Bonjour, madame GBAGUIDI et merci de nous accorder votre temps. Comment vous présentez-vous ?
Bonjour, Madame ! Je m’appelle Prudientienne HOUNGNIBO épouse GBAGUIDI, Directrice de la librairie SAVOIR D’AFRIQUE, Présidente de l’Association des Libraires Professionnels du Bénin (ALPB) et vice-présidente de l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF)
En tant que vice-présidente de l’AILF depuis le mois d’avril 2022, quelles sont vos missions ?
En tant que vice-présidente, j’assiste le président dans ses fonctions. En cas d’absence ou d’indisponibilité du président, je suis habilitée statutairement à présider les réunions du Conseil d’Administration et de l’Assemblée Générale.
Votre librairie, Savoir d’Afrique, est basée au Bénin. Quels types d’ouvrages proposez-vous?
La librairie SAVOIR d’AFRIQUE du Bénin propose tous les ouvrages en littérature générale et en particulier les ouvrages d’auteurs béninois ; la littérature infantile aussi bien d’auteurs africains que du nord ; les ouvrages universitaires ; le scolaire et le parascolaire, les ouvrages religieux; et bien d’autres.
Plusieurs libraires se plaignent de ne pas vendre des livres. Devons-nous comprendre que la librairie Savoir d’Afrique, mise sur pied au mois d’août 2021, avait un autre objectif que celui pécuniaire ; ou alors ces plaintes ne sont pas aussi les vôtres ?
En tant qu’actrice culturelle, notre premier objectif est de promouvoir la lecture, la lecture plaisir, car je suis une amoureuse du livre. Organiser régulièrement des activités culturelles autour du livre (cafés littéraires, présentations de livres avec dédicaces, séances de contes avec les enfants, rencontres d’auteurs dans les écoles et lycées, la caravane du livre et de la lecture, etc.)
Le deuxième, c’est de rendre disponible la majorité des œuvres produites par les écrivains ou les auteurs béninois, car la non couverture du territoire national par les librairies du Bénin rend difficile la distribution du livre au Bénin.
Enfin, en tant qu’une entité, donc une société commerciale, vendre les livres à un coût acceptable, correspondant à la bourse du Béninois moyen; c’est pour cela que nous avons baissé nos marges.
Très intéressant ! Comment voyez-vous les librairies en Afrique francophone dans 5 ans ?
C’est un secteur en croissance à cause de la floraison des écrivains, des maisons d’édition, des librairies. Aussi, la nouvelle politique de promotion de la langue française dans le monde initié par l’état français à travers les ETATS GENERAUX SUR LE LIVRE EN LANGUE FRANCAISE DANS LE MONDE, Tunis 2021 et le Projet RESSOURCE EDUCATIVE des Instituts Français, permettra la réorganisation de la chaine du livre et le développement de la filière du livre.
Enfin, toutes les actions menées sur le terrain par notre association internationale, AILF, permettent d’avoir une vision optimiste du secteur. Le seul souci qui demeure et qui n’a pas encore trouvé une approche de solution est le problème de transport des livres en Afrique.
Bonjour, Koffi Victoire GNENGBA ! Merci de nous accorder votre temps. Comment se portent vos projets littéraires ?
Bonjour et merci pour ce travail noble, cet intérêt grandissant que vous accordez à la littérature. Pour vous répondre, je dirai qu’en dehors de certaines difficultés que connaissent souvent les jeunes écrivains dans ce réseau de la littérature, mes projets littéraires se portent de mieux en mieux.
Que représente l’écriture pour vous ?
L’écriture est pour moi une compagne sincère qui me tend sa main dans l’ombre pour me consoler aux temps de mes monstrueuses douleurs, et à la fois, celle avec qui, isolé dans ma chambre, je partage ma joie à des moments de bonheur. C’est également un monde dans lequel je me replie pour crier ma vengeance contre tout ce qui me paraît absurde, injuste sur cette terre. C’est un moyen sûr me permettant de chercher à mieux me connaître, à connaître l’Homme, afin de pouvoir comprendre ne serait-ce que certains phénomènes de l’existence.( Puisqu’on ne peut tout comprendre.)
Vous vivez au Togo, que pensez-vous des productions des jeunes acteur.e.s du livre de votre pays ?
Dernier livre de Koffi V. GNENGBA
Je pense qu’aujourd’hui, même s’il y a moins d’intéressés, il y a de plus en plus de jeunes qui se font remarquer dans le champ littéraire togolais avec de belles productions qu’il faut surtout encourager.
D’après vous, l’édition au Togo et en Afrique en général, une mère protectrice ou une méchante belle-mère ?
L’édition au Togo et en Afrique, d’après ma petite expérience, est une mère protectrice et à la fois une méchante belle-mère selon les personnes exerçant dans ce domaine et le type de travail qui s’organise avant, pendant, et après l’édition. Je rappelle malgré tout que l’on doit beaucoup plus revoir l’organisation du travail de l’édition, au Togo comme en Afrique, pour que la littérature parvienne à emballer toutes les couches sociales. Ce qui incitera aussi les créateurs à créer davantage.
Si je vous dis » Steve BODJONA », vous me dites ?
»Le livre au quotidien ». C’est l’occasion pour moi d’adresser mes salutations au cher Aîné, Steve Bodjona, pour ses exploits littéraires, tout le travail promotionnel qu’il organise ça et là autour du livre.
Bonjour, Moïse EDIMON ! Nous vous prions de vous présenter à nos abonné.e.s.
Je suis Moïse EDIMON, animateur culturel congolais à la base, très impliqué dans la sphère littéraire congolaise. Je suis également panafricaniste militant pour la promotion et l’appropriation de notre histoire ainsi que la mise en place d’un système d’enseignement scolaire en langues nationales dans toute l’étendue de la RDC. Je suis l’initiateur de plusieurs projets d’animation littéraire parmi lesquels le Club de lecture de la Tshangu.
Vous êtes, effectivement, bibliothécaire et un promoteur très actif de la littérature en RDC. Quel a été le déclic ?
La Bibliothéconomie et la promotion de la lecture sont des branches qui ont toujours habité mon esprit. J’ai adoré le livre dès mon jeune âge; la lecture n’a jamais été une corvée pour moi. A la vérité, la chose qui a développé cette intimité avec les livres, c’était la peur de parler avec les ami.e.s à l’école – ils se moquaient de moi… Pour la petite histoire, je fais partie de ces personnes qui parlent sous la langue. Il m’arrive donc de zézayer. Et avec l’immaturité de l’âge à cet époque, à l’école primaire, mes camarades de classe ne cessaient de se moquer de moi, et moi, je ne savais pas maitriser ces provocations. Du coup, celles-ci ont produit en moi une solitude, mais une solitude fructueuse ( rires ) qui m’a permis d’être culturellement construit.
Vous avez récemment mis sur pied un club de lecture, le Club de lecture de la Tshangu. Quels sont ses objectifs et les modalités d’adhésion et de participation ?
Le club de lecture de la Tshangu est une organisation culturelle libre d’accès. Il suffit d’avoir la volonté de partager notre vision qui est de ne consommer et de ne promouvoir que la littérature congolaise.
Les objectifs de notre Club de lecture sont les suivants: – Proposer la lecture aux habitants du district de la Tshangu, un coin de Kinshasa qui est miné par la barbarie et l’illettrisme.
– Combattre l’aliénation en n’exploitant que les livres congolais qui valorisent notre culture d’une manière ou d’une autre, tout en accordant toujours aux membres du club la liberté de discuter en langue nationale : le lingala.
– Susciter le goût de la lecture dans chaque ménage du district de la Tshangu en faisant en sorte que le livre ne soit plus regardé comme le propre des gens d’une certaine classe sociale, mais plutôt comme une simple denrée de l’esprit qu’il importe à tout le monde de consommer.
– Imposer la Tshangu comme étant un district de référence de la littérature congolaise.
Un beau projet ! Nous vous souhaitons le meilleur. Que pensez-vous des prix littéraires ?
À la base, un prix littéraire devrait justifier le fort potentiel d’un.e laureat.e. Toutefois, depuis que je suis dans le champ littéraire international ou national, je ne cesse de douter de la légitimité de ces prix. Pour moi, très peu les méritent…
Et l’édition alors ? Quel constat général faites-vous de l’édition en Afrique, en RDC ?
L’édition en Afrique et particulièrement en Rdc connait un foisonnement intéressant, il y a pas mal de jeunes auteurs qui paraissent à gauche et à droite; ce qui rassure la présence perpétuelle de notre écriture. Les regrets que je peux étaler ici sont : le fait que plusieurs maisons d’édition africaines n’ont pas encore comme priorité de parler de l’histoire de l’Afrique, de nos valeurs culturelles, de promouvoir nos langues et nos héros ; des grands noms comme de Ndona Beatrice Kimpavita, Nelson Mandela, Simon Kimbangu, etc. souffrent d’une crise de renom puisque ne faisant pas l’objet de plusieurs ouvrages qui pourraient servir dans nos écoles. S’il y a deux ou trois institutions qui bercent et promeuvent l’aliénation culturelle en Afrique, les maisons d’édition en font partie, car la majorité des livres ont toujours une connotation occidentale à la Molière, Maupasant, Voltaire, etc.
Moïse EDIMON en atelier de lecture avec les enfants
Publié en auto-édition au premier trimestre 2022, Mexico est, après Piégée par mon sang publié en 2019, le second roman de l’écrivaine camerounaise Christine Elong.
Alex et Aline. «Ça rime bien !», pourrait-on dire…
Alex est un intellectuel ambitieux et soucieux d’une belle carrière. Aline n’est pas allée loin dans ses études, non sans volonté, mais faute de certaines circonstances malencontreuses de sa vie. On est face à deux visions opposées, incompatibles.
Toutefois, le destin fait que leurs chemins se croisent… À MEXICO ! Une rencontre qui va tisser la trame d’une idylle assez incongrue.
La coterie d’Aline n’est pas très saine. Ayant trempé son petit doigt dans un univers peu recommandable, où sexe, alcool et stupéfiants se fondent et se confondent, Satan a saisi son bras en entier.
Alex se rend compte de l’incapacité d’Aline de se sortir de cette étreinte infernale, mais il ne peut pas se retenir de l’aimer. Il se risque à l’aider quand Aline lui livre son lourd secret : un viol collectif subit dans sa tendre enfance. Un secret qu’elle garde depuis des décennies et qui influence son comportement désaxé.
A l’initiative d’Alex, qui croit mordicus a une issue favorable, commence une course à la restauration tant psychologique que physique d’Aline. Comble de bonheur, un miracle scientifique s’opère et Aline vit son miracle. Elle le vit plusieurs fois ! Elle est désormais une épouse comblée dans les bras de son Amour. Une belle définition du bonheur…
Au-delà du récit…
Dans Mexico, Christine Elong nous dresse le portrait d’une vie d’immigré avec ses hauts et bas, ces heurts et malheurs. La fluidité de son récit nous emporte dans les méandres d’une cité mouvementée et à une lecture à cul sec . Mexico invite à le consommer sans restriction ni modération.
Bonjour, Alain Serge DZOTAP. Nous savons déjà que vous êtes un acteur du livre jeunesse, nous vous laissons vous présenter plus amplement.
Est-ce vraiment important que l’on sache qui je suis ? À mon avis, non. Mes livres sont plus importants que ma pomme. Lisez-les à deux yeux émerveillés ou à plusieurs yeux complices !
Une question peut-être rhétorique : pourquoi le livre jeunesse ?
Je suis né à Bafoussam, dans une maison sans livres, dans une ville sans bibliothèques. C’est dans mon livre de français que je découvre, à l’école primaire, que les livres, aussi, racontent des histoires (parce qu’à la maison, on en racontait) ! J’en suis fasciné ! Plus tard, alors que j’ai maîtrisé la lecture, il est impossible d’assouvir ma soif par manque de livres. Alors, j’étais obligé de chercher des histoires où je pouvais en trouver, c’est-à-dire dans les livres de lecture hors programme et dans lesquels il y avait toujours des contes. Ce manque m’a habité pendant longtemps. Je crois que j’écris pour donner des histoires à lire à l’enfant que j’ai été, qui n’a pas eu de livres, petit.
Vos livres sont tous (ou presque) édités en Occident. Un choix ou le choix ?
À ma connaissance, il n’existait que deux éditeurs qui s’intéressaient à la littérature jeunesse, Akoma Mba et Clé. Le paysage éditorial camerounais était donc bien trop pauvre pour accueillir tout le monde. J’ai fait le choix de me tourner vers la France où il y avait un vrai marché et une véritable culture du livre jeunesse. Je devais écrire, à partir de Bafoussam, des histoires pouvant intéresser le public d’un éditeur hexagonal en même temps que des lecteurs africains, américains, asiatiques, etc. Je pense avoir réussi ce tour de force. Et ça ne s’est pas fait en un tour de main !
Alain Serge DZOTAP, complice avec les participants à ces ateliers
Aujourd’hui, quelle analyse faites-vous du secteur de la littérature jeunesse au Cameroun ?
Il y a de belles initiatives ici et là. Mais à mon avis, il y a encore énormément à faire pour atteindre un certain niveau de qualité et d’exigence. Akoma Mba, sous la houlette du passionné RobertNkouamou, se démène pour produire d’assez beaux albums… à perte, probablement. La jeune maison d’édition d’Armelle Touko, AdinkraJeunesse, apporte un souffle nouveau à ce secteur au Cameroun ! J’aurais souhaité rencontrer une éditrice comme ça à mes débuts. C’est une éditrice pleine d’énergie et de projets innovants. Je suis certain qu’elle améliorera et enrichira davantage son offre éditoriale pour le bonheur de nos jeunes lecteurs !
Vous préparez une tournée littéraire auprès des tout petits au Cameroun. D’après vous, quelles sont les cinq principales choses à faire pour intéresser les tout petits à la lecture ?
Commençons par rendre le livre visible et disponible et on pourra en reparler. Pour l’instant, l’offre éditoriale jeunesse est infime au Cameroun.
Alain Serge DZOTAP en atelier avec les petits
Alain Serge DZOTAP, merci de nous avoir accordé votre temps.
Giraud MBARGA, auteur de Inspection de trop paru chez Edilivre
Qui est Giraud MBARGA ?
En me réveillant, la mission c’est : A.L.I. Ce sigle qui se répète sans cesse, dans mes pensées, chaque matin, chaque jour, sans cesse : A.L.I, A.L.I, A.L.I … C’est une alarme qui me rappelle d’abord que je vis pour A (améliorer le quotidien de tous ceux que je rencontre. Ces personnes doivent se dire et clamer « lire du Giraud MBARGA a changé ma vie. Grâce à sa plume, je vois la vie différemment, je la vois en mieux ».) ; cette alarme me rappelle ensuite que je me bats pour L (laisser mes empreintes dans les cœurs et les esprits. Autrement dit, je dois imprimer mes messages, mes émotions, mais surtout ma singularité dans sa complexité au plus profond des humains ; enfin, ladite alarme me rappelle que je me prive pour I (Inspirer le monde entier. C’est-à-dire donner à des personnes de tous les coins du monde, peu importe la couleur, la tribu ou la langue, des raisons d’y croire. La démarche finale étant de faire naître des vocations et même des plagiats dans les subconscients d’horizons divers.)
Je suis un écrivain déterminé, qu’on qualifie parfois d’engagé, qui surtout aime les mots pour narrer les maux et pas que, à travers le mélange discours terre-à-terre / exposé subliminal. Aussi, j’embrasse fièrement mes origines en les mariant publiquement à d’autres cultures, d’où l’usage décomplexé du camfranglais, aux côtés de certaines expressions prises dans des langues officielles ou non.
Où acheter et lire Inspection de trop
Vous êtes l’auteur de Inspection de trop, un recueil de poésie écrit en prose et en vers et qui a paru chez Edilivre. Giraud MBARGA, pourquoi ce livre ?
Il était indispensable de laisser exploser ce que j’avais pendant des années conçu et fabriqué. Il était venu le moment d’imposer ma façon atypique d’écrire, sans m’embrigader dans les geôles de la poésie classique. J’avais des choses à partager et je l’ai fait sans me soucier de savoir si c’est ainsi que faisaient les autres ou si c’était poétiquement correct. Inspection de trop se situe entre l’introspection et l’inspection. C’est une analyse du moi, d’autrui, pour pousser le « nous » à sortir de la léthargie, en bref, à agir. En d’autres termes, j’ai savamment écrit pour encourager les lecteurs à ne plus être de simples spectateurs mais des acteurs.
En tant que jeune auteur camerounais, quelles observations faites-vous de l’espace littéraire camerounais ?
Nombreux sont les passionnés qui essaient à leur manière de vulgariser la littérature et d’universaliser les travaux de bons nombres d’auteurs camerounais, souvent bénévolement. C’est grandement louable et hautement encourageant. A côté, Le principal frein que je déplore est la mystification existante pour se faire éditer, jumelée à la légèreté technico-graphique appliquée sur la majorité des réalisations littéraires disponibles. C’est ce principal paradoxe qui me chagrine. Au Cameroun, il y a de bonnes choses qui sont faites, mais demeurent à parfaire.
Où acheter et lire Inspection de trop.
Edilivre, un choix ou le choix ?
C’était un choix parmi d’autres. Ils ont été francs dans leur proposition, j’ai respecté, ça m’a intéressé. Satisfait, oui, parce que mon art n’a pas été tronqué. J’ai pu librement m’exprimer. Chaque ligne, soigneusement élaborée, a pu atteindre sa cible en conservant toute sa vigueur, sa vitalité et sa virtuosité.
Quels jeunes auteurs lisez-vous et recommandez-vous aux lecteurs africains ?
Il est vrai que je lis un peu de tous les siècles et de tous les continents… Et j’aime beaucoup le fait que l’écriture évolue tout en restant éternelle dans sa façon de transmettre des émotions. C’est difficile de choisir juste quelques auteurs de la jeune garde et de les recommander… Toutefois, je recommande, sans hésiter, BIDJO Edward Nelson et Cyrille SOFEU.
Concernant BIDJO, il a une belle façon d’être sûr de lui et de sa plume, à travers ses expressions recherchées, notamment quand il parle de l’art de séduire. Cyrille SOFEU quant à lui, est un passionné qui se livre complètement dans chacune de ses phrases, sa candeur évidente apaise.
LineLitt
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Le Salon du livre africain pour enfants de Yaoundé (SALAFEY) tiendra sa première édition du 16 au 18 décembre 2022 à Yaoundé. Son objectif est de promouvoir le livre africain pour enfants, ses acteurs; planter, et avec le temps, nourrir la semence de la lecture chez les enfants. Contact : contactmwinasarl@gmail.com
Besoin d’une visibilité sur ce blog ? Contactez-nous à acolitt_communicationlitteraire@outlook.com
«Colorant Félix» est une œuvre d’orfèvre cousue de trente palabres étalées sur 247 pages. Tout se passe sous le gros arbre à palabres de Kpétékpa autour de l’eau-de-vie (Sodabi). L’amour débridé pour cette boisson alcoolisée même s’il conduisait dans l’ébriété ne noyait cependant pas le bon sens de ses habitués. Sous le fameux arbre à palabres, de belles histoires comme celles des obsèques de Mickael Jackson se racontaient et se commentaient à belles dents. Un jeune étudiant en médecine envoyé pour ses études en ville annonce, au cercle des sages du village, l’irruption d’un certain Colorant Félix. Cette nouvelle a constitué le chou-gras des discussions sous l’arbre à palabres où d’ailleurs, les femmes étaient dorénavant acceptées. Des conjectures et hypothèses fusaient tous azimuts autour de l’origine animale (Atoké) et chinoise de Colorant Félix qui fait une cascade de morts. On agitait aussi des idées autour de l’infrangible remède africain qui a pu prémunir le continent de l’hécatombe annoncée. La panacée africaine est constituée d’ingrédients exhumés du fond du terroir africain. Subséquemment, la sagesse du vieux Somahuhwevidotomè vient relever d’un cran la stature des discussions sous l’arbre à palabres. Il fit de lumineuses réflexions sur la parole (xo) et la vie (Gbe) en lien avec d’épineuses questions qui s’imposent par leur actualité. Dans un style soutenu, jaloux garant de l’oralité propre aux cultures africaines, l’auteur – qui a de la verve à revendre – a pu faire de son œuvre le miroir de tout un univers culturel.
✓ UNE INÉDITE EXPRESSION DE LA RICHESSE CULTURELLE AFRICAINE
«Colorant Félix» est l’expression de l’immense richesse linguistique, proverbiale, onomastique enfouie dans les cultures africaines. Si la langue est l’âme d’un peuple, il convient de la prendre au sérieux dans toute entreprise d’investigation et d’expression de la culture de ce peuple. Nos langues locales taxées d’antan de dialectes ou de pseudo-langues n’ont pas eu honte de sortir de leur repaire pour combler l’incomplétude du français et son incapacité à exprimer certaines réalités africaines. Ecrit en plusieurs langues, ce roman montre comment nos langues (qu’elles soient locales ou étrangères) peuvent cohabiter, s’enrichir et se compléter.
Ensuite, le roman foisonne de proverbes, de dictons, d’aphorismes qui sont une vivante expression du fond culturel africain en général et béninois en particulier. Quelques exemples : « Ne pas savoir rire de la vie est mortel. Ne pas choisir de se moquer de l’existence, c’est creuser sa tombe à petits coups. Notre longévité est fille de notre bonne humeur que nous cultivons chaque jour » (p. 38). « Dans la vie, de deux maux, nous choisissons toujours le moindre » (p. 38). « Le cochon qui a été témoin du sort de son frère sur la braise est plus prudent que le serpent » (p. 75). « La solitude tue plus vite que la mort » (p. 79). « Ce n’est pas toujours le plus intelligent qui réussit dans la vie, mais le plus souple et le plus ouvert à la vie et à ses injonctions » « Il faut s’affirmer et résister au rouleau compresseur de la pensée unique » (p. 137).
Choisis à dessein, les noms des personnages dégagent un symbolisme et tracent une feuille de route qui s’harmonise avec l’existence de ceux qui les portent. Le lecteur pourra faire une herméneutique des noms comme Alikpa, Emouvi-Lekosto, Somahuhwéviɖotↄmé, etc.
✓ UNE RICHESSE INSOUPÇONNÉE DANS LA SAGESSE AFRICAINE
Le cas du vieux Somahuhwevidotomè est plus que jamais illustratif de la sagesse dont nos ancêtres africains étaient détenteurs et dont il nous incombe aujourd’hui d’assurer le bon aloi. La figure de ce sage de Kpétékpa contraste avec celle d’un « intellectuel moderne » qui ne doit ce qu’il est qu’à son passage par l’école des Blancs.
Il existe en Afrique, des personnes qui n’ont jamais mis pied à l’école, et qui sont d’une perspicacité et d’une érudition insoupçonnées. Ce sont des « intellectuels communautaires ».
Somahuhwéviɖotↄmé, le vieux sage, montre, en effet, que la parole n’est l’égal de personne (xo ma yin mè dé gbè) puisqu’elle préexiste à l’homme : « La parole nous précède et est toujours plus puissante que notre imagination et notre capacité d’abstraction » (p. 130). Aussi faut-il souligner que cette parole engendre l’homme, même s’il revient à l’homme de l’engendrer. L’homme est ainsi à la fois, produit et père de la parole : « Et chaque fois qu’elle donne à l’homme de l’engendrer, elle l’engendre aussi, cet homme » (p. 130).
Dans un même mouvement, Somahuhwéviɖotↄmé aborde la vie sous un angle assez riche et intéressant à partir des entités Gbɛ (vie), Gbɛtↄ (homme) et Gbɛɖotↄ (Dieu créateur). Il montre que le Gbɛ en tant que vie n’est pas à séparer avec le Gbɛ en tant que monde. « La démolition de la nature qui nous environne et nous fait, va de pair avec la destruction de la nature humaine » (p.132). Le Gbɛtↄ a reçu du Gbɛɖotↄ l’ordre de dominer la terre ; ce qui fait de lui le père du monde (Gbɛtↄ). Mais dans le même temps, il doit soumission à cette terre. Car, comme le dit Somahuhwéviɖotↄmé, « par le fait qu’en agissant sur la terre il en tire sa pitance, il en devient le fils » (p. 132). Si cette sagesse africaine avait été bien comprise, notre monde ne connaîtrait pas tous ces problèmes écologiques qui, de plus en plus, le détruisent. Si l’homme avait compris cette sagesse africaine, il ne porterait atteinte à aucune vie ; parce qu’il n’en est pas l’auteur (Gbɛɖotↄ) mais simplement le père gardien (Gbɛtↄ). A ce propos, Somahuhwéviɖotↄmé fait un triste constat : « La vie était sacrée. Aujourd’hui, elle est moins qu’une marchandise » (p. 134).
✓ UNE DOUCE SATIRE
«Colorant Félix» aborde des thématiques assez graves et délicates dans une diatribe empreinte d’humour. Ce faisant, l’auteur s’attèle à corriger certaines aspérités et irrégularités qui se remarquent en société. D’un sens de l’humour dont il est le seul à avoir la magie, l’auteur a su, du fond de ses réalités culturelles, travailler à corriger les mœurs en riant (Castigat mores ridendo).
En définitive, «Colorant Félix», se dérobant de la tradition du classicisme romanesque, s’impose par son originalité. L’œuvre vient creuser les sillons d’une « manière africaine d’écrire le roman ». Il recèle l’imparable richesse et l’insoupçonnée résilience d’une culture africaine qui, secouée par l’impétuosité d’un modernisme mordant, fut vouée à l’hégémonie et finalement jetée aux orties. Et tout ceci, avec un sens d’humour contagieux.
Sans prétention aucune, «Colorant Félix» ne mériterait-il pas d’être érigé en paradigme romanesque africain ? Ne serait-ce pas là, peut-être, le destin qu’impose Destin à son chef-d’œuvre ?
Modeste HEDJI, Saint Paul de Djimè pour LineLitt
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L’association littéraire Ônoan est basée au Cameroun. Elle étend ses activités dans toute l’Afrique et même au-delà. Elle se compose de trois entités : une agence littéraire, une académie littéraire, une maison des cultures. L’association littéraire Ônoan propose des ateliers, en ligne et en présentiel, en écriture créative, en lecture créative, en traduction littéraire approfondie. Elle accompagne les auteurs dans leur carrière, du manuscrit à l’après édition. Pour avoir plus d’informations, laissez un message à masug@onoan.com. N’hésitez pas à suivre ses pages sur les réseaux sociaux : Ônoan
Bonjour, Emadange ! Nous vous laissons décliner vos casquettes.
Je suis Emmanuel Yada à l`état civil et « Emadange » c’est mon nom de plume. Raconteur, poète et slameur, j’ai à mon actif plusieurs textes oraux disponibles sur YouTube, et mon tout premier récit, Maurelle et Flora, publié en fin 2020. En bref, je suis passionné des lettres et étudiant en cycle de master à l’université de Buea au Cameroun.
Poète, slameur, auteur d’un récit… Que représentent l’écriture et les Mots pour vous ?
Pochette d’un clip d’Emadange, le slameur
L'écriture… L’écriture est ma compagne, celle-là qui m’épargne de commettre un certain nombre de bêtises… Figurez-vous, lorsque je suis en colère, la chose qui m'apaise le mieux, c’est l'écriture; c’est elle qui sait me toucher. Ce que j’écris à ce moment-là n'a pas besoin d’être propre ou beau, tout ce qui compte, c`est me libérer le cœur, le débarrasser de cette gangrène-là, de cette colère qui l’empoisonne. Les mots, l’écriture, la poésie, le racontage… tous soignent mes maux et m’aident à dire tout ce que de vive voix, je n’oserai proférer.
Le récit Maurelle et Flora est une réédition de Amour versus réalité, et il parait en 2020. Quelle est votre analyse de l’édition en Afrique ?
Oui, Maurelle et Flora est une réédition de Amour versus réalité. Je ne sais pas si j’ai un mot à dire, je n'en connais pas beaucoup. En ce qui concerne l'édition en Afrique, japprécie beaucoup le travail abattu par des maisons d’édition sénégalaises. De celles que je connais, la production est impeccable… Quant aux éditeurs camerounais, mon expérience n’a pas été bonne. Oui, il y a quelque part de l’engagement, mais jusqu’ici, je peux décrier un manque de communication, d’abord avec leurs auteurs et ensuite avec le public. Il n’est pas agréable que des éditeurs jettent des fleurs aux auteurs au début de l’édition et qu’après la parution du livre, tout tombe aux oubliettes. Il existe des éditeurs au Cameroun qui ne se donnent pas à fond dans ce que je peux appeler le marketing et la valorisation des auteurs. Ils ne sont que des commerçants en fait.
Plusieurs se plaignent du fait que les livres ne se lisent pas. En tant qu’auteur, qu’en pensez-vous et quelles initiatives prenez-vous pour »recruter » des lecteurs pour vos productions ?
Les livres ne se lisent peut- être pas assez mais les textes se lisent sur Wattpad et sur Facebook entre autres. Nous comptons de nombreux lecteurs assoiffés sur la page Facebook d’Ernestine Nadia et sur celles de bien d’autres auteurs… Nous sommes à une ère technologique où tout – ou presque – se passe et passe sur les réseaux sociaux. Plusieurs lecteurs attendent le livre sur leurs smartphones, d’où le problème d’accessibilité du livre pour tous à revoir.
Dans la région où je vis, on compte très peu de bibliothèques; on a plutôt des archives, sans exagérer! il n’y a pas du neuf et on compte environ 90% de littérature française, langue que plusieurs ne consomment pas.
Avant de « recruter » des lecteurs, il faudrait que les promoteurs du livre, les éditeurs y compris, soient en symbiose avec les médias et les bibliothèques. Pour sortir du placard, le livre doit être promu comme les oeuvres musicales. Le livre est un produit qui a besoin de publicité, tout comme la brosse à dents, par exemple ! En tant qu’auteur, je me rapproche des lecteurs afin de susciter en eux l`envie de lire, en publiant quelques fois des extraits de textes pour capter leur attention…
Quels conseils donnez-vous aux auteurs en herbe ?
Je Nous conseille d’écrire, écrire, écrire et écrire encore et encore sur ce qui nous ressemble; écrire pour peindre nos différentes sociétés. Et surtout, beaucoup lire, découvrir les autres. Sans oublier : «Practice makes perfect».
Emadange, merci de nous avoir accordé votre temps.
Linelitt’
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Acolitt assure la relecture / correction de vos tapuscrits | La communication sur vos œuvres littéraires, évènements et entreprises de littérature | La traduction de vos textes littéraires. Contacts: acolitt_communicationlitteraire@outlook.com
BALIMA Lazare est un auteur burkinabè et promoteur culturel. Évoluant dans le domaine du théâtre et du cinéma, il est aussi le Président de l’Association Des Alliés du Livre (ADAL).
Quel regard posez-vous sur la littérature au Burkina Faso et en Afrique en général.
Personnellement, je pense que la littérature africaine et particulièrement au Burkina Faso est en train de prendre son envol. On constate de plus en plus la naissance de jeunes auteurs avec des plumes très déterminées et porteuses de messages de construction, de libération de formation.
L’association Des Alliés du Livre (ADAL) est une association de promotion de la lecture, de l’écriture, du livre en général. Quelles en sont les principales activités ?
La lecture étant la base de tout, l’ADAL se donne pour mission de la promouvoir en passant par la promotion de la littérature de façon générale. Et nos principales activités sont entre autres : – Le Concours de Lecture et d’Eloquence (CLE) qui est une compétition inter-établissement d’enseignement sur la lecture à travers le slam, l’art oratoire et le jeu de cracks. Toutes ces trois catégories se font à base d’un thème général inspiré d’œuvres littéraires dont la lecture est imposée aux différents compétiteurs. – La rentrée littéraire qui permet de découvrir de nouvelles œuvres et leurs auteurs à travers des conférences et d’autres domaines de la culture. Il s’agit ainsi d’offrir un cadre d’échange entre auteurs et lecteurs. – L’émission A LA BARRE réalisée en partenariat avec l’Agence de Consulting Littéraire (ACOLITT) au Cameroun. C’est une émission mensuelle qui se fait en ligne.
Il y a bien sûr d’autres activités que vous pouvez consulter sur notre page Facebook (Association des alliés du livre). D’autres seront lancées les années à venir ; nous allons les taire pour le moment afin de vous réserver une surprise.
Nous savons que la finale de la deuxième édition du CLE se tiendra ce 9 avril. Quel est l’objectif de ce concours et la finalité d’après concours pour le(s) lauréat(s) ?
Le Concours de Lecture et d’Eloquence (CLE) vise à redynamiser le goût de la lecture, orienter les jeunes dans les recherches. En effet, comme je le disais plus haut, le thème est toujours inspiré de la lecture d’œuvres littéraire de plusieurs genres. Ainsi, pour mieux réussir l’exercice, les candidats sont obligés de lire non seulement les œuvres qui leur sont imposées, mais aussi de lire d’autres œuvres traitant du même thème. Ces recherches littéraires doivent être utilisées pour des débats littéraires, composer des slams et des réponses à des questions de culture générale littéraire.
Avec le CLE, on apprend à aimer la lecture en apprenant à savoir ce que l’on peut faire avec les connaissances que nous tirons de ces lectures.
Quel est votre souhait pour l’espace littéraire africain ?
Mon plus grand souhait pour l’espace littéraire africain, c’est l’union et la solidarité des promoteurs, des auteurs et de tous les acteurs de la chaîne du livre. Mais surtout, je souhaite une réelle politique en faveur du livre de la part de nos dirigeants.
Née officiellement en 2020, ÔNOAN a su au fil des mois gagner la confiance des amoureux des lettres, et intéresser ceux qui boudaient encore la chose. C’est une équipe qui travaille au quotidien pour l’émergence de son savoir-faire, mais aussi pour que les belles-lettres asseyent encore plus leur pouvoir et leur noblesse.
Dès l’entame de cette aventure, l’association ÔNOAN a surpris l’espace littéraire avec un appel à textes pour un accompagnement de six mois, ONOAN WRITINGS saison 1. Bien que limité au Cameroun, cet appel à textes a été bien accueilli et des dizaines de candidatures ont été reçues. Malheureusement pour ces assoiffés de connaissances, seuls dix lauréats étaient attendus.
Atelier de creative writing avec les lauréats Ônoan writings
ÔNOAN s’est placée parmi les leaders pour l’accompagnement littéraire en Afrique en peu de temps. Ne vous fiez surtout pas au temps pour la juger ! Cette association regroupe des professionnels du livre de différents profils qui ont longtemps œuvré en solitaire ou dans l’ombre ; jusqu’au jour où ils ont décidé de fédérer leurs forces. Analyste littéraire, relecteur, communicateur littéraire, formateur et expert en creative writing et creative reading, traducteur littéraire, bibliothécaire sont ces quelques profils qui posent chaque jour une pierre à l’édifice de la littérature en Afrique et même au-delà.
Carole MBAZOMO, présidente et co-fondatrice Ônoan, auteureRay NDÉBI, formateur en creative writing et creative reading, traducteur, auteur, co-fondateur ÔnoanAubin Eyike, chargé des partenariats, analyste littéraireJean-Michel EKELE, formateur en creative writing, auteur, analyste littérairePauline ONGONO, chargée de communication, relectrice, bibliothécaire
Les années 2020 et 2021 ont été très mouvementées pour cette association. Si nous nous basons seulement sur sa page Facebook, au premier semestre 2021, près de quarante échanges littéraires ont été faits dans des établissements scolaires et universitaires et avec des associations littéraires en Afrique, des centaines d’auteurs y ont été mis en avant, des dizaines d’institutions et évènements littéraires ont été promues… Nous n’oublierons pas son accompagnement technique dans des projets littéraires au Cameroun et ailleurs.
La panoplie d’images à ce lien : https://www.facebook.com/OnoanLitterature/
Logo officiel Ônoan
Cette année, ÔNOAN a annoncé, au mois de janvier, la mise sur pied de sa maison des cultures. Il s’agit d’une bâtisse située dans le département de la Lékié, à Nkombibam 2. Elle accueille des résidences, des ateliers d’écriture, de lecture et de traduction ponctuels, des spectacles, et autres attractions servant à dynamiser Nkombibam 2 et ses environs. Cette maison des cultures a d’ailleurs servi de village de la CAN, au grand bonheur des populations. En outre, son académie littéraire et son agence littéraire se sont réaffirmées dans l’univers littéraire. Les amoureux des lettres peuvent désormais bénéficier, peu importe l’endroit où ils se trouvent, d’une formation de qualité à la créativité littéraire.
Vous l’avez sûrement compris, Ônoan c’est : une académie littéraire, une agence littéraire, une maison des cultures.
Maison des cultures Ônoan à Nkombibam 2 par Monatélé (Lékié, Centre-Cameroun)
Dans cette quête de transmission et d’acquisition des connaissances, les élèves ne sont pas en reste : ÔNOAN a mis sur pied les « Clubs ÔNOAN » qui se tiennent dans les établissements scolaires, sous accord du staff éducatif.
ÔNOAN répond à toutes vos questions d’ordre littéraire à l’adresse : masug@onoan.com et en message privé sur leurs pages sur les réseaux sociaux : ônoan (Facebook, Twitter, LinkedIn).