Les 5 questions posées à Christine ELONG, auteure camerounaise

Bonjour, chère auteure ! En plus d’être actrice du livre, qui est Christine ELONG ?

Bonjour ! Christine Elong est une Camerounaise passionnée de belles-lettres. Elle est multi-casquettes. En plus d’être écrivaine, je suis un peintre autodidacte à mes heures perdues. Tout comme le dessin, ma passion pour l’écriture est née avant moi. (Rire). J’ai une certaine prédisposition à modeler tout ce qui me passe par la main. Je prends plaisir à créer des scènes, à attribuer une âme à chacun de mes personnages, à donner vie à tout ce qui m’entoure.


Votre dernier roman, «Piégée par mon sang», a paru en 2019. Quelle est sa cible et son message ?


« Piégée par mon sang » est le récit du parcours d’une maman héroïne et téméraire face à un destin intrépide, que j’ai choisi de raconter au plus grand nombre. La particularité ici est la connexion entre les différents personnages qui semblent avoir tous ou presque un destin damné. Le livre peut être destiné à tout public. Bien que le but premier soit celui de sensibiliser les jeunes en âge de se marier, en particulier ceux d’origines africaines, antillaises, maghrébines, indiennes face à ce tueur silencieux qu’est la drepanocytose. Une maladie tabou mais ô combien traumatisante qui tue nos enfants et nous laisse dans une triste impuissance.


«Piégée par mon sang» parait en autoédition. Vivant en France, quelles sont les réalités de ce type d’édition dans ce pays ?


Le monde de l’édition en général étant très complexe, l’auto-edition se présente comme une alternative pour tous ceux qui veulent se faire connaître sans passer par le canal habituel qui est celui des maisons d’édition. C’est en quelque sorte une expression de la liberté, la marche vers l’independance. Avec l’auto-edition, les règles ne sont plus dictées par les mêmes. C’est surtout l’occasion pour l’écrivain de suivre de près le processus de la création et l’evolution de son œuvre. L’auto-edition met en exergue la dualité dans la liberté de l’auteur par rapport à ses choix et celle que l’on retrouvera ensuite dans les écrits.
De plus, avec la montée en puissance des réseaux sociaux, l’auto-edition devient un adversaire de taille qui pourrait rivaliser et trouver une place de choix dans le monde de l’édition. L’intérêt et l’engouement dans le monde de l’auto-edition vont grandissants grâce surtout à la prise de pouvoir des GAFA qui, virtuellement, rendent accessible tout ce qui jusque-là était caché.

En Amérique, en Afrique comme en Europe, les trappes sont désormais ouvertes à tous les écrivains connus ou pas. Aujourd’hui, il devient possible pour chacun de se lancer dans ce monde qui, il y a quelques années encore, n’accueuillait que certains privilégiés et laissait mourir incognito des grandes plumes. Pour moi, une oeuvre ne se mesure pas à la puissance de la maison d’édition qui la publie. J’invite par là tous les lecteurs à s’intéresser aux œuvres autoeditées, on y retrouve des trésors cachés.


Avez-vous une idée de comment est accueillie la «littérature camerounaise» en France ?


Le Cameroun est une terre de champions, une terre bénie qui tire son épingle du jeu dans presque tous les domaines, parmi lesquels la littérature. Un pays qui ne cesse de parler de lui à l’international grâce aux exploits de ses fils dispersés à travers le monde. Nous nous rappelons d’ailleurs le prix Goncourt des Lycéens remporté par Djaïli Ahmadou Amal, Camerounaise, pour ne citer qu’elle. Une grande bouffée d’oxygène qui a contribué à booster jeunes et moins jeunes amateurs de lettres. Une victoire remportée en France et saluée aussi bien par les français que par tous ses compatriotes.
Enfin, dans plusieurs villes françaises sont organisés chaque année de manière suivie des rencontres qui promeuvent la littérature africaine où se retrouvent toujours une belle brochette d’auteurs camerounais; quand ce ne sont pas ceux-ci les initiateurs.

Tout compte fait, les dés sont jetés et l’intérêt est grandissant autour du livre. De plus, il y a de belles perspectives en vue.


Vous avez un projet littéraire et vous pouvez choisir un.une acteur.trice du livre africain pour vous aider à le mettre en place. Qui choisissez-vous ?


Ma préférée serait Imbolo Mbue. Je vous remercie.

Merci chère auteure. Nous vous souhaitons une Plume toujours mouillée d’encre.

Linelitt’

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