores P.21 : « Que l’aile qui t’a abritée puisse se retrouver à voltiger dehors sans une destination parce qu’une autre sera venue profiter du fruit de ses sacrifices» ; en allégorie en P.68 : « Ce chapitre de ma vie est achevé et dans le livre de ma vie, il y a encore de nombreuses pages blanches à remplir. Je vais m’y atteler en prenant soin cette fois de bien choisir les mots qui s’y coucheront. » ; Mais aussi des accumulations P.126 : « Ni morgue, ni discours hypocrites, ni perruques de deux mètres au vent… » Et des invectives hautes en couleur comme en P.78 pour mettre en exergue le drame de la stérilité :
    « Rivière sans eau, arbre sans fruits. »
    « Une pimbêche de ton espèce s’est confortablement installée chez lui tel un parasite. »

    D’un autre point de vue, nous sommes séduits par la gestion originale de la trame temporelle avec ses analepses, l’onomastique significative suggérant tout un programme avec Caïn, Nanak, Njùssà, Kana ou Nji Mgbetkom qui rehausse la couleur locale de ce réaliste.
    De même, nous sommes enrichis par la culture gréco-romaine de l’écrivaine qui évoque « les bras de Morphée » dès la P.8, mais aussi par son enracinement culturel avec les conteurs des rythmes Mèndou de son Noun natal ou coupé décalé de DJ Kérosène avec « le boss c’est moi », clin d’œil coquin à certains lecteurs dans l’air du temps.
    Nous sommes également bercés par les envolées à la veine poétique de la P.169 : « A chaque voyage par ici, mon âme trouve la paix dans le vent, le sable, le bruit de l’eau qui va et qui vient. »

    En somme, si nous déplorons le caractère vraisemblable de cette histoire qui s’achève comme dans nos rêves et la présence des coquilles qui seront certainement corrigées lors des prochaines éditions, nous relevons que ce roman est recommandable à plus d’un titre, dans la mesure où il nous garde en haleine jusqu’à la dernière ligne. De plus, il aborde avec dextérité des thèmes délicats avec les subtilités d’une bienséante maturité. Nous pouvons alors nous plonger dans une prise de conscience salutaire et une méditation en toute sincérité sur notre être-au-monde en toute responsabilité afin de produire un impact positif autour de nous. De surcroît, ce livre promeut les valeurs éthiques avec pour point d’orgue le pardon et la résilience afin de rejeter la posture d’esclave face à l’opinion des autres, prendre résolument sa destinée et son bonheur en main afin de préserver l’équilibre, la sérénité dans nos vies individuelles, dans notre microcosme et surtout notre planète dans ce contexte délétère dont nous sommes tous bien conscients.


    Josée MELI AMBADIANG
    Critique littéraire camerounaise


    Vous trouverez Les choix de l’ombre au prix de 4000 XAF à ces lieux :

    CONGOBrazzaville, à la FNAC

    SENEGAL – Thiès, à la Librairie FAMA | Dakar, à la FNAC, chez Alpha Books et chez Plumes du monde

    GABON – Libreville, chez Okani Concept Store

    CONGO – Kinshasa, Commune de Kasa-ubu au LAESH: Avenue Sport N°103 | Commune de Bandalungwa  LAESH : Avenue Kimbondo n° 417

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  • Culture : Le CERDOTOLA et l’avancée de l’Afrique


    Le CERDOTOLA, un vin qui ne cesse de se bonifier

    Le Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines (CERDOTOLA), anciennement Centre Régional de Recherche et de Documentation sur les Traditions Orales et pour le Développement des Langues Africaines, est une institution inter-Etats de coopération scientifique, culturelle et diplomatique pour la préservation, la diffusion et la valorisation du patrimoine africain. Il est constitué d’un secrétariat exécutif dont le siège se trouve à Yaoundé au quartier Mimboman Liberté, et d’un laboratoire des ressources orales situé au quartier Mvan, également à Yaoundé, capitale du Cameroun. Il a été créé le 25 août 1977 sous l’impulsion de l’Unesco et de la volonté de onze Etats africains à savoir :

    Le Cameroun
    Le Tchad
    La République Centrafricaine
    La République Démocratique du Congo
    Le Congo Brazzaville
    Le Gabon
    La Guinée Equatoriale
    L’Angola
    Le Rwanda
    Le Sao Tomé et Principé
    Le Burundi


    En 2020, son statut évolue d’institution régionale à institution internationale. Œuvrant essentiellement dans le domaine des langues, de la culture et des traditions africaines, le CERDOTOLA a pour mission de :
    – Développer les moyens de collecte, d’étude, de préservation et de diffusion des civilisations africaines.
    – Assurer la formation du personnel et équiper les centres nationaux des publications africaines.
    – Développer la coopération entre les institutions nationales.
    – Coordonner les bureaux régionaux et assurer la liaison avec les instituts spécialisés, ainsi que l’accueil et le déplacement des chercheurs d’un pays à un autre.
    – Marquer la présence du continent africain dans le monde.

    Souhaité comme l’institution qui fera battre le cœur de la renaissance africaine, il est constitué de sept départements dont :
    – Le département scientifique, chargé de la recherche sur les civilisations, les pratiques et techniques traditionnelles.
    – Le département de la valorisation et des productions, chargé de la modélisation et de la valorisation des connaissances et des savoirs traditionnels.
    – La direction des services généraux et de la logistique.
    – Le laboratoire des ressources orales, chargé de la collecte et de la transcription des données linguistiques, culturelles, immatérielles et des savoirs.
    – Le cabinet du secrétariat exécutif qui est l’organe dirigeant.
    – Les bureaux pays.
    – Les Editions du CERDOTOLA, chargées de la valorisation des produits de la recherche réalisée à travers ses programmes et projets propres, mais aussi en dehors de l’institution.


    Dès ses toutes premières années, le CERDOTOLA entreprend un immense programme qui consiste à inventorier systématiquement toutes les langues parlées sur le continent. Naitra alors de ces travaux un certain nombre d’atlas linguistiques, naturellement adossés à une cartographie rigoureuse offrant une photographie pointilleuse de la situation linguistique de chacun des pays. Des travaux qui font évidemment de cette institution une référence sur le continent.



    Un homme de poigne pour tenir le bâton de commandement

    A la tête de cette institution, se trouve un secrétaire exécutif. Homme d’expérience, directeur de recherche et professeur associé dans plusieurs universités africaines et européennes, expert de l’Union africaine sur les questions culturelles, secrétaire général du Panafrican Congress of Anthropologists, membre du comité international d’experts et consultant-facilitateur de l’Unesco, auteur et éditeur, Charles Binam Bikoi est né le 26 juillet 1951 à Otélé au Cameroun ; cet agrégé de lettres et sciences humaines, spécialisé dans l’étude des civilisations anciennes et de la tradition orale, père du musicien, producteur et promoteur culturel Ruben Binam, est à la tête de cette institution depuis 2006.

    Auteur de deux œuvres à savoir :
    Contes du Cameroun qui est un assemblage de textes traduits et présentés par Charles Binam Bikoi, sous la direction d’Emmanuel Soundjock et illustrés par Charles Popineau, édité par le Conseil international de la langue française et EDICEF Paris en 1977 ;
    Mpomo, le prince de la grande rivière ; un vaste complexe narratif recueilli par bribes de la bouche de Daniel Minkang chez les Koozimé, une tribu de la forêt équatoriale qui recouvre la province de l’Est Cameroun. Paru le 01er novembre 2007 aux Editions Karthala, cet ouvrage de 469 pages relate l’histoire de Mpomo, un enfant aux capacités hors du commun dont la quadruple mission est de : établir l’ordre et la justice, restaurer la paix, bannir la sorcellerie, veiller à l’unité de la grande famille.

    Le CERDOTOLA, à travers son secrétaire exécutif, est lauréat, le 23 septembre 2018 à Francfort en Allemagne, du Prix International Awards for Excellence and Quality (IAEQ) décerné par la Business Initiative Direction (BID). Une distinction qui consacre l’effort de cette institution pour son dévouement et son engagement pour la promotion d’un développement culturellement soutenable du continent africain. Par cette même occasion, son secrétaire exécutif est nommé membre honoraire du BID.


    Impacter un peu plus chaque jour

    Conscient de ce que le livre est un outil important de propagande culturelle et qu’il peut grandement servir sa cause, le CERDOTOLA s’est constitué parrain scientifique de la deuxième édition du prix littéraire OSÚ, organisé par les Editions éclosion et soutenu par le ministère de l’éducation de base. Une deuxième édition qui met un accent sur l’originalité de l’histoire, les thèmes abordés, ainsi que les noms des lieux et personnages inspirés de nos réalités culturelles. Plus d’informations ici https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02dDnM7tnLH6uvYBfwcUT14PXAdjJxS6sst6txRtt63zaR4r6XsmzBnAU4WKFGfyZpl&id=100067235262143

    Dans le même temps, il organise, du 25 au 28 octobre 2022, la Conférence Internationale du CERDOTOLA (CIC 2022), dont le thème « Assises pour une nouvelle pensée Africaine » paraît comme la pierre angulaire de la refondation d’une identité Africaine dans un monde où la « Woke culture » gagne de plus en plus de terrain.

    Dans la guerre identitaire à laquelle se livrent tous les peuples de la planète, le CERDOTOLA se pose comme un des meilleurs régiments du continent, tant ses travaux contribuent à l’affirmation d’une identité africaine authentique et immaculée.

    La participation à la CIC 2022 est gratuite mais sous réservation (toujours gratuite). Il suffit d’envoyer un SMS ou un message WhatsApp au numéro +237678704086. La CIC 2022, une belle occasion d’enrichir son carnet d’adresses et de discuter avec des acteurs majeurs des langues et traditions africaines.


    Aubin EYIKE


  • Les 5 questions posées à Tawfiq BELFADEL, critique littéraire algérien.


    Un bon critique est avant tout un grand lecteur. En somme, faire de la critique, c’est déconstruire le livre et le reconstruire; c’est aller au-delà du résumé et du contenant (mots).


    Bonjour et merci de vous prêter à notre jeu de questions.

    Pouvez-vous vous présenter à nos abonnés ?

    Je suis enseignant de français au cycle moyen, poète, jeune écrivain et journaliste indépendant. Je suis aussi fondateur-directeur de Lecture-Monde, magazine numérique de critique littéraire, créé en 2021. Agé de 32 ans, je vis en Algérie.

    Vous êtes le récent premier lauréat du Prix NO’OCULTURES pour la critique littéraire. Sans vouloir spoiler votre critique soumise lors du concours, qu’avez-vous pensé de «Le prix du cinquième jour» de Khaoula Hosni ?

    En dehors du prix et de l’esprit de compétition, c’était un grand plaisir de lire ce roman. Il est si intéressant qu’il m’a permis de faire une critique, me semble-t-il, intéressante.

    C’est un roman profond par sa simplicité, attirant par son caractère double d’absurde-réaliste; c’est notamment un roman qui sort de l’ordinaire, des sentiers classiques de la majorité des romans maghrébins enfermés dans l’Histoire, les récits ethnographiques, et les histories d’amour au scénario typique. L’autre plaisir est que l’écrivaine est tunisienne et que le roman est ancré en Tunisie: notre Algérie a un rapport très spécifique, fort attachant au pays du jasmin.

    Entretien avec Khaoula Hosni ici : https://linelitt.wordpress.com/2022/08/05/les-5-questions-posees-a-khaoula-hosni-auteure-tunisienne-et-finaliste-du-prix-orange-pour-la-litterature-2022/


    Note de lecture, compte-rendu, critique littéraire, analyse littéraire, etc. Plusieurs s’en mêlent les pinceaux. D’après vous, que signifie faire une critique littéraire ?

    La critique littéraire est différente d’un compte rendu ou d’un simple résumé. Ce n’est pas le miroir d’un livre. C’est plutôt une lecture approfondie du texte, centrée sur le contenu de celui-ci; si elle recourt aux éléments extérieurs tels que la biographie de l’auteur et le contexte socioculturel, c’est pour mieux explorer le contenu. Elle nécessite évidemment un savoir théorique et un savoir-faire qui s‘acquiert avec la pratique. Un bon critique est avant tout un grand lecteur. En somme, faire de la critique, c’est déconstruire le livre et le reconstruire; c’est aller au-delà du résumé et du contenant (mots). À mon avis, c’est explorer ce qui n’a pas été écrit-dit dans un tel livre, pas ce qui y apparaît explicitement. Et l’avenir de la littérature dépend aussi de la critique littéraire : sans critiques professionnels et médias de critique, la littérature tombe dans le déclin et vice versa. Elles s’enrichissent réciproquement.

    Vous êtes aussi auteur, quel est votre rapport avec la critique ?

    J’ai fait des études en littérature, ce qui m’a permis d’avoir une base théorique en critique. Mais c’est en lisant davantage de livres qu’elle est devenue pour moi une passion. Au début, je publiais mes critiques dans des journaux et revues en Algérie et ailleurs. Elles récoltaient des avis positifs, voire des éloges, ce qui a renforcé cette passion. Ensuite, et après bonne réflexion, j’ai créé mon propre espace médiatique, Lecture-Monde (ouvert aussi aux contributions), qui, lui aussi, récolte de bonnes appréciations.

    Tout en faisant de la critique, je n’arrête pas de faire de la création à travers fiction et poésie. Maitriser les bases de la critique littéraire est très important, presque un devoir, pour tout auteur ; ça renforce le don et permet à l’écrivain de construire un bon récit et de tisser une belle structure. Car écrire, c’est avant tout savoir construire, voir le récit comme un système mécanique forgé d’unités interdépendantes. Le scénario, attirant ou pas, n’est qu’un prétexte. Les mots viennent après pour transcrire cette construction homogène.

    Quels sont vos cinq conseils pour écrire de bonnes critiques en littérature ?

    D’abord, il faut lire beaucoup et opter pour la diversité (auteurs de différentes cultures, périodes, langues…). Ensuite, il faut connaître le coté théorique (narratologie, comparatisme…) ; il n’est pas obligatoire d’être universitaire vu qu’il existe des livres de référence dans ce domaine, simples et intéressants. Par ailleurs, il faut écrire la critique et la publier ; ne pas la garder en tête uniquement ; ça permet une amélioration à long terme. Il faut également adopter un ton purement objectif ; la critique doit être constructive pas affective ; la biographie de l’auteur sert à analyser le livre pas à le juger ; la critique n’est pas une morale. Enfin, (avec sérieux et humour), il faut s’éloigner au maximum des réseaux sociaux pour lire beaucoup : ça gaspille des heures sur des contenus banals alors qu’on peut terminer un roman en deux heures.

    Linelitt’ et les Arts


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    Plus d’informations sur le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé à ce lien : https://linelitt.wordpress.com/2022/09/02/salafey-ils-ont-de-la-chance-ces-enfants/


  • SALAFEY : ils ont de la chance, ces enfants !


    L’identité culturelle est une chose précieuse, c’est un fait.

    Enfant, comme beaucoup d’autres, je lisais de tout. Je n’avais pas de préférence de provenance, d’auteurs, etc. Je lisais et c’est tout. A l’époque – oui, je suis vieille, les apports extérieurs (littéraires, audiovisuels…) étaient, mine de rien, très présents, et cet apport est allé croissant. Cette croissance n’est pas mauvaise en soi, mais, l’identité culturelle est une chose précieuse, c’est un fait. Les Corses ne me contrediront pas.

    Aujourd’hui, il y a ce besoin que les enfants africains n’oublient pas d’où ils viennent, et que les enfants d’autres continents apprennent les réalités de l’Afrique. Lire « Blanche Neige » est attrayant… Oui… Et si on lisait aussi « L’argent n’a pas d’oreilles » de Béatrice MENDO ou « Les fables du taxi-brousse » de Solo NIARE ? Ce serait bien, n’est-ce pas ?


    Il fallait trouver une solution

    Au Cameroun, plusieurs acteurs du livre et animateurs culturels prennent le volet littérature jeunesse en main; une jeune femme, Nadine MEKOUGOUM, a pensé un projet pour créer une réelle synergie autour du livre africain pour enfants. Vous saisissez bien la nuance, n’est-ce pas ? Il s’agit du livre pour tous les enfants présentant d’autres réalités que celles connues dans « La belle et la bête », « Arthur et les Minimoys », etc. : le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé.

    Nadine MEKOUGOUM croit au bien-être des enfants par la lecture. A travers son entreprise, Les librairies M’Wina, dans laquelle vous ne trouverez que des livres et des jouets africains pour enfants, elle mène son initiative avec le soutien de l’association littéraire Ônoan, une académie de littérature au Cameroun, pour poser les jalons de ce salon au Cameroun.

    Suivez Les librairies M’Wina ici https://www.facebook.com/BooktiquebyMwina



    Le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé

    Annoncé en 2021, le SALAFEY est un projet qui rassemblera différents acteurs du livre africain pour enfants. Auteur.e.s., éditeurs.trices, illustrateurs.trices… du Cameroun et d’ailleurs, vous présenteront des produits littéraires adaptés pour la cible. C’est d’ailleurs le premier salon au Cameroun qui met l’enfant et le livre africain au centre de l’attention. Exposition, concours de lecture, divers ateliers, récompenses, etc. meubleront cet évènement. Et tenez-vous prêts… Le parrain de cette édition n’est tout autre que l’un des écrivains jeunesse les plus prolifiques de cette dizaine d’années : Serge Alain DZOTAP.

    Ce salon, c’est aussi l’occasion d’échanger vraiment sur ce que signifie écrire pour un enfant. J’ai envie de crier fort un «Alléluia» quand je pense à un livre lu récemment par bébé ours et qui, d’après elle, devait porter la marque «15 ans et plus».

    Les inscriptions au SALAFEY se prolongent jusqu’au 15 septembre 2022 et lui-même se tiendra du 16 au 18 décembre 2022 à Yaoundé.

    Cliquez sur ce lien https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdnkjalp4LGBmmIgAVBnOFM_lhYEA_Y4sbliFr7YqbdAfpYhA/viewform?usp=pp_url
    et remplissez le formulaire. Le comité d’organisation se chargera d’enregistrer votre inscription et vous contactera chaque fois que cela sera nécessaire.

    Partenaires et mécènes

    Et si vous rejoigniez l’aventure ?
    Voici les contacts utiles pour que la fin de cette année soit inoubliable pour les enfants.
    Téléphone (appels / Whatsapp) : (+237) 698591740 / 690195126 / 674346639
    E-mail : contactmwinasarl@gmail.com

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  • Les 5 questions posées à Charles-André VIARD, auteur français


    «(…) lors de rencontres que j’ai pu faire avec toutes sortes de personnes, il en ressort, effectivement, que la poésie fait peur. Les personnes disent que c’est difficile à lire, pas toujours aisé à comprendre.»


    Bonjour, cher auteur et merci de vous prêter à notre jeu de questions.

    Bonjour, c’est avec plaisir et je vous remercie pour l’opportunité que vous me donnez, de pouvoir m’exprimer par ce moyen.

    Pouvez-vous vous présenter à nos abonnés ?

    Je suis Jean-Marc de mon vrai prénom. Charles fut le père de ma mère, André fut le père adoptif de mon père et VIARD est le nom de jeune fille de ma maman. J’ai choisi ce pseudo en l’honneur de ces personnes qui ont été importantes dans ma vie.
    Suite à d’abondantes souffrances dans mon enfance, j’ai projeté de me suicider le jour de mes 18 ans. Cinq jours avant de passer à l’acte, j’ai fait une rencontre bouleversante avec la Vie, la Lumière et, surtout, l’Amour. Cela m’a suffisamment bouleversé pour que je change tout à fait de comportement et que je donne un sens nouveau à ma vie.
    En effet, avant mes 18 ans, j’écrivais déjà de longues lignes et en particulier des poèmes qui étaient tous plus lugubres les uns que les autres. J’ai écrit également le fameux scénario de mon suicide.
    Aujourd’hui, je suis dans ma soixantième année de vie et suis toujours un homme qui a gardé son cœur d’enfant et qui rend un hymne à la vie. Je le fais par écrit et mon désir est de partager un message vivant autour de moi, plein de positivité, d’encouragement et d’espoir.

    Parlant de vos écrits, vous êtes, depuis 2020, l’auteur de «Etat de mon âme», un recueil de 150 poèmes paru chez Sydney Laurent. Qu’est-ce qui y est abordé ?

    Ce recueil de 150 poèmes correspond vraiment à l’état de mon âme. Il s’agit d’une vie dépouillée et nue. Ce n’est pas mon corps que j’expose mais le fond de mon cœur, mes sentiments.
    Il s’agit d’un recueil de poèmes ayant pour but d’encourager les lecteurs en leur montrant qu’ils ont une grande valeur, qu’ils sont aimés et ont de l’importance pour les gens qui les entourent.
    En effet, trop souvent, nous rencontrons des personnes qui se dévalorisent tout le temps ou qui ne s’aiment pas, qui ont une mauvaise opinion d’elles-mêmes et sont complexés.
    Dans la première partie : « Pour bien commencer l’année et la continuer », nous trouvons des poèmes pour chaque mois de l’année, qui correspondent à des événements particuliers, jours fériées ou anniversaires.
    Ensuite, viennent deux parties : « Santé » et « Décoration » qui parlent d’événements liés à ces sujets. Par exemple, le chapitre « Décoration » parle de la médaille que j’ai reçue, les palmes académiques.

    Puis, viennent deux gros chapitres, « Un changement de vie » et « Ma vie de foi » qui parlent de ma rencontre avec Dieu et comment cela a changé ma vie.
    Viennent enfin « Des beaux évènements » qui m’ont touché et dont je veux faire part, et « Une vie spéciale sur mon lieu de travail », des poèmes que j’avais composés pour des collègues de travail lors d’évènements spéciaux un nouveau venu ou un départ à la retraite, par exemple. Tout le monde peut se sentir concerné par ces textes.

    Le titre, « Etat de mon âme », évoque ma sensibilité, mon émotion. Ces poèmes ont été écrits dans une émotion particulière pour les personnes concernées. C’est ainsi qu’ils sont plus particulièrement touchant pour le lecteur.

    Plusieurs poètes français indiquent que la poésie ne se vend pas en France. Qu’en pensez-vous ?

    En effet, lors de rencontres que j’ai pu faire avec toutes sortes de personnes, il en ressort, effectivement, que la poésie fait peur. Les personnes disent que c’est difficile à lire, pas toujours aisé à comprendre.
    Lire des poèmes demanderait donc un certain effort. Le lectorat préfère, semble-t-il, des livres qui contiennent des histoires intéressantes, qui racontent l’histoire de certaines personnes, ou des livres policiers, des intrigues, des romans d’amour. En bref, des livres avec lesquels ils passent un bon moment qui leur permettent de sortir de la réalité.
    C’est dommage parce que certaines poésies du monde moderne ne ressemblent pas beaucoup à nos grands poètes d’antan. Les textes d’aujourd’hui semblent provenir d’un cœur qui déverse quelque chose du fond de leur cœur sur le papier pour le partager avec le public.

    Est-ce cette «marginalisation» de la poésie qui vous a poussé à vous tourner vers le roman ? Je précise que le premier d’une série de cinq a paru cette année.

    Non, pas du tout. D’ailleurs, dans mon premier roman déjà paru, il y a quelques poèmes. L’introduction du roman est une longue poésie de plusieurs lignes, quelques pages. J’aime aussi terminer un chapitre par un poème. Je continue donc d’écrire des poèmes. Malgré tout, depuis longtemps, j’aime également écrire des textes romantiques.

    De quoi parle votre roman et comment peut-on l’acheter ?

    Dans ce livre, je raconte l’histoire de Stéphane qui a quitté très jeune sa campagne pour initier un parcours tumultueux et terrifiant dans un monde faisant cohabiter débauche, perversions, alcool et drogue. Les thèmes de l’incarcération et de l’abus sexuel sur mineur sont aussi abordés.
    Le lecteur assiste à un cheminement bouleversant et courageux, laissant apparaitre une lueur d’espoir.

    C’est une histoire triste mais belle par la magie du mot « pardon ».
    Le personnage principal est fort bien décrit. Le lecteur ressentira certainement ses douleurs, ses angoisses, ses doutes grâce à l’écriture fluide et poétique que je mets à sa disposition.

    «Pardonne-moi, s’il te plaît» est disponible (certainement) dans toutes les librairies sur commande ou sur certains sites internet comme Amazon. Mais surtout, il peut être commandé auprès des Editions Des Ecrits en Or par ces contacts :
    Facebook : www.facebook.com/desecrits.enor
    E-mail : contact@desecritsenor.com


    Merci, cher Charles-André VIARD.

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    Proposez vos produits littéraires et nous nous ferons un plaisir d’en parler.

    Laissez un mail à ongonopauline18@gmail.com


    Découvrons l’Agence de Consulting Littéraire (ACOLITT) qui se propose d’être votre acolyte et de faire de votre livre, un évènement. Les contacts sont disponibles sur le visuel. N’hésitez pas !

  • Les 5 questions posées à Hélène LOBÉ, Présidente de l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire (AECI)

    «Je conseille aux jeunes plumes africaines d’expérimenter l’abnégation, l’instruction, la culture, les voyages, et l’humilité.»


    Bonjour, madame et merci de nous accorder votre temps.

    Bonjour madame. C’est moi qui vous remercie pour l’opportunité que vous m’offrez en me recevant ici.

    Vous êtes auteure, enseignante d’université, l’actuelle présidente de l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire (AECI). Que pouvons-nous savoir de plus sur vous ?

    Vous savez déjà l’essentiel sur moi. (Rires).
    Je vais cependant ajouter quelques éléments. Je suis également spécialisée en Communication pour le Changement de Comportements et le Développement Durable et Présidente d’une ONG. J’ai trois œuvres en chantier, sur ma table… C’est suffisant. D’ailleurs, je pense en avoir trop dit ! (Rires).

    Vous succédez à Macaire ETTY à la tête de l’AECI. A quelles innovations devons-nous nous attendre ?

    En premier lieu, à de la continuité dans les points positifs qui ont marqué les mandats de mes différents prédécesseurs. Il y en a de nombreux. Ensuite, les écrivains, eux-mêmes, détermineront durant des assises, les éléments clés de mon programme d’activités qui leur conviennent et y adjoindront ce qui permettra à l’AECI de faire un grand bond en avant.

    Quel est votre avis sur la littérature en Côte d’Ivoire et que décriez-vous ?

    Il y a un véritable essor de la sphère littéraire ivoirienne. C’est un excellent constat. Cependant, nous devrons œuvrer pour une meilleure reconnaissance de l’écrivain.

    L’AECI aura-t-elle un regard particulier sur les plumes en herbe ?

    Les jeunes plumes sont à encourager et à valoriser. Nous l’avons d’ailleurs prévu durant notre mandat.

    En tant qu’auteure d’une huitaine de livres, quels sont les cinq conseils d’Hélène LOBÉ aux jeunes plumes africaines ?

    Je conseille aux jeunes plumes africaines d’expérimenter l’abnégation, l’instruction, la culture, les voyages, et l’humilité.

    Madame LOBÉ, nous vous souhaitons un fructueux mandat.

    Je vous remercie, Madame !


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  • Petit détour : Sur un prélude, le déluge, mon refuge d’Angélique LEROY «La Marianne Joconde», poétesse française.

    Je connaissais déjà la poésie d’Angélique grâce à son groupe Facebook « La Marianne Joconde », mais, j’ai eu le bonheur de découvrir, plus attentivement et plus en profondeur, sa plume dans ce recueil qu’elle a eu la gentillesse de m’envoyer.

    Plus qu’un simple livre poétique, j’ai découvert des univers multiples qui entrecroisent richesse des émotions, métaphores, jeux de mots, théâtralisation, chansons, confidences et révoltes, emportant celui qui le lit dans un vertige sans fin, tant l’imagination est intense. Quelle joie de goûter à la source de ces textes et d’en apprécier toutes les saveurs, toutes les notes !

    De nombreux poèmes m’ont vraiment touchée, dont «La Dédicace à Michael Jackson». Non pas que je sois une grande fan de cet inoubliable chanteur, mais il y a quelque chose, dans cet hommage, qui le distingue des autres, tant il est intense, profond, triste, lucide, et surtout parce qu’il est peint (j’utilise volontairement ce verbe qui caractérise l’ouvrage) avec authenticité. «Disparaître : effet boogmerang !», lui aussi, m’a terriblement émue. Là, j’y ai reconnu un cœur qui saigne, un cœur qui ne demande qu’à battre et qui pourtant cherche à s’éteindre, faute d’être entendu. Tout un chacun, à un moment donné de sa vie, croise cette souffrance. L’envie de disparaître…

    Sur un prélude, le déluge, mon refuge : un titre qu’Angélique Leroy ne pouvait pas mieux choisir pour orchestrer une symphonie de mots, de couleurs et de sons. Il s’agit là, bien entendu, d’un tutoiement auquel nous sommes conviés, nous lecteurs, de ces peintures et portraits. Et c’est sur un tapis volant que l’on plonge dans le monde d’Angélique, car se faufile dans les mots, la magie de l’imaginaire qui caractérise la poétesse. Quelle magnifique aventure poétique !


    Nadine Capircio
    Poétesse, correctrice-rédactrice.
    06 Cannes.


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    Relecture et correction ? Communication autour de votre livre / évènement ou entreprise littéraire ? Traduction de votre texte écrit en français —–> anglais, chinois, italien, allemand ? Transcription (audio / vidéo —–> texte ) ?

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  • Les 5 questions posées à Wafa GHORBEL, auteure franco-tunisienne.

    «Composer des textes ou des mélodies rend l’existence plus tolérable à mes yeux…»


    Bonjour, Wafa GHORBEL. C’est un plaisir pour nous de vous adresser nos cinq questions.

    Vous avez des vies académique, littéraire et culturelle très riches. Et si on vous demandait de vous présenter en peu de mots ?

    Je suis universitaire, docteure en Littérature et Civilisation Françaises. J’ai soutenu une thèse de doctorat sur la question du Mal dans l’œuvre romanesque de Georges Bataille. J’ai d’ailleurs consacré une vingtaine d’articles à ce même penseur ainsi qu’à l’écrivaine Marguerite Duras, essentiellement. Je suis, par ailleurs, romancière. J’ai publié deux romans (un diptyque) : Le Jasmin noir et sa suite indépendante, Le Tango de la déesse des dunes. J’ai autotraduit le premier en arabe littéraire.

    Je suis de même auteure-compositrice-interprète. Je conçois des spectacles. J’ai traduit de nombreux standards du jazz, chansons françaises et titres universels en dialecte tunisien et en arabe littéraire. Je suis en train de mettre en place un projet autour des œuvres de poètes arabes contemporains.

    Composer des textes ou des mélodies rend l’existence plus tolérable à mes yeux…


    Vous êtes l’auteure de trois livres dont Le Jasmin noir paru en 2016 chez La Maison Tunisienne du Livre. On parle très souvent de bon.ne.s auteur.e.s. Pour vous qui avez à votre actif cinq prix littéraires, qu’est-ce que signifie «être un.e bon.ne auteur.e» ?

    Être un bon auteur, c’est être d’abord un bon lecteur, un grand lecteur, un lecteur passionné et un fin observateur du monde. S’imprégner aussi bien de ces lectures que de ce monde et finir par tisser ses propres histoires, par les construire de bout en bout, par les ficeler en fonction de sa culture et de son imaginaire, prendre plaisir à le faire et à transmettre ce plaisir au lecteur. Être bon écrivain ne consiste pas uniquement à savoir raconter des histoires, à maintenir le lecteur en haleine… Le coiffeur et l’épicier du coin en sont capables.

    L’histoire racontée est évidemment importante, mais c’est la façon de le faire qui importe le plus, à mon sens… La subtilité de la langue, les tournures des phrases, la musicalité des mots, la composition de l’ensemble. « De la musique avant toute chose », disait Verlaine. Un bon roman est une peinture musicale de l’imaginaire de l’écrivain qui trouverait son écho dans celui de son lecteur ; une orchestration des mots, des sons, des images ; une musicalisation et une narrativisation synchrones de l’univers.


    En plus de vos cinq prix littéraires en Tunisie, vous avez été, à plusieurs reprises, membre de jurys pour des prix littéraires nationaux et internationaux. Que pensez-vous du fait de ne jamais ou presque jamais présenter leurs faiblesses aux candidat.e.s recalé.e.s lors des concours littéraires ? Leur montrer où iels ont  »pêché » ne peut-il pas contribuer à améliorer leurs potentiels ?

    Je ne pense pas que les « candidats recalés » ou que les écrivains qui n’ont jamais décroché de prix littéraire soient faibles ou qu’ils aient des leçons à prendre des jurés. Ils ne correspondent simplement pas aux goûts littéraires de ceux-ci ou aux critères d’évaluation du prix littéraire en question. Certains grands écrivains n’ont jamais vu leurs œuvres primées. Le seul baromètre de la réussite d’un romancier, à mon sens, est le retour des lecteurs, les échos de lecture.


    Comment définissez-vous en cinq mots la littérature en Tunisie ?

    La littérature tunisienne est d’abord hétérogène : elle est essentiellement arabe et secondement francophone. Elle traite de sujets très divers. Une partie des écrivains se préoccupe du contexte tunisien (actuel ou passé). Toutefois, la nouvelle génération s’en détache souvent. Nous remarquons l’émergence des littératures de genre (science-fiction, fantasy, roman policier, thriller psychologique…) et j’y vois une rébellion contre une réalité qui ne correspond pas aux attentes de ces écrivains.

    La littérature tunisienne est moderne. C’est une littérature du contemporain qui ne verse généralement pas dans la nostalgie des temps passés, sauf exceptions.

    La littérature tunisienne se réinvente et se renouvelle. Elle refuse les ismes, les discours identitaires rigides, les clichés, les préjugés.
    C’est une littérature qui s’intéresse au monde, qui cherche à s’ouvrir, à percer, à se faire connaître, à dépasser les frontières.

    Une littérature résistante qui survit aux difficultés éditoriales et lectorales ainsi qu’aux différentes révolutions (numérique, politique, sociale…), voire, qui s’en nourrit.

    Que pensez-vous de la femme africaine dans la littérature contemporaine.

    La femme africaine occupe une place centrale dans la littérature contemporaine. Elle s’éloigne souvent des clichés de sa représentation. Elle est moins effacée, plus affirmée. Elle se rebelle, s’émancipe des traditions et se renouvelle sans cesse. Il s’agit d’une femme à identité-multiple : on ne peut pas vraiment parler d’une femme africaine, ni d’une femme maghrébine, ni d’une femme subsaharienne. Il y a autant de femmes que de pays, et même au sein du même pays, on ne peut pas vraiment cantonner la femme dans un prototype prédéfini. La littérature africaine contemporaine représente un féminin aux mille et une couleurs et saveurs.


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  • Journées du jeune cinéaste : Qui est Déva-Céleste TSAFOUET ?

    Née à Mbanga le 20 janvier 1998 dans la région du Littoral, TSAFOUET DJUIMEGUE Déva-Céleste est titulaire d’une Licence en Assistant-Réalisateur obtenue en 2021, et actuellement poursuit ses études en cinquième année Master 2 en cinéma et audiovisuel option réalisation à l’Institut des Beaux-Arts de l’Université de Douala à Nkongsamba.

    En Deuxième Année de ses études universitaires en 2020, elle fonde en le Club Cinéma et Audiovisuel de l’Institut des Beaux-Arts (CCAV). Après avoir travaillé dans quelques projets académiques (films écoles) et effectué des stages académiques au sein des structures telles que la CRTV, Les Films Terres Africaines, Festival Écrans Noirs, Les Éditons L’Ébène, CSAF PRODUCTION, Zili Jungle Studios, etc., elle a pu décrocher un poste de première assistant-réalisatrice dans le feuilleton de 52 épisodes de 26 minutes chacun : «Héroïnes en Cage» réalisé par Marie Julie NGUETSE, et le docu-fiction «Meuvungu» de Jean-Pierre BEKOLO.

    En 2021, dans le cadre de sa monographie en vue de l’obtention de son Diplôme d’Étude en Cinéma et Audiovisuel (DECA), elle réalise un court métrage de six minutes intitulé « Un Coup de Trop ». Ce court métrage a été sélectionné pour les Journées du Jeune Cinéaste 2022.

    Auteure dans le recueil de poèmes collectif « Lueurs du Matin » publié aux Éditions l’Ébène, TSAFOUET DJUIMEGUE Déva-Céleste a pour ambition d’apporter sa contribution dans le secteur Cinématographique et Audiovisuel Africains en général et Camerounais en particulier.


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  • Les 5 questions posées à Cyrille MBEUTCHA, cinéaste camerounais


    «On ne peut pas exercer la médecine sans avoir suivi une formation au préalable… C’est pareil pour le cinéma.»


    Bonjour, Cyrille MBEUTCHA et merci de répondre à nos cinq questions.

    Que représente le cinéma pour vous ?

    Le cinéma, c’est ma vie. Je ne pratique et ne vit que de ça. C’est même une obsession ; je ne me vois pas embrasser autre chose que le cinéma.

    Pour vous, qu’est-ce qu’un bon scénario ?

    C’est tout simplement celui qui est original, qui sort du lot. Un bon scenario c’est celui-là qui a une vision, un peu comme la série «24H chrono» dans laquelle on a vu, dans les premières saisons, un Noir à la Maison Blanche, et quelques années plus tard, cela s’est produit dans la réalité. Je peux aussi citer le film «Contagion» qui présente une maladie et ses symptômes semblables à ceux de la COVID-19. Voilà de bons scénarios ! On se projete dans le futur en observant la société actuelle.

    Parlant de scénario, votre film, «Le pacte», fait partie de la vingtaine retenue pour la cinquième édition des Journées du Jeune Cinéaste qui se dérouleront du 11 au 14 août 2022 à Yaoundé. Sans toutefois spoiler, de quoi parle ce film ?

    Il est dit dans la bible qu’au commencement était la parole; on nous démontre là le pouvoir, la puissance de la parole ! «Le pacte» ressort les conséquences de cette Parole énoncée lorsque des gens font face à certaines situations ! C’est une interpellation aux personnes qui se font des promesses à la volée ; ces gens qui prennent des engagements pour après être confrontés à la réalité… La nature a le pouvoir de réaliser ce qu’on lui demande fermement.

    Bande annonce de «Le pacte» ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1481897678904096&id=100012516339013


    Combien de films avez-vous réalisé ou écrit ?

    A ce jour, quatre films écrits et réalisés.

    – «Jam a ye» en 2019, sorti en 2020

    – «EFFA» en 2020, sorti en 2021.

    – «Le pacte» en 2021, sorti en 2022.

    – «Les folies de Sophie» en 2021, encore en post production.


    Quels sont vos 5 conseils aux jeunes cinéastes ?

    – Se faire former ! On ne peut pas exercer la médecine sans avoir suivi une formation au préalable… C’est pareil pour le cinéma.

    – Etre créatif et imaginatif : c’est ça qui vous distinguera des autres.

    – Etre crédible, c’est-à-dire être une personne de parole, respecter vos engagements dans les délais.

    – Etre ouvert d’esprit.

    – Regardez les films de tout genre.


    Linelitt’