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  • Ecrire pour gagner de l’argent ou pour être lu ?

    La littérature n’a jamais cessé d’interroger sa propre finalité. Hier encore, je suivais un débat autour de cette finalité, sur une plateforme sociale. Entre vocation artistique et nécessité économique, une question demeure au cœur des débats : l’écrivain doit-il écrire pour gagner sa vie ou avant tout pour être lu ? Même si ces deux aspirations sont souvent présentées comme opposées, elles traduisent en réalité les multiples responsabilités de l’auteur, car le livre est à la fois une œuvre de l’esprit et un bien culturel.

    Écrire ne relève pas d’un simple exercice d’inspiration. C’est un travail exigeant qui mobilise des compétences, des recherches, une réflexion constante et un investissement personnel considérable. À ce titre, il est légitime que l’écrivain bénéficie d’une rémunération à la hauteur de son engagement. Les ventes d’ouvrages, les résidences d’écriture, les conférences ou les adaptations audiovisuelles… participent à l’épanouissement dans le métier et permettent aux auteurs de poursuivre leur création dans des conditions plus favorables.

    En mon sens, lorsque la logique commerciale prend le pas sur l’ambition littéraire, le risque est de voir l’écriture se conformer aux attentes du marché. Les tendances éditoriales, les phénomènes de mode ou la recherche du succès immédiat peuvent conduire certains auteurs à privilégier des recettes éprouvées plutôt qu’une véritable recherche esthétique ou intellectuelle.

    À l’inverse, écrire pour être lu signifie rechercher une rencontre durable avec le lecteur. Une œuvre trouve son sens lorsqu’elle suscite l’émotion, nourrit la réflexion, interroge encore et encore. Les écrivains qui marquent l’histoire ne le doivent pas uniquement à leurs performances commerciales, mais à la profondeur de leur regard sur le monde et à la capacité de leurs textes à continuer de dialoguer avec les générations successives. La preuve, aujourd’hui encore, certains noms d’écrivains sont au bout des lèvres des lecteurs.

    L’essor de l’intelligence artificielle vient aujourd’hui renouveler cette réflexion. Les outils d’IA facilitent la documentation, la traduction, la révision ou l’organisation des idées et constituent des assistants précieux pour de nombreux auteurs, c’est un fait qui va en s’améliorant. Toutefois, ils ne remplacent ni l’imaginaire, ni la sensibilité, ni l’expérience humaine qui donnent naissance à une véritable œuvre littéraire. Avec les contenus générés automatiquement qui se multiplient, l’authenticité de la voix de l’écrivain devient plus que jamais un critère essentiel de crédibilité et de valeur.

    Les prix littéraires occupent également une place stratégique dans cet équilibre entre reconnaissance culturelle et réussite économique. Bien au-delà des récompenses financières qu’ils accordent, ils offrent une légitimité critique, renforcent la visibilité des auteurs et favorisent une diffusion plus large des œuvres. Ils influencent les choix des lecteurs, stimulent les ventes et contribuent à inscrire certains ouvrages dans le patrimoine littéraire. Toutefois, ils ne constituent pas une finalité en soi : la véritable consécration demeure la fidélité d’un lectorat capable de faire vivre une œuvre au-delà des distinctions.

    Opposer la rentabilité à la lecture revient sans doute à poser un faux débat, à mon avis. Une littérature vivante est celle qui parvient à concilier exigence esthétique, impact culturel et viabilité économique. L’écrivain ne devrait ni renoncer à ses convictions pour répondre exclusivement aux attentes du marché, ni ignorer les réalités qui conditionnent la diffusion de son travail. Être largement lu tout en vivant dignement de sa plume constitue moins un compromis qu’un idéal vers lequel tend toute création littéraire durable. Car si l’argent récompense le travail de l’auteur, ce sont les lecteurs qui donnent véritablement vie à son œuvre et assurent sa postérité.

    Ec𝗿𝗶𝘃𝗮𝗶𝗻𝘀, 𝗾𝘂’𝗲𝗻 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 ?


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  • From Scratch | L’analyse

    Recommandée par H.L.S., « From Scratch » ne m’attirait pas, contrairement aux autres séries qui meublent le support de 65Go que cette personne m’a fait parvenir. C’est un amour ! J’étais même assez dubitative. Je me disais :  »Bof ! Une histoire d’amour de plus. » Mais connaissant les bons goûts d’H.L.S., j’ai suivi sa recommandation. Au fil des épisodes, quelque chose s’est produit : je me suis laissée porter par cette histoire, jusqu’à être profondément émue, puis réellement bouleversée. J’ai pleuré, j’ai surtout beaucoup réfléchi. Cet état dure depuis deux semaines. J’ai donc décidé de #parler_seulement.

    « From Scratch » raconte l’amour dans ce qu’il a de plus beau, mais aussi dans ce qu’il a de plus fragile. L’amour inconditionnel, la fidélité, la famille, l’acceptation de l’autre et cette capacité à aimer au-delà des frontières culturelles y occupent une place essentielle.

    La relation entre Amy (artiste afro américaine de famille nantie et très soudée) et Lino (Chef sicilien sans le sou, rejeté par son père qui rêvait d’un autre avenir pour lui) montre que deux personnes peuvent venir de mondes différents et pourtant construire un univers commun, à condition d’accepter de découvrir l’autre sans chercher à l’effacer.

    Elle ne donne pas une vision idéalisée de l’existence, non. Elle expose aussi certains de nos défauts : la xén0phobie, les préjugés, les incompréhensions, les blessures familiales, l’orgueil et cette tendance que nous avons parfois à juger ce qui nous est étranger avant même d’avoir pris le temps de le comprendre. Elle rappelle que l’acceptation de l’autre n’est pas une belle théorie : c’est un effort quotidien qui exige une ouverture du cœur et parfois un véritable combat contre nos propres certitudes.

    J’ai également été touchée par la mise en exergue de la r€bellion pour suivre ses rêves, car il arrive un moment où vivre pour satisfaire les attentes des autres devient une manière de renoncer à soi-même. Oser choisir sa voie, même lorsque la famille ne comprend pas immédiatement, même lorsque le chemin paraît incertain, c’est aussi une forme de courage. Nous avons tous, à un moment de notre vie, besoin de cette audace qui nous permet de dire : cette vie est la mienne et je dois apprendre à la vivre pleinement. Ça m’a rappelé mes combats pour que la littérature soit acceptée par mes proches, comme fil professionnel.

    Et le deuil… Celui que l’on ne voit pas venir et qui nous rappelle avec une violence particulière que nous nous comportons souvent comme si nous avions tout le temps du monde. Nous sommes toujours prompt.e.s à remettre un appel à demain, une visite à plus tard, un pardon lorsque nous serons moins occupé.e.s, une déclaration d’amour lorsque l’occasion se présentera. Pourtant, certaines occasions ne se présentent qu’une seule fois. Il y a 26 ans, le 20 août, si on m’avait dit que c’était la dernière fois que je voyais ma maman, j’aurais peut-être fait les choses autrement… Qui sait…

    Et « From Scratch » rejoint avec aisance notre vie quotidienne dans ses plus simples gestes. Nous pouvons passer des semaines sans appeler un parent, négliger un ami parce que nous sommes pris par nos préoccupations, laisser une dispute s’installer dans un couple ou regarder nos enfants grandir en nous promettant que nous leur consacrerons davantage de temps. Des gestes  »simples », n’est-ce pas ? Mais nous oublions parfois que les personnes que nous aimons ne sont pas éternellement disponibles et que certaines scènes de notre histoire ne pourront jamais être rejouées.

    Rassurez-vous, mon but n’est pas d’inciter à vivre dans la peur de perdre les autres, mais de comprendre que le temps est précieux, qu’il faut aimer lorsque l’amour est encore possible, réparer lorsque la réparation est encore envisageable, demander pardon lorsque nous avons blessé, mais aussi savoir s’éloigner lorsque rester nous d€truit. Oui, nous avons aussi le droit d’être rebelles, distants ou même de fermer certaines portes lorsque cela est nécessaire, pour retrouver notre paix et construire un film qui nous ressemble.

    Jusqu’ici, « Titanic » demeurait pour moi l’œuvre cinématographique hors norme et j’ai pu la revoir plus de 35 fois depuis sa sortie, sans jamais perdre cette émotion qui m’emoustille encore et encore. Mais la série « From Scratch » est venue toucher quelque chose de différent. Elle m’a moins fascinée par le spectacle (comme dans  »Titanic ») que touchée par ce qu’elle dit de nous, de notre manière d’aimer, de nous tromper, de pardonner, de nous attacher, de perdre et de continuer… malgré tout.

    Au fond, nous sommes tous en train de tourner notre propre film, sans connaître la durée du tournage ni la date du générique final. Alors, autant choisir avec soin les personnes qui méritent d’y tenir un rôle, les rêves pour lesquels nous voulons nous battre et les combats auxquels nous voulons consacrer notre énergie.

    Parce que chaque seconde de notre film compte.

  • 05 raisons pour lire Le jour et l’abîme

    Dans « Le Jour et l’Abîme », Aristide Georges Olama nous mène dans le parcours de Joseph Alexandre Ze, un homme confronté au doute, au rejet, à la solitude et aux blessures de l’existence.
    Il ne raconte pas seulement une destinée individuelle. Il questionne notre rapport aux autres, nos divisions, notre indifférence et cette part de nous-mêmes que les épreuves révèlent.

    Au fil des pages, les choix deviennent des confrontations, les rencontres des révélations et les épreuves des occasions de comprendre que même au cœur de l’abîme, une lumière demeure possible.

    📖 POURQUOI LE LIRE ?

    Parce qu’il vous fera réfléchir, vous touchera et, peut-être, vous amènera à porter un regard différent sur votre propre chemin.

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  • Les mots parlants de Diane-Annie TJOMB

    Avec 𝗟𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘁𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗹𝗮𝗻𝘁𝘀, Diane-Annie Tjomb rappelle que la #poésie peut encore être un acte social majeur. Dans un monde où les consciences s’usent vite, où les tragédies deviennent des statistiques et où les émotions se consument dans le flux numérique, elle redonne aux mots leur fonction première : réveiller. Ce recueil qui a paru aux Éditions KADEÏ ne demande pas seulement à être lu ; il demande à être entendu.

    La suite ICI


     OÙ RETROUVER LES MOTS PARLANTS ?

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  • Ne crains rien… je t’aime de Thierry NTAMACK | L’analyse

    Ne Crains Rien Je T’aime, le Film du Camerounais Thierry Ntamack est sorti en 2019. Je l’ai regardé un an plus tard, et je l’ai à nouveau fait ce weekend. Vu les drames liés à la gent féminine que la toile nous présente chaque jour, j’ai eu envie de #parler_seulement.

    Brièvement, dans ce film, la viølence conjugale ne se résume pas à un coup porté dans un moment de col€re à cause d’un  »i » manquant dans un prénom (allez regarder le film sur Youtube pour comprendre), elle s’inscrit dans le corps, dans la mémoire et dans toute une existence. L’actrice principale, 𝗦𝗮𝗿𝗮𝗵 (Tatiana Matip), en porte les conséquences les plus terribles, qui vont jusqu’à la perte d’une partie de son corps. Ce n’est plus seulement une femme qui a été bl€ssée, mais une partie de son intimité, de son histoire corporelle et de son avenir qui a été détruite. Son corps est devenu la preuve silencieuse de ce que les mots ne suffisent plus à raconter.

    #Pauline_parle_seulement

    Une vic*time peut survivre aux coups et pourtant devoir vivre toute sa vie avec ce que ceux-ci lui ont volé. Car les viølences conjugales ne s’arrêtent pas nécessairement lorsque l’agr€sseur disparaît : elles peuvent continuer à travers les traumatismes, la peur, la perte de confiance, les troubles psychologiques et la difficulté à reconstruire une relation saine.

    Le parcours de Sarah l’illustre avec une force particulière : les blessures qu’elle porte ne disparaissent pas simplement parce qu’elle quitte 𝗥𝗼𝗺𝗮𝗶𝗻 (Thierry Ntamack). Sa dém€nce, telle qu’elle est représentée dans le film, apparaît comme l’une des manifestations les plus poignantes de cette destruction intérieure. Elle a survécu à une relation qui l’a profondément brisée, mais elle doit désormais apprendre à vivre avec les décombres psychologiques qu’elle a laissés derrière elle. Même son nouveau compagnon, 𝗗𝗮𝘃𝗶𝗱 (Guy Michel KINGUE), qui devrait représenter une nouvelle chance, se retrouve confronté aux conséquences d’un passé qu’il n’a pas créé. Sa souffrance psychologique m€nace cette relation qui aurait pu lui permettre de retrouver l’amour et la confiance.

    𝗡𝗲 𝗰𝗿𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻… 𝗷𝗲 𝘁’𝗮𝗶𝗺𝗲 montre qu’une victime peut avoir peur d’aimer à nouveau, interpréter une parole ordinaire comme une m€nace, douter d’un geste tendre ou rester prisønnière de souvenirs qu’elle n’a pas choisis. La reconstruction exige donc du temps, de l’écoute, de l’accompagnement et la possibilité de retrouver progressivement confiance en soi et dans les autres.

    Cette réalité prend une résonance particulière lorsqu’on la replace dans le contexte mondial des #féminicides. En 2024, près de 50.000 femmes et filles ont été tu€es dans le monde par leur partenaire intime ou un membre de leur famille, soit environ 137 par jour. Derrière ces chiffres se trouvent des vies, des familles et des destins brisés. Selon les Nations Unies, l’Afrique affichait le taux estimé le plus élevé de f€minicides.

    Le f€minicide ne surgit pourtant pas toujours de nulle part… Il peut être précédé par des insultes, des humiliations, des menaces, des viølences physiques, une surveillance constante, une jalousie maladive ou une volonté de contrôler chaque mouvement de la victime. C’est pourquoi il est dang€reux d’attendre que la viølence atteigne son paroxysme avant de réagir. La première gi*fle est déjà une viølence ; la première m€nace est déjà un signal d’alarme : le 𝗣𝗥𝗘𝗠𝗜𝗘𝗥 𝗖𝗢𝗨𝗣 ne doit jamais être considéré comme un 𝗜𝗡𝗖𝗜𝗗𝗘𝗡𝗧 𝗦𝗔𝗡𝗦 𝗜𝗠𝗣𝗢𝗥𝗧𝗔𝗡𝗖𝗘.

    Il faut cependant élargir cette réflexion sans affaiblir le message porté par le film. En effet, dénoncer les viølences faites aux femmes ne signifie en aucun cas applaudir, minimiser ou excuser celles qui sont infligées aux hommes. Un homme battu, humilié, menacé, manipulé ou d€truit psychologiquement par sa compagne est lui aussi une victime. Le fait que les viølences faites aux femmes constituent un problème massif et particulièrement préoccupant ne rend pas celles subies par les hommes moins réelles, moins douloureuses ou moins condamnables. Le principe doit être le même : personne ne devrait avoir le droit de frapper, d’humilier, de m€nacer, de contrôler ou de d€truire son conjoint.

    Cette précision est importante parce qu’il existe encore une forme de silence autour des hommes victimes. Plusieurs hésitent à parler par peur d’être ridiculisés, de ne pas être crus ou d’être considérés comme faibles. Pourtant, reconnaître leur souf*france ne retire rien à celle des femmes. Au contraire, cela permet de poser un principe universel : la viølence conjugale doit être cømbattue indépendamment du s€xe de celui qui la subit ou de celui qui la commet.

    #Pauline_ParleSeulement

    𝗡𝗲 𝗰𝗿𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻… 𝗷𝗲 𝘁’𝗮𝗶𝗺𝗲 pose également une question essentielle sur la responsabilité des #familles. Trop souvent, le mariage est considéré comme une destination sans retour. Après la dot, certains parents donnent le sentiment d’avoir remis leur fille entre les mains de sa belle-famille et de ne plus avoir à intervenir, comme si la dot avait transformé une fille en propriété conjugale.
    Cette conception doit être cømbattue !!! La dot ne donne aucun droit de propriété sur une femme. Elle ne constitue pas une permission de la battre et ne lui retire pas le droit de revenir vers sa famille lorsqu’elle est en danger. Une femme mariée reste une fille, une sœur, une mère et, avant tout, une personne dont la dignité et la vie doivent être protégées.

    On leur demande de supporter la døuleur pour les enfants ou pour préserver l’honneur de la famille. Mais quel honneur peut-on préserver lorsque la vie d’une FILLE est en danger ? Quelle valeur peut avoir une union si, pour la maintenir, il faut sacrifier la dignité, la santé mentale ou même la vie de l’un de ses membres ?
    Accueillir une fille, un fils, une sœur ou un frère victime de viølences ne signifie pas nécessairement participer à la d€struction de son mariage ou son couple, cela peut simplement signifier lui sauver la vie. D’ailleurs, dans son roman  »Munyal », Djaïli Amadou Amal le dit de manière claire.

    Il faut également cesser de confondre les difficultés normales d’une vie de couple avec les viølences. Le compromis appartient à la vie conjugale ; la dømination et la brutalité n’en font pas partie. Supporter une période difficile n’est pas la même chose que subir des cøups, des menaces ou des humiliatiøns répétées. Présenter la viølence comme une simple « dispute de couple », c’est offrir une excuse à l’agresseur et une cøndamnation supplémentaire à la victime.

    Les conséquences dépassent d’ailleurs largement la personne directement violentée. Les enfants qui grandissent dans un environnement marqué par la peur peuvent être profondément affectés par ce qu’ils voient et entendent. Ils risquent d’apprendre que la viølence appartient à l’amour, que la peur fait partie de la vie familiale ou que le silence est le prix à payer pour préserver un foyer. Oui, protéger une victime, sortir d’un foyer malsain, c’est empêcher que la viølence ne se transmette comme un héritage familial.

    𝗡𝗲 𝗰𝗿𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻… 𝗷𝗲 𝘁’𝗮𝗶𝗺𝗲, un célèbre cantique… et ici, un couteau à double tranchant. Ces mots qui devraient être prononcés pour rassurer, protéger et offrir un refuge à la personne aimée, ne devraient jamais être suivis d’un geste qui inspire précisément la peur. L’amour véritable ne devrait pas produire la terr€ur. Il ne devrait pas mu*tiler, humili€r, enf€rmer ou d€truire. Il devrait permettre à l’autre de se sentir en sécurité.

    Face aux viølences conjugales, notre silence ne devrait plus être une option. Il faut parler avant le drame, intervenir avant l’irréparable et écouter avant le dernier cri. Il faut apprendre à reconnaître les signaux d’alerte et à considérer toute viølence comme un prøblème sérieux, qu’elle soit exercée contre une femme ou contre un homme.
    Et s’il faut lever la main, qu’elle serve à relever celui ou celle qui tombe. S’il faut taper du poing, que ce soit sur la table, pour dénoncer l’inacceptable. S’il faut crier, que ce soit pour dire  »𝗦𝗧𝗢𝗣 ».

    Il ne devrait jamais être facile de faire du mal. Il ne devrait jamais être facile de l€ver la main sur une femme, pas plus qu’il ne devrait être facile de frap*per un homme. Il ne devrait jamais être facile de d€truire un corps, une conscience, une famille, une vie, une lignée !!!

    Et si 𝗡𝗲 𝗰𝗿𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻… 𝗷𝗲 𝘁’𝗮𝗶𝗺𝗲 de Thierry Ntamack doit nous laisser une seule certitude, c’est celle-ci : aimer quelqu’un devrait d’abord signifier lui permettre de ne pas avoir peur.

    𝗖𝗢𝗨𝗥𝗔𝗚𝗘 à ces femmes et ces hommes qui vivent ces mauvais films 🙏

    𝗖𝗢𝗨𝗥𝗔𝗚𝗘 aux familles qui ont perdu les leurs des suites de ces viølences 🙏

    𝗖𝗢𝗨𝗥𝗔𝗚𝗘 à toutes ces personnes, associations, ONG… qui militent pour la fin de ces mauvais films 🙏

    🙏 Bonne semaine, chers Acolytes !

  • 𝗔 𝗟𝗔 𝗗EC𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗗𝗨 Centre International pour le Patrimoine Culturel et Artistique – CIPCA

    Le CIPCA est une association culturelle camerounaise et un centre d’art associatif basé à Yaoundé (en face du stade Omnisports, descente LABOREX). C’est un projet initié en 2015 et porté par Fabiola Ecot Ayissi, membre fondatrice et directrice, ainsi que commissaire d’exposition. Ses recherches portent notamment sur les dynamiques de création artistique en Afrique centrale depuis les indépendances, avec un intérêt particulier pour le Cameroun et la Guinée équatoriale.

    La vocation du CIPCA est de travailler autour de la préservation, de la valorisation et de la transmission du patrimoine culturel africain, aussi bien matériel qu’immatériel. Il s’intéresse notamment aux arts plastiques, aux cultures orales et aux questions de patrimoine, réunissant artistes, chercheurs, acteurs culturels, créateurs et personnes intéressées par ces problématiques.

    Le #CIPCA ne se limite pas à être une galerie. Il organise ou accueille :

    • des expositions d’art contemporain
    • des rencontres et débats autour de la culture
    • des résidences artistiques
    • des projets de recherche et de valorisation du patrimoine
    • des activités autour des cultures et traditions orales
    • des collaborations avec des institutions et acteurs culturels camerounais et internationaux

    La dimension patrimoniale du CIPCA, c’est probablement son aspect le plus important. Il cherche à créer un dialogue entre création artistique contemporaine et patrimoine africain. Il ne s’agit donc pas seulement de conserver des objets ou des pratiques anciennes, mais de réfléchir à la manière dont le patrimoine peut continuer à vivre, être transmis et être réinterprété par les générations actuelles. A cet effet, son implication dans la valorisation du 𝗦𝗼𝗻𝗴𝗼, jeu traditionnel camerounais retrouvé dans plusieurs autres pays, devient une évidence.

    En mai 2026, le CIPCA a participé, avec la Commission sous-régionale du Songo, à des ateliers sous-régionaux à Yaoundé réunissant praticiens et experts de plusieurs pays d’Afrique centrale. L’objectif était de travailler à l’harmonisation des règles du jeu et à la transmission du 𝗦𝗼𝗻𝗴𝗼 comme patrimoine culturel, artistique, pédagogique, scientifique, social et sportif. Un projet qui bénéficie de l’appui institutionnel de l’UNESCO.

    A initiative forte, têtes pensantes fortes ! Show Azazou est le chargé de projets du CIPCA. Initiateur du Festival International du conte  »Minkana », son œuvre pour le patrimoine culturel en tant qu’artiste pluridisciplinaire n’est plus à démontrer.

    📌 Allez visiter le lieu, assistez aux expositions et autres activités, et vous connaîtrez mieux cette institution. D’ailleurs, jusqu’en septembre, le CIPCA accueille une exposition autour du Songo (image en commentaire).

    📱+237 698 976 084
    📧 cultures.orales@gmail.com
    🌐 www.cipcalab.org

  • L’IMAGE DE L’ECRIVAIN

    Le conseil qu’on rabâche tout le temps à l’écrivain, c’est celui qu’il devrait laisser son œuvre parler à sa place. C’est beau… en théorie, mais difficilement applicable, surtout aujourd’hui.

    Les lecteurs sont de plus en plus curieux. Ils veulent savoir qui se cache derrière les pages, et ils savent se donner à fond. Ils observent ses interventions, ses publications, ses interviews… Ils accourent à ses rencontres et prennent au sérieux ses opinions sur des sujets qui, parfois, ne concernent pas directement la littérature. Cette curiosité est juste un besoin d’établir une relation avec l’écrivain. L’époque de l’écrivain mystérieux est révolue.

    Cependant, se rendre visible pour ses lecteurs ne signifie pas tout montrer. L’ecrivain devrait apprendre à distinguer ce qui appartient à son univers littéraire de ce qui relève de son intimité ou de son côté  »folie ». Cette frontière peut être difficile à maintenir à l’époque des réseaux sociaux, où l’on peut passer en quelques secondes d’une présentation de livre à une confidence personnelle, d’une réflexion professionnelle à une réaction impulsive… Oui, tout ce qui est publiable n’est pas nécessairement destiné à être publié. La discrétion n’est pas un manque de modernité ; elle peut aussi être une forme de maîtrise de soi.

    L’image d’un écrivain se nourrit de cohérence. Il est incohérent de défendre dans ses livres la tolérance, la dignité ou le respect tout en adoptant publiquement des comportements qui contredisent ces valeurs. De même, un écrivain qui revendique le sérieux de son travail mais néglige ses lecteurs, arrive constamment en retard à ses engagements ou traite avec mépris ceux qui l’accompagnent finit par créer une contradiction que la communication la plus chère payée ne pourra pas masquer.

    Cette cohérence ne signifie pourtant pas que l’écrivain doive être irréprochable : il reste un être humain, il peut se tromper, être maladroit, connaître une période de doute, répondre trop vivement ou prendre une mauvaise décision… Ce qui importe alors, c’est sa capacité à revenir sur ce qui a été fait. En effet, dire par exemple « Je me suis trompé » impose plus de courage que de défendre obstinément une position devenue indéfendable.

    L’écrivain devrait accepter que son livre ne fasse pas l’unanimité. C’est l’une des épreuves les plus difficiles, car lorsqu’un écrivain met une partie de lui dans un texte, il reste convaincu qu’il s’agit de la 8e merveille du monde, pour paraphraser viens on lit.
    Une critique négative peut parfois être ressentie comme une attaque personnelle… Mais, chers écrivains, 𝐥𝐞 𝐥𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐧’𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐢𝐠𝐧é u𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭 𝐝’𝐚𝐝𝐦𝐢𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 avec vous ! Il a le droit – sans impolitesse – de ne pas aimer un personnage, de contester une idée, de trouver le style insuffisant ou de rester insensible à une histoire. Apprendre à accueillir les critiques sans immédiatement dénigrer celui qui les formule est une étape importante dans la construction de l’image de l’écrivain.

    Certains auteurs cherchent tellement à correspondre à ce qu’ils pensent être l’écrivain idéal qu’ils finissent par jouer un rôle. Ils adoptent une manière de parler, une posture, une attitude… qui n’a rien à voir avec leur propre personnalité. Cela peut fonctionner des fois, mais pas tenir durablement, car cette gymnastique demande une énergie considérable.

    La manière dont un écrivain parle des autres écrivains participe également à sa propre image. En effet, il est possible de défendre son travail sans rabaisser celui d’un confrère ; il est possible d’exprimer une divergence littéraire sans transformer une discussion en règlement de comptes ; il est même possible de reconnaître la qualité d’un autre auteur sans avoir l’impression de diminuer sa propre valeur… La littérature n’est pas un espace où la réussite de l’un exige nécessairement l’échec de l’autre. Et ceci s’adresse particulièrement aux auteurs émergents ou en herbe.
    Lorsqu’on débute, peu importe le domaine, on peut être tenté de chercher rapidement la reconnaissance, de vouloir prouver que l’on mérite sa place et de réagir avec susceptibilité à ceux qui ne prennent pas immédiatement notre travail au sérieux. Pourtant, la carrière littéraire se construit rarement en une seule saison ! Comme dit plus haut, les lecteurs sont très observateurs, surtout ceux qui ne s’expriment – presque – jamais.
    Construisez votre carrière en multipliant les rencontres, les collaborations…

    Comme je le dis toujours lors de mes coachings : 𝐋𝐄 𝐋𝐄𝐂𝐓𝐄𝐔𝐑 𝐄𝐒𝐓 𝐋𝐄 𝐑𝐎𝐈 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐂𝐇𝐀IN𝐄 𝐃𝐔 𝐋𝐈𝐕𝐑𝐄. Dédicacer un livre, répondre aux questions lors et après une conférence, remercier un lecteur ou un critique parce qu’il recommande votre ouvrage, prendre quelques minutes pour écouter son lecteur, prendre une photo avec lui… peut sembler insignifiant ou de routine, mais ces moments restent parfois longtemps dans la mémoire du lecteur.

    Il ne faut cependant pas confondre proximité et disponibilité permanente. L’écrivain n’est pas obligé de répondre à toutes les sollicitations, de commenter tous les sujets ou de participer à toutes les polémiques pour rester visible. Il a aussi besoin de silence, de solitude et de temps pour écrire. La véritable présence publique ne se mesure pas au nombre de publications quotidiennes, elle se mesure davantage à la qualité de ce que l’on apporte lorsqu’on choisit de prendre la parole. L’image doit juste être sujette au  »comment » et au  »pour quoi » on décide de sortir de ces silences.

    Lorsque l’enthousiasme autour de votre dernier livre sera retombé, que les affiches auront disparu, que les publications auront été repoussées par d’autres contenus, que les séances de dédicace seront terminées… Que restera-t-il de votre image ? Voici un questionnement qui devrait animer chaque ecrivain. Ce qu’il restera, ce sont vos livres, bien sûr, mais aussi la réputation construite au fil des années. Les personnes rencontrées se souviendront-elles d’un écrivain arrogant ou accessible, méprisant ou respectueux, obsédé par la reconnaissance ou réellement attaché à la littérature ?

    📌 𝐀𝐂𝐎𝐋𝐈𝐓𝐓 𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐭𝐞𝐥𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐢𝐭𝐭ér𝐚𝐢𝐫𝐞, 𝐞𝐧 𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐞𝐭 𝐞𝐧 𝐩𝐫é𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥.

    𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐝’𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 :
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    Pauline M.N. ONGONO


  • EXPÉRIENCE DE LECTURE | La dernière gifle de Priscylle Fokou

    « La dernière gifle » est une histoire vraie que l’autrice, Aude Priscylle TONLEU FOKOU, partage dans ce livre qui compte 86 pages. Il a paru en 2020, aux Éditions de Midi -Officiel.

    Cette histoire se passe au Cameroun, dès l’année 2003. C’est l’histoire de Ndam Raitou, une jeune femme qui ne demandait qu’à être heureuse et voir sa famille et son fiancé heureux. La vie n’était pas rose, mais il planait cette quiétude que seul l’amour des nôtres peut nous procurer.

    #Les_expériences_de_lecture_de_PaulineO

    Deux ans plus tard, son fiancé, Djitab, va être accusé injustement de vol. Seule solution pour qu’il ne croupisse en prison : Raitou doit le quitter et épouser le commandant de la brigade de la ville… Un homme dont elle avait, à maintes reprises, repousser les avances.

    Le pouvoir de l’amour, c’est quelque chose d’inexplicable. Il pousse à poser des actes qui meurtrissent notre âme tout en y laissant une jeune pousse de rose, si l’être aimé est sauf et heureux. Raitou va accepter cet échange par amour, signant le début d’un cal*vaire qui va durer 13 ans.

    #Les_expériences_de_lecture_de_Pauline_O

    Avec une mère pauvre et malade et un cadet qui doit continuer ses études, elle est obligée de subir, dès les premières heures de son mariage, les  »joies » de la maltraitance. Elle est obligée de vivre son enf€r, d’encaisser des coups, peu importe sa condition physique. Il fallait que sa famille ne manque de rien ; il fallait que son Djitab soit toujours en sécurité et en liberté. Un contrat dans lequel elle s’en sortait perdante… L’amour !

    Très tôt, Raitou est devenue l’ombre d’elle-même et lui,  »Il devenait de plus en plus viølent, depuis qu’il avait été nommé commandant de région. » P.37. Elle recevait des cøups presque tous les soirs.

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    Il lui avait interdit de tomber enceinte ! Tomber enceinte, malgré ses viøls quotidiens, était un affront. Alors, il s’appliquait encore plus à la frapper jusqu’à ce qu’elle perde non pas un ni deux, mais sept enfants. Six grossesses dont une gémellaire, envolées sous les coups !
    Vous pouvez imaginer le désarroi de Raitou… Mais l’amour pour son frère était plus grand que les cøups : il devait continuer ses études. Secrètement, elle nourrissait l’espoir de sortir de cet enf€r, une fois son diplôme obtenu. “Je devais me remettre très rapidement, car Alioum avait réussi à son baccalauréat en 2009 et devait venir chez nous (…) Mon commandant avait décidé de lui donner un avenir prometteur, pour me séq
    uestrer davantage. Il l’inscrivit dans une grande école d’architecture où la scolarité coûtait plusieurs millions (…)” P. 40.

    Oui, elle n’avait pas le droit d’appeler son époux par son prénom… Son état psychologique ne le lui aurait peut-être pas permis, d’ailleurs.  »Sur un ton irrité et grave, comme s’adressant à un vulgaire employé, il me dit que c’était la dernière fois que je l’appelais Emmanuel. Je devais l’appeler ‘‘Mon commandant’’ et son petit déjeuner devait être servi au plus tard à 6 heures.” P.29

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    La technique que certaines femmes battues adoptent est celle de l’extrême obéissance : elles ne veulent qu’une seule chose, que cessent les cøups et toutes les autres humiliations. Raitou est passée par cette phase, elle était prête à tout pour que “son commandant” devienne son époux ou tout au moins qu’il la considère comme un être humain.
    L’inconvénient ici est que le bou
    rreau prend plus d’autorité, plus de confiance, et se considère comme le dieu de sa vic*time.  »J’étais allée le voir dans la chambre, je lui ai demandé pardon pour avoir été têtue. Je lui ai dit que j’allais devenir la femme qu’il désirait, que je ne voulais plus d’enfant, que j’allais bien prendre mes pilules, et si jamais je tombais enceinte, avant même qu’il ne s’en rende compte, j’allais me faire avørter.” P. 50.
    Les coups, eux, ne cessaient de s’abattre sur elle, comme un mauvais karma. Il ne se gênait pas de ramener ses conquêtes sur le lit conjugal, et exigeait de Raitou un service et un accueil sans faille, pour ses conquêtes et lui.

    Qu’avait-elle bien pu faire pour mériter tant de méch*anceté ? Pourquoi avait-il insisté pour l’épouser, elle, si c’était pour en faire un punching-ball ? Ses amies lui racontaient souvent leur lune de miel… Que leur racontera-t-elle ? Des questions, elle en avait plein la tête ; des réponses, aucune.

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    Lorsque l’humilité, l’amour, la peur et la patience ne suffisent plus, ces femmes resignées prennent enfin conscience. Elles ressentent ce besoin de VIVRE, elles suffoquent presque de ce désir. “Je regardais mon reflet dans ce miroir et je ne me reconnaissais pas.” P. 55

    Le pire, c’est que ce regain de conscience ne va presque jamais dans le sens d’une solution à l’amiable. Et Raitou n’en pouvait plus. Elle avait besoin de LIBERTÉ. Et comme une lionne restée trop longtemps encagée et affamée, elle n’a pas hésité à le faire après une énième viølence :  »(…) je l’ai regardé droit dans les yeux et lui ai dit que c’était la dernière gifle… et j’ai tiré sur lui.” P. 55

    “Je m’appelle Ndam Raitou, j’ai 36 ans et j’ai tu€ mon mari, le commandant de Légion Bodo Emmanuel, le 18 janvier 2018, avec son arme, vers 12h, à son retour à la maison. Cela fait de moi une meur*trière ? Oui. Mais cøupable ? Non.” P.59

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    Elle était enfin libre… Elle a posé l’arm€ et a fait du café. Ce café qui lui a été interdit durant une dizaine d’années. Elle a savouré chaque goutte, les lèvres posées délicatement sur sa tasse, le corps de son  »commandant » gi*sant non loin d’elle : “Je m’étais fait une tasse de café dont je découvrais la douceur des arômes.” P. 10. Comme quoi, la liberté n’a pas de prix !
    C’est sereine qu’elle a été conduite auprès des autorités, qu’elle a été condamnée.

    Malheureusement, une fois en prisøn, la vie lui a fait savoir qu’elle n’aurait pas dû aimer autant, qu’elle n’aurait pas dû vouloir sortir des gri*ffes de son  »commandant », qu’elle aurait dû cautionner les viøls, les avørtements, les cøups… Car, au final, ce ne sont pas ces s€vices qui l’ont le plus tørturée.
    Raitou est mørte en prisøn, le 08 février 2020, des suites de l’amour. La lecture du livre vous donnera tous les détails.

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    Plusieurs histoires fictives ou réelles sont chaque jour mises en exergue, mais les cas de viølences conjugales demeurent croissants. Au Cameroun, la situation est plus qu’alarmante. Les femmes m€urent, chaque jour, moralement et psychologiquement, dans des foyers auxquels elles ont cru ou encore qui leur ont été imposés, comme celui de Raitou.
    Elles søuffrent et s’éteignent longtemps avant de perdre le souffle.

    Faut-il donc rester dans le sillage de l’éternelle plainte, de l’éternelle dénonciation vaine ? Raitou méritait-elle d’être écrouée après 13 ans de tørture de divers ordres, après avoir vu ses plaintes ignorées parce que son  »commandant » était le chef de la région ? Où etait la loi et où étaient tous ces religieux ?  »La même Bible qui a dit : « Tu ne tueras point », a également dit : « Aime ton prochain comme toi-même ». P.85.

    Aude Priscylle TONLEU FOKOU a tenté, du mieux qu’elle a pu, de faire libérer Raitou. Mais le mal était là, il était au-delà de cette prison, il était dans sa chair, dans chaque cellule de son corps. Son chagrin, son tort d’avoir aimé, ne voulaient pas être libres.

    #Lesexpériences_de_lecturede_Pauline_O

    Lu d’une traite – il m’était impossible de faire autrement, vous recommanderais-je ce livre ? Vu la tournure de l’histoire, mon avis est mitigé.
    Des Raitou, on en croise tous les jours. Des familles qui posent leurs filles sur le bûcher du sacr*ifice pour la famille, on en connaît. Des Raitou qui aiment d’un amour inconditionnel, on en connaît… Je me contente de vous laisser les coordonnées, afin que vous le lisiez et preniez des résolutions pour vous, pour la gent féminine. Une chose est sûre, ces viølences doivent cesser.

    💰 3500 Fcfa
    📲 +237 690307319

    Pauline M.N. ONGONO

  • Honoré DOUBA, l’homme qui rassemble les traces de la littérature centrafricaine

    La littérature ne se résume pas aux livres qui paraissent, elle se construit aussi autour des traces que ces livres laissent, des auteurs qui les portent et des documents qui permettent, des années plus tard, de les retrouver. En République centrafricaine, où les structures consacrées à la conservation du patrimoine écrit restent encore insuffisantes, le travail de recensement prend une dimension particulière. C’est dans cet équilibre que s’inscrit l’entreprise menée par Honoré DOUBA avec son Répertoire des écrivains et auteurs de Centrafrique, dont les tomes 2 et 3 viennent de paraître aux Éditions Edilibres.


    Le tome 1, publié en 2017 chez Adrien Poussou Éditeur, avait ouvert cette démarche de documentation. Les deux nouveaux volumes prolongent et élargissent ce travail consacré à la connaissance de la production littéraire et intellectuelle liée à la République centrafricaine. Leur intérêt dépasse ainsi celui d’une simple compilation bibliographique : ils répondent à un véritable enjeu de conservation et de transmission.

    Dans un pays qui compte peu de bibliothèques et qui ne dispose pas encore d’une véritable bibliothèque nationale capable d’assurer de manière centralisée la conservation, le recensement et la valorisation des œuvres publiées en Centrafrique ou consacrées au pays, disposer d’un tel répertoire constitue une ressource précieuse. Les ouvrages peuvent se disperser, devenir difficiles à retrouver ou simplement disparaître de la mémoire collective. Les identifier et en conserver la trace revient donc à préserver une partie de l’histoire intellectuelle nationale.

    Le tome 2, consacré aux ouvrages des Centrafricains, s’attache à rendre compte de cette production en réunissant des informations sur les auteurs et leurs œuvres. Livres publiés, manuscrits signalés, textes inédits et références bibliographiques composent un ensemble destiné à faciliter la recherche et à donner une meilleure visibilité à une littérature qui mérite d’être davantage connue et documentée.

    Le tome 3 ouvre, pour sa part, une perspective complémentaire en recensant les ouvrages d’étrangers ayant écrit sur la Centrafrique. Ce choix est particulièrement intéressant ! Il permet de considérer le pays à travers les nombreux écrits produits par des auteurs qui, venus d’autres horizons, l’ont observé, décrit ou étudié. Ces publications constituent des sources susceptibles d’enrichir la compréhension de l’histoire, de la société et de la culture centrafricaines. Elles offrent également matière à réflexion sur les différents regards portés sur le pays et sur la manière dont son image s’est construite dans les écrits extérieurs.


    L’intérêt du travail d’Honoré DOUBA tient surtout à sa volonté de rendre ces informations accessibles. Chercheurs, universitaires, étudiants, enseignants, bibliothécaires, journalistes, écrivains et acteurs culturels peuvent y trouver des repères utiles pour leurs travaux. Pour le lecteur ordinaire également, le répertoire offre une porte d’entrée vers un patrimoine parfois difficile à appréhender dans son ensemble. Il faut aussi regarder cette entreprise à la lumière du parcours de son auteur.

    Né le 11 mars 1949 à Pointe-Noire, Honoré DOUBA a connu un itinéraire à la croisée de l’éducation, de la vie publique, de la foi et de la littérature. Instituteur puis conseiller pédagogique aujourd’hui à la retraite, il est également pasteur, poète et écrivain. Il a occupé plusieurs responsabilités publiques, notamment celles de chef de quartier et de groupe, de conseiller municipal, de président d’un parti politique et de ministre. Son engagement dans différentes associations culturelles, sportives et particulièrement littéraires complète un parcours marqué par l’action et la transmission. Auteur de plusieurs ouvrages, dont Panorama des écritures centrafricaines et le Répertoire des écrivains et auteurs de Centrafrique, Honoré DOUBA s’est progressivement imposé sur un terrain qui demande patience, méthode et persévérance : celui de la mémoire écrite.

    La parution de ces deux volumes rappelle une évidence souvent négligée : un patrimoine qui n’est pas recensé risque de devenir invisible. En donnant des noms, des titres et des références à ce qui pourrait progressivement tomber dans l’oubli, Honoré DOUBA a accompli un travail essentiel. Une contribution qui fait de la littérature centrafricaine non seulement un espace de création, mais aussi un patrimoine identifiable.

    Ces tomes 2 et 3 sont disponibles auprès de L’Harmattan et dans les librairies en ligne. Le tome 2 est proposé au prix de 35 euros et le tome 3 au prix de 40 euros.

    Pauline M.N. ONGONO (Présidente ACOLITT – Cameroun)




  • Assomo Ngono Ela : le mvet comme héritage, le destin comme mémoire

    Et si certaines vies étaient trop précieuses pour être laissées au silence ? À travers Les Cordes du destin : Entre vie, suspicions et talent d’Assomo Ngono Ela, le Dr Eric Nelson EFA ressuscite le parcours d’une artiste dont le nom reste attaché au mvet et à la culture Ekang. Présenté le 31 juillet 2026 à Yaoundé, au siège de la Commission nationale pour l’UNESCO au Cameroun, ce livre a surtout ouvert une conversation sur ce que nous choisissons de retenir de notre histoire et sur ce que nous acceptons de transmettre. Assomo Ngono Ela demeure une artiste, une voix, un talent, mais surtout une mémoire vivante d’un univers culturel dont la transmission ne peut être laissée au hasard.

    Placée sous le parrainage du Dr Christophe FOE NDI et modérée par Pauline M.N. ONGONO, le panel a réuni notamment le Secrétaire général de la Commission nationale pour l’UNESCO, l’éditeur D&L et, bien sûr, le Dr Eric Nelson EFANGONO. Pourtant, derrière les prises de parole et les échanges officiels, c’est une histoire profondément humaine qui s’est progressivement imposée. Une prise de parole du critique littéraire Ray NDÉBI a aussi soulevé le besoin d’évolution de l’instrument sans renier sa souche.

    Le Dr Eric Nelson EFA ne prétend pas livrer une biographie au sens strict. Son ouvrage relève de la fiction, mais s’enracine dans des faits réels de la vie d’Assomo Ngono Ela. Ce choix lui permet de donner chair à une trajectoire, de restituer des émotions et d’interroger les zones d’ombre d’un destin artistique sans réduire cette icône à son seul statut d’interprète. Car Assomo n’est pas seulement celle qui joue du mvet. Elle est celle qui porte quelque chose : une mémoire, une culture, une manière de raconter le monde.

    Son parcours révèle aussi une évolution importante de la pratique du mvet. La tradition se transforme, les instruments se rencontrent et les formations s’élargissent, associant notamment le mvet aux tambours et aux tam-tams. Dans cette évolution, Assomo Ngongo Ela apparaît comme une artiste capable de faire vivre l’héritage sans le figer. C’est peut-être pour cette raison que la question du patrimoine culturel immatériel s’est imposée avec autant de force au cours de la cérémonie… Le Dr Christophe Foe Ndi a d’ailleurs rappelé la nécessité de protéger ces savoirs qui ne se trouvent pas toujours dans les musées ou les archives, mais dans les gestes, les voix, les pratiques et les récits transmis de génération en génération. Le destin d’Assomo Ngono Ela est une parfaite illustration de cette fragilité. En effet, un savoir peut être immense et pourtant disparaître si personne ne prend le temps de le recevoir.

    Dans le livre, cette idée prend un visage à travers Bidja, un jeune garçon qu’Assomo Ngono Ela initie au mvet. Entre eux, il n’est pas seulement question d’apprentissage musical. Elle lui enseigne une façon d’écouter, de sentir et de comprendre. Pour elle, avant de jouer, il faut apprendre à entendre ; avant de chercher la performance, il faut comprendre le silence. Assomo Ngongo Ela transmet à Bidja ce qu’elle a elle-même reçu. Elle devient à son tour le maillon d’une chaîne qui la dépasse et qui est vouée à continuer. Sans conteste, le mvet n’est pas un simple instrument : il est une mémoire qui circule d’une génération à l’autre.

    Le parcours de l’artiste raconte également l’élargissement progressif de son horizon. Partie de son environnement d’origine, Assomo Ngono Ela finit par porter sa musique vers des publics éloignés. À Dakar, sa voix, son mvet et les percussions de sa troupe trouvent une écoute attentive. Ce qui était né dans un cadre culturel précis franchit ainsi les frontières et rencontre d’autres sensibilités. Cette trajectoire est la preuve qu’une culture n’est pas condamnée à rester enfermée dans son lieu d’origine pour rester authentique. Elle doit voyager, se faire entendre ailleurs, tout en continuant à être elle-même.

    La cérémonie du 31 juillet 2026, date qui met justement en exergue la femme africaine, ne pouvait d’ailleurs rester étrangère à la musique type à l’honneur. La prestation de Scienty Ekoro est venue prolonger le propos par le son, comme pour rappeler que certaines histoires se racontent mieux lorsqu’elles sont aussi entendues.

    Après les interventions, le public a échangé avec l’auteur. Les questions ont permis de revenir sur le personnage d’Assomo Ngono Ela, sur les choix narratifs et sur les enjeux de transmission soulevés par le livre. La séance de dédicace sous une dimension plus personnelle, a cédé la place quelques minutes plus tard au cocktail, qui a prolongé les échanges dans une atmosphère aussi chaleureuse que les notes du mvet.

    Au-delà de la cérémonie, Les Cordes du destin pose finalement une question qui dépasse le seul parcours d’Assomo Ngono Ela : que restera-t-il de nos héritages si nous ne prenons pas le temps de les raconter ? En écrivant Les cordes du destin : entre vie, Suspicions et talent d’Assomo Ngono Ela, le Dr Eric Nelson EFANGONO permet que l’histoire d’Assomo Ngono Ela ne se perde pas. Il fait entendre un instrument pour que sa voix continue de résonner ; il met en scène une transmission pour rappeler que la culture ne survit pas uniquement grâce à ceux qui la possèdent, mais grâce à ceux qui acceptent de la recevoir.

    Assomo Ngono Ela est désormais un trait d’union entre hier et demain. Et peut-être est-ce là le véritable sens de son destin : avoir compris que le plus bel héritage n’est pas celui que l’on garde, mais celui que l’on transmet.

    Il est disponible auprès de l’auteur et de l’éditeur.

    Pauline M.N. ONGONO