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  • ENTRETIEN : Joseph MBARGA ou la vertigineuse mécanique du temps et de l’espace fracturée

    Dans « Les États généraux du temps », Joseph MBARGA transforme une simple différence d’heure en une satire profonde des sociétés contemporaines. Entre absurde, ironie et réflexion philosophique, il explore les fractures du réel, les tensions identitaires et notre obsession du contrôle dans un monde où chacun revendique sa propre vérité.


    Les mots à eux seuls sont une source inépuisable d’inspiration créative.


    Dans « Les États généraux du temps », vous transformez une simple différence de cinq minutes en crise existentielle et politique. À quel moment avez-vous compris que le temps pouvait devenir un personnage littéraire à part entière

    À mon avis, si on parle de crise, elle est davantage sociale dans le texte. Tout est parti d’un lieu physique, un de nos carrefours, et croyez-moi ou non, l’heure n’était pas exactement la même sur les deux horloges de ce rond-point. Je suis repassé plusieurs fois à cet endroit et c’était le statu quo. Dans ma tête, je me demandais si un côté de la ville avait pris de l’avance sur l’autre. Cette idée a longtemps trotté dans ma tête et, au final, j’ai décidé d’en faire une nouvelle. L’ intégration d’un conflit entre certains protagonistes a été presqu’évidente au moment de l’écriture, sachant que de nos jours, les gens se disputent pour un rien. À partir de là, le temps peut effectivement devenir un personnage à part entière tellement il va obséder les parties en conflit.

    Votre texte donne l’impression que le désordre horaire révèle surtout une incapacité des hommes à cohabiter. Le problème est-il réellement celui du temps ou celui du pouvoir ?

    Il est frappant de constater comment, chez nous, des questions banales peuvent rapidement escalader en problèmes clivants autour desquels s’érigent des certitudes irréfragables. C’est plus cela qui, à mon avis, créent des challenges dans cette capacité à prendre en compte un point de vue différent, ou seulement à l’écouter attentivement.

    Le proviseur apparaît comme un homme rationnel plongé dans un univers absurde. Avez-vous voulu montrer les limites de la logique face aux réalités sociales et humaines.

    Le proviseur, qui est prof de physique, est effectivement un homme rationnel qui espère contourner de manière logique et scientifique tout obstacle qui se dresse sur son chemin. Cela est particulièrement vrai dans le management de l’établissement scolaire dont il a la charge. Cependant, sa rationalité ne semble pas suffisante pour s’en sortir complètement dans un environnement pour le moins kafkaïen. Il existera toujours des personnes en déphasage complet avec ce qu’il y a autour d’elles. C’est du reste le cas pour le jeune chercheur de la deuxième nouvelle qui ne discerne pas toutes les subtilités contradictoires du monde autour de lui. Mais alors, faut-il s’accommoder en tout point au monde tel qu’on le perçoit aujourd’hui ?

    Derrière l’humour et la satire, on ressent une critique profonde des sociétés contemporaines où chacun revendique sa vérité. Pensez-vous que nous vivons aujourd’hui une fragmentation collective du réel ?

    L’idée selon laquelle il n’ y a pas de vérité absolue ou alors qu’il en existe plusieurs est plus que jamais prégnante aujourd’hui. Il n’ y aurait donc plus rien à dire, aucun principe à défendre ne serait-ce que momentanément puisque tout est relatif. Les réseaux sociaux renforcent le phénomène puisque par le jeu des algorithmes et des logiques parfois obscures, on remarque que certains contenus sont promus alors que d’autres sont invisibilisés. Tout ceci contribue au renforcement de la confusion des esprits et prolonge des mécanismes qui existent déjà dans les médias mainstream ou même dans des lieux de diffusion et de promotion de la culture. Tout cela induit, voire contribue sans doute à la fragmentation des sociétés que vous évoquez. Mais dans le chaos voulu et provoqué, il reste des aspects curieux comme la volonté d’imposer certaines idées de manière coercitive, s’il le faut. N’est-ce pas là une contradiction flagrante avec « la relativité générale » ?

    Vos nouvelles mêlent physique, géographie, politique, psychologie et philosophie. Cette hybridation des savoirs était-elle nécessaire pour parler du chaos moderne ?

    Je me considère avant tout comme un storyteller, comme on dit en anglais, un raconteur d’histoires, car il y en a tellement dans notre quotidien. Mon objectif est d’abord de proposer une histoire simplement pour que le lecteur ou la lectrice passe un bon moment en compagnie d’un ou plusieurs personnages, et c’est aussi pour cette raison que mes nouvelles sont comiques. Ce côté comique s’appuie sur des situations, des personnages ou des mots qui sont le matériau principal de celui ou celle qui écrit, car les mots à eux seuls sont une source inépuisable d’inspiration créative. En plus de distraire le lecteur, j’aimerais bien lui donner une information ici ou là, sachant que moi-même j’aime ces lectures dans lesquelles j’apprends quelque chose. Cependant, les incursions dans l’un ou l’autre champ du savoir peuvent ancrer une histoire dans le réel ou consolider la création d’un univers fictionnel, et cela avant que le récit ne soit complètement happé puis englouti par l’une de ces réalités absurdes qui ne sont jamais loin (rires).

    Le conflit autour de l’heure semble parfois rappeler les tensions identitaires, idéologiques ou même électorales observées dans certaines sociétés africaines. Jusqu’où votre fiction dialogue-t-elle avec le réel ?

    Il y a sûrement là un rapport l’autre, dans le contexte de l’histoire, celui avec qui on ne partage pas la même heure est différent : avec lui, on ne peut partager la même vision du monde, il est du mauvais côté, quelles que soient les circonstances, parce qu’il n’ y a aucune raison qu’il ne perçoive pas la même réalité. Cela est valable même si l’objet de la dispute est complètement artificiel, exogène ou insignifiant. Ce qui compte, c’est de mettre en relief l’altérité et de la manipuler au besoin. Dans cette optique effectivement, le conflit de l’heure… (rires), le conflit de l’heure dans « Les États généraux du temps » est une allégorie.

    Plusieurs personnages semblent prisonniers d’un besoin maladif de contrôle : contrôler l’heure, les horaires, les comportements, les récits. Selon vous, pourquoi l’être humain supporte-t-il si difficilement l’incertitude ?

    On devrait être davantage en quête de sens. Ce n’est pas facile dans la période actuelle avec tout le brouhaha, avec l’absence de repères fiables. À défaut de valeurs solides, on se rabat sur des ersatz, des artifices érigés en modèles. De toutes parts, on répète à longueur de journée, sur les réseaux sociaux et ailleurs, des imprécations, des formules toutes faites sans la moindre nuance et sans un petit effort de réflexion – je ne dis pas de pensée. Évidemment, ces postures ne accommodent d’aucune forme d’incertitude et chacun en vient à vouloir contrôler le réel, tout le réel, à partir d’une ligne de tranchée égocentrique qui est aussi un cocon émotionnel. Maintenant, il faut plus de courage et d’audace pour remettre en question tous ces travers.

    Malgré l’absurdité ambiante, vos personnages continuent à défendre leurs positions avec une ferveur presque religieuse. Diriez-vous que le fanatisme naît souvent de détails devenus symboliques ?

    On pourrait se demander si ce n’est pas le fait de se perdre dans les détails, puis de les défendre bec et ongles, qui rend le monde absurde. Supposons qu’il faille emprunter un axe routier pour se rendre d’une ville à l’autre ; si, en laissant cette voie principale, on se retrouve en brousse et que l’on continue à s’enfoncer parce qu’on pense avoir raison, il devient impératif de chercher là où se trouve la véritable absurdité. Il y a donc ces occurrences déraisonnables et autogénérées qui contribuent à nourrir et à entretenir la grande bulle existante de l’absurdité. Et c’est vrai qu’en se mouvant dans pareil univers, on peut soit être complètement perdu, soit sombrer dans des eaux troubles. Il faut travailler à l’assainissement, d’abord au niveau personnel, puis en se démenant pour assainir autour de soi. Vous voyez, c’est comme dans l’avion où l’on recommande de mettre et de garder son masque à oxygène d’abord, avant de s’occuper d’autres personnes.

    Votre écriture alterne ironie, tension dramatique et réflexion intellectuelle. Comment trouvez-vous l’équilibre entre le plaisir du récit et la profondeur du propos.

    Beaucoup d’histoires dans les fictions de chez nous ne déploient pas vraiment de péripéties. Je mets donc un point d’honneur à avoir au moins une succession de petits événements dans le cadre de la nouvelle, et la tension dramatique permet de ne pas lâcher le ou les personnages parce qu’on se demande ce qui va leur arriver. Pour ce qui est de l’humour, je me demande si ce n’est pas un mécanisme de protection face à la réalité qui est parfois brutale dans la séquence actuelle. C’est de manière naturelle que l’ironie, avec son décalage, est présente dans mon écriture. Elle permet de transcrire de manière décalée la société et de la titiller. Et puis, l’ironie crée, je l’espère, une certaine complicité avec le lecteur. J’aimerais qu’il perçoive, au détour d’une phrase, une instance qui le fera rire et peut-être réfléchir. Car, au final, c’est au lecteur de voir comment il intègre le texte catalyseur dans sa réflexion.

    Après avoir écrit une œuvre où le temps divise autant les hommes, gardez-vous encore l’espoir qu’une société puisse retrouver une « heure commune » au sens symbolique comme humain ?

    Heureusement que nous avons une heure commune de manière globale, si cela est vraiment important ! Ce qu’il faut voir, et qui est utile, c’est pour chaque occasion, chaque contexte, comment, avec les différents récits par exemple, on écrit une histoire ou un discours épidictique qui ne remet pas en cause les différents récits, mais les agrège. Cela permet que, pour certaines occasions, seul le discours épidictique puisse prévaloir. C’est un point fondamental à intégrer. Après tout, il y a de nombreux fuseaux horaires et puis ce qu’on appelle l’heure universelle, non !?

    Vous avez choisi le format numérique gratuit pour permettre aux lecteurs de découvrir ces deux nouvelles. Pourquoi ?

    Dans l’histoire de la littérature, des auteurs publiaient souvent, épisode par épisode, leur roman avant la sortie de l’ouvrage en librairie ; et des nouvellistes faisaient paraître leurs récits courts dans des magazines avant de les rassembler dans des recueils. À son retour d’exil au Cameroun par exemple, Mongo Beti a publié dans le journal Le Messager le roman-feuilleton Mystères en vrac sur la ville, qui sortirait plus tard en imprimerie sous le titre de Trop de soleil tue l’amour.

    La souplesse du numérique nous permet aujourd’hui de garder vivante la littérature et d’être en phase avec la période actuelle. J’ai choisi de diffuser mes deux nouvelles d’abord sur internet, en téléchargement gratuit, mais le livre papier sera bientôt là. Entre-temps, nous aurons engagé des échanges fructueux avec les lecteurs, grâce notamment à ACOLITT, qui effectue un remarquable travail de promotion du livre africain.

    Pour rappel, ces nouvelles sont en téléchargement gratuit ici

    Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO


  • ENTRETIEN AVEC TRESOR COMEDY, COMÉDIEN CENTRAFRICAIN

    Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Qu’est-ce qui a motivé votre amour pour le théâtre ?

    T.C. : Merci de me recevoir. Je suis Trésor KORONDO de gloire, de mon nom d’artiste « Trésor Comedy », je suis un artiste humoriste comédien de la vingtaine, originaire de la Centrafrique. Le théâtre s’est imposé dans ma vie naturellement. C’est un art que j’aime beaucoup. J’ai commencé à le pratiquer dans mon enfance. Je faisais des sketchs à l’église, des scènes de Noël, par exemple. Alors, il s’est imposé dans ma vie.


    Vous évoluez à la fois en troupe, avec le Collectif Nguia Ti Ndara, et en solo. Qu’est-ce qui motive ce double choix artistique ?

    T.C. : C’est une façon pour moi d’éviter d’être coincé à cause du manque d’enthousiasme ou du manque de motivation. Alors, travailler seul aussi me permet non seulement d’être indépendant mais aussi d’évaluer mon niveau dans le métier.


    Sur scène, qu’est-ce que le collectif vous apporte que vous ne retrouvez pas dans le jeu individuel ?

    T.C. : Jouer en équipe apporte beaucoup en matiere d’idées sur les scénarios.


    À l’inverse, que vous permet le solo que la troupe ne vous offre pas toujours ?

    T.C. : Jouer en solo forge mon courage et ma détermination. Sachant que je suis seul, je suis conscient que si je ne m’adonne pas, personne ne viendra le faire à ma place. En plus, ça me permet de corriger certaines failles.


    Vos créations semblent ancrées dans votre réalité. Quels thèmes vous habitent et traversent votre travail ?

    T.C. : Pour les thèmes qui habitent et traversent mes jeux, je me focalise, effectivement, sur les réalités de mon environnement. J’aborde donc des thèmes qui portent, par exemple, sur les problèmes de la société centrafricaine, les problèmes familiaux, les dérives des jeunes, etc.

    En quoi votre identité centrafricaine nourrit-elle votre expression artistique ?

    T.C. : En tant que jeune et conscient que la jeunesse a besoin de modèle, sans vouloir paraître prétentieux, avec les moyens du bord, chaque action sur les planches visent à soulever de manière positive ma nation.


    Quelle place occupe la langue (français, sango ou autres) dans votre jeu et votre message ?

    T.C. : Ces différentes langues occupent vraiment une place dans mes jeux et messages, car ça permet une meilleure communication avec les publics sur scène. Pour l’instant, j’utilise beaucoup le sango, mais avec le temps, je m’ouvrirai à d’autres langues, pour que mon travail ne reste pas fermé.


    Y a-t-il un rôle, une scène ou une représentation qui a marqué un tournant dans votre parcours ?

    T.C. : Oui. Je devais jouer le rôle d’un soulard bègue. J’étais entre deux dilemmes : jouer un soulard et jouer un bègue (Rires), pourtant je n’ai pas l’habitude d’être saoul et je ne suis pas bègue. Je ne pensais pas y arriver… Mais à la fin, c’était du Waouh ! Le public a beaucoup aimé.


    Le métier de comédien reste exigeant, surtout pour les jeunes. Quels obstacles rencontrez-vous aujourd’hui ?

    T.C. : Je rencontre énormément d’obstacles.  Entre le matériel de prise de vue inexistant ou de mauvaise qualité, la concentration lors des répétitions, le manque de financement, la mobilisation du public… Sans  passion, l’on ne pourrait continuer.


    Quel regard portez-vous sur la scène théâtrale centrafricaine actuelle ? Est-elle, selon vous, en pleine mutation ?

    T.C. : Oui, elle est en pleine mutation. Malheureusement, plusieurs personnes pensent que le théâtre en Centrafrique ne marche plus… Et pourtant, il y a des jeunes qui continuent de bosser, mais qui manquent de guides et de sponsors.


    Si vous deviez adresser un message à la jeunesse centrafricaine, notamment à ceux qui hésitent à se lancer dans le théâtre, que leur diriez-vous ?

    T.C. : Merci de me donner l’occasion de m’exprimer. Aux jeunes, je tiens à leur dire que le théâtre est aussi un bon chemin qui les aidera à gagner leur pain quotidien. Être toujours en train de penser des scenarios et comment les monter, les éloignera de la fainéantise et d’autres dérives. En plus, ça forge l’expression orale : s’exprimer en public, peu importe le nombre de personnes, devient facile et dénué de peur. Alors, Jeunesse centrafricaine, lève toi, n’hésite pas à te lancer dans le théâtre !

    Les vidéos de Trésor Comedy sont disponibles sur Youtube ici

    Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO


  • LE 8 MARS : Fête de pagne ou de défilé ? de SOBDIBÉ KEMAYE, écrivaine tchadienne

    Depuis 1910, date à laquelle l’allemande Clara Zetkin proposa de consacrer une journée dans le monde à la cause des femmes, le 8 mars, puisque c’est cette date qui marque aujourd’hui cette cause, a connu une belle évolution. Le droit de vote, les meilleures conditions de travail, l’égalité entre les hommes et les femmes étaient les points pilotes de cette revendication. Maintenant que les femmes ont obtenu et même bien plus que ce qu’elles revendiquaient, qu’en est-il du 8 mars aujourd’hui ?

    Pour apporter des éléments de réponse à cette question, je me suis intéressée au dernier essai de la Tchadienne Sobdibé KEMAYE, paru en 2021 aux Editions TOUMAI : Le 8 mars : Fête de pagne ou de défilé ? C’est un essai de 104 pages avec 26 parties, riche d’une préface de l’auteur YANBÉ OUADJON DAMAH et d’une postface du critique littéraire tchadien TOUKMI TAO Emmanuel.

    Fête de pagne ou de défilé ?

    Peut-être devrions-nous, de prime abord, nous appesantir sur les notions de défilé et de pagne ?
    Un défilé est un symbole, un rassemblement de personnes défendant ou fêtant une même cause. Celui du 8 mars ne saurait déroger à la règle, vu sa symbolique. Il rassemble des femmes qui commémorent cette date héritée de ces ouvrières au début du 20e siècle. Le pagne « du 8 mars », lui, utilisé uniquement, ou du moins en majorité, en Afrique, est le témoin de la femme africaine… justement. En Afrique, les rassemblements heureux et malheureux, les partis politiques, les associations communautaires, et la liste n’est pas exhaustive, se donnent le droit d’avoir un « pagne d’ensemble », alors pourquoi pas un pagne pour commémorer la journée internationale des droits de la femme ?

    L’objectif de ce petit exposé autour du pagne et le défilé est simple : dissocier ces deux, à mon avis, altérerait la symbolique de cette journée en Afrique. Je me souviens encore de l’indignation des femmes il y a quelques années, empêchées de manifester comme d’habitude, à cause de la pandémie à coronavirus.

    Le 8 mars : Fête de pagne ou de défilé ? de Sobdibe KEMAYE

    Ne vous arrêtez surtout pas au titre, à la qualité du papier et aux quelques défauts d’impression pour juger ce texte ! Sobdibé KEMAYE, par cet essai, offre une véritable bible de la femme à la femme. Elle touche de nombreux pans à l’instar de la dépigmentation, les TIC dans le foyer, l’alcool et la femme, la veuve et les orphelins, le mariage polygamique, l’éducation des enfants, le respect de son conjoint, les grandes dames de ce monde, la corruption, la liberté de la femme, l’éducation de la femme même âgée, etc. Pour l’auteure, parler d’égalité entre l’homme et la femme est une hérésie (P.88) et ne signifie pas que la femme doive s’adonner à des pratiques qui l’avilissent. Son souhait est qu’au lendemain du 8 mars, les débats et les longs discours ne soient pas rangés dans des tiroirs qui ne seront rouverts que le 8 mars suivant.

    « Soyons des femmes exemplaires, malgré les manquements et insuffisances de tout bord, ainsi nos enfants prendront cela comme un exemple et deviendront des hommes responsables dans la société. » (P.17). Cette phrase peut paraître banale et friser le « déjà entendu », mais regardons un instant autour de nous et voyons à quoi se livre notre jeunesse… Loin de moi l’envie de jeter l’opprobre sur la femme uniquement ! Toutefois, Femmes, tenons-nous toujours avec poigne l’éducation de nos enfants ? Tel est l’un des cris de Sobdibé KEMAYE dans cet essai où au fil des pages, on a l’impression d’être dans une grande salle, assise aux premières loges, écoutant les conseils de l’auteure, prodigués avec une belle simplicité.

    Les femmes ont peut-être plus de droits de nos jours, mais le patriarcat demeure. Est-ce pour autant qu’elles devraient agir en incapables ? Heureusement, plusieurs femmes ont compris que leur émancipation ne se résume pas à dire « Moi aussi, je veux… », mais plutôt à se bâtir une réelle existence. « C’est vrai, nous ne sommes pas égales aux hommes (physiquement, moralement et surtout émotionnellement), (…) un MAIS arrive. Si un homme te dépasse par la force physique et émotionnelle, pourrait-il aussi absolument te dépasser sur le plan intellectuel, de la sagesse ? » (P.88). Commémorer, oui, mais afin d’apporter un plus à notre curriculum vitae de femmes, de mères, et même d’épouses.

    Pourquoi recommanderais-je ce livre ?

    Tout simplement parce que l’éducation de la jeune fille et la rééducation de la femme sont sans conteste des sujets d’actualité.
    L’auteure a voulu par ce livre dont j’ai apprécié le bon niveau langue, apporter sa pierre à l’édifice, et la date du 8 mars en titre est l’occasion de nous rappeler pourquoi toutes ces femmes se sont battues.
    Le 8 mars devrait donc être une occasion de faire des bilans annuels ; la revendication sur les droits de la femme étant désormais un défi personnel pour le réel épanouissement de la femme.

    Pauline M.N. ONGONO


  • 31 juillet – Journée Internationale de la Femme Africaine : La femme est un remède pour la femme

    La Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA) est instituée en 1962 lors de la première Conférence des Femmes Africaines à Dar es Salaam (Tanzanie), qui a conduit à la création de la PAWO, l’Organisation Panafricaine des Femmes.

    Les objectifs de cette journée sont :

    • Promouvoir, mettre en lumière les initiatives de la femme africaine pour le développement du continent
    • Célébrer les femmes africaines et les aider à réaffirmer l’engagement en faveur de leur autonomisation et de l’égalité des sexes
    • Discuter sur des sujets divers (politique, économie, culture, etc.) pour le développement de la femme en Afrique

    📌 En bref, c’est une journée pour célébrer la femme africaine et la booster encore plus.
    ACOLITT a choisi de célébrer six femmes de la littérature qui, au quotidien, posent des actions autour de la femme.

    Que ce soit chez la fille ou l’adulte, elles sont au taquet pour une jeunesse féminine intelligente. Voilà une belle proposition que fait Carmen Toudonou, écrivaine béninoise, chaque deux ans, avec le concours Miss Litterature. Un concours qui regroupent des jeunes dames de différents pays et qui fait l’éloge de la beauté intellectuelle. En outre, dans plusieurs anthologies, elles regroupent des écrits de femmes, suscitant ainsi un réseau de femmes ouvert au monde.

    Dans le groupe Facebook Ecrivaines du Cameroun, vous aurez le loisir de voir le formidable engagement de Jeanne Louise Djanga. Sortie de livres, événements autour des livres de femmes… elle n’hésite pas à en parler. Et un plus à cette initiative est la mise sur pied l’Union des écrivaines africaines par Cylia Lateb. Une belle manière de fédérer les efforts et les compétences de chacune, créant ainsi un réseau solidifié d’écrivaines africaines à travers le monde.

    Qui dit écrivaine, dit livre, dit découverte, dit chaleur humaine… Pour faire la différence sur les promotions déjà en place, Amina Seck (Sénégal) et Pulchérie Abeme Nkoghe (Gabon) ont institué des salons littéraires pour valoriser les écrits de femmes. D’aucun penseront à un féminisme de haut grade, il convient de les rassurer sur le bien fondé d’un rassemblement de femmes autour de leurs livres, discutant de techniques d’écriture, de défis lorsqu’on est femmes (épouses, mères…) et écrivaines et d’autres sujets pour développer la scène littéraire. Vous pourrez alors assister, à loisir, au Salon International Féminin du Livre et des Arts du Gabon et au Salon du livre féminin de Dakar.

    En Afrique, on déplore le manque de bibliothèques, surtout des bibliothèques avec des fonds africains. Edwige DRO l’a compris et a décidé de mettre sa pierre à l’édifice : elle a mis sur pied 1949 à Yopougon (Abidjan, Côte d’Ivoire). Il s’agit d’une bibliothèque dont le fond est constitué uniquement de livres de femmes d’Afrique et du monde noir.

    Planter la graine comme Carmen Toudonou, créer des réseaux comme Jeanne Louise DJANGA et Cylia LATEB, organiser des salons comme Amina SECK et Pulcherie ABEME, investir et s’investir pour la mise sur pied d’une bibliothèque spécialisée, autant d’actions qui valorisent la femme, ses actions et ses projets en littérature. Des actions à féliciter et à encourager.

    📢📢📢 𝐎𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐥’𝐚𝐟𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞𝐫 : 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐦𝐞̀𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞.

    Cette journée est aussi l’occasion pour nous de féliciter et remercier toutes ces personnes et associations qui se démarquent et qui donnent du leur pour le développement de l’Afrique ; l’autonomisation, le bien-être, l’éducation de la femme africaine. De manière non exhaustive : Djaïli Amadou Amal, Association des Femmes Entrepreneures du Cameroun, Rafdel, Andaal, Griote, L’orchidée Moulengui, LaDika, Régine Nadège Ekodo Ndjoana, Arielle Dnoutcheu, Yémélé Rosine, Armelle Touko, Nadine C. Mekougoum, Nadine Gérard, Carine Andela, Cynthia Nikeze, Christelle Noah DG, Danielle Eyango Ecrivaine et la liste est loin d’être exhaustive.

    Nous adressons spécialement nos encouragements à Rose Dede KOUEVI. Vivement une tenue saine du Salon international féminin du livre de Ouagadougou.
    Des fois, les échecs sont un carburant de bonne qualité.

    ACOLITT, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com



  • HYMNE À LA VIE… Par Serges NGOUNGA

    « Laisse de côté, l’usage de tes cinq sens, Laisse de côté ta vision de la matière extérieure, Laisse-toi envahir par ce sens, par cette sensation, Laisse venir à toi des images, des perceptions, des idées nouvelles. […] Dans le labyrinthe de mon imagination, j’accepte volontiers de me balader sans guide, J’accepte de me perdre, je reste convaincu du fil d’ariane que je trouverai en chemin, Les déesses de l’esprit sauront me conduire au plus haut du foisonnement créatif Et m’aideront à produire à la surface mille et un délices merveilleux à partager. […] Alors ose imaginer, pour vivre pour toi et avec les autres, une parenthèse enchantée ! », extrait 𝑰𝒎𝒂𝒈𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, P.22

    Dans ce recueil d’une quarantaine de poèmes tenue sur 88 pages, Serges Ngounga met en exergue les racines qui subliment le bien, l’amour et le beau en chacun de nous et dans nos rapports avec les autres. Ces textes sont pour lui l’occasion de semer des graines dans l’univers, pour en sortir un hymne à la vie dont les mélodies partent de soi pour inonder et enchanter le monde.

    📌 Il est disponible à la FNAC, sur AMAZON, dans le réseau de distribution des Éditions L’harmattan ou en laissant un mail à ngoungaserges@gmail.com ou infoslitt@gmail.com

    Acolitt communique sur vos initiatives en littérature.
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com


  • VISION & GRANDEUR DU PEUPLE BAMOUN : DU TEMPOREL À L’INTEMPOREL de Serges NGOUNGA et Samuel PEFOURA

    A travers ses tableaux et textes, ce livre se veut une trace indélébile des gardiens intemporels de ce peuple multiséculaire. Les adeptes du beau et du bien trouveront dans cet ouvrage toute l’essence d’un peuple qui fascine le monde encore aujourd’hui par la densité de sa richesse multisectorielle.

    En examinant ces tableaux par des textes de libre inspiration, Serges NGOUNGA nous invite à la découverte de l’un des rares peuples en Afrique qui a su, qui a pu, malgré le contact avec l’Occident, maintenir son originalité, son authenticité, livrant au 21e siècle la vision de ses pères fondateurs ainsi que la grandeur de sa civilisation figée par le biais des pinceaux de Samuel PEFOURA.

    📌 Il est en vente à la librairie Tamery à Paris et par correspondance.

    📢 Il sera très bientôt disponible au Cameroun, au prix de 15.000 FCFA. Précommandes possibles à acolitterature@gmail.com ou ngoungaserges@gmail.com



  • LE DEVOIR DE TRANSMISSION AVEC Serges NGOUNGA et Le Nguon expliqué à mon fils… et présenté au monde

    Cet ouvrage est un dialogue entre un père et son fils, Bryan, qui s’interroge sur les grandes lignes de cette tradition historique, culturelle et spirituelle qui a dépassé le cercle des Bamoun, des Camerounais, et même des Africains : le Nguon.

    Les deux protagonistes s’approprient leur histoire commune, par ce dialogue, au cœur des différentes occurrences du concept Nguon, afin de le comprendre et pour mieux le présenter au monde.

    📌 A cette ère où la déculturation fait de grands bonds toutes les minutes, ce livre illustré et écrit en 12 séquences, est indiqué pour sauver la culture, la coutume.
    En 213 pages, Serges Ngounga met en exergue, pour la population mondiale, cette « tradition de communion et de gouvernance traditionnelle dans la société bamoun. », S.M. Mouhammad-Nabil MFORIFOUM MBOMBO NJOYA, XXe roi du peuple Bamoun.

    📌 Il est disponible à la Fnac, sur Amazon.com

    Il sera très bientôt disponible au Cameroun, au prix de 10.000 FCFA.
    📖 Précommandes possibles à acolitterature@gmail.com ou ngoungaserges@gmail.com

  • HOW I MET BOOKS | Ray NDÉBI, auteur, coach creative writing & reading, traducteur camerounais

    Les livres, je suis né avec. Le paquet minimum apprêté pour ma naissance comportait un livre. je le sais, parce que ma mère lisait, peu importe la situation… J’ai donc rencontré très tôt la Littérature…
    Ma mère et ses sœurs étaient des lectrices insatiables qui se racontaient leurs pages, et moi j’appréciais la qualité de leur verbe. Je les admirais, espérant dans le plus grand secret que je serais un jour à même de construire un discours aussi riche et raffiné… Notre bibliothèque avait un ordre bien particulier, dont je ne peux que me souvenir pour l’avoir consultée dans un sens puis dans l’autre. A l’entrée, les livres de cuisine de ma mère, puis ceux sur la réussite du mariage près des ouvrages de Jacques Attali et quelques essais sur la politique et l’économie du Cameroun ; plus bas, Mongo Beti et Main basse sur le Cameroun, Dikongué Pipa, Amadou Diallo et son douloureux La mort de Diallo Telli qui m’a filé des cauchemars dans l’adolescence. Il m’a fallu aller à Conakry pour guérir du Camp Boileau. D’autres livres sur Amadou Ahidjo étaient adossés au Libéralisme communautaire de Paul Biya…


    Et en face de la porte principale, dans la salle de séjour, d’autres livres, de la Littérature pure… Le coin favori de ma mère pour les romans, et de mon père pour le whisky. Ma grande passion pour les deux vient de là. A chaque fois que je me rapprochais des livres, je me rapprochais du whisky… D’un côté, la poésie classique anglaise avec la traduction de chaque texte (ainsi j’apprendrai la traduction, observant chaque lettre avec soin), et de l’autre côté le premier livre que j’aie jamais lu… Black boy de Richard Wright… revenant vers ma mère avec mes critiques de 10 ans… En comparant le contexte du roman avec Shanghaï, le quartier dans lequel j’ai grandi à Douala, je lui ai dit que même avec son bâton, ce gamin ne s’en serait jamais sorti. Elle en avait ri. Puis, j’ai rencontré Ville Cruelle de Mongo Beti. L’adolescent que j’étais n’avait pas aimé.

    Alors j’ai poursuivi vers Hemingway, Verlaine, Ousmane, St-Exupéry, Dumas, Duras, Tutuola, Soyinka, Achebe, Sartre, Kafka que j’ai aussi peu aimé, Bebey, dont ma mère m’avait particulièrement parlé sous un sourire que je ne me décris toujours pas ; et tous mes camarades métis eurent pour mère Agatha Moudio.
    Plus tard, entre 17 et 21 ans, je revins vers tous ces livres. Je les relus avec le cœur passionné de ma mère et l’âme curieuse de l’enfant que j’étais à mes premières lectures. C’est durant ces quatre années que j’ai compris ce qu’est la Littérature. Les histoires s’étaient évaporées pour laisser place à l’esprit des auteurs. Et j’ai commencé une exploration approfondie des lettres.


    Mais il est toujours un livre que je refuse de lire. Le tout dernier que ma mère avait abandonné à son chevet, peu avant sa mort… Voyage au bout de la nuit de Céline. Elle ne l’a pas terminé, alors je ne le commencerai pas.


    Avoir été allaité et bercé entre deux pages, c’est ce qu’il pouvait m’arriver de plus magique. J’ai reçu des livres leur plus belle intimité… le secret de l’encre. Aujourd’hui je suis toujours cet enfant qui porte le cœur de sa mère.




  • 64e journée mondiale du Théâtre : Théâtre, entre drame et tragédie, par Ray NDÉBI

    Il y a 64 ans, l’International Theatre Institute (ITI) décidait du 27 mars comme de la journée durant laquelle le théâtre serait célébré à travers le monde. Un message international est alors écrit par une figure forte de ce genre, singulier et si commun à la routine d’une société, sans autre forme dissimulation que l’expression simple de ce qui se joue sur la scène des hommes, traduit et diffusé dans une bonne cinquantaine de langues.


    Si le tout premier message a été écrit en 1962 par le célèbre Jean Cocteau, cette année, l’Afrique sera représentée par Wérê Wérê Liking, la fondatrice du village artistique Ki Yi M’bock à Abidjan. Et le message, comme les fois précédentes, sera centré sur Le théâtre et la culture de la paix. Dans le même temps, le Président du Conseil Régional Africain, Vangdar Dorsuma depuis N’djamena, a délivré un message rappelant combien le théâtre contribue au développement de la personne, à l’éveil des consciences et surtout à la promotion du vivre-ensemble.
    Ce qui continue de souligner l’engagement de la Littérature pour une société agréable et solidaire.

    QUELQUES CÉLÉBRATIONS AUJOURD’HUI

    L’ITI a annoncé, pour cette année, que la célébration principale de la Journée Mondiale du Théâtre verra sa célébration principale du 27 au 30 mars à Rio de Janeiro, au Brésil. Des tables rondes, des ateliers, des échanges sur l’héritage artistique, le patrimoine culturel, les opportunités d’emploi dans l’univers du théâtre et l’importance des collaborations internationales dans le développement des sociétés, sont prévus, avec des artistes et spectacles venus de tous les continents.
    Parallèlement, à travers le monde, le théâtre va connaître cette effervescence qui donnera encore plus de couleurs et de vie aux planches, et l’Afrique aura ses propres réalités à exposer dans son contexte qui ne manque pas de sujets et d’intérêts.


    Tunis Théâtres du Monde, Tunisie
    Théatre en Folie, Cameroun
    Association Avant/Scène, Cameroun
    Acte Sept, Mali
    CLAC, Cameroun (29 mars)
    Et bien d’autres…

    RÉALITÉS QUOTIDIENNES

    Le théâtre, s’il est grandement célébré ce jour (27 mars), connaît une courbe plutôt décroissante en termes d’intérêt autant du grand public que des professionnels de ce genre aux multiples scènes. Il n’est pourtant pas possible de lire un roman, un poème, une nouvelle, un conte, un récit sans y vivre le théâtre qui les soutient. Fondu dans les autres genres, il trouve une place essentielle ; c’est quand il est exprimé dans son individualité qu’il ne rencontre pas l’épanouissement qu’on lui dirait naturel, inné.


    Du côté des lecteurs sur le continent africain, il est courant d’entendre dire qu’on ne lit pas le théâtre, c’est ennuyeux ; il faut plutôt le vivre pour en savourer l’expression authentique. On ne va que très rarement dans une bibliothèque pour solliciter une pièce de théâtre écrite ; il faudrait que l’ouvrage soit au programme scolaire pour voir les élèves et étudiants s’en procurer dans des libraires. La lecture quant à elle n’est pas garantie.


    Parmi les auteurs, les dramaturges sont ceux que l’on rencontre le moins, et ce genre voit de moins en moins de passionnés s’y intéresser ; les éditeurs contribuent à accroître l’hésitation dans la perspective de cette écriture, puisque le marché n’est pas réceptif. On rencontre de moins en moins de pièces de théâtre dans les bibliothèques domestiques, à cause d’une importante insuffisance de communication et de promotion dans ce sens.


    Les promoteurs littéraires, surtout ceux spécialisés dans le théâtre, ne rencontrent pas suffisamment le public, et n’aident pas à déconstruire la marginalité établie et transmise de génération en génération ; il semble même que le théâtre lui-même en est arrivé à l’intégrer comme une composante majeure de son état. Les ateliers, les cafés littéraires, les échanges critiques, les concours et les Prix littéraires intègrent peu le théâtre, quand bien même ce sont des initiatives d’ordre général. Il faut un prix réservé au théâtre pour qu’on rencontre le théâtre, tout comme il faut cette journée pour qu’on se rappelle son existence.


    Les espaces dédiés au théâtre sont encore plus rares, et ceux dont on entend parler ne sont localisés en majorité que par ceux qui les tiennent. Ce sont surtout des espaces ouverts à tout type de rencontres scéniques, comme les centres et foyers culturels, les instituts occidentaux qui prêtent souvent leurs cadres. Et parfois, le coût de location, surtout pour les espaces locaux, est lui seul une raison suffisante de se tourner vers un autre genre littéraire un peu moins demandant financièrement. Quand il s’agit de représentation. Parfois, l’âge et la renommée excluent bien des passionnés.

    DES VOIES VERS UN RETOUR EN GRÂCE


    Les auteurs de pièces de théâtre sont pourtant présents, mais il faut être quasiment initié en Littérature pour les reconnaître lors des rencontres autour du Livre. romanciers, poètes et autres sont quant à eux plus fréquents et moins mal lotis. Des éléments simples sont donc à considérer, car les réalités diffèrent en fonction des contextes ; certains pays en Afrique voient tout de même leur théâtre bénéficier d’une certaine attention de leur public.


    Il apparaît donc nécessaire de :
    Populariser le théâtre.
    Par exemple, auprès des jeunes, dans les écoles et les centres d’accueil qu’ils fréquentent, proposer des activités régulières dont ils sont les acteurs ; car ils ne comprendront et n’accepteront que ce qu’ils vivront, ce que leur expérience aura savouré.


    Préparer les auteurs par des ateliers.
    La méconnaissance de ce qu’est le théâtre est aussi l’une des plus grandes source d’hésitation chez le public. Si en s’intéressant à ce genre, il est plus facile de se tourner vers les œuvres des anciens, c’est parce que les conditions ne sont que peu remplies par les jeunes ou nouveaux auteurs. Comme pour les autres genres, la lecture n’est pas facile dans la plupart des cas. Le théâtre ne reçoit que peu de tolérance à cause de sa nature. On veut le voir ; donc s’il faut le lire, il doit rejoindre l’excellence.


    – Considérer les candidatures des dramaturges.
    Si les romans sont plus sollicités, c’est aussi parce qu’ils reçoivent une attention supérieure. Bien que certains auteurs excellent dans d’autres genres, il est attendu d’eux aujourd’hui le roman qui les consacrera. En accordant un grand intérêt au théâtre, notamment chez les auteurs accessibles à la jeunesse, des auteurs qu’elle pourra prendre pour modèle, il est bien plus facile de susciter leur adhésion. Le théâtre souffre grandement de l’indifférence, devenue naturelle, des promoteurs. Encourager des personnes comme Grimo, Germain Djel, Alain 5 Ba’aba, Essomo Sadrack, Hervé Keedi et bien d’autres au Cameroun ; leurs efforts pour faire vivre cet art, avec des moyens précaires, sont à saluer.


    – Créer des espaces réservés au théâtre et à son apprentissage.
    C’est aussi là un réel challenge. Où est le théâtre ? Cette question, posée à cent personnes, ne voit même pas cinq y répondre ici. Tant qu’il ne devient pas une habitude aux yeux, il restera dans ses épaisses ombres. Ses principaux acteurs non plus ne présentent pas un visage qui est reconnu au quotidien. Les associations existent-elles ? Quelles sont leurs activités ? Des lieux sont-ils indiqués ? Souvent, il faut être dans le secret, à croire que le théâtre est un genre interdit au grand jour.


    Pour cette journée, que le théâtre soit le visage des ambitions qu’on lui prête. Ne nous limitons pas à des spectacles qui attendront d’autres grandes journées ; allons au cœur des difficultés à faire rayonner le théâtre dans nos sociétés. Que les échanges soient faits sur la base de l’ouverture, et non sur d’autres interminables sessions qui ne voient intervenir que des personnes, spécialistes peut-être, mais qui ne vivent pas la réalité du théâtre aujourd’hui.


    Que revienne le théâtre !




  • BIOLITT : BILOA AGOUA Rodrigue, auteur camerounais

    BILOA AGOUA Rodrigue est Docteur en droit des affaires et de l’entreprise de l’Université de Dschang. Né le 20 janvier 1993 à Sa’a, il fait ses classes secondaires au Petit Séminaire Saint Joseph d’Efok où il obtient un Baccalauréat A4 Allemand.

    Très tôt, dès son arrivée à l’université, il embrasse le monde associatif et devient en 2013, le plus jeune Président de la Communauté Estudiantine de la Lékié à Dschang, association culturelle et académique regroupant les jeunes ressortissants de la Lékié et les sympathisants de la culture Eton, Menguissa et Batchenga. La même année, il rejoint les rangs d’Horizon Jeune, organisation de la société civile qui favorise le développement des communautés et des jeunes en particulier par le renforcement de la participation active et la résilience des couches les plus vulnérables.

    Après deux années en qualité de volontaire assurant la pair éducation sur les questions de leadership responsable, de santé de reproduction chez les adolescents, de participation citoyenne et de lutte contre les violences basées sur le genre, il est nommé Secrétaire permanent en août 2015. Cette fonction lui permet d’apprendre les rouages de la gestion administrative, tout en lui permettant de diversifier le contenu de son assiette juridique.


    Il participe à plusieurs concours d’éloquence notamment celui organisé par la Cameroon Debate Association et RIPAO Cameroun en décembre 2019, dont il obtient le deuxième prix. Il se distingue également aux éditions 2016 et 2017 du Forum des Jeunes du Cameroun organisé par le Zenü Network, respectivement à Buea et à Bertoua, par la qualité de ses interventions dans le cadre de la Commission scientifique.


    Très concerné par des questions de sciences juridiques, il est l’auteur de plusieurs travaux juridiques en destination d’entreprises et organisations de la place. Ce qui lui a donné l’idée de constituer un cabinet d’expertise et d’accompagnement juridique à l’adresse des entreprises et des particuliers.


    Conseiller juridique associé au sein de l’Organisation Patronale des Syndicats de Transporteurs et Auxiliaires du Cameroun (OPSTAC) dès décembre 2022, il a le privilège de participer aux négociations relatives à l’augmentation du prix du carburant et des tarifs de transport en qualité d’expert.

    En mai 2023, il devient Coordonnateur des activités de transport au sein de la Plateforme multimodale d’Olembé. Il a alors pour mission de structurer et d’organiser le fonctionnement de cette entité qui ouvrira finalement ses portes le 12 novembre 2023.


    « La Dame à la fenêtre » publié aux Editions Ifrikiya, est son premier roman.