
Avez-vous, vous aussi, remarqué que les appels à textes pullulent l’espace littéraire africain ? Il ne se passe pas une semaine sans avoir un communiqué du genre sous les yeux. La poésie et la nouvelle sont très souvent à l’honneur – la longueur des textes y est sûrement pour beaucoup. C’est beau tout ça ! C’est galvanisant tout ça ! Mais je n’arrête pas de me demander quel est le réel intérêt de ces appels à textes. Les participants sortent-ils de là avec un plus ? La question me taraude encore plus l’esprit lorsque le gain est une somme d’argent. « Wow ! Qu’est-il.elle censé.e faire avec cette modique somme ? », ai-je souvent envie de crier.

- Les appels à textes servent-ils réellement les lauréat.es.s ?
Généralement, nous avons droit au communiqué qui annonce l’appel à textes et quelques semaines ou mois plus tard, au résultat. Et là, je reste perplexe. Quels sont les critères d’évaluation ? Pourquoi le(s) lauréat.es.s devrait(ent)-il.elle.s être fier.ères.s de ce résultat ? Qu’est-ce que les autres auraient dû faire pour être lauréat.es.s ? Etc. Oui, il y a toujours cette mention sur le jury composé d’éminentes personnalités de la littérature… Toutefois, à mon humble avis, je pense qu’il faudrait faire plus que collecter des textes, convoquer un jury et donner des résultats. Pourquoi ne pas faire passer, par exemple, ces lauréat.es.s en atelier d’écriture

ou même en simple entretien pour leur expliquer le pourquoi de ce sacre et les axes d’amélioration ? Pareil pour les finalistes déchu.e.s. La distance entre certains promoteurs et lauréat.es.s pour établir ces ateliers? Elle n’existe plus avec internet. Ce qui devrait primer ici c’est la volonté d’apporter un plus. Si certains le font, bravo !
- Les appels à textes sont-ils une sorte de défi ?

S’il y a bien une chose qui règne dans le milieu littéraire – au Cameroun par exemple – c’est ce que j’appelle le « Moi aussi » : s’il l’a fait, moi aussi je peux le faire.
Il n’est pas mauvais dans le principe, loin de là, il est juste parfois mal abordé. Nombreux lancent ces appels à textes sans avoir une réelle direction, parfois par souci de publicité. Un coup très souvent gagnant !
- Les appels à textes sont-ils une sorte de business ?
Lorsqu’il est demandé aux candidat.es.s de déposer une certaine somme pour voir leurs candidatures acceptées, pour qu’au final il n’y ait qu’un.e lauréat.e ; que le(la) dit.e lauréat.e gagne quelques exemplaires de son texte ou une modique somme, c’est à se demander ce qui se passe. L’éditeur n’a-t-il pas assez de moyens pour la gestion du prix du(de la) lauréat.e ? Vu qu’il ne dépensera pas la totalité de cette « cotisation » des candidat.es.s, comment utilise-t-il ceci ? Cela rentre dans sa caisse ?

Et pourquoi ? Parce qu’il a lancé un appel à textes « participatif » ? Est-on loin d’une édition à compte d’auteur dans ce cas ?

Au final, on revient à la question : les appels à textes servent-ils les lauréat.es.s ? Le pire est que, très souvent, après la déclamation des résultats, tout est fini. Au mieux on pense business avec une séance de dédicace et c’est tout, rendez-vous au prochain appel à textes.
Je ne nie pas le fait qu’être lauréat.es.s soit un bon point pour le CV. Mais, pour une meilleure évolution et évaluation personnelle du potentiel, ils devraient tout au moins avoir plus d’informations sur leurs travaux. Ils devraient savoir où ils pèchent afin d’être mieux outillés. Le monde devrait les connaître : un accent sur leur valorisation ne serait pas de trop. C’est aussi ça la philanthropie en littérature.
Chers lecteurs, chers lauréats, n’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous pensez des appels à textes. Votre apport est précieux.
Line litt’
Laisser un commentaire