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  • Les 5 questions posées à Jean-Paul TAGHEU

    Comment vous définissez-vous, Jean-Paul TAGHEU ?


    Je suis un être humain. Je suis un vivant humain au milieu d’autres vivants qui se sent concerné par ce que ceux-ci vivent. Mon statut de philosophe, de théologien et de religieux n’est là que pour m’aider à être plus humain et vivant, dans la coexistence avec le monde.

    VIE AGONIQUE. Pourquoi ?


    Le terme grec « agonia » se traduit par lutte, par combat. Le sens clinique ou médical de coma, de fin de vie et de mort est malheureusement plus connu et répandu que son sens originel. Une vie agonique est une vie de lutte, de combat, de bataille et d’engagement.

    Par ce titre, j’ai voulu exprimer la violence quotidienne que nous infligent la misère, la pauvreté et autres prédicaments favorisés par une mal gouvernance tous azimuts de nos Etats. Au fond, il traduit une adversité politique, économique et sociale dont on fait face au quotidien, surtout quand on vit dans un pays dit pauvre et très endetté. C’est pourquoi le premier sous-titre auquel j’avais pensé était : au quotidien des tropiques.

    Dans votre recueil de poésie, «agonie» apparaît à plusieurs reprises. On sent bien votre désir de bousculer les codes, un engagement profond du côté du pauvre et de l’opprimé. Vous reconnaissez vous comme un auteur camerounais engagé ?


    Quand on est un être humain, on est engagé et on a une responsabilité vis-à-vis de soi-même et des autres êtres humains présents dans la même existence que soi. En cela, être homme c’est, pour moi, être engagé. Mon engagement est une contribution à ce que l’humanité atteigne sa plénitude, sa stature maximum en termes de bonheur total et intégral de vie pour lequel elle a été créée. De fait, dans l’agonie politique, économique et sociale, on est engagé pour la vie et la survie. On lutte pour échapper au tombeau « forcé » de la misère et de la pauvreté, au tombeau politique, économique et social qui engloutit des milliers de personnes par jour. Pour mon propos, vie agonique est une lutte pour la justice et la paix, la vérité et l’amour en vue de la plénitude, c’est-à-dire en vue de la vie en surabondance.

    Votre engagement pour les minorités et délaissés s’est-il clairement défini avec votre plus religieux ?


    Plutôt que d’aspect, je parlerai de mon statut de religieux, c’est-à-dire de frère dominicain, frère prêcheur. Nous avons, comme tel, à la suite du Christ, un souci pour les gens d’en-bas, « les oubliés du partage », les exclus du bien commun. Dans le livre de l’Exode, Dieu dit à Moïse : « j’ai vu la misère de mon peuple… » (Ex 3, 7) Toutefois, on n’a pas besoin d’être religieux pour compatir, pour sentir l’autre dans ses souffrances, dans sa misère et sa pauvreté. Si tout être humain porte en lui la forme entière de l’humaine condition, comme l’écrivait Montaigne, tout être humain aussi devrait se sentir concerné quand cette humanité de chacun et chacune de nous se trouve menacée, persécutée, en détresse de quelque manière que ce soit.

    Lisez-vous les jeunes auteur.es.s camerounais ? On va ajouter une petite dernière, quel est votre avis sur le paysage littéraire camerounais ?


    Je suis littéraire de formation. J’ai beaucoup d’amour pour l’écriture en général et pour l’écriture africaine en particulier. Toutefois, depuis quelques années, mon statut ecclésiastique dans la société, m’a fait perdre un peu de la communion avec le monde littéraire, en ce qui concerne l’actualité des productions. Toutefois, je m’informe autant que faire se peut. Je note une grande fécondité dans les productions littéraires au Cameroun. Il y a 24 ans, quand j’étais encore étudiant, il n’y avait pas une telle fécondité. Il y a du génie et de l’audace. Les éditions Go’tham ont publié certains de ces jeunes. Je ne peux que m’en réjouir de ce que la plume africaine écrive bien notre vie et notre histoire.

    Line Litt’

  • Les appels à textes : finalité pour les participants ?

    Avez-vous, vous aussi, remarqué que les appels à textes pullulent l’espace littéraire africain ? Il ne se passe pas une semaine sans avoir un communiqué du genre sous les yeux. La poésie et la nouvelle sont très souvent à l’honneur – la longueur des textes y est sûrement pour beaucoup. C’est beau tout ça ! C’est galvanisant tout ça ! Mais je n’arrête pas de me demander quel est le réel intérêt de ces appels à textes. Les participants sortent-ils de là avec un plus ? La question me taraude encore plus l’esprit lorsque le gain est une somme d’argent. « Wow ! Qu’est-il.elle censé.e faire avec cette modique somme ? », ai-je souvent envie de crier.

    • Les appels à textes servent-ils réellement les lauréat.es.s ?
      Généralement, nous avons droit au communiqué qui annonce l’appel à textes et quelques semaines ou mois plus tard, au résultat. Et là, je reste perplexe. Quels sont les critères d’évaluation ? Pourquoi le(s) lauréat.es.s devrait(ent)-il.elle.s être fier.ères.s de ce résultat ? Qu’est-ce que les autres auraient dû faire pour être lauréat.es.s ? Etc. Oui, il y a toujours cette mention sur le jury composé d’éminentes personnalités de la littérature… Toutefois, à mon humble avis, je pense qu’il faudrait faire plus que collecter des textes, convoquer un jury et donner des résultats. Pourquoi ne pas faire passer, par exemple, ces lauréat.es.s en atelier d’écriture

    ou même en simple entretien pour leur expliquer le pourquoi de ce sacre et les axes d’amélioration ? Pareil pour les finalistes déchu.e.s. La distance entre certains promoteurs et lauréat.es.s pour établir ces ateliers? Elle n’existe plus avec internet. Ce qui devrait primer ici c’est la volonté d’apporter un plus. Si certains le font, bravo !

    • Les appels à textes sont-ils une sorte de défi ?

    S’il y a bien une chose qui règne dans le milieu littéraire – au Cameroun par exemple – c’est ce que j’appelle le « Moi aussi » : s’il l’a fait, moi aussi je peux le faire.

    Il n’est pas mauvais dans le principe, loin de là, il est juste parfois mal abordé. Nombreux lancent ces appels à textes sans avoir une réelle direction, parfois par souci de publicité. Un coup très souvent gagnant !

    • Les appels à textes sont-ils une sorte de business ?
      Lorsqu’il est demandé aux candidat.es.s de déposer une certaine somme pour voir leurs candidatures acceptées, pour qu’au final il n’y ait qu’un.e lauréat.e ; que le(la) dit.e lauréat.e gagne quelques exemplaires de son texte ou une modique somme, c’est à se demander ce qui se passe. L’éditeur n’a-t-il pas assez de moyens pour la gestion du prix du(de la) lauréat.e ? Vu qu’il ne dépensera pas la totalité de cette « cotisation » des candidat.es.s, comment utilise-t-il ceci ? Cela rentre dans sa caisse ?

    Et pourquoi ? Parce qu’il a lancé un appel à textes « participatif » ? Est-on loin d’une édition à compte d’auteur dans ce cas ?

    Au final, on revient à la question : les appels à textes servent-ils les lauréat.es.s ? Le pire est que, très souvent, après la déclamation des résultats, tout est fini. Au mieux on pense business avec une séance de dédicace et c’est tout, rendez-vous au prochain appel à textes.
    Je ne nie pas le fait qu’être lauréat.es.s soit un bon point pour le CV. Mais, pour une meilleure évolution et évaluation personnelle du potentiel, ils devraient tout au moins avoir plus d’informations sur leurs travaux. Ils devraient savoir où ils pèchent afin d’être mieux outillés. Le monde devrait les connaître : un accent sur leur valorisation ne serait pas de trop. C’est aussi ça la philanthropie en littérature.

    Chers lecteurs, chers lauréats, n’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous pensez des appels à textes. Votre apport est précieux.

    Line litt’

  • Les 5 questions posées à Christelle NOAH, promotrice de la maison d’édition Éclosion

    Christelle NOAH

    Qui est brièvement Christelle NOAH ?

    Bonjour et merci pour l’honneur que vous accordez à Éclosion.
    Je suis Christelle Noah, diplômée de l’ESSTIC (École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Cmmunication) et Directeur général de la maison d’édition Eclosion. 

    Votre maison d’édition en quelques lignes ?

    Après avoir effectué plusieurs stages dans différentes maisons d’édition, je décide de créer Eclosion afin de valoriser la culture camerounaise et d’apporter ma pierre à l’édifice de l’édition au Cameroun. Depuis sa création en 2019, Eclosion a réussi à publier de nombreux auteurs à l’exemple de Joël Nana Kontchou (ancien Directeur général D’ENEO), le Pr. Faustin Mvogo, le Dr. Fridolin Nke, la journaliste Aline Fomete…

    Vous lancez le prix littéraire Òsu, quelle est sa plus-value ?

    La singularité et l’originalité de ce prix se situent déjà dans le choix de l’appellation. Vous savez, ce n’est pas courant de voir un prix littéraire dont le nom est porté par une langue locale. Òsu est un symbole de notre richesse culturelle. Au-delà de cet aspect symbolique, le prix met un fort ancrage sur la valorisation de la jeunesse ; car nous avons constaté que beaucoup de jeunes auteurs ne disposaient pas de moyens pour se faire publier.

    Les conditions de participation au prix Òsu sont simples : Il faut être de nationalité camerounaise, âgé(e) de 15 à 40 ans, payer la somme symbolique de 10.000 francs CFA comme frais d’inscription pour s’offrir l’unique opportunité de faire publier son ouvrage, remporter une somme de 200.000 mille FCFA et le tirage de 300 exemplaires de son ouvrage. Seule Eclosion peut se permette d’offrir une occasion aussi passionnante à la communauté littéraire.

    Quel est votre avis sur l’espace littéraire camerounais?
     
    Je suis vraiment satisfaite de constater que cet espace littéraire est en pleine expansion. Grâce à Eclosion et à de nombreuses autres maisons d’édition, nous avons réussi à rendre cet espace dynamique, attrayant et surtout passionnant. Les tendances sur l’inculture de la jeunesse connaissent de plus en plus un recul suscitant un espoir de renaissance pour le secteur de l’édition. Vous savez la littérature est le reflet de l’éducation dans un pays. L’émergence des grandes figures comme Djaili Amadou, Aline Fomete, Rosine Yemele ou encore Yves Alain Secke est la preuve que l’espace littéraire camerounais a fait sa mue pour se consacrer exclusivement à l’éducation de notre jeunesse.
     
    En trois mots et selon vous, quelles sont les caractéristiques d’une plume qui mérite d’être éditée ?
     
    Croyance, intérêt et pertinence. Un auteur doit croire au contenu qu’il propose aux lecteurs. Aussi, il faut que l’histoire soit intéressante pour captiver l’attention. Enfin, il y a la pertinence, car c’est elle qui est la plus-value de l’auteur et permet d’éduquer le lecteur.

    Line Litt’

  • Il a été lu – Le cancer de Carine du Congolais (RDC) Tiguy ELEBE MOTINGIYA

    Le cancer de Carine

    « Bon anniversaire, Chou cœur ! Tout de bon ! Sois béni, je t’aime ! »

    Tel fut le vœu de Carine, couchée dans un lit d’hôpital. La maladie n’avait pas eu raison de son amour pour son Tiguy, son compagnon de toujours.

    Le cancer de Carine est un récit posthume, une histoire vraie, que Tiguy Elebe Motingiya a souhaité partager avec nous. Il paraît en 2015 aux Editions L’harmattan, RDC. Les événement se déroulent entre Kinshasa où Tiguy à un boulot stable, et Bruxelles où est alitée Carine.

    Ces deux-là avaient tout pour être heureux. Ils s’étaient rencontrés en 2002 à l’Université Protestante du Congo, parce que Carine se demandait si Tiguy n’était pas un descendant de Lumumba. A l’époque, sa coupe de cheveux, avec une raie prononcée et ses lunettes – loin d’être médicales –, intriguait cette jeune femme dont on trouvait les courbes délicieuses et le sourire envoutant. Lumumba ! Bien loin du Denzel Washington auquel Tiguy croyait ressembler : « Moi qui voulais être le sosie de Denzel Washington ! Zut ! Quel terrible crêve-cœur ! » P.17. Cette confusion était le début d’une belle aventure. Ils ont multiplié les rendez-vous jusqu’à celui qui les a uni huit ans après, devant Dieu et devant les hommes. Quatre ans à peine de mariage, et tout a basculé. Le cancer, ce tueur silencieux, avait imposé sa loi.

    Lire ce récit, c’est avoir Tiguy Elebe Motingiya, enfant d’une fratrie de quinze, assis en face de nous, l’air hagard, la douleur sur chaque trait du visage, s’efforçant de ne verser aucune larme, pour Carine, pour sa famille, pour lui, pour sa foi en Dieu.

    S’il y a bien une chose qu’a l’auteur, c’est une belle force narrative. Chaque phase est présentée tel qu’on devient vraiment cette oreille à laquelle il se confie. Son usage répété des flashbacks situe le lecteur dans le contexte des évènements. Malgré les coquilles, cette force de narration garde toute son intensité. L’éditeur aurait toutefois dû faire plus attention.


    Carine croyait fermement en Dieu et avait réussi à faire naître cette foi en son époux. Un exploit, quand on sait combien ces hommes peuvent être têtus ! Même au plus mal de sa forme, elle se rendait à l’église. Si elle la trouvait bondée, elle restait dans la rue, parfois assise sur le trottoir, pour louer son Dieu. « Lorsque j’ai parfois eu l’impression qu’il était inutile de prier, Carine m’enseignait que la prière est d’abord une recommandation divine et que, ensuite, elle donne la paix et chasse l’inquiétude. » P.60.

    Carine savait que le nouveau tournant de sa santé n’était pas celui de la guérison. Tiguy aussi. Leur foi en Dieu leur a permis de traverser cette épreuve avec dignité ; rares sont les personnes de leur entourage proche au courant de son état. Avant que cela n’empire, elle sortait, toujours souriante, avec son époux et ses amies. Par sa joie de vivre, personne ne pouvait s’imaginer les souffrances qu’elle endurait à cause de la chimiothérapie. Carine souffrait d’un cancer du sein. Avoir des enfants, une chose à oublier dans ce cas-là, le développement des hormones aurait provoqué une évolution rapide de la gangrène.

    « L’irréparable vient d’arriver ! » P.55. C’est assis dans un airbus, alors qu’il s’envolait d’urgence pour Bruxelles, que Tiguy, ignorant la consigne de l’équipage sur l’extinction des appareils électroniques, va avaler, nez pincé, ces mots de son beau-père. Carine était partie, elle ne l’avait pas attendu, elle ne voulait pas qu’il vive ses derniers moments. Il avait ressenti sa présence alors qu’il était en chemin pour l’aéroport. Un léger vent l’avait enveloppé et avait fait monter son adrénaline ; il était loin de penser que c’était son dernier souffle qu’elle lui envoyait.

     »Le cancer de Carine », c’est 66 pages et six parties. Le chiffre 6, la symbolique de la féminité, la beauté, l’amour, la famille, l’esthétisme, la droiture, l’équilibre, la décence… Ces choses qu’affectionnait Carine et qui la représentaient. Tiguy Elebe Motingiya, par ce récit dramatique, désire sonner une énième alerte : le cancer doit connaître une meilleure campagne. Il est très souvent détecté lorsqu’il est déjà à un stade avancé, diminuant ainsi les chances de guérison. Si l’on ne peut pas encore déterminer avec exactitude les causes du cancer, peut-être serait-il juste d’établir des campagnes de dépistages gratuites et fréquentes à tous les niveaux de nos sociétés.
    Carine ne demandait qu’à mener une vie heureuse et s’assurait des habitudes saines. Elle est partie dans la fleur de l’âge, au mois d’octobre, en 2014. Ecrire ce livre a été pour Tiguy un moyen de remonter la pente. Trop de choses devaient s’exhumer pour qu’il guérisse, quoique partiellement, de ce chagrin.


    Tiguy Elebe Motingiya, aujourd’hui, est l’un des promoteurs littéraires qui font bouger la République Démocratique du Congo, et l’Afrique en général. Il dirige le mouvement littéraire Les Plumes Conscientes qui promeut les plumes et les acteurs autour, sans distinction de race ou de nationalité, pour une émergence plus vive de la littérature.

  • Quel type de lecteur êtes-vous ?

    Au cours des années, et ça fait des dizaines d’années que je lis, j’ai rencontré plusieurs lecteurs. Oui, lecteurs. Ils aiment les mots, et comme en amour ou en société, ils les aiment à leur façon.
    Mon observation m’a permis de relever, avec mes mots, plusieurs types de lecteurs.

    J’ai choisi le masculin pour les caractériser, mais ceci est appliqué à toutes les gents.


    N’hésitez pas à me dire en commentaire quel est le profil qui vous sied et d’ajouter un type de lecteur que vous avez rencontré.


    LET’S GO !!!

    • Le «Moi aussi»
      Le lecteur «Moi aussi» veut lire tout ce qui est à la mode, juste pour monter que, lui aussi, il l’a lu. La lecture pour lui est un défi. Très souvent, il ne prend pas la peine de comprendre ce qu’il lit mais peu importe, il a lu, c’est ce qui compte.
    • Le nymphomane 
      Le lecteur nymphomane doit toujours avoir un livre à lire, peu importe le sujet ou le genre. C’est un besoin permanant. Il ne veut faire que ça, il ne pense qu’à ça. Tant qu’il n’a pas déposé sa dernière énergie, il continue. Et même une fois épuisé, il a une seule envie, reprendre une lecture.
    • Le macho 
      Le lecteur macho ne va jamais au bout de ses lectures. Il lit les premiers paragraphes et qualifie le livre. Pour lui, la majorité des livres ne méritent pas une attention au-delà du toucher. Il est très exigeant avec les mots et ne retient pas sa langue quand il faut en parler.
    • L’amoureux à vie 
      L’amoureux à vie a lu un livre un jour, au hasard ou parce que forcé ; il en est tombé amoureux et a décidé d’en faire son compagnon de vie. Il lit chaque livre lentement. Il s’abreuve de chaque mot. Et lorsqu’il le referme, tel un mari éblouit par les prouesses d’amour de sa maîtresse, il n’en parle pas. Il reste des jours à y repenser, seul. Il a du mal à tomber à nouveau amoureux, il est fidèle en lecture.
    • Le collectionneur 
      Lui, il achète des livres parce que le titre, la couverture, les « on-dit » ont un effet sur lui. Il se fait fabriquer une bibliothèque et la laisse trôner dans son séjour; ses invités doivent admirer sa belle collection. Il n’est pas forcément un grand lecteur, il aime juste à savoir et faire savoir qu’il a des livres.
    • Le passionné 
      Le passionné est capable de lire plusieurs livres à la fois, et plus d’une centaine en un an. Il lit, il en parle, il veut montrer au monde son bonheur d’avoir lu. Il crée des groupes physiques, des plateformes, et adhère à d’autres pour parler des livres. Tel un coureur de jupons, chaque livre est une belle histoire d’amour. La monotonie tue l’amour, dit-on, alors, il passe rapidement au prochain livre, sa passion doit vivre.
    • Le fils à maman 
      Le lecteur fils à maman lit un livre à travers les dires glanés ci et là. Il attend que sa maman – les lecteurs – lise un livre, qu’elle lui en fasse un résumé, erroné ou pas, pour qu’il monte au créneau pour faire valoir ses droits de « lecteur ».
    • Le tribaliste / raciste 
      Le lecteur tribaliste / raciste ne lit que les livres des auteurs de son ethnie ou de sa race, son pays. Il est le vaillant défenseur des coutumes et de la culture, et pour lui, seul ceux de son « monde » peuvent produire de bons livres.
    • Le gothique 
      Pour le lecteur gothique, un bon livre doit avoir un côté obscur et ne pas être à la portée du lecteur lambda. S’il ne retrouve pas ce côté obscur, il s’ennuie vite, termine ou pas le livre, et se force parfois à trouver un côté obscur à une phrase ou une partie du livre. Pour lui, l’obscur n’est pas à la portée de tous les auteurs. On est un bon auteur pour lui si on a ce côté obscur qui pousse la réflexion du lecteur.

    Et vous, quel type de lecteur êtes-vous ?

    N’hésitez pas ! Ajoutez votre catégorie en commentaire si elle ne s’y trouve pas 🙂

  • Il a été lu – Le patron des machines du Camerounais Blaise Ahnaï Bay

    Il est des livres que l’on n’a pas envie de terminer tellement ils font voyager. On a juste envie de vivre à fond cette fiction, et d’oublier, le temps de ces mots, la réalité. Le patron des machines en fait partie. 177 pages que je me suis arrangée à lire en plusieurs semaines, moi qui lis d’habitude rapidement.

    Le patron des machines est le troisième livre de Blaise Ahnaï Bay, un Camerounais originaire de la Vina dans l’Adamaoua. Il est professeur de lycée et a fait confiance aux Editions de Midi pour la parution de cette œuvre en 2020.

    Le patron des machines, c’est douze nouvelles. Douze voyages. Une composition de divers sentiments. De la première nouvelle qui porte le titre de l’œuvre, à Panthéon des droits civiques, l’auteur nous présente diverses formes de l’Amour. Il nous rappelle que tout ce qui nous entoure demande juste à être aimé. L’être humain a depuis des décennies mis sur pied des instruments, des machines, pour entre autres améliorer le quotidien ou accroître son pouvoir ; mais, au fil des ans, on se rapproche du transhumanisme.

    Cette première nouvelle annonce d’ailleurs la couleur avec ce chef d’entreprise et de famille qui décide de remplacer employés et famille par des robots : « Nous avons mis au point des machines capables de nettoyer de manière autonome. » P.15.

    Le détail qui est parfois oublié est que la machine ne fait que ce que l’humain lui indique – encore qu’une faille suffit pour que vous vous coupiez les cheveux en quatre. Et la chaleur humaine dans tout ça ? Et l’amour ? Blaise Ahnaï Bay nous recommande de savoir faire la part des choses : « Même si je fais travailler des machines, je ne mettrai jamais la machine au-dessus de la valeur humaine. » P.30

    La lecture fait voyager, dit-on. Et pour voyager, il faut des éléments, il faut des détails dans les textes. Balise Ahnaï Bay a une grande force du détail ! Détails sur les personnages, le contexte… Le lecteur ne peut qu’être transporté. Si le personnage a les pieds dans l’eau comme dans la nouvelle « Ne bouge pas de là« , vous les avez dans l’eau, vous aussi. S’il a froid, vous aussi. Un enfant pleure, vous pleurez aussi. Une maman célibataire prodigue des conseils, vous vous considérez comme son enfant et vous ne voulez qu’une chose, qu’elle vous caresse le crâne pour vous rassurer. Un animal a mal, vous ressentez sa douleur…

    La pandémie à coronavirus, le vivre-ensemble, les conflits armés dans les pays et la place de l’enseignant, la tolérance des différences, la monoparentalité, la protection des animaux, la loyauté, les tracasseries administratives, sont autant de thèmes que Blaise Ahnaï Bay met en exergue dans ce recueil de nouvelles écrit avec une simplicité qui fait comprendre ses textes du premier coup. Pour illustrer tout ceci, il y a les machines. Qu’est-ce qu’il entend par machines ?

    Les armes à feu, les véhicules, les caméras, les téléphones, et tout objet mécanique. Pour l’auteur, ces machines font croire à l’humain qu’il est au-dessus de tout, qu’il est puissant, négligeant et dédaignant très souvent son prochain. « Nous sommes plutôt censés prendre soin les uns des autres, pas nous battre les uns contre les autres, alors qu’il y a de l’oxygène et de l’espace pour tout le monde. » P.127. Pourvu que ceci soit entendu par tous.

    S’il y a une chose que j’ai aussi appréciée dans chacune des nouvelles, c’est la construction des personnages et la cohérence. Le niveau de langue des personnages sied avec leurs caractéristiques. Les actions sont cohérentes et s’épousent jusqu’au dernier point.

    C’est la deuxième œuvre de cet auteur que je lis, et la satisfaction est la même – j’avoue qu’elle l’est plus pour celle-ci. C’est bien dommage que la maison d’édition n’ait pas pris soin de la confiance de l’auteur. Il y a de nombreuses coquilles dans ce texte.

    Des dialogues qui commencent sans tiret ou guillemets, des soucis d’espace entre les ponctuations, des fautes d’orthographe,… Ces coquilles m’ont à plusieurs reprises ramenée sur mon divan, mais heureusement, la force narrative de Blaise Ahnaï Bay ne me laissait pas là longtemps.

    Malgré ces coquilles, est-ce que je vous recommande ce livre ? Oui. Les textes peuvent être retravaillés – l’auteur gagnerait à le faire d’ailleurs, pour son image et pour l’éducation de ses lecteurs – et le talent de cet auteur ne souffre d’aucune contestation. Nous apprenons plusieurs matières dans notre cursus académique mais aucune ne nous enseigne réellement l’amour du prochain. Faut-il toujours se rendre à l’église pour écouter un prêche à ce sujet ? J’espère juste que l’auteur, en sa qualité d’enseignant, fait la différence.

  • Le livre et moi

    Je n’ai pas choisi le livre, le livre m’a choisie.

    Je suis emprisonnée, je suis enchaînée. La bouche bâillonnée, les oreillettes bien placées. Je regarde. Je regarde cette prison, ce cachot au mille paysages, cet enclos où je suis seule parmi tous. Je regarde. J’ai froid. J’ai chaud. Je pleure. Je ris. Je suis en colère. J’ai mal. J’ai honte. J’ai… J’ai…
    Le vent caresse mes cheveux. je danse sous la pluie et même sous le soleil au son du piano, de la guitare, du tam-tam, du mvet. Je touche à la neige, moi, fille du soleil. J’ai un chien, un chat, une poule, j’ai…

    Alors, pourquoi résister quand on vit plusieurs vies dans un même corps? Non, je refuse de résister. Je veux voyager.
    Je suis ta choisie et je t’ai accepté ô livre. J’ai accepté ta main. J’ai accepté tes mots, tes maux, tes paysages, ces êtres qui t’habitent.

    Je t’ai accepté pour une vie, une éternité, car tu m’as délivrée.

  • Bienvenue !

    Commençons l’aventure Line litt’ avec le livre, la lecture, la littérature, l’écriture…

  • Présentation personnelle (exemple d’article)

    Voici un exemple d’article, publié initialement dans le cadre de la Blogging University. Inscrivez-vous à l’un de nos dix programmes et lancez votre blog.

    Vous allez publier un article aujourd’hui. Ne vous inquiétez pas pour l’apparence de votre blog. Ne vous inquiétez pas si vous ne lui avez pas encore donné de nom ou si vous vous sentez dépassé. Cliquez simplement sur le bouton « Nouvel article » et dites-nous pourquoi vous êtes ici.

    Quel est votre objectif ?

    • Vos nouveaux lecteurs ont besoin de contexte. De quoi parlerez-vous ? Pourquoi devraient-ils lire votre blog ?
    • Cela vous aidera à vous concentrer sur vos idées à propos de votre blog et sur la façon dont vous souhaitez le développer.

    L’article peut être court ou long, contenir une introduction personnelle sur votre vie, décrire la mission de votre blog, présenter un manifeste pour l’avenir ou énoncer simplement vos sujets de publication.

    Pour vous aider à commencer, voici quelques questions :

    • Pourquoi créez-vous un blog public au lieu de tenir un journal personnel ?
    • Quels seront les thèmes que vous aborderez ?
    • Quelle est la cible privilégiée de votre blog ?
    • Si votre blog passe la première année avec succès, qu’espérez-vous avoir accompli ?

    Répondre à ces questions ne vous enferme pas définitivement dans une voie. Ce qui est magnifique avec les blogs, c’est qu’ils sont en constante évolution au fur et à mesure de vos apprentissages, de votre développement et des interactions avec autrui. Il est toutefois opportun de savoir où et pourquoi vous vous lancez. L’articulation de vos objectifs peut simplement contribuer à apporter de nouvelles idées d’articles.

    Vous ne savez pas trop comment commencer ? Écrivez simplement la première chose qui vous passe par la tête. Anne Lamott, auteur d’un excellent livre sur le processus d’écriture, affirme qu’il est nécessaire de s’autoriser un « premier jet bordélique ». C’est un enseignement essentiel : commencez par écrire, vous vous occuperez de retoucher votre texte plus tard.

    Une fois que vous êtes prêt à publier, attribuez à votre article trois à cinq étiquettes qui décrivent son sujet : littérature, photographie, fiction, parentalité, alimentation, voitures, films, sports, etc. Ces étiquettes aideront les internautes intéressés par ces sujets à vous trouver dans le Lecteur. Veillez à ce que l’une de ces étiquettes soit « zerotohero », afin que les nouveaux blogueurs puissent vous trouver également.

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    Répondre à ces questions ne vous enferme pas définitivement dans une voie. Ce qui est magnifique avec les blogs, c’est qu’ils sont en constante évolution au fur et à mesure de vos apprentissages, de votre développement et des interactions avec autrui. Il est toutefois opportun de savoir où et pourquoi vous vous lancez. L’articulation de vos objectifs peut simplement contribuer à apporter de nouvelles idées d’articles.

    Vous ne savez pas trop comment commencer ? Écrivez simplement la première chose qui vous passe par la tête. Anne Lamott, auteur d’un excellent livre sur le processus d’écriture, affirme qu’il est nécessaire de s’autoriser un « premier jet bordélique ». C’est un enseignement essentiel : commencez par écrire, vous vous occuperez de retoucher votre texte plus tard.

    Une fois que vous êtes prêt à publier, attribuez à votre article trois à cinq étiquettes qui décrivent son sujet : littérature, photographie, fiction, parentalité, alimentation, voitures, films, sports, etc. Ces étiquettes aideront les internautes intéressés par ces sujets à vous trouver dans le Lecteur. Veillez à ce que l’une de ces étiquettes soit « zerotohero », afin que les nouveaux blogueurs puissent vous trouver également.