Étiquette : Lecteurs

  • Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 2025 : Et si nous parlions du droit du lecteur ?

    Quand il s’agit de droit d’auteur, plusieurs questions se soulèvent et toujours nous tournons autour des mêmes préoccupations : Quand vais-je toucher mes droits ? A combien s’élèvent-ils ?
    Si ces questions sont légitimes, arrêtons-nous un instant, quittons l’auteur, rejoignons le livre et posons-nous une seule question : Quel livre mérite-t-il ce droit ?

    Le livre, nous le rappelons, est un outil d’apprentissage autant pour l’auteur que pour le lecteur qui doit voir son droit à la lecture respecté avant toute chose.
    La plupart des livres publiés actuellement sont d’une qualité à revoir et les observations au niveau de l’édition ne semblent pas conduire vers l’amélioration des productions.

    L’éditeur a le devoir de verser à son auteur des droits, peu importe la qualité de ses textes, puisqu’il a accepté de les publier comme ils se présentent ; mais plus loin, il faut se demander si cet éditeur a respecté le lecteur. Devrait-il seulement être présenté comme éditeur ?

    L’auteur qui confie son travail à l’édition s’attend, dans la majorité des cas, à un professionnalisme qu’il pourra porter avec fierté en public. Bien entendu, il est des auteurs qui se jugent au-dessus de toute relecture et imposent leurs manuscrits que les éditeurs transmettent directement à l’impression.

    Un jour, une dame a dit qu’on n’avait pas à respecter le droit de quelqu’un qui n’a pas respecter celui d’un autre. Et si on appliquait aussi cela au livre ? Qu’en est-il du droit du lecteur ? Ne devrait-on pas commencer par recommander aux éditeurs de respecter le Livre ?

    Nous méritons le must pour le travail de créativité que nous réalisons, à condition que cela ne nuise pas, dans sa forme la plus élémentaire, au lecteur qui ne demande qu’à apprendre. Les sujets et les thèmes sont libres ; mais le respect de l’écriture, pour le bien de nos enfants et des lecteurs en général, doit être garanti.  

    Ray NDÉBI




  • HOW I MET BOOKS  |  ZOBO Angeline, élève en classe de Première, série Industrie d’habillement

    Je suis ZOBO Angeline, élève en classe de Première IH à  Monatélé. Je suis une jeune passionnée de lecture. J’ai toujours été une personne ouverte aux autres et je parle très bien avec ma langue maternelle. Je suis autant passionnée de la lecture que de l’écriture. Je serai bientôt, je l’espère, l’auteure d’un roman.

    Avec le temps, ma confiance en moi a grandi grâce à la lecture et à mes écrits. Je continuerai à écrire, car chaque mot que je couche sur du papier est une étape vers la réalisation de mes rêves littéraires. Chaque page tournée est un hommage à cette petite fille qui a éveillé ma curiosité et ma passion pour la littérature.

    Aujourd’hui, en tant qu’amoureuse des mots, je me rends compte que rien n’est facile, mais la lecture, elle, est une facilité pour moi. Elle est riche d’expériences précieuses qui me conduisent vers l’accomplissement de mon rêve.




  • HOW I MET BOOKS  |  Maeva GUEDJEU, étudiante à Ottawa, auteure en herbe

    Je suis Yacinthe Maeva Guedjeu, étudiante en école de Travail Social à l’Université d’Ottawa. J’ai fait des études de littérature à l’Université de Douala. Je suis passionnée de l’art depuis mon plus jeune âge. Tout ce qui émanait de la créativité m’a toujours fascinée : les douces mélodies, les peintures, le dessin, la danse, mais particulièrement la beauté des mots.

    J’ai fait la rencontre avec le livre deux fois au cours de ma vie. La première était comme une évidence. Moi, enfant, sautant d’une bande dessinée à l’autre ; je semblais être née pour cela. Jamais personne n’a vraiment questionné ce lien, ni mes parents ni moi.

    Adolescente, entre les Harlequins, les collections interminables de Barbara Cartland et mes livres au programme que je grignotais toute la journée, la lecture était devenue banale. Je lisais par habitude. C’était aussi banal que de laver la vaisselle le matin. On ne se pose pas de question. On le fait tout simplement.


    À l’Université, j’ai redécouvert les livres. Je réalisais alors qu’au-delà de la beauté des mots, le livre était un engagement envers soi-même, envers les codes du milieu littéraire et envers l’humanité. Je les voyais désormais comme des voix inspirantes et je souhaitais joindre ma voix à cette symphonie. Désormais, je disséquais les livres avec un regard chirurgical. Je souhaitais comprendre quelle formule utilisaient les grands auteurs pour produire des émotions. Plus je découvrais des choses, plus j’apprenais à être moi-même. Plus je lisais, plus je découvrais les livres qui manquaient à mon chevet. Et c’est ceux-là que je devais écrire finalement. Je me suis découverte au travers des milliers de livres. Page après page, après chaque morceau de l’expression humaine que je rencontrais, se formait ma véritable identité. Une fresque. Une immense fresque inachevée.

    Le livre a fait de moi un brouillon qui se réinvente tous les jours.




  • HOW I MET BOOKS | Nick Landel SOUOP, chroniqueur littéraire camerounais

    De la 6e en Terminale A4 espagnole et philosophique, je n’ai lu véritablement qu’une seule œuvre littéraire : La croix du Sud de Joseph Ngoué, et ce après l’examen du Baccalauréat, parce que je m’ennuyais. En classe de seconde, j’ai lu de Gaston Paul Effa, parce qu’il y avait contrôle de lecture. Je ne l’avais même pas terminé. Le misanthrope de Molière était au programme scolaire, mais je ne l’avais pas lu. Je trouvais son niveau de français très peu compréhensible. Madame Bovary, bien qu’il était au programme scolaire en classe de Première, j’ai préferé regarder le film. Une saison blanche et sèche d’André Brink, je l’ai lu partiellement, et j’ai regardé le film.


    Alors, d’où m’est venu le goût de la lecture ? Le déclic littéraire ?


    Je crois, comme l’a dit Cécile Pivot, qu’il y a un gène de la lecture. Certains enfants lisent parce qu’ils ont vu leurs parents lire. J’ai vu mon père lire et partager ses lectures avec nous. La Bible, les livres, les journaux. Alors, inconsciemment, je lisais.


    Toutefois, ce n’est qu’en 2012, après mon baccalauréat, que j’ai mon déclic littéraire.

    A l’université, j’ai rencontré des jeunes de ma génération qui lisaient abondamment et je me suis mis à lire comme eux.


    Je lisais tellement au point « d’étouffer ». Alors, je suis allée sur YouTube pour apprendre à faire des chroniques de lecture. C’est ainsi que j’ai découvert la communauté BookTube. Les BookTubeuses (Margaud Liseuse, Emilie BULLEDOP, Nine GORMAN, Moody take a book…) multiplient par sept (je n’exagère pas) ma passion pour les livres.


    Grâce aux livres, j’ai fait des rencontres formidables avec des personnes qui sont devenues des amis proches en France, en Algérie, en Tunisie et bien sûr au Cameroun. Des personnes comme Pauline ONGONO, une femme qui m’a appris à faire des chroniques de lecture sans spolier le livre. Je lui dois beaucoup.
    Alors, depuis 2013, je lis et partage mes lectures sur les réseaux sociaux surtout sur ma page Facebook : LE LECTEUR 2.0.

    Faire, Lire, Conseiller les livres, une expression que j’ai empruntée à Emilie BULLEDOP, est devenue mon slogan.

    Que vos lectures soient belles et révolutionnaires




  • HOW I MET BOOKS : NDAM BENDIA Aminatou, auteure camerounaise

    Mon milieu, ma société, mon entourage, n’avaient rien à voir avec le monde du livre, mais j’ai réussi à trouver livre…


    Les livres et moi, c’est une histoire d’amour de plus de dix ans. Étant une petite fille assez fermée au monde, ayant grandi dans une société restreinte (Bamoun-musulman), je me sentais très seule. Certains proches me trouvaient à la limite bizarre parce que j’étais toujours dans mon « coin ».

    J’étais épanouie quand je regardais les dessins animés comme Cat’s eyes, Street Fighter, Nicky Larson, Hilary, Winx, Angels… C’est grâce à eux que j’ai commencé à m’intéresser à la lecture. Je ne me contentais plus juste de regarder les dessins à la télévision, je les lisais. J’étais accro aux bandes dessinées. J’avais la possibilité de les avoir facilement et à vil prix dans au « Poteau » (boutique d’objet de seconde main). J’avais l’impression de vivre dans un autre monde quand je lisais ces BD, c’était différent de la télé.


    Au lycée, je lisais le magazine « 100% jeunes » pour avoir, dans un premier temps, les lyrics des chansons du moment. Plus tard, j’y ai découvert une autre rubrique : « Confession ». On pouvait y lire de petites histoires tragiques des jeunes. Cette narration me plaisait, sans pour autant oublier la rubrique BD drôle. J’attendais impatiemment le mercredi, pour acheter la nouvelle parution « 100% Jeunes ».

    Cette période est celle où mon amour pour les livres a pris une autre tournure : les romans de la collection Harlequin et les livres de contes ont gagné mon cœur. Je ne pouvais pas m’offrir un livre vendu en libraire, je me contentais des livres occidentaux du « Poteau ». Le genre m’importait peu, je voulais lire quelque chose de captivant, quelque chose qui ferait voyager mon esprit.


    Le tout premier roman que j’ai lu était Alice et la pantoufle d’hermine, roman de Caroline Quine. J’ai lu presque toute la collection des aventures d’Alice avec ses amies. Le véritable déclic est venu de cette rencontre avec ce roman et depuis ce jour, je n’ai plus quitté les livres. La lecture a été ma grande amie, ma meilleure amie tout au long de l’adolescence et ses montagnes russes.

    Le livre a donné un sens à ma vie, il m’a fait comprendre que ma différence était une qualité.




  • HOW I MET BOOKS : Angélique LEROY, poétesse française

    « Enfant timide, j’ai appris à sortir les mots des lignes, à les vivre. »

    Je suis née avec des troubles Dys. Ce sont des difficultés d’apprentissages pour l’acquisition du langage, de la lecture, de l’écriture, du calcul, de la planification… Je les cumule tous avec d’autres neuroatypies. J’ai dû apprendre à être persévérante en oubliant que cela générerait plus de fatigue.

    J’ai adoré lire les livres de Babar. Les mots étaient liés à des images. C’est un jeu qui consiste à deviner le mot mais aussi à décrire l’image entière en face qui reprend cette banque d’images. Babar était installé sur le canapé à raconter des histoires. Ce qui exprime l’envie de se poser et de découvrir. Qui n’a pas rêvé d’entrer dans le livre comme dans le film d’une histoire sans fin ?

    J’ai adoré aller à la bibliothèque. Sentir cette odeur particulière, découvrir les nouveautés, écouter les contes. D’ailleurs, je rêve d’en avoir une gigantesque.

    Puis, j’ai été sélectionnée à l’école pour faire du théâtre. Enfant timide, j’ai appris à sortir les mots des lignes, à les vivre. Je me souviens de mon rôle de « Mère louve » dans la comédie musicale « Le livre de la jungle » joué en CM2. Et puis on chantait aussi, comme « Kumbaya my love ». Oui le Gospel, le chant poétique qui vous prend par les tripes.


    J’ai adoré les livres de la collection « Bibliothèque rose » et « verte ». Je les regrette d’ailleurs, car il y avait des illustrations et j’aimais la texture vieillit du papier.

    Au collège, j’ai participé à un concours de poésie où j’ai déclamé « la Cigale et la Fourmi » de Jean de la Fontaine. Cela m’a plongé davantage à poursuivre le théâtre.

    J’ai adoré lire des livres à l’eau de rose comme ceux de science-fiction. C’était aussi la mode des chairs de poule.

    Et puis en 2020, je me suis mise à écrire sur mes plaies listes de musique. Play : jouer, plaisir, et blessures. Le langage des oiseaux a sifflé mon inspiration pour devenir du slam, rap, théâtre, poétique art thérapeutique. Tout ce que j’ai appris en mix média, même dans l’imagerie des mots, est devenue mon abécédaire.

    Je suis devenue la Marianne Joconde, dramaturge de ma vie. Je compose, je mixe. Je m’inspire de références et je vais plus loin.

    Il y a le passé, le présent, et le futur. Je navigue entre nostalgies et ma vision du monde. Je défends la culture pour tous avec un aspect art thérapeutique. Quand je lis, je dois vivre l’histoire visuellement, auditivement et de façon kinesthésique. Tout passe en sl’âme. Je me nourris chaque jour de l’intelligence collective.

    Je tiens à l’édition du livre en papier, avec des illustrations, des couleurs, des textures, tout ce qui donne envie de lire et de vibrer. Je vais reprendre mes études en licence Art et Spectacles pour nourrir davantage mon expérience de vie avec les livres. Ainsi je deviendrai une artiste et art thérapeute accomplie, car je rêve de monter mes spectacles de type « Muppets Show ». D’ailleurs, les personnages de la rue sésame (Sesame Street) avec Bart et Ernest sont d’excellent vecteur d’apprentissage qui donne le goût d’apprendre et de s’en souvenir. Car aujourd’hui, avec persévérance, j’ai pu débloquer de nombreux freins d’apprentissage. Je suis née dys, je mourrai dys, mais j’ai su comment m’en servir et en faire une force.

    J’ai écris mes recueils sans tricher sur ma personnalité ni mon schéma de pensée neuroatypique. Je suis authentique et livresque.




  • Journée du livre et du droit d’auteur 2024

    ET SI NOUS PARLIONS DU DROIT DU LECTEUR

    Quand il s’agit de droit d’auteur, plusieurs questions se soulèvent et toujours nous tournons autour des mêmes préoccupations : Quand vais-je toucher mes droits ? A combien s’élèvent-ils ?
    Si ces questions sont légitimes, arrêtons-nous un instant, quittons l’auteur, rejoignons le livre et posons-nous une seule question : Quel livre mérite-t-il ce droit ?

    Le livre, nous le rappelons, est un outil d’apprentissage autant pour l’auteur que pour le lecteur qui doit voir son droit à la lecture respecté avant toute chose.
    La plupart des livres publiés actuellement sont d’une qualité à revoir et les observations au niveau de l’édition ne semblent pas conduire vers l’amélioration des productions.

    L’éditeur a le devoir de verser à son auteur des droits, peu importe la qualité de ses textes, puisqu’il a accepté de les publier comme ils se présentent ; mais plus loin, il faut se demander si cet éditeur a respecté le lecteur. Devrait-il seulement être présenté comme éditeur ?

    L’auteur qui confie son travail à l’édition s’attend, dans la majorité des cas, à un professionnalisme qu’il pourra porter avec fierté en public. Bien entendu, il est des auteurs qui se jugent au-dessus de toute relecture et imposent leurs manuscrits que les éditeurs transmettent directement à l’impression.

    Un jour, une dame a dit qu’on n’avait pas à respecter le droit de quelqu’un qui n’a pas respecter celui d’un autre. Et si on appliquait aussi cela au livre ? Qu’en est-il du droit du lecteur ? Ne devrait-on pas commencer par recommander aux éditeurs de respecter le Livre ?

    Nous méritons le must pour le travail de créativité que nous réalisons, à condition que cela ne nuise pas, dans sa forme la plus élémentaire, au lecteur qui ne demande qu’à apprendre. Les sujets et les thèmes sont libres ; mais le respect de l’écriture, pour le bien de nos enfants et des lecteurs en général, doit être garanti.  

    Ray NDEBI