Chédrack DEGBE est Béninois. Il est le président de l’ONG Tous Pour le Livre (TPL) créée en 2021. C’est une association culturelle certifiée Club UNESCO depuis 2022.
À travers l’ONG TPL, Chédrack DEGBE fait la promotion du livre et de la lecture en milieu scolaire. A propos, il a assisté les municipalités du département du Zou au Bénin dans la relance des bibliothèques communales du Zou et collecte chaque année des milliers de livres pour le renforcement du fonds documentaire de ces bibliothèques. Quant à l’animation de ces bibliothèques, Chédrack et son équipe de vingt volontaires dévoués à la tâche exécutent trois projets par rentrée scolaire – soit un projet par trimestre :
1-Campagne Jeunesse en Lecture (CAJEL) : elle se déroule chaque premier trimestre de rentrée. C’est une série de cafés littéraires avec des auteurs invités dans les sept bibliothèques communales du Zou pendant sept semaines.
2-Programme Samedi des Livres (PROSAL) : il se déroule chaque deuxième trimestre de rentrée. C’est également une série de cafés littéraires avec des auteurs invités dans les sept bibliothèques communales du Zou pendant sept semaines.
3- Festival Zou Livres : il se déroule chaque troisième trimestre de rentrée. C’est une série de causeries littéraires avec des auteurs invités dans une bibliothèque communale du Zou pendant trois jours.
Chédrack et sa team projettent la création d’une chaîne de bibliothèques communautaires et de librairies solidaires dans le département du Zou, pour un accès suffisamment facile des livres à leur communauté.
Yacinthe Maeva GUEDJEU NGAMELEU est née au Cameroun un 16 février. Elle a un master 1 en littérature négro-africaine à l’université de Douala. Elle réside au Canada où elle est étudiante dans le programme Bachelor en Travail Social à l’Université d’Ottawa.
Elle est passionnée de littérature, culture et des questions de communauté et d’humanité ; des passions qui lui ont permis d’être membre de la Mosaïque Interculturelle, une association s’intéressant à la littérature des afrodescendants basés en Ontario au Canada, des cultures afrodescendantes et des minorités francophones.
Avec ACOLITT, elle parcourt l’aventure vers la valorisation de l’empreinte de la littérature africaine.
Amatrice de littérature, elle est :
deuxième au concours de nouvelle de La jeune plume 2023
Nadine Mekougoum découvre le pouvoir de la lecture dès ses premiers pas à l’université lorsqu’elle décide de rejoindre une bibliothèque gérée par les étudiants ; elle se distinguera par son dynamisme et la volonté de booster l’émulation intellectuelle de ces derniers. Après son expérience en tant que première femme présidente de cette bibliothèque depuis 35 ans d’existence, son plus grand rêve devient de participer à donner cette chance aux enfants avant l’âge de 12 ans.
En 2018, Nadine met sur pied M’wina Initiatives, un organisme jeunesse qui promeut la lecture-plaisir et les livres africains pour enfants afin de participer à bâtir une génération d’enfants africains avec une identité culturelle positive. Depuis lors, elle a développé plusieurs programmes tels que les Ateliers Read ‘arts qui deviendront un festival de lecture en 2025 (The Read’arts Children’s Reading Festival),
les lectures à domicile et clubs de lecture qui ont permis d’initier près de 1000 enfants et jeunes à la lecture-plaisir, la connaissance et la confiance en soi. Bien plus, à travers les projets de boîtes à livres pour les camps de réfugiés et le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé (SALAFEY) lancés respectivement en 2021 et 2022, son travail a touché près de 15 000 personnes, enfants et jeunes. L’association a également une web librairie jeunesse (M’wina Kids Bookshop), spécialisée dans les livres afrodescendants et afrobilingues.
Nadine est diplomée de sociologie, boursière du programme Techwomen Factory by CAYSTI et passionnée d’éducation. Ses initiatives et son engagement lui ont permis, en 2023, d’être reconnue Dignitaire honoris causa lors de la première édition du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun pour sa contribution déterminante à la promotion de la littérature camerounaise ; et d’être sélectionnée pour le prestigieux programme du département d’Etat américain pour les jeunes leaders africains, le Mandela Washington Fellowship.
𝗘𝗱𝗴𝗮𝗿𝗱 𝗞𝗔𝗣𝗧𝗨𝗘 est de nationalité camerounaise. Il est un consultant senior en Cybersécurité qui nourrit un vif intérêt pour l’histoire, la mythologie et l’anthropologie depuis son plus jeune âge ; un intérêt qui l’a amené à se questionner sur le sens de son héritage. Pour apporter et recevoir des questions, il va créer le groupe Facebook 𝐂𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐭𝐫𝐚𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐁𝐚𝐦𝐢𝐥𝐞́𝐤𝐞́, le blog « 𝐂𝐡𝐫𝐨𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐁𝐚𝐤𝐚 », et écrire son premier ouvrage intitulé 𝐋𝐞𝐬 𝐀𝐧𝐜𝐞̂𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫𝐧𝐞́𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, Œ𝐮𝐯𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐍𝐨𝐢𝐫.
Dans ses écrits, il utilise son bagage scientifique afin d’aborder d’un angle nouveau l’étude des rites des sociétés dites primitives et faire comprendre que 𝐜𝐞𝐫𝐭𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐭𝐞́𝐬 𝐝𝐢𝐭𝐞𝐬 « 𝐩𝐫𝐢𝐦𝐢𝐭𝐢𝐯𝐞𝐬 » 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐞𝐧 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐜𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐭𝐞𝐬 « 𝐦𝐨𝐝𝐞𝐫𝐧𝐞𝐬 » 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐚̀ 𝐥’𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐞𝐭 𝐚𝐮 𝐯𝐢𝐯𝐚𝐧𝐭.
𝗘𝗱𝗴𝗮𝗿𝗱 𝗞𝗔𝗣𝗧𝗨𝗘 est également membre du bureau de l’association Les Enfants de Brigitte qui promeut l’aide aux personnes en difficulté en leur apportant, nourriture et accompagnement social visant leur insertion ou re-insertion, logements…
𝗘𝗱𝗴𝗮𝗿𝗱 𝗞𝗔𝗣𝗧𝗨𝗘 a exercé en tant que formateur à l’Ecole Politique Africaine et il est membre du Cercle Africain de Cybersécurité dont le but est de réunir des experts en cybersécurité motivés d’apporter leur savoir et aides aux pays d’Afrique autour de la sécurité du numérique.
2019-2021 : Licence en trilingue allemand (Français-Anglais-Allemand) 2024 : Master en Littérature et civilisation africaines (en cours) 2023 : Licence professionnelle en communication des organisations pour la gouvernance et le développement local Elle a écrit un mémoire intitulé : La promotion du patrimoine culturel comme facteur développement des Collectivités Territoriales Décentralisées : le rôle de la cellule de communication au sein de la route des chefferies.
STATUT ARTISTICO-PROFESSIONNEL
Dominique GNINTELAP est actuellement en service à La Route des Chefferies en tant qu’Assistante Communication-Community Manager. Une fonction qui épouse son activisme culturelle (création digitale de contenus culturels, littéraires et touristiques) qui met un intérêt particulier sur les questions de patrimoine et d’identité.
Elle est rédactrice pour le média en ligne Affocom.
Elle est la promotrice de DG ComServices, une agence spécialisée dans la Voix off, la présentation et la modération d’évènements culturels, les reportages…
Dominique GNINTELAP est auteure, poétesse et slameuse. Elle fait partie des lauréats de l’appel à textes panafricain lancé en 2023 par les Éditions SEGUIMA au Sénégal. Elle commence à écrire des poèmes au lycée. A l’université, elle décuple les déclamations lors des évènements culturels et garde ainsi cette fièvre.
La race humaine est prétentieuse. Sa pompe la pousse à s’adjuger un attribut de Dieu, le pouvoir de créer. L’homme initie, invente, innove, construit, fabrique et se croit créateur. Alors, le CREATEUR, le Vrai, l’Unique, ouvre, insidieusement une brèche dans son œuvre de créature limitée et périssable, pour la rendre imparfaite, c’est à dire critiquable. Toute œuvre humaine est ainsi critiquable parce que, par essence, imparfaite.
Ensemble de belles œuvres, la littérature se plie à la règle avec complaisance. Elle admet et encourage la critique qui donne aux textes toute leur vitalité. D’ailleurs, en matière littéraire, le destinataire de l’œuvre qui en est friand est souvent le premier contempteur du livre, un critique redoutable. Cela, l’auteur le sait au point qu’en écrivant, il se prête à l’art de la séduction. Malgré tout, le lecteur se fait parfois rebelle et trouve à l’œuvre beaucoup de ses failles. Heureusement d’ailleurs. Cela est bon pour tout le monde. Cependant, l’analyse du lecteur n’est pas extériorisée. Ça reste dans sa lecture, ses angles de vision. Il savoure, là est son plaisir.
Dès lors, se présente une préoccupation que l’on peut formuler en plusieurs questions : « Qui pour faire un retour à l’écrivain ? Qui pour lui donner un regard autre que le sien sur son œuvre ? Qui pour lui signaler les défauts de la cuirasse ? Pour répondre à cette demande, un lecteur spécial entre en jeu : le critique littéraire. Pour mieux comprendre son rôle et son champ de compétence, journalistes culturels et amis du Livre ont eu l’heureuse initiative de faire intervenir des sachants sur la question. C’était le Samedi 11 Novembre 2023 au Musée des Civilisations noires, à Dakar, au Sénégal. Un parterre d’intellectuels bien au fait de l’affaire nous a servi une production intellectuelle d’une rare qualité.
PANELISTES :
André Marie Diagne (Formatrice FASTEF, impériale sur le sujet qu’elle a traité avec aisance, à travers faits historiques et anecdotes croustillantes) ; Abdoulaye Racine Senghor (Critique littéraire PCA Musée des Civilisations Noires, la réflexion profonde, l’expression lumineuse, l’humour des grandes intelligences) ; Abdoulaye Diallo (Editeur Maitre dans son domaine, il s’insurge contre ceux qui tirent le métier d’éditeur vers le bas) ; Anna Sow Oulho Ardo (Professeure de lettres, très didactique, elle nous a présenté, de façon appréciable les desiderata de la critique littéraire.) ; Alassane Cissé Journaliste culturel, l’air formé et bien informé, semble en avoir dit moins qu’il n’en sait réellement
INTERVENANTS :
Ibrahima Lô (Directeur du Livre et de la Lecture, représentant le Ministre de la Culture et du Patrimoine historique. Comme à son habitude, il a ouvert généreusement la voie de la réflexion, a suscité l’expression des idées avant de donner sa bénédiction qui toujours rassure.
Baba Diop (journaliste, cinéaste, critique d’art, un dandy des temps modernes qui aborde le sujet qu’il semble bien maîtriser dans un phrasé très plaisant.)
Aboubacar Demba Cissokho (journaliste culturel, grand lecteur, militant invétéré du Livre dont il défend la cause Urbi et Orbi)
Thème : La critique littéraire : Pluralité des perspectives et place dans la chaîne du livre
Après avoir suivis les conférenciers avec beaucoup d’attention, d’après l’inspiration que je leur dois, en guise de chronique, « je mets ça ici » :
S’il est entendu que la critique est une réflexion portée sur une œuvre, pour en faire voir les tours et les contours, question de la faire mieux comprendre, elle n’en est pas moins une évaluation de celle-ci à l’aune de critères spécifiques préalablement établis. Dès lors, il s’est agi de répondre à deux questions fondamentales :
Qui peut être critique littéraire ?
Comment faire une critique littéraire ?
1- Qui peut être critique littéraire ?
Tout le monde peut être critique littéraire : journaliste, écrivain, lecteur et autres à la condition d’être formé et informé. Ce qui veut dire que le critique doit à la fois, avoir la formation académique nécessaire à la maîtrise des critères d’évaluation de chaque genre littéraire, et être au fait des contextes (géographique, historique, ambiance intellectuelle du moment …) de l’œuvre. Une bonne culture générale est plus que nécessaire à celui qui ambitionne de critiquer une œuvre littéraire. Bien maîtriser les intertextes et les éléments para textuels. En outre, le critique littéraire doit inspirer confiance, de par son intégrité morale et intellectuelle. Le profil n’est pas très commun, mais si chacun exerce son métier, les vaches seront bien gardées.
2- Comment faire une critique littéraire ?
Emettre une idée appréciative ou dépréciative sur une production littéraire requiert une grande responsabilité. Le sujet est sensible. On peut encenser un ouvrage comme on peut détruire un auteur. La critique frontale hargneuse et haineuse comme on en voit parfois à la télé, est contreproductive. Eric Zemmour en a massacrés plus d’un. Que de talents sont brisés par des critiques tendancieuses. Alors qu’une critique doit être accompagnatrice comme le tuteur d’une jeune plante.
Cela dit, il est certes aisé d’évaluer une œuvre en fonction des critères fondamentaux :
– Pour le roman, la concrétion, la multiplicité des personnages, les descriptions…
– Pour la nouvelle, le récit comme le roman, la compression, la concision, la force expressive…
– Pour le théâtre, l’histoire au présent, les règles du dialogue, les didascalies…
– Pour l’essai, l’argumentation, l’effort de persuasion basé sur des références …
Mais n’est-il pas plus difficile d’accorder une valeur ou non à une œuvre selon son intime conviction basée sur son propre background de connaissances ou de compétences en divers domaines ? Autrement dit est-il facile de procéder à l’objectivation de sa propre subjectivité pour juger l’œuvre d’autrui ? On lit avec ses pré-acquis et ses propres sentiments de départ. Comment se décentrer, faire un pas de côté, par rapport à ses propres préjugés, ses partis pris, ses dénis face à un texte ?
Le racisme peut être à la base d’une critique, dès lors tendancieuse. Le roman Batouala a été amplement cité. Pour avoir été le premier noir à gagner le Goncourt avec un livre pas tendre pour la politique coloniale de l’époque, René Maran a souffert de critiques sévères qui ont fini par l’affecter profondément.
Les convictions politico philosophiques peuvent imprimer leur marque dans une critique. Senghor, grammairien francisé jusqu’à la moelle dont l’esprit était sans cesse tourné vers son royaume d’enfance, ne pouvait qu’être de connivence avec un Camara Laye qui opérait par un texte d’une littéralité exceptionnelle, un retour sur son enfance à Kouroussa en Guinée. Tous deux semblant ignorer les affres de la colonisation et les effets néfastes d’une décolonisation mal réussie. Le premier défend le second à qui, des intellectuels africains comme Mongo Béti reprochent son silence dans son roman L’enfant noir sur la situation politique africaine de l’époque. Senghor lui-même est attaqué par Wole Soyinka, très applaudi par l’intelligentsia africaine d’alors, qui lui reprochait la non combativité de son courant littéraire, la Négritude du reste contemplative chez le poète.
La morale n’est pas toujours absente. Le lauréat du Goncourt 2021 en a fait les frais.
On le voit donc, la critique est difficilement neutre…
Faut-il se départir de ses croyances, de ses préférences, de ses convictions idéologiques, de sa vision de l’art, pour analyser froidement une œuvre, simplement d’un point de vue objectif ? La crédibilité du critique qui légitime son intervention dépend de son comportement non suspect par rapport à l’œuvre analysée. En tout cas, quand elle est faite dans les règles de l’art, la critique est bénéfique, autant pour l’auteur que pour le lecteur qui, du reste peut devenir écrivain. La critique aide l’auteur à faire une descente sur son œuvre scrutée par un autre regard. Le lecteur est guidé par l’éclairage de l’étude critique et le futur écrivain acquiert à l’occasion des outils nécessaires à la production de textes à publier. Pour l’éditeur, le diffuseur et le distributeur, la critique aide à la promotion du livre et à sa commercialisation.
Enfin, puisqu’une critique, nous ont dit les panelistes, peut être faite oralement ou par écrit, il serait injuste d’oublier la critique émise par le public. Le livre de Mbougar Sarr, dont beaucoup ignorent jusqu’au titre, a été accroché par un public souvent non lecteur. Attention ! Ne nous y trompons pas, car dans le cas d’espèce, la critique du public était motivée moins par le contenu du livre que par l’arrière-pensée promotionnelle d’une vision du monde occidentale contraire à nos valeurs africaines.
On le voit bien, la critique littéraire est ouverte. Tout le monde peut critiquer un livre.
Voilà pourquoi nos auteurs s’astreignent à une autocensure que l’on comprend bien. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Je me pose la question et la pose à vous. De même, l’on peut se demander si, pour nous Africains, le moment n’est pas venu de reprendre notre indépendance sur tous les plans ? Ne devons-nous pas faire valoir notre souveraineté éditoriale ? Mieux, ne devons-nous pas faire le deuil de beaucoup de nos remplis pour nous libérer du joug de la pensée occidentale qui nous indique encore ce qui est bon et ce qui est mauvais pour nous ? Il est heureux de constater qu’une nouvelle génération s’investit dans l’écriture avec beaucoup d’engagement. Malheureusement, elle peine à émerger parce que l’on est encore englué dans un passé qui ne séduit plus mais qui s’impose par son cachet officiel qui le rend indétrônable. Ces jeunes auteurs se sentent mal à l’aise dans les carcans surannés qui retiennent le nouvel albatros sur le plancher, l’empêchant de voler de ses ailes régénérées. Leur nouvelle trouvaille, le Slam, leur fait pousser des ailes d’ange, naguère réservées au poète adoubé. Le vieux sérail les ignore ou les néglige.
Devons-nous garder les mêmes normes en voie de désuétude pour apprécier les nouvelles œuvres ou devons-nous reconsidérer nos jugements de valeur par rapport à la nouvelle production qui va avec l’ère du temps suivant les nouvelles réalités issues de l’éveil de l’Africain ?
Devons-nous continuer à apprécier les œuvres de nos artistes sous le prisme occidental de leur vision du monde ?
La critique actuelle ne doit-elle pas orienter les auteurs et les lecteurs vers des horizons constructifs et valorisants pour l’Afrique et l’Africain ?
Merci aux organisateurs de l’évènement, aux panélistes, aux intervenants ainsi qu’au modérateur. Cela valait vraiment le détour. Plus que toute œuvre, mon article est fort critiquable. Mais puisque selon un proverbe pulaar « Chacun peut un peu », c’est juste mon peu du peu. Excusez du peu. Bonne lecture.
Aux Étoiles de l’Édition 2023, la soirée s’est ouverte avec ACOLITT…
Pauline Ongono et Ginette Danielle Ekobo… deux femmes dont le quotidien consiste à organiser les succès des autres et faire rayonner de la Littérature camerounaise et africaine, par une communication encore inégalée…
Quelqu’un m’a soufflé : << On reprend cent fois, et cent une fois Acolitt gagne >>… Nous n’irons pas alors citer
les interminables nuits de travail..
les coûts permettant à n’importe qui de voir son nom, son œuvre ou son activité inonder le quotidien des passionnés…
les campagnes menées parfois malgré les auteurs et les promoteurs eux-mêmes…
la gestion des opportunités pour les auteurs débutants…
le renforcement du potentiel…
l’organisation d’événements autour du Livre…
l’encadrement des jeunes auteurs et artistes slameurs (j’en suis moi-même encore surpris)…
Non, nous ne préciserons pas que Pauline Ongono, tout particulièrement…
a tout quitté pour devenir Affranchie, la classe des esprits qui veillent pour que leur domaine puisse rêver librement…
a le Livre comme seul outil de travail…
revient sur ses pas quand un objectif n’est pas atteint…
donne la priorité aux autres, même quand la place lui est réservée…
sait écouter, apprendre, essayer, perdre et gagner en passion…
Nul besoin, non plus, de rappeler combien Acolitt est aussi une partie forte de…
ÇA DAY-LIVRE
LES ASTUCES DE RAY
Ônoan LIVE
le SALAFEY-Salon du livre africain pour enfants de Yaoundé
APERO SLAM
LES ACCROS DU LIVRE
SOUL’ART
Ghosts Universe – Vers le livre de qualité
LES CAFÉS LITTÉRAIRES DE LA La CENE littéraire dans la région du Centre (Cameroun)
Divers Instituts et établissements culturels où s’épanouissent le Livre et la Lecture…
Je dirai tout simplement que LIRE DES LIVRES DÉLIVRE est la voie de cette Association de Consulting Littéraire qui ne s’impose aucune limite, quand il faut faire connaître une page ou une action menée pour une page…Je veux que tous ces textes que personne ne connaît, surtout ceux que personne ne risque de connaître, ait une chance, quitte à la gâcher eux-mêmes »… Pauline Ongono, Monatélé, Septembre 2020…
« Je veux que tous ces textes que personne ne connaît, surtout ceux que personne ne risque de connaître, ait une chance, quitte à la gâcher eux-mêmes »… Pauline Ongono, Monatélé, Septembre 2020…
Né à Tenkodogo dans la province du Boulgou au Burkina Faso, Lazare BALIMA est auteur et enseignant burkinabè. Il participe à plusieurs compétitions littéraires avec des prix tels que le trophée de la meilleure révélation littéraire de la région du Centre-Est avec son roman intitulé L’amour parfait (édition Plum’Afrik 2021) en 2017, la 7ème place dans la catégorie nouvelle en littérature à la Semaine Nationale de la Culture (SNC) avec son recueil de nouvelles intitulé La fin de l’espoir d’Espoir (Édition œil collection 2019).
En 2019 et 2020, il est successivement nominé au prix international Jacques Prosper BAZIE du Centre International de Recherche et de Création Artistique (CIRC’ART) en poésie et en 2021, il participe à la Foire Internationale du Livre de Ouagadougou (FILO) en théâtre avec son texte intitulé « Le sacrifice du Président » (inédit). En 2024, il participe à l’appel à candidature Plumes Africaines des Éditions Plum’Afrik et est retenu avec son recueil de nouvelles Secret de famille (en cours d’édition aux Éditions Plum’Afrik).
Toujours engagé pour la cause du livre et de la lecture, il crée en 2019 l’Association Des Alliés du Livre ADAL qui deviendra plus tard Association Des Alliés du Livre et de l’Éducation (ADALE), où il œuvre dans la promotion de la culture et des livres, de l’éducation et des droits humains.
En 2021, il participe à la création d’un collectif africain dénommé Collectif d’Ecrivains Engagés pour la Libération et le Développement de l’Afrique (CEELDA) et écrit avec ledit collectif, une œuvre de collaboration intitulée JUSTE UN PAS…VERS UN MONDE DE PAIX (Editions Soleil de KAMA 2022, Nouvelles).
Passionné de culture de façon générale, Lazare BALIMA évolue également dans le domaine du cinéma et du théâtre en tant que comédien et metteur en scène.
Camerounaise tout comme l’emblématique maison d’édition CLE qui a permis la naissance du recueil de nouvelles Ce soir ou jamais ! Rose DJOUMESSI JOKENG est une passionnée d’écriture et de littérature. Son passage à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé lui permettra d’être un professeur de l’enseignement secondaire, jusqu’au provisorat. Elle est poétesse et nouvelliste ; l’Association des Poètes et Ecrivains du Cameroun en abrégé APEC, lui a fait confiance : elle est le point focal ouest Cameroun.
Sa passion pour l’écriture lui a permis de remporter deux prix littéraires en Italie ; Ce soir ou jamais ! a permis cette fierté en 2011.
Pourquoi « Ce soir ou jamais » et pas « Ce matin ou jamais » ou « Demain ou jamais » ? est la question que je me suis posé lorsque j’ai reçu ce recueil de nouvelles. Heureusement, la bibliothécaire que je suis a très vite pris le dessus et je me suis répété la phrase du bibliothécaire averti : « Ne jamais juger un livre à son titre ou sa couverture ».
Ce soir ou jamais ! oules six péchés sociaux
Lire les 143 pages qui constituent ce recueil de six nouvelles m’a donné envie de le rebaptiser en « Les six péchés sociaux dans Ce soir ou jamais ! de Rose Djoumessi »
La jalousie
Générée très souvent de la douleur et de la souffrance, du désir de possession de l’être aimée et étant très souvent un manque de confiance en soi, qui réveille des blessures du passé, la jalousie en amour forge son mécanisme dans le besoin d’exclusivité de la personne aimée. Ce premier péché social, vous aurez le loisir de le vivre dans la première nouvelle de ce recueil qui porte son titre, où Tomy et Jimy, deux anciens camarades de classe, l’un d’une famille riche et l’autre d’une famille pauvre, évoluent comme deux loups. Tomy est intelligent et convoité par les filles. Jimy l’est moins. Il échouera à quatre reprises à un examen de fin d’année, il sera contraint de quitter les bancs ; les familles africaines pauvres ne se disposant très souvent pas à assumer de longues études, pire des études menées au ralenti. Il saura heureusement se faire une belle vie et quelques années plus tard, reverra son vieil ami Tomy et aussi une belle sahélienne, son béguin dans ses années scolaires, la fiancée de Jimy. Le terrain sera désormais miné de rancœur, de désir, d’infidélité, de pleurs, de mensonge, de bonheur fugace, un réel cocktail Molotov. Tomy se sent désormais si supérieur que pour le démontrer, à la page 12, Rose Djoumessi qualifiera son véhicule, conduit par lui-même, de limousine. Et vous et moi savons ce que représente une limousine : le pouvoir, un chauffeur à disposition, la notoriété, la fortune et la liste n’est pas exhaustive. La belle Sahélienne aura-t-elle enfin un œil pour lui ? La lecture du livre vous en dira plus.
L’amour
Bienvenue dans l’univers de Gaby, Anta, Dorine, Paulo. Deux femmes, deux hommes, un petit ami, un potentiel fiancé, un valeureux homme de perdu. Si l’amour pousse toujours à réfléchir, c’est à cause de son caractère complexe et profond. L’on doit constamment méditer sur nos choix et nos émotions. Il nous confronte à nos vulnérabilités, nos désirs profonds. Mais le plus important et la finalité est de suivre un chemin qui apportera paix et bonheur. La nouvelle « Le fiancé perdu » est la parfaite illustration de ce qui précède. Gaby a des vues sur Anta, mais il la trouve jeune pour lui et de surcroit, elle est son employée. Elle est très travailleuse, ce qui contribue à décupler son admiration. Mais Gaby doit se contenir. Il ne doit pas se laisser aller, elle est différente de ces femmes qu’il a l’habitude de côtoyer intimement. Nonobstant, il lui fait une cour presque discrète. Il ne s’implique pas vraiment et Anta, dans sa naïveté, ne se doute pas de l’ampleur de la chose. Gaby décide de jeter son dévolu sur Dorine, une jeune femme qualifiée à la page 28 d’« innocemment très belle et fraîche. » Ce qu’il ne sait pas, c’est que Dorine a déjà Paulo dans sa vie, un jeune homme qui n’hésiterait pas à se donner la mort si elle venait à le quitter. Il va continuer de faire une cour assidue à Dorine, et par la même, faire de temps en temps ses yeux de merlan frit à Anta. Jusqu’au jour où, à son bureau, il recevra une lettre, une très courte lettre que vous lirez à la page 33 : « Monsieur le nouveau riche, vous m’avez suffisamment importunée. Evitez de vous mettre encore sur mon chemin. Adieu. » Gaby, comme soulagé que la nature ait fait le choix à sa place, épouse l’autre femme et quelques années plus tard, divorcée, pauvre et aigrie, l’expéditrice de la lettre n’aura d’autre choix que de pleurer son presque fiancé perdu. Laquelle choisira Gaby ? La lecture du livre vous en dira plus.
L’ailleurs
On pense très souvent que le bonheur se trouve au-delà de notre quotidien, dans des lieux lointains ou des expériences extraordinaires. L’ailleurs, depuis la parution de ce recueil de Rose Djoumessi en 2015, à ce jour, reste une quête universelle, un voyage dans un vide intérieur à combler bon gré mal gré. Alako n’y a pas échappé. La nouvelle « Retour au village » présente Alako, happée très tôt par sa tante Melajio, en ville, car « la vie moderne a besoin de tête bien faite », dira cette dernière dans une lettre adressée aux parents d’Alako à la page 53. Même si les parents de l’heureuse élue ne se voyaient pas se séparer de leur fille, leur prunelle, les encouragements du village eurent raison de leur réticence. A la page 54, des voisines affirmeront d’ailleurs que : « désormais le bonheur se trouvait en ville. » Alako désormais surnommée L’éclaireur ira en ville, réussira à tous ses examens. Mais quelque chose lui manquait… Quoi ? La lecture du livre vous en dira plus.
Le travail
Pourquoi travaillons-nous ? Pour améliorer notre quotidien, pour donner le meilleur à nos proches, pour avoir un sentiment de sécurité. De plus en plus, la femme doit apporter un plus dans les finances du foyer. Et ceci n’est très souvent pas sans risque pour la progéniture. Chancelle, personnage principal et titre de la quatrième nouvelle de ce recueil, est orpheline. A sa naissance, elle est prise sous l’aile de sa tante, Tessana. Elle va grandir heureuse sous la surveillance de sa babysitter. Au fil des ans, sa tante voit son entreprise grandir, elle n’a plus de temps pour Chancelle, malgré tout l’amour qu’elle lui porte. Chancelle, même si très intelligente, va se transformer en un véritable monstre pour son entourage. Sa tante, femme très respectée dans le pays, est très souvent convoquée par l’administration de l’école au coût très cher de Chancelle. A force de multiplier les frasques, Tessana se prend à regretter d’avoir accueilli cette enfant qui ternit la notoriété de son nom. Les rapports entre elles vont se dégrader. Malgré les efforts de changement positif de Chancelle, rien n’y faisait. Mais était-elle la fautive ? Tessana souhaitait voir partir cette fille de chez elle, elle souhaitait qu’elle disparaisse de sa vie. Son souhait sera réalisé plus tôt qu’elle ne pouvait l’espérer. Mais comment ? La lecture du livre vous en dira plus.
La technologie
Faut-il encore démontrer les rouages de la technologie, notamment des téléphones portables dans notre environnement ? Nous savons combien elle a influencé et influence les relations amoureuses. Les réseaux sociaux et tout ce qu’ils comportent comme communication amoureuse très souvent approximative, sextapes, rencontres et coups de folle foudre et la liste n’est pas exhaustive, sont autant de bénéfices mal digérés de cette modernité que l’auteure nomme ici pour la première fois à la page 97 qui marque le début de la nouvelle « La maladresse » : « l’appareil magique de 110 numéros ». Ashandy n’aurait jamais pu imaginer que cette boîte magique serait l’objet de son malheur. Elle, une jeune femme intelligente et posée ; elle qui savait si bien manier tout ce qu’elle touchait. Elle était la convoitise de deux jeunes hommes, tous aussi engagés qu’un jeune soldat. Elle avait l’embarras du choix, elle prenait si et là des conseils, pour pouvoir faire le meilleur choix. « Lequel détient donc la vérité ? » se demande-t-on à la page 111. Après plusieurs consultations auprès de Dieu et des marabouts, elle avait enfin la réponse. Elle allait éconduire un. C’était sans compter sur la volonté de sa boite magique. L’irréparable s’est produit. Mais quoi ? La lecture du livre vous en dira plus.
L’argent
On a pour habitude de dire que l’argent est le nerf de la guerre. Un nerf très solide en amour, parait-il. L’argent et l’amour sont tout simplement deux forces qui se croisent, s’entremêlent et se heurtent sans cesse. Mais si, en fin de compte, on trouve un équilibre entre les deux, on fait partie des rares chanceux. Qui aurait pu croire qu’un premier salaire, normalement source de joie et de bénédictions serait la source de la destruction de plusieurs personnes ? La nouvelle « Le premier salaire » expose la manipulation par la femme, la mesquinerie, l’infidélité, la double paternité, l’amour… Et tout ceci, sous la toute-puissance de l’argent. Ashanty se croyait maîtresse du jeu, mal lui en a pris, car dit-on, le mensonge a de courtes jambes, et surtout, les hommes sont allergiques à l’infidélité. Comme quoi, ils font à autrui ce qu’ils n’aimeraient pas qu’on leur fit. Mais qu’est-ce qui s’est réellement passé ? La lecture du livre vous en dira plus.
J’ai pris plaisir à lire ce recueil de nouvelles de Rose Djoumessi. Et à la fin, j’ai eu la réponse à ma question exposée au début. Pourquoi Ce soir ? Parce que les grandes décisions dans chacune des nouvelles se prennent dans la nuit. Ne dit-on pas d’ailleurs que La nuit porte conseils ? Rose Djoumessi est une rêveuse pleine de sagesse. Malgré les maladresses, elle trouve toujours une parade pour que le méchant, si on peut le nommer ainsi, connaisse le revers de la médaille. Rose Djoumessi écrit comme elle parle. Naturellement. La lire donne cette impression de lecture à haute voix par l’auteure. Vous entendrez sa voix vous raconter les hauts, les bas, les sentiers qu’elle décrit et qui vous donne l’impression d’être un personnage premier. Elle est si naturelle que par sa voix, ses personnages, peu importe leur niveau social, tiennent le même niveau de langue. Lire ce recueil vous maintient sur une seule vague. Peu importe combien elle est houleuse, vous vivrez chacune des nouvelles avec la même intensité. Parce que Rose Djoumessi a une réelle identité littéraire. Et cette identité, elle l’expose encore en utilisant des noms de personnages propres à son aire natale. Et comme la littérature se veut universelle, elle a pris soin de proposer un glossaire.
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Ève GUERRA grandit au Congo et le fuit pendant la guerre civile. Elle est à ce jour enseignante de français, de latin et de grec ancien. Elle est chroniqueuse pour le magazine Lire et auteure de deux livres : un recueil de poésie, Corps profonds ; et un roman, Rapatriement.
Ève GUERRA, vous êtes le Goncourt du premier roman 2024. Notre équipe vous adresse ses chaleureuses félicitations. En tant qu’auteure, que signifie ce prix pour votre future bibliographie ?
Le Prix Goncourt permet surtout aux jeunes auteurs de se faire connaître par un plus large public en France et à l’étranger. Je suis toujours étonnée de recevoir les mots des lecteurs qui se sont procuré le livre à Athènes, à Lisbonne ou Pennsylvanie. Surtout, ce prix m’a permis d’obtenir des traductions en Amérique latine et dans quelques pays d’Europe. C’était une belle opportunité.
Rapatriement est votre premier roman, celui-là même qui fait de vous le Goncourt du premier roman, un livre sous fond d’autobiographie qui a paru chez Grasset. Que ressent la petite Eve Guerra d’hier, vu le chemin que trace ce roman ?
Ce roman n’est pas une autobiographie. Il s’agit bel et bien d’une fiction inspirée de faits personnels, qui ont été pour beaucoup modifiés afin de servir l’intérêt de l’intrigue. Par ailleurs, Annabella est un personnage dont la personnalité, à la fois idéaliste et burlesque, est très éloignée de la mienne. Plus qu’un roman, c’est un travail sur la langue qui brouille les frontières entre prose et poésie, entre discours et fiction. La frontière entre narration (description des sentiments et des lieux) et propos rapportés (les dialogues) est volontairement confuse, pour nous plonger dans un perpétuel monologue intérieur.
Rapatriement est-il un pont intimiste entre vos lecteurs et vous ?
Proust écrit que les livres sont des instruments de la pensée. En cela, ils nous permettent de rendre intelligibles le monde en offrant des clés d’interprétation. J’ai écrit ce livre pour comprendre comment il était possible d’aimer un homme dont l’héritage est contestable, comment il était possible de lire des livres toute la journée et ne pas être touchée sensiblement par les œuvres littéraires que l’on lit, parce qu’on n’instrumentalise pas la littérature et que l’on ne cherche pas à avoir une connaissance intime et sensible des œuvres. Les œuvres littéraires ne sont pas des témoignages.
Vous y mettez en exergue les relations enfants-parents, les guerres, l’expatriation, les secrets de famille, les difficultés de rapatriement des dépouilles – notamment celle du père de la narratrice… On y voit Lyon, le Cameroun, le Gabon et le Congo-Brazzaville. Vous y conduisez vos lecteurs, à la recherche des souvenirs de votre famille, de la vérité sur la mort du père de la narratrice. Quel a été votre procédé d’écriture ? Vos investigations sur le terrain pour écrire ce livre ?
Je ne commence l’écriture d’un livre que si un problème fondamental se pose à ma conscience et à ma raison. Une fois que cette question revient, je lis des œuvres littéraires qui traitent de la question. L’écriture d’un livre naît d’une curiosité. Une fois que les premiers mots sont écrits, la suite de l’écriture est un mystère capricieux. Depuis quelque temps, je commence à apprendre la discipline et j’aime à me retrouver tous les matins devant mon manuscrit.
Quelle leçon l’écriture de Rapatriement vous a-t-elle donnée ?
L’écriture de Rapatriement m’a appris que le texte est souvent plus intelligent que celui qui l’écrit.
BONUS :Après un recueil de poésieet un roman primé par l’Académie Goncourt, quels sont les cinq (05) conseils de Eve GUERRA aux jeunes auteurs en herbe ?
– Je vous conseille de lire beaucoup (tous les auteurs, de tous les pays, de tous les siècles). – Je vous conseille de rester humbles, parce que l’écriture est une divinité capricieuse qui peut vous jouer des tours et reprendre toutes les grâces qu’elle vous a accordées. – Je vous conseille de toujours travailler. – Je vous conseille de rester curieux. – Je vous conseille de souvent douter, cela vous poussera à toujours donner le meilleur de vous-mêmes.
Eve GUERRA, merci votre disponibilité.
Je vous remercie pour l’intérêt porté à Rapatriement.