Les 5 questions posées à Alain Serge DZOTAP, Camerounais, poète, écrivain pour les tout-petits et les petits, animateur d’atelier d’écriture pour les petits 

Bonjour, Alain Serge DZOTAP. Nous savons déjà que vous êtes un acteur du livre jeunesse, nous vous laissons vous présenter plus amplement.

Est-ce vraiment important que l’on sache qui je suis ? À mon avis, non. Mes livres sont plus importants que ma pomme. Lisez-les à deux yeux émerveillés ou à plusieurs yeux complices !


Une question peut-être rhétorique : pourquoi le livre jeunesse ?

Je suis né à Bafoussam, dans une maison sans livres, dans une ville sans bibliothèques. C’est dans mon livre de français que je découvre, à l’école primaire, que les livres, aussi, racontent des histoires (parce qu’à la maison, on en racontait) ! J’en suis fasciné ! Plus tard, alors que j’ai maîtrisé la lecture, il est impossible d’assouvir ma soif par manque de livres. Alors, j’étais obligé de chercher des histoires où je pouvais en trouver, c’est-à-dire dans les livres de lecture hors programme et dans lesquels il y avait toujours des contes. Ce manque m’a habité pendant longtemps. Je crois que j’écris pour donner des histoires à lire à l’enfant que j’ai été, qui n’a pas eu de livres, petit.

Vos livres sont tous (ou presque) édités en Occident. Un choix ou le choix ?


À ma connaissance, il n’existait que deux éditeurs qui s’intéressaient à la littérature jeunesse, Akoma Mba et Clé. Le paysage éditorial camerounais était donc bien trop pauvre pour accueillir tout le monde. J’ai fait le choix de me tourner vers la France où il y avait un vrai marché et une véritable culture du livre jeunesse. Je devais écrire, à partir de Bafoussam, des histoires pouvant intéresser le public d’un éditeur hexagonal en même temps que des lecteurs africains, américains, asiatiques, etc. Je pense avoir réussi ce tour de force. Et ça ne s’est pas fait en un tour de main !

Aujourd’hui, quelle analyse faites-vous du secteur de la littérature jeunesse au Cameroun ?

Il y a de belles initiatives ici et là. Mais à mon avis, il y a encore énormément à faire pour atteindre un certain niveau de qualité et d’exigence. Akoma Mba, sous la houlette du passionné Robert Nkouamou, se démène pour produire d’assez beaux albums… à perte, probablement. La jeune maison d’édition d’Armelle Touko, Adinkra Jeunesse, apporte un souffle nouveau à ce secteur au Cameroun ! J’aurais souhaité rencontrer une éditrice comme ça à mes débuts. C’est une éditrice pleine d’énergie et de projets innovants. Je suis certain qu’elle améliorera et enrichira davantage son offre éditoriale pour le bonheur de nos jeunes lecteurs !

Vous préparez une tournée littéraire auprès des tout petits au Cameroun. D’après vous, quelles sont les cinq principales choses à faire pour intéresser les tout petits à la lecture ?

Commençons par rendre le livre visible et disponible et on pourra en reparler. Pour l’instant, l’offre éditoriale jeunesse est infime au Cameroun.

Alain Serge DZOTAP, merci de nous avoir accordé votre temps.

Linelitt

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *