Le 04 avril 2024 restera gravé dans les annales de l’Association des Poètes et Écrivains du Cameroun (APEC). Association organisatrice du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun (GPLMC), elle a tenu à allier des acteurs du livre dont la disponibilité, la science, le savoir et l’expérience serviront à la réussite de cette édition.
C’est à la faveur d’une réunion présidée par Pascal BEKOLO BEKOLO « Pabe Mongo », à la salle des convivialités VIP du Musée National, que trois équipes ont été dévoilées : le super jury, le comité adhoc chargé des distinctions et le comité d’organisation.
Pour manifester et souligner solennellement le soutien du Ministère des Arts et de la Culture, Mme ESSANGUI, Sous-Directeur du Livre à la Direction du Livre et de la Lecture, a fait honneur de sa présence.
Avec des grandes figures comme David ABOUEM A TCHOYI, Evelyne MPOUDI NGOLLE, Sophie Françoise BAPAMBE YAP LIBOCK, Faustin MVOGO, Albert Thierry NKILI ABOU, NKONO ATEBA…, cet événement qui se veut gage du multilinguisme, du multiculturalisme et bassin pour tous les genres littéraires, voit à l’horizon tous les paris de cette édition gagnés.
QUELQUES PLUS DE LA DEUXIÈME ÉDITION
Les distinctions :
De moins de dix à l’édition dernière, cette édition a reçu plus d’une vingtaine de propositions. Rappelons que ces distinctions sont de deux catégories : les dignitaires de la plume et les dignitaires Honoris Causa. Pour une dizaine de distingués à la dernière édition, seuls cinq acteurs du livre le seront cette fois.
Les participations :
Ouvert uniquement aux auteurs édités au Cameroun à la première édition, le GPLMC a ouvert ses bras aux auteurs de la Diaspora. Pascal BEKOLO BEKOLO confiera d’ailleurs que plusieurs textes dans ce sillage ont été enregistrés.
Un mois d’attente, voici ce qui nous reste pour vivre le grand moment qui dévoilera le deuxième GPLMC – Djaili Amadou Amal étant l’auteure primée à la première édition, les cinq dignitaires et le cocktail littéraire qui sera bu le 09 mai 2024, à la salle des convivialités du Musée National.
⟨ Je ne me pencherai jamais sur une IA pour la production d’un de mes textes. Il perdra de son authenticité. ⟩
MAIN, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Vous êtes slameur, depuis peu champion national de slam et entre autres enseignant. Main, nous vous laissons nous en dire plus sur vous.
Mon véritable nom est Jeef TADADJIO, je suis un jeune passionné d’arts contemporains, ce qui m’a mené à m’aventurer dans le dessin et la danse, en plus du slam. Si je devais me décrire, je dirais que je suis une personne persévérante, sociale et reconnaissante.
Si l’on vous demande une définition du slam, laquelle proposeriez-vous ?
Pour faire simple, le slam est un mélange de poésie et des techniques d’art oratoires. Comme on le dit couramment, c’est la poésie parlée. Cependant, ma définition propre du slam est la suivante : « Le slam, c’est l’art de donner vie aux mots. »
Que signifie être champion national de slam pour vous ? Racontez-nous les étapes jusqu’à la finale.
Être champion national de slam pour moi a une double signification. Déjà, cela m’a permis de réaliser qu’en travaillant dur, rien ne nous est impossible ; ensuite, être champion souligne la lourde tâche qui est de représenter le pays à l’échelle internationale, notamment à la coupe d’Afrique et à la coupe du monde.
La compétition a été très rude. A chaque phase, tous les candidats redoublaient d’effort et les classements étaient tout le temps imprévisible. Du coup, pour rester dans la course, il fallait être constamment sur le qui-vive.
Votre titre de champion fait de vous le candidat du Cameroun à la coupe d’Afrique de slam en Guinée cette année. Que promettez-vous au Cameroun ?
Comme pour la compétition nationale, je donnerai le meilleur de moi. Et si cela ne suffit pas, je travaillerai deux fois plus pour ramener la coupe au Cameroun.
Votre slam a-t-il une ligne particulière quant aux thèmes ou alors, peu importe la thématique, vous y allez ?
J’écris sur tout. Je n’ai pas de thème en particulier, car pour moi le slam, ce qui fait toute sa beauté, c’est sa diversité et sa liberté tant dans l’écriture des textes que dans les techniques de declamation.
En tant que champion, quelles actions comptez-vous mener pour une plus belle émergence du slam au Cameroun, en Afrique et dans d’autres continents ?
Vulgariser le slam et susciter de l’intérêt pour cet art auprès des autres à travers la tenue des ateliers. Telle est ma stratégie pour une plus belle émergence de cet art.
Lisez-vous des livres ? Si oui, quelles sont vos préférences ?
Je ne pourrais pas me vanter d’être très grand lecteur. Cependant, il m’arrive de lire régulièrement des livres. La plupart du temps, il s’agit des romans.
Quels conseils donnez-vous aux jeunes passionné.e.s de slam ?
Un conseil : travailler, travailler et encore travailler, car c’est le travail constant qui permet une amélioration des capacités. Il faut donc toujours écrire, toujours.
Que pensez-vous de l’intelligence artificielle ? Pourriez-vous faire recours à cette technologie pour la production d’un texte de slam ? Pourquoi ?
L’IA a plusieurs domaines d’applications aujourd’hui, et en réalité, elle facilite même l’exécution de certaines tâches. Seulement, de plus en plus de personnes se reposent totalement dessus, ce qui contribue à cultiver l’oisiveté chez beaucoup d’individus, les jeunes en particulier. Pour ma part, je ne me pencherai jamais sur une IA pour la production d’un de mes textes, parce qu’il perdra de son authenticité.
Serthy AYISSI est né à Douala. Après son baccalauréat obtenu au lycée général de Loum dans le Moungo, en 2011, il s’inscrit à l’université de Douala, et quelques temps après, à l’université de Yaoundé. Sa passion pour la littérature est née en classe de CEI, par la découverte de la bande dessinée, qui le passionne encore aujourd’hui.
Serthy AYISSI a cofondé l’association littéraire La jeune plume avec Thierry »The Prince » Toukam. Il publie son premier recueil de poésie en 2020 : Sublimisme. Deux ans plus tard, sort son roman Le Sort des Hiboux Boiteux chez APEL Éditions, sa maison d’édition.
Il a publié plusieurs articles, pensées libres et nouvelles dont celle qui sera fera partie des primées lors du Prix National Jeune Auteur en 2021.
En 2023, il initie le CIAPEL (Concours International compte rendu de lecture), et récemment, les Awards des chroniqueurs littéraires Facebook, le tout auréolé par la nouvelle application APEL Reader.
A ce jour, il est éditeur, critique littéraire, designer digital, entrepreneur et enseignant de français.
Le leadership au féminin est l’art pour la femme d’exercer ce leadership précédemment défini pour défendre une cause ou une position dans un domaine précis.
Kely MOTUE SIMEU, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions.Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.
Je suis Kely MOTUE SIMEU, banquière depuis 12 ans, actuellement Senior Manager en Banque. Par ailleurs, je suis chercheure en datamining appliqué au domaine bancaire. J’exerce en tant que Responsable Qualité et Organisation dans la première banque du Cameroun. Mon expertise se concentre sur le management de la qualité et l’amélioration des performances, principalement dans le secteur bancaire. Au-delà de ma carrière, ma conviction profonde dans le pouvoir du don de soi pour des causes nobles a trouvé son expression dans la création du Ladie’s Club for Leadership. En tant que fondatrice, notre mission quotidienne va au-delà des frontières professionnelles. Nous nous consacrons à guider les femmes en général, et la femme africaine en particulier, vers le leadership, à travers l’autonomisation financière. Parce que je crois fermement qu’en partageant le pouvoir de la connaissance et en créant des opportunités, nous construisons un avenir où chaque femme peut réaliser son plein potentiel de leader, contribuant ainsi au progrès de la société, j’ai écrit en 2019 un livre sur ce qu’il faut de manière pratique pour lancer une affaire en Afrique. Et cette année, j’ai sorti le livre sur mes leçons de leadership au féminin.
Mes dix leçons de leadership au féminin en contexte africain est effectivement votre récent livre. Il a paru aux Editions IFRIKIYA et sera présenté au public ce mardi 26 mars. Kely MOTUE SIMEU, qu’est-ce que le leadership et qu’est-ce que le leadership au féminin ?
Le Leadership est l’art de convaincre les autres d’adhérer volontairement à une cause. Le leadership au féminin est l’art pour la femme d’exercer ce leadership précédemment défini pour défendre une cause ou une position dans un domaine précis.
Concernant le management par les femmes au Cameroun, quel constat faites-vous ?
De nos jours, nous assistons de plus en plus à une dynamique de révolution entrepreneuriale portée à vocation de faire du continent Africain une terre meilleure pour les années à venir. Ainsi, de nouvelles idées naissent, des pistes jusqu’ici restées vierges commencent à être explorées grâce à l’essor du digital et d’internet. Dans cette mouvance, nous constatons des initiatives exemplaires portées par la gent féminine. Les femmes représentent la moitié de la population africaine et produisent 62 % des biens économiques, mais elles ne sont que 8,5 % à être salariées. L’Afrique est devenue, en quelques années, le premier continent de l’entrepreneuriat féminin : 24% des femmes y créent une entreprise, soit le taux le plus important à échelle mondiale (en 2021). Activités rentables, outils nécessaires et questions de financements sont là des sujets qui intéressent le plus grand nombre.
Quel modèle de management préconisez-vous au Cameroun et en Afrique ?
Un modèle de management juste dans lequel chacun joue un rôle, partant sur des bases équitables.
A quelle(s) femme(s) pensez-vous pour illustrer un ou des modèle(s) de leadership au féminin en Afrique ? Quelles sont ses(leurs) particularités ?
Déjà, la liste ne saurait être exhaustive. Je vais plutôt citer des portraits de leadership qui m’ont marquée, moi : Rosa Parks Rosa Louise McCauley Parks, dite Rosa Parks [ɹoʊzə pɑɹks]1, née le 4 février 1913 à Tuskegee en Alabama (États-Unis) et morte le 24 octobre 2005 à Détroit dans le Michigan, est une femme afro-américaine, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, surnommée « mère du mouvement des droits civiques » par le Congrès américain. https://fr.wikipedia.org/wiki/Rosa_Parks
Oprah Winfrey Oprah Winfrey est une animatrice, productrice, actrice et éditrice. Elle devient la première femme afro-américaine millionnaire et l’une des personnalités médiatiques les plus riches et les plus influentes dans le monde. Mais sa réussite fulgurante ne lui fait pas oublier d’où elle vient, et elle nhésite pas à soutenir de nombreuses associations caritatives. https://www.elle.fr/Personnalites/Oprah-Winfrey
Vera Songwe Elle est une économiste camerounaise, dirigeante au sein d’institutions financières internationales, la Banque mondiale, puis la Société financière internationale. De 2017 à 2022, elle est secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique. Vera Songwe est la 9e Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), devenant ainsi la première femme à diriger l’institution en 60 ans. En tant que Secrétaire exécutive, les réformes de Songwe, axées sur les « idées pour une Afrique prospère », ont mis au premier plan des questions cruciales de stabilité macroéconomique, de financement du développement, de croissance du secteur privé, de pauvreté et d’inégalité, de transformation numérique, de commerce et de compétitivité. https://www.uneca.org/fr/secr%C3%A9taire-ex%C3%A9cutif/courte-biographie-de-la-secr%C3%A9taire-ex%C3%A9cutive
Ellen Johnson Sirleaf Surnommée la « Dame de fer », Ellen Johnson Sirleaf a été présidente du Libéria de 2006 à 2018. Avant d’assumer la présidence et de revendiquer le titre de première femme chef d’État du continent africain, Mme Sirleaf a été Ministre des Finances sous le régime de Samuel K. Doe. Pendant cette période, elle a été condamnée à 10 ans de prison pour avoir critiqué le régime. L’économie libérienne a prospéré sous Mme Sirleaf, jusqu’en 2014, date à laquelle l’épidémie d’Ebola a ravagé le Libéria et les pays voisins. En 2018, à la fin de son mandat, Mme Sirleaf a pu transférer pacifiquement le pouvoir à son George Weah – ce qui ne s’était pas produit entre les opposants politiques du pays depuis 1944. https://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/octobre-2020/les-premi%C3%A8res-femmes-dirigeantes-africaines-%C3%A0-la-tribune-des-nations-unies
Anne Zingha
Une figure centrale de l’histoire de l’Afrique Au XVIIe siècle, Anne Zingha règne sur les royaumes de l’actuel Angola et parvient à éviter la colonisation de son pays. Une icône angolaise et panafricaine de la résistance à l’impérialisme européen. Elle est un repère culturel, et une figure historique essentielle afin de comprendre la construction de l’identité angolaise. Durant la guerre de libération de l’Angola (1961 – 1974), sa mémoire a souvent été rappelée par les leaders de l’indépendance, qui l’ont érigé en icône. En 1975, à l’indépendance du pays, une statue a été érigée en son honneur à Luanda, comme symbole de la résistance et de la liberté. Mais l’esprit de résistance et de liberté de Zingha dépassera bientôt les frontières angolaises, devenant un symbole de la lutte contre la colonisation européenne. Et Anne Zingha incarne, aujourd’hui encore, une figure centrale de l’histoire de l’Afrique. https://www.jeuneafrique.com/549021/culture/angola-anne-zingha-reine-du-ndongo-et-du-matamba/
Taytu Betul
Chef de guerre et « Lumière » de l’Éthiopie Symbole du panafricanisme, Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie et siège de l’UA, a été fondée par une femme : Taytu Betul. La même qui avait joué un rôle fondamental dans la victoire éthiopienne face à l’invasion italienne, en 1896. Une dépendance inacceptable pour cette fervente nationaliste : « Vous voudriez faire passer l’Éthiopie pour votre protectorat, mais il n’en sera jamais ainsi », écrit-elle à l’ambassadeur d’Italie en 1890. À Makalle, c’est elle qui conçoit le plan qui offrira la victoire à l’armée éthiopienne. Une chose est sûre : l’Éthiopie est le premier pays africain à avoir vaincu une armée coloniale européenne. Cette victoire fut un exploit retentissant dans un continent en proie à l’impérialisme européen, qui reste aujourd’hui encore un symbole universel de la résistance africaine à l’envahisseur colonial. Et grâce au rôle déterminant qu’elle eut à cette époque charnière, Taytu Betul continue d’être acclamée comme « la Lumière de l’Éthiopie ». https://www.jeuneafrique.com/451777/societe/taytu-betul-chef-de-guerre-et-lumiere-de-lethiopie/
Les « Amazones du Dahomey », des femmes-soldats dans l’Afrique précoloniale Dans l’ancien Royaume de Dahomey, aujourd’hui le Bénin, une armée de guerrières défie tous les clichés sur les femmes. Plus fortes et plus vaillantes que les hommes, elles ne reculent devant rien. Ni l’ennemi, ni la mort. Elles se nomment les Mino, les colons leur donnent le nom d’Amazones. https://www.jeuneafrique.com/452511/culture/las-amazones-dahomey-armee-de-femmes-soldats-lafrique-pre-coloniale/
Miriam Makeba Une militante anti-apartheid et panafricaine. Polyglotte, favorable à l’adoption d’une langue africaine commune ainsi qu’à l’unité africaine, elle est tout naturellement invitée, en mai 1963, à se produire lors de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine à Addis-Abeba. Le siège de l’OUA n’est pas le seul lieu symbolique d’où elle s’exprime : discours anti-apartheid au siège de l’ONU en juillet 1963, puis en 1975 et 1976 en tant que déléguée Guinéenne, festival panafricain d’Alger en 1969, concert à Kinshasa avant le « Combat du siècle » en 1974, ou encore à Ouagadougou en 1986 lors du troisième anniversaire de la Révolution Burkinabé. Elle refoule sa terre natale après 31 ans d’exil en décembre 1990 après la libération de Nelson Mandela. La diva au plus de 25 albums – aux sonorités diverses et variées – aura rendu dans ses chansons hommage à diverses panafricains : Jomo Kenyatta, Patrice Lumumba, Samora Machel et bien sur Sékou Touré. Retraité en 2005 mais reste toujours disponible pour soutenir des causes importantes. https://www.jeuneafrique.com/370248/societe/jour-9-novembre-2008-miriam-makeba-donne-dernier-concert/
Pour revenir à un contexte plus local, échelle Cameroun et de cette génération, il y a de grands profils comme Dr Vera Songwe, Dr Wawo Guela, Dr Meka Esther, Adele Kamtchouang, Kate Fotso, Viviane Ondoua, qui sont de belles personnalités qui me façonnent au quotidien.
Quelle est la leçon de leadership qui vous a marquée au début de votre parcours ?
Tellement de lecons, mais je vais rester sur la centrale : « Chaque matin en Afrique, une gazelle se réveille et sait qu’elle doit courir plus vite que le plus rapide des lions pour rester en vie. Chaque matin en Afrique, un lion se réveille et sait qu’il doit courir plus vite que la plus lente des gazelles pour ne pas mourir de faim. » Il est à la fois simple, concrèt, métaphorique et fidèle à la réalité.
Parlons de l’écriture de ce dernier livre qui nous rassemblera ce 26 mars à 14h à la Fondation Tandeng Muna. Quel a été votre procédé d’écriture lors de la rédaction de ce livre ?
Principalement, mon expérience. J’estime que c’est une grâce d’avoir le parcours que j’ai et que ce serait bien de permettre à plus de monde d’avoir cette chance. Chaque leçon du livre comme vous le verrez, sera certes générique au départ, mais s’inscrit dans une logique hyper pratique de la vie de tous les jours, car ce sont des problèmes que nous rencontrons au quotidien. Parfois, on ne les identifie pas directement, ou alors on est trop affaibli pour avoir le recul de les aborder. Mais rappelez-vous : quand le jour se lève, il est temps de courir.
Votre mot de fin ?
Chère sœur, mère, fille, prends ta vie en main ! Quel que soit ce que tu as prévu de faire ce jour, commence le maintenant, car demain ne t’appartient pas et le monde a faim de tes réalisations. Cher frère, papa, fils, le monde a besoin de toi, l’Afrique a besoin que tu te lèves pour elle et que tu coures pour la rendre meilleure. A nous tous, je demanderais de « vivre comme si nous devons mourir demain et apprendre comme si nous devons vivre toujours. »
Fondatrice du Centre Juniors qui regroupe une crèche, une bibliothèque et propose plusieurs activités ludiques.
Présidente fondatrice de l’association Light Up œuvrant dans la prise en charge et l’accompagnement des enfants en situation de handicap et de leurs familles.
Coach parental dans l’accompagnement des familles vers une Parentalité Positive et Épanouie (PPE).
Prince Arnie MATOKO est né à Pointe-Noire, le 05 juin 1982, d’un père congolais et d’une mère congolaise d’origine angolaise. Orphelin très tôt de père, il fait son cycle primaire et secondaire dans sa ville natale. Après l’obtention, en 2005, de son Baccalauréat série A4 Lettres, il s’inscrit à Brazzaville, la même année, à la Faculté de droit de l’université Marien-Ngouabi. Titulaire en 2009 d’un Master en droit public en Etudes Internationales et communautaires, il est sélectionné la même année Major par le CICR Congo, parmi quatre lauréats, pour représenter son pays à Niamey, à la troisième édition du Concours régional francophone de plaidoirie sur le Droit International Humanitaire. En 2011, il réussit, en tant que Major de la promotion, au concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), filière magistrature.
Depuis 2014, il exerce ses fonctions de magistrat. Père de trois enfants, il est juriste de formation, magistrat, Procureur de la République près le Tribunal Administratif de Brazzaville, Enseignant à l’Université Marien Ngouabi (Faculté de droit), à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature, à l’Université Henri Lopes, et dans d’autres Instituts privés d’enseignement supérieur.
Passionné de littérature depuis les bancs du collège, il est l’auteur d’une production importante. Il est poète, moraliste, nouvelliste et romancier. Son œuvre est très souvent saluée par la critique.
Depuis 2016, Prince Arnie MATOKO se consacre à la littérature. Il écrit des livres et participe à plusieurs anthologies de littérature. Il est actif dans plusieurs festivals littéraires tant sur le plan national qu’international. Il est lauréat de plusieurs prix et distinctions littéraires. Selon Noël Kodia-Ramata, écrivain et critique littéraire, Prince Arnie Matoko est : « l’un des grands noms de la nouvelle génération des écrivains congolais ».
PRIX ET DISTINCTIONS
Prix MONGO BETI, décerné pour l’ensemble de son œuvre, par l’Association des Jeunes Écrivains et Artistes du Congo, 2018.
Prix Mila du livre francophone, mention spéciale 2022, décerné par le MILA pour son livre intitulé « Entre les lignes du silence ».
Prix Tchicaya U’Tamsi de l’espoir poétique, décerné par l’Association internationale TCHICAYA UTAMSI, 2023.
Médaille d’honneur du Festival International du Livre gabonais et des Arts (FILIGA), Libreville, 2022.
Médaille d’honneur du Meeting International du livre et des Arts Associés (MILA), Abidjan, 2022.
Chevallier des Arts et des Lettres, Plume d’Ivoire de la Poésie décernée par la Ballade des Idées pour l’ensemble de ses œuvres et contributions à la Ballade des Idées, 2019.
Grand Prix SIILY, décerné par l’Association des Professionnels de l’Industrie du Livre, pour son dévouement au livre dans plusieurs pays, 2024
Grand prix international Johannh Brand, 2024 ;
Prix de l’Ambassadeur des Éditions Renaissance Africaine, pour son dévouement, son savoir-faire et surtout pour son rayonnement sur la scène littéraire, Brazzaville, 2024 ;
Prix Mila d’honneur 2024, décerné par le MILA, au Grand-Bassam, 2024.
Chevallier des Arts et des Lettres, Plume d’Ivoire de la Poésie, décerné par la Ballade des Idées pour l’ensemble de ses œuvres et contributions à la Ballade des Idées, Paris, 2019.
Grand Prix PlumArt-Z Est 2024, décerné par les Editions PlumArt-Z pour l’ensemble de son œuvre et pour la reconnaissance de son influence dans la littérature congolaise d’expression française, Brazzaville, 2024.
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
– POÉSIE
Mélodie des larmes, Chapitre.com, Paris, 2016.
Sous les ailes de l’aurore, Les Éditions du Net, Paris, 2016.
L’enfant de l’or noir et du sel, Edilivre, Paris, 2016.
Lettres de sang, Renaissance Africaine, Paris, 2018.
Entre les lignes du silence, Le Lys Bleu, Paris, 2020.
Et si je t’aime, Renaissance Africaine, Paris, 2023.
Entre les lignes du silence (réédition), Saint Graal, Abidjan, 2024.
– NOUVELLES
Un voyage à New-York, L’Harmattan Congo, 2016.
La colère du fleuve, Renaissance africaine, Paris, 2018.
– MAXIME
Ces fruits de mon jardin intérieur, Edilivre, Paris, 2016.
– ROMAN
Le livre de ma grand-mère, Renaissance Africaine, Paris, 2023.
Participation aux anthologies
Anthologie des Nouvelles Africaines, Celle qui allait danser avec les morts et autres nouvelles, Collectif, Parangon Editions, Abomey-Calavi, 2023.
La Poésie congolaise en mouvement, analyse de 20 auteurs, de Noël Kodia-Ramata, Cécile Langlois, Paris, 2022.
Anthologie de la poésie sénégalaise-congolaise, 2020.
Plumes fécondes, la beauté de la littérature congolaise et dailleurs, d’Aubin BANZOUZI, 2019.
Elégies pour le Prince de MBeti, hommage à Ernest Bopoma, de Jessy Loemba, 2019.
Anthologie analytique de la nouvelle génération des écrivains congolais de Noel Kodia-Ramata, 2018.
PARTICIPATION À DIFFÉRENTS FESTIVALS ET SALONS DU LIVRE
Journées du Livre organisées par la Grande Bibliothèque Universitaire de l’Université Marien Ngouabi, 2024.
Salon International des Industries du Livre de Yaoundé, Yaoundé, 2024.
Journées portes ouvertes organisées par les Editions Harmattan-Congo à l’honneur de l’Ecrivain Prince Arnie MATOKO, 2023.
Festival International des Fous du livre, Yaoundé, 2023.
Salon du Livre Africain de Paris, Paris, 2023.
Festival International du livre et des arts assimilés du béninois (FILAB), Cotonou, 2023.
Festival International du Livre gabonais et des Arts (FILIGA), Libreville, 2022.
Meeting International du livre et des Arts Associés (MILA), Abidjan, 2022.
Forum des Acteurs de l’industrie du Livre de Yaoundé (FORALY), Yaoundé, 2022.
Salon du Promoteur Littéraire Online (SAPLO), salon en ligne organisé par l’association littéraire camerounaise ACOLITT, 2024
Participation aux différents jurys de prix littéraires
Membre du jury du Grand Prix littéraire de la jeunesse décerné par l’Harmattan-Congo, République du Congo, 2024.
Président du jury du Prix Francis Bebey décerné par le Festival International des Fous du livre, Yaoundé, Cameroun, 2023.
S’il y a bien une chose qui manque à la littérature ivoirienne, c’est le marketing.
Bonjour, Nincemon FALLE et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Vous êtes, depuis le 20 février 2024, le Prix Voix D’Afriques, ce prix promu par RFI et Les Editions JC Lattès en partenariat avec La Cité Internationale des Arts à Paris. Ces soleils ardents est votre roman qui vous a valu ce sacre. Vous êtes un Ivoirien de 22 ans, vous vivez à Yopougon et vous êtes Graphic designer. Vous êtes passionné de bandes dessinées, mais vous avez choisi la fiction pour vous exprimer.
Nincemon Fallé, qu’est-ce que cela fait d’être le Prix Voix d’Afriques 2024 par le roman ?
Vous imaginez bien que je suis très heureux et fier de recevoir ce prix, qui représente à la fois un billet d’entrée non négligeable dans la sphère littéraire et un premier gage de légitimité. C’est tout simplement un rêve éveillé. Je regarde tout cela d’un œil amusé et avec une certaine distance, comme si je ne réalisais pas encore complètement qu’il s’agit bien de moi.
« Ces soleils ardents » met en exergue l’amitié entre deux Ivoiriens, leurs attentes… Nincemon Fallé, racontez-nous les contours de « Ces soleils ardents ».
Ce roman est d’abord une conversation que j’ai initiée avec moi-même, confrontant à la fois mes plus grandes insécurités et celles que j’observais chez les jeunes de ma génération. J’avais le sentiment qu’ici on ne parlait pas réellement de ce moment de flou, cette ligne trouble entre l’enfant et l’adulte. C’est devenu une sorte d’obsession de créer des personnages qui surmontent cette période d’incertitude et se construisent en tant qu’adultes, sans trahir leurs rêves. Iro et Thierry sont les deux faces d’une même pièce, et cette amitié parfois difficile est aussi ce qui les aide à avancer, car justement ils se renvoient leurs propres expériences comme des miroirs.
Avez-vous des petites manies ou un procédé d’écriture particulier lorsque vous écrivez ?
J’en ai tellement, un peu comme tout écrivain, je pense. Je peux citer le fait que je trouve toujours le titre du livre avant même d’avoir réellement l’histoire. Je n’écris jamais sans avoir quelque chose de sucré et de doux à côté, un petit gâteau, un jus de fruits. Je lis aussi beaucoup quand j’écris, car cela fait du bien de sortir de ses propres mots pour se plonger dans ceux d’un autre auteur ou autrice.
Comment décrivez-vous la littérature en Côte d’Ivoire ?
Florissante. Pendant longtemps, je n’ai lu que des livres ivoiriens avant de m’ouvrir radicalement à la littérature étrangère. Après, rien n’est parfait. Le milieu de l’édition se développe lentement, peut-être trop lentement. Le public ne suit pas forcément, car on associe encore trop la littérature à l’école, à une corvée. Je dirais que s’il y a bien une chose qui manque à la littérature ivoirienne, c’est le marketing.
Lisez-vous les jeunes auteurs d’autres pays d’Afrique ? Lesquels ont marqué vos expériences de lecture ?
Beaucoup d’auteurs du côté du Nigeria. Le plus récent que j’ai lu, c’est Chigozie Obioma. Son premier roman, « Les Pécheurs », m’a bouleversé comme rarement un livre ne m’a bouleversé.
Quels conseils donnez-vous aux jeunes auteurs et aux auteurs en herbe ?
Lisez beaucoup. Notez toujours vos idées, la moindre étincelle d’intrigue peut donner lieu à de grandes histoires. Ne sacrifiez jamais l’écriture pour rien au monde. Certains écrivains aiment planifier tout dans le détail, et d’autres se laissent porter par leurs personnages, mais quelle que soit la catégorie dans laquelle vous vous trouvez, il est important d’apprendre les bases de l’écriture, et pour ça, Google est votre meilleur ami.
Quelles sont vos attentes en tant que Prix Voix d’Afrique ?
C’est le début d’une grande aventure, je l’espère. Comme j’espère que les lecteurs se reconnaîtront en mes personnages.
Votre dernier mot pour le jury du Prix Voix d’Afrique 2024, pour les promoteurs et les acteurs du livre en général ?
Merci de m’avoir lu. Merci de donner la chance à de nouvelles voix d’éclore et de continuer de croire en la littérature africaine. Ce n’est que le premier roman.
Karolyn KOUAKAP est éprise de mots depuis le Lycée. Elle fait ses premiers pas au sein du Club poésie du Lycée de Mballa 2 à Yaoundé, où elle remporte des prix scolaires (2006/2007).
En 2015, elle publie son premier recueil de poèmes, « Cogito ». Elle est coautrice de plusieurs anthologies dont « Ce soir quand tu verras Patrice », sous la direction de Josué GUEBO et « La chaleur des mots », sous la direction d’André NGOAH.
En 2018, elle fait la rencontre de Lydol, la célèbre slameuse, et participe à plusieurs ateliers et spectacles.
Karolyn KOUAKAP est membre du collectif 237 paroles. Demi-finaliste au Concours National de Slam Poésie (2020), elle organise depuis lors divers spectacles de slam, participe à des festivals (Festival International Slameroun, Festival PluriElles, Festival International du Livre Gabonais et des Arts, etc.) et anime des ateliers sur la poésie et le slam.
En 2022, elle prend part à une Masterclass d’écriture à Suza avec le Capitaine Alexandre, Hemley Boum, Anne Sophie Stefanini…
En 2023, elle publie « Celle qui vient de mars » dans Mozaïk 9, International magazine of the Indian Ocean ;
et son second recueil de poèmes D’amour et d’espoir, aux éditions Lupeppo à Yaoundé.
Karolyn KOUAKAP est une guerrière des mots, une femme forte à l’âme sensible et rebelle qui, sans faille et sans flemme, s’enflamme contre les maux ; mots pour mots. Elle tient les rênes du Cercle Littéraire des Jeunes du Cameroun (CLIJEC) depuis 2023.
J’aime être seul quand j’écris. J’aime le silence. J’aime aussi travailler au bord de la mer ou sous une tente, éloigné du monde.
Bonjour, BEYROUK et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Vous êtes, depuis le 29 février 2024, le Prix LES AFRIQUES 2023, ce prix promu par l’association littéraire La CENE Littéraire. « Saara » qui a paru en 2022 chez Elyzad est votre roman qui vous a propulsé vers ce sacre. Vous avez sept autres romans dont le premier, Et le ciel a oublié de pleuvoir, a paru en 2006 chez Dapper.
BEYROUK, qu’est-ce que ça fait d’être Le Prix LES AFRIQUES 2023 ?
Je l’ai très bien reçu, bien sûr. Certes les prix ne sont pas toujours marques de l’excellence, et on voit de grands ecrivains dépourvus de toute distinction, mais il reste qu’ils offrent toujours une certaine jouissance, égocentrique, peut-être. Cela dit, j’ai déjà reçu plusieurs prix littéraires.
Dans « Saara », vous dénoncer des inégalités en mettant en exergue la méditation, l’apport de chaque lecteur. On voit bien qu’ici, le lecteur ne subit pas vos écrits, vous écrivez en quelque sorte un livre participatif. Que signifie « Saara » pour vous et comment arrive-t-on à transcender le côté un peu égoïste de l’écrivain ?
Je ne sais si mon roman est « participatif » et je ne peux prétendre ne pas rester toujours un peu « égoïste » comme le sont toujours au fond un peu tous les ecrivains. En vérité, je m’écris, et en m’écrivant, je m’interroge et interroge donc les autres. Pour la signification de Saara, il s’agit d’un prénom, Sara ou Sarah, mais nous le prononons ici avec un fort accent sur le « a ». Sara fait penser aussi à « Sahara », cet endroit qui m’habite.
Avez-vous des petites manies ou un procédé d’écriture particulier lorsque vous écrivez vos romans ?
J’aime être seul quand j’écris. J’aime le silence. J’aime aussi travailler au bord de la mer ou sous une tente, éloigné du monde.
Comment décrivez-vous la littérature en Mauritanie ?
La littérature mauritanienne est diverse et multilingue. La majorité de nos écrivains sont arabophones, et sur ce plan, nous possédons de très bons poètes qui se sont illustrés sur la scène littéraire arabe, comme Ahmadou Abdelkader, Abu Cheja ou Mohamed ould Taleb . En Français, nous avons des auteurs comme Idoumou, Moussa Diagana, Moussa ould Ebnou ou Mariem Darwich qui sont excellents. Je n’oublie pas la poésie traditionnelle, qui mérite tous les respects.
Lisez-vous les jeunes auteurs africains ? Lesquels ont marqué vos expériences de lecture ?
Peut-être que je ne lis pas assez de jeunes auteurs africains… Merci de m’avoir secoué à cet égard. Mais à ce titre, je dirais que j’adore l’écriture de Mbougar Sarr qu’on ne présente plus et de Khalil DIALLO, tous deux Sénégalais. Mais ce n’est pas à cause du voisinage que je dis cela, pas du tout. Pour l’avenir, je ferai un effort pour découvrir plus de jeunes talents africains, je vous assure.
Quels conseils donnez-vous aux auteurs qui débutent leur carrière ?
Pour les auteurs débutants, je conseillerais d’abord de regarder autour d’eux, d’écrire leur monde, ce qu’il a été, ce qu’il est, ce qu’il devrait être ; de ne point singer les « grands écrivains » ; de lire beaucoup mais d’oublier l’écriture des autres ; de se forger une personnalité littéraire, sans fausse affectation.
Votre mot de fin pour le jury du prix les Afriques 2023, pour la CENE Littéraire et les acteurs du livre en général ?
Je ne saurais que féliciter les prestigieux membres du jury qui m’ont choisi parmi tant de talents qui auraient été pour la plupart d’excellents choix. Je félicite la CENE littéraire pour le travail immense et généreux qu’elle mène en faveur de la littérature. Je pense que les acteurs du Livre en Afrique portent sur leurs dos un immense fardeau, celui de l’avenir de nos cultures, un avenir primordial pour notre développement et l’épanouissement de nos peuples. Ils se doivent de mener beaucoup plus d’efforts.
Nous vous remercions pour votre participation. Vivement les échanges littéraires autour de Saara.
L’édition au Cameroun soufre aussi d’un grand déficit d’ouverture au monde ; pourtant nous sommes à l’ère du numérique.
Pierre Sonore DJIOGUE, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.
Je suis Pierre Sonore DJIOGUE, né DJIOGUE TAZUFOUO Pierre Sonore, jeune camerounais originaire de Batcham dans les Bamboutos. Je suis enseignant des lettres et chercheur en Analyse du Discours à l’Université de Douala. Mon amour pour la littérature en général et l’écriture en particulier s’est développé dans l’exercice de la profession, grâce à l’analyse des textes que j’étais appelé à enseigner aux apprenants. J’aime tout ce qui est créativité, innovation. J’aime impacter positivement mon milieu. Pour le moment, l’enseignement et la recherche sont ce qui occupe le plus mon quotidien. Mais par passion, je trouve un peu de temps pour écrire.
« Les civilisés » et « Une vie, un destin » sont vos premiers romans. Ils ont paru aux Editions de midi au Cameroun. Quelle est votre expérience de l’édition au Cameroun ?
Je parlerai d’une expérience mitigée, pour ne pas dire mauvaise. J’entre dans la scène littéraire en 2020 avec deux romans à compte d’éditeur. Malheureusement, que ce soit dans mon cas ou celui des confrères publiés par d’autres éditeurs, les écrivains ne sont pas assez accompagnés par la majorité des éditeurs.
De même, je pense humblement que le secteur de l’édition doit être restructuré pour répondre aux normes internationales en termes de qualité du produit, de traçabilité dans l’écoulement des livres et de droits d’auteur, pour ne citer que ceci. L’éditeur reste le seul à pouvoir déclarer les ventes. Et même pour celles déclarées, les droits d’auteur ne sont pas toujours une garantie. L’édition au Cameroun souffre aussi d’un grand déficit d’ouverture au monde ; pourtant nous sommes à l’ère du numérique.
Votre nouveau roman, « Les hommes maudits », est sur la scène littéraire depuis quelques mois. Pierre Sonore DJIOGUE, « Les hommes maudits », de quoi s’agit-il ?
Les hommes maudits est un roman inspiré des situations variées de femmes maltraitées dans leurs foyers, malgré leurs efforts à conserver la stabilité et le développement du couple. Il peint la condition de la femme camerounaise, mais surtout de la femme en général. C’est un voyage au cœur des émotions et des sensations de ces femmes violentées, muselées, martyrisées, exploitées avec la complicité de la belle-famille, mais qui supportent par amour pour les enfants.
Il veut nourrir chez elles de l’audace, l’esprit d’éveil, mais surtout, il veut que leurs voix portent, s’élèvent contre ces violations dont elles sont victimes au quotidien mais n’en parlent pas. Le roman fait également une incursion dans le monde de la prostitution/infidélité pour explorer ses différentes formes et ses conséquences sur la vie conjugale. L’avenir des enfants nés de tels foyers est aussi au centre des récits dans cet ouvrage.
Avez-vous des manies à respecter absolument lorsque vous écrivez vos romans ? Quel est le procédé d’écriture adopté pour les trois ?
Tout commence chez moi par l’observation, une observation critique puisque la société est ce qui m’inspire le plus. Une fois qu’une situation m’inspire, je définis la finalité de ma production. En troisième lieu, je récence l’essentiel des idées et des scènes à développer pour atteindre mon objectif, puis, je les organise selon un plan détaillé en fonction de la cohérence que je veux donner au texte. Viens enfin le moment de la rédaction qui ne sera que le développement des idées. Notons qu’il arrive des moments où il est important de faire des recherches sur une question pour mieux l’élaborer.
En tant qu’auteur, que pensez-vous de l’espace littéraire camerounais ?
L’espace littéraire camerounais est un immense champ fertile plein de génies de la plume. Je me reserve de citer ces grands noms que tout le monde connaît, qui ont glané des prix à l’international ; ces grands noms qui font leurs preuves même sans prix, puisque tout le monde ne peut pas être lauréat. C’est la preuve qu’il y a de l’espace pour la littérature camerounaise sur le plan africain et même mondial. Cependant, il reste des choses à améliorer en terme d’édition pour que les auteurs vivent de leur plume ; en terme de formation, pour davantage avoir des textes finis et compétitifs ; en terme de communication, pour intéresser les lecteurs.
Avec quel acteur du livre, peu importe la nationalité, aimeriez-vous passer une journée à parler de littérature ?
Question difficile à répondre spontanément. J’apprécie la simplicité et la clarté narratologiques de Djaili Amadou Amal, j’ai découvert une stratégie narrative impressionnante à travers le dialogue chez Marc Levy, mais la grande connaissance et la pertinence de Ray Ndebi me charment encore. J’aimerais profiter de ses talents de pédagogue qui rend l’écriture évidente. J’aimerais profiter davantage de sa grande maîtrise et de sa vaste connaissance non seulement en écriture mais en littérature dans tous ses sens.
Votre mot de fin ?
Merci à ACOLITT pour l’opportunité offerte de m’exprimer à sa communauté. Les critiques constructives sur mes textes me permettront de m’améliorer et d’offrir le meilleur.