Catégorie : Roman

  • LES CHOSES INTERDITES de Aristide OLAMA : L’IMPASSION D’UNE SŒUR

    En 2020, Les choses interdites paraît aux éditions Proximité. C’est un roman qui vient mettre en scène Emilie Ateba et son David Mveng, deux adolescents qui tombent fou amoureux l’un de l’autre, avant de réaliser, trois ans plus tard, après les obsèques de Philippe Ateba, un riche homme d’affaires commun à leurs deux mères, qu’ils sont frère et sœur. Vivant désormais dans la même maison, sous le regard alarmé de Martine, la mère d’Emilie, veuve de Philippe Ateba et désormais belle-mère de l’héritier David Mveng, ils vont faire face à cet amour sous un nouvel angle qui à chaque fois les tiendra au bord de l’inimaginable.
    168 pages d’intrigue proposées par Aristide OLAMA, au cœur d’une société où les choses, même parmi les plus graves, sont considérées avec légèreté.

    Le choix de l’obsession

    C’est alors que le club de lecture « 15 Pages par Jour », fondé par Pauline ONGONO de ACOLITT, décide d’explorer l’univers de ces personnages installés dans leur imposante villa de Yaoundé. Le thème « ETRE OBSEDE.E » en sort tout de suite, élu pour conduire la rencontre du samedi 04 septembre 2025 qui se tient à la bibliothèque La Maison des Savoirs, sise au Dépôt de sable d’Etoudi, à Yaoundé.

    Prévu pour démarrer à 14h, la forte pluie qui s’abat sur la capitale politique du Cameroun repousse le début des échanges à 15h, avec la présence exceptionnelle de l’écrivain Aristide OLAMA en personne qui a tenu à participer au retour de lecture de ce groupe composé d’auteurs, de critiques et de passionnés de lettres.

    La responsabilité de la famille dans l’inceste

    Menés par le critique littéraire Ray NDEBI, les débats s’ouvrent avec l’éducation des enfants et c’est Célestine BELLA qui pointe du doigt, en premier, le manque de fermeté de Martine, la mère d’Emilie, qui aurait dû protéger sa fille, surtout quand elle s’est rendu compte que le mot inceste ne semblait rien dire à la jeune adulte entêtée et obnubilée par l’amour. Elle est suivie dans ce sens par M-T. Ekassi qui renforce son point en indiquant la désunion dans la famille, source d’absence de communication et aussi d’assise pour rappeler ouverte aux fautifs leur tort.
    Ray demande alors aux autres d’apprécier les dispositions prises par l’auteur pour encadrer son sujet. « Trouvez-vous pertinent que la famille soit aussi désolidarisée pour parler de l’inceste ? » Erine Tchouala regrette qu’il n’y ait personne pour pouvoir taper du poing sur la table ; selon elle, l’auteur aurait dû proposer un personnage pour remettre de l’ordre dans cette maison et éviter l’abomination.

    La crainte du regard des autres

    A la question de savoir si l’attitude de Martine Ngo Honla, la veuve, est crédible et illustre une réaction naturelle possible dans la « vraie » vie, Pauline répond par l’affirmative en précisant la peur du qu’en-dire-t-on ; ce que Audrey Bertille MBARGA et Célestine soutiennent donnant des exemples dans leur environnement, des familles qu’elles connaissent qui font passer sous silence ces choses interdites.
    Le modérateur va alors interroger l’intérêt du livre. Ce roman n’est-il pas uniquement destiné aux familles nanties où le nom est à préserver à tout prix ? Les familles pauvres ont-elles le même souci de discrétion ? Selon Pauline, toutes les classes sociales sont concernées par cette attitude, bien que chez les démunies c’est surtout face à la rumeur, même avérée, que l’indifférence s’installe. « Tout le quartier sait, mais chacun se mêle de ses affaires », conclut-elle, approuvée par Bertille et Danielle TAMEN qui arrive au bout d’une heure, retardée par l’orage.

    Le silence criminel

    Et si Philippe avait présenté David, le fils de l’adultère, à sa femme ? Voilà la question qui a particulièrement intéressé Danielle ; elle s’est même rendue à un autre moment : et s’il n’y avait tout simplement pas eu infidélité ? Selon elle, l’infidélité doit être évitée. Seulement, la plume l’a écrite et il faut l’assumer.
    Cet autre point est salué dans l’intrigue, car bien des incestes surviennent entre des enfants qui ignorent tout de l’existence de certains frères et sœurs ; et c’est quand la catastrophe est consommée que les diverses familles s’en rendent compte. Cette fois aussi, le roman est considéré comme une alerte. L’éducation des enfants doit être ouverte et des sujets comme l’inceste doivent être abordés, puisque plusieurs cas entre frères et sœurs qui connaissent déjà leurs liens de sang, sont répertoriés à travers le monde ; quand l’inceste n’y est pas consentant, il est consenti.
    Plusieurs lecteurs regrettent toujours que ni le notaire, ni l’amant de Martine, ni l’oncle Ngul Mam (le personnage préféré de Ray dans ce roman)… personne n’ait reçu de l’auteur la poigne nécessaire pour faire entendre sa voix. Les silence des morts, Philippe et la mère de David, étant trop lourds. La voix de Gertrude, la collègue de Martine, trop lointaine. Celles de Yann, amant d’Emilie, et Claire et Falone, amantes de David, trop faibles.

    L’amour contre le sang

    Le personnage qui cristallise toutes les émotions, c’est Emilie. Un feu d’amour et d’orgueil lui brûle les entrailles. Si David présente quelquefois des réticences, une morale quoique fébrile, sa sœur défie toutes les lois de la vertu. Ray pose alors cette question : « Emilie avait-elle les moyens de combattre cet amour ? »
    Après un temps de silence, Bertille, à qui il est demandé de se mettre dans la peau de la jeune femme obsédée par son frère, tient sa réponse en trois mots : « C’est impossible ! ». Et la question de la classe sociale est à nouveau posée par Ray. N’est-ce pas plus difficile pour les bourgeois de s’arrêter ? M-T et Célestine ne le pensent pas, car Emilie aurait dû s’arrêter à l’évocation du lien de sang. « La crainte de Dieu est-elle aussi présente chez les riches que chez les pauvres ? », suggère Ray, prenant l’exemple de David, de famille pauvre à la base, qui va chercher de l’aide auprès de Dieu, tandis qu’Emilie n’a d’yeux et de cœur que pour son frère. Le silence plane toujours, et la faute revient à Martine, sa mère, qui aurait dû l’éloigner ou s’éloigner avec elle. Si l’on ne peut pas conseiller un cœur amoureux, peut-on seulement aviser un cœur obsédé ? « Home is where heart is », a simplement rappelé Ray, pour conclure cette longue partie qui a fait un détour par la Bible, l’aristocratie, la psychologie et autres.

    La plume de l’auteur

    « Instructive et fluide » ont dit les participants ; « comme un fleuve » a reconnu Pauline. Et cette idée d’isoler les personnages, les privant de toute aide possible, n’a servi qu’à démontrer combien, en définitive, chacun doit faire ses choix selon ses pulsions et les assumer.
    Invité à prendre la parole après avoir suivi en silence et avec intérêt les deux heures d’échanges, Aristide OLAMA a tout d’abord salué la qualité des lectures faites et l’intéressante implication des lecteurs dans le roman ; un tel investissement pour se retrouver au cœur de l’histoire pour en tirer le cru, il l’a trouvé remarquable.
    Aristide approfondit les connaissances en donnant la source de son écriture de ce texte : le constat d’une banalisation de tout, et surtout des choses interdites.

    Tant de choses ont été relevées et partagées au sujet de ce roman qui, à la fin, remporte la note de 8/10. Tout en exhortant les éditeurs, une fois de plus, à encore plus de professionnalisme, nous reconnaissons les efforts qu’ils fournissent déjà pour publier des œuvres littéraires dans un contexte qui n’est pas très prompt au soutien du Livre. Avec un peu plus de pensée pour le Livre de Qualité, ils y seront sans peine.
    Les choses interdites, c’est se permettre de s’interdire.

  • Instant dédicace : Pam NDJEN et Le dresseur de fauves

    Le 09 avril 2025, dans le cadre du programme L’Aprèm du livre organisé par le Goethe-Institut Kamerun, nous avons pris plaisir à écouter et découvrir la littérature fantastique de Pamela BANIMBECK, de son nom d’auteure Pam NDJEN.

    Sous la modération de la communicatrice et maîtresse de cérémonie Ruth TARKANG et sublimé par la note de lecture de madame Christelle Flore A., ce moment a été une immersion dans le tome 1 du troisième roman de l’auteure : Le dresseur de fauves.
    Elle a eu l’occasion de nous préciser le pourquoi, le pour quoi, le comment… de son écriture sous un type de littérature très peu abordé dans notre contexte.

    Alors… Vous êtes un adepte de la littérature fantastique ou vous souhaitez la découvrir ? Le dresseur de fauves coûte 5.000 FCFA. Il est disponible auprès de l’auteure que vous pourrez suivre ici.

    Acolitt, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com




  • Entretien avec Juliette Doriane NGAH BIDJO, auteure camerounaise

    Pour Juliette Doriane NGAH BIDJO, qu’est-ce que la littérature ?

    La littérature est un miroir de l’âme humaine, un espace où se rencontrent les émotions, les idées et les expériences. C’est un outil puissant pour explorer la condition humaine, susciter la réflexion et inspirer le changement. Pour moi, c’est aussi un moyen de connexion profonde avec les autres, un dialogue intemporel à travers les mots.

    En considérant la scène littéraire globale, quelle importance revêt pour vous le besoin d’écrire ?

    Écrire est une nécessité vitale. C’est un besoin d’exprimer ce qui bouillonne en nous, de donner forme à nos pensées et à nos sentiments. Dans un monde en constante évolution, la littérature offre un espace de réflexion et de résistance, un moyen de préserver notre humanité.

    « Miroir », votre dernier livre, diriez-vous qu’il répond à des questions que vous vous posiez avant son écriture ? Pourquoi ?

    Absolument. « Miroir » est né d’une quête personnelle, d’un besoin de comprendre les dynamiques de l’identité et de l’acceptation de soi. Il a été un voyage introspectif, une manière de confronter mes propres doutes et de trouver des réponses universelles.

    Racontez-nous « Miroir », plus d’un an après sa parution.

    Plus d’un an après sa parution, « Miroir » continue de résonner en moi et chez mes lecteurs. Il est devenu un outil de dialogue, un point de départ pour des conversations profondes sur l’identité, la beauté et l’acceptation. Je suis touchée de voir comment il a aidé certains à se réconcilier avec eux-mêmes.

    Vous pouvez retrouver « Miroir » au prix de 5000 FCFA à ces lieux :
    – Editions de midi (+237 697449082)
    – Chez Andaal ( +237 6 56 96 41 28)
    – Bientôt à la bibliothèque du collège François Xavier VOGT.
    – Également disponible lors de mes séminaires et formations.(+237 695 16 83 87)

    Quel regard portez-vous sur la scène littéraire camerounaise actuelle ?

    La scène littéraire camerounaise est en pleine effervescence, riche de voix diverses et de talents prometteurs. Il y a un besoin de plus de promotion, et de moyen de faire rayonner les auteurs camerounais, mais nous possédons un potentiel énorme.

    Pouvez-vous nous parler de quelques auteurs ou personnalités du monde du livre sur le continent qui vous marquent ? Pourquoi ?

    Je suis profondément inspirée par des auteurs comme Chimamanda Ngozi Adichie, dont la plume puissante explore les complexités de l’identité et de la culture africaine. Sa capacité à transcender les frontières et à toucher les cœurs est admirable. Une autre auteure qui me passionne est Fatou Diome. Son regard aiguisé et son courage à aborder des sujets sensibles sont une source d’inspiration.

    Vous êtes aussi entrepreneure dans le secteur des médias. Quels sentiments vous laisse la promotion de la littérature en général aujourd’hui ?

    La promotion de la littérature est un défi constant, mais aussi une source d’espoir. Il est essentiel d’innover, d’utiliser les nouveaux médias et de créer des espaces de rencontre entre les auteurs et leur public.

    Que proposez-vous de nouveau pour faire rayonner la littérature sur le plan international ?

    Je crois en la force des collaborations internationales, des échanges culturels et de la traduction des œuvres. Il est important de créer des ponts entre les littératures du monde entier.

    Quelle est votre lecture de la montée en puissance des Intelligences Artificielles dans l’écriture des livres ?

    L’intelligence artificielle est un outil fascinant, mais elle ne remplacera jamais la sensibilité et la créativité humaines. La littérature est avant tout une expression de l’âme, une connexion profonde avec le lecteur.

    Vous travaillez aussi beaucoup dans la formation des jeunes à divers arts, notamment l’art de la parole. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    La formation des jeunes est une passion. Je crois en leur potentiel créatif et en leur capacité à changer le monde. L’art de la parole est un outil puissant pour développer leur confiance en eux et leur permettre de s’exprimer avec force et authenticité.

    Quel a été le procédé d’écriture de  »Miroir » ?

    « Miroir » est né d’un processus d’écriture introspectif et intuitif. J’ai laissé mes émotions et mes réflexions me guider, en cherchant à créer un texte authentique et personnel. Dans mon procédé d’écriture, j’essayais de me mettre au-dessus des émotions et d’avoir un regard neutre pour mieux analyser les comportements.

    La femme dans la littérature au 21e siècle. Avenir de la littérature ? Qu’en pensez-vous ?

    Les femmes jouent un rôle de plus en plus important dans la littérature du 21e siècle, apportant des perspectives nouvelles et des voix puissantes. L’avenir de la littérature est entre leurs mains, et je suis optimiste quant à leur capacité à le façonner.

    Quels sont les trois (03) conseils de Juliette Doriane NGAH BIDJO aux jeunes auteurs et auteurs en herbe ?

    – Croyez en votre voix unique et n’ayez pas peur de l’exprimer.

    – Lisez beaucoup, écrivez souvent et n’abandonnez jamais votre passion.

    – Cherchez des mentors et des communautés de soutien pour vous accompagner dans votre parcours.

    Propos recueillis par Pauline ONGONO




  • Avec l’écrivain Guillaume NANA au Collège François Xavier VOGT

    Le 19 février 2025, à l’occasion de sa journée culturelle, le Collège François Xavier VOGT a invité l’écrivain camerounais Guillaume NANA, auteur de plusieurs livres à l’instar de « Grains de poussière », livre dont plusieurs extraits figurent dans l’ouvrage d’enseignement de français de la classe de 6e au Cameroun.

    Cette invitation tenue de main de maître par la bibliothécaire de cet établissement, madame FEZE Viviane, était l’occasion de rapprocher ces élèves de l’auteur, de leur permettre de poser des questions en rapport avec les extraits contenus dans leur livre de français… Toujours aussi surprenants, ils sont allés au-delà du livre en exposant leur désir de devenir auteur(e), en présentant leur production littéraire.

    L’extrait « L’oeuf et la poule » a remporté le plus de questions. Et la fameuse « De l’œuf et la poule, qui est né en premier » a reçu autant de réponses surprenantes venant de ces enfants. A l’exemple :  « Au commencement, Dieu a créé les animaux. Il a donc créé la poule de qui viendra l’œuf. La poule est née avant. »

    Cette initiative devrait être l’apanage de tous les établissements de divers niveaux d’enseignement. La contribution à la compréhension des textes et l’implantation de l’amour de la lecture sont des conséquences palpables à chaque déploiement.
    ACOLITT reste disposée à vous accompagner,  auteurs, éditeurs…
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com

    ACOLITT, pour une littérature dynamique !



  • BIOLITT : Grégoire NGUEDI, romancier camerounais

    Grégoire NGUEDI est un romancier et comptable camerounais. Il est né le 03/09/1976 à Baliama, département du Mbam-et-Inoubou, région du Centre.

    Amoureux d’écriture et de lecture depuis qu’il sait articuler et former des mots, c’est en 2010 qu’il décide de publier son premier roman intitulé La Destinée de Baliama chez L’Harmattan/Cameroun. Deux ans plus tard, il revient, chez le même éditeur, avec un deuxième roman intitulé Voyage entre Ciel et Terre ; heureuse collaboration qui verra paraitre ses prochains romans :
    Coup de foudre à Bouraka, L’Harmattan/cameroun 2013
    Les Ombres oppressantes, L’Harmattan/cameroun, 2015

    Les 3 Vies de Farrha Gomis, L’Harmattan/Cameroun, 2022
    Le Bal des sept collines, L’Harmattan/cameroun, 2023
    Le Trésor des sept collines, bande dessinée, Nguedi jm Éditions, 2023

    Et, Epsum Challenge, jeu de société qui divertit autant qu’il instruit sur les origines de la ville de Yaoundé, par Nguedi jm Éditions, 2023.


    En 2010, celui qui écrit «…des livres qui n’ont rien à voir avec la comptabilité… », tel qu’il se définie dans une interview accordée à FlashMag, devient tour à tour, le Chef des opérations (C.O) de Nguedi jm Éditions et le co-fondateur de l’association littéraire Le salon du Livre de Yaoundé/Cameroun, devenu plus tard Le salon de Littérature de Yaoundé. La même année, il publie un article intitulé « Civilisation orpheline », regard sur les origines des sociétés africaines de notre temps.

    Depuis 2012, ses œuvres sont inscrites à la Bibliothèque du Congrès Américain (National Library), à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) et à la bibliothèque de l’université de Frankfurt en Allemagne.
    Voyage entre Ciel et Terre, roman qui revient sur l’immigration « dite » clandestine des Africains vers l’Europe, a servi et sert encore de référence pour les travaux sur l’immigration africaine, menés par des universités de son pays et d’ailleurs.

    En 2011, le moteur de recherche Wiktionnaire s’inspire de ses textes pour enrichir l’acception du verbe « s’adapter », prit dans Voyage entre Ciel et Terre.


    CONTACTS DE L’AUTEUR


    – B.P. 35034

    – Téléphone : 00237 677634821

    – E-mail : Gregory0309@yahoo.fr


    POINTS DE VENTE DES PRODUITS DE l’AUTEUR

    – Siège des éditions L’Harmattan/Cameroun (au quartier Tsinga/Yaoundé 2) et son site internet www.L’Harmattan.com
    – NGUEDI J.M. Editions (Nouvelle route Bastos)




  • « Le bal des sept collines » de Grégoire NGUEDI en dédicace à la Fondation Tandeng Muna de Yaoundé : Expérience de lecture de Pauline ONGONO

    Mesdames et messieurs, soyez les bienvenus au bal des sept collines, cette piste de 148 pages qui a paru chez L’Harmattan Cameroun en 2023.

    Grégoire NGUEDI, l’auteur du roman « Le bal des sept collines », qui nous a réunis le 29 novembre 2024 à la Fondation Tandeng Muna, était déjà l’auteur de cinq romans ; une fièvre d’écrivain qui a fait exploser le thermomètre en 2010, avec son premier roman intitulé « La destinée de Baliama ».

    « Ignorants que vous êtes (…) le cameroun ne remportera jamais la Coupe d’Afrique des Nations à domicile, que ce soit dans le nouveau stade d’Olembé ou dans le grand stade qui jusqu’à ce jour, souffre d’avoir un nom variant. Des fois, on l’appelle stade de Mfandena ou stade Omnisport, d’autres fois, c’est le stade Ahmadou Ahidjo, encore d’autres fois, c’est le stade Paul Biya. Quel est finalement le nom de ce stade ? » P.16

    Lewis-Henry, le personnage principal de ce roman, était stupéfait lorsqu’il entendît cette phrase, cette nuit-là, alors que le Cameroun, et Yaoundé en particulier, était excité à l’idée d’organiser la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Et comment ne pas être pris de stupeur, quand une telle affirmation était lancée là, au Bar des champions, cet espace de réjouissance implanté face au stade sans nom fixe et dans lequel l’effervescence de la Coupe d’Afrique des Nations à venir était particulière ? Comment ne pas l’être, quand celle-ci était dite par cette vieille femme, Iwam Minga, cette centenaire dans son expression française soutenue, cette femme que la vie avait rendue acariâtre, cette femme qui était en colère contre tous, cette femme qui réclamait justice à la suite de son père, pour sa famille, depuis des décennies ? Comment ne pas l’être quand chaque férue de football espérait que la coupe porte le nom du Cameroun afin de laver la honte de l’édition de 1972 ?


    Ce soir-là, Lewis-Henry, jeune et bel homme, ne voulait que deux choses à son arrivée au Bar des champions : se saouler la gueule et convaincre une belle de partager sa nuit. Il était le mouton noir de sa famille et avait l’impression qu’il n’était à sa place nulle part. Il repéra une belle, mais avait l’impression d’essayer d’attraper un silure. Les minutes qui passèrent lui donnèrent l’impression que les énergies réunies n’étaient pas d’humeur à la rigolade. Iwam Minga confirma ses appréhensions assez vite : le stade sans nom fixe est sous le joug d’une malédiction ancestrale et le pays n’y remportera jamais une competition majeure, sauf réparation. Cette déclaration et l’explication des faits que vous lirez de la page 16 à la page 24, troublera Lewis-Henry au plus haut point. Il décide d’en savoir plus le lendemain.

    Le lendemain, malheureusement, il ne retrouve pas Iwam Minga ; heureusement, il revoit son silure de la veille, sa belle à la « cambrure insolente », comme vous le lirez à la page 13.
    Sa Belle s’appelle Afiri Amvoue, elle est doctorante en histoire et ses travaux l’obligent à étudier l’histoire de Yaoundé, obligation qui l’a conduite à côtoyer Iwam Minga.

    Par la force de la conspiration et l’espièglerie de la vieille femme, les destins de Lewis-Henry et de sa Belle seront scellés. Leur amitié va peu à peu se construire et attiser l’intérêt des parents de Lewis-Henry, lui qui n’avait toujours comme amies que des filles à la tête vide.

    Au-delà des recherches académiques d’Afiri, ils vont se lancer à la quête de la vérité sur le courroux d’Iwam Minga ; d’autant plus que l’organisation de la CAN 2019 avait été effectivement reportée et que des menaces d’annulation planait comme de milliers d’épées de Damoclès.



    Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on appelle la capitale politique « Ongola » ? Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on l’appelle « La ville aux sept collines », quand on sait qu’elle en compte plus de sept ? Connaissez-vous l’histoire des noms de ses quartiers ? Connaissez-vous la provenance du nom « Yaoundé » ? Rassurez-vous, ces mêmes questions, notre couple d’enquêteurs les avaient à bout de cervelle.


    Aidés de la documentation en leur possession, ils entameront leur enquête au quartier Briqueterie, lieu d’habitation de Afiri, où se mêlent grande pauvreté et grande richesse, où le « vivre ensemble », tant clamé aujourd’hui, est un mode de vie. « Dans ce quartier, tout le monde jonglait entre les différents patois ou langues ; ainsi, on passait souvent et sans transition du bamoun à l’ewondo, du Wolof au Haoussa (…) Le vivre ensemble était une réalité. », lira-t-on à la page 83.

    Du quartier dit Mvolyé à Olembe, ils n’auront de cesse d’être étonnés face aux révélations des Anciens. Yaoundé prendra une autre couleur à leurs yeux et des évidences de diversités selon les quartiers seront comme des lumières au bout de leurs nez. Leurs esprits seront éclairés sur les combats des pionniers de la cité politique comme TSOUNG MBALLA ou encore OMGBWA BISSOGO ; sur le nom originel de Yaoundé que vous découvrirez à la page 47 ; sur la véritable influence de la colonisation dans le changement des dénominations ; sur la chronologie des constructions des premiers édifices majeurs ; sur l’attribution des noms de quartiers ; sur le pourquoi « Ongola » – qui signifie en français la barrière ou la clôture – dont vous lirez la symbolique à la page 64 ; et la liste n’est pas exhaustive. Mesdames et messieurs, Je meurs d’envie de vous révéler toutes ces belles découvertes que j’ai faites en lisant « Le bal  des sept collines », mais alors, le bal s’arrêtera là… La lecture vous en dira donc plus.

    L’amour, les guerres tribales, la colonisation, la tradition, l’abus de pouvoir… sont autant de thèmes exposés dans les 21 chapitres de ce roman. Mais surtout, l’auteur met en exergue la déculturation chronique qui anime les populations de la cité politique et même du Cameroun en général. Car, en réalité, Iwan Minga n’en avait cure du football, elle désespérait de voir des jeunes qui s’intéressent à leur passé, pour mieux appréhender le présent.

    Lire ce roman rend son lecteur privilégié. Privilégié d’apprendre des notions enseignées dans aucun livre d’histoire scolaire.


    Loin du formalisme des essais, l’auteur nous a offert deux personnages jeunes, deux personnages prêts à être ce Fer de lance de la nation, des jeunes qui comprennent que connaitre son histoire est le commencement de la vraie vie, pour paraphraser l’auteur. D’ailleurs, le nom ewondo Afiri Amwoue qui signifie littéralement « l’amitié de confiance / l’amitié sûre », caractérise bien la jeune dame qui ne ménage aucun effort pour instaurer confiance et assurance auprès de Lewis-Henry, au cours de leurs enquêtes à travers les sept collines.


    Lewis-Henry, autrefois fier de ce prénom d’anthropologue célèbre, qui lui donnait une certaine importance, lui, l’enfant des beaux quartiers, a désormais honte de le porter, même si ses origines à lui sont à des centaines de kilomètres de Yaoundé. Il se sent un autre homme, il se sent utile, il se sent désormais réellement porteur de la mission de reconciliation d’Iwan Minga et porte parole auprès des jeunes, pour qu’ils s’imprègnent de leur histoire et soient plus respectueux des éléments qui les entourent.

    Nous ne pouvons que saluer le travail de recherche de l’auteur et le glossaire qu’il a offert tout au long du roman, permettant ainsi de rendre à la littérature son authenticité, sa diversité, son ouverture au champ des possibles des lecteurs. Et puisque « Qui dit merci en redemande », nous espérons, à travers ses prochains livres, en apprendre des autres villes.


    Pour arriver à ce changement chez Lewis-Henry, la femme joue un très grand rôle. La vieille Iwam Minga qui le choisit malgré lui pour participer à cette mission, sa mère qui resserre ses liens avec Afiri, qui, elle-même, le pousse dans tous ses retranchements en faisant éclore en lui le fils que la société attendait. On a l’habitude de dire que « La femme est la mère de l’humanité » : il ne s’agit donc pas seulement de maternité, mais de grandes influences et grandes décisions dans le monde, depuis la nuit des temps.

    La page 18 nous dit : « Pour construire votre présent et rêver d’un avenir digne, faites, de temps en temps, un tour dans le passé et essayez de le comprendre. » Mesdames et messieurs, acheter ce livre constituera, j’en suis sûre, l’un des meilleurs investissements que vous ferez cette fin d’année, car la culture n’a pas de prix ; encore plus en ce siècle qui va vite, trop vite.

    L’auteur a pensé à tous les publics. Pour les plus jeunes – et même les adultes, une bande dessinée de 53 pages découlant du livre est disponible : « Le trésor des sept collines » ; pour apporter des éléments qui ne figurent pas dans le livre, il a produit une frise chronologique de la ville ; et pour resserrer les liens familiaux ou amicaux, un jeu de société portant le nom originel de Yaoundé. Il s’agit donc d’un projet dynamique d’apprentissage par le loisir. Et ça tombe bien, les fêtes de fin d’année approchent, achetez des exemplaires auprès de toutes les librairies L’Harmattan et offrez-les à vos proches, car la lecture de  ce livre délivre.

    Pauline ONGONO



  • Read ME !!!  –  AKOMAYA, un destin pour deux hommes, le nouveau livre du Gabonais Daniel MENIE BENGONE

    Le mot « akomaya » vient du verbe fang « a kom » qui signifie « façonner ». L’akomaya est une « chose » qui façonne le destin des hommes. Celui qui la possède devient généralement riche, très riche. Tel est le cas de Tsira BEYEME, l’un des personnages de ce roman. Ce dernier, à l’approche de sa mort, confie son akomaya à Akoma, son fils. Comme son père, il est destiné à être un homme important, grâce à l’« akomaya ». Mais il n’en est pas le destinataire final. Au moment venu, il devra transmettre cette « chose » à son jeune frère, conformément au vœu de son père…


    Ce récit qui se déroule dans un pays africain imaginaire, met en lumière deux voies vers la réussite, régulièrement opposées : la voie mystique et la voie académique. En prenant pour prétexte d’écrire sur « l’akomaya », Daniel MENIE BENGONE, au fil du texte, nous livre une prose sur des sujets universels : l’amour, le mariage, la mort, la jalousie ou la politique.
    Ecrit dans un style classique et simple, ce roman sera parfaitement lu et compris par des adolescents. Les passionnés de culture africaine y découvriront de nombreux proverbes.

    Daniel MENIE BENGONE est Magistrat et déjà l’auteur d’un essai qui aborde un chapitre du contentieux administratif gabonais : Le recours en déclaration d’inexistence devant les juridictions administratives gabonaises. Il a paru à Dakar, chez L’Harmattan, en 2019. Il nous invite aujourd’hui à lire son premier roman de 158 pages : « AKOMAYA, un destin pour deux hommes », qui a paru chez L’Harmattan en septembre 2024 et qui a bénéficié d’une préface d’Antier ONDO.


    Ce roman est vendu à 17 euros et 13.000 FCFA.

    Il est disponible à ces points :

    • FNAC
    • Amazon
    • Librairies L’Harmattan France et Afrique
    • Libreville
      ✓ la Maison de la Presse (vendu ici à 17.000 FCFA)
      ✓ la Librairie de l’Université Omar Bongo
      ✓ la Librairie papeterie le Savoir (Rond Point de Nzeng Ayong).



  • Il a été lu : Les hommes maudits de Pierre Sonore DJIOGUE

    Avec une plume qui s’arrête sur chaque détail pour apporter pleine exploration des contextes au lecteur, Pierre Sonore DJIOGUE invite à une lecture ouverte et décomplexée. Les évènements suivent leur cours sans lourdeur et se succèdent dans le naturel de leur condition. Bien concentré sur le paysage de son roman, l’auteur ne s’encombre pas de formules qui pourraient distraire le lecteur, car il tient à ce que ce dernier en tire le maximum de plaisir possible.

    La note complète ⤵️




  • BIOLITT… Nicole Bouquet MBALLA, auteure camerounaise

    Nicole Bouquet Mballa est née  en Allemagne  de parents  camerounais.  Après des études en Sciences et techniques de la communication et de journalisme en France et au Japon, elle collabore à Forbes Magazine, Daily Yomiuri Japan  et  au magazine panafricain Amina dont elle sera la correspondante en Asie, en Californie et au Congo. Membre de l’association panafricaine des journalistes, elle est également critique littéraire et préfacière.

    Elle est l’auteure de deux recueils de poèmes : Les Etoiles Une à Une ; L’Etoile est ma demeure, qui lui a valu en 2023, le Prix Tchicaya U’TAMSI de poésie ;  et d’un roman, Les calebasses brisées publié aux Editions L’harmattan, prix Tchikounda  2016. Elle a également collaboré à deux ouvrages collectifs.

    Titulaire d’un MBA de l’école de commerce de Paris, elle travaille comme Directrice commerciale dans une entreprise.




  • BIOLITT : NDAM BENDIA Aminatou, auteure camerounaise

    Aminatou NDAM BENDIA est originaire de l’Ouest-Cameroun, plus précisément du Noun. C’est une passionnée de lecture, une jeune femme plus émue par le choix des mots employés par une personne que par ses expressions faciales ou par le message transmis.

    Elle décide d’assumer la littérature au lycée Bilingue de Bertoua (2014 – 2017). Et pour continuer dans cette même lancée, elle opta pour une licence en Lettres Bilingues à l’Université de Yaoundé I (2017-2020).
    Grâce à cette nouvelle proximité avec les langues, elle a enfin décidé de se jeter corps et âme dans l’écriture, sans plus demeurer une simple lectrice.

    Elle commence par des textes poétiques. Elle les garde secret. Et toujours dans le but d’avoir un peu plus de maîtrise dans le domaine de l’écriture, elle débute une formation en secrétariat bureautique (2022-2023).

    Ayant vécu à l’Ouest, à l’Est, au Sud et au Centre du Cameroun, elle est imprégnée de différentes cultures qui attiraient son attention plus que tout. Ce mélange culturel et leurs réalités diverses lui soufflèrent l’idée d’écrire son premier roman.

    Son premier roman, « Réalités épineuses », a été accepté par la maison d’édition Eclosion lors de la deuxième édition du prix littéraire OSÚ. « Réalités épineuses » remporte le troisième prix spécial, catégorie roman.