Auteur/autrice : ACOLITT

  • ETRE AUTEUR.E : Le choix des ténèbres (?)

    Quand il lui vient d’écrire, l’auteur sombre dans un profond sommeil. Il descend aussi bas que lui permet son potentiel, dans des zones toujours inexplorées de sa personne, jusqu’à ce qu’il rencontre quelque chose de dur, de froid, d’infranchissable. Il ne peut pas voir ce que c’est, mais il devine que c’est un mur ; là, dans le monde du très-bas, les yeux ne servent pas.

    Ecrire, c’est alors choisir le cours des tén_èbres, l’encre épousant la disposition de la plume au moment où elle entame sa danse : d’abord le courant d’une rivière dont les cascades devront finir par céder le lit au calme, ensuite la fierté émancipée d’un lac, puis les abysses impénétrables et sans fin d’un océan. C’est exactement au croisement des infinis que prend vit le mot, celui qu’on retient et qui traversera le temps, quand la main se sera longtemps ridée et épuisée.

    Si le moment le plus obscur de la journée est minuit, alors, pour l’auteur, il est toujours minuit. Il cesse d’être en paix avec lui-même et avec le monde quand son premier mot se dessine sous ses yeux. Est-il le bon ? Dit-il fidèlement ce qu’il pense, son inspiration… Est-il assez écrit pour les autres ? Le comprendront-ils… L’accepteront-ils… Elle est intense alors, la cascade ; entre les pierres engendrées par la peur et ses hésitations, le flot essaie de se trouver une voie. Tourbillons et tempêtes font tellement trembler la plume que bien souvent elle faiblit et se noie, n’offrant alors à la lecture qu’un spectacle d’après-apocalypse, une désolation telle qu’on imagine la reconstruction impossible. Elle le sera si la plume ne s’arrête pas pour considérer la plus grande source de ses tourments : ses mots…

    L’écriture est noire comme l’infini, et noire comme les possibilités qu’elle offre de se libérer des énergies basses et comprendre ce qu’elle représente…
    Au moment où ils se retrouvent au plus bas de leur potentiel, certains auteurs prennent cette position pour le bas de l’échelle dans l’ordre des écrivains ; mais qui a établi cet ordre, si ce n’est leur propre imagination. Le seul ordre est celui établi à l’intérieur de soi-même. Va-t-on accroître son propre potentiel, ou essayer de mesurer celui d’un autre… Dans le second cas, on se lac_ère dans ses propres cascades, entre les pierres de plus en plus tran_chan_tes.
    Ecrire, plutôt que de mettre son auteur en lumière devant une foule en liesse, le plonge dans ses tén_èbres face à lui-même, afin qu’il se réalise en apprenant le plus possible de ses limites. Moins il cherchera la lumière avec cet empressement qui caractérise les jeunes plumes, plus il se rapprochera de son mot, sa ligne, sa page, son livre… son public. Mais plus jamais il ne connaîtra la lumière, puisque ce n’est qu’une ombre de lui qui se glissera désormais au soleil des trop-vivants…

    Puisque nous n’avons donc que le choix des té_nè_bres, autant les vivre avec la plénitude de notre volonté : celle d’offrir le meilleur de nous-mêmes au Livre. Le meilleur de notre encre… le meilleur de notre nuit…


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  • L’ECRITURE : UN AMAS DE CODES (?)

    L’entre-deux mondes, le point de rencontre le plus bas entre l’auteur et l’univers ; où les yeux sont aussi inutiles que les mains qui cherchent des formes auxquelles s’accrocher ; où les voix sont tues et seul le langage des souffles est libéré ; où ce sont les ombres qui dessinent la lumière… Ce point est le silence entre l’inspiration et l’expiration, le trou noir entre la pensée et l’action, ce qui vient à l’auteur et ce qu’il écrit…

    Cet univers est le cœur du point zéro entre moins l’infini et plus l’infini ; c’est une porte qui, à la lecture comme à l’écriture, ne s’ouvre qu’un temps encore plus bref que le clin d’œil… De là vient une expression qui donne à la matière une dimension qui fait dire de certains textes qu’ils sont hermétiques, dangereux même ; on en est même venu à craindre certains écrivains pour leur vision des choses. Il est vrai que beaucoup, réunis en cercles particuliers, définissent des moyens de communication propres à leurs perspectives ; ceux-là peuvent se reconnaître à travers le monde à la seule lecture d’un texte, puisqu’ils décryptent aisément le message disposé dans un langage qui échappe au lecteur non-initié (à leur signes et symboles, ou à cette pratique si spéciale).

    Nous ne nous posons aujourd’hui qu’une question : qu’est-ce qui rend des codes crédibles ? Cher auteur, autant être fixé tout de suite : l’écriture avec des codes ne fait pas recruter dans une société secrète. Elle ne rend pas plus fort qu’un auteur qui n’en use pas. Plusieurs plumes sont certaines d’écrire dans un langage incompréhensible, mais peu (de la poésie surtout) réalisent qu’elles n’y sont pas. Alors, essayons de comprendre cette dimension que l’on veut si complexe.
    Commençons par ce que le code n’est pas :

    📍 La complexité de la métaphore : l’auteur doit s’assurer que ce qu’il écrit est déjà compréhensible de lui-même ; il ne faut pas attendre du lecteur qu’il comprenne ce qui dépasse l’auteur… Quand on commence son explication par « j’ai/l’auteur a voulu dire que », on n’y est pas…

    📍 Une image isolée dans un texte : c’est l’ensemble qui donne de la validité à ce que l’on perçoit ; c’est le contexte qui produit ses symboles, pas la préférence de celui qui écrit…

    📍 Un mot : pour réaliser une clé, il faut composer un ensemble ; la formulation (disposition) d’une phrase proportionnellement au contexte et à l’idée générale, fait évoluer la lecture vers d’autres cieux où s’explique aisément ce qui est proposé…

    📍 Une création détachée de l’auteur : comme on lit beaucoup, comme on reproduit aussi, bien malgré soi, parce que cela est déjà inscrit comme acquis ; il devient alors facile de se mesurer à son écrivain préféré en utilisant exactement ses formulations sans son contexte et son âme…

    📍 Une barrière à la compréhension élémentaire d’un texte : si le fil ne peut pas être suivi, le texte est tout simplement à reprendre…

    📍 La prétention de l’avoir écrit : bien trop souvent, on est certain que tout est hermétique, pourtant il n’en est rien…

    Rappelons ensuite que le code est une relation personnelle, très intime entre l’auteur et la nature ; c’est ce qui lui confère la grande simplicité de sa présentation. Les clés sont des objets simples composés avec des particules simples, elles sont faites pour des portes simples derrière lesquelles se trouvent des choses encore plus simples.

    Ceci nous porte enfin vers une question très simple : pourquoi s’encombrer de « codes »… En laissant l’écriture être, non seulement elle n’égare ni le lecteur ni l’auteur lui-même, mais elle se présente naturellement. L’auteur est assis tout seul dans son coin et se bat comme un démon pour rendre son texte incompréhensible, pourtant il n’a rien à masquer ; la seule chose qu’il gagne, c’est de perdre (dans tous les sens du verbe) des lecteurs, et se consoler d’être au-dessus des autres, puisqu’il dit être le seul à se comprendre (s’il y parvient).
    Quant à celui qui veut décrypter un texte, il n’a pas à se torturer cervelle pour essayer de comprendre une pièce du puzzle ; en mettant toutes les pièces sur la table, avec patience et calme, il finit par rejoindre la pensée de l’auteur… Rien n’est à chercher en dehors du contexte…
    Mais avant, il faut vérifier deux choses :

    📍📍 On est bien face à un code ; pas la peine de voir un ciel bleu dans un ciel gris quand il ne demande qu’à rester gris ce pauvre ciel…

    📍📍 On a intérêt à déchiffrer ce code ; la vie est très courte ; pourquoi la ruiner avec les simples caprices d’un auteur sans trésor…

    Les codes les plus grands et les plus vrais sont ouverts… C’est pourquoi on ne les trouve pas… L’idée de leur présence aveugle celui qui entreprend de les chercher. Un petit conseil très utile : lisez et écrivez comme cela se présente… Là est la clé.

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  • FACE À NOS AUTEURS AVEC NADINE NKENGUE

    Nos jeunes critiques Diagayete Bah et Laura Djamkou nous ont fait vivre un moment riche en émotions parfois divergentes, pour notre plus grand bonheur…

    Invitée à répondre à plusieurs questions sur son roman « UNE VIE D’ÉTUDIANT », Delphine Aimee Nkengue a su nous ramener à un passé que le présent continue de conjuguer dans nos universités…
    Écrit quand elle y est encore, ce manuscrit attend des années pour rejoindre les Editions Proximité et paraître en mars 2016… Dire que l’auteure avait déjà cette plume… ce regard qui s’évapore devant un sujet pour renaître de son essence…

    Josée Ambadiang Meli et Ekele Jean Michel ont donné à l’échange une dimension et une trajectoire nouvelles…

    La lecture de ce jour a salué cette plume, non sans rappeler combien l’édition doit encore plus travailler, les auteurs aussi, afin d’atteindre l’encre sans épines qu’on ne craindra plus de boire, et à l’ivresse…

    Quant à nous, nous en avons encore beaucoup appris… Comme à chaque sortie…

    L’équipe ACOLITT est toujours là, à cette croisée où les ruisseaux n’ont pas besoin d’être des océans… puisqu’il leur suffit d’être des ruisseaux… d’authentiques ruisseaux…

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  • ACOLITT et Diane Annie TJOMB à la CNPS – Douala

    Diane-Annie Tjomb, l’auteure de deux romans : « Liaa : rencontre avec l’étrange », « TUBA B : celle qui possède la force » et une nouvelle « Un avenir strangulé », était l’invitée de la CNPS – Caisse Nationale de Prévoyance Sociale – Direction régionale (Littoral, Sud, Ouest), Bonanjo, pour le premier café littéraire organisé par le club de lecture, le 20 juin 2024.

    Face au Directeur régional, M. BIBOUM, des chefs de centres et des autres employés, tout aussi passionnés, de la région, et des auteurs de la ville de Douala dont la présence a été saluée, Pauline Ongono littérature a ouvert la rencontre avec une ingénieuse présentation des trois textes à l’honneur, en insistant sur les liens qui les unissent et fondent leur écriture.

    L’échange avec Diane-Annie Tjomb, mené par Ray Ndébi « The Ghost », a entraîné le public dans les coins les plus reculés de cette plume qui a répondu avec la même simplicité qui caractérise les lignes qu’elle propose à la lecture. Nous avons ainsi découvert une intimité sobre entre l’auteure et sa culture, une passion que plus rien ne semble capable d’arrêter.

    Liaa, Tuba et Lédes, personnages principaux de ses trois productions, ont tant séduit le public qui ne tarissait plus de questions.

    Après deux heures de café littéraire, les échanges ont vivement continué autour du verre d’amitié, lui aussi généreusement partagé.

    Acolytes de votre ACOLITT, d’autres grandes rencontres sont en cours.




  • Littérature et politique : Quel rapport ?- ACOLITT sur le plateau de InfoTV

    24 juin 2024 – DE 15H À 16H30 SUR InfoTv Cameroun

    « Le Boulevard de la Culture », émission animée chaque lundi par Francine Ateba, a reçu Pauline ONGONO (présidente de ACOLITT) et Parfait ONGUENE (homme politique et l’auteur de « S.E. Paul BIYA, le leader invétéré de la jeunesse camerounaise (1982…)) ».

    Il était question de montrer le rôle de l’écriture dans le jeu politique, de présenter les différents canaux de communication pour que la cible soit atteinte, et bien d’autres points.

    Revivre l’émission ici :
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  • ACOLITT VERS LE LIVRE A BAFOUSSAM

    « Acolitt est arrivée à l’Ouest comme un soleil pour dissiper les ténèbres », avons-nous entendu d’un notable, au bout de notre rencontre avec les acteurs du Livre qui ont pu faire le déplacement le 29 juillet 2024, au restaurant La Citadelle où nous tenions une première rencontre pour exposer notre vision globale du Livre, pour la région de l’Ouest.

    Avant cet évènement, nous étions à la bibliothèque LE GRAND SALON, invités au même titre que Régine Nadège Ekodo Ndjoana et Gerard Ngan du Festival Pousse – Pions, pour notre observation de la scène littéraire camerounaise, notamment celle de Bafoussam et sa région.

    Ces deux intenses séances de travail nous ont permis de rencontrer des passionnés chérissant une foi singulière. Nul doute que le Livre aura des jours encore plus heureux et dynamiques surtout.

    L’équipe Acolitt, représentée par Ray Ndébi et Pauline Ongono littérature, a passé un autre cap à travers ce voyage au cœur des Plumes et du Livre.

    Voyager, toujours aller vers l’encre, peu importe où elle coule, pour une Littérature dynamique.




  • ACOLITT et les basketteurs de Odza Basketball Academy

    Depuis le début des vacances scolaires, ACOLITT tient des ateliers de lecture, une fois par semaine, auprès des apprenants de Odza Basket-ball Academy.

    Cette académie ayant une vision « Sports – Études », souhaite (re)connecter ses apprenants avec les mots, car savoir lire, c’est la base pour la majorité des apprentissages, voire tous.

    Sous la coordination de Liza Pierrette de l’équipe ACOLITT, ce 23 juillet 2024, les apprenants dont les âges varient entre 04 et 18 ans ont lu Ma passion perdue de la Camerounaise Line Kamite et la dernière sortie de La savane à fables du Guinéo-Malien Solo Niaré.

    Qui a dit que les jeunes n’aiment plus lire ?
    La lecture a besoin qu’on la porte vers les cibles. Essayez… et vivez la magie !

    📍 ACOLITT reste disponible pour des ateliers de lecture, d’écriture, de relecture, de communication littéraire et de traduction littéraire.
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com