ASTUCES ET TRUCS –  Compte d’auteur : Un piège (?)

Le principe de l’édition à compte d’auteur consiste pour un auteur à faire appel à un support d’édition ne prenant en charge que l’aspect technique de l’impression, de la fabrication et de la diffusion.

Pour qu’il n’y ait ici aucune ambiguïté, l’éditeur à compte d’auteur n’assure pas de relecture du manuscrit. Se bornant à être prestataire technique, il ne prend financièrement en charge ni les frais d’impression, ni les frais de diffusion. Il laisse l’auteur gérer seul, en toute connaissance de cause, la partie éditoriale de son œuvre. En d’autres termes, l’éditeur à compte d’auteur ne prend en charge aucune dimension concernant le contenu, ni la valeur du produit. Il ne prend donc aucun risque, puisqu’il les délègue à l’auteur. Il se rémunère sur les prestations techniques, et sur une part des ventes éventuelles.

Un auteur peut être prêt à tout pour être publié, peut-être parfois par vanité. Dès lors, il n’y a aucun filtre de #qualité du texte ici.

Plus ennuyeux, un éditeur doit, au cœur de son métier, faire du conseil. Comme c’est lui qui prend tous les risques, il a tout intérêt à ce que l’auteur lui présente un produit parachevé. Il est compétent pour orienter ce métier de l’écrivain, conseiller, faire retravailler, réécrire, bref, donner toutes les chances à l’auteur de réussir sa publication. Dans le système à compte d’auteur, cet aspect qualitatif fondamental n’existe pas du tout. Ainsi, un éditeur à compte d’auteur peut publier n’importe quoi de la part de n’importe qui – ce qui n’est pas toujours le cas. D’autre part, la force d’un éditeur traditionnel, dit à compte d’éditeur, est de profiter de réseaux de distribution et de communication aguerris. Ceci provient de l’exigence qualitative des manuscrits acceptés à la publication. Comme ce n’est pas le cas chez les éditeurs à compte d’auteur et comme les moyens financiers de l’auteur sont souvent limités, l’édition risque non seulement d’être confidentielle au nombre d’exemplaires, mais aussi de subir une diffusion tout aussi limitée. L’auteur risque de payer très cher une édition qui ne se vendra pas.

Dès lors : aucune diffusion, aucune promotion ni communication, aucune relecture ni aucun conseil éditorial assortis d’un coût important d’engagement pour l’auteur, d’une rétribution médiøcre en droits d’auteur (sur des livres invisibles par le public) et parfois d’une obligation à racheter les invendus, font de l’édition à droit d’auteur une véritable épreuve qui rendra l’auteur très seul et probablement dégoûté à vie de l’écriture.

📍📍 Dans tous les cas de figures, il vaut mieux être patient et retravailler son manuscrit avec un bon conseil extérieur et qualifié, plutôt que se lancer à corps perdu dans l’illusion d’une « édition » qui vous écœurera à vie de cette chose merveilleuse et essentielle qu’est l’écriture.

L’article complet ici ⤵️
https://www.plume-escampette.com/edition-a-compte-d-auteur-le-piege/


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