Natif de l’ouest Cameroun, Cyrille MBEUTCHA est né dans la Sanaga maritime où il fait ses études primaires et secondaires. Elève au lycée bilingue d’Edéa, il intègre le club théâtre où il porte la casquette de président. Grâce à son talent de comédien, il interprète presque tous les rôles principaux de toutes les pièces écrites par le proviseur monsieur DJO’O DIZENGUE de regretté mémoire.
En 2011, il joue dans la pièce théâtrale »FAUST », une œuvre allemande mise en scène par Martin AMBARA, metteur en scène, dramaturge camerounais et fondateur du LABORATOIRE DE THEATRE DE YAOUNDE OTHNI, à l’occasion du cinquantenaire des allemands au Cameroun. Cyrille va jouer aux côtés de Charlotte NTAMACK, François ALIMA, Patrick DAHEU, Edith NANA, Junior ESSEBA et bien d’autres.
Malgré tout ceci, Cyrille ne dormira pas sur ses lauriers ; il va multiplier des ateliers de formation en écriture de scenarii et en réalisation.
Après l’obtention de son baccalauréat, Cyrille associe à ses études supérieures, des formations dans le cinéma. Avec le temps, il s’y met de manière professionnelle et depuis lors, plusieurs projets ont vu le jour :
Entre 2019 et 2021, Cyrille a écrit, réalisé et produit plusieurs projets audiovisuels à l’instar de »JAM A YE », une série web de 2 saisons ; »EFFA », un court métrage qui sera d’ailleurs sélectionné aux Journées du Jeune Cinéaste (JJC) et aux Apéro ciné en 2021, et au festival First Short en 2022. A ceux-ci s’ajoutent »Les folies de Sophie », une série de 26 épisodes, et le court métrage »Le Pacte », sélectionné aux JJC 2022.
Ce passionné du 7ème art a aussi été stagiaire sur le plateau de tournage du long métrage »BENSKIN » de Narcisse WANDJI; régisseur sur le long métrage »ALINE » de SALEM KEDY; Chef opérateur (2) sur le long métrage « THE LAST WEEK » de A. ESSOME.
Il a également écrit pour plusieurs producteurs à l’instar de Murielle Blanche, SALEM KEDY, Eric MARGO, Flavienne TCHATAT, Carine VERLAINE et bien d’autres.
Actuellement, Cyrille MBEUTCHA participe à la deuxième session du programme SCRIPTO SENSA, un projet d’adaptation des œuvres littéraires africaines au cinéma, initié par le cinéaste Jean-Pierre BEKOLO.
Notons qu’il a aussi participé à la première session. Et son projet intitulé »Akoa » a remporté un prix du FILMAC à la troisième édition du Yaoundé Film Lab, organisé par TARA Group.
»Mon procédé d’écriture passe toujours par le personnage. Le personnage principal vient vers moi avec son histoire et ses dilemmes, et j’ai la tâche d’en faire le récit de la manière la plus marquante possible. »
Bonjour, Khaoula Hosni et merci de répondre à nos cinq questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonné.e.s.
Je suis auteure et romancière tunisienne. Je viens de publier mon septième roman intitulé « Le Prix du Cinquième Jour » et je suis traductrice et interprète de métier. C’est souvent étrange, délicat et quelque peu maladroit de »se présenter », j’opte donc toujours pour ce qui me définit le plus, en tant que femme et qu’être humain : l’écriture. Je suis la fière maman de sept enfants littéraires. Et, comme tout parent qui se respecte, ma vie entière tourne autour d’eux et du meilleur moyen de leur garantir une longue et belle vie.
»Le Prix du Cinquième Jour » a paru aux Éditions Arabesque en juin 2021. Il a aussi été finaliste de la dernière édition du prix Orange pour la littérature. Faites-nous en un court résumé.
«Le Prix du Cinquième Jour» est, dans son apparence, une histoire bien ordinaire et très courante : la quarantaine à peine, Ghalia, peintre de vocation et graphiste freelanceuse de métier, est mariée depuis 18 ans à Adel, un homme bien, fidèle et droit. Ils mènent une vie dévouée à élever leurs deux merveilleux enfants. Et en dépit des désagréments occasionnels de la vie (prise en charge d’un frère homosexuel, difficultés financières…), Ghalia est convaincue d’avoir ce qu’on appelle un mariage heureux…jusqu’au jour où elle découvre que son mari la trompe. Par un étrange concours de circonstances, le chemin de Ghalia va croiser celui de Wafa, la maitresse de son mari. Dès lors, le destin des deux femmes va inextricablement s’entremêler, dans un tourbillon de secrets, d’émotions, de solidarité, de rancune, de deuil et d’un lien insécable, le tout tissé sur la toile de fond d’une société tunisienne intrinsèquement normative. «Le Prix du Cinquième Jour» est, dans son essence, une histoire de cœur. Comme tout roman que j’écris, il est destiné à faire ressentir, avant tout, mais aussi et surtout à faire réfléchir. Réfléchir sur soi-même, sur les autres et sur la vie elle-même.
C’est un livre qui, en effet, met en exergue certains tabous et »moins tabous », et propose une manière de les appréhender. Quel a été le procédé d’écriture de ce texte?
Mon procédé d’écriture passe toujours par le personnage. Le personnage principal vient vers moi avec son histoire et ses dilemmes, et j’ai la tâche d’en faire le récit de la manière la plus marquante possible. Je sers de pont entre les lecteurs et le personnage, à chaque fois. Et l’histoire sert de pont entre le lecteur et moi, dans le cadre du même cercle d’interdépendance intellectuelle et émotionnelle. C’est ainsi que j’ai toujours appréhendé le storytelling. J’ai rarement pour objectif pivotal de traiter un tabou ou de critiquer un phénomène social, bien que le but soit indéniablement d’aborder, à chaque tournant, un sujet sociétal ou humain particulier. Mais, le cœur de mon écriture réside dans la psychologie du personnage et dans…l’humain. Simplement.
L’universalité du thème est ce qui me tient le plus à cœur. Ces pensées, ces émotions, ces décisions, ces croisements de chemin décisifs qui nous unissent, tous, et qui jonchent la vie de tout être humain, peu importe son origine, sa religion, ses convictions ou son historique. Je trouve cela beau, passionnant et important à raconter et à défendre. Le reste – les tabous religieux, les tares humaines, les stigmates sociaux, les causes environnementales… J’ai réalisé avec le temps et mon humble expérience que, pour peu que vous vous soyez réellement dédié à raconter l’Humain, dans son individualité la plus particulière, tous ces thèmes universels et globaux feront surface très naturellement. «Le Prix du Cinquième Jour» ne fait pas exception à cette perception émotionnelle que j’ai de l’écriture.
Ce livre est aussi l’œuvre retenue cette année pour le prix NO’OCULTURES pour la critique d’art en Afrique. Comment abordez-vous les critiques de vos textes ?
Ah! Une question très délicate. Personnellement, j’ai appris, au fil des romans, qu’il est impossible de plaire à tout le monde, que ce soit au sein du public ou de la critique professionnelle. Il était donc très important pour moi de ne pas chercher systématiquement la validation technique ou artistique des critiques. Pour mon équilibre émotionnel d’artiste, il est essentiel de me détacher de cette sphère-là, au moment de l’écriture. Autrement, je me retrouverais automatiquement à raconter aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre…sans jamais réellement y arriver, en fait. Donc, j’ai choisi de me focaliser sur le personnage et sur son petit bonhomme de chemin, et de croire en lui, mais aussi en ma capacité – humaine, technique et artistique – à être digne de le raconter. Ceci étant dit, il est tout aussi impossible pour un artiste d’évoluer – ne serait-ce que techniquement – sans critique. J’ai donc dû m’enseigner, dès mes débuts, l’art de danser sur la corde raide qui sépare »prise en compte de toute critique constructive » et »besoin artistique obsessionnel de validation constante ». En d’autres termes, il s’agit pour moi de prêter attentivement l’oreille à tout ce qui peut servir mon art et ma plume, sans jamais tomber dans l’intégration (consciente ou inconsciente), dans mes textes, des éléments destinés exclusivement à me valoir les compliments du public ou les éloges des critiques. C’est une danse complexe et ardue, mais, à force, je crois que je suis devenue une bonne danseuse. En tout cas, je l’espère.
Khaoula Hosni, quels sont vos cinq conseils aux auteurs en herbe pour écrire un roman ?
C’est une question qu’on me pose très souvent. Etant moi-même une artiste-née (j’ai commencé à écrire naturellement quand j’avais 10 ans), j’ai très longtemps été incapable de transmettre ce qu’on ne m’a jamais vraiment enseigné, finalement. Mais voici ce que ma jeune expérience me permet aujourd’hui de conseiller : – Prendre son temps. »Se faire la main », aussi longtemps que possible. On apprend en écrivant, encore et encore et encore, et pas autrement. Ne pas presser ni hâter son premier roman. L’impatience est la meilleure amie du regret.
– Ne pas chercher gloire ni argent, parce qu’on irait ainsi aux devants de grandes déceptions. Nous vivons dans une époque frappée par la tare de l’attachement maladif aux apparences. Mais écrire, dans le sens le plus artistique du terme, n’est pas destiné à être une compétence qu’on cherche à rajouter à son CV social ou un moyen de nourrir son égo. Si vous n’écrivez pas pour l’amour de l’écriture, abandonnez ! Le chemin – de l’écriture à la critique, en passant par la publication – sera trop laborieux. Et dans ce cas, un mental non-artistique perdra très rapidement souffle et énergie.
– Travailler sur son écriture. Constamment. L’art, seul, ne suffit pas. Lisez beaucoup. Ecrivez, encore plus. Expérimentez la vie, autant que possible. La richesse de votre bagage émotionnel, technique et artistique dépend essentiellement de ce travail continu que vous effectuez sur vous-même et sur votre plume.
– Ne pas exposer son écriture sur les réseaux sociaux. C’est la pire chose qui puisse arriver à votre jeune plume. Entre vos proches qui »adorent » et vos détracteurs qui vous »cassent », vous n’obtiendrez jamais de critique crédible et constructive. Les réseaux sociaux ne servent qu’à gonfler votre égo ou à tuer votre jeune talent dans l’œuf. Evitez. Vous voulez exposer votre écriture à une réelle critique ? Optez pour les festivals et compétitions amateurs, avec de vrais jurys de connaisseurs et des camarades qui vous mettront naturellement sur un baromètre honnête du niveau régional/national, sinon artistique, tout du moins technique.
– Respectez l’opinion de toute personne qui vous critique. Du moment que le respect de votre effort est inclus dans le fond et la forme de la critique, respectez-la en retour. L’art, sous toutes ses formes, est subjectif par définition. Au sein des lecteurs, une personne qui n’apprécie pas votre texte n’a pas automatiquement tort ; elle n’aime simplement pas votre texte. Et c’est parfaitement son droit. Libre à vous de prendre en compte les détails de cette perception personnelle ou non. Dans les deux cas, respectez. Au sein de la critique plus « professionnelle », et pour peu que la source de cette critique soit crédible et légitime, vous êtes obligé de prendre en compte. Autrement, votre plume et vos techniques d’écriture n’évolueront pas, ou très peu. La danse, mes amis…la danse 🙂
Bonjour, monsieur BUENDE et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Vous êtes le premier à mettre sur pied une bibliothèque virtuelle pour les universités en Afrique, la QUICKDO-BOOKBOX. Depuis sa mise sur pied il y a près de dix ans, Avez-vous le sentiment d’avoir résolu, même de façon minime, le problème de l’accessibilité du livre dans les universités ?
Bonjour et merci pour l’intérêt portée à notre activité. Notre solution de bibliothèque n’est pas virtuelle mais numérique. Bien au contraire, elle comble les lacunes du virtuel en intégrant tous les atouts du numérique. Concernant précisément la question, la réponse est NON. Notre objectif n’est pas de résoudre seul cet enjeu complexe mais de faire notre part, de contribuer.
Ça nous a pris cinq (05) ans de R&D pour déposer un brevet, et deux (02) ans pour une première tentative de commercialisation soldée par l’échec que je raconte dans mon livreMentaire. Mais depuis deux (02) ans, nous amorçons depuis Montréal une relance avec un déploiement actuellement dans trois (03) pays. L’objectif ici est de fournir des contenus de qualité à prix adaptés à cent mille (100 000) étudiants dès la rentrée académique 2022 et de toucher d’ici 2023 plus d’un million (1.000.000) dans une dizaine de pays africains. C’est ça la magie du numérique et on a désormais la capacité de la mettre en branle.
Pour ceux qui ne l’ont pas encore utilisée, pouvez-vous présenter la QuickDo-bookbox et ainsi donner ses contours d’application et d’obtention ?
La Q-BB, comme nous l’appelons, c’est un ensemble composants physiques et logiciels interconnectés. Ce que l’université ou le lieu de savoir acquiert c’est une borne physique qui fait officie de distributeur de contenus numériques. Les étudiants ou les lecteurs interagissent avec la borne pour rechercher, choisir et télécharger des contenus sur des QReader physique (liseuse) ou logiciel (application mobile de lecture offline). À l’autre bout de la chaîne, une fois le collège, centre culturel ou bibliothèque acquiert la borne, elle est visible par tous les éditeurs et fournisseurs de contenus qui peuvent choisir de diffuser les contenus vers ce lieu au prix adaptés au pouvoir d’achat de la population avec un maximum de 500 Fcfa/livre. Les millions de contenus diffuser vers la borne sont filtrés par le lieu de savoir qui choisit quoi proposer à ses utilisateurs. Comme je vous le disais, on est loin du fouillis du virtuel avec des contenus en vrac. On priorise la qualité des contenus en laissant chaque acteur du livre dans son rôle. Tout est expliqué sur le site dédié à la solution www.q-bb.ca
Vous prévoyez une tournée en Afrique et donc au Cameroun très prochainement. À Yaoundé, par exemple, se tiendra une rencontre le 17 août 2022. Quel est le public cible de ce jour et à quoi doit-il s’attendre ?
C’est plus un partage d’expérience que je fais au Cameroun, Congo et au Gabon avec les acteurs du livre et de l’entrepreneuriat positif, c’est-à-dire, qui impactent en bien la vie des clients. Disons que le 17 août, au Quartier Mozart de Yaoundé, ce sera une causerie entre amis… Si vous êtes amis de l’entrepreneuriat, de la culture ou des deux, laissez-nous savoir afin qu’on vous envoie une invitation.
Nous ne manquerons pas d’y être. Merci.Vous êtes aussi l’auteur de »LivreMentaire d’un entrepreneur à échecs ». Une autobiographie parue en autoédition. Quelle est l’importance du »M » majuscule dans ce titre ?
C’est pour marquer le point de concaténation des deux mots : Livre et docuMentaire…
Quelles sont les cinq astuces de Dominique BUENDE pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ?
Pourquoi 5 ? Pas 1, 2 ou 3 ? (rires) – Aimez ce que vous faites. – Commencez par convaincre vos proches. – Donnez-vous une limite de persévérance pour atteindre votre objectif. – Commencez à bouger et mettez un pas après l’autre. Une ligne de code par jour font une application mobile en fin d’année. – Soyez-vous même, écoutez-vous en priorité; plutôt que des listes de conseils d’entrepreneurs à Echecs où succès comme ceux ci-dessus (rires)
Lorsqu’on pose ses pieds nus dans la mer de sable fin et chaud, sous une canicule qui enfuit les lézards les plus téméraires. Quand les arbres, dont les cimes baignent dans la fraîcheur des nuages et la pénombre qui noircit nos pas. Quand le coq chante et l’astre du jour paraît, marquant le début de la récolte, il n’y a qu’une sphère géographique que notre tête entrevoit : l’Afrique !
Eh oui, nous sommes dans la sphère pittoresque de l’Africain, celui dont Davy Gaël DJOMENI a bien voulu nous présenter dans cet essai à la couverture jaune comme la sagesse et la richesse, et dont il essaie de montrer le chemin.
Dans ce livre de 72 pages publié aux Editions Séguima au Sénégal, on part d’un titre singulier : Pour que l’Afrique décolle. Un titre-phrase qui parle pour l’œuvre, car il semble proposer une ascension, un développement pour un peuple : les Africains.
Mais qui est l’Africain ?
L’essayiste se propose de répondre à cette question épineuse en convoquant des démarches constatative, historique et polémique.
Davy Gaël DJOMENI, auteur camerounais
D’une part, il décrit l’Africain, à l’introduction, comme un hybride acculturé, car celui-ci mange dans son plat et dans celui de l’Occident, renie très souvent sa culture et préfère se comporter comme un «Blanc» – comme cela se dit communément en Afrique.
De plus, l’essai présente le brûlant passé de cette Afrique qui a souffert de l’esclavage et qui a aussi été victime de manipulations, car «l’Africain est, de façon générale, l’homme à la peau noire qui traîne une sombre histoire inondée de sang, de sueur et de crucifixion. Plus que quiconque, il a subi l’Histoire sans jamais l’écrire… » P.19. D.G. DJOMENI montre ainsi que l’Afrique est une victime de l’histoire et doit en prendre conscience.
Enfin, l’auteur met dos à dos deux types d’Africains : celui qui se contente de son strict minimum en vivant comme avant l’arrivée de la modernité; et l’autre, à la quête de l’opulence, vivant tel que les concepts occidentaux le prônent, dans la quête de la richesse.
Au-delà de toutes ces considérations, Davy Gaël DJOMENI propose une solution Pour que l’Afrique décolle, comme le soutient le titre de l’ouvrage.
Sa vie, son séjour en Europe, lui sert d’illustration pour présenter les difficultés, mieux, les réalités de la vie dans le supposé Eldorado – comme les Africains rêveurs, restés chez eux, aperçoivent ce continent.
Dans son optimisme, l’auteur, doctorant en sciences de gestion à l’université de Douala, passe par son combat pour se mettre au-dessus des allusions racistes dont l’Africain souffre quand il est en Occident, de l’indifférence, mais aussi, il préconise le courage, l’humilité et le travail – puisque pour lui : « Un Noir a des capacités et des compétences autant qu’un Blanc et bien plus encore. » Cf. P.42. Son ultime conseil est le retour de la diaspora chez soi afin de retrouver ses valeurs identitaires et développer l’entrepreneuriat qui, selon lui, est le gage d’un essor réel et équilibré du continent noir.
Plusieurs aspects rendent particulier cet ouvrage : – Il est réduit et se lit d’une traite ; l’interligne est très ouvert et facilite la lecture; – Les registres de langue oscillent entre le courant et quelques fois seulement le soutenu. Le document est accessible à tous; – L’auteur a usé des constructions syntaxiques pas trop poussées et ses idées se perçoivent et se comprennent aisément; – Il est toutefois regrettable que les investigations, la méthodologie de l’essai et la revue de la littérature qui renforcent la pertinence d’un essai de ce calibre, ne soient pas répertoriées; – L’œuvre humaine n’étant pas parfaite, quelques coquilles çà et là blessent le regard mais n’empêchent aucunement au lecteur de déguster cette galette littéraire qui peut être utile à tous les Africains pour comprendre le passé, travailler le présent et dominer dans le futur, dans cette quête de l’hégémonie de sa race.
Prof. Charles BINAM BIKOI, Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA
CERDOTOLA : Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et les langues africaines
» L’objectif des Editions du CERDOTOLA est de contribuer au renouvellement épistémologique et éthique des idées et pratiques contemporaines à partir d’un effort de re-conceptualisation, de remobilisation et de réévaluation critique de la pensée politique, sociale, culturelle africaine, en tension permanente avec les informations et constructions issues des sciences sociales et humaines en Afrique, sur l’Afrique et sur les Africains. »
Professeur Charles Binam Bikoi, bonjour. Vous êtes à la tête d’une institution qui, depuis 1977, œuvre pour l’émergence de la linguistique africaine. Pouvez-vous nous dresser une fiche d’identité de celle-ci ?
Oui, le CERDOTOLA est, effectivement, une institution prééminente de recherche et de documentation dédiée à la connaissance, à la préservation, à la sauvegarde et à la valorisation des patrimoines de l’Afrique, avec une place toute spéciale pour le patrimoine linguistique du continent, véhicule naturel des cultures.
Traditions, Cultures, Langues africaines constituent ainsi l’armature et le socle de référence de cette Organisation intergouvernementale créée en 1977 par les Etats de la sous-région Afrique Centrale, devenue organisation continentale depuis 2010. Outre son siege établi à Yaoundé au Cameroun, le CERDOTOLA dispose de Bureaux dans ses Etats membres et, depuis peu, de Représentations régionales formant des clusters regroupant plusieurs pays, à l’instar du Bureau Régional de Bujumbura qui couvre l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe.
Logo officiel
Quelles réalisations majeures peuvent être portées à l’actif du Cerdotola ?
Par-delà ses missions générales en tant qu’Organisation internationale, le CERDOTOLA met un point d’honneur à œuvrer en sorte que, fondamentale ou appliquée, la recherche qu’elle structure ou impulse colle effectivement aux forces qui mobilisent la marche des peuples, répondent aux aspirations des masses, et rythment la vie quotidienne des populations.
Au CERDOTOLA, la notion de développement coïncide avec ces préoccupations. La recherche-développement dès lors signifie d’abord l’identification des données d’une civilisation, d’une culture, la prise en compte des solutions originales déroulées tout au long de l’histoire pour faire face aux grandes questions de la vie en partant du stock patrimonial, entendu comme bagage formé par l’accumulation des traditions, des techniques et des principes de vie.
Cette tâche est celle à laquelle se consacre le CERDOTOLA : d’abord scruter le sens profond de l’héritage, de la tradition des peuples ; ensuite, développer les mécanismes de la connaissance de cet héritage dans toutes ses dimensions; enfin, dévoiler les pierres d’attente dissimulées dans l’héritage et actionner le désir de les modéliser dans la quête compétitive des peuples pour une expression spécifique en situation globale.
Prof. Charles BINAM BIKOI
Pour cela, un programme-cadre scientifique complet et diversifié de recherche a été conçu et élaboré, intégrant la recherche de terrain et de studio, l’analyse de laboratoire, la diffusion en ligne, la production de supports, de manuels d’enseignement et de guides pour les animateurs et les experts en développement, enfin la mise en circulation des résultats au travers des médias et sur les marchés culturels régionaux et internationaux.
Mais la connaissance et la diffusion préludent à l’appréciation. Bien plus, elles suscitent des vocations et soutiennent la créativité des jeunes, une créativité dynamique qui assure le renouvellement de l’héritage en même temps que son enrichissement dans un environnement nouveau.
La prise en compte des nouvelles technologies de l’information et de la communication est, par ailleurs, reflétée dans le choix des priorités et la définition des activités. Enfin, la place et le rôle de la recherche sur les traditions et les langues africaines comme catalyseur du développement justifient le recentrage de l’ensemble des actions autour d’une démarche praxéologique privilégiant la mise en perspective des données touchant à la vie des peuples.
Parmi ces programmes, l’on peut mentionner : ALIPA (L’Alimentation patrimoniale des Africains), SYSPA (Les Systèmes de Santé patrimoniaux), mais aussi le PADETRA (Pacte africain pour le développement par les Traditions), qui sont le socle du Concept révolutionnaire lancé par le Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA en 2021, à savoir l’INDUSTRADITION pour l’industrialisation d’une Afrique enracinée dans ses traditions et avec ses traditions.
Il y a quelque temps vous avez initié un projet d’Atlas Linguistique de l’Afrique Centrale. Où en est-on ?
Vous voulez certainement parler de l’Atlas linguistique de l’Afrique, un des projets phares du CERDOTOLA. Il s’agit d’un immense programme entrepris dans les toutes premières années de l’Institution, qui consiste à procéder à l’inventaire systématique des langues parlées sur le continent. Le CERDOTOLA a déjà réalisé un certain nombre d’Atlas linguistiques, naturellement adossés à une cartographie rigoureuse offrant une photographie de la situation linguistique de chacun des pays.
Avec ce programme, le CERDOTOLA a développé une expertise unique sur le continent, qui lui a ouvert les portes de collaborations ciblées auprès d’autres institutions. Les objectifs de l’Atlas Linguistique de l’Afrique restent constants, à savoir : Etablir la cartographie linguistique de l’Afrique et pour cela : identifier et classifier les langues de chaque pays; déterminer le nombre de locuteurs pour chaque langue; déterminer le statut de chaque langue dans son environnement; produire un atlas linguistique par pays; établir la carte linguistique documentée de chaque pays; enfin, dessiner la cartographie d’ensemble des langues de l’Afrique
Parmi les départements de votre institution, il y a celui de l’édition. Comment se passe la collaboration avec les acteurs des traditions (orales ou pas) et ceux des livres ?
Le CERDOTOLA dispose, en effet, d’un département spécifique pour la valorisation des produits de la recherche réalisée à travers ses programmes et projets propres, mais aussi en dehors du CERDOTOLA.
L’objectif des Editions du CERDOTOLA est de contribuer au renouvellement épistémologique et éthique des idées et pratiques contemporaines à partir d’un effort de re-conceptualisation, de remobilisation et de réévaluation critique de la pensée politique, sociale, culturelle africaine, en tension permanente avec les informations et constructions issues des sciences sociales et humaines en Afrique, sur l’Afrique et sur les Africains.
Le catalogue des publications sorties des presses du CERDOTOLA propose une vaste panoplie de choix destinés à satisfaire la curiosité du chercheur comme les appétits du lecteur ordinaire.
Quels sont les défis majeurs auxquels vous faites face ?
– Assurer la continuité et la pérennité du CERDOTOLA, dans un environnement où bon nombre d’organisations scientifiques et culturelles peinent à survivre.
– Assurer la pleine expansion des connaissances et des idées portées par l’Institution.
YoMerci de vous être prêté au jeu des questions-réponses. Nous rappelons que, le 20 juillet 2022, se tiendra au Djeuga Palace Hôtel de Yaoundé, la dédicace de la nouvelle parution aux Éditions CERDOTOLA
»Lire Soilihou, c’est interroger sa conscience sur la place qu’on accorde soi-même à la fille, la femme et la mère dans nos sociétés. »
Djoulaï est un roman de Soilihou MFORAIN MOUASSIE paru aux Éditions Lupeppo en 2018. Cette œuvre compte deux parties, 101 pages enveloppées dans une couverture fresque de tristesse et de douleur. L’image de la première de couverture laisse voir une jeune adolescente partagée entre peur, angoisse et inquiétude, tenue aux épaules par un adulte : serait-on en train de la consoler ou de la rassurer ? Derrière eux, on peut apercevoir des cases en toit de paille couleur Sahel, symbole de douleur.
Éléments biographiques
Soilihou M. MOUASSIE est né au Cameroun en 1986. Il est titulaire d’un Master II en Droit et Sciences Politiques, Option Relations Internationales au campus délocalisé (IRIC de Yaoundé) de l’Université Jean-Moulin de Lyon 3. Avec un palmarès associatif assez consistant depuis ses prémices en 2006, il est aujourd’hui coordonnateur d’un projet au Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).
Soilihou MFORAIN MOUASSIE, auteur camerounais
Soilihou M. MOUASSIE compte à son actif deux œuvres de fiction en l’occurrence « Le Condamné » publié chez Edilivre en 2017, puis « Djoulaï » chez les Éditions Lupeppo en 2018.
Résumé
Djoulaï est une jeune adolescente issue d’une famille islamique et polygamique. Elle ne connaîtra de bonheur que dans les jours insouciants de son enfance. Privée d’éducation à l’approche de l’âge pubère par son père dans une société patriarcale, Djoulaï attend dans l’inquiétude et la peur que sonne l’heure de la marier. Cette peur et cette inquiétude trouvent leur essence dans le décès de sa sœur aînée à l’issue d’un accouchement compliqué qui a pris sa vie quelque temps plus tard après qu’elle a été reniée et mise à la porte par son mari.
Entre douleur et peur, Djoulaï pousse un ouf de soulagement. Elle espère s’appuyer sur ce décès pour convaincre son père, avec l’aide de sa mère, de sa volonté de retourner à l’école. Sauf que cette complicité est perçue dans le village comme une atteinte à l’hégémonie masculine ; donc une honte, une malédiction et une trahison. C’est ainsi que Djoulaï sera mariée à Soumaïla, un jeune homme inconnu mais très attentionné.
Djoulaï passe les noces loin de son époux, jugeant les lieux inconfortables : les tourtereaux partagent une chambre dans la maison familiale. En plus, elle n’avait pas encore réussi à briser la barrière d’étrangeté entre son mari et elle. Rusée, elle doit trouver excuse dans le long voyage qu’elle a effectué pour décliner les obligations nuptiales. Chose que sa belle-mère et sa belle-sœur n’acceptent d’ailleurs pas. Par-dessus tout, elle avait le soutien de Soumaïla, son mari. Elle devient donc la ménagère de la maison et le dépotoir des souillures de celles-ci après deux fausses couches. Après cet épisode de vaches maigres, elle donne naissance à un garçon. Malheureusement, elle ne connaîtra pas une maternité tranquille du fait que sa belle-mère ne supporte pas que Soumaïla aide sa femme dans les tâches ménagères. C’est sur ce dernier caprice de belle mère que trébuche et éclate le couple Soumaïla-Djoulaï.
Portrait de Djoulaï
De taille moyenne, Djoulaï est décrite comme une jeune fille de 13 ans, ravissante, respectueuse et pudique : « Du haut de cette décennie révolue, Djoulaï ressemblait à un charme. Elle avait un petit visage arrondi, d’un clair châtain, caché derrière un grand voile de coton blanc qui ne la quittait jamais. Son air radieux, à la fois discret et bref, renforçait cette beauté de fée » peut-on lire à la page 13.
Critique
Djoulaï, roman éponyme, est l’arme pacifique avec laquelle l’auteur dénonce les affres du mariage forcé et précoce, les violences conjugales, la sous-scolarisation de la jeune fille dans la plupart de nos sociétés en majorité musulmanes, où la superstition est monnaie courante. « Ce n’est pas une blague missier. Djoulaï est mariée à un jeune que l’oncle seul connaissait jusqu’à l’apparition » pp. 60
Ce roman, à la suite de « Une si longue lettre » de Mariama Bâ, pointe un doigt accusateur sur l’islam qui a fait l’homme tout puissant et questionne pour ainsi dire le rôle de la femme dans la société. L’auteur nous fait constater que cette hégémonie masculine divine est comme coupée du monde qui évolue à une vitesse non maîtrisable, cédant la place au conflit de générations dont l’indignation au mariage précoce et forcé vu comme une abomination est une résultante. « Djaourou, voilà ma fillette Djoulaï que vous vous apprêtez à marier dans les prochains jours. Elle est malade depuis qu’elle a vu cet homme et peut mourir à tout moment à cause de cette nouvelle » poursuit-elle, «…homme, ayez pitié de ma fille. Si vous voulez du bonheur, rentrez chez vous homme, rentrez en paix et que Dieu vous accorde une femme meilleure » pp. 52 La réponse est la moins attendue, « Depuis quand les femmes prennent position dans ce village sur les questions de mariage » pp. 52, la mère de Djoulaï sera réprimandée par son géniteur à la connaissance de cette indignation. Ce qui attise davantage l’inquiétude et la peur de celle-ci de perdre Djoulaï dans les mêmes conditions que Maïmouna.
Fervent défenseur des droits de l’homme avec »Le Condamné », de la femme et de la famille avec »Djoulaï », Soilihou M. MOUASSIE rêve tout comme Djaili Amadou Amal, Kelly Yemdji, Ernis… d’une société débarrassée de ces maux qui l’accablent, freinant ainsi son essor.
La volonté et le courage de l’héroïne Djoulaï de changer l’ordre des choses dans une région où la femme est considérée comme un objet et par ricochet, ne doit pas être écoutée, sont récompensés par le mariage.
L’œuvre est écrite dans un style sobre, accessible. La voix narrative est homo et hétérodiégétique. Le narrateur participe au récit dans ses dialogues avec l’héroïne. L’intrigue des deux parties est bien tissée et pousse le lecteur à un voyage sans relâche vers le dénouement.
Contrairement à la seconde partie de cette œuvre où l’histoire est située dans un cadre spatial précis, « Kribi » et « Douala », la première histoire est située de manière vague ; « dans un village de l’Est du Cameroun » nous laisse lire le narrateur.
Personnellement, j’interroge la description du personnage de Djoulaï à la page 13 et le fait que ces deux personnes ne se reconnaissent plus quelques années seulement après s’être séparées du côté de l’Est Cameroun. En plus, Djoulaï dont le niveau de français change de manière brusque alors qu’elle articulait difficilement « Monsieur » à la première partie, revient dans la seconde partie comme par magie avec un niveau de langue excellent.
Néanmoins, soyez rassurés ; lire Djoulaï, c’est découvrir les violences inouïes que subissent certaines jeunes adolescentes sous le regard complice et parfois moqueur de leur entourage. Lire Soilihou, c’est interroger sa conscience sur la place qu’on accorde soi-même à la fille, la femme et la mère dans nos sociétés.
Samuel Francis TABEKO, critique et promoteur littéraire.
Vu le contexte général en Afrique, en observateur averti, j’ai analysé les sentiments anti-européens nés depuis la création du panafricanisme, et qui vont en s’amplifiant. J’ai donc pensé à canaliser ces sentiments vers la recherche dune solution pacifique, en proposant un cadre de négociation qui pourrait être intitulé Contre-Conférence de Berlin.
Bonjour, Benoît BOUATO. En quelques mots, présentez-vous à nos abonné.e.s.
Je m’appelle Benoît Banok BOUATO, ancien fonctionnaire international à l’OUA/UA et par la suite, Chef de Mission Diplomatique à la tête d’un organisme interétatique de la CEMAC, que j’ai créé. Expert, collaborant en même temps avec la CEMAC, la Banque Mondiale, la FAO, l’OMS et le PNUE (ONU) sur l’harmonisation des politiques d’intégration en Afrique, je suis aussi l’auteur d’ouvrages et articles dans ce domaine, à linstar de mon livre « La création des organismes internationaux et communautaires en zone CEMAC… ».
Vous avez commis un texte très riche en interpellations : l’Afrique confisquée ou De l’urgence d’une Contre-Conférence de Berlin, qui sera présenté au public ce mois. Nous rappelons ici que le CERDOTOLA a beaucoup œuvré pour la parution de ce texte. Dans quel contexte l’avez vous rédigé ?
Dédicace ce 20 juillet à Yaoundé
Comme créateur et dirigeant dun organisme interétatique, j’ai eu des difficultés à mettre en œuvre certaines décisions communautaires qui pouvaient booster le développement des Etats Membres, à cause du patriotisme exacerbé, basé sur les frontières érigées à la Conférence de Berlin; ayant lu les rapports et côtoyé certains hauts dirigeants des organismes internationaux, à l’instar de Ban Ki Moon, ancien SG/ONU, Salim Ahmed Salim, ancien SG/OUA et d’autres, j’ai pu comprendre les difficultés qu’ils avaient pour avoir une position commune africaine face aux problèmes mondiaux, à cause de la souveraineté des Etats basée sur les frontières érigées à la Conférence de Berlin ; ayant aussi eu l’occasion de représenter le continent à certaines conférences de l’UE, dans le cadre de l’OUA, j’ai apprécié les difficultés à adopter une position commune africaine, à cause de la souveraineté des Etats, basée sur les frontières érigées à la Conférence de Berlin; ayant effectué toute ma carrière dans la fonction publique internationale, j’ai apprécié la nécessité de l’unification du continent, comme condition incontournable pour sa vraie libération et le déclenchement de son développement harmonisé. Par ailleurs, face au néocolonialisme et à l’hégémonie au sein des micro-Etats fragiles d’Afrique, supposés être indépendants ; face à la position des micro-pays africains victimes des exactions des institutions de Bretton Woods ; face aux interventions discriminatoires de la CPI et du Conseil de Sécurité de l’ONU au sein des micro-Etats africains, la seule riposte valable passe par l’unité de l’Afrique.
Vu le contexte général en Afrique, en observateur averti, j’ai analysé les sentiments anti-européens nés depuis la création du panafricanisme, et qui vont en s’amplifiant. J’ai donc pensé à canaliser ces sentiments vers la recherche d’une solution pacifique, en proposant un cadre de négociation, qui pourrait être intitulé Contre-Conférence de Berlin.
Pensez-vous que la période du 15 novembre 1884 – au 26 février 1885 ait été fatidique pour la géopolitique actuelle du continent ?
A travers les analyses détaillées, ainsi que les documents authentiques y relatifs annexés à notre ouvrage, il est clair que c’est cette conférence de Berlin qui est la cause du mal de l’Afrique. Car, les traces de la colonisation pouvaient s’effacer, s’il n’y avait pas eu cette Conférence.
Selon vous, faut-il redessiner la carte de l’Afrique ?
Cest le passage incontournable au déclenchement du développement. La particularité de notre ouvrage est qu’il ne se limite pas aux vœux pieux, il expose avec minutie comment remettre en question les décisions de la Conférence de Berlin considérées comme des erreurs historiques, à l’instar de l’érection du mur de Berlin ou de la tragédie de l’Holocauste par les nazis, etc.
Quelles solutions proposez-vous pour une réelle émergence panafricaniste ?
C’est la création des Etats-Unis d’Afrique, selon l’esprit prôné par Kwame Nkrumah et le groupe de Casablanca, par opposition à l’OUA ou à l’UA, qui n’est autre qu’une forme d’Organisation des Nations Unies d’Afrique et dont les décisions sont comme des résolutions non contraignantes. Cette OUA/UA que certains auteurs qualifient de syndicats des chefs d’Etat et de Gouvernement du continent africain, n’a fait qu’aggraver le sous-développement du continent. La meilleure voie pour y parvenir est d’attaquer le mal par la racine : la fameuse Conférence de Berlin. Notre livre a le mérite d’avoir tracé un chemin bien détaillé pour s’attaquer à cette conférence par une contre-conférence de Berlin.
Propos recueillis par Christian-Williams KAKOUA, journaliste, pourLinelitt
« On ne redresse pas un baobab»; c’est par ce proverbe plein de bon sens qu’est régulièrement ponctué l’ouvrage de Rosine YÉMÉLÉ, »Mon enfant, ma vie : Qu’est-ce qu’un enfant ? les clés pour une éducation pacifique et harmonieuse »
Maman et psychologue, l’auteure met à profit son expérience personnelle et professionnelle au service d’un sujet atemporel : les rapports parents- enfants. Rosine YÉMÉLÉ se veut la porte-parole, mieux, la médiatrice entre le monde des grands et celui des plus jeunes. Pour cette auteure, l’enfant est «un être à part entière et non en devenir ». Selon elle, «lorsqu’il devient il n’est plus enfant mais adulte ».
Rosine Yémélé, psychologue, scénariste, auteure
Axés sur deux pans complémentaires, « Mon enfant, ma vie » s’articule d’abord sur les phases de développement d’un enfant, explique de manière détaillée son fonctionnement, sa manière de percevoir le monde qui l’entoure et ses mécanismes d’apprentissage. Puis, il donne des solutions simples, pratiques, pour organiser les activités, gérer les conflits sans user de violence et calmer les appréhensions des parents, des futurs parents, du personnel éducatif pourraient se poser.
L’œuvre se place alors comme un guide didactique et sociologique ponctué d’exemples concrets basés sur son vécu et des témoignages rencontrés régulièrement dans les interactions avec les tout petits.
L’auteure insiste sur le fait que «l’éducation n’est pas que scolaire, c’est d’abord une affaire d’être. C’est-à-dire, de valeurs et de principes.»
Sachant que l’enfant est le socle d’une société, mieux aborder le sujet de son éducation revient à se positionner en faveur d’une société plus équilibrée.
Danielle EYANGO, poète et romancière, joue le jeu…
Premier livre lu ? Le Cid de Pierre Corneille
Dernier livre lu ? Huit livres retraçant l’histoire de Rudolf Duala Manga Bell
Dernier livre acheté ? « Ngosso Din, l’étoile des forces vives » du Dr. Jean Toto Moukouo
Lecture ou écriture ? Les deux.
Poésie ou nouvelle ? Les deux.
Le parfum de ma mère est le deuxième livre de Danielle EYANGO. Un recueil de 17 poèmes illustrés par des tableaux de peinture.
Roman ou essai ? Roman.
Père inconnu ou la Bible ? La Bible.
Livre qui t’a le plus marquée ? «Mon bel oranger» de José Mauro de Vaconcelos, «La petite fadette» de Georges Sand.
Livre que tu as le plus détesté ? Je préfère ne pas le dire.
Netflix ou wattpad ? Les deux.
Premier livre de Danielle EYANGO. Un roman qui relate des pans de la vie de son oncle, l’illustre guitariste camerounais Kotto Bass
Djaïli ou Fatou Diome ? Djaïli.
Molière ou Senghor ? Ni l’un ni l’autre.
Pabe Mongo ou Sembène Ousmane ? Ni l’un ni l’autre.
Livre papier ou livre audio ? Livre papier.
Livre papier ou livre numérique ? livre papier.
La qualité que tu apprécies le plus chez un auteur ? La capacité à me tenir en haleine de la première à la dernière page.
La qualité que tu détestes le plus chez un auteur ? Quand il écrit des pages et des pages uniquement pour la beauté du style.
Recueil collectif dans lequel Danielle EYANGO a déposé un poème (La valse de la charogne) et une nouvelle (The bridge), en hommage aux innocents tués dans la ville de Kumba (Cameroun) en 2020, alors qu’ils étaient dans leur salle de classe
Sexe – Alcool – Cigarette ? Sexe.
Après le sexe, livre ou verre d’eau ? Livre.
La littérature africaine en un mot. Jouissive.
Un an sans téléphone ou 6 mois sans livre ? Ni l’un ni l’autre.
Quel livre peut résumer ta vie ? Aucun de ceux que j’ai lus.
Comment aimerais-tu mourir ? Couchée et en sachant que je vais mourir.
Quel.le auteur.e a le plus influencé ton écriture ? Mutt-Lon, pour l’implication de l’auteur.
Le génie de la lampe te donne l’opportunité de faire 3 voeux, quel sera le premier ? Avoir le temps d’écrire tous les manuscrits que j’ai dans l’esprit.
Et sa rose ne la quitte jamais…
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Questionnaire conçu par Aubin EYIKE, pour Linelitt