Qui n’a jamais utilisé l’expression »Nouvelle année, nouvelle méthode » ou d’autres expressions qui vont dans le même sillage ? Chaque nouvelle année est toujours considérée comme le point de départ d’un autre Nous sur tous les plans. On fait un bilan relationnel, spirituel ou professionnel et, tout de suite, on déclare : »L’année prochaine, beaucoup de choses changeront. »
Ce qu’on oublie, c’est que pour passer de 2025 à 2026, par exemple, il reste quelques heures, et à 23h59, on sera toujours Nous. On sera toujours entouré de ceux qui auront survécu : les mêmes collaborateurs, les mêmes compagnons, la même famille… Le même entourage.
Le grand »malheur » de l’être humain est qu’il ne peut RIEN faire seul, malgré ce que plusieurs pensent. Directement ou indirectement, pour atteindre un but, le ballon doit passer par plusieurs mains, plusieurs jambes et bénéficier d’une stratégie pour rentrer dans les goals. L’auto glorification n’est donc que pur narcissisme.
»Malheur », ai-je dit plus haut ? Oui ! Nos résolutions pour les nouvelles années sont soumises à plusieurs guerres.
💡 Regardons ensemble quelques points :
📍 LA VIE PROFESSIONNELLE
Si votre résolution est de pousser votre entreprise, votre groupe, votre association encore plus haut sur tous les plans, vos collaborateurs devraient épouser cette logique. C’est la moindre des choses, non ?
Comment level-up si vos collaborateurs pensent d’abord à leurs ventres, négligeant l’évolution et la vision de l’ensemble ? Comment level-up si vous vous cassez le crâne seul.e en permanence pour la survie de votre entreprise/groupe/association ? Comment level-up si vous continuez de rester muet quand bien même vous savez que vos proches collaborateurs font des travaux en aparté sans jamais penser à faire grandir l’ensemble ? Comment level-up si vous continuez de vivre cette peur de foncer, d’arrêter de procrastiner, de refuser toute modification de la vision selon les réalités sur le terrain ?
📍 LA FAMILLE
Nous sommes nombreux qui avons joué des coudes et posé une certaine rebelliøn sur la table, pour vivre notre passion du livre. Nous étions jugés »perdus », »ratés » et plusieurs le subissent encore aujourd’hui. Cependant, gagnez un ou deux pécules, faites une photo avec une personnalité, passez à la TV… et devenez celui-là qui manquait au puzzle monétaire familial. Désormais, VOUS DEVREZ FAIRE POUR LES AUTRES. Vos ambitions et nouvelles résolutions d’évolution n’incombent que vous. La famille veut et c’est tout.
📍 LE COUPLE
Y-a-t-il besoin de trop parler ici ? 😁 Faites le choix d’un partenaire qui ne croit pas en vos initiatives littéraires, qui est prêt.e à vous couper les ailes parce que »le livre, c’est quoi ? » et vous pouvez être sûr.e que vos résolutions resteront dans vos pensées.
📍 LES AMIS
Nous aimons tous, et même les introvertis Pro comme moi, faire la fête. Oui, nous aimons le faire. Mais à quel point ? Vos amis sont-ils prêts à comprendre qu’à 23h, vous préfériez vous pencher sur un projet plutôt que sur un verre de whisky ? Pensez-y !
📍 NOUS-MÊMES
Nous sommes les protagonistes et les antagonistes de nos résolutions. Si on les prend, c’est parce qu’on constate des manquements, c’est parce qu’on sent qu’on a les capacités de les tenir, c’est parce qu’on se sent asphyxié.
☝️ Qu’est-ce que nous sommes donc prêts à faire ?
Sommes-nous prêts à éloigner ce collaborateur que nous savons vorace, cupide et fourbe ?
Sommes-nous prêts à être moins soumis et gentils avec la famille ?
Sommes-nous prêts à nous séparer des personnes, choses, habitudes… qui ne nous permettent pas d’évoluer ?
Sommes-nous prêts à exiger de ne plus être seulement le sauveur mais aussi le sauvé ?
Sommes-nous prêts à porter le casque du méchant ou de l’éternel incompris ?
Sommes-nous prêts à être suffisamment égoïstes ?
Sommes-nous prêts à sortir nos résolutions du réseau des Fake news ?
Vous le savez sûrement mieux que moi : les actes valent mieux que les mots. Il est donc temps d’agir, pour qu’à la fin de l’an qui arrive, on n’ait plus l’impression d’avoir été entubé par notre entourage, par la vie.
☝️ Nos résolutions pour la nouvelle année seront des Fake news si nous ne tapons pas du poing sur la table. Si nous échouons ou ne les assumons pas toutes, au mieux, nous saurons quoi corriger.
🥳 Il ne me reste qu’à nous souhaiter d’avoir un poing assez ferme, pour nos résolutions. Je nous souhaite de nous rendre compte de ce que nous méritons et du pouvoir du NON.
🤲 J’espère que l’une de vos résolutions est de suivre les pages et chaînes ACOLITT, de partager son contenu, de participer à ses activités et lui confier vos initiatives en littérature. Nos services sont dans la bio de la page.
Si chaque être humain a la possibilité d’utiliser ses talents et compétences pour contribuer à bâtir un monde meilleur, l’écriture est le domaine dans lequel s’exerce HIMINS.
Originaire du Cameroun, HIMINS est un auteur passionné, un activiste humaniste doté d’un calame à la fois profond et tranchant, tel un glaive. Féru de philosophie et de sagesse africaine, son tout premier ouvrage s’intitule Journal d’une Jeunesse Gaspillée, une autobiographie écrite en deux tomes. Avant le deuxième tome susmentionné, il publiera Votre Différence est une force, ouvrage portant sur le handicap, du point de vue des handicapés.
HIMINS est aussi un traducteur-interprète Freelance (français, anglais et espagnol), commerçant et jeune investisseur.
En 2023, il fonde la Tontine Littéraire, un club de lecture basé à DOUALA (Cameroun), qui a offert la possibilité à de nombreux auteurs camerounais et africains, de se faire connaître.
En novembre 2024, il participe à la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain, sous l’invitation de l’Union Européenne au Cameroun.
Sa plume est influencée par l’auteur Félix MBETBO ; les écrivaines Suzie DO’O, Kelly YEMDJI ; le romancier BEYROUK ; le Dr Joseph Marcel EBOA (auteur et coach financier) ; et Robert GREENE, auteur de bestsellers.
Avec des lecteurs au Cameroun, en Afrique et dans la Diaspora, HIMINS n’entend pas s’arrêter en si bon chemin et ambitionne d’entrer dans le panthéon littéraire africain voire mondial.
« Où sommes-nous ? Qu’est-ce que je fais ici ? » C’était le premier signe de son amnésie, après cet accident qui a emporté l’amour de sa vie…
Nsili et Lenssi se revoient au hasard des choses. Nsili est médecin, elle revient d’une longue période de spécialisation en France. Une chose l’anime, faire ce travail qui, quelques années en arrière, ne lui permettait même pas d’avoir une vie descente. Rentrée de Paris, elle devient le médecin à avoir à tout prix. Comme quoi, traversez la mer et devenez automatiquement le plus compétent. Elle mène sa vie entre ses parents, son boulot, sa sœur, prise de temps en temps dans l’étau du fameux « Tu te maries quand ? » de sa mère, madame MESSINA.
Lenssi est son amour de jeunesse. A peine se sont-ils retrouvés par le hasard des choses, qu’ils se lancent dans une relation maculée de passion, d’amour, de rires… de toutes ces choses qui nourrissent les papillons dans le ventre. « (…) revoir Lenssi hier, a suscité une vive émotion en moi. », lirez-vous à la page 27. Leur mariage est alors une évidence quelques années plus tard, et de cet amour, tombera des fruits. Mais une ombre plane sur eux : Nsili n’est pas aimée de sa belle-mère et ses efforts pour se faire aimer restent vains. Le couple en fait tellement pour changer ce sentiment, que cela les mène à ce moment fatidique, ce 05 février, jour où tout a basculé… Ce jour où tous ces moments idylliques se sont effacés de la mémoire de ce personnage ; ce jour qui lui a prouvé que la vie valait d’être vécue ; ce jour qui a emporté la paix dans la vie de tous les personnages… « Vous avez une amnésie secondaire à votre accident de voiture », lui dira son psychologue au chapitre 7 qui porte d’ailleurs le titre « Amnésie », dès la page 173.
Le roman « Amnésique » est écrit sous un détail de chronologie et de lieux. Il commence à Paris en septembre 2018 et s’achève en février 2024 à Nkoteng. De sa plume, Yvette NOUGA, camerounaise et médecin épidémiologique, décrit une histoire où tout se veut rêve et beauté ; compréhension et amour ; appréhension et solution ; pleurs et rires… Paru chez Eclosion, une maison d’édition basée au Cameroun, « Amnésique » est une vague houleuse de 248 pages sous un temps intermittent de 10 chapitres et d’un épilogue. A travers cette vague, Yvette NOUGA dépeint ces choses que l’on voit tous les jours, qui passent inaperçues ou pas, mais qui s’impriment dans notre subconscient, jusqu’au jour où survient un événement qui vous fera les oublier entièrement ou pas. Elle a choisi de donner à chaque personnage la parole, pour exprimer, sans détour, ressentiment, gratitude, haine, complexe et la liste n’est pas exhaustive. La lecture de ce roman nous a permis de relever ce que nous appellerons les sept péchés sociaux de « Amnésique », ceux-là même qui portent ce roman :
Premier péché social : La non valorisation des diplômes locaux et des jeunes diplômés : Nsili subit des injustices et des salaires minables qui ne lui permettent même pas une gestion efficace des frais de transport, comme vous le lirez à la page 6. Aller en France change la donne, car « Au Cameroun, un médecin qui a un diplôme, même un simple diplôme universitaire obtenu d’une université étrangère et plus encore européenne ou américaine, a une aura décuplée face à ses pairs, de l’avis des patients. », lirez-vous à la page 7. Ou encore à la page 44 : « Nous avons un problème au Cameroun quand il s’agit d’avoir des postes de responsabilités. Etre jeune quand cela arrive, peut poser des problèmes. »
Deuxième péché social : les rapports avec la belle-famille: Dans ce roman, Yvette NOUGA dépeint les rapports belle-mère – belle-fille très souvent teintés d’hypocrisie ou de haine ouverte, mais aussi de beaucoup d’amour. Autant madame MESSINA était détestée de sa belle-mère, autant elle aimait Lenssi, son beau-fils ; et comme un mauvais héritage, Nsili a connu la même haine. Elle a bu presque jusqu’à la lie, la haine de sa belle-mère, Ma’a Seudjang, que même la naissance de son premier petit fils n’a pas réussi à adoucir : « C’est juste que je me disais que vous n’étiez pas obligés de rester ensemble parce que vous avez un enfant ! (…) Je t’ai trouvé quelqu’un qui soit à ta hauteur et qui te portera haut. », dira-t-elle à son fils, à la page 154, ne tenant pas en compte le fait qu’il était déjà marié, mariage auquel elle avait d’ailleurs décidé de ne pas assister.
Troisième péché social : Le tribalisme : Yvette NOUGA met sur le tapis le pseudo non amour entre les tribus camerounaises de l’Ouest et celles du Centre. Une pseudo haine qui a pourtant été à chaque fois la preuve d’unions solides et d’amour vrai entre mari et femme, le cas échéant, entre Lenssi et Nsili. Ce troisième péché est l’objet du rapport nocif entre Nsili et sa belle-mère. Elle est bassaa et ewondo, il est bangangté.
Au Goethe-Institut Kamerun : Pauline ONGONO, Yvette NOUGA et le Pr Chantal BONONO
Quatrième péché social : La pression familiale: « Comme toute mère, maintenant j’espère la voir mariée et maman. » Nsili n’avait pas défait ses valises à son retour de France que, déjà, sa mère nourrissait ses envies de belle-mère et grand-mère à la page 15. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à lui mettre cette pression, tout son entourage semble voir en elle cette évidence du « tu dois déjà te marier et avoir des enfants ». Même si cet aspect est relevé avec douceur dans le roman, il n’en reste pas moins qu’il résonne comme un tambour d’Afrique dans le subconscient. Nsili n’avait pas trente ans, elle estimait avoir encore assez de temps pour réfléchir sur la situation.
Cinquième péché social : La maladie: Le roman « Amnésique », au-delà de sa connotation, est aussi le théâtre de la Covid-19 et de toutes les émotions, nouvelles habitudes et inventions médicamenteuses que cette période a connues, comme vous pourrez le lire à la page 38. Mais aussi, le souvenir de ce que la vie n’aurait peut-être plus été, cette chaleur que cette maladie aurait volée, si elle avait perduré.
Sixième péché social : L’amour : Il est vrai que lorsqu’on parle d’amour, on s’imagine toujours le beau et le bon, mais pensons-nous qu’il peut aussi être gage de conséquences désastreuses ? La lecture du livre vous montrera à quel point l’amour a gâché des vies : l’amour pour une mère, l’amour pour un fils, l’amour en trop grande quantité qui peut être agaçant des fois.
Septième péché social : L’orgueil : Voici un péché qui est commis par tous les personnages à un moment donné de leur évolution ; car s’il y a une force qu’a eu Yvette NOUGA lors de l’écriture de ce texte, c’est bien celui de l’évolution des personnages. Une qualité qui manque à plusieurs auteurs de romans.
Yvette NOUGA
Suivant « ces sept péchés sociaux », le titre de ce roman ne symbolise donc pas juste un état de perte de données cérébrales, mais une amnésie liée aux bienfaits de l’union des familles lors du mariage, au pourquoi de l’éducation locale, aux avantages multiculturels, au vivre-ensemble national (vécu pourtant hors des frontières, comme vous le lirez à la page 129).
« Amnésique », c’est aussi l’étalage de l’échec de la femme. Entre madame MESSINA qui ne comprend pas le désir de Nsili d’y aller doucement malgré tout l’amour qu’elle porte à Lenssi, Ma’a Seudjang qui refoule sa belle-fille… La femme, dans ce roman, est la cause du chaos qui va chambouler la vie des personnages.
« Amnésique », c’est une invitation à découvrir le Cameroun. Yvette NOUGA n’a pas été chiche, elle a valorisé les villes et villages du Cameroun, les rythmes, les néologismes, les prénoms à connotation camerounaise à l’exemple de « Nsili » qui signifie « question ». Vous pourrez y lire aussi : « les pleurs du Mbolé paktout-paktout » à la page 148 ; « no milk » à la page 149 ; « djoudou » à la page 103 ; et les lieux tels que Ebolowa, Nkolandom, Akoa-kass, Ekom-Nkam, Dibombé, Mont Manengoumba, Mbalmayo, Bangangté… Toutes ces choses qui témoignent de la simplicité d’écriture d’Yvette NOUGA et la facilité de lecture de ce roman.
« Amnésique », c’est aussi une somme de questions, une somme de « et si ». Et si elle ne l’avait pas aimé ? Et si elle l’avait accueillie ? Et s’ils ne s’étaient pas revus ? Et s’ils n’étaient pas issus de cultures différentes ? Et plein d’autres « et si ». Malgré sa couverture de couleur sombre, « Amnésique » est porteur d’espoir. Une sorte de Harlequin à la camerounaise qui vous transporte, vous éteint et vous fait renaitre. Il termine d’ailleurs à la page 248 avec la note : « Aujourd’hui, je débute un nouveau chapitre de ma vie ».
A cette ère où la santé mentale est de plus en plus démystifiée et concerne même ceux qui paraissent sains d’esprit, « Amnésique », premier livre de l’auteure, rentre dans le sillage des supports à utiliser pour en parler. Qu’il ait été choisi parmi les livres primés au prix littéraire OSU édition 2023 était donc judicieux.
Aussi vrai que lire des livres délivre, il suffira de dépenser 5000 FCFA, de le lire, pour être délivré. Contact : infoslitt@gmail.com
Je me souviens de ce jour comme une date d’anniversaire !
A ma tendre enfance, tout ce qui m’intéressait étaient les vêtements de Noël et les beignets aux sorties des messes. Je ne portais aucun intérêt pour le livre. Je trouvais le livre parfois trop volumineux et parfois très fatidique. Bien que mon père avait un endroit où il rangeait ses livres, dans une armoire au salon ; mon regard ne se posa jamais à cet endroit.
Mon tout premier contact avec le livre était en classe de 6ème Bilingue, où « literature Awareness » était une matière de base. C’est ainsi que je me suis plongé dans la lecture de The Youngest King of Hunters de Jephtah Sotabinda. La lecture de cette œuvre m’a permis de côtoyer peu à peu le monde littéraire, car je pouvais désormais voyager sans me déplacer. A cette époque, je n’étais pas fan de voyages routiers car je souffrais, selon les médecins, du « mal de la voiture ». C’est alors que je commençai à devenir l’ami des personnages, connaitre leur vie, leur émotion, leur quotidien.
Mon appétit pour le livre commençait déjà à se faire ressentir à l’adolescence. Je me suis lancé dans la lecture des histoires romantiques, comme True love waits de Pochi Tamba, Betrodal without Libation de Bole Butake, La fille d’Ebène d’Emmanuel Afane Ze, qui me mettaient la puce à l’oreille, et d’où je puisais mon inspiration pour parler aux plus belles filles de la classe. Tout à coup, la mini bibliothèque de mon père devint pour moi une île où je côtoyais mes amis les livres.
Le déclic, c’est quand je me suis intéressé aux livres poétiques. Directement je me suis lâché dans les bras de Paroles de Jacques Prévert, et Alcools de Guy de Maupassant, ce qui a réveillé un talent qui sommeillait en moi : celui d’écrire des poèmes. J’ai commencé à écrire des poèmes pour ma muse, ensuite pour les fléaux qui écorchent la société. En lisant des livres, j’ai commencé aussi à écrire. Depuis lors je n’ai pas cessé de lire et écrire. Merci au livre qui m’a permis de me sentir libre.
Bonjour, chère Odile Gaétane NJOPA BIVINA et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonné.e.s.
Bonjour et merci de cette belle opportunité de me présenter à vos abonnés. Je suis Odile Gaétane NJOPA BIVINA, jeune auteure camerounaise, née à Monatélé, dans le département de la Lékié, région du Centre du Cameroun. Je suis également originaire du Littoral, du peuple Bakoko. Trilingue en français, anglais et allemand, je me spécialise en traduction et terminologie, ce qui enrichit mes écrits.
Mon premier roman, « Muselé(e)s, le piège des apparences », aborde des thèmes tels que l’identité et les attentes sociales, invitant à une réflexion sur les enjeux contemporains. En tant qu’entrepreneure et archiviste assermentée, je combine créativité et rigueur professionnelle, ce qui nourrit ma démarche littéraire.
En tant que voix nouvelle de la littérature camerounaise, je cherche à partager la richesse des cultures du Centre et du Littoral, tout en poursuivant mon engagement pour la littérature et la psychanalyse littéraire, afin de connecter les peuples et les idées au-delà des frontières. Merci de me permettre de partager mon univers avec vous.
Vous êtes auteure depuis 2024, qu’est-ce que ça fait d’être auteure ?
Être auteure, c’est une expérience profondément émotive et intime. Depuis que j’ai commencé en 2024, c’est comme si chaque mot que je couche sur le papier était une partie de moi que je livre au monde. C’est un voyage à la fois solitaire et connectant. Écrire, c’est une manière de comprendre et de partager mon identité, mes origines camerounaises, et de faire entendre des voix souvent ignorées. C’est aussi une grande responsabilité, celle de toucher les autres, de faire résonner des histoires qui, je l’espère, éveilleront des émotions, des réflexions, et des échanges.
Être auteure, c’est sentir la puissance des mots, qui ne nous appartiennent plus une fois qu’ils touchent le cœur des lecteurs. C’est aussi un engagement à porter des récits qui dépassent les frontières, à connecter les peuples, à briser les silences. C’est un défi, mais aussi une immense source de joie et de gratitude.
Vous êtes aussi archiviste, une profession de l’ombre et la discrétion. Avez-vous eu du mal à porter cette casquette d’auteure sous les feux des projecteurs ?
Je tiens tout d’abord à préciser que je ne suis pas simplement archiviste, mais archiviste assermentée, ayant prêté serment le 21 décembre 2023 à la Cour d’Appel du Centre. Cette distinction est primordiale pour moi, car elle reflète mon engagement envers l’intégrité, la rigueur et la préservation de la mémoire. Mais cette casquette d’archiviste n’est pas la seule que je porte. Je suis également traductrice trilingue (français, anglais, allemand), terminologue, interprète de conférences, speechwriter, conférencière et entrepreneure. Chaque casquette porte en elle un défi différent, un besoin différent d’équilibre et de gestion.
En tant qu’archiviste, je suis habituée à évoluer dans l’ombre, à préserver et transmettre des informations sans chercher la lumière. Dans ce domaine, la discrétion et la rigueur sont essentielles, et j’ai appris à me fondre dans ce rôle, à préserver le passé pour éclairer l’avenir. Mais devenir auteure a été un tournant. C’est un passage de l’ombre à la lumière, une immersion dans la vulnérabilité.
L’écriture m’a poussée à m’exposer, à partager des émotions et des pensées profondes, ce qui est loin de la réserve que j’entretenais dans mes autres rôles. Le plus grand défi a été d’embrasser cette casquette d’auteure sous les feux des projecteurs. C’est un exercice de balance entre toutes mes autres casquettes, qui, chacune, demande une certaine forme de discrétion ou de recul. Mais au fur et à mesure, j’ai appris à me saisir de cette nouvelle identité, à comprendre que chaque rôle que je porte est un maillon essentiel de ce que je suis et de ce que j’ai à partager. Mon travail d’auteure, tout comme celui de traductrice, de terminologue, ou encore d’interprète, découle d’une même passion pour les mots et leur pouvoir.
J’ai compris que ces casquettes, bien qu’apparemment disparates, se nourrissent les unes des autres. L’archiviste conserve la mémoire, la traductrice et la terminologue jonglent avec les significations, l’interprète porte la voix des autres, et l’auteure, enfin, donne vie à ses propres histoires. Au fond, ce sont toutes ces expériences, toutes ces casquettes qui m’aident à façonner une œuvre authentique, riche et multiforme. Et si aujourd’hui je suis sous les projecteurs en tant qu’auteure, je sais qu’il n’y a pas de lumière sans ombre, et que chaque casquette que je porte, dans la discrétion ou l’exposition, fait de moi celle que je suis aujourd’hui.
« Muselé(e)s, le piège des apparences » est ce roman par lequel la scène littéraire vous découvre. Si on vous demande de le qualifier en un seul mot, lequel sera-t-il ? Pourquoi ?
Si je devais qualifier « Muselé(e)s, le piège des apparences » en un seul mot, ce serait « réveil ». Ce roman est un appel à l’éveil des consciences, une invitation à regarder au-delà des apparences et à questionner les normes sociales, les attentes et les rôles imposés. À travers les personnages et leurs luttes, je cherche à provoquer une prise de conscience sur les défis contemporains, notamment ceux liés à l’identité, à l’injustice et à la quête de soi.
La vie peut être injuste, nous sommes souvent confrontés à des stéréotypes et des jugements externes qui nous enferment, mais ce livre est une sorte de coup de fouet, un moyen de secouer les idées reçues et d’encourager une introspection. C’est un texte qui cherche à libérer l’esprit et à ouvrir les yeux sur la réalité des choses, tout en rappelant que nous avons tous le pouvoir de nous réinventer, de choisir notre voie et de lutter pour un monde meilleur. En ce sens, « Muselé(e)s » est bien un « réveil », car il nous pousse à nous éveiller à la vérité, à l’authenticité et à la liberté d’être soi.
Ce roman met en exergue l’émancipation, les injustices, les inégalités, « des entraves qui jalonnent le parcours des femmes africaines » (quatrième de couverture). Nous remarquons le (e) marquant une écriture inclusive. Cela signifierait-il donc que votre roman s’adresse à toutes les gents ?
Oui, absolument. Mon roman, « Muselé(e)s, le piège des apparences », s’adresse à tout le monde, car les violences conjugales et les injustices que j’aborde ne se limitent pas à une question de genre, ni à un seul groupe de personnes. Bien que le roman mette en lumière les entraves auxquelles les femmes africaines, et plus largement les femmes, sont confrontées, il soulève des problématiques universelles qui touchent chacun d’entre nous, peu importe le genre, l’âge ou l’origine.
L’écriture inclusive, avec le (e) marquant la féminisation, est un choix délibéré pour souligner l’importance de la reconnaissance de toutes les identités et pour inviter à une réflexion collective sur l’égalité et la liberté. Si le roman met en exergue l’émancipation des femmes, cela ne signifie pas que les hommes ne sont pas concernés. En réalité, les violences conjugales et les inégalités ne sont pas un problème isolé des femmes, elles touchent l’ensemble de la société, dans ses multiples dimensions. Ces violences sont liées à des structures sociales et culturelles qui affectent tout le monde, et il est primordial que nous, en tant que société, nous unissions pour les combattre.
Ce roman est un appel à une prise de conscience collective, car l’émancipation et la lutte contre les injustices concernent tout le monde. Il ne s’agit pas seulement de libérer les femmes, mais de libérer la société entière des entraves et des stéréotypes qui maintiennent des inégalités. Chaque lecteur, qu’il soit homme, femme, peut se retrouver dans cette quête de justice et d’égalité, car les violences conjugales dépassent la seule question du genre : elles révèlent des dynamiques de pouvoir, de contrôle et de domination qui touchent toutes et tous. Le changement nécessite la participation active de tout le monde.
Depuis sa sortie, avez-vous le sentiment de marquer le coup ? Un exemple d’avis/témoignage qui vous a le plus touchée jusqu’ici ?
Depuis la sortie de Muselé(e)s, le piège des apparences, j’ai ressenti une émotion profonde en voyant l’impact que ce roman a eu sur mes lecteurs. C’est une expérience inédite, un mélange de gratitude et d’humilité, de voir que des histoires que j’ai mises sur papier résonnent dans la vie de ceux qui les lisent. C’est une forme de connexion humaine, une manière de partager des émotions et des réflexions qui vont bien au-delà de ce que je pensais atteindre. Le témoignage d’une lectrice m’a particulièrement touchée et me confirme l’importance de ce que j’ai écrit. Elle, Nelly NCHOH (Traductrice à la Cour Suprême) m’a écrit :
« J’ai terminé ton roman et honnêtement il m’a profondément marqué. Ce qui m’a le plus frappé, c’est la manière dont tu as exploré les dynamiques familiales complexes, notamment l’influence toxique d’une figure extérieure sur un membre de la famille. Cette emprise insidieuse, cette manipulation subtile, est rendue avec une grande justesse. Le personnage du père, en particulier, est d’une grande profondeur. On ressent sa lutte intérieure, son conflit entre ses propres valeurs et l’influence néfaste qu’il subit. Tu as réussi à le dépeindre comme un être humain vulnérable, piégé dans un cycle destructeur. La force de la relation entre la mère et ses enfants est également très touchante. Leur solidarité, leur résilience face à l’adversité, est une véritable source d’inspiration. Ton écriture est fluide et immersive. J’aime comment tu as créé des atmosphères et comment tu nous fais ressentir les émotions des personnages. Ton roman est un témoignage poignant sur les ravages de la manipulation et de l’influence toxique, mais c’est aussi un message d’espoir et de courage. Et puis, il y a Gabriela… Ce personnage m’a particulièrement touché. J’ai l’impression qu’il y a une histoire profonde et riche à explorer. J’espère sincèrement que ton prochain roman nous permettra de plonger dans son univers. Je suis vraiment admirative de ton travail. Tu as écrit un livre magnifique et nécessaire. Avec toute mon admiration. Ta star Nelly »
Ce retour m’a particulièrement émue, car il touche plusieurs aspects du roman que j’ai voulu transmettre : la complexité des dynamiques familiales, la lutte intérieure de chaque personnage, la résilience face aux épreuves. Le personnage du père, en particulier, m’a permis d’explorer des zones d’ombre de la condition humaine, et savoir qu’il a résonné de cette manière chez cette lectrice est un véritable honneur. Ce témoignage est un exemple poignant de l’impact que peut avoir un livre et il y en a plusieurs. Pour cela, je suis infiniment reconnaissante.
Il est à préciser que le préfacier, c’est monsieur Philippe Camille AKOA, l’actuel directeur général du FEICOM. Pourquoi ce choix ?
Le magistrat hors hiérarchie et directeur général du FEICOM, que vous mentionnez, est une personnalité respectée dans son domaine, mais il est avant tout un ambassadeur HeForShe ONU-FEMMES. C’est en cette qualité qu’il nous a honorés de sa préface pour « Muselé(e)s, le piège des apparences ». Son engagement en faveur de l’égalité des genres et son soutien aux initiatives de justice sociale résonnent profondément avec les thèmes que j’explore dans le roman. Son rôle en tant qu’ambassadeur HeForShe, qui prône l’inclusion et la solidarité entre les sexes pour l’élimination des discriminations, fait de lui un partenaire naturel pour cette œuvre qui parle de l’émancipation et des luttes contre les violences, notamment celles subies par les femmes.
Quant à moi, cela fait bientôt 10 ans que je suis cadre au FEICOM, un rôle que j’assume avec passion et engagement. Mon parcours au sein de cette institution, qui œuvre pour le développement local et l’amélioration des conditions de vie des populations, a été enrichissant et m’a permis de m’investir de manière concrète dans des projets de transformation sociale. Cette expérience m’a également aidée à affiner ma compréhension des problématiques sociales, que ce soit dans le domaine de l’infrastructure ou de l’accompagnement des populations marginalisées. Elle a nourri, d’une manière ou d’une autre, ma vision du monde et l’écriture de ce roman, qui est, entre autres, une réflexion sur la justice, l’égalité et le pouvoir des voix qui se lèvent.
La sollicitation de sa préface a donc été une démarche logique et pleine de sens, étant donné son engagement constant en faveur de l’égalité des genres et sa position de leadership. Le soutien qu’il a apporté à ce projet témoigne de l’importance de ce genre de collaboration pour faire avancer des causes universelles.
« Muselé(e)s, le piège des apparences » fait désormais partie du catalogue des Éditions de Midi. Nous sommes d’ailleurs admiratifs de sa couverture qui, il faut le dire, est différente des productions habituelles de cette maison d’édition. Odile Gaétane NJOPA BIVINA serait-elle une auteure exigeante ? (Rires)
(Rires) Oui, je dirais que je suis une auteure exigeante, mais c’est surtout parce que je tiens à ce que le travail soit bien fait, à ce que chaque détail, chaque aspect de l’œuvre reflète ce que j’ai voulu transmettre. Lorsque j’ai entrepris ce projet, j’avais une vision claire de ce que je voulais, y compris pour la couverture. C’est un élément fondamental d’un livre, car c’est souvent la première chose que le lecteur voit, et elle doit non seulement capter l’attention, mais aussi refléter l’essence de l’histoire. Je n’avais aucune hésitation à envisager de changer d’éditeur si les représentations graphiques proposées ne correspondaient pas à ce que je voulais pour mon roman.
Cette exigence vient aussi de la volonté de faire en sorte que « Muselé(e)s, le piège des apparences » soit à la hauteur de l’impact que j’espère qu’il aura. Les Éditions de Midi ont su comprendre cette vision et m’ont permis d’avoir une couverture qui, comme vous l’avez souligné, se démarque des productions habituelles de la maison d’édition. C’est un choix réfléchi qui va au-delà de l’esthétique, c’est aussi un moyen d’exprimer, dès le premier regard, l’intensité et la profondeur des thèmes abordés dans le livre.
Cette exigence est également un reflet de mon engagement à offrir au lecteur une œuvre qui ne soit pas seulement bien écrite, mais qui soit aussi porteuse de sens à chaque étape du processus de création, y compris au niveau visuel. J’ai donc été très impliquée, mais je suis heureuse que cette collaboration avec les Éditions de Midi ait permis de concrétiser cette vision.
Où peut-on acheter « Muselé(e)s, le piège des apparences » ?
« Muselé(e)s, le piège des apparences » est désormais disponible dans plusieurs points de vente, ce qui me réjouit profondément. Le FEICOM, en tant qu’institution où je travaille, est un point de vente important. Il est présent tant à la direction générale qu’au sein des dix agences régionales, ce qui permet à un large public, partout au Cameroun, d’avoir accès à l’ouvrage. En plus de cela, le roman est disponible aux Éditions de Midi, qui ont été un partenaire clé dans la concrétisation de ce projet, mais aussi dans plusieurs librairies des villes de Douala et Yaoundé. C’est un privilège de savoir que mon livre se retrouve dans ces espaces, car cela rend l’accès à la littérature plus large et permet à davantage de lecteurs de découvrir cette œuvre.
Quelles sont les trois leçons importantes que vous avez apprises depuis l’idée d’écrire ce roman ?
Depuis l’idée d’écrire ce roman, j’ai appris trois leçons essentielles : – L’importance de l’authenticité : écrire, c’est d’abord être fidèle à soi-même et à ses convictions, même si cela signifie briser des tabous. – La puissance des voix humaines : chaque histoire mérite d’être entendue, et l’écriture est un moyen puissant de faire entendre les silences des marginalisés. – La persévérance face à l’adversité : le chemin de l’écriture n’est jamais facile, mais il vaut la peine d’être parcouru, car c’est dans la lutte que naissent les plus grandes œuvres.
Proposer aux lecteurs un livre écrit entièrement avec une intelligence artificielle. Que pensez-vous de cette pratique ?
Je suis totalement contre l’idée de proposer un livre écrit uniquement par une intelligence artificielle. Pour moi, l’écriture est une véritable œuvre de l’esprit, un acte profondément humain. C’est un moyen d’exprimer des idées, des émotions, des expériences vécues, des combats, des questionnements. L’originalité, la créativité et l’âme d’un auteur résident dans cette capacité à explorer des univers personnels et uniques. L’intelligence artificielle, bien qu’impressionnante par sa capacité à générer des phrases ou des récits basés sur des algorithmes, ne peut pas saisir cette profondeur, cette complexité émotionnelle qui rend une œuvre littéraire authentique. Les phrases répétitives, le manque de nuance, et l’incapacité à vraiment toucher au cœur des expériences humaines, rendent ce genre de pratique peu convaincant pour moi.
Un livre écrit par une IA, selon moi, manque de l’essence même qui fait la richesse d’une œuvre littéraire : l’âme de son auteur. L’écriture doit être un dialogue entre l’auteur et le lecteur, un partage d’idées et d’émotions, un geste qui va au-delà de la simple construction de phrases. Cela ne peut être remplacé par un algorithme. Écrire, c’est faire naître des mondes, c’est bousculer les pensées, c’est transmettre des vérités personnelles et profondes. C’est pourquoi je suis convaincue que l’intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer la plume humaine, qui est le véhicule de notre humanité, de notre sensibilité et de notre subjectivité.
Vous avez l’opportunité de dîner avec un.e acteur.trice du livre africain. Lequel.laquelle choisiriez-vous ? Pourquoi ?
Si j’avais l’opportunité de dîner avec un.e acteur.trice du livre africain, sans hésiter, je choisirais Fatou Diome. Elle est pour moi une figure emblématique de la littérature africaine contemporaine, dont l’œuvre porte une profondeur, une richesse et une humanité qui résonnent avec les réalités de notre époque. Fatou Diome a ce don exceptionnel de mêler engagement social et récit intime, de traiter de sujets lourds comme l’immigration, l’identité et les défis sociaux avec une légèreté apparente mais une grande justesse. Ses écrits, en particulier « Le Ventre de l’Atlantique », ou encore « Celles qui attendent », sont d’une grande beauté, porteurs d’une réflexion poignante sur le lien entre l’Afrique et l’Europe, sur la quête d’identité et la quête de soi.
Fatou Diome
Ce qui me fascine chez elle, c’est sa capacité à faire entendre une voix puissante et authentique, sans détour, tout en restant ancrée dans la réalité de son temps. Dîner avec Fatou Diome serait un véritable échange enrichissant, non seulement sur le plan littéraire, mais aussi pour discuter de nos responsabilités en tant qu’auteurs africains, des défis que nous devons relever pour porter nos voix et celles de ceux qui, souvent, ne sont pas entendus. Elle est une source d’inspiration pour moi.
Quels sont vos trois conseils aux auteurs en herbe ?
– Soyez authentiques : écrivez avec votre cœur et restez fidèle à vos convictions, même face aux obstacles. – Lisez beaucoup : la lecture nourrit l’écriture. Puisez dans diverses sources pour enrichir votre imagination et votre style. – Persévérez : l’écriture est un chemin difficile, mais ne vous découragez pas. La constance et la passion finissent toujours par payer.
« Enfant timide, j’ai appris à sortir les mots des lignes, à les vivre. »
Je suis née avec des troubles Dys. Ce sont des difficultés d’apprentissages pour l’acquisition du langage, de la lecture, de l’écriture, du calcul, de la planification… Je les cumule tous avec d’autres neuroatypies. J’ai dû apprendre à être persévérante en oubliant que cela générerait plus de fatigue.
J’ai adoré lire les livres de Babar. Les mots étaient liés à des images. C’est un jeu qui consiste à deviner le mot mais aussi à décrire l’image entière en face qui reprend cette banque d’images. Babar était installé sur le canapé à raconter des histoires. Ce qui exprime l’envie de se poser et de découvrir. Qui n’a pas rêvé d’entrer dans le livre comme dans le film d’une histoire sans fin ?
J’ai adoré aller à la bibliothèque. Sentir cette odeur particulière, découvrir les nouveautés, écouter les contes. D’ailleurs, je rêve d’en avoir une gigantesque.
Puis, j’ai été sélectionnée à l’école pour faire du théâtre. Enfant timide, j’ai appris à sortir les mots des lignes, à les vivre. Je me souviens de mon rôle de « Mère louve » dans la comédie musicale « Le livre de la jungle » joué en CM2. Et puis on chantait aussi, comme « Kumbaya my love ». Oui le Gospel, le chant poétique qui vous prend par les tripes.
J’ai adoré les livres de la collection « Bibliothèque rose » et « verte ». Je les regrette d’ailleurs, car il y avait des illustrations et j’aimais la texture vieillit du papier.
Au collège, j’ai participé à un concours de poésie où j’ai déclamé « la Cigale et la Fourmi » de Jean de la Fontaine. Cela m’a plongé davantage à poursuivre le théâtre.
J’ai adoré lire des livres à l’eau de rose comme ceux de science-fiction. C’était aussi la mode des chairs de poule.
Et puis en 2020, je me suis mise à écrire sur mes plaies listes de musique. Play : jouer, plaisir, et blessures. Le langage des oiseaux a sifflé mon inspiration pour devenir du slam, rap, théâtre, poétique art thérapeutique. Tout ce que j’ai appris en mix média, même dans l’imagerie des mots, est devenue mon abécédaire.
Je suis devenue la Marianne Joconde, dramaturge de ma vie. Je compose, je mixe. Je m’inspire de références et je vais plus loin.
Il y a le passé, le présent, et le futur. Je navigue entre nostalgies et ma vision du monde. Je défends la culture pour tous avec un aspect art thérapeutique. Quand je lis, je dois vivre l’histoire visuellement, auditivement et de façon kinesthésique. Tout passe en sl’âme. Je me nourris chaque jour de l’intelligence collective.
Je tiens à l’édition du livre en papier, avec des illustrations, des couleurs, des textures, tout ce qui donne envie de lire et de vibrer. Je vais reprendre mes études en licence Art et Spectacles pour nourrir davantage mon expérience de vie avec les livres. Ainsi je deviendrai une artiste et art thérapeute accomplie, car je rêve de monter mes spectacles de type « Muppets Show ». D’ailleurs, les personnages de la rue sésame (Sesame Street) avec Bart et Ernest sont d’excellent vecteur d’apprentissage qui donne le goût d’apprendre et de s’en souvenir. Car aujourd’hui, avec persévérance, j’ai pu débloquer de nombreux freins d’apprentissage. Je suis née dys, je mourrai dys, mais j’ai su comment m’en servir et en faire une force.
J’ai écris mes recueils sans tricher sur ma personnalité ni mon schéma de pensée neuroatypique. Je suis authentique et livresque.
La littérature est un miroir de l’âme humaine, un espace où se rencontrent les émotions, les idées et les expériences. C’est un outil puissant pour explorer la condition humaine, susciter la réflexion et inspirer le changement. Pour moi, c’est aussi un moyen de connexion profonde avec les autres, un dialogue intemporel à travers les mots.
En considérant la scène littéraire globale, quelle importance revêt pour vous le besoin d’écrire ?
Écrire est une nécessité vitale. C’est un besoin d’exprimer ce qui bouillonne en nous, de donner forme à nos pensées et à nos sentiments. Dans un monde en constante évolution, la littérature offre un espace de réflexion et de résistance, un moyen de préserver notre humanité.
« Miroir », votre dernier livre, diriez-vous qu’il répond à des questions que vous vous posiez avant son écriture ? Pourquoi ?
Absolument. « Miroir » est né d’une quête personnelle, d’un besoin de comprendre les dynamiques de l’identité et de l’acceptation de soi. Il a été un voyage introspectif, une manière de confronter mes propres doutes et de trouver des réponses universelles.
Racontez-nous « Miroir », plus d’un an après sa parution.
Plus d’un an après sa parution, « Miroir » continue de résonner en moi et chez mes lecteurs. Il est devenu un outil de dialogue, un point de départ pour des conversations profondes sur l’identité, la beauté et l’acceptation. Je suis touchée de voir comment il a aidé certains à se réconcilier avec eux-mêmes.
Vous pouvez retrouver « Miroir » au prix de 5000 FCFA à ces lieux : – Editions de midi (+237 697449082) – Chez Andaal ( +237 6 56 96 41 28) – Bientôt à la bibliothèque du collège François Xavier VOGT. – Également disponible lors de mes séminaires et formations.(+237 695 16 83 87)
Quel regard portez-vous sur la scène littéraire camerounaise actuelle ?
La scène littéraire camerounaise est en pleine effervescence, riche de voix diverses et de talents prometteurs. Il y a un besoin de plus de promotion, et de moyen de faire rayonner les auteurs camerounais, mais nous possédons un potentiel énorme.
Pouvez-vous nous parler de quelques auteurs ou personnalités du monde du livre sur le continent qui vous marquent ? Pourquoi ?
Je suis profondément inspirée par des auteurs comme Chimamanda Ngozi Adichie, dont la plume puissante explore les complexités de l’identité et de la culture africaine. Sa capacité à transcender les frontières et à toucher les cœurs est admirable. Une autre auteure qui me passionne est Fatou Diome. Son regard aiguisé et son courage à aborder des sujets sensibles sont une source d’inspiration.
Vous êtes aussi entrepreneure dans le secteur des médias. Quels sentiments vous laisse la promotion de la littérature en général aujourd’hui ?
La promotion de la littérature est un défi constant, mais aussi une source d’espoir. Il est essentiel d’innover, d’utiliser les nouveaux médias et de créer des espaces de rencontre entre les auteurs et leur public.
Que proposez-vous de nouveau pour faire rayonner la littérature sur le plan international ?
Je crois en la force des collaborations internationales, des échanges culturels et de la traduction des œuvres. Il est important de créer des ponts entre les littératures du monde entier.
Quelle est votre lecture de la montée en puissance des Intelligences Artificielles dans l’écriture des livres ?
L’intelligence artificielle est un outil fascinant, mais elle ne remplacera jamais la sensibilité et la créativité humaines. La littérature est avant tout une expression de l’âme, une connexion profonde avec le lecteur.
Vous travaillez aussi beaucoup dans la formation des jeunes à divers arts, notamment l’art de la parole. Pouvez-vous nous en dire plus ?
La formation des jeunes est une passion. Je crois en leur potentiel créatif et en leur capacité à changer le monde. L’art de la parole est un outil puissant pour développer leur confiance en eux et leur permettre de s’exprimer avec force et authenticité.
Quel a été le procédé d’écriture de »Miroir » ?
« Miroir » est né d’un processus d’écriture introspectif et intuitif. J’ai laissé mes émotions et mes réflexions me guider, en cherchant à créer un texte authentique et personnel. Dans mon procédé d’écriture, j’essayais de me mettre au-dessus des émotions et d’avoir un regard neutre pour mieux analyser les comportements.
La femme dans la littérature au 21e siècle. Avenir de la littérature ? Qu’en pensez-vous ?
Les femmes jouent un rôle de plus en plus important dans la littérature du 21e siècle, apportant des perspectives nouvelles et des voix puissantes. L’avenir de la littérature est entre leurs mains, et je suis optimiste quant à leur capacité à le façonner.
Quels sont les trois (03) conseils de Juliette Doriane NGAH BIDJO aux jeunes auteurs et auteurs en herbe ?
– Croyez en votre voix unique et n’ayez pas peur de l’exprimer.
– Lisez beaucoup, écrivez souvent et n’abandonnez jamais votre passion.
– Cherchez des mentors et des communautés de soutien pour vous accompagner dans votre parcours.
« Je franchissais le mur de la paroisse catholique pour lire… »
Ma mère et moi étions allées en visite chez l’une de ses amies. J’avais huit ans. Cette tantine avait une fille avec laquelle j’aimais jouer. Ce jour-là, à peine arrivée, j’ai vu un livre qui traînait dans un coin. Au lieu de jouer avec mon amie, je me suis jetée sur le livre. Moi qui n’étais habituée qu’à mes livres de classe, ma joie était débordante.
De retour à la maison, je ne redescendais pas de mon nuage. Je cherchais à savoir où je pouvais trouver des livres dans une ville qui n’avait pas de bibliothèque. Une camarade de classe m’informa que la paroisse catholique en avait une. Je voulais y aller pour lire. Mais je suis musulmane. Mon père est Imam. Comment aurais-je pu justifier mon entrée dans cette paroisse, si mes oncles assis en face de la paroisse venaient à m’apercevoir ? Voilà une équation à plusieurs inconnues qu’il fallait résoudre.
Je me rendis vite compte que le mur arrière de la paroisse était ma seule solution pour atteindre mon trésor. Près du mur, un arbre dépassait. J’étais frêle, mais me sous-estimer était une mauvaise idée. Je grimpai sur l’arbre, atteignis le haut du mur et me voilà dans la cour arrière de la paroisse. J’entrai dans la paroisse, puis dans la bibliothèque, après avoir répondu aux questions du prêtre visiblement étonné de me voir là. Je sentais bien les regards curieux sur moi, qu’importe, mon trésor m’appelait. Je franchissais ainsi ce mur chaque fois que j’avais l’occasion de m’échapper de la maison.
Un soir, de retour à la maison, mon père m’attendait avec les branches du Nimier, signe que j’avais commis une faute et qu’il entendait me corriger pour cela. Il me demanda d’un ton très calme :
– Amal, qu’est-ce que tu vas chercher à la paroisse catholique ?
La tête baissée et prête pour l’orage, je répondis :
– Papa, je pars à la paroisse pour lire les livres à la bibliothèque.
Je levai légèrement la tête, pour voir venir la tempête. Il me demanda toujours aussi calme :
– Quels types de livres ?
Je commençai à lui réciter les titres de tous les livres que j’avais déjà lus. Mon père parut impressionné, bluffé.
– Et pourquoi tu escalades le mur ? me coupa-t-il.
– Parce que je suis musulmane. Je ne voulais pas qu’on me voie entrer dans la paroisse.
Mon père soupira et secoua la tête. Il se leva lourdement et me lança :
– Tu es trop bête ! La prochaine fois, entre par le portail.
Le 16 janvier dernier, ACOLITT, par sa présidente Pauline ONGONO, a fait partie d’une belle aventure littéraire au Collège F.X. Vogt.
Soucieux de la compréhension des œuvres littéraires au programme par ses élèves, le Collège F.X. VOGT a invité deux auteurs dont les livres contribuent au cursus scolaire des élèves des classes de 5e et 4e.
Dès 10h15, la salle de fête dudit collège grouillait de plus de 500 élèves des classes de 5e. Une entrée triomphale et on était prêts à aborder la monoparentalité sous la base livresque de »Père inconnu », le roman de Pabe Mongo qui, 40 ans après, continue de parler de lui.
Sous la direction de Pauline ONGONO et en présence du principal du collège et des figures de la littérature camerounaise comme Josée Ambadiang Meli, les intervenants (madame NYATCHOUBANG, enseignante de français, et monsieur Pahm, inspecteur pédagogique) ont proposé leurs exposés (voir les thèmes sur l’image) ; Pabe Mongo a répondu aux questions des élèves et des enseignants ; Djaïli Amadou Amal, attendu par les élèves de 4e, a gratifié de sa présence les élèves de 5e et surtout son père en littérature, Pabe Mongo.
Casse-croûte dans le bureau du principal du Collège F.X. VOGT… 13h50, début de l’échange avec Djaïli Amadou Amal autour de « Cœur de Sahel », œuvre au programme scolaire de la classe de 4e. Avec les interventions de M. Cruz TCHOUANMOE, Mme Nadège BITEENE et sous la modération de M. YANGBEN, cet échange a été un véritable partage. Un partage pleinement vécu par les élèves, l’auteur Badiadji HORRETOWDO et le promoteur des Editions Proximité, François NKEME.
Voilà maintenant deux mois qu’Yvette Angèle TJOMB a contacté Acolitt pour une communication autour de son premier livre, le recueil de sept nouvelles, Innocence coupable, paru récemment aux Éditions de Midi.D
Vu le bon accueil, nous ne pouvions pas ne pas organiser un échange physique entre l’auteure et ses lecteurs. Chose qui a été possible hier, à la Bibliolibrairie de la Cene Littéraire que nous remercions d’ailleurs pour l’accueil toujours aussi impeccable.
Hier était donc le moment de comprendre pourquoi Yvette Angèle TJOMB a choisi des thématiques qui mettent en exergue les couples chrétiens où amour, malheur, rires, pleurs, relations sexuelles très osées… règnent aussi. L’auteure formulera sa contribution pour avoir une vie de couple harmonieuse, une vie avec un.e compagnon.gne qui sera réellement nôtre, une vie de couple où le Divin sera placé au centre… Contribution qui a enchanté plus d’un.
Sous la modération de Ray Ndébi , avec la note de lecture d’une jeune lectrice, Liza Pierrette, l’intermède musical offert par l’auteure et l’excellent pianiste (que nous ne nommerons pas 😃) et toutes les interactions, nous avons passé un moment unique.
Nous comptons bien sûr organiser d’autres échanges, dans d’autres villes.
📌 Innocencecoupable est en vente à Yaoundé, Garoua, Douala et Monatélé (visuel ci-dessous). D’autres points seront communiqués très bientôt.