Petit détour… Trauma de Clotilde ATOGA


Les séquelles générées par les affres de la guerre s’enracinent fermement dans les esprits au point où s’en défaire devient un parcourt du combattant. C’est cette allégorie que l’auteure présente allègrement dans son œuvre TRAUMA.

Trauma qui a paru aux Editions Légilia en  2022 est produite dans un contexte de guerre qui dépeint avec maestria le retour psychique d’un traumatisme post guerre chez un soldat ou tout individu victime de la guerre.


La dextérité de l’artiste se campe dans un style au profil d’expert, sans publicité. La description est l’étalon de base de la technique d’écriture. L’auteure nous fait découvrir, comme dans nos mémoires de jeunesse, les miasmes du village natal avec le retour triomphant de Daniel, son personnage principal.


Il y a tout un mélange artistique qui plombe le lecteur dans une symphonie des arts comme dans un spectacle d’opéra. L’art picturale avec un enchantement descriptif qui peint avec une emphase hyperbolique le parcourt de Daniel vers les siens. En mettant en scène une végétation pittoresque et quasiment nostalgique. En peignant une voiture de brousse, frêle et délabrée qui porte huit personnes et qui ne passe qu’un jour par semaine, l’auteure nous fait humer l’odeur d’un voyage vers nos campagnes de l’arrière-pays. Par cette description, elle replonge le lecteur dans les lointains pays perdus de nos campagnes. Où les accès sont d’un marasme routier inexplicable dans un contexte où le ravitaillement des villes parfois dépend de ces zones de bas fond.


Cette entrée descriptive est sujet à une projection du lecteur dans un univers où la quête du héros est loin d’être achevée. TRAUMA est une œuvre qui permet à l’auteure de ressortir avec presqu’exactitude chaque coin et recoin d’un environnement troublant et sanglant où s’entremêlent des sentiments de choc et des émotions rudes et révoltantes. C’est l’expression d’une littérature garnie dans l’image de la tragédie qui résulte de la belligérance entre deux parties dont les dégâts collatéraux sont plus importants que le but à atteindre. Quel TRAUMA !


La perte d’un être cher est l’expression même d’un trouble psychologique qui frise la démence. Le traumatisme est inévitable. A la vue du sang qui coule au sol, sortant des entrailles des membres de sa famille, le héros Daniel ingurgite le goût amer de ses tripes au fond de son estomac. Quelle douleur pour qui est confronté à un pareil spectacle !

TRAUMA n’est pas une œuvre qui raconte une histoire, mais une histoire qui fait revivre une scène, deux voire trois… plusieurs pourquoi pas. Scène de choc, scène de douleur, scène traumatisante…
Dans sa narration l’auteure enrichit le lecteur d’espoir, cet espoir qui scande l’idéal d’une aventure à l’issue capitale. L’espoir de la découverte d’un vaccin à la maladie de la guerre, l’espoir de soigner les victimes, militaires ou civiles, des affres de la guerre. C’est cet espoir que Daniel ressent à l’absence de sa fille : sa vie, son espoir, sa raison de vivre, dans ce bain de sang familial. Dans cet épisode de TRAUMA, l’auteure nous apprend que l’issue de la guerre n’est pas toujours capitale. L’auteure nous offre la possibilité d’y remédier. Et c’est dans cette optique que l’on se rend compte et avec finesse que l’intrigue en elle-même est une énigme dont la réponse se trouve dans les dernières pages de l’histoire.


Au-delà de la richesse linguistique et artistique du texte, l’auteure laisse un goût d’inachevé au lecteur que je suis. Dans une rapidité et une ponctualité donc la maîtrise de la technique l’incombe, l’auteure va directement sur le fait en étanchant sa soif d’écrire. Son aventure, malheureusement pour moi, s’achève sur une bagatelle de lignes prématurées, me laissant surpris par une fin aussi rapide. Le style est tellement aguichant qu’on a du mal à comprendre pourquoi le texte finit aussi vite. On est tellement accroché au récit que la fin nous effraye car rompu sur la fin de la suite, et surpris du volume de l’œuvre quand on s’attend à déguster le style plus amplement. On a encore faim de la suite. Si j’avais l’occasion de rencontrer l’auteure, je lui dirais en face, « chère artiste, fais-nous encore durer le plaisir, on attend impatiemment la suite. 


Trauma sera en dédicace ce 02 juillet à Yaoundé, au centre culturel ASAMEL. Contact : +237 697361119

Michel Paulin ASSIENE

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