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  • Il a été lu… Pour que l’Afrique décolle de Davy Gaël DJOMENI



    Lorsqu’on pose ses pieds nus dans la mer de sable fin et chaud, sous une canicule qui enfuit les lézards les plus téméraires. Quand les arbres, dont les cimes baignent
    dans la fraîcheur des nuages et la pénombre qui noircit nos pas. Quand le coq chante et l’astre du jour paraît, marquant le début de la récolte, il n’y a qu’une sphère géographique
    que notre tête entrevoit : l’Afrique !

    Eh oui, nous sommes dans la sphère
    pittoresque de l’Africain, celui dont Davy Gaël DJOMENI a bien voulu nous présenter dans cet essai à la couverture jaune comme la sagesse et la richesse, et dont il essaie de
    montrer le chemin.

    Dans ce livre de 72 pages publié aux Editions Séguima au Sénégal, on part d’un titre singulier : Pour que l’Afrique décolle. Un titre-phrase qui parle pour l’œuvre, car il semble proposer une ascension, un développement pour un peuple : les
    Africains.

    Mais qui est l’Africain ?

    L’essayiste se propose de répondre à cette question épineuse en convoquant des démarches constatative, historique et polémique.

    D’une part, il décrit l’Africain, à l’introduction, comme un hybride acculturé, car celui-ci mange dans son plat et dans celui de l’Occident, renie très souvent sa culture et
    préfère se comporter comme un «Blanc» – comme cela se dit communément en Afrique.

    De plus, l’essai présente le brûlant passé de cette Afrique qui a souffert de l’esclavage et qui a aussi été victime de manipulations, car «l’Africain est, de façon générale, l’homme à la peau noire qui traîne une sombre histoire inondée de sang, de sueur et de crucifixion. Plus que quiconque, il a subi l’Histoire sans jamais l’écrire… » P.19. D.G. DJOMENI montre ainsi que l’Afrique est une victime de l’histoire et doit en prendre conscience.

    Enfin, l’auteur met dos à dos deux types d’Africains : celui qui se contente de son strict minimum en vivant comme avant l’arrivée de la modernité; et l’autre, à la
    quête de l’opulence, vivant tel que les concepts occidentaux le prônent, dans la quête de la richesse.


    Au-delà de toutes ces considérations, Davy Gaël DJOMENI propose une solution Pour que l’Afrique décolle, comme le soutient le titre de l’ouvrage.

    Sa vie, son séjour en Europe, lui sert d’illustration pour présenter les difficultés, mieux, les réalités de la vie dans le supposé Eldorado – comme les Africains rêveurs, restés chez eux, aperçoivent ce continent.


    Dans son optimisme, l’auteur, doctorant en sciences de gestion à l’université de
    Douala, passe par son combat pour se mettre au-dessus des allusions racistes dont l’Africain souffre quand il est en Occident, de l’indifférence, mais aussi, il préconise le
    courage, l’humilité et le travail – puisque pour lui : « Un Noir a des capacités et des compétences autant qu’un Blanc et bien plus encore. » Cf. P.42. Son ultime conseil est
    le retour de la diaspora chez soi afin de retrouver ses valeurs identitaires et développer l’entrepreneuriat qui, selon lui, est le gage d’un essor réel et équilibré du continent noir.



    Plusieurs aspects rendent particulier cet ouvrage :
    – Il est réduit et se lit d’une traite ; l’interligne est très ouvert et facilite la
    lecture;
    – Les registres de langue oscillent entre le courant et quelques fois seulement le soutenu. Le document est accessible à tous;
    – L’auteur a usé des constructions syntaxiques pas trop poussées et ses idées se perçoivent et se comprennent aisément;
    – Il est toutefois regrettable que les investigations, la méthodologie de l’essai et la revue de la littérature qui renforcent la pertinence d’un essai de ce calibre, ne soient pas répertoriées;
    – L’œuvre humaine n’étant pas parfaite, quelques coquilles çà et là blessent le regard mais n’empêchent aucunement au lecteur de déguster cette galette littéraire qui peut être utile à tous les Africains pour comprendre le passé, travailler le présent et dominer dans le futur, dans cette quête de l’hégémonie de sa race.


    Serthy AYISSI, analyste littéraire et auteur camerounais


  • Les 5 questions posées à Charles BINAM BIKOI, Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA, auteur camerounais


    CERDOTOLA : Centre international de recherche et de documentation
    sur les traditions et les langues africaines

     » L’objectif des Editions du CERDOTOLA est de contribuer au renouvellement épistémologique et éthique des idées et pratiques contemporaines à partir d’un effort de re-conceptualisation, de remobilisation et de réévaluation critique de la pensée politique, sociale, culturelle africaine, en tension permanente avec les informations et constructions issues des sciences sociales et humaines en Afrique, sur l’Afrique et sur les Africains.  »


    Professeur Charles Binam Bikoi, bonjour. Vous êtes à la tête d’une institution qui, depuis 1977, œuvre pour l’émergence de la linguistique africaine. Pouvez-vous nous dresser une fiche d’identité de celle-ci ?

    Oui, le CERDOTOLA est, effectivement, une institution prééminente de recherche et de documentation dédiée à la connaissance, à la préservation, à la sauvegarde et à la valorisation des patrimoines de l’Afrique, avec une place toute spéciale pour le patrimoine linguistique du continent, véhicule naturel des cultures.

    Traditions, Cultures, Langues africaines constituent ainsi l’armature et le socle de référence de cette Organisation intergouvernementale créée en 1977 par les Etats de la sous-région Afrique Centrale, devenue organisation continentale depuis 2010. Outre son siege établi à Yaoundé au Cameroun, le CERDOTOLA dispose de Bureaux dans ses Etats membres et, depuis peu, de Représentations régionales formant des clusters regroupant plusieurs pays, à l’instar du Bureau Régional de Bujumbura qui couvre l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe.

    Quelles réalisations majeures peuvent être portées à l’actif du Cerdotola ?

    Par-delà ses missions générales en tant qu’Organisation internationale, le CERDOTOLA met un point d’honneur à œuvrer en sorte que, fondamentale ou appliquée, la recherche qu’elle structure ou impulse colle effectivement aux forces qui mobilisent la marche des peuples, répondent aux aspirations des masses, et rythment la vie quotidienne des populations.

    Au CERDOTOLA, la notion de développement coïncide avec ces préoccupations. La recherche-développement dès lors signifie d’abord l’identification des données d’une civilisation, d’une culture, la prise en compte des solutions originales déroulées tout au long de l’histoire pour faire face aux grandes questions de la vie en partant du stock patrimonial, entendu comme bagage formé par l’accumulation des traditions, des techniques et des principes de vie.

    Cette tâche est celle à laquelle se consacre le CERDOTOLA : d’abord scruter le sens profond de l’héritage, de la tradition des peuples ; ensuite, développer les mécanismes de la connaissance de cet héritage dans toutes ses dimensions; enfin, dévoiler les pierres d’attente dissimulées dans l’héritage et actionner le désir de les modéliser dans la quête compétitive des peuples pour une expression spécifique en situation globale.

    Pour cela, un programme-cadre scientifique complet et diversifié de recherche a été conçu et élaboré, intégrant la recherche de terrain et de studio, l’analyse de laboratoire, la diffusion en ligne, la production de supports, de manuels d’enseignement et de guides pour les animateurs et les experts en développement, enfin la mise en circulation des résultats au travers des médias et sur les marchés culturels régionaux et internationaux.

    Mais la connaissance et la diffusion préludent à l’appréciation. Bien plus, elles suscitent des vocations et soutiennent la créativité des jeunes, une créativité dynamique qui assure le renouvellement de l’héritage en même temps que son enrichissement dans un environnement nouveau.

    La prise en compte des nouvelles technologies de l’information et de la communication est, par ailleurs, reflétée dans le choix des priorités et la définition des activités.
    Enfin, la place et le rôle de la recherche sur les traditions et les langues africaines comme catalyseur du développement justifient le recentrage de l’ensemble des actions autour d’une démarche praxéologique privilégiant la mise en perspective des données touchant à la vie des peuples.

    Parmi ces programmes, l’on peut mentionner : ALIPA (L’Alimentation patrimoniale des Africains), SYSPA (Les Systèmes de Santé patrimoniaux), mais aussi le PADETRA (Pacte africain pour le développement par les Traditions), qui sont le socle du Concept révolutionnaire lancé par le Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA en 2021, à savoir l’INDUSTRADITION pour l’industrialisation d’une Afrique enracinée dans ses traditions et avec ses traditions.


    Il y a quelque temps vous avez initié un projet d’Atlas Linguistique de l’Afrique Centrale. Où en est-on ?

    Vous voulez certainement parler de l’Atlas linguistique de l’Afrique, un des projets phares du CERDOTOLA. Il s’agit d’un immense programme entrepris dans les toutes premières années de l’Institution, qui consiste à procéder à l’inventaire systématique des langues parlées sur le continent. Le CERDOTOLA a déjà réalisé un certain nombre d’Atlas linguistiques, naturellement adossés à une cartographie rigoureuse offrant une photographie de la situation linguistique de chacun des pays.

    Avec ce programme, le CERDOTOLA a développé une expertise unique sur le continent, qui lui a ouvert les portes de collaborations ciblées auprès d’autres institutions. Les objectifs de l’Atlas Linguistique de l’Afrique restent constants, à savoir : Etablir la cartographie linguistique de l’Afrique et pour cela : identifier et classifier les langues de chaque pays; déterminer le nombre de locuteurs pour chaque langue; déterminer le statut de chaque langue dans son environnement; produire un atlas linguistique par pays; établir la carte linguistique documentée de chaque pays; enfin, dessiner la cartographie d’ensemble des langues de l’Afrique


    Parmi les départements de votre institution, il y a celui de l’édition. Comment se passe la collaboration avec les acteurs des traditions (orales ou pas) et ceux des livres ?

    Le CERDOTOLA dispose, en effet, d’un département spécifique pour la valorisation des produits de la recherche réalisée à travers ses programmes et projets propres, mais aussi en dehors du CERDOTOLA.

    L’objectif des Editions du CERDOTOLA est de contribuer au renouvellement épistémologique et éthique des idées et pratiques contemporaines à partir d’un effort de re-conceptualisation, de remobilisation et de réévaluation critique de la pensée politique, sociale, culturelle africaine, en tension permanente avec les informations et constructions issues des sciences sociales et humaines en Afrique, sur l’Afrique et sur les Africains.

    Le catalogue des publications sorties des presses du CERDOTOLA propose une vaste panoplie de choix destinés à satisfaire la curiosité du chercheur comme les appétits du lecteur ordinaire.

    Quels sont les défis majeurs auxquels vous faites face ?

    – Assurer la continuité et la pérennité du CERDOTOLA, dans un environnement où bon nombre d’organisations scientifiques et culturelles peinent à survivre.

    – Assurer la pleine expansion des connaissances et des idées portées par l’Institution.


    YoMerci de vous être prêté au jeu des questions-réponses. Nous rappelons que, le 20 juillet 2022, se tiendra au Djeuga Palace Hôtel de Yaoundé, la dédicace de la nouvelle parution aux Éditions CERDOTOLA


    Christian-Williams KAKOUA pour LINELITT

  • Il a été lu… Djoulaï de Soilihou MFORAIN MOUASSIE, auteur camerounais


     »Lire Soilihou, c’est interroger sa conscience sur la place qu’on accorde soi-même à la fille, la femme et la mère dans nos sociétés. »


    Djoulaï est un roman de Soilihou MFORAIN MOUASSIE paru aux Éditions Lupeppo en 2018. Cette œuvre compte deux parties, 101 pages enveloppées dans une couverture fresque de tristesse et de douleur. L’image de la première de couverture laisse voir une jeune adolescente partagée entre peur, angoisse et inquiétude, tenue aux épaules par un adulte : serait-on en train de la consoler ou de la rassurer ? Derrière eux, on peut apercevoir des cases en toit de paille couleur Sahel, symbole de douleur.

    Éléments biographiques

    Soilihou M. MOUASSIE est né au Cameroun en 1986. Il est titulaire d’un Master II en Droit et Sciences Politiques, Option Relations Internationales au campus délocalisé (IRIC de Yaoundé) de l’Université Jean-Moulin de Lyon 3. Avec un palmarès associatif assez consistant depuis ses prémices en 2006, il est aujourd’hui coordonnateur d’un projet au Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

    Soilihou M. MOUASSIE compte à son actif deux œuvres de fiction en l’occurrence « Le Condamné » publié chez Edilivre en 2017, puis « Djoulaï » chez les Éditions Lupeppo en 2018.

    Résumé

    Djoulaï est une jeune adolescente issue d’une famille islamique et polygamique. Elle ne connaîtra de bonheur que dans les jours insouciants de son enfance. Privée d’éducation à l’approche de l’âge pubère par son père dans une société patriarcale, Djoulaï attend dans l’inquiétude et la peur que sonne l’heure de la marier. Cette peur et cette inquiétude trouvent leur essence dans le décès de sa sœur aînée à l’issue d’un accouchement compliqué qui a pris sa vie quelque temps plus tard après qu’elle a été reniée et mise à la porte par son mari.

    Entre douleur et peur, Djoulaï pousse un ouf de soulagement. Elle espère s’appuyer sur ce décès pour convaincre son père, avec l’aide de sa mère, de sa volonté de retourner à l’école. Sauf que cette complicité est perçue dans le village comme une atteinte à l’hégémonie masculine ; donc une honte, une malédiction et une trahison. C’est ainsi que Djoulaï sera mariée à Soumaïla, un jeune homme inconnu mais très attentionné.


    Djoulaï passe les noces loin de son époux, jugeant les lieux inconfortables : les tourtereaux partagent une chambre dans la maison familiale. En plus, elle n’avait pas encore réussi à briser la barrière d’étrangeté entre son mari et elle. Rusée, elle doit trouver excuse dans le long voyage qu’elle a effectué pour décliner les obligations nuptiales. Chose que sa belle-mère et sa belle-sœur n’acceptent d’ailleurs pas. Par-dessus tout, elle avait le soutien de Soumaïla, son mari. Elle devient donc la ménagère de la maison et le dépotoir des souillures de celles-ci après deux fausses couches. Après cet épisode de vaches maigres, elle donne naissance à un garçon. Malheureusement, elle ne connaîtra pas une maternité tranquille du fait que sa belle-mère ne supporte pas que Soumaïla aide sa femme dans les tâches ménagères. C’est sur ce dernier caprice de belle mère que trébuche et éclate le couple Soumaïla-Djoulaï.

    Portrait de Djoulaï


    De taille moyenne, Djoulaï est décrite comme une jeune fille de 13 ans, ravissante, respectueuse et pudique :
    « Du haut de cette décennie révolue, Djoulaï ressemblait à un charme. Elle avait un petit visage arrondi, d’un clair châtain, caché derrière un grand voile de coton blanc qui ne la quittait jamais. Son air radieux, à la fois discret et bref, renforçait cette beauté de fée » peut-on lire à la page 13.

    Critique


    Djoulaï, roman éponyme, est l’arme pacifique avec laquelle l’auteur dénonce les affres du mariage forcé et précoce, les violences conjugales, la sous-scolarisation de la jeune fille dans la plupart de nos sociétés en majorité musulmanes, où la superstition est monnaie courante.
    « Ce n’est pas une blague missier. Djoulaï est mariée à un jeune que l’oncle seul connaissait jusqu’à l’apparition » pp. 60

    Ce roman, à la suite de « Une si longue lettre » de Mariama Bâ, pointe un doigt accusateur sur l’islam qui a fait l’homme tout puissant et questionne pour ainsi dire le rôle de la femme dans la société. L’auteur nous fait constater que cette hégémonie masculine divine est comme coupée du monde qui évolue à une vitesse non maîtrisable, cédant la place au conflit de générations dont l’indignation au mariage précoce et forcé vu comme une abomination est une résultante.
    « Djaourou, voilà ma fillette Djoulaï que vous vous apprêtez à marier dans les prochains jours. Elle est malade depuis qu’elle a vu cet homme et peut mourir à tout moment à cause de cette nouvelle » poursuit-elle, «…homme, ayez pitié de ma fille. Si vous voulez du bonheur, rentrez chez vous homme, rentrez en paix et que Dieu vous accorde une femme meilleure » pp. 52
    La réponse est la moins attendue, « Depuis quand les femmes prennent position dans ce village sur les questions de mariage » pp. 52, la mère de Djoulaï sera réprimandée par son géniteur à la connaissance de cette indignation. Ce qui attise davantage l’inquiétude et la peur de celle-ci de perdre Djoulaï dans les mêmes conditions que Maïmouna.


    Fervent défenseur des droits de l’homme avec  »Le Condamné », de la femme et de la famille avec  »Djoulaï », Soilihou M. MOUASSIE rêve tout comme Djaili Amadou Amal, Kelly Yemdji, Ernis… d’une société débarrassée de ces maux qui l’accablent, freinant ainsi son essor.

    La volonté et le courage de l’héroïne Djoulaï de changer l’ordre des choses dans une région où la femme est considérée comme un objet et par ricochet, ne doit pas être écoutée, sont récompensés par le mariage.


    L’œuvre est écrite dans un style sobre, accessible. La voix narrative est homo et hétérodiégétique. Le narrateur participe au récit dans ses dialogues avec l’héroïne.
    L’intrigue des deux parties est bien tissée et pousse le lecteur à un voyage sans relâche vers le dénouement.


    Contrairement à la seconde partie de cette œuvre où l’histoire est située dans un cadre spatial précis, « Kribi » et « Douala », la première histoire est située de manière vague ; « dans un village de l’Est du Cameroun » nous laisse lire le narrateur.


    Personnellement, j’interroge la description du personnage de Djoulaï à la page 13 et le fait que ces deux personnes ne se reconnaissent plus quelques années seulement après s’être séparées du côté de l’Est Cameroun. En plus, Djoulaï dont le niveau de français change de manière brusque alors qu’elle articulait difficilement « Monsieur » à la première partie, revient dans la seconde partie comme par magie avec un niveau de langue excellent.


    Néanmoins, soyez rassurés ; lire Djoulaï, c’est découvrir les violences inouïes que subissent certaines jeunes adolescentes sous le regard complice et parfois moqueur de leur entourage. Lire Soilihou, c’est interroger sa conscience sur la place qu’on accorde soi-même à la fille, la femme et la mère dans nos sociétés.


    Samuel Francis TABEKO, critique et promoteur littéraire.

    Suivez S.F. TABEKO ici https://www.facebook.com/Samuel-Francis-Tabeko-Officiel-115313774494064/


  • Les 5 questions posées à Benoît B. BOUATO, écrivain camerounais


    Vu le contexte général en Afrique, en observateur averti, j’ai analysé les sentiments anti-européens nés depuis la création du panafricanisme, et qui vont en s’amplifiant. J’ai donc pensé à canaliser ces sentiments vers la recherche dune solution pacifique, en proposant un cadre de négociation qui pourrait être intitulé Contre-Conférence de Berlin.

    Bonjour, Benoît BOUATO. En quelques mots, présentez-vous à nos abonné.e.s.

    Je m’appelle Benoît Banok BOUATO, ancien fonctionnaire international à l’OUA/UA et par la suite, Chef de Mission Diplomatique à la tête d’un organisme interétatique de la CEMAC, que j’ai créé. Expert, collaborant en même temps avec la CEMAC, la Banque Mondiale, la FAO, l’OMS et le PNUE (ONU) sur l’harmonisation des politiques d’intégration en Afrique, je suis aussi l’auteur d’ouvrages et articles dans ce domaine, à linstar de mon livre « La création des organismes internationaux et communautaires en zone CEMAC… ».


    Vous avez commis un texte très riche en interpellations : l’Afrique confisquée ou De l’urgence d’une Contre-Conférence de Berlin, qui sera présenté au public ce mois. Nous rappelons ici que le CERDOTOLA a beaucoup œuvré pour la parution de ce texte. Dans quel contexte l’avez vous rédigé ?


    Comme créateur et dirigeant dun organisme interétatique, j’ai eu des difficultés à mettre en œuvre certaines décisions communautaires qui pouvaient booster le développement des Etats Membres, à cause du patriotisme exacerbé, basé sur les frontières érigées à la Conférence de Berlin; ayant lu les rapports et côtoyé certains hauts dirigeants des organismes internationaux, à l’instar de Ban Ki Moon, ancien SG/ONU, Salim Ahmed Salim, ancien SG/OUA et d’autres, j’ai pu comprendre les difficultés qu’ils avaient pour avoir une position commune africaine face aux problèmes mondiaux, à cause de la souveraineté des Etats basée sur les frontières érigées à la Conférence de Berlin ; ayant aussi eu l’occasion de représenter le continent à certaines conférences de l’UE, dans le cadre de l’OUA, j’ai apprécié les difficultés à adopter une position commune africaine, à cause de la souveraineté des Etats, basée sur les frontières érigées à la Conférence de Berlin; ayant effectué toute ma carrière dans la fonction publique internationale, j’ai apprécié la nécessité de l’unification du continent, comme condition incontournable pour sa vraie libération et le déclenchement de son développement harmonisé.
    Par ailleurs, face au néocolonialisme et à l’hégémonie au sein des micro-Etats fragiles d’Afrique, supposés être indépendants ; face à la position des micro-pays africains victimes des exactions des institutions de Bretton Woods ; face aux interventions discriminatoires de la CPI et du Conseil de Sécurité de l’ONU au sein des micro-Etats africains, la seule riposte valable passe par l’unité de l’Afrique.


    Vu le contexte général en Afrique, en observateur averti, j’ai analysé les sentiments anti-européens nés depuis la création du panafricanisme, et qui vont en s’amplifiant. J’ai donc pensé à canaliser ces sentiments vers la recherche d’une solution pacifique, en proposant un cadre de négociation, qui pourrait être intitulé Contre-Conférence de Berlin.



    Pensez-vous que la période du 15 novembre 1884 – au 26 février 1885 ait été fatidique pour la géopolitique actuelle du continent ?

    A travers les analyses détaillées, ainsi que les documents authentiques y relatifs annexés à notre ouvrage, il est clair que c’est cette conférence de Berlin qui est la cause du mal de l’Afrique. Car, les traces de la colonisation pouvaient s’effacer, s’il n’y avait pas eu cette Conférence.

    Selon vous, faut-il redessiner la carte de l’Afrique ?

    Cest le passage incontournable au déclenchement du développement. La particularité de notre ouvrage est qu’il ne se limite pas aux vœux pieux, il expose avec minutie comment remettre en question les décisions de la Conférence de Berlin considérées comme des erreurs historiques, à l’instar de l’érection du mur de Berlin ou de la tragédie de l’Holocauste par les nazis, etc.

    Quelles solutions proposez-vous pour une réelle émergence panafricaniste ?

    C’est la création des Etats-Unis d’Afrique, selon l’esprit prôné par Kwame Nkrumah et le groupe de Casablanca, par opposition à l’OUA ou à l’UA, qui n’est autre qu’une forme d’Organisation des Nations Unies d’Afrique et dont les décisions sont comme des résolutions non contraignantes. Cette OUA/UA que certains auteurs qualifient de syndicats des chefs d’Etat et de Gouvernement du continent africain, n’a fait qu’aggraver le sous-développement du continent. La meilleure voie pour y parvenir est d’attaquer le mal par la racine : la fameuse Conférence de Berlin. Notre livre a le mérite d’avoir tracé un chemin bien détaillé pour s’attaquer à cette conférence par une contre-conférence de Berlin.


    Propos recueillis par Christian-Williams KAKOUA, journaliste, pour Linelitt

  • Ô bain… Alexandre ALLADOUM se mouille.


    Alexandre ALLADOUM, auteur de plusieurs livres, se mouille

    Premier livre lu ? Bouki la hyène et Leuk le lièvre de Bibata Roamba.

    Dernier livre lu ? Kumba : The innocent’s blood ou le sang des innocents.

    Dernier livre acheté ? Kumba ! The innocent’s blood ou le sang des innocents.

    Lecture ou écriture ? Les deux.

    Poésie ou nouvelle ? Les deux.


    Roman ou essai ? Roman.

    L’étrangère ou la Bible ? La Bible.

    Livre qui t’a le plus marqué ? Les frasques d’Ebinto d’Amadou Koné.

    Livre que tu as le plus détesté ? L’étranger d’Albert Camus.

    Netflix ou wattpad ? Netflix.

    Djaïli ou Fatou Diome ? Djaïli.

    Molière ou Senghor ? Senghor.

    Mabanckou ou Blaise NDALA ? Mabanckou.

    Livre papier ou livre audio ? Livre papier.

    Livre papier ou livre numérique ? Livre papier.

    La qualité que tu apprécies le plus chez un auteur ? La simplicité dans le style.

    La qualité que tu détestes le plus chez un auteur ? Vouloir à tout prix impressionner par les gros mots.

    Sexe – Alcool – Cigarette ? Sexe.

    Après le sexe, livre ou verre d’eau ? Livre.

    La littérature africaine en un mot. Instructive.

    Un an sans téléphone ou 6 mois sans livre ? Ni l’un ni l’autre.

    Quel livre peut résumer ta vie ? Aucun de ceux que j’ai lus.

    Comment aimerais-tu mourir ? Dans mon sommeil, à côté de ma femme.

    Quel.le auteur.e a le plus influencé ton écriture ? Yannick YOUNOUDJIM.

    Le génie de la lampe te donne l’opportunité de faire 3 voeux, quel sera le premier ? Ne jamais manquer d’inspiration.


    Questionnaire conçu par Aubin EYIKE, pour Linelitt

  • Petit détour… Mon enfant, ma vie de Rosine YÉMÉLÉ


    « On ne redresse pas un baobab»; c’est par ce proverbe plein de bon sens qu’est régulièrement
    ponctué l’ouvrage de Rosine YÉMÉLÉ,  »Mon enfant, ma vie : Qu’est-ce qu’un enfant ? les clés
    pour une éducation pacifique et harmonieuse »

    Maman et psychologue, l’auteure met à profit son expérience personnelle et professionnelle au service d’un sujet atemporel : les rapports parents- enfants. Rosine YÉMÉLÉ se veut la porte-parole, mieux, la médiatrice entre le monde des grands et celui des plus jeunes. Pour cette auteure, l’enfant est «un être à part entière et non en devenir ». Selon elle, «lorsqu’il devient il n’est plus enfant mais adulte ».

    Axés sur deux pans complémentaires, « Mon enfant, ma vie » s’articule d’abord sur les phases de développement d’un enfant, explique de manière détaillée son
    fonctionnement, sa manière de percevoir le monde qui l’entoure et ses mécanismes d’apprentissage. Puis, il donne des solutions simples, pratiques, pour organiser les activités, gérer les conflits sans user de violence et calmer les appréhensions des parents, des futurs parents, du personnel éducatif pourraient se poser.

    L’œuvre se place alors comme un guide didactique et sociologique ponctué d’exemples concrets basés sur son vécu et des témoignages
    rencontrés régulièrement dans les interactions avec les tout petits.

    L’auteure insiste sur le fait
    que «l’éducation n’est pas que scolaire, c’est d’abord une affaire d’être. C’est-à-dire, de valeurs et de principes

    Sachant que l’enfant est le socle d’une société, mieux aborder le sujet de
    son éducation revient à se positionner en faveur d’une société plus équilibrée.


    BEMOUYIME ADIOBO DANIELLE JESSICA.

  • Ô bain… Danielle EYANGO se mouille.


    Danielle EYANGO, poète et romancière, joue le jeu…

    Premier livre lu ? Le Cid de Pierre Corneille

    Dernier livre lu ? Huit livres retraçant l’histoire de Rudolf Duala Manga Bell

    Dernier livre acheté ? « Ngosso Din, l’étoile des forces vives » du Dr. Jean Toto Moukouo

    Lecture ou écriture ? Les deux.

    Poésie ou nouvelle ? Les deux.



    Roman ou essai ? Roman.

    Père inconnu ou la Bible ? La Bible.

    Livre qui t’a le plus marquée ? «Mon bel oranger» de José Mauro de Vaconcelos, «La petite fadette» de Georges Sand.

    Livre que tu as le plus détesté ? Je préfère ne pas le dire.

    Netflix ou wattpad ? Les deux.


    Djaïli ou Fatou Diome ? Djaïli.

    Molière ou Senghor ? Ni l’un ni l’autre.

    Pabe Mongo ou Sembène Ousmane ? Ni l’un ni l’autre.

    Livre papier ou livre audio ? Livre papier.

    Livre papier ou livre numérique ? livre papier.

    La qualité que tu apprécies le plus chez un auteur ? La capacité à me tenir en haleine de la première à la dernière page.

    La qualité que tu détestes le plus chez un auteur ? Quand il écrit des pages et des pages uniquement pour la beauté du style.


    Sexe – Alcool – Cigarette ? Sexe.

    Après le sexe, livre ou verre d’eau ? Livre.

    La littérature africaine en un mot. Jouissive.

    Un an sans téléphone ou 6 mois sans livre ? Ni l’un ni l’autre.

    Quel livre peut résumer ta vie ? Aucun de ceux que j’ai lus.

    Comment aimerais-tu mourir ? Couchée et en sachant que je vais mourir.

    Quel.le auteur.e a le plus influencé ton écriture ? Mutt-Lon, pour l’implication de l’auteur.

    Le génie de la lampe te donne l’opportunité de faire 3 voeux, quel sera le premier ? Avoir le temps d’écrire tous les manuscrits que j’ai dans l’esprit.

    Suivez Danielle EYANGO sur Facebook à ce lien : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063553390926


    Questionnaire conçu par Aubin EYIKE, pour Linelitt

  • Petit détour… L’alchimiste de Paulo Coelho


    S’il y a bien un livre que j’ai lu à plusieurs reprises, c’est L’alchimiste de Paulo Coelho. Et à chaque lecture, je ne suis pas déçue… bien au contraire, je découvre et redécouvre des pépites !


    L’histoire est celle de Santiago, un jeune berger espagnol qui, par deux fois, a fait le même rêve, celui de se rendre au pied des pyramides d’Egypte pour y trouver un certain trésor.
    Après avoir consulté une gitane qui a le don d’interpréter les rêves, il décide de réaliser le sien, et pour cela, sur les conseils d’un vieillard qu’il croit roi, il n’hésite pas à vendre tous ses biens et à s’engager dans sa quête.

    Au cours de celle-ci, il lui arrivera de drôles d’aventures, pas toujours heureuses, mais instructives. Car, c’est bien connu, « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Et c’est certainement ce qu’il faut retenir avant tout de cet ouvrage. Il ne faut pas hésiter à aller au bout de ses rêves, même si l’on se trompe. Car ainsi, nous n’aurons pas de regrets et surtout, nous en apprendrons plus sur nous-mêmes.

    « C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante. » C’est ce que l’auteur appelle  »accomplir sa Légende Personnelle ».


    Quant au personnage de l’alchimiste, il s’agit d’un homme qui est réellement alchimiste, mais qui, surtout, lui apprendra à savoir écouter son cœur, à communiquer avec les éléments et à être sensible à tout ce qui l’entoure.


    Ce livre nous en apprend beaucoup plus sur nous que sur la réelle destinée de Santiago. Il nous apprend à être sensibles aux signes qui nous apparaissent, même les plus insignifiants.

    Un livre écrit dans un langage simple et qui me touche au plus profond de moi ! Un livre très actuel dans ce monde où tout va vite, parfois trop vite…

    Certains le qualifieraient de « philosophie de bas quartier »… Mais pourquoi faire du compliqué quand certains auteurs peuvent nous émouvoir sans complexité ?


    Linelitt

  • Les 5 questions posées à Nadine C. MEKOUGOUM, promotrice du livre africain pour enfants.



    Bonjour, madame. Nous vous laissons vous presenter aux internautes.


    Je m’appelle Nadine Mekougoum, sociologue de formation. Je suis une passionnée de livres, de culture et des enfants. C’est pour cela que j’ai créé, il ya plus de trois ans, l’association Harambee Africa qui fait de la lecture auprès des tout petits un outil de transmission des valeurs socio-culturelles et de développement. Je suis également la promotrice de la librairie jeunesse “Les librairies M’wina”.

    Les librairies M’wina… Qu’est- ce que c’est exactement?

    C’est une entreprise qui propose des livres et jouets africains pour enfants. Elle a été mise en place pour répondre au besoin des parents d’avoir le maximum de livres et jouets africains de qualité afin de construire une identité culturelle positive chez leurs enfants.

    Elle offre des services d’éveil des enfants à la lecture, à l’art et à la science ; les ateliers Read ’arts et le programme de lecture à domicile (We read home), de découverte culturelle (Visite des musées et lieux culturels) qui ont permis d’initier plus de 200 enfants et jeunes à la lecture-plaisir, la connaissance, la confiance en soi etc. Elle anime également des ateliers de lecture dans les écoles et accompagne les ménages dans la création des bibliothèques familiales.

    Vous organisez en fin d’année, précisement du 16 au 18 décembre 2022, un salon dedié au livre africain pour enfants. Pourquoi un tel évènement?

    En tant qu’actrice engagée de la scène littéraire et spécifiquement du livre pour les enfants, j’ai remarqué pendant les deux dernières années d’activités que malgré la volonté des acteurs (maisons d’édition, librairies, associations littéraires, jeux vidéos, jouets…) en place de proposer des contenus éducatifs qui répondent aux réalités socio-culturelles africaines, un ensemble de problèmes se posent:
    les difficultés liées à la diffusion et la distribution des livres, le niveau insuffisant de sensibilisation pour changer les habitudes de lecture au niveau de la famille, des écoles et des entreprises, de nombreux livres d’auteurs africains et de la Diaspora sont difficiles d’accès, le manque de synergie d’action entre les acteurs pour créer un vaste mouvement social, etc.

    Alors, je n’ai pas voulu rester les mains croisées face à tout cela. En collaboration avec l’association littéraire Ônoan, nous avons pensé à la mise en place d’une plateforme de rencontres et d’échanges entre les acteurs majeurs pour discuter des avancées récentes dans le domaine du livre pour les enfants en Afrique, afin d’apporter des éléments de projection vers l’avenir et de créer un solide réseau africain d’acteurs pour le changement social par le livre : le Salon du livre africain pour enfants de Yaoundé- SALAFEY.


    Nous vous laissons donner les contours du SALAFEY.

    C’est un évènement annuel et cette première édition aura lieu à Yaoundé du 16 au 18 décembre 2022.
    Elle sera meublée par plusieurs activités littéraires et culturelles:
    Un concours de lecture et d’écriture qui sera lancé dans des lycées et collèges dès le mois de septembre 2022 avec des primes à la clé, des rencontres B2B, des tables rondes et conférences, des expositions-ventes des livres et jouets pour enfants, des ateliers de lecture et d’écriture, et plein d’autres activités.


    Nous avons lancé un appel à participation et invitons tous ceux qui veulent rejoindre l’aventure à remplir le formulaire suivant : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdnkjalp4LGBmmIgAVBnOFM_lhYEA_Y4sbliFr7YqbdAfpYhA/viewform?usp=pp_url
    ou à nous joindre par appels / SMS / WhatsApp à l’un de ces numéros : +237 698591740|674346639|690195126

    Notre ambition est de devenir un Rendez-vous majeur des acteurs du livre jeunesse et ses secteurs connexes en Afrique.


    Nous ne terminerons pas sans assouvir notre curiosité sur votre association Harambee Africa. Quelles sont ses missions ?

    Nos missions :
    – Éveiller et éduquer nos enfants à travers des collections de livres et vidéos livres, l’art, les sciences, les bandes dessinés, les jeux de société, les documentaires, le cinéma leur permettant dès le bas âge de se découvrir, d’apprendre et de s’ouvrir à l’environnement en s’amusant ;


    – La sensibilisation des parents à l’« éducation consciente ». Les parents doivent cesser d’imaginer un monde pour leurs enfants: ils doivent le construire, et nous pouvons le construire avec eux ;

    – Promouvoir les langues africaines et leurs apprentissages (swahili, fulfulde…)

    – Valoriser tous les savoirs faire des enfants africains en utilisant les nouvelles technologies (musée Virtuel).


    Avec notre projet « Faandou Deftéré », nous installons des boîtes à livres et promouvons la lecture dans les camps de refugiés, les villages et les orphelinats au Cameroun. À ce jour, nous avons :
    – Installé des boîtes à livres (près de 600 livres) au Camp de refugiés de Gado-Badzéré (région de l’Est), à l’école primaire d’application de Monatélé et à l’école catholique de Ngaountet 2 (région du Centre).

    – Installé une bibliothèque murale (Environ 300 livres pour enfants et jeunes) à l’Orphelinat Sainte Rita de Mendong, Yaoundé.

    – Equipé la bibliothèque de l’association Afrogiveness (Environ 200 livres pour enfants et jeunes) à l’occasion de la journée internationale de la tolérance, Yaoundé.

    – Sensibilisé près de 3000 enfants et jeunes à la lecture.


    Que de belles initiatives ! Nous vous souhaitons le meilleur.

    Linelitt

  • Petit détour… Trauma de Clotilde ATOGA


    Les séquelles générées par les affres de la guerre s’enracinent fermement dans les esprits au point où s’en défaire devient un parcourt du combattant. C’est cette allégorie que l’auteure présente allègrement dans son œuvre TRAUMA.

    Trauma qui a paru aux Editions Légilia en  2022 est produite dans un contexte de guerre qui dépeint avec maestria le retour psychique d’un traumatisme post guerre chez un soldat ou tout individu victime de la guerre.


    La dextérité de l’artiste se campe dans un style au profil d’expert, sans publicité. La description est l’étalon de base de la technique d’écriture. L’auteure nous fait découvrir, comme dans nos mémoires de jeunesse, les miasmes du village natal avec le retour triomphant de Daniel, son personnage principal.


    Il y a tout un mélange artistique qui plombe le lecteur dans une symphonie des arts comme dans un spectacle d’opéra. L’art picturale avec un enchantement descriptif qui peint avec une emphase hyperbolique le parcourt de Daniel vers les siens. En mettant en scène une végétation pittoresque et quasiment nostalgique. En peignant une voiture de brousse, frêle et délabrée qui porte huit personnes et qui ne passe qu’un jour par semaine, l’auteure nous fait humer l’odeur d’un voyage vers nos campagnes de l’arrière-pays. Par cette description, elle replonge le lecteur dans les lointains pays perdus de nos campagnes. Où les accès sont d’un marasme routier inexplicable dans un contexte où le ravitaillement des villes parfois dépend de ces zones de bas fond.


    Cette entrée descriptive est sujet à une projection du lecteur dans un univers où la quête du héros est loin d’être achevée. TRAUMA est une œuvre qui permet à l’auteure de ressortir avec presqu’exactitude chaque coin et recoin d’un environnement troublant et sanglant où s’entremêlent des sentiments de choc et des émotions rudes et révoltantes. C’est l’expression d’une littérature garnie dans l’image de la tragédie qui résulte de la belligérance entre deux parties dont les dégâts collatéraux sont plus importants que le but à atteindre. Quel TRAUMA !


    La perte d’un être cher est l’expression même d’un trouble psychologique qui frise la démence. Le traumatisme est inévitable. A la vue du sang qui coule au sol, sortant des entrailles des membres de sa famille, le héros Daniel ingurgite le goût amer de ses tripes au fond de son estomac. Quelle douleur pour qui est confronté à un pareil spectacle !

    TRAUMA n’est pas une œuvre qui raconte une histoire, mais une histoire qui fait revivre une scène, deux voire trois… plusieurs pourquoi pas. Scène de choc, scène de douleur, scène traumatisante…
    Dans sa narration l’auteure enrichit le lecteur d’espoir, cet espoir qui scande l’idéal d’une aventure à l’issue capitale. L’espoir de la découverte d’un vaccin à la maladie de la guerre, l’espoir de soigner les victimes, militaires ou civiles, des affres de la guerre. C’est cet espoir que Daniel ressent à l’absence de sa fille : sa vie, son espoir, sa raison de vivre, dans ce bain de sang familial. Dans cet épisode de TRAUMA, l’auteure nous apprend que l’issue de la guerre n’est pas toujours capitale. L’auteure nous offre la possibilité d’y remédier. Et c’est dans cette optique que l’on se rend compte et avec finesse que l’intrigue en elle-même est une énigme dont la réponse se trouve dans les dernières pages de l’histoire.


    Au-delà de la richesse linguistique et artistique du texte, l’auteure laisse un goût d’inachevé au lecteur que je suis. Dans une rapidité et une ponctualité donc la maîtrise de la technique l’incombe, l’auteure va directement sur le fait en étanchant sa soif d’écrire. Son aventure, malheureusement pour moi, s’achève sur une bagatelle de lignes prématurées, me laissant surpris par une fin aussi rapide. Le style est tellement aguichant qu’on a du mal à comprendre pourquoi le texte finit aussi vite. On est tellement accroché au récit que la fin nous effraye car rompu sur la fin de la suite, et surpris du volume de l’œuvre quand on s’attend à déguster le style plus amplement. On a encore faim de la suite. Si j’avais l’occasion de rencontrer l’auteure, je lui dirais en face, « chère artiste, fais-nous encore durer le plaisir, on attend impatiemment la suite. 


    Trauma sera en dédicace ce 02 juillet à Yaoundé, au centre culturel ASAMEL. Contact : +237 697361119

    Michel Paulin ASSIENE