D-LIVRE : Entretien avec Nincemon FALLE, auteur ivoirien, Prix Voix d’Afriques 2024



S’il y a bien une chose qui manque à la littérature ivoirienne, c’est le marketing.



Bonjour, Nincemon FALLE et merci de vous prêter à ce jeu de questions.
Vous êtes, depuis le 20 février 2024, le Prix Voix D’Afriques, ce prix promu par RFI et Les Editions JC Lattès en partenariat avec La Cité Internationale des Arts à Paris. Ces soleils ardents est votre roman qui vous a valu ce sacre. Vous êtes un Ivoirien de 22 ans, vous vivez à Yopougon et vous êtes Graphic designer. Vous êtes passionné de bandes dessinées, mais vous avez choisi la fiction pour vous exprimer.


Nincemon Fallé, qu’est-ce que cela fait d’être le Prix Voix d’Afriques 2024 par le roman ?


Vous imaginez bien que je suis très heureux et fier de recevoir ce prix, qui représente à la fois un billet d’entrée non négligeable dans la sphère littéraire et un premier gage de légitimité. C’est tout simplement un rêve éveillé. Je regarde tout cela d’un œil amusé et avec une certaine distance, comme si je ne réalisais pas encore complètement qu’il s’agit bien de moi.

« Ces soleils ardents » met en exergue l’amitié entre deux Ivoiriens, leurs attentes… Nincemon Fallé, racontez-nous les contours de « Ces soleils ardents ».


Ce roman est d’abord une conversation que j’ai initiée avec moi-même, confrontant à la fois mes plus grandes insécurités et celles que j’observais chez les jeunes de ma génération. J’avais le sentiment qu’ici on ne parlait pas réellement de ce moment de flou, cette ligne trouble entre l’enfant et l’adulte. C’est devenu une sorte d’obsession de créer des personnages qui surmontent cette période d’incertitude et se construisent en tant qu’adultes, sans trahir leurs rêves. Iro et Thierry sont les deux faces d’une même pièce, et cette amitié parfois difficile est aussi ce qui les aide à avancer, car justement ils se renvoient leurs propres expériences comme des miroirs.

Avez-vous des petites manies ou un procédé d’écriture particulier lorsque vous écrivez ?


J’en ai tellement, un peu comme tout écrivain, je pense. Je peux citer le fait que je trouve toujours le titre du livre avant même d’avoir réellement l’histoire. Je n’écris jamais sans avoir quelque chose de sucré et de doux à côté, un petit gâteau, un jus de fruits. Je lis aussi beaucoup quand j’écris, car cela fait du bien de sortir de ses propres mots pour se plonger dans ceux d’un autre auteur ou autrice.

Comment décrivez-vous la littérature en Côte d’Ivoire ?


Florissante. Pendant longtemps, je n’ai lu que des livres ivoiriens avant de m’ouvrir radicalement à la littérature étrangère. Après, rien n’est parfait. Le milieu de l’édition se développe lentement, peut-être trop lentement. Le public ne suit pas forcément, car on associe encore trop la littérature à l’école, à une corvée. Je dirais que s’il y a bien une chose qui manque à la littérature ivoirienne, c’est le marketing.

Lisez-vous les jeunes auteurs d’autres pays d’Afrique ? Lesquels ont marqué vos expériences de lecture ?


Beaucoup d’auteurs du côté du Nigeria. Le plus récent que j’ai lu, c’est Chigozie Obioma. Son premier roman, « Les Pécheurs », m’a bouleversé comme rarement un livre ne m’a bouleversé.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes auteurs et aux auteurs en herbe ?


Lisez beaucoup. Notez toujours vos idées, la moindre étincelle d’intrigue peut donner lieu à de grandes histoires. Ne sacrifiez jamais l’écriture pour rien au monde. Certains écrivains aiment planifier tout dans le détail, et d’autres se laissent porter par leurs personnages, mais quelle que soit la catégorie dans laquelle vous vous trouvez, il est important d’apprendre les bases de l’écriture, et pour ça, Google est votre meilleur ami.

Quelles sont vos attentes en tant que Prix Voix d’Afrique ?


C’est le début d’une grande aventure, je l’espère. Comme j’espère que les lecteurs se reconnaîtront en mes personnages.

Votre dernier mot pour le jury du Prix Voix d’Afrique 2024, pour les promoteurs et les acteurs du livre en général ?


Merci de m’avoir lu. Merci de donner la chance à de nouvelles voix d’éclore et de continuer de croire en la littérature africaine. Ce n’est que le premier roman.

Nous vous remercions pour votre participation.

Propos recueillis par P.O.




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