Étiquette : Culture

  • ENTRETIEN AVEC TRESOR COMEDY, COMÉDIEN CENTRAFRICAIN

    Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Qu’est-ce qui a motivé votre amour pour le théâtre ?

    T.C. : Merci de me recevoir. Je suis Trésor KORONDO de gloire, de mon nom d’artiste « Trésor Comedy », je suis un artiste humoriste comédien de la vingtaine, originaire de la Centrafrique. Le théâtre s’est imposé dans ma vie naturellement. C’est un art que j’aime beaucoup. J’ai commencé à le pratiquer dans mon enfance. Je faisais des sketchs à l’église, des scènes de Noël, par exemple. Alors, il s’est imposé dans ma vie.


    Vous évoluez à la fois en troupe, avec le Collectif Nguia Ti Ndara, et en solo. Qu’est-ce qui motive ce double choix artistique ?

    T.C. : C’est une façon pour moi d’éviter d’être coincé à cause du manque d’enthousiasme ou du manque de motivation. Alors, travailler seul aussi me permet non seulement d’être indépendant mais aussi d’évaluer mon niveau dans le métier.


    Sur scène, qu’est-ce que le collectif vous apporte que vous ne retrouvez pas dans le jeu individuel ?

    T.C. : Jouer en équipe apporte beaucoup en matiere d’idées sur les scénarios.


    À l’inverse, que vous permet le solo que la troupe ne vous offre pas toujours ?

    T.C. : Jouer en solo forge mon courage et ma détermination. Sachant que je suis seul, je suis conscient que si je ne m’adonne pas, personne ne viendra le faire à ma place. En plus, ça me permet de corriger certaines failles.


    Vos créations semblent ancrées dans votre réalité. Quels thèmes vous habitent et traversent votre travail ?

    T.C. : Pour les thèmes qui habitent et traversent mes jeux, je me focalise, effectivement, sur les réalités de mon environnement. J’aborde donc des thèmes qui portent, par exemple, sur les problèmes de la société centrafricaine, les problèmes familiaux, les dérives des jeunes, etc.

    En quoi votre identité centrafricaine nourrit-elle votre expression artistique ?

    T.C. : En tant que jeune et conscient que la jeunesse a besoin de modèle, sans vouloir paraître prétentieux, avec les moyens du bord, chaque action sur les planches visent à soulever de manière positive ma nation.


    Quelle place occupe la langue (français, sango ou autres) dans votre jeu et votre message ?

    T.C. : Ces différentes langues occupent vraiment une place dans mes jeux et messages, car ça permet une meilleure communication avec les publics sur scène. Pour l’instant, j’utilise beaucoup le sango, mais avec le temps, je m’ouvrirai à d’autres langues, pour que mon travail ne reste pas fermé.


    Y a-t-il un rôle, une scène ou une représentation qui a marqué un tournant dans votre parcours ?

    T.C. : Oui. Je devais jouer le rôle d’un soulard bègue. J’étais entre deux dilemmes : jouer un soulard et jouer un bègue (Rires), pourtant je n’ai pas l’habitude d’être saoul et je ne suis pas bègue. Je ne pensais pas y arriver… Mais à la fin, c’était du Waouh ! Le public a beaucoup aimé.


    Le métier de comédien reste exigeant, surtout pour les jeunes. Quels obstacles rencontrez-vous aujourd’hui ?

    T.C. : Je rencontre énormément d’obstacles.  Entre le matériel de prise de vue inexistant ou de mauvaise qualité, la concentration lors des répétitions, le manque de financement, la mobilisation du public… Sans  passion, l’on ne pourrait continuer.


    Quel regard portez-vous sur la scène théâtrale centrafricaine actuelle ? Est-elle, selon vous, en pleine mutation ?

    T.C. : Oui, elle est en pleine mutation. Malheureusement, plusieurs personnes pensent que le théâtre en Centrafrique ne marche plus… Et pourtant, il y a des jeunes qui continuent de bosser, mais qui manquent de guides et de sponsors.


    Si vous deviez adresser un message à la jeunesse centrafricaine, notamment à ceux qui hésitent à se lancer dans le théâtre, que leur diriez-vous ?

    T.C. : Merci de me donner l’occasion de m’exprimer. Aux jeunes, je tiens à leur dire que le théâtre est aussi un bon chemin qui les aidera à gagner leur pain quotidien. Être toujours en train de penser des scenarios et comment les monter, les éloignera de la fainéantise et d’autres dérives. En plus, ça forge l’expression orale : s’exprimer en public, peu importe le nombre de personnes, devient facile et dénué de peur. Alors, Jeunesse centrafricaine, lève toi, n’hésite pas à te lancer dans le théâtre !

    Les vidéos de Trésor Comedy sont disponibles sur Youtube ici

    Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO


  • LE 8 MARS : Fête de pagne ou de défilé ? de SOBDIBÉ KEMAYE, écrivaine tchadienne

    Depuis 1910, date à laquelle l’allemande Clara Zetkin proposa de consacrer une journée dans le monde à la cause des femmes, le 8 mars, puisque c’est cette date qui marque aujourd’hui cette cause, a connu une belle évolution. Le droit de vote, les meilleures conditions de travail, l’égalité entre les hommes et les femmes étaient les points pilotes de cette revendication. Maintenant que les femmes ont obtenu et même bien plus que ce qu’elles revendiquaient, qu’en est-il du 8 mars aujourd’hui ?

    Pour apporter des éléments de réponse à cette question, je me suis intéressée au dernier essai de la Tchadienne Sobdibé KEMAYE, paru en 2021 aux Editions TOUMAI : Le 8 mars : Fête de pagne ou de défilé ? C’est un essai de 104 pages avec 26 parties, riche d’une préface de l’auteur YANBÉ OUADJON DAMAH et d’une postface du critique littéraire tchadien TOUKMI TAO Emmanuel.

    Fête de pagne ou de défilé ?

    Peut-être devrions-nous, de prime abord, nous appesantir sur les notions de défilé et de pagne ?
    Un défilé est un symbole, un rassemblement de personnes défendant ou fêtant une même cause. Celui du 8 mars ne saurait déroger à la règle, vu sa symbolique. Il rassemble des femmes qui commémorent cette date héritée de ces ouvrières au début du 20e siècle. Le pagne « du 8 mars », lui, utilisé uniquement, ou du moins en majorité, en Afrique, est le témoin de la femme africaine… justement. En Afrique, les rassemblements heureux et malheureux, les partis politiques, les associations communautaires, et la liste n’est pas exhaustive, se donnent le droit d’avoir un « pagne d’ensemble », alors pourquoi pas un pagne pour commémorer la journée internationale des droits de la femme ?

    L’objectif de ce petit exposé autour du pagne et le défilé est simple : dissocier ces deux, à mon avis, altérerait la symbolique de cette journée en Afrique. Je me souviens encore de l’indignation des femmes il y a quelques années, empêchées de manifester comme d’habitude, à cause de la pandémie à coronavirus.

    Le 8 mars : Fête de pagne ou de défilé ? de Sobdibe KEMAYE

    Ne vous arrêtez surtout pas au titre, à la qualité du papier et aux quelques défauts d’impression pour juger ce texte ! Sobdibé KEMAYE, par cet essai, offre une véritable bible de la femme à la femme. Elle touche de nombreux pans à l’instar de la dépigmentation, les TIC dans le foyer, l’alcool et la femme, la veuve et les orphelins, le mariage polygamique, l’éducation des enfants, le respect de son conjoint, les grandes dames de ce monde, la corruption, la liberté de la femme, l’éducation de la femme même âgée, etc. Pour l’auteure, parler d’égalité entre l’homme et la femme est une hérésie (P.88) et ne signifie pas que la femme doive s’adonner à des pratiques qui l’avilissent. Son souhait est qu’au lendemain du 8 mars, les débats et les longs discours ne soient pas rangés dans des tiroirs qui ne seront rouverts que le 8 mars suivant.

    « Soyons des femmes exemplaires, malgré les manquements et insuffisances de tout bord, ainsi nos enfants prendront cela comme un exemple et deviendront des hommes responsables dans la société. » (P.17). Cette phrase peut paraître banale et friser le « déjà entendu », mais regardons un instant autour de nous et voyons à quoi se livre notre jeunesse… Loin de moi l’envie de jeter l’opprobre sur la femme uniquement ! Toutefois, Femmes, tenons-nous toujours avec poigne l’éducation de nos enfants ? Tel est l’un des cris de Sobdibé KEMAYE dans cet essai où au fil des pages, on a l’impression d’être dans une grande salle, assise aux premières loges, écoutant les conseils de l’auteure, prodigués avec une belle simplicité.

    Les femmes ont peut-être plus de droits de nos jours, mais le patriarcat demeure. Est-ce pour autant qu’elles devraient agir en incapables ? Heureusement, plusieurs femmes ont compris que leur émancipation ne se résume pas à dire « Moi aussi, je veux… », mais plutôt à se bâtir une réelle existence. « C’est vrai, nous ne sommes pas égales aux hommes (physiquement, moralement et surtout émotionnellement), (…) un MAIS arrive. Si un homme te dépasse par la force physique et émotionnelle, pourrait-il aussi absolument te dépasser sur le plan intellectuel, de la sagesse ? » (P.88). Commémorer, oui, mais afin d’apporter un plus à notre curriculum vitae de femmes, de mères, et même d’épouses.

    Pourquoi recommanderais-je ce livre ?

    Tout simplement parce que l’éducation de la jeune fille et la rééducation de la femme sont sans conteste des sujets d’actualité.
    L’auteure a voulu par ce livre dont j’ai apprécié le bon niveau langue, apporter sa pierre à l’édifice, et la date du 8 mars en titre est l’occasion de nous rappeler pourquoi toutes ces femmes se sont battues.
    Le 8 mars devrait donc être une occasion de faire des bilans annuels ; la revendication sur les droits de la femme étant désormais un défi personnel pour le réel épanouissement de la femme.

    Pauline M.N. ONGONO


  • 31 juillet – Journée Internationale de la Femme Africaine : La femme est un remède pour la femme

    La Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA) est instituée en 1962 lors de la première Conférence des Femmes Africaines à Dar es Salaam (Tanzanie), qui a conduit à la création de la PAWO, l’Organisation Panafricaine des Femmes.

    Les objectifs de cette journée sont :

    • Promouvoir, mettre en lumière les initiatives de la femme africaine pour le développement du continent
    • Célébrer les femmes africaines et les aider à réaffirmer l’engagement en faveur de leur autonomisation et de l’égalité des sexes
    • Discuter sur des sujets divers (politique, économie, culture, etc.) pour le développement de la femme en Afrique

    📌 En bref, c’est une journée pour célébrer la femme africaine et la booster encore plus.
    ACOLITT a choisi de célébrer six femmes de la littérature qui, au quotidien, posent des actions autour de la femme.

    Que ce soit chez la fille ou l’adulte, elles sont au taquet pour une jeunesse féminine intelligente. Voilà une belle proposition que fait Carmen Toudonou, écrivaine béninoise, chaque deux ans, avec le concours Miss Litterature. Un concours qui regroupent des jeunes dames de différents pays et qui fait l’éloge de la beauté intellectuelle. En outre, dans plusieurs anthologies, elles regroupent des écrits de femmes, suscitant ainsi un réseau de femmes ouvert au monde.

    Dans le groupe Facebook Ecrivaines du Cameroun, vous aurez le loisir de voir le formidable engagement de Jeanne Louise Djanga. Sortie de livres, événements autour des livres de femmes… elle n’hésite pas à en parler. Et un plus à cette initiative est la mise sur pied l’Union des écrivaines africaines par Cylia Lateb. Une belle manière de fédérer les efforts et les compétences de chacune, créant ainsi un réseau solidifié d’écrivaines africaines à travers le monde.

    Qui dit écrivaine, dit livre, dit découverte, dit chaleur humaine… Pour faire la différence sur les promotions déjà en place, Amina Seck (Sénégal) et Pulchérie Abeme Nkoghe (Gabon) ont institué des salons littéraires pour valoriser les écrits de femmes. D’aucun penseront à un féminisme de haut grade, il convient de les rassurer sur le bien fondé d’un rassemblement de femmes autour de leurs livres, discutant de techniques d’écriture, de défis lorsqu’on est femmes (épouses, mères…) et écrivaines et d’autres sujets pour développer la scène littéraire. Vous pourrez alors assister, à loisir, au Salon International Féminin du Livre et des Arts du Gabon et au Salon du livre féminin de Dakar.

    En Afrique, on déplore le manque de bibliothèques, surtout des bibliothèques avec des fonds africains. Edwige DRO l’a compris et a décidé de mettre sa pierre à l’édifice : elle a mis sur pied 1949 à Yopougon (Abidjan, Côte d’Ivoire). Il s’agit d’une bibliothèque dont le fond est constitué uniquement de livres de femmes d’Afrique et du monde noir.

    Planter la graine comme Carmen Toudonou, créer des réseaux comme Jeanne Louise DJANGA et Cylia LATEB, organiser des salons comme Amina SECK et Pulcherie ABEME, investir et s’investir pour la mise sur pied d’une bibliothèque spécialisée, autant d’actions qui valorisent la femme, ses actions et ses projets en littérature. Des actions à féliciter et à encourager.

    📢📢📢 𝐎𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐥’𝐚𝐟𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞𝐫 : 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐦𝐞̀𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞.

    Cette journée est aussi l’occasion pour nous de féliciter et remercier toutes ces personnes et associations qui se démarquent et qui donnent du leur pour le développement de l’Afrique ; l’autonomisation, le bien-être, l’éducation de la femme africaine. De manière non exhaustive : Djaïli Amadou Amal, Association des Femmes Entrepreneures du Cameroun, Rafdel, Andaal, Griote, L’orchidée Moulengui, LaDika, Régine Nadège Ekodo Ndjoana, Arielle Dnoutcheu, Yémélé Rosine, Armelle Touko, Nadine C. Mekougoum, Nadine Gérard, Carine Andela, Cynthia Nikeze, Christelle Noah DG, Danielle Eyango Ecrivaine et la liste est loin d’être exhaustive.

    Nous adressons spécialement nos encouragements à Rose Dede KOUEVI. Vivement une tenue saine du Salon international féminin du livre de Ouagadougou.
    Des fois, les échecs sont un carburant de bonne qualité.

    ACOLITT, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com



  • HYMNE À LA VIE… Par Serges NGOUNGA

    « Laisse de côté, l’usage de tes cinq sens, Laisse de côté ta vision de la matière extérieure, Laisse-toi envahir par ce sens, par cette sensation, Laisse venir à toi des images, des perceptions, des idées nouvelles. […] Dans le labyrinthe de mon imagination, j’accepte volontiers de me balader sans guide, J’accepte de me perdre, je reste convaincu du fil d’ariane que je trouverai en chemin, Les déesses de l’esprit sauront me conduire au plus haut du foisonnement créatif Et m’aideront à produire à la surface mille et un délices merveilleux à partager. […] Alors ose imaginer, pour vivre pour toi et avec les autres, une parenthèse enchantée ! », extrait 𝑰𝒎𝒂𝒈𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, P.22

    Dans ce recueil d’une quarantaine de poèmes tenue sur 88 pages, Serges Ngounga met en exergue les racines qui subliment le bien, l’amour et le beau en chacun de nous et dans nos rapports avec les autres. Ces textes sont pour lui l’occasion de semer des graines dans l’univers, pour en sortir un hymne à la vie dont les mélodies partent de soi pour inonder et enchanter le monde.

    📌 Il est disponible à la FNAC, sur AMAZON, dans le réseau de distribution des Éditions L’harmattan ou en laissant un mail à ngoungaserges@gmail.com ou infoslitt@gmail.com

    Acolitt communique sur vos initiatives en littérature.
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com


  • VISION & GRANDEUR DU PEUPLE BAMOUN : DU TEMPOREL À L’INTEMPOREL de Serges NGOUNGA et Samuel PEFOURA

    A travers ses tableaux et textes, ce livre se veut une trace indélébile des gardiens intemporels de ce peuple multiséculaire. Les adeptes du beau et du bien trouveront dans cet ouvrage toute l’essence d’un peuple qui fascine le monde encore aujourd’hui par la densité de sa richesse multisectorielle.

    En examinant ces tableaux par des textes de libre inspiration, Serges NGOUNGA nous invite à la découverte de l’un des rares peuples en Afrique qui a su, qui a pu, malgré le contact avec l’Occident, maintenir son originalité, son authenticité, livrant au 21e siècle la vision de ses pères fondateurs ainsi que la grandeur de sa civilisation figée par le biais des pinceaux de Samuel PEFOURA.

    📌 Il est en vente à la librairie Tamery à Paris et par correspondance.

    📢 Il sera très bientôt disponible au Cameroun, au prix de 15.000 FCFA. Précommandes possibles à acolitterature@gmail.com ou ngoungaserges@gmail.com



  • LE DEVOIR DE TRANSMISSION AVEC Serges NGOUNGA et Le Nguon expliqué à mon fils… et présenté au monde

    Cet ouvrage est un dialogue entre un père et son fils, Bryan, qui s’interroge sur les grandes lignes de cette tradition historique, culturelle et spirituelle qui a dépassé le cercle des Bamoun, des Camerounais, et même des Africains : le Nguon.

    Les deux protagonistes s’approprient leur histoire commune, par ce dialogue, au cœur des différentes occurrences du concept Nguon, afin de le comprendre et pour mieux le présenter au monde.

    📌 A cette ère où la déculturation fait de grands bonds toutes les minutes, ce livre illustré et écrit en 12 séquences, est indiqué pour sauver la culture, la coutume.
    En 213 pages, Serges Ngounga met en exergue, pour la population mondiale, cette « tradition de communion et de gouvernance traditionnelle dans la société bamoun. », S.M. Mouhammad-Nabil MFORIFOUM MBOMBO NJOYA, XXe roi du peuple Bamoun.

    📌 Il est disponible à la Fnac, sur Amazon.com

    Il sera très bientôt disponible au Cameroun, au prix de 10.000 FCFA.
    📖 Précommandes possibles à acolitterature@gmail.com ou ngoungaserges@gmail.com

  • HOW I MET BOOKS | Ray NDÉBI, auteur, coach creative writing & reading, traducteur camerounais

    Les livres, je suis né avec. Le paquet minimum apprêté pour ma naissance comportait un livre. je le sais, parce que ma mère lisait, peu importe la situation… J’ai donc rencontré très tôt la Littérature…
    Ma mère et ses sœurs étaient des lectrices insatiables qui se racontaient leurs pages, et moi j’appréciais la qualité de leur verbe. Je les admirais, espérant dans le plus grand secret que je serais un jour à même de construire un discours aussi riche et raffiné… Notre bibliothèque avait un ordre bien particulier, dont je ne peux que me souvenir pour l’avoir consultée dans un sens puis dans l’autre. A l’entrée, les livres de cuisine de ma mère, puis ceux sur la réussite du mariage près des ouvrages de Jacques Attali et quelques essais sur la politique et l’économie du Cameroun ; plus bas, Mongo Beti et Main basse sur le Cameroun, Dikongué Pipa, Amadou Diallo et son douloureux La mort de Diallo Telli qui m’a filé des cauchemars dans l’adolescence. Il m’a fallu aller à Conakry pour guérir du Camp Boileau. D’autres livres sur Amadou Ahidjo étaient adossés au Libéralisme communautaire de Paul Biya…


    Et en face de la porte principale, dans la salle de séjour, d’autres livres, de la Littérature pure… Le coin favori de ma mère pour les romans, et de mon père pour le whisky. Ma grande passion pour les deux vient de là. A chaque fois que je me rapprochais des livres, je me rapprochais du whisky… D’un côté, la poésie classique anglaise avec la traduction de chaque texte (ainsi j’apprendrai la traduction, observant chaque lettre avec soin), et de l’autre côté le premier livre que j’aie jamais lu… Black boy de Richard Wright… revenant vers ma mère avec mes critiques de 10 ans… En comparant le contexte du roman avec Shanghaï, le quartier dans lequel j’ai grandi à Douala, je lui ai dit que même avec son bâton, ce gamin ne s’en serait jamais sorti. Elle en avait ri. Puis, j’ai rencontré Ville Cruelle de Mongo Beti. L’adolescent que j’étais n’avait pas aimé.

    Alors j’ai poursuivi vers Hemingway, Verlaine, Ousmane, St-Exupéry, Dumas, Duras, Tutuola, Soyinka, Achebe, Sartre, Kafka que j’ai aussi peu aimé, Bebey, dont ma mère m’avait particulièrement parlé sous un sourire que je ne me décris toujours pas ; et tous mes camarades métis eurent pour mère Agatha Moudio.
    Plus tard, entre 17 et 21 ans, je revins vers tous ces livres. Je les relus avec le cœur passionné de ma mère et l’âme curieuse de l’enfant que j’étais à mes premières lectures. C’est durant ces quatre années que j’ai compris ce qu’est la Littérature. Les histoires s’étaient évaporées pour laisser place à l’esprit des auteurs. Et j’ai commencé une exploration approfondie des lettres.


    Mais il est toujours un livre que je refuse de lire. Le tout dernier que ma mère avait abandonné à son chevet, peu avant sa mort… Voyage au bout de la nuit de Céline. Elle ne l’a pas terminé, alors je ne le commencerai pas.


    Avoir été allaité et bercé entre deux pages, c’est ce qu’il pouvait m’arriver de plus magique. J’ai reçu des livres leur plus belle intimité… le secret de l’encre. Aujourd’hui je suis toujours cet enfant qui porte le cœur de sa mère.




  • 64e journée mondiale du Théâtre : Théâtre, entre drame et tragédie, par Ray NDÉBI

    Il y a 64 ans, l’International Theatre Institute (ITI) décidait du 27 mars comme de la journée durant laquelle le théâtre serait célébré à travers le monde. Un message international est alors écrit par une figure forte de ce genre, singulier et si commun à la routine d’une société, sans autre forme dissimulation que l’expression simple de ce qui se joue sur la scène des hommes, traduit et diffusé dans une bonne cinquantaine de langues.


    Si le tout premier message a été écrit en 1962 par le célèbre Jean Cocteau, cette année, l’Afrique sera représentée par Wérê Wérê Liking, la fondatrice du village artistique Ki Yi M’bock à Abidjan. Et le message, comme les fois précédentes, sera centré sur Le théâtre et la culture de la paix. Dans le même temps, le Président du Conseil Régional Africain, Vangdar Dorsuma depuis N’djamena, a délivré un message rappelant combien le théâtre contribue au développement de la personne, à l’éveil des consciences et surtout à la promotion du vivre-ensemble.
    Ce qui continue de souligner l’engagement de la Littérature pour une société agréable et solidaire.

    QUELQUES CÉLÉBRATIONS AUJOURD’HUI

    L’ITI a annoncé, pour cette année, que la célébration principale de la Journée Mondiale du Théâtre verra sa célébration principale du 27 au 30 mars à Rio de Janeiro, au Brésil. Des tables rondes, des ateliers, des échanges sur l’héritage artistique, le patrimoine culturel, les opportunités d’emploi dans l’univers du théâtre et l’importance des collaborations internationales dans le développement des sociétés, sont prévus, avec des artistes et spectacles venus de tous les continents.
    Parallèlement, à travers le monde, le théâtre va connaître cette effervescence qui donnera encore plus de couleurs et de vie aux planches, et l’Afrique aura ses propres réalités à exposer dans son contexte qui ne manque pas de sujets et d’intérêts.


    Tunis Théâtres du Monde, Tunisie
    Théatre en Folie, Cameroun
    Association Avant/Scène, Cameroun
    Acte Sept, Mali
    CLAC, Cameroun (29 mars)
    Et bien d’autres…

    RÉALITÉS QUOTIDIENNES

    Le théâtre, s’il est grandement célébré ce jour (27 mars), connaît une courbe plutôt décroissante en termes d’intérêt autant du grand public que des professionnels de ce genre aux multiples scènes. Il n’est pourtant pas possible de lire un roman, un poème, une nouvelle, un conte, un récit sans y vivre le théâtre qui les soutient. Fondu dans les autres genres, il trouve une place essentielle ; c’est quand il est exprimé dans son individualité qu’il ne rencontre pas l’épanouissement qu’on lui dirait naturel, inné.


    Du côté des lecteurs sur le continent africain, il est courant d’entendre dire qu’on ne lit pas le théâtre, c’est ennuyeux ; il faut plutôt le vivre pour en savourer l’expression authentique. On ne va que très rarement dans une bibliothèque pour solliciter une pièce de théâtre écrite ; il faudrait que l’ouvrage soit au programme scolaire pour voir les élèves et étudiants s’en procurer dans des libraires. La lecture quant à elle n’est pas garantie.


    Parmi les auteurs, les dramaturges sont ceux que l’on rencontre le moins, et ce genre voit de moins en moins de passionnés s’y intéresser ; les éditeurs contribuent à accroître l’hésitation dans la perspective de cette écriture, puisque le marché n’est pas réceptif. On rencontre de moins en moins de pièces de théâtre dans les bibliothèques domestiques, à cause d’une importante insuffisance de communication et de promotion dans ce sens.


    Les promoteurs littéraires, surtout ceux spécialisés dans le théâtre, ne rencontrent pas suffisamment le public, et n’aident pas à déconstruire la marginalité établie et transmise de génération en génération ; il semble même que le théâtre lui-même en est arrivé à l’intégrer comme une composante majeure de son état. Les ateliers, les cafés littéraires, les échanges critiques, les concours et les Prix littéraires intègrent peu le théâtre, quand bien même ce sont des initiatives d’ordre général. Il faut un prix réservé au théâtre pour qu’on rencontre le théâtre, tout comme il faut cette journée pour qu’on se rappelle son existence.


    Les espaces dédiés au théâtre sont encore plus rares, et ceux dont on entend parler ne sont localisés en majorité que par ceux qui les tiennent. Ce sont surtout des espaces ouverts à tout type de rencontres scéniques, comme les centres et foyers culturels, les instituts occidentaux qui prêtent souvent leurs cadres. Et parfois, le coût de location, surtout pour les espaces locaux, est lui seul une raison suffisante de se tourner vers un autre genre littéraire un peu moins demandant financièrement. Quand il s’agit de représentation. Parfois, l’âge et la renommée excluent bien des passionnés.

    DES VOIES VERS UN RETOUR EN GRÂCE


    Les auteurs de pièces de théâtre sont pourtant présents, mais il faut être quasiment initié en Littérature pour les reconnaître lors des rencontres autour du Livre. romanciers, poètes et autres sont quant à eux plus fréquents et moins mal lotis. Des éléments simples sont donc à considérer, car les réalités diffèrent en fonction des contextes ; certains pays en Afrique voient tout de même leur théâtre bénéficier d’une certaine attention de leur public.


    Il apparaît donc nécessaire de :
    Populariser le théâtre.
    Par exemple, auprès des jeunes, dans les écoles et les centres d’accueil qu’ils fréquentent, proposer des activités régulières dont ils sont les acteurs ; car ils ne comprendront et n’accepteront que ce qu’ils vivront, ce que leur expérience aura savouré.


    Préparer les auteurs par des ateliers.
    La méconnaissance de ce qu’est le théâtre est aussi l’une des plus grandes source d’hésitation chez le public. Si en s’intéressant à ce genre, il est plus facile de se tourner vers les œuvres des anciens, c’est parce que les conditions ne sont que peu remplies par les jeunes ou nouveaux auteurs. Comme pour les autres genres, la lecture n’est pas facile dans la plupart des cas. Le théâtre ne reçoit que peu de tolérance à cause de sa nature. On veut le voir ; donc s’il faut le lire, il doit rejoindre l’excellence.


    – Considérer les candidatures des dramaturges.
    Si les romans sont plus sollicités, c’est aussi parce qu’ils reçoivent une attention supérieure. Bien que certains auteurs excellent dans d’autres genres, il est attendu d’eux aujourd’hui le roman qui les consacrera. En accordant un grand intérêt au théâtre, notamment chez les auteurs accessibles à la jeunesse, des auteurs qu’elle pourra prendre pour modèle, il est bien plus facile de susciter leur adhésion. Le théâtre souffre grandement de l’indifférence, devenue naturelle, des promoteurs. Encourager des personnes comme Grimo, Germain Djel, Alain 5 Ba’aba, Essomo Sadrack, Hervé Keedi et bien d’autres au Cameroun ; leurs efforts pour faire vivre cet art, avec des moyens précaires, sont à saluer.


    – Créer des espaces réservés au théâtre et à son apprentissage.
    C’est aussi là un réel challenge. Où est le théâtre ? Cette question, posée à cent personnes, ne voit même pas cinq y répondre ici. Tant qu’il ne devient pas une habitude aux yeux, il restera dans ses épaisses ombres. Ses principaux acteurs non plus ne présentent pas un visage qui est reconnu au quotidien. Les associations existent-elles ? Quelles sont leurs activités ? Des lieux sont-ils indiqués ? Souvent, il faut être dans le secret, à croire que le théâtre est un genre interdit au grand jour.


    Pour cette journée, que le théâtre soit le visage des ambitions qu’on lui prête. Ne nous limitons pas à des spectacles qui attendront d’autres grandes journées ; allons au cœur des difficultés à faire rayonner le théâtre dans nos sociétés. Que les échanges soient faits sur la base de l’ouverture, et non sur d’autres interminables sessions qui ne voient intervenir que des personnes, spécialistes peut-être, mais qui ne vivent pas la réalité du théâtre aujourd’hui.


    Que revienne le théâtre !




  • BIOLITT : BILOA AGOUA Rodrigue, auteur camerounais

    BILOA AGOUA Rodrigue est Docteur en droit des affaires et de l’entreprise de l’Université de Dschang. Né le 20 janvier 1993 à Sa’a, il fait ses classes secondaires au Petit Séminaire Saint Joseph d’Efok où il obtient un Baccalauréat A4 Allemand.

    Très tôt, dès son arrivée à l’université, il embrasse le monde associatif et devient en 2013, le plus jeune Président de la Communauté Estudiantine de la Lékié à Dschang, association culturelle et académique regroupant les jeunes ressortissants de la Lékié et les sympathisants de la culture Eton, Menguissa et Batchenga. La même année, il rejoint les rangs d’Horizon Jeune, organisation de la société civile qui favorise le développement des communautés et des jeunes en particulier par le renforcement de la participation active et la résilience des couches les plus vulnérables.

    Après deux années en qualité de volontaire assurant la pair éducation sur les questions de leadership responsable, de santé de reproduction chez les adolescents, de participation citoyenne et de lutte contre les violences basées sur le genre, il est nommé Secrétaire permanent en août 2015. Cette fonction lui permet d’apprendre les rouages de la gestion administrative, tout en lui permettant de diversifier le contenu de son assiette juridique.


    Il participe à plusieurs concours d’éloquence notamment celui organisé par la Cameroon Debate Association et RIPAO Cameroun en décembre 2019, dont il obtient le deuxième prix. Il se distingue également aux éditions 2016 et 2017 du Forum des Jeunes du Cameroun organisé par le Zenü Network, respectivement à Buea et à Bertoua, par la qualité de ses interventions dans le cadre de la Commission scientifique.


    Très concerné par des questions de sciences juridiques, il est l’auteur de plusieurs travaux juridiques en destination d’entreprises et organisations de la place. Ce qui lui a donné l’idée de constituer un cabinet d’expertise et d’accompagnement juridique à l’adresse des entreprises et des particuliers.


    Conseiller juridique associé au sein de l’Organisation Patronale des Syndicats de Transporteurs et Auxiliaires du Cameroun (OPSTAC) dès décembre 2022, il a le privilège de participer aux négociations relatives à l’augmentation du prix du carburant et des tarifs de transport en qualité d’expert.

    En mai 2023, il devient Coordonnateur des activités de transport au sein de la Plateforme multimodale d’Olembé. Il a alors pour mission de structurer et d’organiser le fonctionnement de cette entité qui ouvrira finalement ses portes le 12 novembre 2023.


    « La Dame à la fenêtre » publié aux Editions Ifrikiya, est son premier roman.


  • BIOLITT : Pierre-Manau NGOULA, artiste et critique d’art congolaise

    Pierre-Manau Ngoula dite Pierre-Man’s est une artiste pluridisciplinaire internationale née en 1993 en République du Congo. Pierre-Man’s vit et travaille entre le Congo et la France.


    Vacillant entre la médiation culturelle pour la Micro-folie du Val d’Oise et sa pratique d’artiste plasticienne, Pierre-Man’s compte à son actif plusieurs expositions individuelles et de groupe.


    Elle commence par étudier l’audiovisuel à Dakar où elle se découvre une réelle passion pour le cinéma. En 2013, elle commence des études supérieures de cinéma à la Sorbonne Nouvelle à Paris, qui se concrétisent par l’obtention d’un Master en Cinéma et Audiovisuel.


    En 2015, lors d’un atelier de critique cinématographique, elle s’intéresse de plus en plus à l’écriture. Pierre Man’s s’oriente pas à pas vers la critique d’art et devient rapidement rédactrice des ATELIERS SAHM, un centre d’art congolais au coeur de la ville de Brazzaville. En plus de cela, elle anime des ateliers d’écriture cinématographique et accompagne plusieurs artistes dans l’écriture et l’analyse de leurs œuvres.


    Depuis 2017, elle accompagne des artistes du Congo et d’ailleurs à la biennale d’art
    contemporain Dak’Art en tant que critique d’art pour le projet bi-annuel des ATELIERS SAHM, Esthétiques en partage au-delà des géographies. La même année, LES ATELIERS SAHM lui décernent une bourse de travail Gästeatelier Krone octroyée aux femmes artistes congolaises.

    En 2017, elle reçoit aussi le Prix de La Fondation Blachère, une fondation d’entreprise pour l’art africain.


    En 2021, elle signe pour Africa 2020 avec le Centre d’art marseillais Montévideo en collaboration avec LES ATELIERS SAHM, en tant que critique d’art pour l’exposition
    collective Réinventer le monde à l’aube des traversées. La même année, elle a été lauréate du programme de résidence In Situ de la Fondation Daniel et Nina Carasso & Cité internationale des arts de Paris.


    En 2023, elle a été lauréate du Prix de la critique d’art décerné durant la Rencontre
    Internationale de l’Art Contemporain (RIAC) à Brazzaville en partenariat avec le média culturel No’ocultures, en République du Congo.


    En 2025, elle signe avec la Banque Mondiale en tant que critique d’art pour une exposition qui aura lieu au mois d’avril de la même année, à Brazzaville.