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  • Petit détour… Au pays de nos rêves de Ibn Bachir NDAO


    Du paratexte au texte…

    « AU PAYS DE NOS RÊVES » est le titre du deuxième recueil de Ibn Bachir NDAO, préfacé par Assane Dieng. L’analyse paratextuelle donne, d’ores et déjà, une idée du projet poétique de l’auteur.


    D’emblée, le titre nous plonge dans un monde onirique. Ecrit avec des Lettres capitales, il prouve combien les rêves du poète sont grands. D’ailleurs, ne dit-on pas qu’il faut rêver grand ? C’est dans cette logique que s’inscrit Ibn Bachir dans ce recueil. En effet, il est dit, à la quatrième de couverture, qu’il peint une « société de Valeurs, de Droit, de Démocratie, de Renouveau, dont le secret repose sur l’Unité nationale, le Patriotisme, le Leadership, l’Ethique, etc. »


    Ce rêve poétique ne viendrait pas d’un sommeil profond. Il serait plutôt le fruit d’un travail acharné, impliquant le concours de tous et s’appuierait sur des institutions fortes.
    Au regard de songe, il faudrait s’attendre, à la lecture de ce recueil, à une critique sans complaisance de tout ce qui empêche la réalisation de ce projet chimérique. Que le lecteur ne soit donc pas surpris de voir le poète s’en prendre aux anti valeurs, à la monarchie, aux institutions fébriles, entre autres entraves.

    L’illustration de la première de couverture matérialise le rêve d’Ibn Bachir, qui est également celui de tous ses concitoyens. Les hauts et beaux édifices, construits aux bordures de la mer,
    traduisent l’essor de son pays. Qui ne rêve pas d’une maison avec une belle vue sur la mer ? C’est ce rêve que symbolise la couleur bleu de la mer et du ciel sur la première de couverture. Il faut se convaincre que ce recueil est figuratif de la volonté du poète et de ses concitoyens de voir leur pays sur le toit du monde, à l’image de ces hauts édifices. Sur ce point, on peut dire que Ibn Bachir, est sans conteste « l’homme des utopies » dont parlait Hugo aux XIXème siècle. Celui-ci « en des jours impies vient préparer des jours meilleurs » pour son peuple.


    Toutefois, il convient de souligner que par la peinture de ce pays utopique, le poète rappelle Abdourahman A. Waberi et son roman « Aux états-unis d’Afrique ». C’est dire qu’il s’inscrit déjà, dans la même logique que les grands écrivains africains de notre époque. Nous osons espérer qu’il fera partie des auteurs qui maintiendront la littérature africaine au sommet.


    Dr. Mamadou Hady BA

  • Les 5 questions posées à Michel SALTAIRE, auteur camerounais


    Bonjour, cher auteur ! Nous vous laissons vous présenter.

    Je suis un Camerounais né dans la region de l’ouest avant l’indépendance. J’ai fait mes études primaires à Njombé puis à Kékem. J’entre en classe de 6è au CES de Bafang qui plus tard deviendra le Lycée de Bafang. C’est dans ce Lycée que j’obtiens mon BACC A4 en 1980. Après un an de manutention au Port de Douala, et quelques années d’enseignement de français au Collège Herbert de Souza et au CETIC de Ndoungué, j’entre à l’ENS de Yaoundé par voie de concours en 1985. Après un stage linguistique à Edimbourg où je reviens avec un TEFL Diploma, j’obtiens, en 1988, une Licence Bilingue et mon DIPES I . En 1991, j’obtiens mon DiPES II et je suis affecté comme Professeur d’anglais au Lycée Bilingue de Ngaoundéré. Depuis le CM2, j’ai choisi d’écrire pour conscientiser les classes gouvernantes et dominantes sur la précarité, la misère et l’extrême pauvreté des masses paysannes ; car dans ma naïveté de jeune adolescent, je croyais qu’elles ignoraient ces situations sociales. Et je me suis dit : “ Un maçon, pour bâtir une maison, a besoin d’une truelle et d’un niveau d’eau. Et moi, pour écrire, il me faut des mots pour m’exprimer”. Et dès lors, le livre devint pour moi un compagnon inseparable.


    Vous êtes l’auteur de plusieurs livres dont le dernier paru aux Éditions Proximité :  »L’honneur dans les larmes et le sang ». Que représente l’écriture pour vous en 2022 ?

    L’Écriture, de prime abord, est un choix. Un choix noble qui devrait être exalté, valorisé et permanemment motivé. Mais chez nous en Afrique, écrire est une “connerie”. Je rapporte-là les propos d’un milliardaire de Ngaoundéré. Voilà la triste position des hommes riches de chez nous. Ils méprisent les Lettres et les hommes de Lettres. À cause d’une telle philosophie à l’égard de la littérature, les Blancs nous ont copieusement insultés en disant : “Si vous voulez cacher quelque chose aux Nègres, mettez cela dans un livre”. Et les Nègres s’en fichent et s’en contrefichent. Bigre! Sommes-nous dans la même planète terre ! C’est difficile vraiment de l’affirmer !
    Pour certains aussi, on écrit pour devenir riche ou pour arroser de fleurs les leadeurs afin qu’ils vous positionnent dans la société ! De tels auteurs méritent d’être pendus ! A mon humble avis, on devient auteur par vocation, par amour pour la vie, le peuple brimé ou marginalisé, par amour pour la liberté pour tous, par amour pour la justice, la paix, la sécurité, la prospérité nationale, le respect des droits individuels et collectifs, l’amour de la patrie, et pour une éducation bien pensée qui s’ouvre à la vie. En fin de compte, écrire, c’est enrichir autrui; et lire, c’est s’enrichir, c’est voyager, c’est découvrir les autres et leur univers.


    Parlez-nous brièvement de L’honneur dans les larmes et le sang. Où pouvons-nous l’acheter ?

    L’HONNEUR DANS LES LARMES ET LE SANG publié chez Les Éditions Proximité à Yaoundé, en février 2022, est un recueil qui regroupe des poèmes de l’univers enfantin, érotique, social, politique, etc. Cette œuvre éclectique s’adresse à toutes les sensibilités et met en scène les actions et les aventures de la vie humaine. C’est un texte percutant qui, contrairement aux préjugés actuels sur la Poésie, se lit aisément, et projette comme sur un écran de télé les grandes préoccupations et les grandes interrogations de la vie camerounaise et contemporaine. Mais aussi ses espérances !

    Vous pouvez l’avoir à 10 euros, frais d’envoi par poste  non compris (un vrai cadeau ; le livre s’étend sur 138 pages) à l’adresse suivante : Leutcha Tchatchou Michèle Picarde, +49 163 2490079, Aachen, Allemagne. Pour ceux qui sont à Yaoundé, cette œuvre est disponible à La librairie des peuples noirs, montée SNI. À Ngaoundéré, on peut l’avoir soit chez l’auteur qui répond au numéro + 237 696634491 (qui est aussi son WhatsApp), ou à La Maison du livre du Carrefour Tissu à 3000 FCFA. Ceux qui sont hors de de la ville de Ngaoundéré, peuvent l’avoir à 6000 FCFA, frais d’envoi par Poste ou Tout autre Messagerie compris. C’est vraiment un texte limpide, un vrai miroir projetant devant nos yeux la société camerounaise et africaine, et qui mérite d’être lu par les hommes, les femmes, et surtout les jeunes et les enfants de notre époque.
     
    Voici un cout extrait :
     
    « UN INGÉNIEUR  RETRAITÉ »
     
    Laboure bien tes pores
    Pour en tirer de l’or
    Fais la chasse aux papillons
    Pour monter tes avions
    Va dresser ton château
    Sur l’aile d’un corbeau
    Au centre d’un cerceau
    Va bâtir ton métro
    Au foyer du désert
    Va guérir tes misères
    Va cueillir dans la fleur
    Le nectar du bonheur
    Rêve ! rêve de nouveau
    Tout peut être bien beau
     
    Yaoundé 21 septembre 1987

    Que pensez-vous de la scène littéraire africaine actuelle ?

    Aujourd’hui, grâce au foisonnement des établissements scolaires et même des établissements universitaires, une masse considérable de jeunes filles et de jeunes garçons ont acquis une formation éducative de qualité ! Ceci a poussé beaucoup parmi eux à témoigner. C’est pourquoi la scène litéraire africaine a connu, depuis quelques décennies, un développement extraordinaire. Des prix littéraires prestigieux ont été décernés aux écrivains camerounais et aux écrivains des autres pays africains. C’est un signe assez parlant de l’avenir prospère de la littérature camerounaise et africaine. Nous déplorons seulement le manque d’engouement du grand public pour la lecture, et le fait que l’écriture africaine est motivée de l’extérieur. Le Cameroun devrait avoir un statut noble et appreciable pour ses hommes de lettres : les opérateurs économiques doivent encourager le développement des lettres par dons financiers ou par l’organisation des concours littéraires. Les auteurs eux-mêmes devraient être solidaires et donner l’exemple d’un corps organisé, uni et engagé.

    Quels conseils donnez-vous aux jeunes auteurs (es) ?

    A nos jeunes auteurs, je dis qu’écrire est une vocation, un sacrifice et un sacerdoce. Écrire est aussi un art. Dany Laferrière de l’Académie Française a dit: “Pour écrire il faut avoir de bonne fesse’’. J’ajouterai ceci : pour être un vrai écrivain, il faut avoir une vision du monde et un style pour exprimer cette vision du monde. Dès que cela est fait, il faut rechercher par intuition les outils nécessaires à votre travail dans la lecture des grands auteurs, dans la sage pénétration de son entourage ou de sa société. Il faudra ensuite apprendre à écrire correctement ; ensuite, il faut embellir son écriture comme le proposait déjà Boileau : » De figures sans nombre égayez votre ouvrage”; et enfin, il faut inventer sa proper écriture, son style propre ; un style aux accents fermes et puissants, à la beauté envoûtante. Je parle beaucoup plus de la Poésie ici ! Car la Lyre de nos jours présente des textes évanescents, prosaïques, sans aucune connection avec les réalités ambiantes ; des textes aux vers souvent fades et monotones qui ôtent au lecteur tout désir de lire. Tout ceci est sans doute lié à la précocité des textes publiés, au mercantilisme de certains éditeurs, et au manque de grands lecteurs dans nos maisons d’édition et dans notre entourage. Que les jeunes auteurs soient patients, et qu’ils mettent en avant l’Art et non l’argent et la gloire.


    Linelitt

  • Ça existe… STAFORART : Stage de Formation Artistique



    Afin de redonner à la culture et à la tradition ses lettres de noblesse, le Centre Culturel Boulevard des Arts (CCBA) s’est donné la mission de former gratuitement les jeunes.

    Cette 16e édition portera sur le thème ART, CULTURE ET MICROFINANCE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT LOCAL et se tiendra à Bangam, arrondissement de Bamendjou à l’Ouest Cameroun, du 25 au 29 juillet 2022.


    ACTIVITÉS  

    Danse
    Musique
    Théâtre
    Arts Plastiques
    Conte
    Résidence d’écriture


    OBJECTIFS

    – Sensibiliser sur le retour aux sources et le maintient du coût de la vie au niveau local


    – Sensibiliser les artistes et les populations sur la pauvreté artistique


    – Tenir des ateliers de formation


    – Organiser l’animation culturelle


    CIBLE

    Le STAFORART est ouvert au grand public de 7 à 77 ans : les artistes, les artisans, les banquiers, les enseignants, les femmes, etc.


    Ce stage est une belle opportunité pour déceler des talents qui apporteront du sang neuf à la culture camerounaise.


    CONTACTS 


    Tél. : (+237) 677 32 94 20 / 696 94 09 68 / 676 26 34 65
    E-mail : djelngnam@yahoo.fr

  • Ça existe… L’Agence de Consulting Littéraire – ACOLITT


    Basée au Cameroun, cette agence vous proposera, dès le 06 juin 2022, les services de relecture / correction, de communication littéraire (ou promotion littéraire, si vous préférez), de traduction littéraire et de transcription.


    Avant d’accepter de poster cette information, nous avons joué les fouines… Rassurez-vous, cette agence sait y faire.


    Et si vous deveniez des acolytes d’ACOLITT dès le 06 juin 2022 ?

    Ahh ! Pourquoi le 06 juin ? Parce qu’elle est en pleine restructuration.

    CONTACTS :

    Appels / SMS / WhatsApp : +237690195126

    E-mail : acolitt_communicationlitteraire@outlook.com

  • Ô bain… Kelly YEMDJI se mouille.


    Kelly YEMDJI est une camerounaise, auteure de deux livres : un roman, Le secret de mon échec, et récemment, un recueil de nouvelles, Les hommes se mangent la queue. Tous deux parus chez Élite d’Afrique Éditions.


    Kelly YEMDJI passe Ô bain


    Premier livre lu ? Je ne m’en souviens plus.

    Dernier livre lu ? Les 700 aveugles de Bafia.

    Dernier livre acheté ? Derrière le sourire du masque.

    Lecture ou écriture ? Lecture.

    Poésie ou nouvelle ? Nouvelle.

    Roman ou essai ? Roman.

    Père inconnu ou la Bible ? Père inconnu.

    Livre qui t’a le plus marqué.e ? L’alchimiste.

    Livre que tu as le plus détesté ? R.A.S.

    Netflix ou wattpad ? Wattpad.

    Djaili ou Fatou Diome ? Fatou Diome.

    Molière ou Senghor ? Molière.

    Pabe Mongo ou Sembène Ousmane ? Pabe Mongo.


    Livre papier ou livre audio ? Livre papier

    Livre papier ou livre numérique ? Livre papier.

    La qualité que tu apprécies le plus chez un auteur ? La bienveillance.

    Ce que tu détestes le plus chez un auteur ? L’arrogance.

    Après le sexe, livre ou verre d’eau ? Verre d’eau.

    La littérature africaine en un mot. Palpitante.

    Un an sans téléphone ou 6 mois sans livre ? Un an sans téléphone.

    Quel livre peut résumer ta vie ? Marylin, dernières séances.

    Sexe – Alcool – Cigarette ? Choisis une chose. Sexe.

    Comment aimerais-tu mourir ? Dans mon sommeil.

    Quel.le auteur.e a le plus influencé ton écriture ? J’essaie de ne pas me laisser consciemment influencer.

    Le génie de la lampe te donne l’opportunité de faire 3 vœux, quel est ton premier vœux ? Que le massacre au NOSO cesse.



    Questionnaire conçu par Aubin EYIKE, pour Linelitt

  • Petit détour… Derrière le sourire du masque de Joseph MBARGA


    Le camerounais Joseph Mbarga en mode thriller

    De fil en aiguille, cet auteur nous balade dans sa dernière sortie, au cœur d’une histoire qui nous est proche et surtout très riche en péripéties.
    Le sourire vrai et teinté de mystère de Joseph Mbarga s’est sans nul doute transporté dans la dimension romanesque de ses textes. On peut le dire à la lecture de son dernier bébé qu’il a choisi de nommer « Derrière le sourire du masque ». Un concentré de 472 pages, qui fait voyager le lecteur pas loin de Douala, dans une île, lieu des évènements, où Mola et son amie, Alima, doivent surfer entre travail, passion et surtout détermination pour venir à bout d’une mafia organisée autour des vols perpétrés d’objets culturels.



    Passionné et surtout ayant une forte culture pour les jeux de mots, Joseph Mbarga présente au public camerounais et international son tout premier texte dans ce registre. Après avoir publié auparavant des nouvelles, il signe avec les éditions Proximité, son premier roman. Après  »La faim ne justifie pas les moyens et autres nouvelles avec fin »,  »Le vieil homme est amer et autres amertumes », Derrière le sourire du masque vient témoigner de la plume déjà toute particulière de cet homme.


    Un livre pour les lecteurs


    Ecrire, dit-on, c’est faire plaisir à une communauté de personnes qui recherchent des moyens de s’évader. Dans cette production, les lecteurs vont s’identifier à plus d’un personnage, se reconnaitre à travers les mots, les attitudes, les réactions. Ce roman, bien qu’il soit complètement fictif, est d’abord celui d’un engagement de son auteur : celui pour un retour des valeurs ancestrales, d’un rapatriement des objets spoliés à maintes occasions par des personnes tapies dans l’ombre et étendant leurs tentacules par-delà des lieux insoupçonnés.


    Le volume du livre en lui-même en dit beaucoup sur les attentes de Joseph Mbarga. Il faut rester accrocher et plus loin, en redemander quand l’enquête sera à son summum. La découverte de ce sourire qui est caché sous un masque est une longue conquête de la vérité qui à plusieurs égards, semble ne pas avoir livré tous les secrets. Une suite sans doute pour cet opus ? L’avenir nous le dira. Toujours est-il que le livre est disponible sur plusieurs plateformes aussi bien au Cameroun que dans les autres pays à travers Amazon. Rendez-vous sur la page de l’auteur ou sur son site internet : www.mbargabooks.com pour acquérir un exemplaire.


    KWC

  • Petit détour avec «Colorant Félix» de Destin AKPO

    ATTENTION ! «COLORANT FELIX» NUIT GRAVEMENT…

    Au commencement étaient les bouquins. Bien sûr ! Même si aujourd’hui la pensée populaire voit en l’industrie du livre une mort lente, parce que l’amour pour la lecture devient de plus en plus une entreprise rare, avoir par contre les bonnes adresses des bons volumes reste un fort atout pour redécouvrir le goût de la chose littéraire. Bon Dieu ! Il existe encore des ouvrages qui retiennent sans conteste l’attention : «Colorant Félix» en est un. Tenez bien votre siège. Je vous en parle.

    DES VALEURS CULTURELLES

    Je regrette fort de devoir le dire très tôt : «Colorant Félix» nuit gravement à l’oubli des valeurs africaines. Si vous entretenez quelque aversion pour la culture africaine en général et celle béninoise en particulier, ce volume est loin d’être le vôtre. «Colorant Félix» vous traîne et vous emmène par les sentiers inégalés du savoir africain dans sa pureté. Heureuse entreprise !

    Avez-vous déjà entendu parler d’un certain Galola Félix ou d’un Coovi does not ? L’abbé Destin AKPO en détient subtilement le secret. «Colorant Félix» étonne par la densité de son savoir. Il informe continuellement le lecteur sur diverses réalités de la culture béninoise et même africaine. L’ouvrage déborde de connaissances. Il s’exprime tout seul et chante par lui-même.

    «Colorant Félix» nuit gravement à l’incivilité, rappelant avec finesse ce qu’on ne peut que dire et ce qu’on ne peut faire ou qu’on ne peut ne pas faire en contexte africain. Il propose les règles de déontologie à tenir en haute estime. «Colorant Félix» est tout simplement un gardien de la mémoire africaine.


    DU STYLE


    Dans un style particulièrement exceptionnel, l’abbé Destin AKPO sort des sentiers battus. Il n’a pas fait qu’écrire une œuvre littéraire, il a rendu immortelle la mémoire des anciens jadis circonscrite à la sphère de l’oralité reconnue à l’homme noir. «Colorant Félix» est la mémoire des anciens. Dans ce volume se cachent les trésors de chacune de nos familles, de nos coutumes tombées par endroit en désuétude face à l’hégémonie poussée de «nos maîtres d’hier». Il est presque impossible de décrire avec exactitude l’incommensurabilité stylistique et le niveau de langue propres au «Colorant Félix». Comment décrire d’ailleurs l’indescriptible ? Peut-on opiner du chef sur quelque chose qui échappe à l’intellect ? N’est-ce pas ce qu’on peut nommer comme un style recherché au landerneau de la baobamie littéraire ? Gratitude au diplodocus Lieuvin Gaillard…


    DE LA GAIETÉ


    En plus du caractère instructif et de la pureté du style, «Colorant Félix» s’impose avec une euphorie et une alacrité qui échappent à toute description. Dans «Colorant Félix» son Excellence Sodabi-La-Santé s’invite en maître de cérémonie et l’auteur nous y conduit avec un style assez unique avec de vieux édentés sur la bouche de qui circule le «Talopkémi» qui servait de mesure à l’intempérance de leur démesure à se servir sans mesure l’eau-de-la-vie : le bienheureux Sodabi. Du bout de ses trente (30) palabres, «Colorant Félix» étonne continuellement le lecteur, crée et récrée la magie du rire sans jamais l’ennuyer.

    L’abbé Destin AKPO a le génie d’arracher quiconque à ses occupations : impossible de fermer «Colorant Félix» sans avoir atteint le bout du tunnel : affreuse obsession !
    «Colorant Félix» ? C’est de la finesse, du rire, et du savoir qui transforment les palabres en un véritable et merveilleux retable baroque. N’est-ce pas là ce qu’on appelle «le miracle de la créativité littéraire» ?

    Georginio HOUNKPATIN



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  • Les 5 questions posées à Prudientienne GBAGUIDI, Béninoise, vice-présidente de l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF) et directrice de la librairie Savoir d’Afrique

    Bonjour, madame GBAGUIDI et merci de nous accorder votre temps. Comment vous présentez-vous ?

    Bonjour, Madame !
    Je m’appelle Prudientienne HOUNGNIBO épouse GBAGUIDI, Directrice de la librairie SAVOIR D’AFRIQUE, Présidente de l’Association des Libraires Professionnels du Bénin (ALPB) et vice-présidente de l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF)

    En tant que vice-présidente de l’AILF depuis le mois d’avril 2022, quelles sont vos missions ?

    En tant que vice-présidente, j’assiste le président dans ses fonctions. En cas d’absence ou d’indisponibilité du président, je suis habilitée statutairement à présider les réunions du Conseil d’Administration et de l’Assemblée Générale.

    Votre librairie, Savoir d’Afrique, est basée au Bénin. Quels types d’ouvrages proposez-vous?

    La librairie SAVOIR d’AFRIQUE du Bénin propose tous les ouvrages en littérature générale et en particulier les ouvrages d’auteurs béninois ; la littérature infantile aussi bien d’auteurs africains que du nord ; les ouvrages universitaires ; le scolaire et le parascolaire, les ouvrages religieux; et bien d’autres.

    Plusieurs libraires se plaignent de ne pas vendre des livres. Devons-nous comprendre que la librairie Savoir d’Afrique, mise sur pied au mois d’août 2021, avait un autre objectif que celui pécuniaire ; ou alors ces plaintes ne sont pas aussi les vôtres ?

    En tant qu’actrice culturelle, notre premier objectif est de promouvoir la lecture, la lecture plaisir, car je suis une amoureuse du livre. Organiser régulièrement des activités culturelles autour du livre (cafés littéraires, présentations de livres avec dédicaces, séances de contes avec les enfants, rencontres d’auteurs dans les écoles et lycées, la caravane du livre et de la lecture, etc.)


    Le deuxième, c’est de rendre disponible la majorité des œuvres produites par les écrivains ou les auteurs béninois, car la non couverture du territoire national par les librairies du Bénin rend difficile la distribution du livre au Bénin.


    Enfin, en tant qu’une entité, donc une société commerciale, vendre les livres à un coût acceptable, correspondant à la bourse du Béninois moyen; c’est pour cela que nous avons baissé nos marges.


    Très intéressant ! Comment voyez-vous les librairies en Afrique francophone dans 5 ans ?

    C’est un secteur en croissance à cause de la floraison des écrivains, des maisons d’édition, des librairies.
    Aussi, la nouvelle politique de promotion de la langue française dans le monde initié par l’état français à travers les ETATS GENERAUX SUR LE LIVRE EN LANGUE FRANCAISE DANS LE MONDE, Tunis 2021 et le Projet RESSOURCE EDUCATIVE des Instituts Français, permettra la réorganisation de la chaine du livre et le développement de la filière du livre.


    Enfin, toutes les actions menées sur le terrain par notre association internationale, AILF, permettent d’avoir une vision optimiste du secteur.
    Le seul souci qui demeure et qui n’a pas encore trouvé une approche de solution est le problème de transport des livres en Afrique.

    Linelitt’

  • Les 5 questions posées à Koffi Victoire GNENGBA, auteur togolais

    Bonjour, Koffi Victoire GNENGBA ! Merci de nous accorder votre temps. Comment se portent vos projets littéraires ?

    Bonjour et merci pour ce travail noble, cet intérêt grandissant que vous accordez à la littérature. Pour vous répondre, je dirai qu’en dehors de certaines difficultés que connaissent souvent les jeunes écrivains dans ce réseau de la littérature, mes projets littéraires se portent de mieux en mieux.

    Que représente l’écriture pour vous ?

    L’écriture est pour moi une compagne sincère qui me tend sa main dans l’ombre pour me consoler aux temps de mes monstrueuses douleurs, et à la fois, celle avec qui, isolé dans ma chambre, je partage ma joie à des moments de bonheur. C’est également un monde dans lequel je me replie pour crier ma vengeance contre tout ce qui me paraît absurde, injuste sur cette terre. C’est un moyen sûr me permettant de chercher à mieux me connaître, à connaître l’Homme, afin de pouvoir comprendre ne serait-ce que certains phénomènes de l’existence.( Puisqu’on ne peut tout comprendre.)

    Vous vivez au Togo, que pensez-vous des productions des jeunes acteur.e.s du livre de votre pays ?

    Je pense qu’aujourd’hui, même s’il y a moins d’intéressés, il y a de plus en plus de jeunes qui se font remarquer dans le champ littéraire togolais avec de belles productions qu’il faut surtout encourager.

    D’après vous, l’édition au Togo et en Afrique en général, une mère protectrice ou une méchante belle-mère ?

    L’édition au Togo et en Afrique, d’après ma petite expérience, est une mère protectrice et à la fois une méchante belle-mère selon les personnes exerçant dans ce domaine et le type de travail qui s’organise avant, pendant, et après l’édition. Je rappelle malgré tout que l’on doit beaucoup plus revoir l’organisation du travail de l’édition, au Togo comme en Afrique, pour que la littérature parvienne à emballer toutes les couches sociales. Ce qui incitera aussi les créateurs à créer davantage.

    Si je vous dis  » Steve BODJONA », vous me dites ?

     »Le livre au quotidien ». C’est l’occasion pour moi d’adresser mes salutations au cher Aîné, Steve Bodjona, pour ses exploits littéraires, tout le travail promotionnel qu’il organise ça et là autour du livre.

    Linelitt’

  • Les 5 questions posées à Moïse EDIMON, bibliothécaire et promoteur culturel congolais (RDC)

    Bonjour, Moïse EDIMON ! Nous vous prions de vous présenter à nos abonné.e.s.

    Je suis Moïse EDIMON, animateur culturel congolais à la base, très impliqué dans la sphère littéraire congolaise. Je suis également panafricaniste militant pour la promotion et l’appropriation de notre histoire ainsi que la mise en place d’un système d’enseignement scolaire en langues nationales dans toute l’étendue de la RDC. Je suis l’initiateur de plusieurs projets d’animation littéraire parmi lesquels le Club de lecture de la Tshangu.

    Vous êtes, effectivement, bibliothécaire et un promoteur très actif de la littérature en RDC. Quel a été le déclic ?

    La Bibliothéconomie et la promotion de la lecture sont des branches qui ont toujours habité mon esprit. J’ai adoré le livre dès mon jeune âge; la lecture n’a jamais été une corvée pour moi. A la vérité, la chose qui a développé cette intimité avec les livres, c’était la peur de parler avec les ami.e.s à l’école – ils se moquaient de moi… Pour la petite histoire, je fais partie de ces personnes qui parlent sous la langue. Il m’arrive donc de zézayer. Et avec l’immaturité de l’âge à cet époque, à l’école primaire, mes camarades de classe ne cessaient de se moquer de moi, et moi, je ne savais pas maitriser ces provocations. Du coup, celles-ci ont produit en moi une solitude, mais une solitude fructueuse ( rires ) qui m’a permis d’être culturellement construit.

    Vous avez récemment mis sur pied un club de lecture, le Club de lecture de la Tshangu. Quels sont ses objectifs et les modalités d’adhésion et de participation ?

    Le club de lecture de la Tshangu est une organisation culturelle libre d’accès. Il suffit d’avoir la volonté de partager notre vision qui est de ne consommer et de ne promouvoir que la littérature congolaise.


    Les objectifs de notre Club de lecture sont les suivants:
    – Proposer la lecture aux habitants du district de la Tshangu, un coin de Kinshasa qui est miné par la barbarie et l’illettrisme.


    – Combattre l’aliénation en n’exploitant que les livres congolais qui valorisent notre culture d’une manière ou d’une autre, tout en accordant toujours aux membres du club la liberté de discuter en langue nationale : le lingala.


    – Susciter le goût de la lecture dans chaque ménage du district de la Tshangu en faisant en sorte que le livre ne soit plus regardé comme le propre des gens d’une certaine classe sociale, mais plutôt comme une simple denrée de l’esprit qu’il importe à tout le monde de consommer.

    – Imposer la Tshangu comme étant un district de référence de la littérature congolaise.


    Un beau projet ! Nous vous souhaitons le meilleur. Que pensez-vous des prix littéraires ?

    À la base, un prix littéraire devrait justifier le fort potentiel d’un.e laureat.e. Toutefois, depuis que je suis dans le champ littéraire international ou national, je ne cesse de douter de la légitimité de ces prix. Pour moi, très peu les méritent…


    Et l’édition alors ? Quel constat général faites-vous de l’édition en Afrique, en RDC ?

    L’édition en Afrique et particulièrement en Rdc connait un foisonnement intéressant, il y a pas mal de jeunes auteurs qui paraissent à gauche et à droite; ce qui rassure la présence perpétuelle de notre écriture. Les regrets que je peux étaler ici sont : le fait que plusieurs maisons d’édition africaines n’ont pas encore comme priorité de parler de l’histoire de l’Afrique, de nos valeurs culturelles, de promouvoir nos langues et nos héros ; des grands noms comme de Ndona Beatrice Kimpavita, Nelson Mandela, Simon Kimbangu, etc. souffrent d’une crise de renom puisque ne faisant pas l’objet de plusieurs ouvrages qui pourraient servir dans nos écoles. S’il y a deux ou trois institutions qui bercent et promeuvent l’aliénation culturelle en Afrique, les maisons d’édition en font partie, car la majorité des livres ont toujours une connotation occidentale à la Molière, Maupasant, Voltaire, etc.

    Linelitt’