Étiquette : Chroniques littéraires

  • LITTÉRATURE : DONNANT-DONNANT

    « L’amitié n’est pas une prise en charge. », a-t-on l’habitude de lire, d’entendre, de dire même. Mais quelle est la définition réelle de l’amitié ? Pourquoi donne-t-on ce titre d’ami à une personne ? Pour y répondre, je ne fouille aucun dictionnaire, celui de mon expérience me dit que c’est cette personne qu’on laisse pénétrer dans notre intimité sociale, à qui on peut tout dire, à qui l’on doit apporter assistance en toute circonstance, celui à qui l’on peut confier sa bière ouverte 🥴 Attention ‼️ Il faut qu’il y ait, et c’est non négociable, réciprocité.

    Pauline_Parle_Seulement

    Dans l’espace littéraire, des personnes se plaignent du non soutien des autres acteurs du livre, allant même jusqu’à définir, jambes croisées dans leurs salons, les objectifs que devrait avoir tel ou tel maillon de la chaîne qui, d’après eux, ne les aide pas assez, n’aide pas assez la chaîne du livre, ne parle que de x ou y 🙂‍↕️🙂‍↕️🙂‍↕️

    Pauline_Parle_Seulement

    24h par jour, c’est insuffisant, n’est-ce pas ? Toutefois, j’ai créé un espace et j’ai vérifié quelques comptes sociaux des plaignant.e.s. Devinez quoi ? ILS.ELLES NE PARLENT QUE DE CE QUI LES CONCERNE, EUX.ELLES !!! Formidable, n’est-ce pas ? Applaudissons pour eux.elles ! 👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏
    Ces mêmes personnes, vous ne les verrez pas à votre événement, même si celui-ci se tient devant leurs domiciles, même s’il est virtuel.

    Pourquoi ces plaintes alors ? Si l’on n’est pas capable de soutenir les autres maillons, de partager leurs initiatives, de les recommander au lieu de s’évertuer à casser du sucre sur leur dos, pourquoi exiger ou s’estimer méritant d’un quelconque soutien des autres maillons ?

    Pauline_Parle_Seulement

    Comme je le dis souvent et comme l’a soutenu Junior Haussin lors d’un échange dont j’assurais la modération au récent SALIDO (Salon du livre de Douala) : « LA LITTÉRATURE, C’EST LE NJANGUI ! » (NJANGUI ≈ cotisation).

    Ehh oui !

    Tu soutiens les autres, ils se doivent de te soutenir.
    Tu ne soutiens pas les autres, ils ne sont en rien obligés de le faire.
    Tu soutiens les autres, en cas de service payant, tu peux aisément bénéficier d’une réduction./

    📍 N’oublions pas la loi de la réciprocité ☝️☝️

    Pauline_Parle_Seulement

    Alors, cher.ère.s plaignant.e.s, que faites-vous pour les autres ? Et ne venez pas me dire que chacun a son rôle 😒. Car vous le savez très bien, dans l’espace littéraire, peu importe le continent, une petite gentillesse, un partage, un like ou une présence, ça aide toujours.

    C’est l’occasion pour moi de saluer le dévouement à moindre ou pas de coût de Acolitt (oui, charité toujours bien ordonnée 🤩), Ô-LIVRE, L’orchidée Moulengui, Yaouba Kahlom, Gervais Dassi, Kadidia Nebie, Jean Jacques Foko, Omgba Alexandre, Fatoumata Cisse, Centre de Lecture d’initiation et d’Intégration à la culture., KultanS, Babacar Ndiaye, La Maison des Savoirs de Yaoundé, #Espace_LITTÉRAIRE et la liste est loin d’être exhaustive (vous pouvez remercier d’autres en commentaire et vous abonner à ces comptes).

    Pauline_Parle_seulement

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  • Anne Rachel ABOYOYO A. et la quête de l’humain authentique

    LE MOT DE L’AUTEURE

    Nous rôdons tous aux abords du bonheur, à chercher l’apaisement de l’être, dans toute activité humaine. En venant à l’écriture, c’était cela mon rêve : trouver l’apaisement de l’être en soumettant le mot à l’expression des vides. Ai-je réussi ?
    Ce qui est sûr, ce sont les étapes du parcours :


    – 2007, Bouquet de cendre, Anthologie de la poésie camerounaise féminine d’expression française. Le livre publié par Jean Claude Awono et Marie-Rose Abomo-Maurin loge mes premiers textes publiés.

    – 2011, Senteurs du crépuscule arrive ; j’ai écrit et publié mon premier livre, avec le seul espoir conscient, de vouloir réveiller les lecteurs à l’émotion, à l’attendrissement, à la compassion. Bien naïf objectif, quand on sait, avec Umberto Éco, que le texte littéraire est un insaisissable ouvert à toutes les interprétations. J’en prendrai pour mon chef, avec quelques retours de lecture.


    – 2016, Les graines du silence. Je résiste à la déferlante inhumanité qui s’alerte à mon passage. Je postule la stratégie de l’altérité triomphante, je rêve de quiétude les yeux ouverts sur un monde qui proclame vertement le pugilat…


    – 2022, Des vers au bout du canon, un collectif, reçoit l’écho de ce désir d’harmonie intérieure et avec le cosmos.


    – 2024 , Les chansons d’Angongué, un collectif encore, dessine et répercute l’attachement à l’harmonie avec les autres.


    – 2025, La revanche de l’amante, scelle le procédé de socialisation qui m’est cher, et qui se joue dans la conception du lien amoureux.
    C’est un livre de la maturité conceptuelle sûrement. La revanche de l’amante fixe le cap du beau et du vrai à mon sens, et participe d’une dynamique de la déculpabilisation des protagonistes, dans la relation amoureuse. Face à un système de prédation de la vérité de l’être, lié à la super promotion du matériel sur le spirituel, ce livre est un acte de résistance (qui sera porteur dans le temps, je le pressens) face à la dérive capitaliste de la gestion du sentiment amoureux, qui jette l’opprobre sur l’ombre présumée (l’amante, c’est-à-dire la compagne officieuse). Au même moment, le livre expose l’humiliation que subit la lumière supposée (l’épouse légale) enténébrée par l’aigreur et les calculs de bas étage.


    Ce que j’y propose, c’est l’observation minutieuse des splendeurs des paradoxes apparents : la passion resplendit lorsque l’absence est acceptée comme son carburant par exemple, et donc comme un don ; l’idée de la fusion repose en réalité sur l’hétérogénéité qu’impose l’exercice de la liberté (aimer suggère le partage et non l’égocentrisme au nom d’une débâcle embellie de la jalousie) ; l’idée même de l’émancipation est restructurée dans la considération de soi par rapport à soi-même et non par rapport à une finitude matérielle, axée sur le port d’un anneau ou la gestion d’un budget de famille.


    Il faut donc éviter de s’attendre à lire un livre qui rentrera dans la description basique d’une guéguerre infinie de femmes à la solde d’une querelle pour avoir un homme. C’est bien au-delà, la proposition d’une conception de la relation amoureuse qui déplace les bornes de la castration des facultés naturelles de l’homme (de sexe masculin) à protéger, partager, diriger et soumettre. C’est un refus de participer à l’émasculation du mâle humain.



  • HOW I MET BOOKS | Nick Landel SOUOP, chroniqueur littéraire camerounais

    De la 6e en Terminale A4 espagnole et philosophique, je n’ai lu véritablement qu’une seule œuvre littéraire : La croix du Sud de Joseph Ngoué, et ce après l’examen du Baccalauréat, parce que je m’ennuyais. En classe de seconde, j’ai lu de Gaston Paul Effa, parce qu’il y avait contrôle de lecture. Je ne l’avais même pas terminé. Le misanthrope de Molière était au programme scolaire, mais je ne l’avais pas lu. Je trouvais son niveau de français très peu compréhensible. Madame Bovary, bien qu’il était au programme scolaire en classe de Première, j’ai préferé regarder le film. Une saison blanche et sèche d’André Brink, je l’ai lu partiellement, et j’ai regardé le film.


    Alors, d’où m’est venu le goût de la lecture ? Le déclic littéraire ?


    Je crois, comme l’a dit Cécile Pivot, qu’il y a un gène de la lecture. Certains enfants lisent parce qu’ils ont vu leurs parents lire. J’ai vu mon père lire et partager ses lectures avec nous. La Bible, les livres, les journaux. Alors, inconsciemment, je lisais.


    Toutefois, ce n’est qu’en 2012, après mon baccalauréat, que j’ai mon déclic littéraire.

    A l’université, j’ai rencontré des jeunes de ma génération qui lisaient abondamment et je me suis mis à lire comme eux.


    Je lisais tellement au point « d’étouffer ». Alors, je suis allée sur YouTube pour apprendre à faire des chroniques de lecture. C’est ainsi que j’ai découvert la communauté BookTube. Les BookTubeuses (Margaud Liseuse, Emilie BULLEDOP, Nine GORMAN, Moody take a book…) multiplient par sept (je n’exagère pas) ma passion pour les livres.


    Grâce aux livres, j’ai fait des rencontres formidables avec des personnes qui sont devenues des amis proches en France, en Algérie, en Tunisie et bien sûr au Cameroun. Des personnes comme Pauline ONGONO, une femme qui m’a appris à faire des chroniques de lecture sans spolier le livre. Je lui dois beaucoup.
    Alors, depuis 2013, je lis et partage mes lectures sur les réseaux sociaux surtout sur ma page Facebook : LE LECTEUR 2.0.

    Faire, Lire, Conseiller les livres, une expression que j’ai empruntée à Emilie BULLEDOP, est devenue mon slogan.

    Que vos lectures soient belles et révolutionnaires




  • HOW I MET BOOKS : NDAM BENDIA Aminatou, auteure camerounaise

    Mon milieu, ma société, mon entourage, n’avaient rien à voir avec le monde du livre, mais j’ai réussi à trouver livre…


    Les livres et moi, c’est une histoire d’amour de plus de dix ans. Étant une petite fille assez fermée au monde, ayant grandi dans une société restreinte (Bamoun-musulman), je me sentais très seule. Certains proches me trouvaient à la limite bizarre parce que j’étais toujours dans mon « coin ».

    J’étais épanouie quand je regardais les dessins animés comme Cat’s eyes, Street Fighter, Nicky Larson, Hilary, Winx, Angels… C’est grâce à eux que j’ai commencé à m’intéresser à la lecture. Je ne me contentais plus juste de regarder les dessins à la télévision, je les lisais. J’étais accro aux bandes dessinées. J’avais la possibilité de les avoir facilement et à vil prix dans au « Poteau » (boutique d’objet de seconde main). J’avais l’impression de vivre dans un autre monde quand je lisais ces BD, c’était différent de la télé.


    Au lycée, je lisais le magazine « 100% jeunes » pour avoir, dans un premier temps, les lyrics des chansons du moment. Plus tard, j’y ai découvert une autre rubrique : « Confession ». On pouvait y lire de petites histoires tragiques des jeunes. Cette narration me plaisait, sans pour autant oublier la rubrique BD drôle. J’attendais impatiemment le mercredi, pour acheter la nouvelle parution « 100% Jeunes ».

    Cette période est celle où mon amour pour les livres a pris une autre tournure : les romans de la collection Harlequin et les livres de contes ont gagné mon cœur. Je ne pouvais pas m’offrir un livre vendu en libraire, je me contentais des livres occidentaux du « Poteau ». Le genre m’importait peu, je voulais lire quelque chose de captivant, quelque chose qui ferait voyager mon esprit.


    Le tout premier roman que j’ai lu était Alice et la pantoufle d’hermine, roman de Caroline Quine. J’ai lu presque toute la collection des aventures d’Alice avec ses amies. Le véritable déclic est venu de cette rencontre avec ce roman et depuis ce jour, je n’ai plus quitté les livres. La lecture a été ma grande amie, ma meilleure amie tout au long de l’adolescence et ses montagnes russes.

    Le livre a donné un sens à ma vie, il m’a fait comprendre que ma différence était une qualité.




  • BIOLITT : BABACAR KORJO NDIAYE, promoteur culturel sénégalais

    Journaliste culturel, écrivain, critique littéraire et cinéaste, Babacar Korjo Ndiaye est une figure incontournable de la scène culturelle sénégalaise. Il exerce comme journaliste au quotidien Le Témoin, où il analyse et met en lumière les dynamiques littéraires et artistiques. En 2024, il a été distingué par le Prix spécial Ibrahima Sall de la chronique littéraire, récompensant son engagement et la qualité de ses analyses dans le domaine du livre et des lettres.

    Auteur prolifique, il a signé plusieurs ouvrages, dont Tanor, le sexe fort, Nymphéa, Danses et Chants d’antan et Waaw Kumba. À travers ses écrits, il explore avec finesse la richesse de l’imaginaire africain, entre traditions et modernité.

    Depuis 2014, il dirige Sénégal Njaay, un magazine littéraire de référence qui célèbre la création et la critique littéraire au Sénégal et au-delà. Engagé dans la valorisation du patrimoine oral, il a animé des soirées de contes africains à l’espace Tabadoul de Tanger, contribuant ainsi à la transmission des récits ancestraux.

    Son intérêt pour le septième art l’a conduit à devenir scénariste et réalisateur. Il a participé à la réalisation du film Toi aussi comme les autres à Tanger, en collaboration avec des artistes d’Espace Pandora. En 2019, il a écrit le scénario et coréalisé Tanor, le sexe fort, affirmant ainsi sa vision engagée du cinéma.

    Entre écriture, journalisme et cinéma, Babacar KORJO NDIAYE s’impose comme un acteur majeur de la culture, tissant des passerelles entre les disciplines et les continents.




  • Il a été lu… Les chansons d’Angongué

    RÉHABILITATION DE LA BEAUTÉ DU SIMPLE ET CARTOGRAPHIE DE L’AMITIÉ.

    La nomenclature générale de l’écriture des temps actuels met en scène les écrits de vie et de guerres de toutes sortes, qui consacrent l’ego et les tendances hégémoniques multiples. Je peux me permettre d’appeler cela l’écriture du complexe et je me refuse d’en citer les auteurs (aujourd’hui nous nous focalisons sur les auteurs du jour). Ma lecture du recueil de poèmes collectif Les chansons d’Angongué a été saisie par l’inscription, presqu’aux antipodes du tableau sculptural sus-mentionné, de la communication poétique sur la réhabilitation de la beauté du simple et la cartographie de l’amitié. Ce sera, il me semble, le leg perpétuel de Anne cillon Perri, mis en valeur par sa co-présence à Ele Memvouta, dans le texte qui nous rassemble ici en ce moment. Trois stations dessinent l’itinéraire sémantique du recueil à mon avis : un procès de la modernité, une inscription de l’enracinement-détachement et un manichéisme ontologique vitalisant.

    I- Du procès de la modernité.

    L’unité sémantique d’ensemble du texte se construit autour du voyage. Elle donne l’impression d’un appareillage à la modernité, simplement admise ici comme l’actuel, ou comme phénomène de mode. Mais c’est pour en montrer un pan de construction inactuel. Le voyage est doublement endogène. Il désacralise la ville comme haut lieu de l’épanouissement, et consacre le bourg – le village – espace de rencontre avec soi et soit même et avec les autres. Le texte dit: « Nous sommes venus/ Rincer nos âmes polluées par la ville/ Et coudre nos corps sur la tranquillité/ Qui ourle la calebasse que tendent les ancêtres » ; « Ce soir les tam-tams/ les tambours/ en forêt/ sur les bordures/ de la verdure toussent leur dictature/ contre la vénalité taillée sur la modernité ». PP42, 44. La ville est ici image de la désintégration, de la claustration jusqu’à la castration de l’être.

    Conséquemment, le poème souffle un vent de (re)connexion au minéral et de (re)trouvaille(s) de soi et de(s) l’autre(s), tant le texte proclame la terre native et l’essentialité de la fraternité, sans faux semblant! Angongué est une terre de surgissement du bonheur, un lieu mythique d’aspiration à la joie, une carte postale offerte au monde. C’est le lien qui résiste au péremptoire de l’individualisme : « En cette contrée de douceurs sauvages,/ Le murmure du fleuve se fait ordalie/ De l’appel à l’attouchement./ La Lobo énonce la mystique du métissage./ Ville et campagne/ Roche-bijoux et pique-nique de béatitude/ Ont choisi de s’accoupler. » P100. Les sens sont appelés au banquet. La vue, le toucher, le goût se font porte d’entrée dans l’essentiel, loin de l’hyperactivité et du caractère cérébral qu’impose la vie citadine. Ici ce n’est plus je pense donc je suis; c’est je sens donc je suis; donc je vis !

    Et pour incruster cet être-au-monde renouvelé, les poèmes de Les chansons d’Angongué disent le dépit de l’ici (la ville) et le désir du là-bas (l’ailleurs qu’est Angongué le village), en transmutant le support du poème de la page à l’espace géographique concret. Désormais Angongué est un poème apéritif : « Angongué,/ À la simple évocation de ton nom (…)/ Mon corps s’emplit de sensations (…)/ Et mon cœur danse la transe [des] émotions. » P117, une métaphore du dépaysement merveilleux : « Et comme une irrépressible pulsion,/ Seule s’ouvrait la soupape, L’équerre des vents/ Je pris la route de l’évasion/ Le long de la sente ferrugineuse d’Angongué/ Dessus sa cuirasse, palpitait le pouls du rêve.» P29. C’est un exotisme de la fascination pour le terroir qui se dessine ainsi, avec pour horizon probable une idée de fixation ontologique.

    II- De l’enracinement et du détachement.

    La (re)considération du lieu natal, dans le recueil de poèmes Les chansons d’Angongué se configure en trois mouvements. Le pouvoir de suggestion du lieu ombilical dont la stature relève de la fécondité : Angongué est source, les lecteurs et les actants dans le texte s’y «  sont trémoussés/ Frappant la terre séculaire/ De pur nectar patrimonial ». P110 ; Angongué est cathartique, « Angongué a posé sur mon âme en peine ses langes/ Dans les contreforts de ses arbres/ Je me suis vautré tel un enfant éperdu/ Puisant dans sa main, l’eau sombre de la Lobo ». Angongué est leg et héritage : « Je suis inséminé par toutes les fécondités du large/ toutes les germinations ont pris possession de mon corps » ; « Angongué a donné une main ferme à Guientsing/ Et le pays retrouve le chemin perdu des étoiles/ Je suis maintenu à hauteur incorruptible de l’héritage » PP 59-60. Les textes inspirés de l’ouvrage dans le méridionale comme lieu foetale poétisent les instabilités nombreuses que sont la fragilité de l’être ( son insoutenable légèreté pour emprunter à Milan Kundera la belle formulation), l’instabilité émotionnelle qui l’entraîne au mal de vivre et au vague à l’âme et le tragique qui ballote entre les innombrables inadéquations à lui-même, à la société et au divin.

    D’où le recours des poèmes à une spiritualité, aux figures tutélaires incantées et à la liturgie jubilatoire. Les célébrants dans le texte tissent des passerelles humaines à l’aide de la musique, de la danse, pour conjurer le mal et assiéger l’immortalité : « Il est temps de puiser sa portion de l’éternité/(…) Je brise le cœur de pierre/ Que l’engeance malsaine s’évertue/À substituer à ton cœur en d’or », PP50-51. Le tam-tam et les tambours jonchent les prises de paroles d’auteurs le long du texte.

    En même temps que se fait l’enracinement dans le limon patrimonial, le vent du large se détache de chaque prise de parole, à une discontinuité féconde du lien entre les actants dans le texte, pour dire l’imprenable solitude de l’être. C’est une solitude nécessaire au renouvellement des voeux et à l’attachement métaphysique, pour atteindre la totalité si cher au caractère intégral de l’homme: « Je fantasme l’éternité/ près du brasier de mes ancêtres angonguéens/ Là où l’imaginaire conjoint le plausible et l’impossible/ Par le féerique alliage des utopies » P74. Le poète reste ainsi acquis à la bipolarité essentielle pour habiter le monde avec Hölderin, de façon poétique: « À l’intersection du visible et de l’invisible/ Du clair et de l’obscur du sacré et du profane/ Du mythe et de la réalité/[parce qu’] il y a un espace trouble qu’habite le poète », nécessairement tragique pour qu’enracinement et détachement deviennent éléments structurants du beau et du simple.

    lll- Du substrat d’un manichéisme (re)vitalisant.

    En lisant Les chansons d’Angongué, il est difficile de passer outre les éléments oppositionnels, en surface, que sont le jour et la nuit. En y appliquant une lecture déconstructiviste, on peut lire une survalorisation de l’élément le moins attractif de cette binarité: la nuit. Tandis que le jour écrase les paysages humains, « le soleil était à son zénith/ Le vent des sylves n’en était/ Que plus intense et l’injure/ plus blessante ». P34, « la nuit luit de l’inoui/ Et brille de la mutité des galets » P17, c’est-à-dire que la nuit est lieu de visitation de la mémoire torturé de l’être et en même temps le lieu de l’épandage du don.

    Cette dualité de la nuit noire et blanche, c’est-à-dire sans ou avec astre, s’ouvre sur la blessure (la balafre) de l’être : « j’habite le chemin de sa mémoire/ Et toute la clarté ésotérique de ses nuances/ La nuit agite le silence sous l’arbre/ D’une diaspora vaguement occulte/ Il y a dans cette foule un je ne sais quoi de moi » P87. La nuit, les poèmes exhortent à s’ouvrir à elle, pour éviter un nombrilisme malsain : « Entendre, pressentir seulement de loin,/ La nuit du chaos,/ Vibration de la chose innombrable./ S’ouvrir de partout,/ Au double acte de pénétration et de résistance » P22. Parce que la nuit est propice à la rencontre de l’essentiel et du vrai de soi, sa « mythologie » P49 est semaille de la créativité, gage de l’immortalité de l’être.

    C’est la raison pour laquelle ses contours s’aplanissent sous les plumes en présence, en une splendeur vespérale propice à une joute vivifiante : « Il fallait le faire [affronter la nuit] pour redonner/ Au palmier la splendeur vespérale de ses causeries/ Avec la lune avant que/ N’arrive l’horizon avec/ Sa toile dentelée de suie ». Le manichéisme duel s’effrite ainsi pour laisser place au soir, au lieu de (re)conciliation de soi avec soi-même et avec les autres, musique en fond sonore, amitié en bandoulière et paix intérieure acquise : « Ce soir les tam-tams/ les tambours d’Angongué/ réconcilient l’homme avec lui-même/ tracent la trajectoire nouvelle indélébile/ le regard vierge/ devant structurer désormais l’avenir », P45. C’est l’unique passerelle de l’amitié.

    Dr. Anne Rachel ABOYOYO ABOYOYO


  • BIOLITT : Ernestine Nadia MBAKOU, auteure et chroniqueuse littéraire camerounaise

    Ernestine Nadia MBAKOU est née et a grandi à Douala au Cameroun. Elle est titulaire d’un Master 2 in Health Economics, Policy and Management obtenu à Catholic University of Cameroon-Bamenda, et d’un Master 1 en administration des établissements de santé obtenu à l’école de droit en France.

    Elle est également infirmière, profession qu’elle a exercée pendant plusieurs années à l’hôpital régional de Bafoussam, à l’Ouest du Cameroun, et également enseignante d’économie de la santé dans plusieurs structures dans la ville de Bafoussam et à Mbouda. Elle fut marraine de la quinzième promotion de l’école des infirmiers diplômés d’Etat de la fondation Tchuente à Bafoussam. Très repliée sur elle-même après la perte de son père très jeune, elle se réfugie dans la lecture. Petit à petit, elle y trouve un réconfort et une envie forte de vivre dans ce monde virtuel.

    Elle commence ses premiers manuscrits au collège et les déchire aussitôt. Elle s’invente des histoires qu’elle raconte à ses camarades et constate qu’ils aiment l’écouter. En 2017, elle se lance définitivement dans l’écriture et son premier roman Obsession est émis aux éditions proximité en Février 2018. C’est le début d’une longue série de romans qui ne s’arrête pas. Elle allie pratiquement tous les genres littéraires: Romance, paranormale, sorcellerie et Humour. Auteure prolifique aux multiples casquettes, elle a fait de la lutte contre la dépression son cheval de bataille. À travers sa plate forme numérique Facebook
    https://www.facebook.com/ernestinembakou

    , elle mène un combat de maître contre toute forme de violence pouvant conduire à un état de dépression. La lutte contre la violence faite à la femme demeure dès lors un sujet sensible et une cause pour laquelle elle milite au quotidien.

    Avec actuellement plus de 80 œuvres à son actif, elle vit en France où elle poursuit ses études à l’Université.

    Sa page Facebook
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    Son site internet :

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    Literama :
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    Twitter : https://twitter.com/ErnestineMbakou?t=hxvnTa0jGYXFrQFFVl1mDg&s=08

    Amazon : Ernestine Mbakou




  • Petit détour : Ma passion perdue de Line Kamite, auteure camerounaise


    Ma passion perdue a paru en novembre 2021 chez Proximité, au Cameroun. C’est un roman qui met en avant plusieurs problématiques chapeautées par la relation parent – enfant.

    Line Kamite, nantie d’un Master en chimie et scénariste, par Ma passion perdue, son premier livre, présente l’histoire de la jeune Binta SOFFO, une adolescente éprise de littérature alors que ses parents avaient déjà opéré un choix de carrière pour elle.

    L’auteure attire l’attention des lecteurs sur les méprises des parents, mais met également en lumière une cause non négligeable de la délinquance juvénile : le diktat parental. A cause d’un diktat parental sur le choix de la série après le BEPC, la jeunette Binta va passer de petite fille soumise à délinquante assermentée, voire sans cœur.

    Il est vrai qu’il n’y a pas de mauvais parent et qu’aucun parent ne fait de choix pour son enfant dans le but de le nuire, mais l’histoire invite à tenir compte, à un moment donné, du point de vue de l’enfant dans certains choix.

    Comment choisir le plan de carrière d’un enfant sans tenir compte de sa passion ? C’est la question qui résume la situation exposée dans Ma passion perdue. On pourrait donc croire qu’il s’agisse d’un problème d’orientation scolaire, pourtant cela n’a été qu’un moyen pour montrer à quel point l’ignorance peut être dévastatrice (une famille a totalement sombrée).

    Choisir l’avenir de son enfant en se basant sur ce que vont penser les autres, sur ses rêves manqués, mais encore, sur la rentabilité d’une profession sans chercher à connaitre les débouchés du domaine choisi par cet enfant, fait étalage de l’ignorance.

    Binta, également, est un esprit borné, voire limité. Pour faire la science, il faut lire. La littérature, les belles lettres, sont le carrefour, le préalable de toute connaissance. Elle aurait pu faire la série scientifique tout en développant sa passion pour la littérature. Après ses cours et exercices, rien ne pouvait l’empêcher de lire tout autre livre de son choix pour satisfaire son appétit philosophique. Un métier ne s’exerce pas sur les bancs de l’école, bien qu’il faille le préparer. Mais comme le dit l’auteure: « faire de sa passion un métier, c’est travailler sans avoir l’impression de travailler ». Tenir compte de la passion de l’enfant dans le choix de carrière permettrait la reculée de la reconversion professionnelle, un phénomène de plus en plus fréquent.

    Après avoir engrangé masters et doctorats, puis quelques années à se tourner les pouces dans le monde professionnel, certaines personnes, même avec un salaire inédit, abandonnent et recommencent dans une nouvelle filière au niveau 1. Le travail doit procurer abondance mais aussi avant tout satisfaction, d’où la nécessité d’être passionné et amoureux de ce qu’on fait.

    L’ouvrage invite donc, à détecter, encadrer ou alors susciter des passions très tôt chez nos enfants, car « La passion fait grandir le monde et se manifeste par des inventions ».


    Rosine YÉMÉLÉ, auteure et psychologue de développement


    Ma passion perdue coûte 5.000 XAF

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    – Youscribe : https://www.youscribe.com/catalogue/ebooks/litterature/romans-et-nouvelles/ma-passion-perdue-3270052

    – Amazon version numérique : https://www.amazon.fr/dp/B09P1MR2X2/ref=mp_s_a_1_2?crid=FUUWU40HVWQT&keywords=passion+perdue&qid=1640238886&sprefix=passion+perdue%2Caps%2C404&sr=8-2

    – Amazon version papier : https://www.amazon.fr/gp/aw/d/B09TH2HLFP/ref=tmm_pap_swatch_0?ie=UTF8&qid=1646051761&sr=8-1

    – Livraison possible dans d’autres villes du Cameroun.

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