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  • Les 5 questions posées à Cécile AVOUGNLANKOU, auteure et activiste littéraire béninoise

    Bonjour, Cécile AVOUGNLANKOU ! Nous vous laissons vous présenter.

    Je suis Cécile Avougnlankou. Je suis professeur certifiée de français. J’enseigne le français dans les collèges et lycées du Bénin. Je suis la fondatrice de la page de littérature Fémicriture et du site www.femicriture.com. J’ai co-écrit plusieurs ouvrages et le dernier est «Sororité chérie». Je suis l’auteure d’une pièce de théâtre «Mes poupées noires, noires» qui sera publiée bientôt.

    Pouvez-vous nous donner plus de détails sur FEMICRITURE ?

    FÉMICRITURE est une page de littérature. Elle s’intéresse exclusivement aux œuvres publiées par des femmes africaines et afrodescendantes. C’est un choix que nous avons opéré dans le but de donner de la visibilité aux femmes qui sont souvent peu connues, peu lues.


    Les objectifs de la page FÉMICRITURE sont :


    ✓ Faire découvrir la littérature féminine africaine et afrodescendante,
    ✓ Donner de la visibilité aux écrivaines africaines et afrodescendantes
    ✓ Faire aimer cette écriture.
    Faire lire cette littérature en pleine éclosion..

    Comme activités, Fémicriture propose :


    ✓ Des comptes rendus de lecture des livres de femmes. Fémicriture ne se contente bien sûr pas de simples comptes rendus de lecture. Elle va au-delà et propose des analyses de textes ainsi que des études des thèmes abordés par les livres. Ces études peuvent nous faire rappeler l’histoire, la politique, les traditions, … que nous proposons à nos lecteurs afin qu’ils comprennent que les livres nous disent la vie et le monde dans lequel nous vivons ;
    ✓ Des incitations à la lecture, en proposant des titres de livres découverts, en lisant des extraits de textes intéressants surtout dans les écoles, en copiant des extraits de textes au tableau afin de motiver les élèves à la lecture des livres au programme ;


    ✓ Des rencontres d’auteurs ;
    ✓ Des débats autour de sujets d’intérêt ;
    ✓ Des sensibilisations des jeunes (sur divers thèmes, les livres nous servent parfois de support…) ;
    ✓ Des prescriptions littéraires (les auteurs prescrivent leurs livres aux lecteurs, ces livres constituent la pharmacie de Fémicriture) ;
    ✓ Des présentations de livres au cours de leur lancement ;
    ✓ Organisation de jeux concours en s’inspirant des livres pour mieux les faire connaitre ;
    ✓ Les sensibilisations par les textes ;
    ✓ Les rencontres avec les enfants (Fémicriture dispose de livres pour enfants qu’elle va bientôt mettre à la disposition des tout petits pour les inciter à la lecture).


    En plus de notre page Facebook, nous avons un site internet : https://www.femicriture.com
    dans lequel vous retrouverez, en plus de nos activités sur Fémicriture, de nouvelles rubriques qui vont vous enchanter.

    Ce mouvement littéraire est-il confronté à des difficultés ?

    Nous rencontrons quelques difficultés telles que :


    ✓ L’accès aux livres. A part certaines auteures dont les livres se retrouvent facilement dans nos librairies, la grande majorité (connue en occident) est absente de nos rayons.

    ✓ Très souvent des soucis financiers pour acheter tous les livres que je voudrais, et peu de temps pour lire autant que je le voudrais.
    ✓ La connexion internet chez nous est depuis peu très couteux; ce qui ralentit le travail.
    ✓ J’aurais aimé ne travailler qu’avec des femmes sur ce projet. Malheureusement, ce sont les hommes qui s’empressent pour travailler avec moi.

    Tel que souligné plus haut, vous êtes l’une des contributrices du recueil «Sororité chérie». De quoi s’agit-il concrètement ?

    Oui, je fais partie du magnifique projet « Sororité chérie » de la béninoise Carmen Toudonou. De quoi s’agit-il dans ce projet ?
    Il s’agit de sororité chérie (Rire). C’est si bien dit que je me demande si je peux mieux l’expliquer. Je vais essayer. Disons que Carmen Toudonou voudrait que les femmes parlent de femmes et de la vie qu’elles se font avec tendresse. Il est plus précisément question dans ce projet d’évoquer les rapports cordiaux qui doivent nous mener les unes vers les autres, de cette force que nous avons et que nous devons communiquer entre nous pour nous soutenir, nous tenir la main, nous accompagner sur les sentiers sinueux de la vie. En somme, c’est un projet qui nous force, nous autres femmes, à nous éveiller à la fraternité, à cette nécessité de nous regarder dans les yeux, de comprendre nos différences, de les accepter et de nous porter mutuellement.

    Vous devez écrire un texte à quatre bras. Avec qui voudrez-vous l’écrire ?

    C’est une question piège celle-ci. J’aurais aimé écrire un roman à quatre bras avec beaucoup d’auteurs que j’apprécie énormément. Mais comme il me faut choisir, si j’ai cette chance, j’aimerais vivement écrire un roman à quatre bras avec mon écrivaine préférée, la Sénégalaise Ken Bugul.

    Cécile AVOUGNLANKOU, merci de nous avoir accordé votre temps.

    Je vous remercie pour votre engagement pour le livre. Je vous dis toute ma reconnaissance pour cette opportunité que vous me donnez de faire connaitre ma page Fémicriture et le site www.femicriture.com
    Je profite pour faire un clin d’œil à tous nos lecteurs ainsi qu’à mes collaborateurs.

    Linelitt’

  • Les 5 questions posées à Osvalde LEWAT, lauréate du Grand Prix Panafricain de Littérature

    Bonjour, Osvalde Lewat ! Nous savons que vous êtes photographe professionnelle d’art, documentariste et désormais auteure. Des carrières prenantes. Nous sommes curieux de connaître votre discipline de vie pour allier tout ceci.

    J’essaie d’articuler mes différentes vies avec rigueur et souplesse. J’ai des périodes où je procrastine et d’autres où je travaille énormément. J’ai la chance que mon travail soit ma passion, cela rend les choses moins difficiles. Je suis également entourée de personnes bienveillantes qui acceptent mon agenda exigeant et n’hésitent jamais à m’aider, à rendre les contingences de la vie auxquelles on ne peut pas toujours échapper, plus facile à gérer.

    Les Aquatiques est votre dernier roman et il met en exergue l’émancipation de la femme et la lutte de plusieurs victimes d’oppression pour garder leur dignité et s’affirmer. Son contexte est le Zambuena, un pays imaginaire d’Afrique ; la cible de ce roman est donc évidente. Mais dites-nous, Osvalde Lewat, quel a été votre procédé d’écriture?

    Je suis partie de la figure de Katmé qui est centrale. C’est elle le point de fixation de l’histoire. Personnage pivot, c’est autour d’elle que s’articulent les autres figures du roman. Elle est en interaction directe avec quasiment tous les personnages du roman. Il y a peu de scènes, d’échanges directs entre les autres personnages. C’est l’intériorité de Katmé qui nourrit la dynamique du texte et le met en mouvement. J’ai donc commencé par construire l’écosystème familial et social de Katmé. Ensuite, en utilisant un système de toile d’araignée ou de… cercles concentriques, j’ai établi les profils physiques et psychologiques des autres personnage. Leur vie, leur généalogie, leurs parents, leurs amours, leurs manières de se vêtir, leurs déboires, comment ils s’expriment, etc. J’ai dressé une fiche de chaque personnage, je l’ai enrichie au fur et à mesure au fil de l’écriture ; parfois je les ai écoutés aussi me dire ce qu’ils sont, ce qu’ils souhaitaient…
    C’est une façon fastidieuse de procéder qui me vient sans doute du documentaire, car le travail préalable que j’effectue sur les personnages est un travail de recherche assez détaillé pour aboutir à quelque chose proche de ce qu’on appelle en télévision une bible …
    J’écris tous les matins, mais dès que je me sens inspirée. Avant je buvais beaucoup de café pour écrire. Maintenant, je me fais des smoothies de légumes avant de me lancer.

    Vous êtes justement avec Les Aquatiques la lauréate actuelle du Grand Prix Panafricain de Littérature. Ce prix octroie une belle récompense et une belle renommée. Osvalde LEWAT, une fois seule dans une pièce de votre maison, que représente ce prix pour vous ?

    Recevoir une distinction est très agréable. Mais une fois le temps de célébration passé, j’y vois une incitation à continuer, à faire mieux. Les prix obligent. Ce serait une erreur de penser qu’on vaut mieux que les autres parce qu’un comité vous a distingué. Il y a tellement de paramètres qui nous échappent et qui entrent en compte dans l’attribution des prix que ce serait parfaitement stupide d’y voir un signe d’élection. Je crois en la vertu de l’humilité, elle empêche l’aveuglement et nourrit la volonté de s’améliorer.

    Vous êtes Camerounaise, lisez-vous les œuvres produites par les Camerounais et au Cameroun ? Si oui, qu’en pensez-vous ?

    Oui bien sûr, j’en lis. Je fais de belles découvertes parfois. Le secteur du livre demeure toutefois un secteur économiquement fragile qui devrait bénéficier du soutien de l’Etat. Il faudrait inciter les jeunes à lire plus, à découvrir les classiques camerounais, africains et au-delà ; on créerait ainsi un vivier de vocations.

    Vous êtes en vacances au Cameroun. Vous ne pouvez partager vos plats typiquement camerounais qu’avec un.une acteur.trice du livre camerounais.e. Qui choisissez-vous et pourquoi ?

    Je choisirai une libraire. C’est une résistante à mes yeux. Et une passeuse de mémoire, de culture, d’histoire. Et dans cette libraire, nous mangerons un bon sanga.

    Merci, Osvalde LEWAT de nous avoir accordé votre temps.

    Line Litt’

  • Les 5 questions posées à Christine ELONG, auteure camerounaise

    Bonjour, chère auteure ! En plus d’être actrice du livre, qui est Christine ELONG ?

    Bonjour ! Christine Elong est une Camerounaise passionnée de belles-lettres. Elle est multi-casquettes. En plus d’être écrivaine, je suis un peintre autodidacte à mes heures perdues. Tout comme le dessin, ma passion pour l’écriture est née avant moi. (Rire). J’ai une certaine prédisposition à modeler tout ce qui me passe par la main. Je prends plaisir à créer des scènes, à attribuer une âme à chacun de mes personnages, à donner vie à tout ce qui m’entoure.


    Votre dernier roman, «Piégée par mon sang», a paru en 2019. Quelle est sa cible et son message ?


    « Piégée par mon sang » est le récit du parcours d’une maman héroïne et téméraire face à un destin intrépide, que j’ai choisi de raconter au plus grand nombre. La particularité ici est la connexion entre les différents personnages qui semblent avoir tous ou presque un destin damné. Le livre peut être destiné à tout public. Bien que le but premier soit celui de sensibiliser les jeunes en âge de se marier, en particulier ceux d’origines africaines, antillaises, maghrébines, indiennes face à ce tueur silencieux qu’est la drepanocytose. Une maladie tabou mais ô combien traumatisante qui tue nos enfants et nous laisse dans une triste impuissance.


    «Piégée par mon sang» parait en autoédition. Vivant en France, quelles sont les réalités de ce type d’édition dans ce pays ?


    Le monde de l’édition en général étant très complexe, l’auto-edition se présente comme une alternative pour tous ceux qui veulent se faire connaître sans passer par le canal habituel qui est celui des maisons d’édition. C’est en quelque sorte une expression de la liberté, la marche vers l’independance. Avec l’auto-edition, les règles ne sont plus dictées par les mêmes. C’est surtout l’occasion pour l’écrivain de suivre de près le processus de la création et l’evolution de son œuvre. L’auto-edition met en exergue la dualité dans la liberté de l’auteur par rapport à ses choix et celle que l’on retrouvera ensuite dans les écrits.
    De plus, avec la montée en puissance des réseaux sociaux, l’auto-edition devient un adversaire de taille qui pourrait rivaliser et trouver une place de choix dans le monde de l’édition. L’intérêt et l’engouement dans le monde de l’auto-edition vont grandissants grâce surtout à la prise de pouvoir des GAFA qui, virtuellement, rendent accessible tout ce qui jusque-là était caché.

    En Amérique, en Afrique comme en Europe, les trappes sont désormais ouvertes à tous les écrivains connus ou pas. Aujourd’hui, il devient possible pour chacun de se lancer dans ce monde qui, il y a quelques années encore, n’accueuillait que certains privilégiés et laissait mourir incognito des grandes plumes. Pour moi, une oeuvre ne se mesure pas à la puissance de la maison d’édition qui la publie. J’invite par là tous les lecteurs à s’intéresser aux œuvres autoeditées, on y retrouve des trésors cachés.


    Avez-vous une idée de comment est accueillie la «littérature camerounaise» en France ?


    Le Cameroun est une terre de champions, une terre bénie qui tire son épingle du jeu dans presque tous les domaines, parmi lesquels la littérature. Un pays qui ne cesse de parler de lui à l’international grâce aux exploits de ses fils dispersés à travers le monde. Nous nous rappelons d’ailleurs le prix Goncourt des Lycéens remporté par Djaïli Ahmadou Amal, Camerounaise, pour ne citer qu’elle. Une grande bouffée d’oxygène qui a contribué à booster jeunes et moins jeunes amateurs de lettres. Une victoire remportée en France et saluée aussi bien par les français que par tous ses compatriotes.
    Enfin, dans plusieurs villes françaises sont organisés chaque année de manière suivie des rencontres qui promeuvent la littérature africaine où se retrouvent toujours une belle brochette d’auteurs camerounais; quand ce ne sont pas ceux-ci les initiateurs.

    Tout compte fait, les dés sont jetés et l’intérêt est grandissant autour du livre. De plus, il y a de belles perspectives en vue.


    Vous avez un projet littéraire et vous pouvez choisir un.une acteur.trice du livre africain pour vous aider à le mettre en place. Qui choisissez-vous ?


    Ma préférée serait Imbolo Mbue. Je vous remercie.

    Merci chère auteure. Nous vous souhaitons une Plume toujours mouillée d’encre.

    Linelitt’

  • Les 5 questions posées à Sara Timb, auteure camerounaise

    En plus d’être une scientifique et une amoureuse de belles lettres, qui est Sara TIMB ?

    En plus d’être une scientifique et une amoureuse des lettres, je suis doctorante à l’université de Yaoundé 1, option biotechnologies végétales ; auteure de l’œuvre « Les confidences d’une muse », finaliste pour le prix international de poésie Léopold Sédar SENGHOR 2021, U-reporter et représentante nationale de l’OJA (Organisation des Jeunes Africains) au Cameroun.


    Moins de 25 ans et un aussi beau parcours ! Félicitations ! Vous êtes, effectivement, finaliste de la 8e édition du prix international de poésie Léopard Sédar Senghor. Nous vous souhaitons d’en être la lauréate. Que représente l’écriture, la poésie, pour vous ?


    Pour moi, l’écriture et la poésie sont une sorte de lumière que l’on cueille. Ce sont un ponceau solide vers la transformation, la nouveauté ; un moyen d’aller vers l’autre sans faire un pas, une corde qui nous lie à ceux que l’on connaît ou que l’on ne connaît pas ; une voix : Celle des autres en nous et que l’on porte haut sur le toit du monde. En somme, l’écriture et la poésie, pour moi, sont le lieu de dire : « Assez ! Stop ! », le lieu de dire « demain.»


    Vous êtes sûrement une grande lectrice des œuvres écrites par les Camerounais. Que pensez-vous de la qualité de ces œuvres en général ?


    Je pense qu’en terme de qualité, il y a de quoi se vanter. Le Cameroun regorge de nombreux talents en matière de littérature, et je suis contente de savoir que dans un contexte où la lecture est une exception, il germe des auteurs à la plume exceptionnelle.


    Hamidou Okaba, poète gabonais, disait dans une interview : «Il n’y a pas de poésie de la joie.» Qu’en pensez-vous ?


    Je pense, dans un premier temps, qu’il a raison en ce sens que la poésie usée pour une dénonciation, un appel à la conscience collective ou à l’humanisme collectif suscite l’émoi en relatant ces choses qui déplaisent et dont on aimerait se défaire du souvenir. Mais ceci change lorsque l’on use de la poésie pour rendre un vibrant hommage aux lettres, à la nature… Je pense que cette poésie-là, est une poésie de la joie.

    Vous gagnez un voyage littéraire et vous pouvez y aller avec un acteur du livre africain. Qui choisissez-vous ?


    Je choisirai Madame Léonora MIANO parce que, au cours du voyage, je lui demanderai quelques astuces pour une carrière d’écrivaine si épicée de succès.

    Merci et bon vent, Sara TIMB.

    Linelitt’

  • Les 5 questions posées à Line KAMITE, auteure camerounaise

    Bonjour, Line Kamite et meilleurs vœux pour cette année. Nous vous laissons vous présenter brièvement à nos abonné.es.s.

    Bonjour à vous ! Je suis Line Kamite. Je suis une amoureuse des belles lettres. Pour moi, l’écriture est un guérisseur de l’âme, et la lecture, une nourriture. Je suis une romancière et une poète en herbe. je me bas pour une cause que je trouve juste : celle de donner la parole aux enfants pour qu’ensemble (parents et enfants) nous puissions décider de leur avenir.

    Ma passion perdue est votre premier livre. D’après vous, pourquoi devrait-il être lu ?


    Ma Passion Perdue n’est pas seulement un livre pour moi. Ma passion perdue représente l’espoir d’un demain meilleur, d’une société meilleure, car rien de grand ne s’est construit dans ce monde sans passion.

    Aujourd’hui, nous avons des images animées sur un écran, nous nous déplaçons du rez de chaussée au dixième étage d’un immeuble en un claquement de doigt. Avez-vous déjà imaginé un seul instant ce que serait nos vies si l’on avait privé le célèbre théoricien Albert Einstein de sa passion ? Son esprit se trouve dans les plus grandes technologies qui nous entourent aujourd’hui.


    Ma passion perdue, c’est l’espoir de voir des parents qui écoutent la petite voix qui gronde dans le cœur de leur enfant. Ma passion perdue, c’est l’espoir de voir un enfant épanoui, des parents responsables, des réseaux sociaux utiles, c’est l’amour.


    Vous trouverez Ma passion perdue au prix de 5000 FCFA


    A Douala au +237 690 99 92 41 /+237 650 88 93 97 (livraison possible)


    A Yaounde au +237 670 11 46 59 (livraison possible)


    Livraison possible dans d’autres villes du Cameroun.


    Disponible aussi sur Amazon

    Quel a été votre procédé d’écriture ?


    Pour avoir une histoire solide et mieux traiter les différents thèmes abordés dans mon roman, j’ai été témoin des cas de forçat professionnel; j’ai fait des investigations auprès des services sociaux, des conseillères d’orientation et un centre de rééducation pour mineurs.

    Le but ici était de toucher du doigt la vérité. En outre, ces investigations m’ont permis de comprendre que les services sociaux au Cameroun ne suivent pas leurs cas (plaintes de violences ou autres) de près. Ces informations m’ont ainsi permis de rendre mon héroïne un peu plus forte dans son combat et son processus de délivrance.

    Plusieurs jeunes auteur.es.s se plaignent de la difficulté à trouver un éditeur. Comment s’est passée l’étape éditoriale pour Ma passion perdue ?


    Trouver un éditeur n’est pas un problème au Cameroun actuellement avec la prolifération des maisons d’édition dans les différentes villes. Le plus dur est de trouver l’éditeur idéal.

    L’éditeur idéal pour moi c’est celui-là qui pourra vous proposer un contrat modéré (en frais), faire du bon travail (fond et forme) et qui vous accompagnera, après l’édition, dans la promotion et la commercialisation de vos livres.

    En ce qui me concerne, le processus éditorial n’a pas rencontré d’embûche jusqu’à la parution du livre. Toutefois, étant nouvelle dans ce domaine, les difficultés de distribution et de commercialisation sont de plus en plus grandes.


    Vous gagnez un voyage littéraire et vous pouvez y aller avec deux acteur.es.s du livre (peu importe la nationalité), avec qui iriez-vous ?


    J’irai avec Pauline Ongono et Ernestine Mbakou car pour elle, le livre n’est pas seulement un amas de feuilles refermant des informations, il est encore plus sacré que ça. Elles se battent jour après jour pour donner un avenir aux livres à travers des activités et la mise sur pied des agences et associations.

    Line KAMITE, merci pour votre participation.

    Line Litt’

  • Il a été lu – Dans le ventre du Congo de l’écrivain congolais Blaise NDALA

    Né à Lusanga dans l’ex Zaïre le 24 juin 1972, Blaise Ndala obtient une bourse de la coopération belge qui lui permet de poursuivre ses études de droit en Belgique où il s’installe en 2003. En 2007, c’est le Canada qui l’accueille d’abord comme enseignant de langue et ensuite comme fonctionnaire fédéral. Le juriste est également collaborateur au magazine littéraire de Radio-Canada « Plus on est fou, plus on lit ! » et blogueur au Huffington France depuis 2012. Il est chroniqueur aux « Matins d’ici » sur Ici Radio-Canada Première.

    Son premier roman, J’irai danser sur la tombe de Senghor (vainqueur du Prix du livre d’Ottawa 2015 et finaliste de quatre autres prix dont le Trillium) paraît en 2014 aux éditions L’Interligne. Le second est publié en 2017 chez Mémoire d’encrier et a pour titre Sans capote ni kalachnikov. Il a lui aussi remporté le Prix Combat des livres de Radio-Canada en 2019. En 2021, Dans le ventre du Congo est publié en Afrique aux Éditions Vallesse. Ce dernier roman qui nous intéresse est vainqueur des Prix Ivoire, Kourouma et sélectionné pour le Prix des 5 continents.

    Le roman s’ouvre sur la narration de Tshala Nyota Moelo, qui parle à sa nièce, Ndoyi, depuis sa tombe, loin de sa terre, dans le sol de la Belgique qui lui est inconnu. En effet, pendant que le Congo-belge est en pleine bataille pour l’indépendance, la jeune et belle princesse Tshala, élève à l’école Sainte-Marie-de-la-Miséricorde fait une rencontre qui bouleverse entièrement sa vie. Elle tombe éperdument amoureuse de l’administrateur de district René Comhaire. Tous deux vont vivre au gré des passions qui consument leurs cœurs jusqu’à ce que la meilleure amie de Tshala à qui elle raconte toutes ses escapades amoureuses décide, probablement emportée par la jalousie, d’exposer à toute la classe l’idylle entre la princesse et le colon. Face à cette trahison, la jeune Tshala, fille du roi Kena Kwete III et farouche opposant au dominateur blanc, entre dans une colère meurtrière. Elle qui était promise à un autre prince pour consolider les liens entre les différents royaumes a la vie sauve grâce à sa tante Mengi qui va lui permettre de fuir sa terre :


    Vite, je te dis ! Emprunte à l’épervier ses ailes ou à la biche ses sabots, mais cours plus vite que le vent, tu m’entends ? Je ne devrais pas être celle qui organise ta fuite du royaume kuba afin de te soustraire à la punition que le roi est en droit de t’infliger pour ce que tu as fait à ton peuple – je ne le sais que trop bien. Mais j’ai décidé ce soir de bâillonner la servante du souverain pour faire parler la mère qui a porté pendant neuf saisons de pluie une fille qui te ressemble (DVC, 96).


    C’est ainsi qu’elle se retrouve dans la résidence de son amoureux qui, sentant le danger venir, a confié la princesse à son ami Mark De Groof. Pendant ce temps, une grande exposition universelle, Expo 58, se prépare en Belgique. Il se trouve que René Comhaire a fait le mauvais choix. Celui qu’il considère comme son ami lui en veut particulièrement. Le pseudo ami va violer la princesse avant de l’envoyer en Belgique, dans la délégation des indigènes qui ont été choisis pour être exposés dans un stand dénommé le village congolais, pendant le grand événement Expo 58. Malheureusement, Tshala mourra dans des conditions assez tristes. Quarante-cinq années après, sa nièce Nyota va se rendre dans le pays de Léopold II avec deux objectifs. Le premier, retrouver cette tante dont l’histoire lui a été racontée et, le second, poursuivre ses études. Le roman s’achève sur le compte rendu de la princesse Nyota à son grand père qui a su résister au temps, malgré sa santé fragile, dans l’espoir d’avoir des nouvelles de cette princesse jadis bannie.

    Lire Dans le ventre du Congo, c’est aller à la redécouverte du Congo-belge sous le joug colonial. De prime abord, le lecteur pourrait se décourager s’il se limite à l’analyse de la première de couverture, où le titre et l’image le situent dans le contexte de la colonisation, thème développé pendant des décennies par les plus éminents écrivains de la race noire. Au contraire, le lecteur est émerveillé par la nouvelle approche de la thématique coloniale proposée par Blaise Ndala.

    Son roman se démarque de celui des autres dénonciateurs de la colonisation par son choix d’en présenter une autre réalité. L’histoire amoureuse de la princesse Tshala et Comhaire vient assurer au lecteur que la race et la couleur de la peau ne sauraient être un obstacle pour un amour authentique, mais plutôt un partage d’expériences culturelles dont chaque partie doit pouvoir apprendre pour s’enrichir. L’autre singularité du romancier est qu’il oscille dans son récit entre deux époques : la période coloniale et postcoloniale. Il est important pour le lecteur de remarquer ici qu’en juxtaposant ces deux moments, le romancier met l’emphase sur les conséquences irréversibles de la première sur la seconde. L’hybridité tant du colon que du colonisé est un fait indéniable que les peuples devraient assumer pour projeter leur futur universaliste, débarrassé de tout préjugé.

    Blaise Ndala est donc, de par son parcours, le prototype du citoyen universel qu’il prône dans son roman. En effet, parti de son Congo Kinshasa pour la Belgique, il entraine avec lui une partie de son identité africaine. Après son séjour dans la capitale européenne, son voyage initiatique l’amène au Canada, pays dont il est aujourd’hui citoyen.


    Ce roman est donc une jonction entre deux périodes cruciales, qui convainc l’auteur sur la nécessité pour les Africains à revenir aux sources des valeurs africaines. Le but est de permettre aux jeunes de redécouvrir leur passé et eux-mêmes, afin d’apporter leur contribution dans ce monde hybride :


    Il me fallait, il me faut apprendre et peut-être un jour enseigner l’histoire qui remonte à plus loin que notre aïeul Woto le Preux Souverain, qui embrasse aussi l’épopée des rois du kongo avec dans leur sillage Kimpa Vita que d’aucuns continuent d’appeler Jeanne d’Arc noire […] Je ressentais et je ressens ce besoin de fouiner dans la mémoire broussailleuse d’un monde où le mystère côtoie l’évidence, ce que mon parcours scolaire, de même que les quelques manuels d’histoire que j’ai lus au gré de ma curiosité ne m’ont guère permis de cerner. (DVC, 363-364).


    Ce qui fait le charme de ce roman est la qualité de la langue qu’utilise l’auteur. Des phrases bien élaborées et accessibles sur du papier de qualité encouragent le lecteur à ne pas se séparer du texte sans l’avoir lu dans sa totalité. Le plus grand atout du roman de Blaise Ndala réside dans son procédé narratif. Le texte est une double narration, relayée entre deux narratrices notamment Tshala et Nyota. Bien que complexe et se déroulant dans des périodes différentes, l’écrivain réussi à créer une cohérence entre les périodes coloniale et postcoloniale où chacune des deux narratrices joue le rôle qui lui incombe.

    Le fait marquant est que Tshala raconte son histoire à sa nièce depuis sa tombe. Tandis que cette dernière prend le relais pour continuer l’histoire dans le présent. On est donc au cœur de la croyance africaine où « les morts ne sont pas morts », puisqu’ils vivent dans tout ce qui nous entoure, parfois même ils vivent en nous. C’est le cas ici, vu qu’il se trouve que Nyota a les mêmes caractère et tempérament que sa tante, en plus d’avoir le même totem. On est donc dans la réincarnation du personnage (Tshala I et Tshala II) venant apaiser sa famille qui a longtemps vécu dans la souffrance et l’incertitude du fait de sa disparition brutale, au propre comme au figuré.

    La rareté des séquences descriptives révèle le talent de conteur de Blaise Ndala qui sait retenir toute l’attention du lecteur. La description apparait dans son texte comme « des pauses narratives », (expression de Karl Cogard) pour permettre au lecteur de digérer les émotions reçues.


    Par Jean-Michel EKELE, auteur camerounais, analyste littéraire, formateur en creative writing et creative reading
         

  • Les 5 questions posées à Carmen TOUDONOU, écrivaine béninoise.

    Qui est Carmen Toudonou ?

    Je fais tout plein de choses. Je suis journaliste de formation, je travaille dans la communication institutionnelle et j’écris dans presque tous les genres littéraires. Je réalise et j’écris des films, je suis enseignante-chercheuse et je suis Présidente du concours Miss Littérature Afrique. Je suis aussi propriétaire d’un blog littéraire que vous retrouverez par ce lien: http://www.lebloglitterairedecarmen.wordpress.com

    Vous êtes, effectivement, l’auteure de plusieurs livres. Si une question de vie ou de mort vous oblige à ne choisir qu’un, lequel choisirez-vous ?

    J’hésite entre mon recueil de nouvelles  »Carmen Fifonsi Aboki (CFA) » qui a retenu l’attention des jurés du Prix Ahmadou Kourouma du salon du livre de Genève en 2020 (sélection)

    et mon premier roman  »Presqu’une vie » qui continue de faire l’objet d’une grande curiosité de par le monde entier. Autrement, mon livre préféré est toujours celui qui est en cours d’écriture.

    Littérature et jeunesse. Après ces Éditions de Miss littérature Afrique, peut-on espérer un Master littérature Afrique ?

    Ah non ! Ce n’est déjà pas facile avec Miss Littérature quand vous savez combien la littérature retient peu l’attention des décideurs par ici…

    Vous êtes la patronne de la littérature en Afrique et votre premier rôle est d’instituer un seul genre littéraire. Lequel instituerez-vous et pourquoi ?

    La nouvelle sans hésiter, car c’est le genre qui, selon moi, peut introduire le public peu habitué à la lecture. Sinon, le livre jeunesse pour habituer les enfants à la lecture.

    Que pensez-vous de la littérature au Bénin ?

    Vaste question. Je vais résumer en une phrase. Beaucoup de belles intentions, quelques fulgurances, énormément de problèmes à résoudre afin d’asseoir une vraie politique du livre.

    Line litt’

  • JOURNEE INTERNATIONALE DE L’ECRIVAIN AFRICAIN : Où en est l’Afrique avec ses propres valeurs littéraires ?


    L’écriture et l’Afrique se sont unies depuis que l’humanité a vu le jour, et, le temps, à mesure qu’il défile, démontre un peu plus combien la fusion entre les deux est aussi naturelle qu’évidente… Quand l’oiseau africain déploie ses ailes, ses plumes épousent les cieux avec une telle majesté que son vol est, à l’image du soleil au zénith, la plus éclatante représentation de la Nature…
    Comment ne pas alors remarquer l’importance de son activité pour l’ensemble du globe, tant elle sait aller au cœur de l’humanité pour y puiser les ressources nécessaires à l’amélioration de la condition humaine… La plume africaine est faite de la vie, de ses peines comme de ses joies… De son histoire et de ses espoirs les plus enfouis, mais surtout de sa Passion pour que son identité reste imprimée dans la mémoire des âges…


    Et cette année, plus que jamais la mémoire universelle l’a portée vers les sommets les plus illustres de l’Art : Abdulrazak Gurnah (Prix Nobel de Littérature), Mohamed Mbougar Sarr (Prix Goncourt), Blaise Ndala (Prix Kourouma), ou encore Boubacar Boris Diop (Neustadt International Prize for Literature).

    Ces plumes dont l’encre rappelle les valeurs chères au Continent Mère, en ce qui concerne l’écriture…

    Que d’encre et de salive à chaque fois que ces récompenses ont été attribuées. Que n’a-t-on pas lu venant de l’Afrique elle-même, concernant ces illustres valeurs et leurs distinctions… Bien avant ces écrivains, d’autres déjà subissaient les mêmes rejets, comme si cela pouvait guérir d’une frustration dont on est seul responsable… Et l’Afrique se plaît à séjourner dans ces égarements…
    Alors, prenons une seconde, le temps de cette journée, la 29e depuis son établissement, pour nous interroger sur la valeur de l’écrivain africain…

    Bien avant ces écrivains, d’autres déjà subissaient les mêmes rejets, comme si cela pouvait guérir d’une frustration dont on est seul responsable… Et l’Afrique se plaît à séjourner dans ces égarements…
    Alors, prenons une seconde, le temps de cette journée, la 29e depuis son établissement, pour nous interroger sur la valeur de l’écrivain africain…


    Puisque l’Afrique sait reconnaître dans l’action de l’autre des choses peu valeureuses, pourquoi n’avons-nous pas notre propre institution capable de porter les choses comme nous les voulons…

    Quelle est la place de l’écrivain africain au sein de sa propre communauté… Devra-t-il attendre d’être reconnu par l’extérieur pour être un exemple… Est-il nécessairement contre l’Afrique quand l’extérieur le sacre… Et l’extérieur, il est si libre d’orienter sa barque selon son vent, d’accoster où il lui plaît de parader son armature et d’y inviter qui sied à son confort…


    S’il faut parler d’encre, la fluidité de celle qui coule en Afrique est incontestable et sa crédibilité ne fait aucun doute ; elle est riche au même titre que n’importe laquelle peu importe sa source, car elle s’acharne au labeur contre les saisons et leurs caprices, descend les océans les plus bas et monte les sommets les plus hauts, par les cœurs et les âmes, pour ramener de cette lueur qui en fait toujours un héritage que l’on célèbre à la bonne heure…

    Prenons cette journée, et demandons-nous ce que nous ne faisons pas contre notre patrimoine… Lui donnons-nous les outils qu’il faut à ses mains… La nouvelle scène littéraire africaine a-t-elle des repères qu’elle s’est bâtis… Que faisons-nous des initiatives locales… En rions-nous ou les aidons-nous à s’établir… Et ces autres qui entreprennent, sont-ils disposés au labeur et à la patience… Que les réponses soient honnêtes et ouvrent à notre présent la perspective d’un lendemain dont les murs porteront l’histoire indélébile de la noblesse de notre Littérature…


    Journée de l’écrivain africain… Qu’avons-nous pour la célébrer… Qu’avons-nous à célébrer… La 30e rugit déjà au loin, bientôt elle sera au cœur de la savane… En serons-nous toujours là, enchaînés à nos envies cannibales, ou alors aurons-nous enfin marqué ce pas qui fera de nous cette communauté laborieuse que pourtant nous sommes… dans le fond… Créons l’Afrique que nous rêvons ou alors taisons-nous, par respect pour nos frères et sœurs qui œuvrent, peu importe le coin qui les héberge, à offrir à l’Afrique cette valeur qu’elle se refuse… S’opposer sans rien proposer, sans se disposer au labeur, c’est aussi infertile que le désert qu’un tel esprit vient exposer…


    Excellente Journée de l’Ecrivain Africain…

    Ray NDÉBI, traducteur / auteur / agent littéraire (Ônoan) / analyste littéraire camerounais

  • Les 5 questions posées à Viviane Moluh Peyou, auteure camerounaise

    Qui est Viviane Moluh Peyou ?


    Une passionnée d’écriture, une romantique dans l’âme qui la plupart du temps voit le monde différemment de ceux qui l’entourent, car loin d’être une personne curieuse, elle est très souvent moins captivée par la face visible de l’arbre peint sur une toile qu’intriguée par ce ou celui qui peut se cacher sur la face invisible. C’est une romancière qui souhaite consacrer sa plume à la dénonciation des maux sociaux en général, et en particulier ceux touchant la condition de la femme au sein des sociétés africaines.


    Que représente la littérature, l’écriture, la lecture pour vous ?


    Un refuge. Ce sont là trois mots magiques qui pour moi se résument en un seul : évasion. Pendant la lecture comme pendant l’écriture, je suis très souvent transfigurée ; une toute autre personne transportée du lieu où elle se trouve pour un autre imaginaire, abstrait. L’esprit littéraire se vérifie facilement chez ceux qui sont capables de se substituer aux personnages des livres qu’ils tiennent en main, en se déportant sur les lieux décrits et en ressentant jusqu’aux intempéries traduites par l’auteur. Un exercice familier que je parvenais déjà à faire depuis toute petite et qui m’a valu auprès des miens le qualificatif « d’Alice au pays des merveilles ».


    À côté de cette évasion, il y a ce désir de faire entendre à travers la littérature, l’écriture et la lecture, une opinion que je pense importante. Une sorte de cri sourd qu’en réalité l’on souhaite strident. Enfin, il y a la possibilité que m’offre ce trio d’apporter ma modeste contribution aux changements inévitables auxquels le Cameroun comme l’Afrique sont appelés à se plier sous différents aspects.


    Votre nouveau roman, Les choix de l’ombre, a paru cette année. Pouvez-vous nous parler de lui, de son idée d’écriture à sa parution ?

    Le projet d’écriture du roman Les choix de l’ombre germe après que j’aie suivi le récit d’un fait divers de trop, sur une chaîne de télévision bien connue de notre pays. Ça concernait le viol d’une petite fille finalement décédée, par un membre de sa famille soit disant en fuite. Un énième cas qui avait à ce moment agi dans ma mémoire comme une coupe anormalement pleine, à la suite des horreurs lues de part et d’autre sur la toile chaque jour.


    Cependant, à l’entame de ma rédaction, alors que j’ai en tête d’orienter les projecteurs sur la victime du viol qu’est Zelda, mon clavier devenu incontrôlable finit par m’imposer une héroïne inattendue : Sonia, la sœur aînée de celle-ci. Sonia dont l’âme simple du début de l’histoire ne laisse rien entrevoir de la fougue avec laquelle elle mènera les différents combats qui lui imposeront de faire différents choix à différents moments. À ce sujet, il me souvient qu’un jour, à la question de savoir comment avançait l’écriture de ce roman, j’ai répondu à mon interlocutrice, José Meli : « Je ne sais plus où est-ce que ses personnages m’emmènent. Je n’arrive plus à les contrôler. Plus j’avance, plus ils me détournent systématiquement de l’idée initiale que j’avais ». Alors avec sagesse elle m’a dit : « Si tu sais qu’il y a une suite logique dans leurs agissements, pourquoi ne pas les suivre aveuglement ? Laisse-les te guider. Peut-être ce ne sera pas ce que tu avais prévu toi, mais il se peut aussi que le résultat final soit meilleur que ce à quoi tu pensais. C’est aussi cela l’imaginaire ».


    Il faut dire que j’ai la fâcheuse habitude d’écrire parallèlement deux ou trois romans. J’achève donc Les choix de l’ombre avant ceux commencés devant lui, il est accepté par une maison d’édition à peine deux semaines après envoi du manuscrit et arrive sur le marché du livre avant son aîné pourtant officiellement publié quelques mois auparavant. Un véritable «Veni vidi vici » !

    S’agissant des points abordés, hormis la question du viol, il y a la condition de la femme au foyer dans nos sociétés africaines ; le traitement parfois réservé à celles qui éprouvent des difficultés à enfanter ; le veuvage ; les conséquences du gain facile ; la dénonciation du trafic d’enfants et d’organes ; etc.

    Quelle est la cible de ce livre et quelle(s) stratégie(s) adoptez-vous pour le rapprocher de sa cible ?


    Je ne me risquerais pas à limiter la liste des destinataires, du moment où il s’agit d’une dénonciation. Tous les acteurs de la société sont interpellés ici. Certains, peut-être, classeront ceci dans la littérature féminine, mais il n’en demeure que nous sommes tous concernés par ce fléau qui gagne de plus en plus du terrain. Chacun à son niveau devrait pouvoir agir pour faire siffler la fin de la récréation.
    Naturellement, pour que le message porte, je compte m’adosser sur les promoteurs littéraires d’ici et d’ailleurs, qui voudront bien m’accompagner. L’achat d’un exemplaire est un bon début pour qui souhaite soutenir cette bataille contre le viol et les abus divers.

    Que pensez-vous de la jeune scène littéraire camerounaise ?


    Au regard de ce magnifique éveil qui virevolte entre promoteurs, critiques et jeunes plumes littéraires qui nous font découvrir chaque jour un savoir-faire digne de ce nom, je ne peux qu’être fière d’appartenir à cette grande famille. Il est clair qu’un avenir radieux attend chacun de ceux qui se donneront à fond pour la publication des œuvres, surtout des œuvres engagées indispensables au devenir de notre pays, de notre continent et de notre planète.

    Line Litt’

  • Il a été lu – Reconnaissance : Recueil de témoignages de Calixte Laurence

    Vous est-il déjà arrivé de lire un livre et qu’une fois terminé, tellement il vous a touché, vous voulez garder ses mots pour vous seul.e ? C’est ce qui m’arrive avec ces 92 pages.

    Le 22 octobre, l’auteure a fêté ses 25 ans. Ce livre est un cadeau qu’elle s’est offert et a voulu le partager avec nous.

    Reconnaissance marque un point d’ancrage pour l’auteure, aujourd’hui qu’elle a vingt-cinq ans.

    Reconnaissance, c’est une mise à nu de Calixte Laurence, une sincérité qui vous offre un regard nouveau sur les jeunes qui, comme elle, sont victimes de leur quart de siècle. « À 25 ans, on n’échappe pas à la pression sociale… Et pour les jeunes femmes, c’est doublement compliqué ! »

    Je ne vous en dirai pas plus. Je vous invite à partager cette émotion en commandant votre exemplaire par ce lien : http://wa.me/650676593

    Line Litt’