L’écriture et l’Afrique se sont unies depuis que l’humanité a vu le jour, et, le temps, à mesure qu’il défile, démontre un peu plus combien la fusion entre les deux est aussi naturelle qu’évidente… Quand l’oiseau africain déploie ses ailes, ses plumes épousent les cieux avec une telle majesté que son vol est, à l’image du soleil au zénith, la plus éclatante représentation de la Nature…
Comment ne pas alors remarquer l’importance de son activité pour l’ensemble du globe, tant elle sait aller au cœur de l’humanité pour y puiser les ressources nécessaires à l’amélioration de la condition humaine… La plume africaine est faite de la vie, de ses peines comme de ses joies… De son histoire et de ses espoirs les plus enfouis, mais surtout de sa Passion pour que son identité reste imprimée dans la mémoire des âges…
Et cette année, plus que jamais la mémoire universelle l’a portée vers les sommets les plus illustres de l’Art : Abdulrazak Gurnah (Prix Nobel de Littérature), Mohamed Mbougar Sarr (Prix Goncourt), Blaise Ndala (Prix Kourouma), ou encore Boubacar Boris Diop (Neustadt International Prize for Literature).
Ces plumes dont l’encre rappelle les valeurs chères au Continent Mère, en ce qui concerne l’écriture…
Que d’encre et de salive à chaque fois que ces récompenses ont été attribuées. Que n’a-t-on pas lu venant de l’Afrique elle-même, concernant ces illustres valeurs et leurs distinctions… Bien avant ces écrivains, d’autres déjà subissaient les mêmes rejets, comme si cela pouvait guérir d’une frustration dont on est seul responsable… Et l’Afrique se plaît à séjourner dans ces égarements…
Alors, prenons une seconde, le temps de cette journée, la 29e depuis son établissement, pour nous interroger sur la valeur de l’écrivain africain…
Bien avant ces écrivains, d’autres déjà subissaient les mêmes rejets, comme si cela pouvait guérir d’une frustration dont on est seul responsable… Et l’Afrique se plaît à séjourner dans ces égarements…
Alors, prenons une seconde, le temps de cette journée, la 29e depuis son établissement, pour nous interroger sur la valeur de l’écrivain africain…
Puisque l’Afrique sait reconnaître dans l’action de l’autre des choses peu valeureuses, pourquoi n’avons-nous pas notre propre institution capable de porter les choses comme nous les voulons…
Quelle est la place de l’écrivain africain au sein de sa propre communauté… Devra-t-il attendre d’être reconnu par l’extérieur pour être un exemple… Est-il nécessairement contre l’Afrique quand l’extérieur le sacre… Et l’extérieur, il est si libre d’orienter sa barque selon son vent, d’accoster où il lui plaît de parader son armature et d’y inviter qui sied à son confort…
S’il faut parler d’encre, la fluidité de celle qui coule en Afrique est incontestable et sa crédibilité ne fait aucun doute ; elle est riche au même titre que n’importe laquelle peu importe sa source, car elle s’acharne au labeur contre les saisons et leurs caprices, descend les océans les plus bas et monte les sommets les plus hauts, par les cœurs et les âmes, pour ramener de cette lueur qui en fait toujours un héritage que l’on célèbre à la bonne heure…
Prenons cette journée, et demandons-nous ce que nous ne faisons pas contre notre patrimoine… Lui donnons-nous les outils qu’il faut à ses mains… La nouvelle scène littéraire africaine a-t-elle des repères qu’elle s’est bâtis… Que faisons-nous des initiatives locales… En rions-nous ou les aidons-nous à s’établir… Et ces autres qui entreprennent, sont-ils disposés au labeur et à la patience… Que les réponses soient honnêtes et ouvrent à notre présent la perspective d’un lendemain dont les murs porteront l’histoire indélébile de la noblesse de notre Littérature…
Journée de l’écrivain africain… Qu’avons-nous pour la célébrer… Qu’avons-nous à célébrer… La 30e rugit déjà au loin, bientôt elle sera au cœur de la savane… En serons-nous toujours là, enchaînés à nos envies cannibales, ou alors aurons-nous enfin marqué ce pas qui fera de nous cette communauté laborieuse que pourtant nous sommes… dans le fond… Créons l’Afrique que nous rêvons ou alors taisons-nous, par respect pour nos frères et sœurs qui œuvrent, peu importe le coin qui les héberge, à offrir à l’Afrique cette valeur qu’elle se refuse… S’opposer sans rien proposer, sans se disposer au labeur, c’est aussi infertile que le désert qu’un tel esprit vient exposer…
Excellente Journée de l’Ecrivain Africain…
Ray NDÉBI, traducteur / auteur / agent littéraire (Ônoan) / analyste littéraire camerounais







Laisser un commentaire