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  • « Journal d’une jeunesse gaspillée ».Tome 1, de Himins au 15 Pages Par Jour Bookclub

    Prendre son temps, Avoir tout son temps, Faire ses propres erreurs, Être encore jeune… Que d’expressions communes au discours quotidien des parents et surtout des jeunes, quand il s’agit d’expérience. Et, comme dans bien des cas, c’est avec des « Si j’avais su » qu’on va pleurer sur ses échecs. Parfois, il est déjà bien tard. Pourtant on est encore jeune.


    Autour du thème « ETRE CONSCIENT.E », les membres du club de lecture 15 Pages par Jour se sont donné rendez-vous le 06 septembre 2025, à la bibliothèque de La Maison des Savoirs, au quartier Etoudi à Yaoundé, pour plonger dans ce texte autobiographique écrit depuis des souvenirs de l’auteur Himins, du temps où il était encore étudiant à l’université de Buéa, dans le Sud-Ouest du Cameroun.


    C’est sous la forme de notes de cette période de six longues années, entre alcool, sexe et fête, pour obtenir une Licence qui normalement ne lui aurait pris que trois ans, que le jeune étudiant va écrire la plus douloureuse expérience de sa jeunesse. Décidé à nourrir et consommer ses folles envies de mondanités, il va se livrer à divers petits boulots pour financer ses activités nocturnes, loin des amphis et des cours que sa « jeunesse » lui interdit de suivre assidument. « Tu as le temps de te rattraper », lui répète une voix intérieure. Il va donc affronter diverses situations, entre les conseils de ses parents qu’il n’écoute pas et la luxure qu’il embrasse sans modération, et expérimenter le bord de l’abîme. L’idée du suicide ne le quitte plus.

    UNE EXPÉRIENCE GLOBALE DE JEUNESSE

    Selon les membres du 15 Pages Par Jour, la jeunesse dans l’univers de l’écriture a poussé notre l’auteur à produire un livre court qui aurait pu avoir un volume quatre ou cinq fois plus important, car le journal a la particularité d’exprimer une intimité  authentique fondée sur des détails étendus des émotions de chaque évènement  ; avec cette forme d’écriture, il est interdit de se mentir ou de s’interdire sa propre réalité. S’il est écrit pour soi, le journal ne change pas de forme quand il doit être publié, rappelle-t-on durant les échanges.
    Pour se défendre, Himins, qui a fait le déplacement depuis Douala pour vivre ce moment qu’il dit « salutaire pour sa plume », a parlé des premiers lecteurs de son manuscrit, notamment des parents, qui lui auraient signifié être peu à l’aise avec le contenu cru que présentait la manuscrit premier. Influencé, il aurait alors dilué son propos et se serait limité à la simple narration de surface, sans donner plus de détails. Et c’est justement ce que tous les membres de du club de lecture ont soulevé : « Il manque à ce livre l’expérience des scènes, des contextes et des personnages. », l’a soulevé Pauline ONGONO, rappelant à l’auteur combien le lecteur reste sur sa faim face à certaines situations dans son texte.

    UNE CIBLE TOUCHÉE

    Laura, la benjamine du club et nouvellement bachelière, a partagé son épanouissement face à cette lecture qu’elle a partagée avec sa mère. Elle soutient, tout comme Bertille Audrey qui s’est reconnue dans les lignes de Himins, que le livre présente la réalité de nos universités ainsi que les zones de perdition qui ouvrent grand les bras aux jeunes qui vont faire l’expérience des études supérieures au Cameroun. Laura se dit alors mieux préparée à affronter cet univers nouveau qu’elle va intégrer dès cette année.
    Pour Célestine, poétesse elle-même déjà passée par la case « Auteur du jour » du Club, la question de l’éducation est à nouveau à considérer, et dans sa totalité, parce que les parents aussi doivent tenir leur rôle sans lâcher, tandis que les enfants doivent faire preuve de respect en écoutant et pratiquant les conseils. Pour elle, même si la cible dit se reconnaître, elle n’entend pas pour autant changer d’attitude, puisqu’elle voit les réseaux sociaux et autres cercles d’influenceurs et influenceuses séduire et détourner des jeunes plus enclins à suivre l’instinct pour le gain, parfois seulement de like ou de followers, que l’intelligence pour leurs études ou d’autres activités vertueuses et constructives. « Les parents doivent rester vigilants, mais les enfants aussi doivent savoir écouter ceux qui sont passés par là avant eux. », insiste-t-elle. Que les jeunes veuillent tout et tout de suite ne peut que contribuer à gaspiller ce temps dont ils peuvent se servir pour se construire avant le moment des regrets.

    Et la question des détails est encore revenue, puisque l’auteur a plus mis l’accent sur la détresse d’un jeune qui échoue, que sur celle des parents qui eux aussi souffrent de voir leurs espoirs se ruiner dans la débauche et l’immaturité.

    QUESTION DE SANTÉ MENTALE

    L’expérience de Himins a poussé certaines personnes de l’assistance à reconsidérer leurs positions quant à ce sujet  ; l’auteur, alors qu’il se voit rattrapé par l’âge et notamment la barbe blanche qui lui envahit le visage, s’est retrouvé au bord du suicide, quand il a « ouvert les yeux » pour réaliser qu’il avait gâché ses ressources et n’avait plus rien de solide sur quoi tenir pour envisager le futur rêvé. A l’image de la couverture du livre qui le montre au crépuscule, Himins ne se posé plus la question du suicide ; il sait que désormais c’est une question de temps. Il trouvera bientôt le courage de sauter dans le vide.
    De plus en plus de jeunes font face à cette situation, pour avoir considéré qu’ils étaient trop jeunes pour se prendre au sérieux. Encore une fois, la question du contenu de ce livre, quant aux détails saillants manquants, a fait dire à l’assistance que le texte n’est pas assez fourni pour des jeunes de cette époque, pleine de tentations faciles à adopter, pour paraphraser Audrey O., Amina et Erine. Surtout une époque où tout va vite, et 24 heures semblent ne plus suffire à s’épanouir dans une journée.

    VERS UNE PLUME PLUS ÉPANOUIE

    Venu de Douala pour en apprendre un peu mieux sur son écriture auprès des professionnels de la Littérature, Himins a pris ses notes et promis de considérer son inspiration autrement. Il a compris le sens de la critique et s’est ouvert à ces remarques que beaucoup redoutent ou rejettent même quand elles sont fondées et nécessaires.
    Conforté aussi dans son approche, il saura désormais comment tenir son journal pour offrir le meilleur de son expérience et contribuer effectivement à faire évoluer la condition de l’étudiant dans le milieu actuel dont l’écosystème est des plus redoutables.
    « Si tu veux que le lecteur te reçoive, il faut que tu t’ouvres. », a affirmé Ray NDÉBI, pour conclure les cent-vingt minutes d’échange. La rencontre a été différente des précédentes, celle-ci un peu plus orientée vers la critique, car l’importance du sujet et la proposition de l’auteur ont saisi ses lecteurs, qui ont tenu à lui apporter de leur expertise.

    Le livre, Journal d’une jeunesse gaspillée, a obtenu la note de 07/10 car, malgré les insuffisances relevées, le potentiel réel de la plume, quant à son apport dans le rétablissement des valeurs nobles dans l’esprit des jeunes, est évident. Il ne lui reste donc plus qu’à rejoindre les cimes qui constituent son ambition. D’autant plus que le tome 2 est déjà en circulation et que « Himins » signifie « Vient de Dieu ».




  • Fragments de vers dans le ciel : le nouveau recueil du Congolais Marel Fleuri en prévente

    Vous serez les bienvenus dans ce recueil de poèmes de style classique qui dépeint le monde actuel et attire son attention sur le danger encouru notamment en matière climatique.

    L’œuvre regorge d’une variété de thèmes dont certains mettent en avant l’accent sur l’Afritude qui est selon l’auteur, une tendance consistant, non à réclamer l’identité africaine, mais à mettre l’action sur la valeur ajoutée de celle-ci, en l’affirmant, en la traduisant par les actes.

    Il s’agit de rebâtir une Afrique par les africains, et chacun, dans son domaine ; continuer de donner du tonus à toutes celles et tous ceux qui ne se lassent pas d’agir en faveur de l’Afrique et pour l’Afrique, débarrasser de tout complexe.

    L’environnement aussi est un « fragment » de ce recueil, comme pour rappeler au monde et à ses dirigeants, de l’urgence d’agir, de protéger la terre face aux attitudes climaticides. L’homme du XVIIIè siècle a connu le machinisme ; celui de ce siècle est sous les feux de la high-tech. Ces fragments interpellent l’humanité sur notre postérité si rien n’est sérieusement encadré.

    Enfin, l’amour, la jalousie… des vices comme des vertus rejoignent la liste des « fragments » qui constituent ce recueil.

    C’est alors à dessein que le titre est « Fragments de vers dans le ciel ». il s’agit ici du vers poétique qui, projeté dans le ciel littéraire en plusieurs thématiques, vise à atteindre les lecteurs de divers horizons et de diverses tendances, et partager avec eux les fragments de poèmes qu’il contient.

    📌 Sortie officielle le 14 septembre 2025. Cérémonie ouverte à tous au Diaspôras, 6 rue de Tracy 75002 Paris.

    Marel Fleuri est le lauréat de la catégorie Poésie de l’édition 2025 du concours d’écriture Couleurs d’Afrique lancé par la maison d’édition La Perle Noire

    📌 Éditeur : La perle noire

    📌 Autres informations disponibles sur le site de l’éditeur


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    Nous contacter : acolitterature@gmail.com

  • Prix littéraire OSÚ 2025 : Le règlement

    Et désormais une ouverture sur toute l’Afrique !


    ARTICLE 1 – PRÉSENTATION


    Le prix littéraire OSÚ est une initiative de la maison d’édition Éclosion qui s’est donné pour mission de promouvoir l’écriture chez les jeunes. Pour ce faire, en février 2021, la maison d’édition a lancé ce prix littéraire et a enregistré de nombreuses candidatures pour chacune des trois (03) catégories en lice à cette première édition. Les lauréats ont été primés le 17 février 2022, lors d’une soirée organisée par Éclosion, au Djeuga Palace de Yaoundé.

    ARTICLE 2 – OBJET DU PRIX LITTÉRAIRE OSÚ

    Les manuscrits doivent être entièrement écrits par les candidats qui les soumettent. Le plagiat ou la soumission des écrits d’une autre personne ne sont pas autorisés. Chaque participant affirme être l’auteur de l’œuvre soumise et s’engage à respecter le règlement du prix littéraire OSÚ.
    Le concours est ouvert exclusivement aux Camerounais et aux Africains âgés de 15 à 55 ans ;
    Les manuscrits déjà présentés lors des éditions précédentes ne seront pas recevables ;
    Les lauréats des éditions précédentes peuvent candidater avec d’autres œuvres ;
    Sont soumissionnés uniquement les manuscrits qui n’ont jamais été publiés ;
    Date de lancement : juin 2025 ;
    Date limite de réception de candidature : 31 décembre 2025 à minuit.

    ARTICLE 3 – INSCRIPTION

    Pour s’inscrire au concours, chaque candidat doit :
    Remplir et déposer la fiche d’inscription avec le manuscrit sous format papier et numérique ;
    NB : Les candidats résidant hors de Yaoundé pourront envoyer leurs manuscrits et leurs fiches de souscription par email (editioneclosion@gmail.com).
    Payer les frais d’inscription qui s’élèvent à dix mille (10 000) francs CFA. Le paiement des frais d’inscription se fera soit en cash, au siège de la maison d’édition lors de l’inscription, soit par paiement mobile à l’un des contacts +237 678704086 /698031502.
    Avoir un manuscrit qui répond aux critères définis par la maison d’édition (cf. Article 5).

    La fiche d’inscription disponible au siège de la maison d’édition sise à Yaoundé, Kondengui (route derrière Carrosel) ou sur notre site web www.editionseclosion.cm.
    Les inscriptions se font au siège de la maison d’édition ou en ligne après avoir payé et rempli la fiche d’inscription. La réception des manuscrits se fait à l’adresse : editioneclosion@gmail.com

    ARTICLE 4 – CATÉGORIES EN COMPÉTITION

    Les genres littéraires en compétition :
    Roman ou recueil de nouvelles ;
    Livre écrit en langue maternelle camerounaise ;
    Théâtre ;
    Poésie ;
    Livre en langue anglaise ;
    Bande dessinée ou livre pour enfant (illustré).
    Pour que votre inscription soit prise en compte, votre manuscrit doit remplir les conditions ci-après.

    ARTICLE 5 – CARACTÉRISTIQUES DU MANUSCRIT

    1- Contenu
    Pour cette édition, les organisateurs souhaitent valoriser les cultures et les valeurs africaines et surtout camerounaises. Pour ce faire, le manuscrit doit :
    Aborder des thématiques, les fléaux et problèmes, des histoires inspirées de nos réalités africaines ;
    Les noms de personnages, des villes, l’environnement… doivent s’inspirer des noms et lieux africains ;
    Le manuscrit peut être écrit en français, en anglais ou en langue maternelle camerounaise.

    2- Format et présentation

    • Etre au format A4 portrait, écrit avec la police Times New Roman 12 pt, interligne 1,5 pt et justifié.
    • Nombre de pages du roman ou du recueil de nouvelle (100 à 200 pages), livre en langue maternelle (50 à 100 pages), bande dessinée et livres pour enfants (20 à 52 pages), poésie (50 à 100 pages) et théâtre (50 à 100 pages).

    ARTICLE 6 – LES JURYS

    Les jurys officiels sont composés de deux à cinq personnalités de la scène littéraire mondiale : écrivains, journalistes, universitaires, hommes de culture, etc. Ils sont chargés d’évaluer les manuscrits des participants, afin de désigner les lauréats par catégorie, et de leur décerner des récompenses. Les jurys ainsi que les membres du comité d’organisation ne peuvent en aucun cas participer au concours. Ces derniers ont le devoir de répondre à toute question relative aux critères d’évaluation des manuscrits.
    Les candidats s’engagent à respecter le choix établi. Les notations du jury seront établies selon les critères suivants :
    – Originalité : la manière de traiter le problème et l’histoire racontée
    – Pertinence de l’œuvre : problématique abordée.
    – Cohérence : une cohérence entre le titre du livre et le contenu, entre les différentes péripéties de l’histoire et thèmes traités.
    – Style d’écriture de l’auteur.
    Une fiche d’évaluation est mise à la disposition de chaque membre du jury.

    ARTICLE 7 – LES PRIX

    À l’issue du concours, les jurys choisiront une œuvre par catégorie. Les lauréats recevront chacun :

    • Un lot d’une valeur de 300.000 (trois cent mille) francs CFA (Roman, Poésie, Théâtre, livre pour enfants) ;
    • 500.000 (cinq cent mille) francs CFA pour le livre écrit en langue maternelle ;
    • La signature d’un contrat d’édition avec les éditions Éclosion pour publication de l’œuvre gagnante ;
    • La publication et la vente de son livre.
      Le nombre de récompenses peut être amené à être modifié en fonction du nombre de participants : les jurys et le comité d’organisation peuvent primer jusqu’à trois lauréats par catégorie, s’il y a pertinence. Et ne primer aucun lauréat dans une catégorie si personne ne répond aux critères.

    ARTICLE 8 – LES MINEURS

    Les mineurs sont autorisés à participer au concours à condition de fournir une autorisation parentale pour l’inscription dûment signée par le parent ou le tuteur légal.

    ARTICLE 9 – PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE

    Les participants au concours reconnaissent avoir pris connaissance et acceptent le présent règlement. Ils autorisent expressément et à titre gratuit les éditions Éclosion à reproduire leurs noms, photos et titre du manuscrit ou extrait partiellement ou entièrement sur tous supports de communication et notamment sur le site, les réseaux sociaux de la maison d’édition ainsi que ceux de ses partenaires. Toutefois, après le concours, les candidats n’ayant pas été primés peuvent récupérer leurs manuscrits ou demander leur destruction, pour ceux qui ont déposé la mouture physique.
    NB : Déposez les copies de vos manuscrits, car ils ne seront restitués.

    Les lauréats au prix littéraire OSÚ ont un délai de six mois (06) pour se rapprocher de la maison d’édition et prendre connaissance des modalités d’édition afin que nous puissions commencer le travail sur l’œuvre. Les couvertures des livres édités dans le cadre de ce concours porteront une mention spéciale.

    ARTICLE 10 – MODIFICATION, ANNULATION

    Les éditions Éclosion se réservent, à tout moment, la possibilité d’annuler ou de modifier sans préavis, si les circonstances l’exigent, sans que sa responsabilité puisse être engagée, le présent concours. Dans la mesure du possible, ces modifications ou changements feront l’objet d’une information préalable par tous moyens appropriés. En cas d’annulation, les éditions Éclosion devront faire part aux candidats et leur restituer les frais d’inscription ainsi que leurs manuscrits. En cas de désistement d’un candidat, aucune indemnisation ne sera offerte en compensation.

    ARTICLE 11 – RESPECT DU RÈGLEMENT

    La participation à ce concours implique le plein accord des candidats à l’acceptation du présent règlement et aux décisions concernant tout aspect de ce concours. Le non-respect du règlement entraîne l’annulation de la candidature.

    La Directrice Générale des Éditions Eclosion, Christelle NOAH

  • BIOLITT : Arthur Himins, auteur et traducteur-interprète camerounais

    Si chaque être humain a la possibilité d’utiliser ses talents et compétences pour contribuer à bâtir un monde meilleur, l’écriture est le domaine dans lequel s’exerce HIMINS.

    Originaire du Cameroun, HIMINS est un auteur passionné, un activiste humaniste doté d’un calame à la fois profond et tranchant, tel un glaive. Féru de philosophie et de sagesse africaine, son tout premier ouvrage s’intitule Journal d’une Jeunesse Gaspillée, une autobiographie écrite en deux tomes. Avant le deuxième tome susmentionné, il publiera Votre Différence est une force, ouvrage portant sur le handicap, du point de vue des handicapés.

    HIMINS est aussi un traducteur-interprète Freelance (français, anglais et espagnol), commerçant et jeune investisseur.

    En 2023, il fonde la Tontine Littéraire, un club de lecture basé à DOUALA (Cameroun), qui a offert la possibilité à de nombreux auteurs camerounais et africains, de se faire connaître.

    En novembre 2024, il participe à la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain, sous l’invitation de l’Union Européenne au Cameroun.

    Sa plume est influencée par l’auteur Félix MBETBO ; les écrivaines Suzie DO’O, Kelly YEMDJI ; le romancier BEYROUK ; le Dr Joseph Marcel EBOA (auteur et coach financier) ; et Robert GREENE, auteur de bestsellers.


    Avec des lecteurs au Cameroun, en Afrique et dans la Diaspora, HIMINS n’entend pas s’arrêter en si bon chemin et ambitionne d’entrer dans le panthéon littéraire africain voire mondial.




  • Anne Rachel ABOYOYO A. et la quête de l’humain authentique

    LE MOT DE L’AUTEURE

    Nous rôdons tous aux abords du bonheur, à chercher l’apaisement de l’être, dans toute activité humaine. En venant à l’écriture, c’était cela mon rêve : trouver l’apaisement de l’être en soumettant le mot à l’expression des vides. Ai-je réussi ?
    Ce qui est sûr, ce sont les étapes du parcours :


    – 2007, Bouquet de cendre, Anthologie de la poésie camerounaise féminine d’expression française. Le livre publié par Jean Claude Awono et Marie-Rose Abomo-Maurin loge mes premiers textes publiés.

    – 2011, Senteurs du crépuscule arrive ; j’ai écrit et publié mon premier livre, avec le seul espoir conscient, de vouloir réveiller les lecteurs à l’émotion, à l’attendrissement, à la compassion. Bien naïf objectif, quand on sait, avec Umberto Éco, que le texte littéraire est un insaisissable ouvert à toutes les interprétations. J’en prendrai pour mon chef, avec quelques retours de lecture.


    – 2016, Les graines du silence. Je résiste à la déferlante inhumanité qui s’alerte à mon passage. Je postule la stratégie de l’altérité triomphante, je rêve de quiétude les yeux ouverts sur un monde qui proclame vertement le pugilat…


    – 2022, Des vers au bout du canon, un collectif, reçoit l’écho de ce désir d’harmonie intérieure et avec le cosmos.


    – 2024 , Les chansons d’Angongué, un collectif encore, dessine et répercute l’attachement à l’harmonie avec les autres.


    – 2025, La revanche de l’amante, scelle le procédé de socialisation qui m’est cher, et qui se joue dans la conception du lien amoureux.
    C’est un livre de la maturité conceptuelle sûrement. La revanche de l’amante fixe le cap du beau et du vrai à mon sens, et participe d’une dynamique de la déculpabilisation des protagonistes, dans la relation amoureuse. Face à un système de prédation de la vérité de l’être, lié à la super promotion du matériel sur le spirituel, ce livre est un acte de résistance (qui sera porteur dans le temps, je le pressens) face à la dérive capitaliste de la gestion du sentiment amoureux, qui jette l’opprobre sur l’ombre présumée (l’amante, c’est-à-dire la compagne officieuse). Au même moment, le livre expose l’humiliation que subit la lumière supposée (l’épouse légale) enténébrée par l’aigreur et les calculs de bas étage.


    Ce que j’y propose, c’est l’observation minutieuse des splendeurs des paradoxes apparents : la passion resplendit lorsque l’absence est acceptée comme son carburant par exemple, et donc comme un don ; l’idée de la fusion repose en réalité sur l’hétérogénéité qu’impose l’exercice de la liberté (aimer suggère le partage et non l’égocentrisme au nom d’une débâcle embellie de la jalousie) ; l’idée même de l’émancipation est restructurée dans la considération de soi par rapport à soi-même et non par rapport à une finitude matérielle, axée sur le port d’un anneau ou la gestion d’un budget de famille.


    Il faut donc éviter de s’attendre à lire un livre qui rentrera dans la description basique d’une guéguerre infinie de femmes à la solde d’une querelle pour avoir un homme. C’est bien au-delà, la proposition d’une conception de la relation amoureuse qui déplace les bornes de la castration des facultés naturelles de l’homme (de sexe masculin) à protéger, partager, diriger et soumettre. C’est un refus de participer à l’émasculation du mâle humain.



  • « Amnésique » d’Yvette NOUGA : D’amour et de résilience par Pauline M.N. ONGONO

    « Où sommes-nous ? Qu’est-ce que je fais ici ? » C’était le premier signe de son amnésie, après cet accident qui a emporté l’amour de sa vie…


    Nsili et Lenssi se revoient au hasard des choses. Nsili est médecin, elle revient d’une longue période de spécialisation en France. Une chose l’anime, faire ce travail qui, quelques années en arrière, ne lui permettait même pas d’avoir une vie descente. Rentrée de Paris, elle devient le médecin à avoir à tout prix. Comme quoi, traversez la mer et devenez automatiquement le plus compétent. Elle mène sa vie entre ses parents, son boulot, sa sœur, prise de temps en temps dans l’étau du fameux « Tu te maries quand ? » de sa mère, madame MESSINA.


    Lenssi est son amour de jeunesse. A peine se sont-ils retrouvés par le hasard des choses, qu’ils se lancent dans une relation maculée de passion, d’amour, de rires… de toutes ces choses qui nourrissent les papillons dans le ventre. « (…) revoir Lenssi hier, a suscité une vive émotion en moi. », lirez-vous à la page 27. Leur mariage est alors une évidence quelques années plus tard, et de cet amour, tombera des fruits. Mais une ombre plane sur eux : Nsili n’est pas aimée de sa belle-mère et ses efforts pour se faire aimer restent vains. Le couple en fait tellement pour changer ce sentiment, que cela les mène à ce moment fatidique, ce 05 février, jour où tout a basculé… Ce jour où tous ces moments idylliques se sont effacés de la mémoire de ce personnage ; ce jour qui lui a prouvé que la vie valait d’être vécue ; ce jour qui a emporté la paix dans la vie de tous les personnages… « Vous avez une amnésie secondaire à votre accident de voiture », lui dira son psychologue au chapitre 7 qui porte d’ailleurs le titre « Amnésie », dès la page 173.


    Le roman « Amnésique » est écrit sous un détail de chronologie et de lieux. Il commence à Paris en septembre 2018 et s’achève en février 2024 à Nkoteng. De sa plume, Yvette NOUGA, camerounaise et médecin épidémiologique, décrit une histoire où tout se veut rêve et beauté ; compréhension et amour ; appréhension et solution ; pleurs et rires… Paru chez Eclosion, une maison d’édition basée au Cameroun, « Amnésique » est une vague houleuse de 248 pages sous un temps intermittent de 10 chapitres et d’un épilogue.
    A travers cette vague, Yvette NOUGA dépeint ces choses que l’on voit tous les jours, qui passent inaperçues ou pas, mais qui s’impriment dans notre subconscient, jusqu’au jour où survient un événement qui vous fera les oublier entièrement ou pas. Elle a choisi de donner à chaque personnage la parole, pour exprimer, sans détour, ressentiment, gratitude, haine, complexe et la liste n’est pas exhaustive. La lecture de ce roman nous a permis de relever ce que nous appellerons les sept péchés sociaux de « Amnésique », ceux-là même qui portent ce roman :


    Premier péché social : La non valorisation des diplômes locaux et des jeunes diplômés :
    Nsili subit des injustices et des salaires minables qui ne lui permettent même pas une gestion efficace des frais de transport, comme vous le lirez à la page 6. Aller en France change la donne, car « Au Cameroun, un médecin qui a un diplôme, même un simple diplôme universitaire obtenu d’une université étrangère et plus encore européenne ou américaine, a une aura décuplée face à ses pairs, de l’avis des patients. », lirez-vous à la page 7. Ou encore à la page 44 : « Nous avons un problème au Cameroun quand il s’agit d’avoir des postes de responsabilités. Etre jeune quand cela arrive, peut poser des problèmes. »

    Deuxième péché social : les rapports avec la belle-famille :
    Dans ce roman, Yvette NOUGA dépeint les rapports belle-mère – belle-fille très souvent teintés d’hypocrisie ou de haine ouverte, mais aussi de beaucoup d’amour. Autant madame MESSINA était détestée de sa belle-mère, autant elle aimait Lenssi, son beau-fils ; et comme un mauvais héritage, Nsili a connu la même haine. Elle a bu presque jusqu’à la lie, la haine de sa belle-mère, Ma’a Seudjang, que même la naissance de son premier petit fils n’a pas réussi à adoucir : « C’est juste que je me disais que vous n’étiez pas obligés de rester ensemble parce que vous avez un enfant ! (…) Je t’ai trouvé quelqu’un qui soit à ta hauteur et qui te portera haut. », dira-t-elle à son fils, à la page 154, ne tenant pas en compte le fait qu’il était déjà marié, mariage auquel elle avait d’ailleurs décidé de ne pas assister.


    Troisième péché social : Le tribalisme :
    Yvette NOUGA met sur le tapis le pseudo non amour entre les tribus camerounaises de l’Ouest et celles du Centre. Une pseudo haine qui a pourtant été à chaque fois la preuve d’unions solides et d’amour vrai entre mari et femme, le cas échéant, entre Lenssi et Nsili. Ce troisième péché est l’objet du rapport nocif entre Nsili et sa belle-mère. Elle est bassaa et ewondo, il est bangangté.


    Quatrième péché social : La pression familiale :
    « Comme toute mère, maintenant j’espère la voir mariée et maman. » Nsili n’avait pas défait ses valises à son retour de France que, déjà, sa mère nourrissait ses envies de belle-mère et grand-mère à la page 15. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à lui mettre cette pression, tout son entourage semble voir en elle cette évidence du « tu dois déjà te marier et avoir des enfants ». Même si cet aspect est relevé avec douceur dans le roman, il n’en reste pas moins qu’il résonne comme un tambour d’Afrique dans le subconscient. Nsili n’avait pas trente ans, elle estimait avoir encore assez de temps pour réfléchir sur la situation.


    Cinquième péché social : La maladie :
    Le roman « Amnésique », au-delà de sa connotation, est aussi le théâtre de la Covid-19 et de toutes les émotions, nouvelles habitudes et inventions médicamenteuses que cette période a connues, comme vous pourrez le lire à la page 38. Mais aussi, le souvenir de ce que la vie n’aurait peut-être plus été, cette chaleur que cette maladie aurait volée, si elle avait perduré.


    Sixième péché social : L’amour :
    Il est vrai que lorsqu’on parle d’amour, on s’imagine toujours le beau et le bon, mais pensons-nous qu’il peut aussi être gage de conséquences désastreuses ? La lecture du livre vous montrera à quel point l’amour a gâché des vies : l’amour pour une mère, l’amour pour un fils, l’amour en trop grande quantité qui peut être agaçant des fois.

    Septième péché social : L’orgueil :
    Voici un péché qui est commis par tous les personnages à un moment donné de leur évolution ; car s’il y a une force qu’a eu Yvette NOUGA lors de l’écriture de ce texte, c’est bien celui de l’évolution des personnages. Une qualité qui manque à plusieurs auteurs de romans.


    Suivant « ces sept péchés sociaux », le titre de ce roman ne symbolise donc pas juste un état de perte de données cérébrales, mais une amnésie liée aux bienfaits de l’union des familles lors du mariage, au pourquoi de l’éducation locale, aux avantages multiculturels, au vivre-ensemble national (vécu pourtant hors des frontières, comme vous le lirez à la page 129).


    « Amnésique », c’est aussi l’étalage de l’échec de la femme. Entre madame MESSINA qui ne comprend pas le désir de Nsili d’y aller doucement malgré tout l’amour qu’elle porte à Lenssi, Ma’a Seudjang qui refoule sa belle-fille… La femme, dans ce roman, est la cause du chaos qui va chambouler la vie des personnages.


    « Amnésique », c’est une invitation à découvrir le Cameroun. Yvette NOUGA n’a pas été chiche, elle a valorisé les villes et villages du Cameroun, les rythmes, les néologismes, les prénoms à connotation camerounaise à l’exemple de « Nsili » qui signifie « question ». Vous pourrez y lire aussi : « les pleurs du Mbolé paktout-paktout » à la page 148 ; « no milk » à la page 149 ; « djoudou » à la page 103 ; et les lieux tels que Ebolowa, Nkolandom, Akoa-kass, Ekom-Nkam, Dibombé, Mont Manengoumba, Mbalmayo, Bangangté… Toutes ces choses qui témoignent de la simplicité d’écriture d’Yvette NOUGA et la facilité de lecture de ce roman.


    « Amnésique », c’est aussi une somme de questions, une somme de « et si ». Et si elle ne l’avait pas aimé ? Et si elle l’avait accueillie ? Et s’ils ne s’étaient pas revus ? Et s’ils n’étaient pas issus de cultures différentes ? Et plein d’autres « et si ».
    Malgré sa couverture de couleur sombre, « Amnésique » est porteur d’espoir. Une sorte de Harlequin à la camerounaise qui vous transporte, vous éteint et vous fait renaitre. Il termine d’ailleurs à la page 248 avec la note : « Aujourd’hui, je débute un nouveau chapitre de ma vie ».


    A cette ère où la santé mentale est de plus en plus démystifiée et concerne même ceux qui paraissent sains d’esprit, « Amnésique », premier livre de l’auteure, rentre dans le sillage des supports à utiliser pour en parler. Qu’il ait été choisi parmi les livres primés au prix littéraire OSU édition 2023 était donc judicieux.


    Aussi vrai que lire des livres délivre, il suffira de dépenser 5000 FCFA, de le lire, pour être délivré. Contact : infoslitt@gmail.com

  • 31 juillet – Journée Internationale de la Femme Africaine : La femme est un remède pour la femme

    La Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA) est instituée en 1962 lors de la première Conférence des Femmes Africaines à Dar es Salaam (Tanzanie), qui a conduit à la création de la PAWO, l’Organisation Panafricaine des Femmes.

    Les objectifs de cette journée sont :

    • Promouvoir, mettre en lumière les initiatives de la femme africaine pour le développement du continent
    • Célébrer les femmes africaines et les aider à réaffirmer l’engagement en faveur de leur autonomisation et de l’égalité des sexes
    • Discuter sur des sujets divers (politique, économie, culture, etc.) pour le développement de la femme en Afrique

    📌 En bref, c’est une journée pour célébrer la femme africaine et la booster encore plus.
    ACOLITT a choisi de célébrer six femmes de la littérature qui, au quotidien, posent des actions autour de la femme.

    Que ce soit chez la fille ou l’adulte, elles sont au taquet pour une jeunesse féminine intelligente. Voilà une belle proposition que fait Carmen Toudonou, écrivaine béninoise, chaque deux ans, avec le concours Miss Litterature. Un concours qui regroupent des jeunes dames de différents pays et qui fait l’éloge de la beauté intellectuelle. En outre, dans plusieurs anthologies, elles regroupent des écrits de femmes, suscitant ainsi un réseau de femmes ouvert au monde.

    Dans le groupe Facebook Ecrivaines du Cameroun, vous aurez le loisir de voir le formidable engagement de Jeanne Louise Djanga. Sortie de livres, événements autour des livres de femmes… elle n’hésite pas à en parler. Et un plus à cette initiative est la mise sur pied l’Union des écrivaines africaines par Cylia Lateb. Une belle manière de fédérer les efforts et les compétences de chacune, créant ainsi un réseau solidifié d’écrivaines africaines à travers le monde.

    Qui dit écrivaine, dit livre, dit découverte, dit chaleur humaine… Pour faire la différence sur les promotions déjà en place, Amina Seck (Sénégal) et Pulchérie Abeme Nkoghe (Gabon) ont institué des salons littéraires pour valoriser les écrits de femmes. D’aucun penseront à un féminisme de haut grade, il convient de les rassurer sur le bien fondé d’un rassemblement de femmes autour de leurs livres, discutant de techniques d’écriture, de défis lorsqu’on est femmes (épouses, mères…) et écrivaines et d’autres sujets pour développer la scène littéraire. Vous pourrez alors assister, à loisir, au Salon International Féminin du Livre et des Arts du Gabon et au Salon du livre féminin de Dakar.

    En Afrique, on déplore le manque de bibliothèques, surtout des bibliothèques avec des fonds africains. Edwige DRO l’a compris et a décidé de mettre sa pierre à l’édifice : elle a mis sur pied 1949 à Yopougon (Abidjan, Côte d’Ivoire). Il s’agit d’une bibliothèque dont le fond est constitué uniquement de livres de femmes d’Afrique et du monde noir.

    Planter la graine comme Carmen Toudonou, créer des réseaux comme Jeanne Louise DJANGA et Cylia LATEB, organiser des salons comme Amina SECK et Pulcherie ABEME, investir et s’investir pour la mise sur pied d’une bibliothèque spécialisée, autant d’actions qui valorisent la femme, ses actions et ses projets en littérature. Des actions à féliciter et à encourager.

    📢📢📢 𝐎𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐥’𝐚𝐟𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞𝐫 : 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐦𝐞̀𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞.

    Cette journée est aussi l’occasion pour nous de féliciter et remercier toutes ces personnes et associations qui se démarquent et qui donnent du leur pour le développement de l’Afrique ; l’autonomisation, le bien-être, l’éducation de la femme africaine. De manière non exhaustive : Djaïli Amadou Amal, Association des Femmes Entrepreneures du Cameroun, Rafdel, Andaal, Griote, L’orchidée Moulengui, LaDika, Régine Nadège Ekodo Ndjoana, Arielle Dnoutcheu, Yémélé Rosine, Armelle Touko, Nadine C. Mekougoum, Nadine Gérard, Carine Andela, Cynthia Nikeze, Christelle Noah DG, Danielle Eyango Ecrivaine et la liste est loin d’être exhaustive.

    Nous adressons spécialement nos encouragements à Rose Dede KOUEVI. Vivement une tenue saine du Salon international féminin du livre de Ouagadougou.
    Des fois, les échecs sont un carburant de bonne qualité.

    ACOLITT, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com



  • D-LIVRE – Entretien avec Axel AVERROES KORONDO, écrivain, philosophe et politologue centrafricain

    J’adore quand on me critique, quand on critique mes écrits ! Cela me donne encore plus de force pour écrire.

    Pouvez-vous vous présenter brièvement à nos abonnés ?

    Je me nomme Axel Presnel Averroès Korondo, écrivain centrafricain, chercheur en philosophie, analyste politique et spécialiste de l’éducation.


    Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire, et comment avez-vous trouvé votre voix entre la philosophie, la politique et la littérature ?

    Qu’est-ce qui me pousse à écrire ? Quelle belle question ! Premièrement, écrire est pour moi une passion, une essence qui anime mon âme. Deuxièmement, je peux dire que je suis né pour réfléchir à tout ce qui touche à la survie humaine. Enfin, tant que l’Afrique ne connaîtra pas la paix, tant que la justice sera au détriment du prolétariat, tant que la liberté des peuples sera bafouée, je ne cesserai jamais de m’exprimer. C’est ce qui me pousse à exprimer mes pensées afin d’éveiller la conscience africaine. Comment ai-je trouvé ma voie entre la philosophie, la politique et la littérature ? Une question qui résume toute ma vie et mon être. Pour commencer, la philosophie est l’essence même de ma vie, ce qui me pousse à réfléchir. Dès mon plus jeune âge, j’interrogeais mes parents sur tout ce que je voyais. J’avais ce désir de rechercher la vérité et de la connaître. Soudain, le désir de devenir philosophe, chercheur de la cause première, est né en moi. De la philosophie, je me suis retrouvé dans le domaine de la politique, qui semble être un héritage familial. Je viens d’une famille totalement politisée. Mon père était un grand homme politique, membre du plus grand parti politique de la République centrafricaine et candidat malheureux aux élections législatives. En fin de compte, je dirais que j’ai trouvé ma voie en combinant la philosophie et la politique, et les deux avec la littérature. Rien n’est plus difficile pour moi ! En tant que philosophe, j’utilise la philosophie pour analyser l’action politique.


    Vos écrits mêlent effectivement analyse politique et réflexion philosophique. Il est donc aisé pour vous d’articuler ces deux dimensions dans votre travail…

    Je n’éprouve effectivement aucune difficulté à articuler ces deux dimensions. Premièrement, il est important de comprendre que la réflexion philosophique est une approche dont l’objectif est d’identifier les problèmes de société, puis de formuler une réponse critique et, enfin, de trouver une solution. L’analyse politique, quant à elle, est une approche qui se concentre sur les actions de l’État, le pouvoir et le comportement des acteurs politiques. Cependant, pour l’analyse politique, il est impératif de recourir à la réflexion philosophique. Car la réflexion philosophique implique la raison. Cela signifie simplement que j’articule bien et harmonieusement ces deux dimensions. À mon avis, la réflexion philosophique constitue l’essence même de toute analyse politique.


    Quels auteurs, penseurs ou courants intellectuels ont le plus influencé votre pensée ?

    Je suis influencé par trois grands courants philosophiques : le courant spiritualiste avec Platon, saint Augustin et Bergson ; le courant rationaliste avec Descartes, Spinoza et Hegel ; et le courant humaniste avec Montaigne, Auguste Comte et Emmanuel Kant. Outre ces courants partisans, je suis également influencé par Averroès, Adams Smith, Jean-Jacques Rousseau, John Luck et Thomas Hobbes.


    Votre travail interrogeant très souvent les structures du pouvoir. Comment définiriez-vous votre rapport à la politique : observateur, critique, ou engagé ?

    Je ne suis pas un observateur ! Tous mes écrits expriment qui je suis et ce que je deviendrai. Je critique toutes les politiques néfastes qui détruisent les classes sociales. À travers mes écrits, j’invite la société africaine à une prise de conscience positive et, en particulier, les dirigeants africains à prendre conscience de leurs devoirs et obligations. Je suis donc un acteur engagé qui critique pour contribuer à l’émancipation de la société.


    On revient donc au fait que la philosophie doive nécessairement s’engager dans le débat politique.

    Je le répète sans cesse : philosophie et politique sont indissociables. Car la philosophie est une quête de vérité guidée par une interrogation sur la société, l’homme et son rapport à la nature. La politique, quant à elle, étudie les actions de l’État, le pouvoir, son équilibre, ses relations internes et ses rapports avec autrui. Je dirais donc que la philosophie doit nécessairement s’engager dans le débat politique et ne peut jamais s’en distancier. Le débat politique a nécessairement besoin de la philosophie pour une analyse politique logique et cohérente. Car la philosophie offre des méthodes de réflexion qui favorisent une analyse du politique.

    Dans vos analyses et vos livres, vous abordez des thèmes comme la démocratie, la justice ou la liberté. Quel est, selon vous, le plus grand défi politique de notre époque ?

    Le plus grand défi politique de notre époque est le respect de la démocratie. Car le développement exige une paix durable. Et lorsque la démocratie est respectée, la paix est garantie.


    Votre réflexion philosophique semble ancrée dans des enjeux contemporains. Comment conciliez-vous la profondeur théorique et l’accessibilité pour un public non spécialisé ?

    Mes réflexions philosophiques sont ancrées dans des problématiques contemporaines. Avant de m’exprimer dans mes écrits, je m’efforce de comprendre mon public, mes lecteurs. Parfois, je parviens à écrire dans un langage approprié et accessible à tous. Cette méthode me permet de concilier profondeur théorique et accessibilité pour un public profane. C’est pourquoi j’inclus souvent une explication en introduction afin de faciliter la compréhension de mes écrits.


    La notion de « vérité » est souvent contestée aujourd’hui. Comment analysez-vous la crise des discours dans nos sociétés modernes ?

    La vérité est ce que nous recherchons tous au quotidien. C’est pourquoi rien ne nous empêchera de la rechercher tout au long de notre vie. Mais il est regrettable que nos sociétés actuelles soient fragilisées par des crises du discours. Cette crise du discours est causée par un profond manque de recherche de la vérité. En réalité, lorsque nous recherchons la vérité, c’est ainsi que nous sommes appelés à nous exprimer, à formuler des propositions susceptibles de contribuer à la construction de la société, etc.

    La philosophie peut-elle encore jouer un rôle face à la montée des populismes et des idéologies extrêmes ?

    Je vous le dis, et même si vous invitez un autre écrivain, il vous le dira : la philosophie a un rôle éternel dans la société. Face à la montée fulgurante du populisme et des idéologies extrêmes, je suis convaincu que la philosophie servira d’arme pour bloquer l’essor de cette doctrine instrumentalisant le peuple. N’oublions pas que le populisme et les idéologies extrêmes n’ont d’autre but que d’instrumentaliser le peuple en critiquant le pouvoir en place. Pour les contrer, nous avons besoin d’une raison cohérente pour démontrer au peuple ce que recherchent le populisme et les idéologies extrêmes et quelles sont leurs ambitions.


    On peut donc conclure que la construction de vos livres part d’une idée politique, d’une question philosophique et d’une intuition littéraire ?

    Mes livres s’inspirent toujours des réalités de mes sociétés. Chaque jour, je suis invité à réfléchir aux maux qui affligent notre société. Tous mes livres puisent leurs sources dans des faits réels, parfois même négatifs. Il m’est souvent difficile de mêler imaginaire et réalité dans mes livres. Je dirais donc que mes livres sont construits sur la réalité pure.


    Vos ouvrages et prises de position suscitent parfois des débats polémiques. Comment vivez-vous les critiques et les controverses ?

    Je suis un homme direct, honnête, responsable et cohérent. Je ne recule jamais devant la critique et la controverse. Quelles que soient les critiques ou les controverses, je garde la tête haute et réponds à tous mes détracteurs. J’adore quand on me critique, quand on critique mes écrits ! Cela me donne encore plus de force pour écrire. J’aime le débat lorsqu’il vient de mes lecteurs. C’est pourquoi je reste calme face aux critiques et aux controverses. Je dis souvent : je pense, donc je suis ! Mais je dis ce que je suis et ce que je pense !

    Avez-vous quand même le sentiment que vos idées sont mieux comprises aujourd’hui qu’à vos débuts à l’écriture ?

    C’est une question de perfection littéraire ! Quand j’ai commencé à écrire, mes idées étaient mal comprises ! Certains lecteurs ne me prenaient pas au sérieux, d’autres pensaient que je plaisantais. Mais aujourd’hui, on croit en mon écriture et on me suit partout dans le monde.


    Sur quels projets travaillez-vous actuellement ? Un nouveau livre ou autre initiative littéraire en préparation ?

    Un bon écrivain ne reste jamais sans projet. Sa plume doit toujours être fluide. Je répondrais donc que je travaille actuellement sur trois nouveaux manuscrits : deux essais politiques et un roman. J’ai également d’autres projets littéraires que vous découvrirez au fur et à mesure.


    Y a-t-il une question philosophique ou politique que vous aimeriez explorer mais que vous n’avez pas encore abordée ?

    Je suis un chercheur et un penseur insatisfait ! Pour ce faire, je creuse comme une foreuse. Jour après jour, la scène politique africaine nous offre de nouveaux sujets de réflexion. Je me rapproche donc progressivement de ce que la société africaine m’offre sur la scène politique. Mais la question philosophique que je dois aborder dans mon prochain essai est la suivante : comment entrer en contact avec l’âme de nos parents et comment les ressusciter ? J’emmènerai mes lecteurs dans un voyage au cœur de la spiritualité africaine.


    Quel conseil donneriez-vous à un jeune penseur qui souhaite mêler philosophie, politique et écriture ? Ou tout simplement un jeune qui veut écrire, peu importe le sujet.

    L’amour de l’écriture est l’essence même de la plume. Quiconque souhaite approfondir ses connaissances littéraires doit aimer l’écriture, la lecture et la critique. Un jeune qui souhaite se consacrer à la philosophie, à la politique ou à l’écriture doit connaître et comprendre la philosophie et la politique, et écrire quotidiennement.

    Merci pour vos réponses.


    Propos recueillis par Pauline ONGONO

  • 12 août 2025 : Journée Internationale de la Jeunesse : Dix Africains à l’honneur

    Approuvée le 17 décembre 1999 par la Conférence Mondiale des Ministres de la Jeunesse, la Journée Internationale de la jeunesse vise la promotion ou mieux le développement entre autres, de la conscience des jeunes en ce qui concerne le Programme d’Action Mondial pour la Jeunesse à l’horizon 2000 et au-delà.

    ACOLITT a choisi de parler de dix (10) Africains qui posent leurs pierres aux édifices Littérature et Éducation.

    • Lorena Nolwen Lekeufack Kamaha : Miss Litterature Afrique 2025 – 2026, Miss Littérature Cameroun 2025. Elle est auteure, étudiante, d’une culture littéraire remarquable, qui s’investit dans la promotion de la lecture.
    • Paterson Duplex Sikoue : il met sur pied le premier prix destiné à la filière BD au Cameroun. Il est une personne ressource auprès du MBOA BD FESTIVAL et de Waanda Stoudio, deux entités qui font vivre la bande dessinée.
    • Yémélé Rosine : auteure et psychologue du développement, elle a décidé, en 2022, de faire plus qu’un dépôt de dons dans des orphelinats : elle a mis sur pied le CHALLENGE INTER-ORPHELINATS. Pour sa 4e édition cette année, il s’est tenu à Nanga-Eboko, à Edéa et le 23 août 2025, il se tiendra à Yaoundé. Vous souhaitez donner un sou pour soutenir l’initiative ? Contact : +237 6 90 32 77 15
    • Sara Timb : auteure, poète et lauréate de plusieurs prix à travers le monde, elle ne ménage aucun effort pour vanter et vendre son potentiel. Elle est la promotrice du programme « J’écris au cameroun ». Un programme qui met en scène des élèves de plusieurs établissements scolaires à travers des ateliers, des concours…
    • Bienvenu Juvenal Rouheda : il est auteur, coach d’écriture et d’art oratoire. Il est le président de l’Association des Jeunes Ecrivains Centrafricains (AJEC)
    • Dieng Ousmane : il est auteur, slameur et poète. Sa particularité est son amour pour le bambara dans ses textes. Un amour qui l’a encouragé à mettre sur pied le Festival international Bɛka Slam Poésie – FIBS – MALI qui met en exergue les talents des filières slam et poésie avec un accent sur les langues africaines.
    • Khamila Ndayou : elle est auteure, poète, étudiante, avec plusieurs prix dans sa besace. Sa particularité est son amour pour l’éducation littéraire. Car construire, c’est aussi apprendre à le faire.
    • Bernard Bekoa, de son nom d’artiste « Bern’Artdo », est un slameur dont les ailes sont toujours prêtes à battre jusqu’aux sommets inimaginables. Depuis 2022, il égaye nos sens de ses textes, à travers le monde. Il est le promoteur d’un concours de slam et coach dans la même filière.
    • Aristide Meyo Ayolo : il est auteur, promoteur littéraire, directeur des Éditions AFRIBOOK et DP de Ô-Livre, l’un des rares magazines axés littérature en Afrique centrale.
    • Kathy Noëlle Sambah se surnomme « Une folle des langues ». A l’ère de la déculturation, elle propose un retour aux sources avec les enfants à travers son programme de vacances Camp Retour Ô Sources.

    📌 Ces dix sont un échantillon des jeunes qui osent sur le continent africain. Ils proposent des actions magnifiques et OSENT braver les difficultés que nous ne citerons plus.

    BRAVO À TOUS ! BRAVO À TOUS CEUX QUI NE SONT PAS CITÉS ICI !



    📌 Contact ACOLITT : acolitterature@gmail.com

  • D-LIVRE – Entretien avec Célestine BELLA AWONO, auteure camerounaise

    Traiter de la thématique de l’homme dans ses composantes était une façon pour moi d’attirer l’attention de la base et du sommet de la société, pour que chacun agisse pour l’humanisation de la cité.

    Bonjour, Célestine BELLA AWONO ! Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a poussée à devenir écrivaine ?

    Merci à vous pour l’honneur que vous me faites.
    Du cycle primaire que j’ai essentiellement fait dans le département de l’océan jusqu’au supérieur (principalement à l’université de Yaoundé 1) en passant par le cycle secondaire fait au lycée d’Ekekom et de Nkol-eton, j’ai toujours eu la grâce d’être comptée parmi ceux là qui se démarquent positivement malgré les eaux troubles de la vie. Parce qu’il faut dire que c’était loin d’être un long fleuve tranquille. Néanmoins, je suis parvenue, selon les moyens mis à ma disposition, grâce à ce background, à devenir professeure adjoint des Écoles Normales et experte en management et montage des projets. Durant tout ce parcours (scolaire, académique et professionnel), j’ai observé, entendu et vécu des choses comme toute personne d’ailleurs, qui m’ont poussée au questionnement. Fille d’enseignant que je suis, j’ai été très tôt en contact avec des livres de tout genre. Tout ceci, mêlé à ma passion de vouloir créer par l’art, est certainement ce qui m’a poussée vers l’écriture.

    Quelles sont vos principales influences littéraires, africaines ou internationales ?

    Les littéraires qui m’ont influencée sont nombreux. Mais les littéraires africains qui ont influencé d’une manière ou d’une autre mes écrits sont principalement EZA BOTO, le professeur NJOH MOUELLE, André BRINK, Patrick SEGAL, Michel QUOIST…

    Votre écriture s’inscrit-elle dans une tradition littéraire africaine particulière ? Si oui, laquelle ?

    Les traditions littéraires africaines telles que les contes, les proverbes… sont pleines de sagesse et de leçons. Mon écriture, je pourrais dire qu’elle puise un peu dans toutes ces traditions, pour en faire un cocktail littéraire dosé, émouvant, parfois sucré-salé.

    Comment décririez-vous le rôle de la culture africaine dans votre écriture ?

    Disons d’ors et déjà que la culture africaine est très riche, diverse et variée ; donc ne peut qu’être un creuset pour celui qui voudrait s’en inspirer pour des réalisations multiformes. Par conséquent, dans mes écrits, il est évident qu’elle joue un rôle de source, dans la mesure où je m’y appuie pour des analyses, et des lectures de l’individu et de ses actions dans ses interactions avec son semblable dans son milieu de vie, qui a ses réalités propres. Dans ma plume, la culture africaine joue également un rôle de mémoire. Toujours se rappeler de là où on vient, pour mieux avancer.

    Pouvez-vous nous expliquer le choix du thème central de Écoute !, votre dernier recueil de poèmes ?

    L’homme est l’être essentiel de la vie. C’est d’ailleurs à lui que revient la gestion de ce monde dont sa vie en dépend. Je pense donc qu’il est important et même urgent d’investir véritablement en lui pour redonner à la famille, la société, aux relations, aux services, à la science… leur humanité qui se meurt sous nos yeux ouverts mais endormis par le venin de l’ego et de l’intérêt exacerbés. Traiter de la thématique de l’homme dans ses composantes était une façon pour moi d’attirer l’attention de la base et du sommet de la société, pour que chacun agisse pour l’humanisation de la cité.

    Votre idée d’écriture de ce recueil est-elle inspirée de personnes réelles ou de traditions orales africaines ?

    Oui, dans une certaine mesure, les personnes réelles ont fait naître cette idée d’écriture et parfois des personnes héritières des traditions orales africaines. Ma pensée s’en va vers mes parents et grands-parents à qui je souhaite un doux repos.

    Comment abordez-vous la question de la langue dans vos œuvres ? Écrivez-vous en français, dans une langue africaine, ou mélangez-vous les deux ?

    Nos langues nationales sont de très belles langues. Il suffit d’entendre les chansons composées en ewondo, en bassa’a, en duala… Et les laisser mourir à petit feu est une cruauté envers les peuples camerounais et africains. Car la langue porte et transporte la substance de la culture d’un peuple. Fort heureusement, l’État, qui a très vite compris ce grand mal, a introduit de façon pédagogique l’enseignement de nos langues nationales dans le système éducatif à travers les nouveaux curricula. Et pour moi, c’est important que chacun parle et même écrive sa langue. J’introduis dans mes textes, comme dans mon dernier recueil de poèmes, quelques mots en langue nationale. Ainsi, ce léger mélange laisse transparaître l’amour que j’ai pour nos langues. Toutefois, dans d’autres cadres, j’écris uniquement en langue nationale ou en français, sans aucun mélange.

    Quels défis rencontrez-vous en tant qu’auteure africain dans le paysage littéraire actuel ?

    Parmi tant d’autres, je parlerai particulièrement du défi de la communication et de la visibilité. Il n’y a pas beaucoup de plateformes et d’espaces offerts aux auteurs surtout en herbe pour s’exprimer et se révéler. Quand ceux-ci existent, ils ne sont pas toujours gratuits, ce qui complique encore les choses chez ces auteurs qui ont déjà la peine à écouler leurs stocks de livres dans une société où les individus perdent l’amour du livre et de sa lecture.

    Pensez-vous que la littérature africaine est suffisamment représentée et valorisée sur la scène internationale ?

    Suffisamment représentée et valorisée sur la scène internationale, oui. Mais on peut faire mieux. Toutefois, je souhaiterais que cette représentativité et cette valorisation soient davantage fortes prioritairement en Afrique, pour un réveil et un éveil de la conscience collective, surtout en la jeunesse, dans l’optique de l’informer et de la former, pour une pensée et un agir à relever et à élever l’Afrique.

    Comment voyez-vous l’évolution de la littérature africaine contemporaine ?

    Je la vois fulgurante si celle-ci est davantage soutenue, valorisée, encadrée et accompagnée d’abord par l’État et les organismes privés.

    Votre écriture vise-t-elle une dimension politique ou sociale ? Si oui, comment ?

    Je pense que, lorsqu’on couche sur du papier sa pensée, sa vision, son analyse, c’est pour que celle-ci soit vue et lue par tous les acteurs des paysages politique et social. Ceux-ci, avec tous les outils d’évaluation mis à leur disposition, pourront leur être utiles dans un domaine ou un autre .

    Quel message souhaitez-vous donc transmettre à travers tous ces conseils dans « Écoute ! » ?

    Le message de revenir à l’homme. Nous devons investir d’abord en l’Homme dans toutes ses dimensions : âme, esprit et corps, afin que ses pensées, ses paroles et ses actions vis-à-vis de son semblable et de son environnement soient positives.

    Quel est votre processus d’écriture ? Avez-vous des rituels ou des habitudes particulières ?

    (Rire) Pas vraiment ! J’écris comme ça me vient. Je peux écrire de jour ou de nuit. Parfois même dans un bus… Quand j’ai du fil dans mes idées et la possibilité, j’écris. Mais bien évidemment, je vais toujours revoir le texte pour y mettre de l’ordre ou même tout changer. Mais avant toute soumission formelle d’un texte à un concours ou à une maison d’édition, je me fais toujours lire par un tiers.

    Un conseil pour les jeunes auteurs africains qui souhaitent se lancer dans l’écriture ?

    Briser les barrières de la peur et se lancer. Avec le temps, se faire accompagner. Se préparer à rencontrer les montagnes et les collines. Mais qu’ils sachent et surtout gardent en esprit qu’il y a des plaines verdoyantes qui les attendent.

    Sur quel projet littéraire travaillez-vous actuellement ?

    J’ai commencé un roman il y a des mois. Mais j’ai dû mettre une pause pour des raisons de santé. Je souhaite le reprendre très bientôt et l’achever.