Catégorie : Roman

  • Danielle EYANGO : Quand les racines chantent – Dédicace au Goethe-Institut Kamerun

    En rentrant d’Azem il y a quelques jours, Assu Zo’o Albert Thierry Nkili Abou nous montre, au cœur d’Ebolowa, un arbre centenaire planté par son grand-père, le puissant Kéza Evina Minko… Un arbre debout sur ses racines, et surtout debout sur un rocher… Une voix me dit : « Voilà ce qui vous attend… Aucune gloire n’aura meilleur visage »…

    Jasmine Yondo, tu as vu de ta nuit la splendeur de Yaoundé, comme elle t’a été promise… Nyambé lui-même a fait dérouler le tapis vert pour ta commise qui, en ton nom, s’est parée de Nuit pour s’offrir à ta communauté… Parce que c’est ta communauté… N’est-ce pas… Et qu’elle était immense la petite salle du Goethe-Institut, quelle était fière et conviviale…

    J’aimerais dire ce que ACOLITT et Ghosts Universe – Vers le livre de qualité produisent comme énergie pour aligner les planètes… J’ai bien envie de conter leurs insomnies, leurs tourments, leurs interminables échanges et observations pour améliorer la condition du Livre… Oui, je veux exposer combien Danielle s’abandonne à la Nature pour produire ses textes… Dois-je rappeler combien Mme Josée Ambadiang Meli, mon Iyo à moi, nous a offert une performance d’expérience littéraire d’une autre dimension… Ma critique préférée a su accroître, encore, ma préférence d’elle… Et Bernard Bekoa, quelle émotion dans un slam qu’on sent inspire par Kotto Bass en personne… Et les ventes, faut-il rappeler que le coût du livre n’est jamais élevé pour ses lecteurs… 12.500FCFA… et les commandes s’accumulent…

    Tout cela, le Temps ne le sait que trop bien…

    Alors nous saluons la vraie passion, celle qui fait vivre le livre par une présence qui toujours nous surprend… Ces étudiants de l’ESSTIC, stagiaires chez l’éditeur Thanks, Les autres, de l’Université de Yaoundé 1… Les Professeurs qui, eux aussi, ont partagé leurs perspectives et expériences… Les ministères représentés… Les personnalités administratives… Les journalistes culturels… Le pôle littéraire… Les analystes littéraires… Les éditeurs… Et… les écrivains et autres artistes, venus nombreux vivre cet autre nkumbé de la maudite…

    La gloire est un nombre… Oui, un nombre infini de passionnés… La marche continue…

    Et il fit Nuit…

    ACOLITT, pour une littérature dynamique !

    📌 Vous souhaitez notre apport dans la communication autour de votre événement littéraire ou l’organisation de votre événement littéraire ?

    Contacts :
    +237690195126 / acolitterature@gmail.com




  • Les 5 questions à… Ève GUERRA, écrivaine française

    Ève GUERRA grandit au Congo et le fuit pendant la guerre civile. Elle est à ce jour enseignante de français, de latin et de grec ancien. Elle est chroniqueuse pour le magazine Lire et auteure de deux livres : un recueil de poésie, Corps profonds ; et un roman, Rapatriement.



    Ève GUERRA, vous êtes le Goncourt du premier roman 2024. Notre équipe vous adresse ses chaleureuses félicitations. En tant qu’auteure, que signifie ce prix pour votre future bibliographie ?

    Le Prix Goncourt permet surtout aux jeunes auteurs de se faire connaître par un plus large public en France et à l’étranger. Je suis toujours étonnée de recevoir les mots des lecteurs qui se sont procuré le livre à Athènes, à Lisbonne ou Pennsylvanie. Surtout, ce prix m’a permis d’obtenir des traductions en Amérique latine et dans quelques pays d’Europe. C’était une belle opportunité.

    Rapatriement est votre premier roman, celui-là même qui fait de vous le Goncourt du premier roman, un livre sous fond d’autobiographie qui a paru chez Grasset. Que ressent la petite Eve Guerra d’hier, vu le chemin que trace ce roman ?


    Ce roman n’est pas une autobiographie. Il s’agit bel et bien d’une fiction inspirée de faits personnels, qui ont été pour beaucoup modifiés afin de servir l’intérêt de l’intrigue. Par ailleurs, Annabella est un personnage dont la personnalité, à la fois idéaliste et burlesque, est très éloignée de la mienne. Plus qu’un roman, c’est un travail sur la langue qui brouille les frontières entre prose et poésie, entre discours et fiction. La frontière entre narration (description des sentiments et des lieux) et propos rapportés (les dialogues) est volontairement confuse, pour nous plonger dans un perpétuel monologue intérieur.

    Rapatriement est-il un pont intimiste entre vos lecteurs et vous ?

    Proust écrit que les livres sont des instruments de la pensée. En cela, ils nous permettent de rendre intelligibles le monde en offrant des clés d’interprétation. J’ai écrit ce livre pour comprendre comment il était possible d’aimer un homme dont l’héritage est contestable, comment il était possible de lire des livres toute la journée et ne pas être touchée sensiblement par les œuvres littéraires que l’on lit, parce qu’on n’instrumentalise pas la littérature et que l’on ne cherche pas à avoir une connaissance intime et sensible des œuvres. Les œuvres littéraires ne sont pas des témoignages.

    Vous y mettez en exergue les relations enfants-parents, les guerres, l’expatriation, les secrets de famille, les difficultés de rapatriement des dépouilles – notamment celle du père de la narratrice… On y voit Lyon, le Cameroun, le Gabon et le Congo-Brazzaville. Vous y conduisez vos lecteurs, à la recherche des souvenirs de votre famille, de la vérité sur la mort du père de la narratrice. Quel a été votre procédé d’écriture ? Vos investigations sur le terrain pour écrire ce livre ?


    Je ne commence l’écriture d’un livre que si un problème fondamental se pose à ma conscience et à ma raison. Une fois que cette question revient, je lis des œuvres littéraires qui traitent de la question. L’écriture d’un livre naît d’une curiosité. Une fois que les premiers mots sont écrits, la suite de l’écriture est un mystère capricieux. Depuis quelque temps, je commence à apprendre la discipline et j’aime à me retrouver tous les matins devant mon manuscrit.

    Quelle leçon l’écriture de Rapatriement vous a-t-elle donnée ?

    L’écriture de Rapatriement m’a appris que le texte est souvent plus intelligent que celui qui l’écrit.

    BONUS : Après un recueil de poésie et un roman primé par l’Académie Goncourt, quels sont les cinq (05) conseils de Eve GUERRA aux jeunes auteurs en herbe ?


    – Je vous conseille de lire beaucoup (tous les auteurs, de tous les pays, de tous les siècles).
    – Je vous conseille de rester humbles, parce que l’écriture est une divinité capricieuse qui peut vous jouer des tours et reprendre toutes les grâces qu’elle vous a accordées.
    – Je vous conseille de toujours travailler.
    – Je vous conseille de rester curieux.
    – Je vous conseille de souvent douter, cela vous poussera à toujours donner le meilleur de vous-mêmes.

    Eve GUERRA, merci votre disponibilité.


    Je vous remercie pour l’intérêt porté à Rapatriement.

    Propos recueillis par

    Pauline ONGONO