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  • Expérience de lecture : BRIGADE 14 : JUDAS de Lois Irene NWAHA, Camerounaise

    BRIGADE 14 : JUDAS est un roman policier contemporain de 368 pages qui plonge le lecteur au cœur d’une enquête criminelle intense dans le Cameroun urbain. Publié aux éditions Tila Africa en février 2025, l’ouvrage mêle réalisme social, suspense procédural et drames familiaux.

    Lire ce roman est une expérience immersive et parfois déstabilisante. L’écriture de Lois Irene NWAHA est viscérale, notamment dans la description clinique et crue du meurtre. Le lecteur est immédiatement happé par le rythme haletant des premières pages.

    Le « Judas » : L’ombre de la trahison… Le titre n’est pas fortuit ! Dès l’exergue citant l’Évangile selon Matthieu (16:15-16), l’autrice prévient : quelqu’un a livré la famille.

    Le jour du meurtre… Un anniversaire de mariage au goût de sang. Un décor idyllique… Le Dr Charles Siewe, cardiologue dont la réputation n’est plus à faire, reçoit ses proches pour fêter ses trente ans d’union avec Hélène, surnommée affectueusement Ma’a Hé. Mais la fête prend fin brusquement lorsqu’un commando de trois hommes, décrits comme nerveux et imprévisibles, a forcé l’entrée de la résidence.

    Les témoignages recueillis sur place dépeignent une scène d’une brutalité froide. Malgré la coopération du médecin, qui a livré sans résistance la somme de cinq millions de francs CFA dissimulée dans son coffre, l’irréparable a été commis. Dans un ultime geste de défi, Hélène Siewe crache au visage de l’un des assaillants. La sentence tombe immédiatement : une balle en plein front, tirée à bout portant.

    Le projectile logé dans le barillet déboula à quatre mille kilomètres par heure hors du canon. (…) L’os frontal s’émietta sous la pression de la balle.

    Le calme habituel de la ville d’Edéa est rompu par une détonation qui résonne encore dans l’esprit des habitants. Ce qui devait être la célébration de trois décennies de mariage pour le Docteur Charles Siewe s’est mué en une scène de crime d’une rare violence.

    La ville est sous tension. L’émotion est vive. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité des biens et des personnes, mais aussi sur la déliquescence des liens familiaux face à l’appât du gain. Alors que le corps de Ma’a Hé repose désormais à la morgue, les regards se tournent vers le Dr Siewe, un homme brisé qui doit désormais affronter le silence de sa maison vide et les questions de plus en plus pressantes de la Brigade 14.

    L’enquête ne fait que commencer, mais une chose est certaine : le coupable n’est peut-être pas celui qui tenait l’arme, mais celui qui a ouvert la porte


    Devant l’inefficacité apparente des premières unités arrivées sur les lieux, l’état-major dépêche la « Brigade 14 », une unité d’élite de la gendarmerie basée à Kribi. Sous les ordres du Commandant Ousmanou Asser, un homme au regard d’acier marqué par trois balafres à la tempe, les enquêteurs tentent de remonter le fil d’une affaire plus complexe qu’il n’y paraît. Créée pour traiter les affaires criminelles de haute importance dans la zone littorale, la Brigade 14 s’est illustrée par sa discrétion et son efficacité. Composée d’éléments triés sur le volet, elle dispose de moyens techniques accrus, mais c’est avant tout le flair de ses hommes et femmes, comme le Commandant Ousmanou, qui fait sa renommée. Dans l’affaire « SIEWE », leur réputation est en jeu.
    Au sein de cette unité, la Maréchale de Logis Anky Ze incarne ce nouveau visage de la gendarmerie : une enquêtrice brillante mais hantée par la noirceur humaine qu’elle côtoie. « Cette maison sentait la mort. À notre entrée, j’avais cru pénétrer dans les enfers », confie-t-elle.

    L’enquête s’’oriente vers le cercle intime. Le titre de l’affaire, que certains officieux appellent déjà le « Dossier Judas », fait écho à cette vérité biblique : on n’est jamais trahi que par les siens. Plusieurs éléments troublent les enquêteurs : comment savaient-ils qu’une somme aussi importante se trouvait dans le coffre ce soir-là ? S’agissait-il d’un simple braquage qui a mal tourné, ou d’une exécution commanditée déguisée en vol ?

    L’ambiance dans ce roman se vit. On ressent l’humidité d’Edéa, l’odeur du « pipi de chat » des malfrats, la tension électrique des salles d’interrogatoire.
    Les enquêtes sont réalistes : nous sommes plongés dans les rouages complexes de la gendarmerie camerounaise, loin des clichés hollywoodiens. On y découvre des enquêteurs humains, confrontés au manque de moyens et aux pressions politiques du maire local.
    Lois Irène NWAHA dépeint avec acidité l’inefficacité initiale des forces de l’ordre locales et les faux-semblants de la bourgeoisie provinciale.

    Brigade 14 : Judas utilise les codes judiciaires de son contexte pour explorer les failles de la société camerounaise et la complexité des rapports familiaux. Le mystère du « Judas » tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Le contraste entre la fête d’anniversaire de mariage et le deuil brutal rend la tragédie de la famille Siewe particulièrement poignante.

    Ce roman peut s’imposer comme une pièce maîtresse du polar contemporain d’Afrique. Entre les murs d’une demeure bourgeoise d’Edéa, l’autrice tisse une toile où le crime n’est que la partie émergée d’un iceberg de secrets familiaux.
    Entre les relations conflictuelles entre belle-mère et belle-fille ; le passé de Charles, marqué par une infidélité ; la victime qui, loin de l’image de sainte, était capable de violence psychologique et de manipulation… La Brigade 14 a du pain sur la planche.

    Lois Irene NWAHA, pour avoir aussi lu son précédent polar – « Brigade 14 : L’affaire Cathy Nkeng », possède une plume visuelle, presque cinématographique. Elle n’épargne aucun détail au lecteur. D’une odeur à la précision anatomique d’une blessure, elle nous sert toutes les émotions. Le cadre spatial est également un personnage à part entière : Edéa, ville de passage, avec son humidité et son atmosphère pesante, rappelle à ceux qui y sont déjà allés des souvenirs d’outre roman. En outre, l’intégration d’expressions locales comme « ndem », « témé », « pandores », ancre le récit dans son contexte géographique et sociolinguistique.

    Brigade 14 : Judas dépasse le simple cadre de l’enquête policière. C’est une autopsie sociale qui questionne la loyauté et les conséquences de nos actes passés. Un roman haletant qui confirme que le « noir » a de beaux jours devant lui dans la littérature camerounaise.

    Prix : 7.000 FCFA

    Contact : +237 693412608 (WhatsApp)

    Pauline M.N. ONGONO

  • BIOLITT : Marie-Françoise IBOVI, auteure et scénariste congolaise

    Née le 8 juin 1979 à Alvanovo en Russie, Marie-Françoise IBOVI est une autrice et scénariste congolaise passionnée par I’écriture. Résidant actuellement a Vivonne, en Poitou-Charentes (France), elle possède un Master en création d’entreprises.


    Marie-Françoise IBOVI a débuté sa carriere littéraire en 2012 avec la publication de « Rue des histoires », un recueil de nouvelles récompensé par le Prix des Arts et des Lettres du Congo. Elle s’est depuis imposée comme une figure prolifique de la scène littéraire africaine et francophone, explorant des genres aussi variés que le roman policier, le théâtre, la littérature jeunesse et, plus récemment, la bande dessinée.
    Sa passion pour les romans policiers et les bandes dessinées, cultivée depuis l’enfance, a guidé son rêve de voir un jour une de ses histoires prendre vie sous forme de BD. Aujourd’hui, elle réalise ce rêve en tant que scénariste avec la publication des « Z’expressions francaises » en collaboration avec les artistes Jussie NSANA, Patrick KALUTA et Al MATA.

    ŒUVRES PUBLIÉES

    Romans policiers :

    • Le cadavre du fleuve, Editions Les Lettres Mouchetées (2023)
    • La disparue du lampadaire, Editions Kemet (2021)

    Recueils de nouvelles :

    • Mes rivales n’iront jamais au paradis, Editions Kemet (2021)
    • Etonnant Kokamwa, L’Harmattan (2014)
    • Rue des histoires, Edilivre (2012)

    Théâtre :

    • La vérité a deux pieds, Editions Kemet (2022)
    • L’imprudence, L’Harmattan (2014)

    Jeunesse :

    Olessongo, I’enfant sorcier, L’Harmattan (2015)

    Œuvres collectives :

    Sirènes des sables, L’Harmattan (2014)

    BANDES DESSINEES :

    Les Z’expressions francaises (2024)
    Scénario : Marie-Francoise IBOVI ; Illustrations : Patrick KALUTA, Jussie NSANA & Al MATA, Editions Lettres Mouchetées

    BD A PARAÎTRE :

    C’est la sorcellerie kindoki, collaboration avec Willy ZEKID




  • D-LIVRE… Marie-Françoise IBOVI, auteure congolaise

    Bonjour, Marie-Françoise IBOVI et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.

    Eh bien «bonjour », ou « Mboté » comme on dit chez moi au Congo. Je m’appelle donc Marie-françoise IBOVI ( « Macha » pour les intimes), j’ai 44 ans, maman d’un grand gaillard de 14 ans. Je suis née en Russie ( les parents étaient étudiants là-bas !) et j’ai grandi dans mon pays d’origine le Congo Brazzaville. Actuellement, je vis en France dans une région qu’on appelle le Poitou Charentes.

    Vous avez commis un polar en 2023 et il a pour titre « Le cadavre du fleuve » paru aux Éditions Les Lettres Mouchetées. Pour ceux et celles qui ne l’ont pas encore lu, quelle est son intrigue ?

    « Le cadavre du fleuve » parle d’un voyou qui s’est reconverti dans le business avec succès. Son corps mutilé va être retrouvé au bord du fleuve Congo.

    Le commandant de police Magali Foundou et son équipe vont mener l’enquête pour découvrir le meurtrier. Est-ce son ex femme ? Son ami et collaborateur ? Son concurrent ? Tout en menant cette enquête, le commandant Foundou va devoir gérer son traumatisme dû à des violences conjugales qu’elle aurait subies.

    Parlant de ce commandant, nous avons remarqué que dans vos textes, la femme a une place de choix. Quel message souhaitez-vous passer à vos lecteurs ?

    Qu’une femme ça se respecte, se vénère, se chérie, s’élève, se dorlote, s’honore… et surtout qu’elle a des droits qui ne sont pas toujours respecter (le droit de vivre libre de toute violence et discrimination, le droit au meilleur état de santé physique et mentale, le droit à l’éducation, le droit à la propriété, le droit à un salaire égal, etc.)

    Votre écriture du polar… Imagination toute seule et simple, ou investigations et recherches sur le terrain ?

    C’est un savant mélange des deux. Il suffit de tendre l’oreille ( et les yeux !) aux multiples faits divers à la télé, dans les journaux, dans nos quartiers. Faire quelques recherches et investigations puis saupoudrer le tout d’une bonne dose d’imagination et d’une petite pincée d’humour.

    Vous vivez en France. Quelles observations faites-vous entre le polar « français » et le polar « africain », en dehors bien sûr des noms des personnages et des lieux, par exemple ?

    Le rapport à la langue, au patois, à l’emploi du l’argot n’est pas le même. Dans le polar, nous, Africains, travaillons davantage sur la langue en la colonisant. Je dirais même plus en malaxant le français ( comme la banane !) avec nos patois et ça donne un florilège de mots et d’expressions assez particulière et captivante, à l’instar de mes mentors Florent Couao-Zotti ou encore mieux Janis Otsiemi.

    Lisez-vous les jeunes auteurs de polar de l’Afrique en général ? Des coups de cœur ou pas encore ?

    Un grand coup de coeur pour « Brigade 14 : l’affaire Cathy Nkeng » de l’écrivaine camerounaise Lois Irène Nwaha que j’ai lu sur Youscribe. Ce roman policier est un pur régal. La particularité de l’autrice, Lois Irène Nwaha, c’est qu’elle a créé une maison d’édition, TILA AFRICA, qui est spécialisée dans le polar et le thriller 100% africain.

    Où peut-on trouver « Le cadavre du fleuve » ?

    Sur toutes les plateformes en ligne entre autres Amazon, la Fnac, etc. Ou directement chez mon éditrice : leslettresmouchetées.com

    Votre mot de fin ?

    Lisez le roman policier encore et encore, car il offre un type d’évasion rapide que la « vraie » littérature ne permet pas… ou plus.

    Sa bibliographie ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=668760768708426&id=100067235262143&mibextid=Nif5oz

    Propos recueillis par P.O.