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  • NGUGI WA THIONG’O S’EN EST ALLÉ

    Ngũgĩ Wa Thiong’o, l’homme qui était devenu une source…

    De lui, nous retenons la capacité à rester grand en suivant son propre rêve, un rêve nommé Afrique, qu’il a porté à chacune de ses pages…

    « Belief in yourself is more important than endless worries of what others think of you. Value yourself and others will value you… » Voilà ce qu’il rappelait il y a 15 ans, depuis les profondeurs d’une âme libérée et épanouie.

    Aujourd’hui encore nous nous battons pour qu’au cœur du Livre de Qualité, la Qualité de l’Être (auteur ou personnage) soit la priorité. L’héritage de Ngũgĩ Wa Thiong’o est immense et doit se vivre de l’intérieur, loin de la quête effrénée des distinctions proposées en-dehors de la reconnaissance authentique de la valorisation de soi.

    Nous ne pleurons pas ce monument érigé dans l’esprit de nos plumes, nous célébrons une vie qui se poursuit avec grandeur et fierté.

    Sois en Paix, Génie d’Afrique.

    Ray NDEBI




    Les enregistrements gratuits se poursuivent ici


  • Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 2025 : Et si nous parlions du droit du lecteur ?

    Quand il s’agit de droit d’auteur, plusieurs questions se soulèvent et toujours nous tournons autour des mêmes préoccupations : Quand vais-je toucher mes droits ? A combien s’élèvent-ils ?
    Si ces questions sont légitimes, arrêtons-nous un instant, quittons l’auteur, rejoignons le livre et posons-nous une seule question : Quel livre mérite-t-il ce droit ?

    Le livre, nous le rappelons, est un outil d’apprentissage autant pour l’auteur que pour le lecteur qui doit voir son droit à la lecture respecté avant toute chose.
    La plupart des livres publiés actuellement sont d’une qualité à revoir et les observations au niveau de l’édition ne semblent pas conduire vers l’amélioration des productions.

    L’éditeur a le devoir de verser à son auteur des droits, peu importe la qualité de ses textes, puisqu’il a accepté de les publier comme ils se présentent ; mais plus loin, il faut se demander si cet éditeur a respecté le lecteur. Devrait-il seulement être présenté comme éditeur ?

    L’auteur qui confie son travail à l’édition s’attend, dans la majorité des cas, à un professionnalisme qu’il pourra porter avec fierté en public. Bien entendu, il est des auteurs qui se jugent au-dessus de toute relecture et imposent leurs manuscrits que les éditeurs transmettent directement à l’impression.

    Un jour, une dame a dit qu’on n’avait pas à respecter le droit de quelqu’un qui n’a pas respecter celui d’un autre. Et si on appliquait aussi cela au livre ? Qu’en est-il du droit du lecteur ? Ne devrait-on pas commencer par recommander aux éditeurs de respecter le Livre ?

    Nous méritons le must pour le travail de créativité que nous réalisons, à condition que cela ne nuise pas, dans sa forme la plus élémentaire, au lecteur qui ne demande qu’à apprendre. Les sujets et les thèmes sont libres ; mais le respect de l’écriture, pour le bien de nos enfants et des lecteurs en général, doit être garanti.  

    Ray NDÉBI




  • Semaine du Critique Littéraire Online (SECRILO) : Une première édition pour un regard autre sur la critique littéraire


    Si le livre et la lecture sont de plus en plus mis en avant, promus à travers le monde, présentés comme les clés de l’amélioration de la condition humaine, soutenus comme des outils majeurs pour l’éducation de qualité, il continue de se poser la grande question de leur qualité propre ; notamment concernant leur capacité à remplir le rôle qui leur est attribué.
    C’est ici qu’intervient la critique littéraire, et le regard que la scène littéraire lui porte, de façon globale porte sur le jugement des œuvres qui constituent sa substance.

    CE QUI SEMBLE NE PAS SATISFAIRE


    Du critique littéraire, il a toujours été espéré un regard qui permette au livre de s’épanouir et porter haut et loin, par-delà les frontières et les ressentis propres à son auteur, les perspectives d’une culture, d’un contexte et d’une ambition qui ne sauraient se limiter à la publication d’un livre pour un public bien souvent prédéfini.


    En réalisant que l’intérêt est surtout pour les livres dits des grands éditeurs (occidentaux) et quelques rares des personnes qui leur sont intimes, le public a commencé à perdre foi en la voix de ces personnes censées les orienter quant aux lectures, et leur indiquer aussi le niveau actuel de l’écriture sur le continent. Au Cameroun où les exigences sont de plus en plus marquées, parfois confondues à des questions personnelles entre les critiques et les auteurs, la situation représente une véritable crise pour l’épanouissement de la Littérature.

    L’IDEE DE LA SECRILO


    Il était donc urgent de mettre sur la table ces questions qui fâchent, les présenter à la scène globale du livre, afin de réaliser ensemble une ouverture vers une critique littéraire saine et constructive.


    L’équipe d’ACOLITT a pensé à rien de moins qu’une série d’échanges autour des divers aspects de la critique littéraire, en prenant le soin de donner la parole à chaque maillon de la chaîne du Livre, pour qu’elle puisse exprimer sa propre expérience de cet exercice si particulier.

    Du 21 au 26 avril 2025, les rencontres s’enchaîneront avec des panélistes de divers horizons, d’Afrique et d’ailleurs, professionnels du livres et observateurs passionnés.


    ACOLITT s’est surtout penchée sur l’authenticité de ce qui pèse sur le livre, du point de vue de la critique littéraire, pour ouvrir les discussions autour des divers thèmes qu’elle a proposés et auxquels les participants ont adhéré, chacun en fonction de ses compétences et de la nécessité d’un discours approprié, afin de faire entendre sa voix et faire suivre son regard.

    VERS UN LIVRE ÉPANOUI


    Le rappeler ne serait jamais assez : le Livre a besoin de s’épanouir pour librement s’affirmer. Contrairement aux décennies précédentes où peu de livres d’auteurs africains circulaient sur le continent, nous observons des milliers de publications par an. Ceci conduit à une conclusion simple : les plumes ont de plus en plus besoin de s’exprimer. Leur encadrement passe donc aussi par l’identification des ressources capables de les porter, avec leurs forces et leurs faiblesses, vers leurs ambitions.


    La SECRILO (Semaine de la Critique Littéraire Online) apparaît alors comme un outil de mise en lumière et d’apaisement ; il faut le dire, là où vient la critique littéraire, viennent d’abord les conflits, et très souvent d’égos. La nécessité d’échanges ouverts s’impose naturellement, si l’on comprend que les attentes des uns doivent s’harmoniser avec les exigences des autres. Sans cela, le rêve du livre de qualité continuera de se vivre dans un rêve sans perspective de se réaliser pleinement.


    L’espoir qui repose sur cet événement exclusivement en ligne (pour permettre à tout le monde de le vivre), soulève un intérêt vital pour la (re)construction d’une Littérature qui reconnaît et apprécie les valeurs du Livre de façon objective et libre. Toutes les races, nationalités, terres, sensibilités qui ont accepté d’enrichir cette semaine à venir, sont d’une passion à saluer et surtout à recommander.

    Ray N




  • Instant dédicace : Pam NDJEN et Le dresseur de fauves

    Le 09 avril 2025, dans le cadre du programme L’Aprèm du livre organisé par le Goethe-Institut Kamerun, nous avons pris plaisir à écouter et découvrir la littérature fantastique de Pamela BANIMBECK, de son nom d’auteure Pam NDJEN.

    Sous la modération de la communicatrice et maîtresse de cérémonie Ruth TARKANG et sublimé par la note de lecture de madame Christelle Flore A., ce moment a été une immersion dans le tome 1 du troisième roman de l’auteure : Le dresseur de fauves.
    Elle a eu l’occasion de nous préciser le pourquoi, le pour quoi, le comment… de son écriture sous un type de littérature très peu abordé dans notre contexte.

    Alors… Vous êtes un adepte de la littérature fantastique ou vous souhaitez la découvrir ? Le dresseur de fauves coûte 5.000 FCFA. Il est disponible auprès de l’auteure que vous pourrez suivre ici.

    Acolitt, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com




  • HOW I MET BOOKS  |  Maxwell NDZENGUE, poète camerounais

    Je me souviens de ce jour comme une date d’anniversaire !

    A ma tendre enfance, tout ce qui m’intéressait étaient les vêtements de Noël et les beignets aux sorties des messes. Je ne portais aucun intérêt pour le livre. Je trouvais le livre parfois trop volumineux et parfois très fatidique. Bien que mon père avait un endroit où il rangeait ses livres, dans une armoire au salon ; mon regard ne se posa jamais à cet endroit.


    Mon tout premier contact avec le livre était en classe de 6ème Bilingue, où « literature Awareness » était une matière de base. C’est ainsi que je me suis plongé dans la lecture de The Youngest King of Hunters de Jephtah Sotabinda. La lecture de cette œuvre m’a permis de côtoyer peu à peu le monde littéraire, car je pouvais désormais voyager sans me déplacer. A cette époque, je n’étais pas fan de voyages routiers car je souffrais, selon les médecins, du « mal de la voiture ». C’est alors que je commençai à devenir l’ami des personnages, connaitre leur vie, leur émotion, leur quotidien.


    Mon appétit pour le livre commençait déjà à se faire ressentir à l’adolescence. Je me suis lancé dans la lecture des histoires romantiques, comme True love waits de Pochi Tamba, Betrodal without Libation de Bole Butake, La fille d’Ebène d’Emmanuel Afane Ze, qui me mettaient la puce à l’oreille, et d’où je puisais mon inspiration pour parler aux plus belles filles de la classe. Tout à coup, la mini bibliothèque de mon père devint pour moi une île où je côtoyais mes amis les livres.


    Le déclic, c’est quand je me suis intéressé aux livres poétiques. Directement je me suis lâché dans les bras de Paroles de Jacques Prévert, et Alcools de Guy de Maupassant, ce qui a réveillé un talent qui sommeillait en moi : celui d’écrire des poèmes. J’ai commencé à écrire des poèmes pour ma muse, ensuite pour les fléaux qui écorchent la société. En lisant des livres, j’ai commencé aussi à écrire. Depuis lors je n’ai pas cessé de lire et écrire. Merci au livre qui m’a permis de me sentir libre.




  • HOW I MET BOOKS  |  ZOBO Angeline, élève en classe de Première, série Industrie d’habillement

    Je suis ZOBO Angeline, élève en classe de Première IH à  Monatélé. Je suis une jeune passionnée de lecture. J’ai toujours été une personne ouverte aux autres et je parle très bien avec ma langue maternelle. Je suis autant passionnée de la lecture que de l’écriture. Je serai bientôt, je l’espère, l’auteure d’un roman.

    Avec le temps, ma confiance en moi a grandi grâce à la lecture et à mes écrits. Je continuerai à écrire, car chaque mot que je couche sur du papier est une étape vers la réalisation de mes rêves littéraires. Chaque page tournée est un hommage à cette petite fille qui a éveillé ma curiosité et ma passion pour la littérature.

    Aujourd’hui, en tant qu’amoureuse des mots, je me rends compte que rien n’est facile, mais la lecture, elle, est une facilité pour moi. Elle est riche d’expériences précieuses qui me conduisent vers l’accomplissement de mon rêve.




  • HOW I MET BOOKS  |  Maeva GUEDJEU, étudiante à Ottawa, auteure en herbe

    Je suis Yacinthe Maeva Guedjeu, étudiante en école de Travail Social à l’Université d’Ottawa. J’ai fait des études de littérature à l’Université de Douala. Je suis passionnée de l’art depuis mon plus jeune âge. Tout ce qui émanait de la créativité m’a toujours fascinée : les douces mélodies, les peintures, le dessin, la danse, mais particulièrement la beauté des mots.

    J’ai fait la rencontre avec le livre deux fois au cours de ma vie. La première était comme une évidence. Moi, enfant, sautant d’une bande dessinée à l’autre ; je semblais être née pour cela. Jamais personne n’a vraiment questionné ce lien, ni mes parents ni moi.

    Adolescente, entre les Harlequins, les collections interminables de Barbara Cartland et mes livres au programme que je grignotais toute la journée, la lecture était devenue banale. Je lisais par habitude. C’était aussi banal que de laver la vaisselle le matin. On ne se pose pas de question. On le fait tout simplement.


    À l’Université, j’ai redécouvert les livres. Je réalisais alors qu’au-delà de la beauté des mots, le livre était un engagement envers soi-même, envers les codes du milieu littéraire et envers l’humanité. Je les voyais désormais comme des voix inspirantes et je souhaitais joindre ma voix à cette symphonie. Désormais, je disséquais les livres avec un regard chirurgical. Je souhaitais comprendre quelle formule utilisaient les grands auteurs pour produire des émotions. Plus je découvrais des choses, plus j’apprenais à être moi-même. Plus je lisais, plus je découvrais les livres qui manquaient à mon chevet. Et c’est ceux-là que je devais écrire finalement. Je me suis découverte au travers des milliers de livres. Page après page, après chaque morceau de l’expression humaine que je rencontrais, se formait ma véritable identité. Une fresque. Une immense fresque inachevée.

    Le livre a fait de moi un brouillon qui se réinvente tous les jours.




  • HOW I MET BOOKS | Ray NDÉBI, auteur, coach creative writing & reading, traducteur camerounais

    Les livres, je suis né avec. Le paquet minimum apprêté pour ma naissance comportait un livre. je le sais, parce que ma mère lisait, peu importe la situation… J’ai donc rencontré très tôt la Littérature…
    Ma mère et ses sœurs étaient des lectrices insatiables qui se racontaient leurs pages, et moi j’appréciais la qualité de leur verbe. Je les admirais, espérant dans le plus grand secret que je serais un jour à même de construire un discours aussi riche et raffiné… Notre bibliothèque avait un ordre bien particulier, dont je ne peux que me souvenir pour l’avoir consultée dans un sens puis dans l’autre. A l’entrée, les livres de cuisine de ma mère, puis ceux sur la réussite du mariage près des ouvrages de Jacques Attali et quelques essais sur la politique et l’économie du Cameroun ; plus bas, Mongo Beti et Main basse sur le Cameroun, Dikongué Pipa, Amadou Diallo et son douloureux La mort de Diallo Telli qui m’a filé des cauchemars dans l’adolescence. Il m’a fallu aller à Conakry pour guérir du Camp Boileau. D’autres livres sur Amadou Ahidjo étaient adossés au Libéralisme communautaire de Paul Biya…


    Et en face de la porte principale, dans la salle de séjour, d’autres livres, de la Littérature pure… Le coin favori de ma mère pour les romans, et de mon père pour le whisky. Ma grande passion pour les deux vient de là. A chaque fois que je me rapprochais des livres, je me rapprochais du whisky… D’un côté, la poésie classique anglaise avec la traduction de chaque texte (ainsi j’apprendrai la traduction, observant chaque lettre avec soin), et de l’autre côté le premier livre que j’aie jamais lu… Black boy de Richard Wright… revenant vers ma mère avec mes critiques de 10 ans… En comparant le contexte du roman avec Shanghaï, le quartier dans lequel j’ai grandi à Douala, je lui ai dit que même avec son bâton, ce gamin ne s’en serait jamais sorti. Elle en avait ri. Puis, j’ai rencontré Ville Cruelle de Mongo Beti. L’adolescent que j’étais n’avait pas aimé.

    Alors j’ai poursuivi vers Hemingway, Verlaine, Ousmane, St-Exupéry, Dumas, Duras, Tutuola, Soyinka, Achebe, Sartre, Kafka que j’ai aussi peu aimé, Bebey, dont ma mère m’avait particulièrement parlé sous un sourire que je ne me décris toujours pas ; et tous mes camarades métis eurent pour mère Agatha Moudio.
    Plus tard, entre 17 et 21 ans, je revins vers tous ces livres. Je les relus avec le cœur passionné de ma mère et l’âme curieuse de l’enfant que j’étais à mes premières lectures. C’est durant ces quatre années que j’ai compris ce qu’est la Littérature. Les histoires s’étaient évaporées pour laisser place à l’esprit des auteurs. Et j’ai commencé une exploration approfondie des lettres.


    Mais il est toujours un livre que je refuse de lire. Le tout dernier que ma mère avait abandonné à son chevet, peu avant sa mort… Voyage au bout de la nuit de Céline. Elle ne l’a pas terminé, alors je ne le commencerai pas.


    Avoir été allaité et bercé entre deux pages, c’est ce qu’il pouvait m’arriver de plus magique. J’ai reçu des livres leur plus belle intimité… le secret de l’encre. Aujourd’hui je suis toujours cet enfant qui porte le cœur de sa mère.