«Je conseille aux jeunes plumes africaines d’expérimenter l’abnégation, l’instruction, la culture, les voyages, et l’humilité.»
Bonjour, madame et merci de nous accorder votre temps.
Bonjour madame. C’est moi qui vous remercie pour l’opportunité que vous m’offrez en me recevant ici.
Vous êtes auteure, enseignante d’université, l’actuelle présidente de l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire (AECI). Que pouvons-nous savoir de plus sur vous ?
Vous savez déjà l’essentiel sur moi. (Rires). Je vais cependant ajouter quelques éléments. Je suis également spécialisée en Communication pour le Changement de Comportements et le Développement Durable et Présidente d’une ONG. J’ai trois œuvres en chantier, sur ma table… C’est suffisant. D’ailleurs, je pense en avoir trop dit ! (Rires).
Vous succédez à Macaire ETTY à la tête de l’AECI. A quelles innovations devons-nous nous attendre ?
En premier lieu, à de la continuité dans les points positifs qui ont marqué les mandats de mes différents prédécesseurs. Il y en a de nombreux. Ensuite, les écrivains, eux-mêmes, détermineront durant des assises, les éléments clés de mon programme d’activités qui leur conviennent et y adjoindront ce qui permettra à l’AECI de faire un grand bond en avant.
Quel est votre avis sur la littérature en Côte d’Ivoire et que décriez-vous ?
Il y a un véritable essor de la sphère littéraire ivoirienne. C’est un excellent constat. Cependant, nous devrons œuvrer pour une meilleure reconnaissance de l’écrivain.
L’AECI aura-t-elle un regard particulier sur les plumes en herbe ?
Les jeunes plumes sont à encourager et à valoriser. Nous l’avons d’ailleurs prévu durant notre mandat.
En tant qu’auteure d’une huitaine de livres, quels sont les cinq conseils d’Hélène LOBÉ aux jeunes plumes africaines ?
Je conseille aux jeunes plumes africaines d’expérimenter l’abnégation, l’instruction, la culture, les voyages, et l’humilité.
Madame LOBÉ, nous vous souhaitons un fructueux mandat.
Je connaissais déjà la poésie d’Angélique grâce à son groupe Facebook « La Marianne Joconde », mais, j’ai eu le bonheur de découvrir, plus attentivement et plus en profondeur, sa plume dans ce recueil qu’elle a eu la gentillesse de m’envoyer.
Plus qu’un simple livre poétique, j’ai découvert des univers multiples qui entrecroisent richesse des émotions, métaphores, jeux de mots, théâtralisation, chansons, confidences et révoltes, emportant celui qui le lit dans un vertige sans fin, tant l’imagination est intense. Quelle joie de goûter à la source de ces textes et d’en apprécier toutes les saveurs, toutes les notes !
Angélique LEROY
De nombreux poèmes m’ont vraiment touchée, dont «La Dédicace à Michael Jackson». Non pas que je sois une grande fan de cet inoubliable chanteur, mais il y a quelque chose, dans cet hommage, qui le distingue des autres, tant il est intense, profond, triste, lucide, et surtout parce qu’il est peint (j’utilise volontairement ce verbe qui caractérise l’ouvrage) avec authenticité. «Disparaître : effet boogmerang !», lui aussi, m’a terriblement émue. Là, j’y ai reconnu un cœur qui saigne, un cœur qui ne demande qu’à battre et qui pourtant cherche à s’éteindre, faute d’être entendu. Tout un chacun, à un moment donné de sa vie, croise cette souffrance. L’envie de disparaître…
Sur un prélude, le déluge, mon refuge : un titre qu’Angélique Leroy ne pouvait pas mieux choisir pour orchestrer une symphonie de mots, de couleurs et de sons. Il s’agit là, bien entendu, d’un tutoiement auquel nous sommes conviés, nous lecteurs, de ces peintures et portraits. Et c’est sur un tapis volant que l’on plonge dans le monde d’Angélique, car se faufile dans les mots, la magie de l’imaginaire qui caractérise la poétesse. Quelle magnifique aventure poétique !
Relecture et correction ? Communication autour de votre livre / évènement ou entreprise littéraire ? Traduction de votre texte écrit en français —–> anglais, chinois, italien, allemand ? Transcription (audio / vidéo —–> texte ) ?
Contacts Agence de Consulting Littéraire (ACOLITT) :
«Composer des textes ou des mélodies rend l’existence plus tolérable à mes yeux…»
Bonjour, Wafa GHORBEL. C’est un plaisir pour nous de vous adresser nos cinq questions.
Vous avez des vies académique, littéraire et culturelle très riches. Et si on vous demandait de vous présenter en peu de mots ?
Je suis universitaire, docteure en Littérature et Civilisation Françaises. J’ai soutenu une thèse de doctorat sur la question du Mal dans l’œuvre romanesque de Georges Bataille. J’ai d’ailleurs consacré une vingtaine d’articles à ce même penseur ainsi qu’à l’écrivaine Marguerite Duras, essentiellement. Je suis, par ailleurs, romancière. J’ai publié deux romans (un diptyque) : Le Jasmin noir et sa suite indépendante, Le Tango de la déesse des dunes. J’ai autotraduit le premier en arabe littéraire.
Je suis de même auteure-compositrice-interprète. Je conçois des spectacles. J’ai traduit de nombreux standards du jazz, chansons françaises et titres universels en dialecte tunisien et en arabe littéraire. Je suis en train de mettre en place un projet autour des œuvres de poètes arabes contemporains.
Composer des textes ou des mélodies rend l’existence plus tolérable à mes yeux…
Vous êtes l’auteure de trois livres dont Le Jasmin noir paru en 2016 chez La Maison Tunisienne du Livre. On parle très souvent de bon.ne.s auteur.e.s. Pour vous qui avez à votre actif cinq prix littéraires, qu’est-ce que signifie «être un.e bon.ne auteur.e» ?
Être un bon auteur, c’est être d’abord un bon lecteur, un grand lecteur, un lecteur passionné et un fin observateur du monde. S’imprégner aussi bien de ces lectures que de ce monde et finir par tisser ses propres histoires, par les construire de bout en bout, par les ficeler en fonction de sa culture et de son imaginaire, prendre plaisir à le faire et à transmettre ce plaisir au lecteur. Être bon écrivain ne consiste pas uniquement à savoir raconter des histoires, à maintenir le lecteur en haleine… Le coiffeur et l’épicier du coin en sont capables.
L’histoire racontée est évidemment importante, mais c’est la façon de le faire qui importe le plus, à mon sens… La subtilité de la langue, les tournures des phrases, la musicalité des mots, la composition de l’ensemble. « De la musique avant toute chose », disait Verlaine. Un bon roman est une peinture musicale de l’imaginaire de l’écrivain qui trouverait son écho dans celui de son lecteur ; une orchestration des mots, des sons, des images ; une musicalisation et une narrativisation synchrones de l’univers.
En plus de vos cinq prix littéraires en Tunisie, vous avez été, à plusieurs reprises, membre de jurys pour des prix littéraires nationaux et internationaux. Que pensez-vous du fait de ne jamais ou presque jamais présenter leurs faiblesses aux candidat.e.s recalé.e.s lors des concours littéraires ? Leur montrer où iels ont »pêché » ne peut-il pas contribuer à améliorer leurs potentiels ?
Je ne pense pas que les « candidats recalés » ou que les écrivains qui n’ont jamais décroché de prix littéraire soient faibles ou qu’ils aient des leçons à prendre des jurés. Ils ne correspondent simplement pas aux goûts littéraires de ceux-ci ou aux critères d’évaluation du prix littéraire en question. Certains grands écrivains n’ont jamais vu leurs œuvres primées. Le seul baromètre de la réussite d’un romancier, à mon sens, est le retour des lecteurs, les échos de lecture.
Comment définissez-vous en cinq mots la littérature en Tunisie ?
La littérature tunisienne est d’abord hétérogène : elle est essentiellement arabe et secondement francophone. Elle traite de sujets très divers. Une partie des écrivains se préoccupe du contexte tunisien (actuel ou passé). Toutefois, la nouvelle génération s’en détache souvent. Nous remarquons l’émergence des littératures de genre (science-fiction, fantasy, roman policier, thriller psychologique…) et j’y vois une rébellion contre une réalité qui ne correspond pas aux attentes de ces écrivains.
La littérature tunisienne est moderne. C’est une littérature du contemporain qui ne verse généralement pas dans la nostalgie des temps passés, sauf exceptions.
La littérature tunisienne se réinvente et se renouvelle. Elle refuse les ismes, les discours identitaires rigides, les clichés, les préjugés. C’est une littérature qui s’intéresse au monde, qui cherche à s’ouvrir, à percer, à se faire connaître, à dépasser les frontières.
Une littérature résistante qui survit aux difficultés éditoriales et lectorales ainsi qu’aux différentes révolutions (numérique, politique, sociale…), voire, qui s’en nourrit.
Wafa GHORBEL
Que pensez-vous de la femme africaine dans la littérature contemporaine.
La femme africaine occupe une place centrale dans la littérature contemporaine. Elle s’éloigne souvent des clichés de sa représentation. Elle est moins effacée, plus affirmée. Elle se rebelle, s’émancipe des traditions et se renouvelle sans cesse. Il s’agit d’une femme à identité-multiple : on ne peut pas vraiment parler d’une femme africaine, ni d’une femme maghrébine, ni d’une femme subsaharienne. Il y a autant de femmes que de pays, et même au sein du même pays, on ne peut pas vraiment cantonner la femme dans un prototype prédéfini. La littérature africaine contemporaine représente un féminin aux mille et une couleurs et saveurs.
Née à Mbanga le 20 janvier 1998 dans la région du Littoral, TSAFOUET DJUIMEGUE Déva-Céleste est titulaire d’une Licence en Assistant-Réalisateur obtenue en 2021, et actuellement poursuit ses études en cinquième année Master 2 en cinéma et audiovisuel option réalisation à l’Institut des Beaux-Arts de l’Université de Douala à Nkongsamba.
En Deuxième Année de ses études universitaires en 2020, elle fonde en le Club Cinéma et Audiovisuel de l’Institut des Beaux-Arts (CCAV). Après avoir travaillé dans quelques projets académiques (films écoles) et effectué des stages académiques au sein des structures telles que la CRTV, Les Films Terres Africaines, Festival Écrans Noirs, Les Éditons L’Ébène, CSAF PRODUCTION, Zili Jungle Studios, etc., elle a pu décrocher un poste de première assistant-réalisatrice dans le feuilleton de 52 épisodes de 26 minutes chacun : «Héroïnes en Cage» réalisé par Marie Julie NGUETSE, et le docu-fiction «Meuvungu» de Jean-Pierre BEKOLO.
En 2021, dans le cadre de sa monographie en vue de l’obtention de son Diplôme d’Étude en Cinéma et Audiovisuel (DECA), elle réalise un court métrage de six minutes intitulé « Un Coup de Trop ». Ce court métrage a été sélectionné pour les Journées du Jeune Cinéaste 2022.
Auteure dans le recueil de poèmes collectif « Lueurs du Matin » publié aux Éditions l’Ébène, TSAFOUET DJUIMEGUE Déva-Céleste a pour ambition d’apporter sa contribution dans le secteur Cinématographique et Audiovisuel Africains en général et Camerounais en particulier.
«On ne peut pas exercer la médecine sans avoir suivi une formation au préalable… C’est pareil pour le cinéma.»
Bonjour, Cyrille MBEUTCHA et merci de répondre à nos cinq questions.
Que représente le cinéma pour vous ?
Le cinéma, c’est ma vie. Je ne pratique et ne vit que de ça. C’est même une obsession ; je ne me vois pas embrasser autre chose que le cinéma.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon scénario ?
C’est tout simplement celui qui est original, qui sort du lot. Un bon scenario c’est celui-là qui a une vision, un peu comme la série «24H chrono» dans laquelle on a vu, dans les premières saisons, un Noir à la Maison Blanche, et quelques années plus tard, cela s’est produit dans la réalité. Je peux aussi citer le film «Contagion» qui présente une maladie et ses symptômes semblables à ceux de la COVID-19. Voilà de bons scénarios ! On se projete dans le futur en observant la société actuelle.
Parlant de scénario, votre film, «Le pacte», fait partie de la vingtaine retenue pour la cinquième édition des Journées du Jeune Cinéaste qui se dérouleront du 11 au 14 août 2022 à Yaoundé. Sans toutefois spoiler, de quoi parle ce film ?
Il est dit dans la bible qu’au commencement était la parole; on nous démontre là le pouvoir, la puissance de la parole ! «Le pacte» ressort les conséquences de cette Parole énoncée lorsque des gens font face à certaines situations ! C’est une interpellation aux personnes qui se font des promesses à la volée ; ces gens qui prennent des engagements pour après être confrontés à la réalité… La nature a le pouvoir de réaliser ce qu’on lui demande fermement.
Bande annonce de «Le pacte» ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1481897678904096&id=100012516339013
Combien de films avez-vous réalisé ou écrit ?
A ce jour, quatre films écrits et réalisés.
– «Jam a ye» en 2019, sorti en 2020
– «EFFA» en 2020, sorti en 2021.
– «Le pacte» en 2021, sorti en 2022.
– «Les folies de Sophie» en 2021, encore en post production.
Maison de production de Cyrille MBEUTCHA (à venir)
Quels sont vos 5 conseils aux jeunes cinéastes ?
– Se faire former ! On ne peut pas exercer la médecine sans avoir suivi une formation au préalable… C’est pareil pour le cinéma.
– Etre créatif et imaginatif : c’est ça qui vous distinguera des autres.
– Etre crédible, c’est-à-dire être une personne de parole, respecter vos engagements dans les délais.
Natif de l’ouest Cameroun, Cyrille MBEUTCHA est né dans la Sanaga maritime où il fait ses études primaires et secondaires. Elève au lycée bilingue d’Edéa, il intègre le club théâtre où il porte la casquette de président. Grâce à son talent de comédien, il interprète presque tous les rôles principaux de toutes les pièces écrites par le proviseur monsieur DJO’O DIZENGUE de regretté mémoire.
En 2011, il joue dans la pièce théâtrale »FAUST », une œuvre allemande mise en scène par Martin AMBARA, metteur en scène, dramaturge camerounais et fondateur du LABORATOIRE DE THEATRE DE YAOUNDE OTHNI, à l’occasion du cinquantenaire des allemands au Cameroun. Cyrille va jouer aux côtés de Charlotte NTAMACK, François ALIMA, Patrick DAHEU, Edith NANA, Junior ESSEBA et bien d’autres.
Malgré tout ceci, Cyrille ne dormira pas sur ses lauriers ; il va multiplier des ateliers de formation en écriture de scenarii et en réalisation.
Après l’obtention de son baccalauréat, Cyrille associe à ses études supérieures, des formations dans le cinéma. Avec le temps, il s’y met de manière professionnelle et depuis lors, plusieurs projets ont vu le jour :
Entre 2019 et 2021, Cyrille a écrit, réalisé et produit plusieurs projets audiovisuels à l’instar de »JAM A YE », une série web de 2 saisons ; »EFFA », un court métrage qui sera d’ailleurs sélectionné aux Journées du Jeune Cinéaste (JJC) et aux Apéro ciné en 2021, et au festival First Short en 2022. A ceux-ci s’ajoutent »Les folies de Sophie », une série de 26 épisodes, et le court métrage »Le Pacte », sélectionné aux JJC 2022.
Ce passionné du 7ème art a aussi été stagiaire sur le plateau de tournage du long métrage »BENSKIN » de Narcisse WANDJI; régisseur sur le long métrage »ALINE » de SALEM KEDY; Chef opérateur (2) sur le long métrage « THE LAST WEEK » de A. ESSOME.
Il a également écrit pour plusieurs producteurs à l’instar de Murielle Blanche, SALEM KEDY, Eric MARGO, Flavienne TCHATAT, Carine VERLAINE et bien d’autres.
Actuellement, Cyrille MBEUTCHA participe à la deuxième session du programme SCRIPTO SENSA, un projet d’adaptation des œuvres littéraires africaines au cinéma, initié par le cinéaste Jean-Pierre BEKOLO.
Notons qu’il a aussi participé à la première session. Et son projet intitulé »Akoa » a remporté un prix du FILMAC à la troisième édition du Yaoundé Film Lab, organisé par TARA Group.
»Mon procédé d’écriture passe toujours par le personnage. Le personnage principal vient vers moi avec son histoire et ses dilemmes, et j’ai la tâche d’en faire le récit de la manière la plus marquante possible. »
Bonjour, Khaoula Hosni et merci de répondre à nos cinq questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonné.e.s.
Je suis auteure et romancière tunisienne. Je viens de publier mon septième roman intitulé « Le Prix du Cinquième Jour » et je suis traductrice et interprète de métier. C’est souvent étrange, délicat et quelque peu maladroit de »se présenter », j’opte donc toujours pour ce qui me définit le plus, en tant que femme et qu’être humain : l’écriture. Je suis la fière maman de sept enfants littéraires. Et, comme tout parent qui se respecte, ma vie entière tourne autour d’eux et du meilleur moyen de leur garantir une longue et belle vie.
»Le Prix du Cinquième Jour » a paru aux Éditions Arabesque en juin 2021. Il a aussi été finaliste de la dernière édition du prix Orange pour la littérature. Faites-nous en un court résumé.
«Le Prix du Cinquième Jour» est, dans son apparence, une histoire bien ordinaire et très courante : la quarantaine à peine, Ghalia, peintre de vocation et graphiste freelanceuse de métier, est mariée depuis 18 ans à Adel, un homme bien, fidèle et droit. Ils mènent une vie dévouée à élever leurs deux merveilleux enfants. Et en dépit des désagréments occasionnels de la vie (prise en charge d’un frère homosexuel, difficultés financières…), Ghalia est convaincue d’avoir ce qu’on appelle un mariage heureux…jusqu’au jour où elle découvre que son mari la trompe. Par un étrange concours de circonstances, le chemin de Ghalia va croiser celui de Wafa, la maitresse de son mari. Dès lors, le destin des deux femmes va inextricablement s’entremêler, dans un tourbillon de secrets, d’émotions, de solidarité, de rancune, de deuil et d’un lien insécable, le tout tissé sur la toile de fond d’une société tunisienne intrinsèquement normative. «Le Prix du Cinquième Jour» est, dans son essence, une histoire de cœur. Comme tout roman que j’écris, il est destiné à faire ressentir, avant tout, mais aussi et surtout à faire réfléchir. Réfléchir sur soi-même, sur les autres et sur la vie elle-même.
C’est un livre qui, en effet, met en exergue certains tabous et »moins tabous », et propose une manière de les appréhender. Quel a été le procédé d’écriture de ce texte?
Mon procédé d’écriture passe toujours par le personnage. Le personnage principal vient vers moi avec son histoire et ses dilemmes, et j’ai la tâche d’en faire le récit de la manière la plus marquante possible. Je sers de pont entre les lecteurs et le personnage, à chaque fois. Et l’histoire sert de pont entre le lecteur et moi, dans le cadre du même cercle d’interdépendance intellectuelle et émotionnelle. C’est ainsi que j’ai toujours appréhendé le storytelling. J’ai rarement pour objectif pivotal de traiter un tabou ou de critiquer un phénomène social, bien que le but soit indéniablement d’aborder, à chaque tournant, un sujet sociétal ou humain particulier. Mais, le cœur de mon écriture réside dans la psychologie du personnage et dans…l’humain. Simplement.
L’universalité du thème est ce qui me tient le plus à cœur. Ces pensées, ces émotions, ces décisions, ces croisements de chemin décisifs qui nous unissent, tous, et qui jonchent la vie de tout être humain, peu importe son origine, sa religion, ses convictions ou son historique. Je trouve cela beau, passionnant et important à raconter et à défendre. Le reste – les tabous religieux, les tares humaines, les stigmates sociaux, les causes environnementales… J’ai réalisé avec le temps et mon humble expérience que, pour peu que vous vous soyez réellement dédié à raconter l’Humain, dans son individualité la plus particulière, tous ces thèmes universels et globaux feront surface très naturellement. «Le Prix du Cinquième Jour» ne fait pas exception à cette perception émotionnelle que j’ai de l’écriture.
Ce livre est aussi l’œuvre retenue cette année pour le prix NO’OCULTURES pour la critique d’art en Afrique. Comment abordez-vous les critiques de vos textes ?
Ah! Une question très délicate. Personnellement, j’ai appris, au fil des romans, qu’il est impossible de plaire à tout le monde, que ce soit au sein du public ou de la critique professionnelle. Il était donc très important pour moi de ne pas chercher systématiquement la validation technique ou artistique des critiques. Pour mon équilibre émotionnel d’artiste, il est essentiel de me détacher de cette sphère-là, au moment de l’écriture. Autrement, je me retrouverais automatiquement à raconter aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre…sans jamais réellement y arriver, en fait. Donc, j’ai choisi de me focaliser sur le personnage et sur son petit bonhomme de chemin, et de croire en lui, mais aussi en ma capacité – humaine, technique et artistique – à être digne de le raconter. Ceci étant dit, il est tout aussi impossible pour un artiste d’évoluer – ne serait-ce que techniquement – sans critique. J’ai donc dû m’enseigner, dès mes débuts, l’art de danser sur la corde raide qui sépare »prise en compte de toute critique constructive » et »besoin artistique obsessionnel de validation constante ». En d’autres termes, il s’agit pour moi de prêter attentivement l’oreille à tout ce qui peut servir mon art et ma plume, sans jamais tomber dans l’intégration (consciente ou inconsciente), dans mes textes, des éléments destinés exclusivement à me valoir les compliments du public ou les éloges des critiques. C’est une danse complexe et ardue, mais, à force, je crois que je suis devenue une bonne danseuse. En tout cas, je l’espère.
Khaoula Hosni, quels sont vos cinq conseils aux auteurs en herbe pour écrire un roman ?
C’est une question qu’on me pose très souvent. Etant moi-même une artiste-née (j’ai commencé à écrire naturellement quand j’avais 10 ans), j’ai très longtemps été incapable de transmettre ce qu’on ne m’a jamais vraiment enseigné, finalement. Mais voici ce que ma jeune expérience me permet aujourd’hui de conseiller : – Prendre son temps. »Se faire la main », aussi longtemps que possible. On apprend en écrivant, encore et encore et encore, et pas autrement. Ne pas presser ni hâter son premier roman. L’impatience est la meilleure amie du regret.
– Ne pas chercher gloire ni argent, parce qu’on irait ainsi aux devants de grandes déceptions. Nous vivons dans une époque frappée par la tare de l’attachement maladif aux apparences. Mais écrire, dans le sens le plus artistique du terme, n’est pas destiné à être une compétence qu’on cherche à rajouter à son CV social ou un moyen de nourrir son égo. Si vous n’écrivez pas pour l’amour de l’écriture, abandonnez ! Le chemin – de l’écriture à la critique, en passant par la publication – sera trop laborieux. Et dans ce cas, un mental non-artistique perdra très rapidement souffle et énergie.
– Travailler sur son écriture. Constamment. L’art, seul, ne suffit pas. Lisez beaucoup. Ecrivez, encore plus. Expérimentez la vie, autant que possible. La richesse de votre bagage émotionnel, technique et artistique dépend essentiellement de ce travail continu que vous effectuez sur vous-même et sur votre plume.
– Ne pas exposer son écriture sur les réseaux sociaux. C’est la pire chose qui puisse arriver à votre jeune plume. Entre vos proches qui »adorent » et vos détracteurs qui vous »cassent », vous n’obtiendrez jamais de critique crédible et constructive. Les réseaux sociaux ne servent qu’à gonfler votre égo ou à tuer votre jeune talent dans l’œuf. Evitez. Vous voulez exposer votre écriture à une réelle critique ? Optez pour les festivals et compétitions amateurs, avec de vrais jurys de connaisseurs et des camarades qui vous mettront naturellement sur un baromètre honnête du niveau régional/national, sinon artistique, tout du moins technique.
– Respectez l’opinion de toute personne qui vous critique. Du moment que le respect de votre effort est inclus dans le fond et la forme de la critique, respectez-la en retour. L’art, sous toutes ses formes, est subjectif par définition. Au sein des lecteurs, une personne qui n’apprécie pas votre texte n’a pas automatiquement tort ; elle n’aime simplement pas votre texte. Et c’est parfaitement son droit. Libre à vous de prendre en compte les détails de cette perception personnelle ou non. Dans les deux cas, respectez. Au sein de la critique plus « professionnelle », et pour peu que la source de cette critique soit crédible et légitime, vous êtes obligé de prendre en compte. Autrement, votre plume et vos techniques d’écriture n’évolueront pas, ou très peu. La danse, mes amis…la danse 🙂
Bonjour, monsieur BUENDE et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Vous êtes le premier à mettre sur pied une bibliothèque virtuelle pour les universités en Afrique, la QUICKDO-BOOKBOX. Depuis sa mise sur pied il y a près de dix ans, Avez-vous le sentiment d’avoir résolu, même de façon minime, le problème de l’accessibilité du livre dans les universités ?
Bonjour et merci pour l’intérêt portée à notre activité. Notre solution de bibliothèque n’est pas virtuelle mais numérique. Bien au contraire, elle comble les lacunes du virtuel en intégrant tous les atouts du numérique. Concernant précisément la question, la réponse est NON. Notre objectif n’est pas de résoudre seul cet enjeu complexe mais de faire notre part, de contribuer.
Ça nous a pris cinq (05) ans de R&D pour déposer un brevet, et deux (02) ans pour une première tentative de commercialisation soldée par l’échec que je raconte dans mon livreMentaire. Mais depuis deux (02) ans, nous amorçons depuis Montréal une relance avec un déploiement actuellement dans trois (03) pays. L’objectif ici est de fournir des contenus de qualité à prix adaptés à cent mille (100 000) étudiants dès la rentrée académique 2022 et de toucher d’ici 2023 plus d’un million (1.000.000) dans une dizaine de pays africains. C’est ça la magie du numérique et on a désormais la capacité de la mettre en branle.
Pour ceux qui ne l’ont pas encore utilisée, pouvez-vous présenter la QuickDo-bookbox et ainsi donner ses contours d’application et d’obtention ?
La Q-BB, comme nous l’appelons, c’est un ensemble composants physiques et logiciels interconnectés. Ce que l’université ou le lieu de savoir acquiert c’est une borne physique qui fait officie de distributeur de contenus numériques. Les étudiants ou les lecteurs interagissent avec la borne pour rechercher, choisir et télécharger des contenus sur des QReader physique (liseuse) ou logiciel (application mobile de lecture offline). À l’autre bout de la chaîne, une fois le collège, centre culturel ou bibliothèque acquiert la borne, elle est visible par tous les éditeurs et fournisseurs de contenus qui peuvent choisir de diffuser les contenus vers ce lieu au prix adaptés au pouvoir d’achat de la population avec un maximum de 500 Fcfa/livre. Les millions de contenus diffuser vers la borne sont filtrés par le lieu de savoir qui choisit quoi proposer à ses utilisateurs. Comme je vous le disais, on est loin du fouillis du virtuel avec des contenus en vrac. On priorise la qualité des contenus en laissant chaque acteur du livre dans son rôle. Tout est expliqué sur le site dédié à la solution www.q-bb.ca
Vous prévoyez une tournée en Afrique et donc au Cameroun très prochainement. À Yaoundé, par exemple, se tiendra une rencontre le 17 août 2022. Quel est le public cible de ce jour et à quoi doit-il s’attendre ?
C’est plus un partage d’expérience que je fais au Cameroun, Congo et au Gabon avec les acteurs du livre et de l’entrepreneuriat positif, c’est-à-dire, qui impactent en bien la vie des clients. Disons que le 17 août, au Quartier Mozart de Yaoundé, ce sera une causerie entre amis… Si vous êtes amis de l’entrepreneuriat, de la culture ou des deux, laissez-nous savoir afin qu’on vous envoie une invitation.
Nous ne manquerons pas d’y être. Merci.Vous êtes aussi l’auteur de »LivreMentaire d’un entrepreneur à échecs ». Une autobiographie parue en autoédition. Quelle est l’importance du »M » majuscule dans ce titre ?
C’est pour marquer le point de concaténation des deux mots : Livre et docuMentaire…
Quelles sont les cinq astuces de Dominique BUENDE pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ?
Pourquoi 5 ? Pas 1, 2 ou 3 ? (rires) – Aimez ce que vous faites. – Commencez par convaincre vos proches. – Donnez-vous une limite de persévérance pour atteindre votre objectif. – Commencez à bouger et mettez un pas après l’autre. Une ligne de code par jour font une application mobile en fin d’année. – Soyez-vous même, écoutez-vous en priorité; plutôt que des listes de conseils d’entrepreneurs à Echecs où succès comme ceux ci-dessus (rires)
Lorsqu’on pose ses pieds nus dans la mer de sable fin et chaud, sous une canicule qui enfuit les lézards les plus téméraires. Quand les arbres, dont les cimes baignent dans la fraîcheur des nuages et la pénombre qui noircit nos pas. Quand le coq chante et l’astre du jour paraît, marquant le début de la récolte, il n’y a qu’une sphère géographique que notre tête entrevoit : l’Afrique !
Eh oui, nous sommes dans la sphère pittoresque de l’Africain, celui dont Davy Gaël DJOMENI a bien voulu nous présenter dans cet essai à la couverture jaune comme la sagesse et la richesse, et dont il essaie de montrer le chemin.
Dans ce livre de 72 pages publié aux Editions Séguima au Sénégal, on part d’un titre singulier : Pour que l’Afrique décolle. Un titre-phrase qui parle pour l’œuvre, car il semble proposer une ascension, un développement pour un peuple : les Africains.
Mais qui est l’Africain ?
L’essayiste se propose de répondre à cette question épineuse en convoquant des démarches constatative, historique et polémique.
Davy Gaël DJOMENI, auteur camerounais
D’une part, il décrit l’Africain, à l’introduction, comme un hybride acculturé, car celui-ci mange dans son plat et dans celui de l’Occident, renie très souvent sa culture et préfère se comporter comme un «Blanc» – comme cela se dit communément en Afrique.
De plus, l’essai présente le brûlant passé de cette Afrique qui a souffert de l’esclavage et qui a aussi été victime de manipulations, car «l’Africain est, de façon générale, l’homme à la peau noire qui traîne une sombre histoire inondée de sang, de sueur et de crucifixion. Plus que quiconque, il a subi l’Histoire sans jamais l’écrire… » P.19. D.G. DJOMENI montre ainsi que l’Afrique est une victime de l’histoire et doit en prendre conscience.
Enfin, l’auteur met dos à dos deux types d’Africains : celui qui se contente de son strict minimum en vivant comme avant l’arrivée de la modernité; et l’autre, à la quête de l’opulence, vivant tel que les concepts occidentaux le prônent, dans la quête de la richesse.
Au-delà de toutes ces considérations, Davy Gaël DJOMENI propose une solution Pour que l’Afrique décolle, comme le soutient le titre de l’ouvrage.
Sa vie, son séjour en Europe, lui sert d’illustration pour présenter les difficultés, mieux, les réalités de la vie dans le supposé Eldorado – comme les Africains rêveurs, restés chez eux, aperçoivent ce continent.
Dans son optimisme, l’auteur, doctorant en sciences de gestion à l’université de Douala, passe par son combat pour se mettre au-dessus des allusions racistes dont l’Africain souffre quand il est en Occident, de l’indifférence, mais aussi, il préconise le courage, l’humilité et le travail – puisque pour lui : « Un Noir a des capacités et des compétences autant qu’un Blanc et bien plus encore. » Cf. P.42. Son ultime conseil est le retour de la diaspora chez soi afin de retrouver ses valeurs identitaires et développer l’entrepreneuriat qui, selon lui, est le gage d’un essor réel et équilibré du continent noir.
Plusieurs aspects rendent particulier cet ouvrage : – Il est réduit et se lit d’une traite ; l’interligne est très ouvert et facilite la lecture; – Les registres de langue oscillent entre le courant et quelques fois seulement le soutenu. Le document est accessible à tous; – L’auteur a usé des constructions syntaxiques pas trop poussées et ses idées se perçoivent et se comprennent aisément; – Il est toutefois regrettable que les investigations, la méthodologie de l’essai et la revue de la littérature qui renforcent la pertinence d’un essai de ce calibre, ne soient pas répertoriées; – L’œuvre humaine n’étant pas parfaite, quelques coquilles çà et là blessent le regard mais n’empêchent aucunement au lecteur de déguster cette galette littéraire qui peut être utile à tous les Africains pour comprendre le passé, travailler le présent et dominer dans le futur, dans cette quête de l’hégémonie de sa race.
Prof. Charles BINAM BIKOI, Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA
CERDOTOLA : Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et les langues africaines
» L’objectif des Editions du CERDOTOLA est de contribuer au renouvellement épistémologique et éthique des idées et pratiques contemporaines à partir d’un effort de re-conceptualisation, de remobilisation et de réévaluation critique de la pensée politique, sociale, culturelle africaine, en tension permanente avec les informations et constructions issues des sciences sociales et humaines en Afrique, sur l’Afrique et sur les Africains. »
Professeur Charles Binam Bikoi, bonjour. Vous êtes à la tête d’une institution qui, depuis 1977, œuvre pour l’émergence de la linguistique africaine. Pouvez-vous nous dresser une fiche d’identité de celle-ci ?
Oui, le CERDOTOLA est, effectivement, une institution prééminente de recherche et de documentation dédiée à la connaissance, à la préservation, à la sauvegarde et à la valorisation des patrimoines de l’Afrique, avec une place toute spéciale pour le patrimoine linguistique du continent, véhicule naturel des cultures.
Traditions, Cultures, Langues africaines constituent ainsi l’armature et le socle de référence de cette Organisation intergouvernementale créée en 1977 par les Etats de la sous-région Afrique Centrale, devenue organisation continentale depuis 2010. Outre son siege établi à Yaoundé au Cameroun, le CERDOTOLA dispose de Bureaux dans ses Etats membres et, depuis peu, de Représentations régionales formant des clusters regroupant plusieurs pays, à l’instar du Bureau Régional de Bujumbura qui couvre l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe.
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Quelles réalisations majeures peuvent être portées à l’actif du Cerdotola ?
Par-delà ses missions générales en tant qu’Organisation internationale, le CERDOTOLA met un point d’honneur à œuvrer en sorte que, fondamentale ou appliquée, la recherche qu’elle structure ou impulse colle effectivement aux forces qui mobilisent la marche des peuples, répondent aux aspirations des masses, et rythment la vie quotidienne des populations.
Au CERDOTOLA, la notion de développement coïncide avec ces préoccupations. La recherche-développement dès lors signifie d’abord l’identification des données d’une civilisation, d’une culture, la prise en compte des solutions originales déroulées tout au long de l’histoire pour faire face aux grandes questions de la vie en partant du stock patrimonial, entendu comme bagage formé par l’accumulation des traditions, des techniques et des principes de vie.
Cette tâche est celle à laquelle se consacre le CERDOTOLA : d’abord scruter le sens profond de l’héritage, de la tradition des peuples ; ensuite, développer les mécanismes de la connaissance de cet héritage dans toutes ses dimensions; enfin, dévoiler les pierres d’attente dissimulées dans l’héritage et actionner le désir de les modéliser dans la quête compétitive des peuples pour une expression spécifique en situation globale.
Prof. Charles BINAM BIKOI
Pour cela, un programme-cadre scientifique complet et diversifié de recherche a été conçu et élaboré, intégrant la recherche de terrain et de studio, l’analyse de laboratoire, la diffusion en ligne, la production de supports, de manuels d’enseignement et de guides pour les animateurs et les experts en développement, enfin la mise en circulation des résultats au travers des médias et sur les marchés culturels régionaux et internationaux.
Mais la connaissance et la diffusion préludent à l’appréciation. Bien plus, elles suscitent des vocations et soutiennent la créativité des jeunes, une créativité dynamique qui assure le renouvellement de l’héritage en même temps que son enrichissement dans un environnement nouveau.
La prise en compte des nouvelles technologies de l’information et de la communication est, par ailleurs, reflétée dans le choix des priorités et la définition des activités. Enfin, la place et le rôle de la recherche sur les traditions et les langues africaines comme catalyseur du développement justifient le recentrage de l’ensemble des actions autour d’une démarche praxéologique privilégiant la mise en perspective des données touchant à la vie des peuples.
Parmi ces programmes, l’on peut mentionner : ALIPA (L’Alimentation patrimoniale des Africains), SYSPA (Les Systèmes de Santé patrimoniaux), mais aussi le PADETRA (Pacte africain pour le développement par les Traditions), qui sont le socle du Concept révolutionnaire lancé par le Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA en 2021, à savoir l’INDUSTRADITION pour l’industrialisation d’une Afrique enracinée dans ses traditions et avec ses traditions.
Il y a quelque temps vous avez initié un projet d’Atlas Linguistique de l’Afrique Centrale. Où en est-on ?
Vous voulez certainement parler de l’Atlas linguistique de l’Afrique, un des projets phares du CERDOTOLA. Il s’agit d’un immense programme entrepris dans les toutes premières années de l’Institution, qui consiste à procéder à l’inventaire systématique des langues parlées sur le continent. Le CERDOTOLA a déjà réalisé un certain nombre d’Atlas linguistiques, naturellement adossés à une cartographie rigoureuse offrant une photographie de la situation linguistique de chacun des pays.
Avec ce programme, le CERDOTOLA a développé une expertise unique sur le continent, qui lui a ouvert les portes de collaborations ciblées auprès d’autres institutions. Les objectifs de l’Atlas Linguistique de l’Afrique restent constants, à savoir : Etablir la cartographie linguistique de l’Afrique et pour cela : identifier et classifier les langues de chaque pays; déterminer le nombre de locuteurs pour chaque langue; déterminer le statut de chaque langue dans son environnement; produire un atlas linguistique par pays; établir la carte linguistique documentée de chaque pays; enfin, dessiner la cartographie d’ensemble des langues de l’Afrique
Parmi les départements de votre institution, il y a celui de l’édition. Comment se passe la collaboration avec les acteurs des traditions (orales ou pas) et ceux des livres ?
Le CERDOTOLA dispose, en effet, d’un département spécifique pour la valorisation des produits de la recherche réalisée à travers ses programmes et projets propres, mais aussi en dehors du CERDOTOLA.
L’objectif des Editions du CERDOTOLA est de contribuer au renouvellement épistémologique et éthique des idées et pratiques contemporaines à partir d’un effort de re-conceptualisation, de remobilisation et de réévaluation critique de la pensée politique, sociale, culturelle africaine, en tension permanente avec les informations et constructions issues des sciences sociales et humaines en Afrique, sur l’Afrique et sur les Africains.
Le catalogue des publications sorties des presses du CERDOTOLA propose une vaste panoplie de choix destinés à satisfaire la curiosité du chercheur comme les appétits du lecteur ordinaire.
Quels sont les défis majeurs auxquels vous faites face ?
– Assurer la continuité et la pérennité du CERDOTOLA, dans un environnement où bon nombre d’organisations scientifiques et culturelles peinent à survivre.
– Assurer la pleine expansion des connaissances et des idées portées par l’Institution.
YoMerci de vous être prêté au jeu des questions-réponses. Nous rappelons que, le 20 juillet 2022, se tiendra au Djeuga Palace Hôtel de Yaoundé, la dédicace de la nouvelle parution aux Éditions CERDOTOLA