Catégorie : République centrafricaine

  • Honoré DOUBA, l’homme qui rassemble les traces de la littérature centrafricaine

    La littérature ne se résume pas aux livres qui paraissent, elle se construit aussi autour des traces que ces livres laissent, des auteurs qui les portent et des documents qui permettent, des années plus tard, de les retrouver. En République centrafricaine, où les structures consacrées à la conservation du patrimoine écrit restent encore insuffisantes, le travail de recensement prend une dimension particulière. C’est dans cet équilibre que s’inscrit l’entreprise menée par Honoré DOUBA avec son Répertoire des écrivains et auteurs de Centrafrique, dont les tomes 2 et 3 viennent de paraître aux Éditions Edilibres.


    Le tome 1, publié en 2017 chez Adrien Poussou Éditeur, avait ouvert cette démarche de documentation. Les deux nouveaux volumes prolongent et élargissent ce travail consacré à la connaissance de la production littéraire et intellectuelle liée à la République centrafricaine. Leur intérêt dépasse ainsi celui d’une simple compilation bibliographique : ils répondent à un véritable enjeu de conservation et de transmission.

    Dans un pays qui compte peu de bibliothèques et qui ne dispose pas encore d’une véritable bibliothèque nationale capable d’assurer de manière centralisée la conservation, le recensement et la valorisation des œuvres publiées en Centrafrique ou consacrées au pays, disposer d’un tel répertoire constitue une ressource précieuse. Les ouvrages peuvent se disperser, devenir difficiles à retrouver ou simplement disparaître de la mémoire collective. Les identifier et en conserver la trace revient donc à préserver une partie de l’histoire intellectuelle nationale.

    Le tome 2, consacré aux ouvrages des Centrafricains, s’attache à rendre compte de cette production en réunissant des informations sur les auteurs et leurs œuvres. Livres publiés, manuscrits signalés, textes inédits et références bibliographiques composent un ensemble destiné à faciliter la recherche et à donner une meilleure visibilité à une littérature qui mérite d’être davantage connue et documentée.

    Le tome 3 ouvre, pour sa part, une perspective complémentaire en recensant les ouvrages d’étrangers ayant écrit sur la Centrafrique. Ce choix est particulièrement intéressant ! Il permet de considérer le pays à travers les nombreux écrits produits par des auteurs qui, venus d’autres horizons, l’ont observé, décrit ou étudié. Ces publications constituent des sources susceptibles d’enrichir la compréhension de l’histoire, de la société et de la culture centrafricaines. Elles offrent également matière à réflexion sur les différents regards portés sur le pays et sur la manière dont son image s’est construite dans les écrits extérieurs.


    L’intérêt du travail d’Honoré DOUBA tient surtout à sa volonté de rendre ces informations accessibles. Chercheurs, universitaires, étudiants, enseignants, bibliothécaires, journalistes, écrivains et acteurs culturels peuvent y trouver des repères utiles pour leurs travaux. Pour le lecteur ordinaire également, le répertoire offre une porte d’entrée vers un patrimoine parfois difficile à appréhender dans son ensemble. Il faut aussi regarder cette entreprise à la lumière du parcours de son auteur.

    Né le 11 mars 1949 à Pointe-Noire, Honoré DOUBA a connu un itinéraire à la croisée de l’éducation, de la vie publique, de la foi et de la littérature. Instituteur puis conseiller pédagogique aujourd’hui à la retraite, il est également pasteur, poète et écrivain. Il a occupé plusieurs responsabilités publiques, notamment celles de chef de quartier et de groupe, de conseiller municipal, de président d’un parti politique et de ministre. Son engagement dans différentes associations culturelles, sportives et particulièrement littéraires complète un parcours marqué par l’action et la transmission. Auteur de plusieurs ouvrages, dont Panorama des écritures centrafricaines et le Répertoire des écrivains et auteurs de Centrafrique, Honoré DOUBA s’est progressivement imposé sur un terrain qui demande patience, méthode et persévérance : celui de la mémoire écrite.

    La parution de ces deux volumes rappelle une évidence souvent négligée : un patrimoine qui n’est pas recensé risque de devenir invisible. En donnant des noms, des titres et des références à ce qui pourrait progressivement tomber dans l’oubli, Honoré DOUBA a accompli un travail essentiel. Une contribution qui fait de la littérature centrafricaine non seulement un espace de création, mais aussi un patrimoine identifiable.

    Ces tomes 2 et 3 sont disponibles auprès de L’Harmattan et dans les librairies en ligne. Le tome 2 est proposé au prix de 35 euros et le tome 3 au prix de 40 euros.

    Pauline M.N. ONGONO (Présidente ACOLITT – Cameroun)