« Où sommes-nous ? Qu’est-ce que je fais ici ? » C’était le premier signe de son amnésie, après cet accident qui a emporté l’amour de sa vie…
Nsili et Lenssi se revoient au hasard des choses. Nsili est médecin, elle revient d’une longue période de spécialisation en France. Une chose l’anime, faire ce travail qui, quelques années en arrière, ne lui permettait même pas d’avoir une vie descente. Rentrée de Paris, elle devient le médecin à avoir à tout prix. Comme quoi, traversez la mer et devenez automatiquement le plus compétent. Elle mène sa vie entre ses parents, son boulot, sa sœur, prise de temps en temps dans l’étau du fameux « Tu te maries quand ? » de sa mère, madame MESSINA.
Lenssi est son amour de jeunesse. A peine se sont-ils retrouvés par le hasard des choses, qu’ils se lancent dans une relation maculée de passion, d’amour, de rires… de toutes ces choses qui nourrissent les papillons dans le ventre. « (…) revoir Lenssi hier, a suscité une vive émotion en moi. », lirez-vous à la page 27. Leur mariage est alors une évidence quelques années plus tard, et de cet amour, tombera des fruits. Mais une ombre plane sur eux : Nsili n’est pas aimée de sa belle-mère et ses efforts pour se faire aimer restent vains. Le couple en fait tellement pour changer ce sentiment, que cela les mène à ce moment fatidique, ce 05 février, jour où tout a basculé… Ce jour où tous ces moments idylliques se sont effacés de la mémoire de ce personnage ; ce jour qui lui a prouvé que la vie valait d’être vécue ; ce jour qui a emporté la paix dans la vie de tous les personnages… « Vous avez une amnésie secondaire à votre accident de voiture », lui dira son psychologue au chapitre 7 qui porte d’ailleurs le titre « Amnésie », dès la page 173.
Le roman « Amnésique » est écrit sous un détail de chronologie et de lieux. Il commence à Paris en septembre 2018 et s’achève en février 2024 à Nkoteng. De sa plume, Yvette NOUGA, camerounaise et médecin épidémiologique, décrit une histoire où tout se veut rêve et beauté ; compréhension et amour ; appréhension et solution ; pleurs et rires… Paru chez Eclosion, une maison d’édition basée au Cameroun, « Amnésique » est une vague houleuse de 248 pages sous un temps intermittent de 10 chapitres et d’un épilogue. A travers cette vague, Yvette NOUGA dépeint ces choses que l’on voit tous les jours, qui passent inaperçues ou pas, mais qui s’impriment dans notre subconscient, jusqu’au jour où survient un événement qui vous fera les oublier entièrement ou pas. Elle a choisi de donner à chaque personnage la parole, pour exprimer, sans détour, ressentiment, gratitude, haine, complexe et la liste n’est pas exhaustive. La lecture de ce roman nous a permis de relever ce que nous appellerons les sept péchés sociaux de « Amnésique », ceux-là même qui portent ce roman :
Premier péché social : La non valorisation des diplômes locaux et des jeunes diplômés : Nsili subit des injustices et des salaires minables qui ne lui permettent même pas une gestion efficace des frais de transport, comme vous le lirez à la page 6. Aller en France change la donne, car « Au Cameroun, un médecin qui a un diplôme, même un simple diplôme universitaire obtenu d’une université étrangère et plus encore européenne ou américaine, a une aura décuplée face à ses pairs, de l’avis des patients. », lirez-vous à la page 7. Ou encore à la page 44 : « Nous avons un problème au Cameroun quand il s’agit d’avoir des postes de responsabilités. Etre jeune quand cela arrive, peut poser des problèmes. »
Deuxième péché social : les rapports avec la belle-famille: Dans ce roman, Yvette NOUGA dépeint les rapports belle-mère – belle-fille très souvent teintés d’hypocrisie ou de haine ouverte, mais aussi de beaucoup d’amour. Autant madame MESSINA était détestée de sa belle-mère, autant elle aimait Lenssi, son beau-fils ; et comme un mauvais héritage, Nsili a connu la même haine. Elle a bu presque jusqu’à la lie, la haine de sa belle-mère, Ma’a Seudjang, que même la naissance de son premier petit fils n’a pas réussi à adoucir : « C’est juste que je me disais que vous n’étiez pas obligés de rester ensemble parce que vous avez un enfant ! (…) Je t’ai trouvé quelqu’un qui soit à ta hauteur et qui te portera haut. », dira-t-elle à son fils, à la page 154, ne tenant pas en compte le fait qu’il était déjà marié, mariage auquel elle avait d’ailleurs décidé de ne pas assister.
Troisième péché social : Le tribalisme : Yvette NOUGA met sur le tapis le pseudo non amour entre les tribus camerounaises de l’Ouest et celles du Centre. Une pseudo haine qui a pourtant été à chaque fois la preuve d’unions solides et d’amour vrai entre mari et femme, le cas échéant, entre Lenssi et Nsili. Ce troisième péché est l’objet du rapport nocif entre Nsili et sa belle-mère. Elle est bassaa et ewondo, il est bangangté.
Au Goethe-Institut Kamerun : Pauline ONGONO, Yvette NOUGA et le Pr Chantal BONONO
Quatrième péché social : La pression familiale: « Comme toute mère, maintenant j’espère la voir mariée et maman. » Nsili n’avait pas défait ses valises à son retour de France que, déjà, sa mère nourrissait ses envies de belle-mère et grand-mère à la page 15. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à lui mettre cette pression, tout son entourage semble voir en elle cette évidence du « tu dois déjà te marier et avoir des enfants ». Même si cet aspect est relevé avec douceur dans le roman, il n’en reste pas moins qu’il résonne comme un tambour d’Afrique dans le subconscient. Nsili n’avait pas trente ans, elle estimait avoir encore assez de temps pour réfléchir sur la situation.
Cinquième péché social : La maladie: Le roman « Amnésique », au-delà de sa connotation, est aussi le théâtre de la Covid-19 et de toutes les émotions, nouvelles habitudes et inventions médicamenteuses que cette période a connues, comme vous pourrez le lire à la page 38. Mais aussi, le souvenir de ce que la vie n’aurait peut-être plus été, cette chaleur que cette maladie aurait volée, si elle avait perduré.
Sixième péché social : L’amour : Il est vrai que lorsqu’on parle d’amour, on s’imagine toujours le beau et le bon, mais pensons-nous qu’il peut aussi être gage de conséquences désastreuses ? La lecture du livre vous montrera à quel point l’amour a gâché des vies : l’amour pour une mère, l’amour pour un fils, l’amour en trop grande quantité qui peut être agaçant des fois.
Septième péché social : L’orgueil : Voici un péché qui est commis par tous les personnages à un moment donné de leur évolution ; car s’il y a une force qu’a eu Yvette NOUGA lors de l’écriture de ce texte, c’est bien celui de l’évolution des personnages. Une qualité qui manque à plusieurs auteurs de romans.
Yvette NOUGA
Suivant « ces sept péchés sociaux », le titre de ce roman ne symbolise donc pas juste un état de perte de données cérébrales, mais une amnésie liée aux bienfaits de l’union des familles lors du mariage, au pourquoi de l’éducation locale, aux avantages multiculturels, au vivre-ensemble national (vécu pourtant hors des frontières, comme vous le lirez à la page 129).
« Amnésique », c’est aussi l’étalage de l’échec de la femme. Entre madame MESSINA qui ne comprend pas le désir de Nsili d’y aller doucement malgré tout l’amour qu’elle porte à Lenssi, Ma’a Seudjang qui refoule sa belle-fille… La femme, dans ce roman, est la cause du chaos qui va chambouler la vie des personnages.
« Amnésique », c’est une invitation à découvrir le Cameroun. Yvette NOUGA n’a pas été chiche, elle a valorisé les villes et villages du Cameroun, les rythmes, les néologismes, les prénoms à connotation camerounaise à l’exemple de « Nsili » qui signifie « question ». Vous pourrez y lire aussi : « les pleurs du Mbolé paktout-paktout » à la page 148 ; « no milk » à la page 149 ; « djoudou » à la page 103 ; et les lieux tels que Ebolowa, Nkolandom, Akoa-kass, Ekom-Nkam, Dibombé, Mont Manengoumba, Mbalmayo, Bangangté… Toutes ces choses qui témoignent de la simplicité d’écriture d’Yvette NOUGA et la facilité de lecture de ce roman.
« Amnésique », c’est aussi une somme de questions, une somme de « et si ». Et si elle ne l’avait pas aimé ? Et si elle l’avait accueillie ? Et s’ils ne s’étaient pas revus ? Et s’ils n’étaient pas issus de cultures différentes ? Et plein d’autres « et si ». Malgré sa couverture de couleur sombre, « Amnésique » est porteur d’espoir. Une sorte de Harlequin à la camerounaise qui vous transporte, vous éteint et vous fait renaitre. Il termine d’ailleurs à la page 248 avec la note : « Aujourd’hui, je débute un nouveau chapitre de ma vie ».
A cette ère où la santé mentale est de plus en plus démystifiée et concerne même ceux qui paraissent sains d’esprit, « Amnésique », premier livre de l’auteure, rentre dans le sillage des supports à utiliser pour en parler. Qu’il ait été choisi parmi les livres primés au prix littéraire OSU édition 2023 était donc judicieux.
Aussi vrai que lire des livres délivre, il suffira de dépenser 5000 FCFA, de le lire, pour être délivré. Contact : infoslitt@gmail.com
Bonjour, chère Odile Gaétane NJOPA BIVINA et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonné.e.s.
Bonjour et merci de cette belle opportunité de me présenter à vos abonnés. Je suis Odile Gaétane NJOPA BIVINA, jeune auteure camerounaise, née à Monatélé, dans le département de la Lékié, région du Centre du Cameroun. Je suis également originaire du Littoral, du peuple Bakoko. Trilingue en français, anglais et allemand, je me spécialise en traduction et terminologie, ce qui enrichit mes écrits.
Mon premier roman, « Muselé(e)s, le piège des apparences », aborde des thèmes tels que l’identité et les attentes sociales, invitant à une réflexion sur les enjeux contemporains. En tant qu’entrepreneure et archiviste assermentée, je combine créativité et rigueur professionnelle, ce qui nourrit ma démarche littéraire.
En tant que voix nouvelle de la littérature camerounaise, je cherche à partager la richesse des cultures du Centre et du Littoral, tout en poursuivant mon engagement pour la littérature et la psychanalyse littéraire, afin de connecter les peuples et les idées au-delà des frontières. Merci de me permettre de partager mon univers avec vous.
Vous êtes auteure depuis 2024, qu’est-ce que ça fait d’être auteure ?
Être auteure, c’est une expérience profondément émotive et intime. Depuis que j’ai commencé en 2024, c’est comme si chaque mot que je couche sur le papier était une partie de moi que je livre au monde. C’est un voyage à la fois solitaire et connectant. Écrire, c’est une manière de comprendre et de partager mon identité, mes origines camerounaises, et de faire entendre des voix souvent ignorées. C’est aussi une grande responsabilité, celle de toucher les autres, de faire résonner des histoires qui, je l’espère, éveilleront des émotions, des réflexions, et des échanges.
Être auteure, c’est sentir la puissance des mots, qui ne nous appartiennent plus une fois qu’ils touchent le cœur des lecteurs. C’est aussi un engagement à porter des récits qui dépassent les frontières, à connecter les peuples, à briser les silences. C’est un défi, mais aussi une immense source de joie et de gratitude.
Vous êtes aussi archiviste, une profession de l’ombre et la discrétion. Avez-vous eu du mal à porter cette casquette d’auteure sous les feux des projecteurs ?
Je tiens tout d’abord à préciser que je ne suis pas simplement archiviste, mais archiviste assermentée, ayant prêté serment le 21 décembre 2023 à la Cour d’Appel du Centre. Cette distinction est primordiale pour moi, car elle reflète mon engagement envers l’intégrité, la rigueur et la préservation de la mémoire. Mais cette casquette d’archiviste n’est pas la seule que je porte. Je suis également traductrice trilingue (français, anglais, allemand), terminologue, interprète de conférences, speechwriter, conférencière et entrepreneure. Chaque casquette porte en elle un défi différent, un besoin différent d’équilibre et de gestion.
En tant qu’archiviste, je suis habituée à évoluer dans l’ombre, à préserver et transmettre des informations sans chercher la lumière. Dans ce domaine, la discrétion et la rigueur sont essentielles, et j’ai appris à me fondre dans ce rôle, à préserver le passé pour éclairer l’avenir. Mais devenir auteure a été un tournant. C’est un passage de l’ombre à la lumière, une immersion dans la vulnérabilité.
L’écriture m’a poussée à m’exposer, à partager des émotions et des pensées profondes, ce qui est loin de la réserve que j’entretenais dans mes autres rôles. Le plus grand défi a été d’embrasser cette casquette d’auteure sous les feux des projecteurs. C’est un exercice de balance entre toutes mes autres casquettes, qui, chacune, demande une certaine forme de discrétion ou de recul. Mais au fur et à mesure, j’ai appris à me saisir de cette nouvelle identité, à comprendre que chaque rôle que je porte est un maillon essentiel de ce que je suis et de ce que j’ai à partager. Mon travail d’auteure, tout comme celui de traductrice, de terminologue, ou encore d’interprète, découle d’une même passion pour les mots et leur pouvoir.
J’ai compris que ces casquettes, bien qu’apparemment disparates, se nourrissent les unes des autres. L’archiviste conserve la mémoire, la traductrice et la terminologue jonglent avec les significations, l’interprète porte la voix des autres, et l’auteure, enfin, donne vie à ses propres histoires. Au fond, ce sont toutes ces expériences, toutes ces casquettes qui m’aident à façonner une œuvre authentique, riche et multiforme. Et si aujourd’hui je suis sous les projecteurs en tant qu’auteure, je sais qu’il n’y a pas de lumière sans ombre, et que chaque casquette que je porte, dans la discrétion ou l’exposition, fait de moi celle que je suis aujourd’hui.
« Muselé(e)s, le piège des apparences » est ce roman par lequel la scène littéraire vous découvre. Si on vous demande de le qualifier en un seul mot, lequel sera-t-il ? Pourquoi ?
Si je devais qualifier « Muselé(e)s, le piège des apparences » en un seul mot, ce serait « réveil ». Ce roman est un appel à l’éveil des consciences, une invitation à regarder au-delà des apparences et à questionner les normes sociales, les attentes et les rôles imposés. À travers les personnages et leurs luttes, je cherche à provoquer une prise de conscience sur les défis contemporains, notamment ceux liés à l’identité, à l’injustice et à la quête de soi.
La vie peut être injuste, nous sommes souvent confrontés à des stéréotypes et des jugements externes qui nous enferment, mais ce livre est une sorte de coup de fouet, un moyen de secouer les idées reçues et d’encourager une introspection. C’est un texte qui cherche à libérer l’esprit et à ouvrir les yeux sur la réalité des choses, tout en rappelant que nous avons tous le pouvoir de nous réinventer, de choisir notre voie et de lutter pour un monde meilleur. En ce sens, « Muselé(e)s » est bien un « réveil », car il nous pousse à nous éveiller à la vérité, à l’authenticité et à la liberté d’être soi.
Ce roman met en exergue l’émancipation, les injustices, les inégalités, « des entraves qui jalonnent le parcours des femmes africaines » (quatrième de couverture). Nous remarquons le (e) marquant une écriture inclusive. Cela signifierait-il donc que votre roman s’adresse à toutes les gents ?
Oui, absolument. Mon roman, « Muselé(e)s, le piège des apparences », s’adresse à tout le monde, car les violences conjugales et les injustices que j’aborde ne se limitent pas à une question de genre, ni à un seul groupe de personnes. Bien que le roman mette en lumière les entraves auxquelles les femmes africaines, et plus largement les femmes, sont confrontées, il soulève des problématiques universelles qui touchent chacun d’entre nous, peu importe le genre, l’âge ou l’origine.
L’écriture inclusive, avec le (e) marquant la féminisation, est un choix délibéré pour souligner l’importance de la reconnaissance de toutes les identités et pour inviter à une réflexion collective sur l’égalité et la liberté. Si le roman met en exergue l’émancipation des femmes, cela ne signifie pas que les hommes ne sont pas concernés. En réalité, les violences conjugales et les inégalités ne sont pas un problème isolé des femmes, elles touchent l’ensemble de la société, dans ses multiples dimensions. Ces violences sont liées à des structures sociales et culturelles qui affectent tout le monde, et il est primordial que nous, en tant que société, nous unissions pour les combattre.
Ce roman est un appel à une prise de conscience collective, car l’émancipation et la lutte contre les injustices concernent tout le monde. Il ne s’agit pas seulement de libérer les femmes, mais de libérer la société entière des entraves et des stéréotypes qui maintiennent des inégalités. Chaque lecteur, qu’il soit homme, femme, peut se retrouver dans cette quête de justice et d’égalité, car les violences conjugales dépassent la seule question du genre : elles révèlent des dynamiques de pouvoir, de contrôle et de domination qui touchent toutes et tous. Le changement nécessite la participation active de tout le monde.
Depuis sa sortie, avez-vous le sentiment de marquer le coup ? Un exemple d’avis/témoignage qui vous a le plus touchée jusqu’ici ?
Depuis la sortie de Muselé(e)s, le piège des apparences, j’ai ressenti une émotion profonde en voyant l’impact que ce roman a eu sur mes lecteurs. C’est une expérience inédite, un mélange de gratitude et d’humilité, de voir que des histoires que j’ai mises sur papier résonnent dans la vie de ceux qui les lisent. C’est une forme de connexion humaine, une manière de partager des émotions et des réflexions qui vont bien au-delà de ce que je pensais atteindre. Le témoignage d’une lectrice m’a particulièrement touchée et me confirme l’importance de ce que j’ai écrit. Elle, Nelly NCHOH (Traductrice à la Cour Suprême) m’a écrit :
« J’ai terminé ton roman et honnêtement il m’a profondément marqué. Ce qui m’a le plus frappé, c’est la manière dont tu as exploré les dynamiques familiales complexes, notamment l’influence toxique d’une figure extérieure sur un membre de la famille. Cette emprise insidieuse, cette manipulation subtile, est rendue avec une grande justesse. Le personnage du père, en particulier, est d’une grande profondeur. On ressent sa lutte intérieure, son conflit entre ses propres valeurs et l’influence néfaste qu’il subit. Tu as réussi à le dépeindre comme un être humain vulnérable, piégé dans un cycle destructeur. La force de la relation entre la mère et ses enfants est également très touchante. Leur solidarité, leur résilience face à l’adversité, est une véritable source d’inspiration. Ton écriture est fluide et immersive. J’aime comment tu as créé des atmosphères et comment tu nous fais ressentir les émotions des personnages. Ton roman est un témoignage poignant sur les ravages de la manipulation et de l’influence toxique, mais c’est aussi un message d’espoir et de courage. Et puis, il y a Gabriela… Ce personnage m’a particulièrement touché. J’ai l’impression qu’il y a une histoire profonde et riche à explorer. J’espère sincèrement que ton prochain roman nous permettra de plonger dans son univers. Je suis vraiment admirative de ton travail. Tu as écrit un livre magnifique et nécessaire. Avec toute mon admiration. Ta star Nelly »
Ce retour m’a particulièrement émue, car il touche plusieurs aspects du roman que j’ai voulu transmettre : la complexité des dynamiques familiales, la lutte intérieure de chaque personnage, la résilience face aux épreuves. Le personnage du père, en particulier, m’a permis d’explorer des zones d’ombre de la condition humaine, et savoir qu’il a résonné de cette manière chez cette lectrice est un véritable honneur. Ce témoignage est un exemple poignant de l’impact que peut avoir un livre et il y en a plusieurs. Pour cela, je suis infiniment reconnaissante.
Il est à préciser que le préfacier, c’est monsieur Philippe Camille AKOA, l’actuel directeur général du FEICOM. Pourquoi ce choix ?
Le magistrat hors hiérarchie et directeur général du FEICOM, que vous mentionnez, est une personnalité respectée dans son domaine, mais il est avant tout un ambassadeur HeForShe ONU-FEMMES. C’est en cette qualité qu’il nous a honorés de sa préface pour « Muselé(e)s, le piège des apparences ». Son engagement en faveur de l’égalité des genres et son soutien aux initiatives de justice sociale résonnent profondément avec les thèmes que j’explore dans le roman. Son rôle en tant qu’ambassadeur HeForShe, qui prône l’inclusion et la solidarité entre les sexes pour l’élimination des discriminations, fait de lui un partenaire naturel pour cette œuvre qui parle de l’émancipation et des luttes contre les violences, notamment celles subies par les femmes.
Quant à moi, cela fait bientôt 10 ans que je suis cadre au FEICOM, un rôle que j’assume avec passion et engagement. Mon parcours au sein de cette institution, qui œuvre pour le développement local et l’amélioration des conditions de vie des populations, a été enrichissant et m’a permis de m’investir de manière concrète dans des projets de transformation sociale. Cette expérience m’a également aidée à affiner ma compréhension des problématiques sociales, que ce soit dans le domaine de l’infrastructure ou de l’accompagnement des populations marginalisées. Elle a nourri, d’une manière ou d’une autre, ma vision du monde et l’écriture de ce roman, qui est, entre autres, une réflexion sur la justice, l’égalité et le pouvoir des voix qui se lèvent.
La sollicitation de sa préface a donc été une démarche logique et pleine de sens, étant donné son engagement constant en faveur de l’égalité des genres et sa position de leadership. Le soutien qu’il a apporté à ce projet témoigne de l’importance de ce genre de collaboration pour faire avancer des causes universelles.
« Muselé(e)s, le piège des apparences » fait désormais partie du catalogue des Éditions de Midi. Nous sommes d’ailleurs admiratifs de sa couverture qui, il faut le dire, est différente des productions habituelles de cette maison d’édition. Odile Gaétane NJOPA BIVINA serait-elle une auteure exigeante ? (Rires)
(Rires) Oui, je dirais que je suis une auteure exigeante, mais c’est surtout parce que je tiens à ce que le travail soit bien fait, à ce que chaque détail, chaque aspect de l’œuvre reflète ce que j’ai voulu transmettre. Lorsque j’ai entrepris ce projet, j’avais une vision claire de ce que je voulais, y compris pour la couverture. C’est un élément fondamental d’un livre, car c’est souvent la première chose que le lecteur voit, et elle doit non seulement capter l’attention, mais aussi refléter l’essence de l’histoire. Je n’avais aucune hésitation à envisager de changer d’éditeur si les représentations graphiques proposées ne correspondaient pas à ce que je voulais pour mon roman.
Cette exigence vient aussi de la volonté de faire en sorte que « Muselé(e)s, le piège des apparences » soit à la hauteur de l’impact que j’espère qu’il aura. Les Éditions de Midi ont su comprendre cette vision et m’ont permis d’avoir une couverture qui, comme vous l’avez souligné, se démarque des productions habituelles de la maison d’édition. C’est un choix réfléchi qui va au-delà de l’esthétique, c’est aussi un moyen d’exprimer, dès le premier regard, l’intensité et la profondeur des thèmes abordés dans le livre.
Cette exigence est également un reflet de mon engagement à offrir au lecteur une œuvre qui ne soit pas seulement bien écrite, mais qui soit aussi porteuse de sens à chaque étape du processus de création, y compris au niveau visuel. J’ai donc été très impliquée, mais je suis heureuse que cette collaboration avec les Éditions de Midi ait permis de concrétiser cette vision.
Où peut-on acheter « Muselé(e)s, le piège des apparences » ?
« Muselé(e)s, le piège des apparences » est désormais disponible dans plusieurs points de vente, ce qui me réjouit profondément. Le FEICOM, en tant qu’institution où je travaille, est un point de vente important. Il est présent tant à la direction générale qu’au sein des dix agences régionales, ce qui permet à un large public, partout au Cameroun, d’avoir accès à l’ouvrage. En plus de cela, le roman est disponible aux Éditions de Midi, qui ont été un partenaire clé dans la concrétisation de ce projet, mais aussi dans plusieurs librairies des villes de Douala et Yaoundé. C’est un privilège de savoir que mon livre se retrouve dans ces espaces, car cela rend l’accès à la littérature plus large et permet à davantage de lecteurs de découvrir cette œuvre.
Quelles sont les trois leçons importantes que vous avez apprises depuis l’idée d’écrire ce roman ?
Depuis l’idée d’écrire ce roman, j’ai appris trois leçons essentielles : – L’importance de l’authenticité : écrire, c’est d’abord être fidèle à soi-même et à ses convictions, même si cela signifie briser des tabous. – La puissance des voix humaines : chaque histoire mérite d’être entendue, et l’écriture est un moyen puissant de faire entendre les silences des marginalisés. – La persévérance face à l’adversité : le chemin de l’écriture n’est jamais facile, mais il vaut la peine d’être parcouru, car c’est dans la lutte que naissent les plus grandes œuvres.
Proposer aux lecteurs un livre écrit entièrement avec une intelligence artificielle. Que pensez-vous de cette pratique ?
Je suis totalement contre l’idée de proposer un livre écrit uniquement par une intelligence artificielle. Pour moi, l’écriture est une véritable œuvre de l’esprit, un acte profondément humain. C’est un moyen d’exprimer des idées, des émotions, des expériences vécues, des combats, des questionnements. L’originalité, la créativité et l’âme d’un auteur résident dans cette capacité à explorer des univers personnels et uniques. L’intelligence artificielle, bien qu’impressionnante par sa capacité à générer des phrases ou des récits basés sur des algorithmes, ne peut pas saisir cette profondeur, cette complexité émotionnelle qui rend une œuvre littéraire authentique. Les phrases répétitives, le manque de nuance, et l’incapacité à vraiment toucher au cœur des expériences humaines, rendent ce genre de pratique peu convaincant pour moi.
Un livre écrit par une IA, selon moi, manque de l’essence même qui fait la richesse d’une œuvre littéraire : l’âme de son auteur. L’écriture doit être un dialogue entre l’auteur et le lecteur, un partage d’idées et d’émotions, un geste qui va au-delà de la simple construction de phrases. Cela ne peut être remplacé par un algorithme. Écrire, c’est faire naître des mondes, c’est bousculer les pensées, c’est transmettre des vérités personnelles et profondes. C’est pourquoi je suis convaincue que l’intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer la plume humaine, qui est le véhicule de notre humanité, de notre sensibilité et de notre subjectivité.
Vous avez l’opportunité de dîner avec un.e acteur.trice du livre africain. Lequel.laquelle choisiriez-vous ? Pourquoi ?
Si j’avais l’opportunité de dîner avec un.e acteur.trice du livre africain, sans hésiter, je choisirais Fatou Diome. Elle est pour moi une figure emblématique de la littérature africaine contemporaine, dont l’œuvre porte une profondeur, une richesse et une humanité qui résonnent avec les réalités de notre époque. Fatou Diome a ce don exceptionnel de mêler engagement social et récit intime, de traiter de sujets lourds comme l’immigration, l’identité et les défis sociaux avec une légèreté apparente mais une grande justesse. Ses écrits, en particulier « Le Ventre de l’Atlantique », ou encore « Celles qui attendent », sont d’une grande beauté, porteurs d’une réflexion poignante sur le lien entre l’Afrique et l’Europe, sur la quête d’identité et la quête de soi.
Fatou Diome
Ce qui me fascine chez elle, c’est sa capacité à faire entendre une voix puissante et authentique, sans détour, tout en restant ancrée dans la réalité de son temps. Dîner avec Fatou Diome serait un véritable échange enrichissant, non seulement sur le plan littéraire, mais aussi pour discuter de nos responsabilités en tant qu’auteurs africains, des défis que nous devons relever pour porter nos voix et celles de ceux qui, souvent, ne sont pas entendus. Elle est une source d’inspiration pour moi.
Quels sont vos trois conseils aux auteurs en herbe ?
– Soyez authentiques : écrivez avec votre cœur et restez fidèle à vos convictions, même face aux obstacles. – Lisez beaucoup : la lecture nourrit l’écriture. Puisez dans diverses sources pour enrichir votre imagination et votre style. – Persévérez : l’écriture est un chemin difficile, mais ne vous découragez pas. La constance et la passion finissent toujours par payer.
Notre dernier rendez-vous de l’année 2022 en présentiel s’est tenu ce jour au Quartier Mozart
Il était question pour les panélistes, Yémélé Rosine et Chantal Julie Nlend, de donner des conseils et des avis sur les relations enfants – parents ; selon plusieurs cas d’enfants et même de parents. Auguste Ngassam a brillamment assuré la modération.
Les participants ont adhéré et à travers diverses questions, ils ont éclairé les zones d’ombre. S’en est suivie la séance dédicace des trois livres de Rosine YÉMÉLÉ : un essai (Mon enfant, ma vie) et deux livres de contes (Dassi & Lala, Lihi sait s’assoir)
📌 Les questions autour de l’enfant restent préoccupantes et ACOLITT souhaite s’investir à chaque fois, auprès des acteurs de la littérature.
Uriel Tsob est né le 8 décembre 2011 à Spartanburg, aux États-Unis. Diagnostiqué TSA (trouble du spectre autistique) avant ses 2 ans, il est un véritable témoignage de ce que l’amour, la persévérance et le travail acharné représentent pour une belle évolution.
Véritable artiste, Uriel travaille depuis l’âge de 3 ans à perfectionner son talent en s’exprimant et en expérimentant différentes orientations artistiques.
Son livre, « All that for some candies » ou «Tout ça pour quelques bonbons », c’est l’histoire d’un petit papillon qui adore les friandises. Au retour de ses achats, il rencontre différents obstacles qu’il arrive à surmonter, grâce à son intelligence et son ingéniosité. Uriel est lui-même l’illustrateur de ce livre. Lors de sa première exposition d’art à LABA en juillet 2022, Uriel a eu sa première séance de dédicace.
En 2024, à l’issue d’un concours de dessin lancé par Les Cimenteries du Cameroun, il fait partie du trio de lauréats.
Sous l’initiative des éditions Eclosion dont la promotrice est Christelle Noah, la présidente de ACOLITT, Pauline ONGONO, a été paneliste au même titre que la sénatrice Francoise PUENE, les auteures Bibiche KOUND, Yvette NOUGA et Irene MABEN, au débat sous le thème »Le livre peut-il sauver la jeune fille ? » dans l’enceinte de la CNPS à Yaoundé. Elles ont, sous la modération de Clarence YONDO, exposé chacune leurs points de vue, selon leurs profils professionnels et littéraires et leurs expériences de la scène littéraire africaine.
Une belle expérience soutenue par la CNPS – Caisse Nationale de Prévoyance Sociale et le Cerdotola, qui s’est soldée par la remise des prix aux cinq meilleures berceuses et à la meilleure nouvelle (Kamila Ndayou) issues des concours lancés pour meubler cet événement.
Bibiche KOUND est originaire de la région du littoral, résidant dans la ville de Douala au Cameroun. De père Banen et de mère Douala, elle est l’aînée d’une famille de plusieurs enfants. Très tôt passionnée de lettres en général et d’écriture en particulier, elle se met à écrire dès l’âge de 13 ans. Elle écrit des chansons mais tient également un journal intime.
En 2006, elle obtient son baccalauréat littéraire et fera des études de droit, de communication et de ressources humaines. Elle est titulaire d’un Master en gestion et riches de plusieurs autres formations.
Bibiche KOUND a tour à tour occupé les postes de responsable RH adjointe à Landlady, d’agent de numérisation à Émodoc pour PERENCO, et de conseillère commerciale à PCCI pour MTN.
Gestionnaire de formation, Bibiche KOUND est entrepreneure, conférencière, communicatrice et écrivaine engagée.
Auteure de deux livres, le premier intitulé Libre, un roman préfacé par le Pr Jean BAHEBECK, dans lequel elle parle de l’épineux problème de la santé mentale à travers des sujets tabous tels que : le viol, l’abus parental, le divorce, la dépression, pour ne citer que ceux-là ; le second, un roman intitulé L’Afrique en larmes qui a remporté le premier prix spécial roman au prix littéraire OSÙ en février 2023. Elle a récemment achevé l’écriture de deux autres livres dont un recueil de poèmes, qui paraitront très prochainement.
Passionnée d’écriture et de lecture, de cuisine et de musique, de natation et de voyage, de beauté et de l’être humain, Bibiche KOUND est une véritable passionnée dans l’âme. Cette femme dynamique, sociable et résiliente est l’heureuse maman d’une adorable fille. Consciente des ravages que cause la dépression en particulier ainsi que les maladies et troubles mentaux en général, elle a fait de la santé mentale son cheval de bataille. Elle accompagne les personnes à avoir une bonne santé mentale et à se libérer de leurs traumas.
Sa phrase fétiche: « Prenez soin de votre santé mentale »
Un livre traduit est un livre qui a plusieurs vies. ACOLITT l’a compris et s’applique, de manière naturelle, à traduire vos textes. Nous contacter : acolitterature@gmail.com
Simone WONJA-NGUEAH est connue sur la toile pour ses blogs de critiques, de campagnes de publicité. Elle obtient en 2011 un poste de concepteur-rédacteur au sein de l’agence Voodoo, quelques mois après avoir décroché sa licence professionnelle en sciences de l’information et de la communication option publicité.
En 2013, elle interrompt son contrat pour se consacrer à un master en sémiotique durant lequel elle se passionne pour l’étude des processus de signification dans le langage verbal.
Entre 2013 et 2017, Elle occupe tour à tour les postes de community manager, concepteur rédacteur (MTN Cameroon), responsable de communication et finalement planneur stratégique pour le studio de consulting en communication de marque qu’elle co-crée.
Elle consacre les années qui vont suivre à des recherches indépendantes en psychologie et à l’écriture de son premier essai littéraire, Ton Sens de L’Humeur, qu’elle publie au mois de mars 2023.
Elle est aujourd’hui contributrice pour le média de psycho-éducation Mon Psy Online et directrice artistique de l’agence marketing Otenticity, et nourrit l’ ambition d’opérer une transition dans le domaine de la psychologie sociale.
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Yémélé Rosine est une passionnée des questions liées au bien-être. Son cursus académique a connu les filières psychologie, sociologie et gestion des ressources humaines. Depuis un peu plus de sept ans, elle propose des accompagnements pour un équilibre personnel, professionnel et familial. Sa spécialité est l’amélioration et la valorisation de la relation parent-enfant, ayant une bonne connaissance du fonctionnement de l’enfant et des données qui permettent d’améliorer son encadrement et son éducation. Pour Rosine YEMELE, l’enfant est le socle de la société, il est donc impératif de lui donner des bases saines.
Soucieuse des relations saines entre l’humain et la société, elle a mis sur pied la web émission « L’école de Ya Rosine », que vous pouvez suivre sur la chaîne Youtube Firstline Entertainment, label sous lequel elle est aussi scénariste.
Parce que les enfants constituent le socle de la société, Rosine YEMELE n’a pas laissé les enfants vivant dans des centres d’accueil en reste. Depuis 2022, elle est la promotrice du « Challenge Inter-Orphelinats », une initiative qui vise, dans une ambiance gaie, la détection des talents de ces enfants. Et comme elle le dit si bien : « Faire des dons dans les orphelinats, c’est bien. Montrer aux enfants qu’ils sont capables d’impacter positivement la société, est un plus considérable. Cela permet aussi de forger la confiance en soi. » Cette année, la troisième édition de ce challenge se tiendra le 17 août à Yaoundé.
Rosine YEMELE est l’auteure de trois livres : un essai (Mon enfant, ma vie : Qu’est-ce qu’un enfant ? Les clés pour une éducation pacifique et harmonieuse) qui paraît en 2021 chez Eclosion et deux livres pédagogiques bilingues (français / anglais) pour enfants et parents (Lihi sait s’assoir ; Dassi et Lala, les gourmands). Ces livres sont disponibles auprès de l’auteure et sur Amazon
Rosine YEMELE a été nominée à la troisième édition du prix littéraire OSÚ dans la catégorie « Livres pour enfants ». Le trophée n’a pas été pour elle, mais elle reste fière d’elle, car « être nominée, c’est déjà une victoire. ».
Inconditionnelle des plateaux télé et des échanges avec les parents dans des espaces ouverts, Rosine YEMELE n’a pas l’intention de participer à la dégradation du bien-être familial observée de plus en plus à cette ère.