Ancienne élève de l’École normale supérieure de Yaoundé et professeure des lycées d’enseignement général, Anicette Bilé Sembo Auteure , née à Sangmelima (Cameroun), est titulaire d’un doctorat en langue, littérature et civilisation françaises obtenu à l’Université Paris III – Sorbonne Nouvelle
Elle a participé à des ouvrages collectifs, travaillé comme professeure de français au Lycée Charles de Gaulle et comme Maître assistant de littérature française à l’Université De Bangui et à l’École Normale Supérieure de Bangui.
De retour au Cameroun depuis quelques années après une installation écourtée en Centrafrique, elle enseigne au Lycée français Fustel de Coulanges – Officiel à Yaoundé.
Sa réflexion est marquée par les rencontres, la découverte de l’autre et les rapports qui en découlent.
« Almoyan » est son premier roman. Il coûte 5000 FCFA et est disponible :
📌 A YAOUNDÉ
Librairie des Peuples Noirs (montée SNI)
Éditions Ifrikiya (nouvelle route Nkolbisson)
📌 A AMBAM L’Escapade de la Vallée (face hôtel de ville)
📌 A EBOLOWA Nulle part ailleurs (près du lac municipal)
La ANLU bibliothèque est un lieu d’empowerment et d’engagement dans le quartier qui offre un accès exclusif à plus de 1000 livres africains. C’est un projet de l’association Initiative de Changement de Perspective (ICP).
Les ouvrages contenus dans la Bibliothèque ANLU traitent des sujets sur : La philosophie ; La religion ; Les sciences sociales ; Les langues ; L’art ; L’histoire et la géographie de l’Afrique et du Cameroun en particulier ; Les biographies ; Les contes ; Les romans pour enfants et adultes.
Pour l’initiation des jeunes à lecture, nous avons une série de bandes dessinées. Accompagnement scolaire. Les manuels scolaires pour toutes les classes d’examen sont mis à la disposition des élèves.
En plus d’une documentation riche et variée, la ANLU Bibliothèque offre à son public : Des activités extra-scolaires à savoir : L’atelier sur la citoyenneté ; L’atelier sur la découverte du Cameroun : son histoire, ses ressources naturelles, ses procédés d’exploitation et de transformation ; L’atelier sur le dessin, de coloriage et de modélisation; L’atelier de conte ; L’atelier de lecture ; Des rencontres et échanges avec des auteur(e)s Africain(e)s; des puzzles éducatifs et thématiques. Notre mission est d’initier et de cultiver notre public À la littérature africaine ; À la découverte du Cameroun et ses ressources naturelles.
La Anlu bibliothèque est située à Douala au quartier Oyack, non loin du lieu-dit Carrefour Nyango.
L’accès à la bibliothèque est libre et gratuite. Horaires : Lundi à vendredi : 14h – 21h / Samedi et dimanche : 11h – 19h Contacts : +237 652-077-445 / i.changement2perspective@gmail.com
Il est question, dans ce livre, d’une enquête sur trois individus de la rue, enquête menée par Joël Nima, chômeur-débrouilllard qui s’érige en journaliste – de façon quelque peu accidentelle – à la connaissance des destins misérables des garçons de ladite bande, sans se douter que cette aventure nouvelle pour lui alors, et dans laquelle il a mis – sans le vouloir – tout son cœur, donnera un joli coup de pouce à son projet de reportage jadis rejeté par l’état, car beaucoup trop abstrait, lui a fait comprendre la Directice Générale des Projets de Grande Envergure.
D’entrée de jeu, j’ai trouvé le roman sérieux, comme je l’ai dit dans un commentaire récent. Et sérieux, pour moi, c’est le travail de la phrase : son élégance, sa tournure, le choix des mots, leur justesse, leur euphonie… Et généralement, au mordu de lecture, au véritable lecteur je veux dire, il ne faut pas plus d’une page pour juger le dégré d’implication de l’auteur dans son texte ; car le recours a la facilité, les supercheries heureuses, les clowneries de langage, sont toujours aussi visibles comme une girafe au milieu d’une troupe de moutons. Mais Anicette Bilé Sembo, elle, cherche l’art et la manière, jusqu’à en avoir le style maniéré. Elle va à l’essentiel, s’autorise très peu la digression (en tant qu’écrivain, je suis tenté de le lui reprocher, même si, il faut le dire : ce n’est pas l’affaire de tout le monde), et donne, au travers des introspections du narrateur Joël Nima, une grande liberté interprétative sur ce qui va se passer ou sur ce qui a déjà eu lieu. Et cela a été pour moi l’élément le plus intéressant du roman, puisqu’on a l’impression qu’on l’écrit en même temps qu’on le lit, ce qui fait croire à une écriture naturelle, rien de farfelu ou d’alambiqué donc, du point de vue des événements, en ce qui me concerne.
Maintenant, je vais m’attarder sur la description.
Dans ce roman qui se passe dans la rue, je n’ai, en toute sincérité, pas vraiment senti la rue : les rigoles, les déchets ; ni même le type d’accoûtrement que portaient Almoyan, Jeffe et Clarke. Pour Almoyan, je sais juste de lui qu’il est volubile, qu’il n’aime pas être interrompu ; et des deux autres, qu’ils semblent se situer entre douze et quatorze ans, et que l’un d’eux est bègue, ce qui m’a donné m’a donné l’impression d’avancer avec de simples prénoms, plutôt que de véritables personnages reconnaissables entre mille -du moins, dans la fiction romanesque-, puisque je ne suis, à aucun moment, parvenu à me les figurer, même si la description, nous le savons tous, n’est pas le seul moyen de rendre un personnage unique. J’y reviendrai.
La description de l’émotion n’a pas été dosée par moment comme il le fallait, à ma lecture.
Exemples : P27 où la tante de Joël le traite de chômeur : « Je me rappelle que cela m’avait choqué au plus haut point. Mais comme c’était la sœur unique de mon defunt père, j’ai quitté le salon sans mot dire, mais le cœur chargé de larmes.» superbe personnification pour montrer la blessure intérieure, mais qui, malgré sa belle envolée lyrique, ne touche pas comme ça l’aurait pu avec plus d’insitance.
P35 où Almoyan raconte son histoire : « Almoyan raconte son histoire et, on a l’impression que sa voix s’éteint. » Almoyan doit beaucoup souffrir, vu l’expression faciale avec laquelle il parle de son vécu. J’aurais aimé voir une interprétation de cette voix qui s’éteint. Sans ça, la poids de son vécu semble banal, léger, voir insignifiant.
P50 où Joël Nima veut partir, agacé par Almoyan : « Je m’apprête à me lever et à remballer mon dictaphone lorsqu’Almoyan me saisit par le bras. Il y a dans ses yeux un voile de tristesse. Lorsque j’y repense, je me dis que c’est ça qu’on appelle l’humain. Difficile à définir, mais je suis convaincu d’avoir vu l’humain dans ce regard calme.» Almoyan est triste, c’est une certitude. Mais je trouve ses émotions bafouées du revers de la main, ou du moins, plus voilées qu’elles ne le sont déjà.
Il y a aussi cette comparaison de la P108 : « La désagréable vérité me menace comme le bout d’un fouet.» Je ne l’ai pas aimée, car il est clair que les deux réalités ne dégagent pas la même puissance pour être jugées analogues. Le fouet menace : c’est la peur d’une douleur passagère. La désagréable vérité menace : c’est la peur d’un regret qui peut durer toute la vie. Je trouve ainsi une grosse dissonance entre les deux.
En lisant Almoyan, on se rend très vite compte du « sentiment paradoxal confiance-méfiance » de Joël Nima vis-à-vis de la bande, ce qui peut le rendre tendre et affectueux à certains moments, et puis, à d’autres, fou et fin connaisseur de la loi, à cause d’un détail négligeable ou d’une idée toute faite. Donc ses humeurs ne sont pas stables, soit. Cependant, quand notre reporter fait ses crises à Almoyan, tout en lui rappelant que la place de ces enfants n’est pas dans la rue, ou même dans de simples échanges, le langage est beaucoup trop soutenu, donnant lieu à de la condescendance (plutôt que de la l’empathie vis-à-vis de la condition d’Almoyan), et à un sentiment d’héroïsme à l’endroit de Jeff et de Clarke. Et là, on rentre dans le triangle de Karpman (persécuteur-victime-sauveur). Joël Nima veut nous faire croire, par ses suppositions du début, qu’il est superman, et que le pauvre Almoyan est le bourreau de ces pauvres enfants, lui qui, pauvre vendeur de fruits seulement, n’a fait que sacrifier une partie de sa vie pour s’occuper des enfants en pleine fugue.
Le défaut le plus patent que je trouve chez Almoyan, c’est qu’il veut faire preuve lui aussi de pédantisme, comme ses études d’anthologie le lui permettent, bien que j’aie l’impression que c’est plus pour se mettre sur le même piédestal que Joël Nima. En tout cas, ça ne l’excuse pas.
En parlant de s’occuper de beaucoup d’enfants refugiés Derrière les collines, de quoi se nourrissaient-ils ? Que cultivait le vieux ? Parce que faire dire à Almoyan « tout ce qui se mange », c’est un peu trop facile, Mme Sembo. Aussi, je n’ai pas grande idée de l’endroit « Derrière les collines ». Combien d’enfants regorgeait cet endroit ? Les enfants réussissaient-ils à manger tous les jours ? Avaient-ils bonne mine ? Encore une fois, c’est aisé pour Joël Nima de dire qu’ils « formaient une famille », juste parce qu’on lui a reservé un accueil chaleureux. Et là, subitement, l’apprenti juriste s’est éteint. Il a perdu de son objectivité. Une objectivité qui, au fil de l’histoire, revient çà et là d’un coup de tête, ou à cause d’un soupçon tout bête, comme j’ai dit plus haut.
Et puis, le vieux qui a donné le fond de commerce à Almoyan, pourquoi ne lui a-t-il pas donné plutôt des produits à vendre ? Ça aurait évité de se poser la question d’où il l’a pris, cet argent, puisqu’on ne sait pas exactement ce qu’il cultive, ni si il vend ces produits. Et qu’est-ce qui explique qu’il n’ait pas la main dure comme les cultivateurs ? Est-ce lui qui cultive encore malgré son vieil âge pour nourrir des enfants qu’il ne connaît pas, ou qu’il se plaît juste à les voir former une « famille » ? Un code sans suite.
La voix
Je crois tout de même que, pour plus de crédibilité des personnages, l’auteure aurait dû attribuer à chaque personnage, une façon unique de parler. Là, j’ai l’impression que tout le monde est super intelligent, du moins, dans la façon de s’exprimer. Un langage très raffiné, des inversions sujet-verbe. Cela donne parfois à penser que c’est la même personne qui parle. Pourtant, chacun a une histoire. D’ailleurs, le fait de cotôyer tout le temps des enfants de la rue, analphabète pour la plupart, aurait dû biaiser un tant soit peu cette élégance dans leur façon de parler, s’il en eût eu. Et dans cette même lancée, je trouve Almoyan mièvre par moment dans ses répliques. Je ne sais pas si c’est voulu de la part de l’écrivaine, ou juste pour montrer qu’il tient à la compagnie de Joël Nima, mais cela l’a plutôt rendu servile et idiot à mon sens ; car il est utilisé, et ne bénéficie de pas de grand chose, sinon que de « la viande grillée ».
Certaines choses sont dites plutôt que d’être montrées
Par exemple le commerçant qui a « fini par ouvrir sa grande boutique » après avoir séjourné Derrière les collines, comment a-t-il fait ? Comment s’est-il débrouillé, sans inspirer aucun parmi ses « frères » ? Ça ne fait plus très famille tout ça, Mme Sembo.
Des prénoms qui n’aident aucunement à l’évolution de l’histoire
Monsieur Rim, monsieur Blaise, madame Dorette, monsieur Blaise, monsieur Micky, monsieur Paul, Justine, Souman, et même tante Ursule (qui m’aurait paru plus utile si sa relation avec Joël fût davantage développée). Ça fait là un paquet de gens qu’on ne connaît pas jusqu’à la dernière page, et qu’on a déjà oublié le lendemain de la lecture.
Les transitions
La fin de certains chapitres est abrupte, notamment le 3. Lorsque Joël Nima appuie sur le bouton : « ON » du dictaphone. Ça ne peut pas s’arrêter là et passer au chapitre suivant ! Les quatres astérix auraient été tolérables, mais ça, par contre, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à le digérer.
Introspections, oui, mais un peu trop
Joël Nima réfléchit beaucoup trop, et cela fige la narration à certains endroits. Les choses n’évoluent pas. Peu d’actions se produisent. De plus, ça vient flouter davantage les personnages qui eux ne sont pas si mis en avant dans les gestes ou dans les répliques. Je parle surtout des deux enfants qui sont la plupart du temps mentionnés à deux. Ce qui à la longue ne différencie pas l’un de l’autre, en dehors du fait que Clarke est bègue.
Voilà.
En somme, Almoyan est un roman soucieux non seulement de la réalité, mais aussi des lettres. C’est ce genre de roman qui est à la hauteur des attentes, ce genre de livre qu’on ne trouve presque plus dans notre milieu littéraire, puisque l’ostentation et la soif de gloire sans respect de l’art, sont visiblement entrain de prendre le large. Mais bon, sourions car des auteures comme Anicette Bilé Sembo Auteure nous montrent qu’il est encore possible de trouver dans le lot, des œuvres d’un travail fort admirable. Lisez-le, vous en aurez pour vos sous ; Almoyan est bien ficelé, et donne tant bien que mal à la littérature le respect qu’elle mérite.
Marie Nicaise EBANGA est née le 26 Juin 1990 à Elat-minkom, dans le département de la Mefou et Afamba, dans la région du Centre Cameroun. Elle a une licence en philosophie et est actuellement employée dans une entreprise de la place comme Responsable marketing et communication digitale.
Elle débute dans l’écriture au secondaire, en classe de terminale, où elle écrit sa première production littéraire, une nouvelle intitulée « Confession ». Ce premier jet nourrira son engouement littéraire et la stimulera à rédiger son tout premier roman.
« Les fantômes du passé », son premier roman, est un ouvrage inspiré de la guerre fratrici*de qui a eu lieu dans l’Extrême-nord Cameroun. C’est un ouvrage qui nous replonge dans les hørribles événements qui ont animé le quotidien de nos frères et sœurs touchés de près par cette guerre.
« Les fantômes du passé » traite des sévices sexuels, physiques et psychologiques que les victimes de cette gu*erre ont subi. Mais au-delà de toute cette misère, ce roman fait ressortir les valeurs de l’amour, du pardon et du vivre-ensemble. Il a remporté le troisième prix dans la catégorie « roman », lors de la deuxième édition du prix de création littéraire OSÚ (2022).
Ernestine Nadia MBAKOU est née et a grandi à Douala au Cameroun. Elle est titulaire d’un Master 2 in Health Economics, Policy and Management obtenu à Catholic University of Cameroon-Bamenda, et d’un Master 1 en administration des établissements de santé obtenu à l’école de droit en France.
Elle est également infirmière, profession qu’elle a exercée pendant plusieurs années à l’hôpital régional de Bafoussam, à l’Ouest du Cameroun, et également enseignante d’économie de la santé dans plusieurs structures dans la ville de Bafoussam et à Mbouda. Elle fut marraine de la quinzième promotion de l’école des infirmiers diplômés d’Etat de la fondation Tchuente à Bafoussam. Très repliée sur elle-même après la perte de son père très jeune, elle se réfugie dans la lecture. Petit à petit, elle y trouve un réconfort et une envie forte de vivre dans ce monde virtuel.
Elle commence ses premiers manuscrits au collège et les déchire aussitôt. Elle s’invente des histoires qu’elle raconte à ses camarades et constate qu’ils aiment l’écouter. En 2017, elle se lance définitivement dans l’écriture et son premier roman Obsession est émis aux éditions proximité en Février 2018. C’est le début d’une longue série de romans qui ne s’arrête pas. Elle allie pratiquement tous les genres littéraires: Romance, paranormale, sorcellerie et Humour. Auteure prolifique aux multiples casquettes, elle a fait de la lutte contre la dépression son cheval de bataille. À travers sa plate forme numérique Facebook https://www.facebook.com/ernestinembakou
, elle mène un combat de maître contre toute forme de violence pouvant conduire à un état de dépression. La lutte contre la violence faite à la femme demeure dès lors un sujet sensible et une cause pour laquelle elle milite au quotidien.
Avec actuellement plus de 80 œuvres à son actif, elle vit en France où elle poursuit ses études à l’Université.
Sa page Facebook https://www.facebook.com/ernestinembakou
Originaire du Congo Brazzaville, Marie-Françoise Ibovi est née le 08 juin 1979 en Russie. Elle vit en France. C’est son père, journaliste, qui lui transmet le goût des livres en lui faisant passer plusieurs heures de lecture dans sa bibliothèque.
Son premier livre, « Rue des histoires », a reçu le Grand Prix des Arts et des Lettres du Président de la République du Congo en 2012.
Aujourd’hui spécialisée dans le polar, Marie-Françoise IBOVI a une bibliographie bien fournie et diversifiée :
– 2023 : « Le cadavre du fleuve », roman policier, Les Lettres Mouchetées
– 2022 : « La vérité à deux pieds », pièce de théâtre policière, Kemet Édition, 2022. « La disparue du lampadaire », roman policier, Edition Kemet
– 2021: « Mes rivales n’iront jamais au paradis », recueil de nouvelles, Edition Kemet
– 2015 : « C’est la sorcellerie Kindoki », pièce de théâtre, Editions L’Harmattan « Olessongo, l’enfant sørcier », ouvrage collectif, l’Harmattan « 60 ans de la littérature congolaise », ouvrage collectif, l’Harmattan
– 2014 : « L’imprudence », pièce de théâtre, l’Harmattan « Étonnant ! Kokamwa ! », recueil de nouvelles, l’Harmattan « Sirène des sables », anthologies de nouvelles, ouvrage collectif, l’Harmattan « Les z’expressions cocasses » , sketch autour des expressions françaises, Éditions Edilivre
– 2013 : « L’imprudence. Suivi de la fameuse liste », pièce de théâtre, Edilivre
– 2012 : « Rue des histoires », recueil de nouvelles, Edilivre
Marie-Françoise IBOVI a la plume toujours mouillée d’encre. Pour 2024, elle a deux projets littéraires prêts à être livrés :
– Une BD : « C’est la sorcellerie kindoki » avec Willy the Kid.
– Un roman policier : « Macha Kilaou, la majesTUEUSE », chez Les Lettres Mouchetées
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Jean NDJEWEL est un Camerounais né le 12 novembre 1961 à Kakak (Ndom). Après ses études primaires et secondaires, il choisit la vie religieuse et devient un prêtre de Jésus Christ le 12 mai 1992. C’est un fidei donum qui parcourt le monde pour l’Évangile jusqu’au 25 avril 2004, date de sa consécration épiscopale.
Jean NDJEWEL est didacticiel de l’Université d’été de Rennes 2 et docteur ethnothéologien de la faculté de théologie Saint Lin de wavre – Belgique. Il est le promoteur de la Christoculture.
En 2000, il devient le Père Fondateur de la Congrégation Missionnaire des Pères Stévennistes.
Jean NDJEWEL est aussi un homme de grande culture ; enseignant chevronné de français mais aussi de langue classique dont le latin qu’il distille souvent dans les grands séminaires.
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Bibiche KOUND est originaire de la région du littoral, résidant dans la ville de Douala au Cameroun. De père Banen et de mère Douala, elle est l’aînée d’une famille de plusieurs enfants. Très tôt passionnée de lettres en général et d’écriture en particulier, elle se met à écrire dès l’âge de 13 ans. Elle écrit des chansons mais tient également un journal intime.
En 2006, elle obtient son baccalauréat littéraire et fera des études de droit, de communication et de ressources humaines. Elle est titulaire d’un Master en gestion et riches de plusieurs autres formations.
Bibiche KOUND a tour à tour occupé les postes de responsable RH adjointe à Landlady, d’agent de numérisation à Émodoc pour PERENCO, et de conseillère commerciale à PCCI pour MTN.
Gestionnaire de formation, Bibiche KOUND est entrepreneure, conférencière, communicatrice et écrivaine engagée.
Auteure de deux livres, le premier intitulé Libre, un roman préfacé par le Pr Jean BAHEBECK, dans lequel elle parle de l’épineux problème de la santé mentale à travers des sujets tabous tels que : le viol, l’abus parental, le divorce, la dépression, pour ne citer que ceux-là ; le second, un roman intitulé L’Afrique en larmes qui a remporté le premier prix spécial roman au prix littéraire OSÙ en février 2023. Elle a récemment achevé l’écriture de deux autres livres dont un recueil de poèmes, qui paraitront très prochainement.
Passionnée d’écriture et de lecture, de cuisine et de musique, de natation et de voyage, de beauté et de l’être humain, Bibiche KOUND est une véritable passionnée dans l’âme. Cette femme dynamique, sociable et résiliente est l’heureuse maman d’une adorable fille. Consciente des ravages que cause la dépression en particulier ainsi que les maladies et troubles mentaux en général, elle a fait de la santé mentale son cheval de bataille. Elle accompagne les personnes à avoir une bonne santé mentale et à se libérer de leurs traumas.
Sa phrase fétiche: « Prenez soin de votre santé mentale »
Un livre traduit est un livre qui a plusieurs vies. ACOLITT l’a compris et s’applique, de manière naturelle, à traduire vos textes. Nous contacter : acolitterature@gmail.com
Activiste culturelle, militante féministe, chroniqueuse littéraire, enseignante, poète, scénariste et romancière, Lophline Yetgni Yambou – Line Kamite – est née le 03 décembre 1996 à Fotouni, une localité de Bandja dans le département du Haut-Nkam, région de l’ouest Cameroun.
Après des études secondaires sanctionnées par un baccalauréat scientifique en 2015 au lycée Nylon de Ndogpassi, un quartier populaire de la ville de Douala, elle rejoint la Faculté des Sciences de l’Université de Douala où elle obtient une licence en physique-chimie. Elle est diplômée en chimie des matériaux dans la même Université, depuis 2022. La même année, elle est première lauréate de l’initiative « SLAM SCIENCE » du Goethe-Institut Kamerun.
Line Kamite découvre – comme beaucoup de jeunes – la littérature à travers les bandes dessinées, les livres jeunesse et les œuvres inscrites au programme scolaire. Et si des dispositions naturelles l’orientent plutôt vers les filières scientifiques dans ses études, elle n’en demeure pas moins passionnée par la poésie en particulier et la littérature en général. Cette passion qui la tient dès la tendre enfance se matérialisera à l’adolescence par des bribes posées sur des feuilles volantes, et aboutira en octobre 2021, après quelques textes lâchés çà et là sur la toile, à un roman de 160 pages paru aux Editions Proximité : Ma passion perdue.
Il s’agit dans ce livre de Binta, une adolescente amoureuse de lettres et de philosophie dont le projet est d’y consacrer ses études, et plus tard, d’en faire son métier. Cependant, ses parents nourrissent d’autres projets pour la jeune fille qui, lasse d’essayer de les convaincre, va céder à leur volonté : l’inscrire en série scientifique pour, plus tard, exercer en médecine.
Ce texte est le récit d’une traversée de désert psychologique, émotive et même académique de la jeune Binta. En même temps, il est un plaidoyer – même si on ne saurait y voir une autobiographie – en faveur de la prise en compte des rêves d’une jeunesse qui veut s’accomplir par elle-même. Par la même occasion, Ma passion perdue pose le problème de ces parents qui espèrent s’accomplir à travers leurs enfants, et qui ne se rendent pas souvent compte du désespoir dans lequel ils les plongent.
Line Kamite – dont le mantra est « L’écriture guérit l’âme sans faire de bruit » – est de cette jeunesse déterminée, passionnée et désireuse de s’instruire et d’instruire. Cette jeunesse africaine consciente que les batailles qui l’attendent seront gagnées par les plus aguerris.
Découvrez son roman Ma passionperdue et ses lieux de vente ici
S’il y a un fléau dans le monde qui est traité en surface, c’est bien celui des violences conjugales. Les chiffres sont alarmants, mais aucune solution radicale n’est jusque-là adoptée. Les femmes meurent chaque jour moralement, psychologiquement, dans des foyers auxquels elles ont cru ou encore qui leur ont été imposés ; elles souffrent et s’éteignent longtemps avant de perdre la vie.
“Je m’appelle Ndam Raitou et j’ai 36 ans et j’ai tué mon mari, le commandant de Légion Bodo Emmanuel, le 18 janvier 2018 avec son arme, vers 12h, à son retour à la maison. Cela fait de moi une meurtrière ? Oui. Mais coupable ? non.(…)” P.59
« La dernière gifle » est une histoire vraie que l’autrice, Aude Priscylle TONLEU FOKOU, partage dans un récit de 86 pages paru en 2020 aux Editions de Midi.
Cette histoire tragique se passe au Cameroun dès l’année 2003, et est celle de Ndam Raitou, une jeune fille vite devenue l’ombre d’elle-même, qui ne demandait pourtant qu’à être heureuse et voir sa famille et son fiancé heureux. Deux ans après, son fiancé, Djitab, va être accusé injustement de vol. Seule solution pour qu’il ne croupisse pas en prison : Raitou le quitte et épouse le commandant de la brigade de Faldi, celle-là même dans laquelle est enfermé Djitab. Le pouvoir de l’amour est quelque chose d’inexplicable. Il nous amène à poser des actes qui meurtrissent notre âme en y laissant une jeune pousse de rose, si l’être aimé est sauf et heureux. Raitou va accepter cet échange. C’est alors le début d’un calvaire qui va durer 13 ans.
Avec une mère pauvre et malade, et surtout un cadet qui doit continuer ses études, elle est obligée de vivre son enfer, d’encaisser des coups, quelle que soit sa condition physique, pour que ces deux êtres ne manquent de rien, “Il devenait de plus en plus violent, depuis qu’il avait été nommé commandant de région, je recevais des coups presque tous les soirs.” P. 37
Tenez-vous prêts, il lui était interdit d’avoir des enfants. Tomber enceinte après des viols quotidiens était un affront. Alors, il s’appliquait encore plus à la frapper jusqu’à ce qu’elle perde non pas un ni deux mais sept enfants. Six grossesses dont une gémellaire, envolées ainsi. Vous pouvez imaginer le désarroi de cette femme ; mais l’amour pour son frère était là, il devait continuer ses études ; elle espérait sortir de cet enfer une fois celles-ci terminées, “Je devais me remettre très rapidement, car Alioum avait réussi à son baccalauréat en 2009 et devait venir chez nous (…) Mon commandant avait décidé de lui donner un avenir pour me séquestrer davantage, et il l’inscrivit dans une grande école d’architecture où la scolarité coutait plusieurs millions (…)” P. 40. Oui, elle n’avait pas le droit de l’appeler par son prénom et même, son état psychologique ne lui aurait peut-être pas permis une telle liberté, “Sur un ton irrité et grave comme s’adressant à un vulgaire employé, il me dit que c’était la dernière fois que je l’appelais Emmanuel, c’est ‘‘mon commandant’’ et que son petit déjeuner devait être servi au plus tard à 6 heures.” P.29
La technique que certaines femmes battues adoptent est celle de l’extrême obéissance; elles ne veulent qu’une seule chose, que cessent les coups et toutes les autres humiliations. Notre Raitou est passée par là, elle était prête à tout pour que “son commandant” devienne son époux ou tout au moins qu’il la considère comme un être humain. L’inconvénient ici est qu’en adoptant cette méthode, le bourreau prend plus d’autorité et s’il ne se prenait pas déjà pour tel, se prend pour le dieu de sa victime, “J’étais allée le voir dans la chambre, je lui demandai pardon pour avoir été têtue. Je lui ai dit que j’allais devenir la femme qu’il désirait, que je ne voulais plus d’enfant, j’allais bien prendre mes pilules, et si jamais je tombais enceinte, avant même qu’il ne se rende compte, j’allais me faire avorter.” P. 50
Toutefois, lorsque l’humilité, l’amour et la patience ne suffisent plus, elles prennent enfin conscience. Elles ressentent ce besoin de VIVRE, elles suffoquent presque de ce désir, “Je regardais mon reflet dans ce miroir et je ne me reconnaissais pas.” P. 55 Le pire c’est que, ce regain de conscience ne va presque jamais dans le sens d’une solution à l’amiable. Raitou n’en pouvait plus, elle avait besoin de liberté, et comme une lionne restée trop longtemps encagée et affamée, elle n’a pas hésité à le faire : “ (…) je l’ai regardé droit dans les yeux et lui ai dit que c’était la dernière gifle… et j’ai tiré sur lui.” P. 55
Elle est enfin libre… Non pas physiquement, car elle sera mise aux arrêts ; mais psychologiquement. Elle s’est même permis de savourer une tasse de café, “Je m’étais fait une tasse de café dont je découvrais la douceur des arômes.” P. 10, la liberté n’a vraiment pas de prix. Malheureusement, les viols, les avortements, les coups, ne la tueront pas, elle mourra en prison le 08 février 2020, à cause de l’amour et de l’ingratitude.
Plusieurs textes d’histoires fictives ou réelles comme celle-ci sont chaque jour mis en exergue, mais les cas de violences conjugales demeurent croissants. Faut-il donc rester dans le sillage de l’éternelle plainte ? Cette femme méritait-elle, après 13 ans de torture de divers ordres, d’être écrouée ? Où est la loi lorsque se passent ces actes de torture ? “La même Bible qui a dit : « Tu ne tueras point », a également dit : « Aime ton prochain comme toi-même ». P.85. L’autrice a tenté, du mieux qu’elle a pu, de sauver cette femme ; mais le mal était là, il était au-delà de cette prison, il était dans sa chair, dans chaque cellule de son corps.
Lu d’une traite – il m’était impossible de faire autrement -, vous recommanderais-je ce livre ? Mon avis est mitigé. Des Raitou, on en croise tous les jours. Et si ce livre, d’une part, leur recommandait de prendre la vie de leurs bourreaux ? D’autre part, serait-il ce livre-là qui aidera au changement et à des lois réellement applicables ? Une chose est sûre, ces violences doivent cesser.
📖 Vous trouverez ce livre à
Yaoundé, à la Librairie des Peuples Noirs
Douala, au kiosque de l’agence Touristique Voyages et à la Librairie Sofia (Akwa)