Étiquette : Culture

  • Les 5 questions posées à David Serge MVOMO, auteur camerounais et lauréat du prix théâtre ÓSU, édition 1

    Je me souviens de ce moment… C’était juste magique. Recevoir un prix en littérature, waouh ! C’était merveilleux ! Je venais d’être reconnu écrivain. Merci à Eclosion et à sa directrice, Mme Noah, pour ce grand projet qui est ÓSU. Sans ce concours, probablement, je serais retourné voir un éditeur Européen ou Sénégalais. Mais voilà ! Je suis édité au Cameroun et je gagne. Belle aventure ! Je vais la continuer.


    Bonjour, David Serge MVOMO et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présentez-vous ?

    Merci pour ce moment que vous m’accordez. Qu’est-ce que je peux dire ? David Serge Mvomo est un homme comme tous les autres, couvert, un peu humoriste à l’occasion, souriant, aimant découvrir des choses, comprendre comment elles fonctionnent ; j’aime tout ce qui est harmonieux, positif, simple. Voilà un peu comment je me présente. Mais vous savez, il n’est pas facile de se présenter en fait. Il est plus aisé de laisser les autres vous connaître et de se faire leur propre idée sur vous.

    Vous êtes l’auteur de la pièce de théâtre « On a volé Dieu ! » paru aux éditions ECLOSION. De quoi s’agit-il ?

    « On a volé Dieu ! » est une mise en scène de notre société en général et principalement notre relation avec Dieu. Comment vivons-nous notre réalité chrétienne ? Est-ce comme nous la connaissons depuis que nous sommes sur terre ? Je veux dire que nous naissons dans des familles qui, la plupart du temps, sont déjà religieuses, et nous, nous ne cherchons plus à connaître Dieu ; nous nous contentons de ce que nous venons trouver et disons simplement « Amen ! Alléluia ! » (une façon de dire : je vais encore chercher quoi ?). « On a volé Dieu ! » veut simplement montrer aux lecteurs un côté qu’il doivent connaître sur cet aspect de la croyance en Dieu,

    la véritable vie chrétienne par exemple. Beaucoup de chrétiens ne savent pas ce que c’est que l’Eglise, qui est l’homme de Dieu, comment fonctionne la vie chrétienne… Beaucoup ne savent pas que c’est nous qui pouvons hâter la seconde venue du Seigneur… Bref, « On a volé Dieu ! » est un miroir pour nous, elle nous permet de changer, d’avoir un nouveau regard dans ce que je connais peu comme le disait René Descartes : « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle » Je mets en scène un jeune Eto’o, qui a une vision différente des choses, face à Voundi, un bon religieux.

    Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec cette pièce de théâtre, le lauréat de l’édition 1 du prix littéraire ÓSU «catégorie théâtre» qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.

    Mon aventure avec Eclosion et le concours ÓSU commence le jour où je rencontre la directrice des éditions Eclosion par hasard. Elle me parle de sa maison d’édition parce que je lui dis que je suis écrivain et j’aimerais désormais me faire publier ici au pays. Alors, elle me parle du concours ÓSU et je lui dis que je vais y participer et gagner (rires). J’avais écrit cette pièce de théâtre en 2017, et j’avais aussi un essai prêt. N’ayant pas encore de roman, je me suis dit : « Je vais concourir avec la pièce de théâtre. » Je dépose mon manuscrit, et quand la liste des lauréats sort, je suis parmi. Et un soir de février 2022, je suis l’heureux lauréat dans la catégorie théâtre. Je me souviens de ce moment. C’était juste magique. Recevoir un prix en littérature, waouh ! C’était merveilleux ! Je venais d’être reconnu comme écrivain. Merci à Eclosion et à sa directrice, Mme Noah, pour ce grand projet qui est ÓSU. Sans ce concours, probablement, je serais retourné voir un éditeur européen ou sénégalais. Mais voilà, je suis édité au Cameroun et je gagne ! Belle aventure… Je vais la continuer.

    Quel est votre regard sur la littérature camerounaise et sur la littérature au Cameroun ?

    Le Cameroun est un grand récipient rempli de grands écrivains. Je pense que Mongo Beti peut se reposer tranquillement dans sa tombe, parce qu’il y a de la bonne relève. Je parle de Mongo Beti parce que c’est mon auteur préféré. Contrairement à la musique, sans la critiquer, la littérature au Cameroun est éducatrice. Malheureusement, elle reste uniquement dans les livres, les bibliothèques, les maisons d’édition. Les camerounais ne lisent pas. On fait plus la promotion de la musique, de la comédie. Mais le livre est en hibernation par ceux qui doivent la promouvoir. Charles Ateba Yéné disait : « Je vais maintenant commencer à chanter et là, les gens pourront écouter ce que je dis ». Il y a plus de bars, de snack et autres, mais très peu d’espaces de lecture. Au Tchad où j’ai fait une partie de mes études, chaque quartier dans la ville de N’Djaména a au moins deux bibliothèques. En classe de Terminale Philosophique ou A4, il était obligé d’être inscrit dans au moins une bibliothèque et obligation était de présenter ton reçu d’inscription au collège. Moi, j’étais inscrit dans trois bibliothèques (rires). J’ai d’ailleurs gagné le troisième prix du concours de littérature lancé par la Francophonie en 2006 pour la journée de la langue française en N’Djaména…
    Donc… Notre littérature est très riche et très importante. Elle a juste besoin d’être connue, d’être promue par des concours, des Awards ; il est important de faire connaître nos écrivains et faire connaître ceux qu’ils écrivent. Une nation se bâtit par sa littérature.

    Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?

    Simplement qu’ils fassent leur jobs. C’est tout et rien d’autre. Merci.



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    La troisième édition du prix littéraire national ÓSU est lancée et va jusqu’au 31 décembre 2023. Pour cette édition, des prix dans la catégorie « langues locales » et des textes en anglais ont été ajoutés, avec le soutien de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale du Cameroun et du CERDOTOLA. Il suffit de s’inscrire à 10.000 FCFA pour tenter de gagner jusqu’à 750.000 FCFA. A vos plumes !



  • FESTIFOUS : QUAND LA LITTÉRATURE TCHADIENNE EST EN EXTASE


    La communauté des écrivains et auteurs du Tchad et de la coordination des activités du Festival International le Souffle de L’Harmattan, par la voix du Dr Patrick Clément OYIEH, félicite la promotrice du Festival International des Fous du Livre (FESTIFOUS)


    Ceint d’admiration et de respect envers la passion et le dévouement de la Camerounaise amoureuse de la littérature et promotrice du festival littéraire international FESTIFOUS, le Dr Patrick Clément OYIEH a tenu à féliciter Marie Bertille MAWEM.

    L’engagement de cette dernière à promouvoir les écrivains et auteurs du monde entier joue un rôle dans ce geste d’acclamations, au vue de cette plateforme unique, le FESTIFOUS, où les talents littéraires peuvent s’épanouir et être célébrés.

    Dr Patrick Clément OYIEH a tenu à mettre en exergue la vision de la promotrice qui vise à nourrir l’amour de la littérature et à encourager la diversité culturelle transcontinentale.
    On peut donc aisément dire que les efforts de Marie Bertille MAWEM pour organiser ce festival littéraire international ne passent pas inaperçus. Et à juste titre. Car, mobiliser des écrivains de renom, des érudits et des passionnés du monde entier pour un partage de connaissances et d’expériences, créant ainsi des liens précieux entre les différentes cultures et traditions littéraires est une chose dont la littérature a besoin.

    Dr OYIEH redouble d’acclamations devant la foi et l’opiniâtreté de la promotrice, dans un climat assez délétère au Cameroun, pour les écrivains et les auteurs du monde entier. Il décrit cette pugnacité d’inestimable, d’incomparable et presqu’incroyable, digne d’une touche indomptable littéraire.

    Dans ce contexte qui voit la jeunesse cliver, Dr OYIEH estime que Marie Bertille MAWEM est une source d’inspiration pour de nombreux jeunes qui rêvent de faire carrière dans le domaine littéraire, par son engagement et sa détermination qui prouvent qu’il est possible de réaliser de grandes choses grâce à la passion et la persévérance.

    « Marie Bertille MAWEM, votre festival littéraire international est une véritable célébration de la créativité et du pouvoir des mots. Continuez à éclairer le monde de la littérature avec votre festival et vos activités, car chaque page tournée, chaque histoire partagée, contribue à un monde plus diversifié, riche d’histoires et d’émotions.
    Que votre festival continue de grandir et d’inspirer de nombreux autres passionnés de la lecture et de l’écriture à travers le monde !      Avec toute mon admiration profonde, mon inclinaison totale et ma très très haute considération.

    Le Coordonnateur des activités du Festival International le Souffle de L’Harmattan 10,
    Dr Patrick Clément Oyieh,
    Professeur d’éloquence
    Directeur général de l’institut d’Art Oratoire du Tchad »

    Acteurs de la littérature, soyez de la partie du 06 au 09 décembre 2023, pour la quatrième édition du FESTIFOUS. Contact utile : (+237) 657695643 (WhatsApp)


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  • Les 5 questions posées à Christine TSALLA ELONG, auteure camerounaise

    Bonjour, chère auteure et merci de répondre à nos questions. Qui est Christine TSALLA ELONG ?

    Christine Tsalla ELONG, c’est une passionnée des belles lettres. Christine, c’est une personne curieuse. Christine, c’est une grande lectrice. Christine, c’est une grande admiratrice de toutes nos icônes qui se font et se démarquent pour lever au plus haut rang la littérature africaine, sans oublier tous ces combattants qui se battent pour la libération de l’Afrique. Christine rêve d’une Afrique forte, debout, libérée, fière.

    Mexico est votre dernier livre. Une invitation à ne plus craindre cette partie du monde ou autre chose ?

    Ne vous méprenez pas, il existe dans ce pays une réalité qui, de très loin peut, de façon vertigineuse, dépasser la fiction. En ce qui me concerne, j’ai fait un choix, celui de raconter le beau. En toute chose, il y a du beau. Même le tableau le plus sombre a quelque chose d’exceptionnel, d’extraordinaire.

    Mexico est le titre de mon dernier livre. Loin d’être l’histoire de ce Mexique englué dans le sang de ses enfants, je raconte cette partie humaine du Mexique, ces ruelles tranquilles, ces paysans qui vaquent tranquillement à leurs occupations, ces enfants insouciants qui jouent, cet accueil très chaleureux réservé aux étrangers, l’amour à la mexicaine. Bref… la normalité.

    En tant qu’autoeditée, nous imaginons que vous faites face à plusieurs difficultés. Faites-vous confiance à votre seul regard après la relecture de vos textes pour dire  »OK ! Publions-le » ?

    Impossible. Personne ne saurait se faire confiance à cent pour cent, même si vous êtes le gagnant du plus grand prix littéraire. Si les machines se trompent, à plus forte raison un homme. Personnellement, la tâche la plus complexe pour moi est de me relire. L’auto-edition tout comme l’édition classique a besoin d’accompagnement à tous les niveaux. Les avis, les appréciations ou dépréciations sont autant de choses qui accompagnent toute œuvre tout au long de sa vie. L’auto-edition nécessite plus de sérieux, de détermination. Il faut à la limite être jusqu’au boutiste, avoir une grande foi et confiance en son produit. Ce n’est donc pas facile. Et de plus, vous investissez de votre argent.

    Vous étiez récemment au Cameroun et avez mené plusieurs activités. Quelle a été votre impression sur l’espace littéraire camerounais ?

    Avant de répondre, j’aimerais profiter de cette occasion pour remercier toutes les personnes qui m’ont gentiment accompagnée et qui ont travaillé d’arrache-pied pour mener à bien la promotion de mon dernier livre, Mexico. Je pense particulièrement à ACOLITT et aux différentes équipes de la CRTV, de InfosTV, de Mo’Radio.


    Le Cameroun est un pays d’intellectuels. Ils savent ce que c’est que de produire une œuvre littéraire. En plus, les gens sont curieux. Ils savent apprécier et reconnaître à sa juste valeur un travail fait avec ardeur. Chaque pays ayant ses limites, beaucoup reste à faire. Il faut, par exemple, rendre les livres accessibles, proposer des activités autour du livre, vulgariser le livre et così via.

    Si vous gagnez deux places dans un parc d’attraction. Avec quel acteur de la littérature iriez-vous ?

    Mon coup de cœur, Imbolo Mbue.

    Merci, chère auteure, pour votre disponibilité.

    C’est plutôt moi qui vous remercie.

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  • Il a été lu… Mon enfant, ma vie de Rosine YÉMÉLÉ, auteure camerounaise

    « Mon enfant, ma vie » est un essai de la psychologue Rosine YEMELE qui a paru en 2021 aux éditions Éclosion. Il compte 110 pages regroupées en treize chapitres organisés en deux parties.

    L’éducation de l’enfant est une tâche pas du tout facile. S’y pencher tel que l’a fait notre auteure est un acte à saluer.

    Les transformations de la société africaine, confrontée au quotidien au modèle de vie occidentale, rend la chose encore plus complexe. Le parent-éducateur est donc confus, désemparé et trouve dans les textes comme celui de notre auteure une sorte de boite à outils pour ce travail à plein temps qu’est l’education de l’enfant.

    Dans ce texte facile à lire parce qu’écrit avec des termes précis et concis, l’auteure présente dans le préambule qui précède les 13 chapitres, la méthodologie utilisée pour la rédaction de cet essai. Celle-ci va de la collecte des données auprès de parents dans différents fora pour cerner la « problématique de la perception » qu’ils ont de leurs progénitures. Ceci amène le lecteur au plat de resistance qui commence avec la première partie du livre qui s’intitule : « QU’EST-CE QU’UN ENFANT ? ».

    Dans les dix chapitres que compte cette partie, l’auteure donne les clés permettant de comprendre ce qu’est effectivement un enfant. De façon plus précise, elle renseigne le lecteur sur comment pense, communique, agit, réagit et apprend un enfant. Il est également aborder la question sur comment l’entretenir, sur les besoins, les difficultés, les désirs de l’enfant et ce qu’on peut attendre de lui. À cette partie très dense succède la seconde qui comporte quant à elle trois chapitres: « COMMENT EDUQUER SON ENFANT PACIFIQUEMENT ».

    Comme l’annonce ce titre, l’auteure propose ici quelques astuces et conseils pour mener à bien cette tâche. 

    Aujourd’hui, l’éducation des enfants est un domaine très prisé avec l’évolution des sciences sociales. La société moderne est de plus en plus complexe et les enfants doivent être préparés à affronter les défis de demain.

    Le parent- éducateur, face à ce challenge, est partagé entre espoir et incertitude. Pour pallier cette situation, la psychologue Rosine YEMELE, à travers son livre « Mon Enfant, Ma vie » propose des astuces.
    Au-dela de l’aspect structurel du livre, il nous apparait d’entrée de jeu que l’auteure essaye d’exposer, selon les disciplines, les concepts centraux qui permettent de définir et surtout de saisir ce qu’est « UN ENFANT ». Une chose pas tout à fait facile. Selon Rosine Yemele, « l’enfant est un être humain à part entière, de petite taille, qui a besoin de son entourage, avec qui il faut cohabiter, échanger. C’est également un être à former, à éduquer, à enseigner ; pas parce qu’il est ignorant de tout, mais parce qu’il a besoin de soutien intellectuel. » (p.19-20). L’auteure estime que l’enfant aurait une certaine « maturité cognitive » généralement imperceptible par les parents qui pourraient facilement influencer son ‘’Devenir’’ : d’où la nécessité de comprendre son « raisonnement », qui varie selon les tranches d’âges. « De 0-à 2 ans, l’enfant fonctionne selon le principe du ‘’Ça’’, ses désirs seraient des ordres. De 2-3 ans, c’est le ‘’Moi’’, il commence à prendre conscience de son individualité, il comprend qu’il est LUI et sa mère est ELLE. De 3-5 ans, le ‘’Surmoi’’, il intègre les règles et normes de fonctionnement de son environnement. De 5-8 ans, l’enfant est plus ouvert, il s’exprime et écoute. Enfin de 8-10 ans, il est capable de tenir un raisonnement logique et faire un choix ». (p.23-32).

    Mais cette arithmétique semble trop simpliste pour appréhender l’intellect d’un être dynamique, évolutif, à notre humble avis.
    Dans les chapitres 3 et 4, elle mentionne le fait que l’adulte traite l’enfant sans aucune considération pour sa personnalité. D’après elle, ceci est causé par l’incompréhension de ses besoins surtout quand celui-ci s’exprime par des : « cris, pleurs, gestes, balbutiements, formulations des phrases » (p.35-38). De plus, le parent néglige également de prendre en compte « des attitudes comme tout mettre dans la bouche, sucer une partie du corps ou reproduire ce qu’il ne sait pas mauvais, que le parent trouve déplacé » (p.41-44). Il faut souligner que Rosine Yemele mentionne avec force le fait que le processus d’apprentissage chez l’enfant qui commence dès le sein de sa mère se poursuit tout au long de son évolution, ainsi que le besoin permanent de se sentir « aimé » de ses parents, le prépare à affronter les conflits. Chaque enfant a un rôle à jouer. Le monde des adultes est construit sans enfant, égoïstement, sans une véritable attention à leur être propre. Pourtant, l’enfant et l’adulte n’ont pas les mêmes besoins, ne vivent pas au même rythme. De ce fait, leur coexistence est parfois difficile. Ce qui sera traité en deuxième partie.

    La deuxième partie que nous trouvons déséquilibrée structurellement par rapport à la première se consacre à ce que l’auteure appelle l’éducation pacifique. C’est le lieu de proposer quelques préalables pour que le processus de ladite éducation soit harmonieux. Tout d’abord, Rosine YÉMÉLÉ suggère que le parent doit se connaitre (qualités, défauts, tempérament), et faire preuve d’une maitrise de soi. Ensuite, il est impératif pour lui de connaitre son enfant, ses traits de caractère, ses besoins, et surtout de l’aimer. Ceci doit se faire si possible avec l’apport des conseils et observations d’un spécialiste du comportement. Elle propose également la tenue d’un emploi de temps spécialisé, pour un meilleur suivi. Et enfin, elle rappelle ce qu’est un parent : quelqu’un qui doit éduquer, former, accompagner un enfant dans sa vie, tout en évitant d’être froid ou rigide.


    Le premier rôle attribué à un parent est sans aucun doute l’éducation de son enfant. Cette éducation a en effet pour but de développer les qualités de l’homme qu’il est appelé a être. Dès lors, la première nécessité qui s’impose dans ce processus est avant tout de connaitre la personne à éduquer. L’éducateur est en réalité celui qui aide l’enfant à atteindre la maturité psychique afin qu’il puisse assimiler correctement les valeurs universelles et s’intégrer dans la société.

    « Mon enfant, ma vie » propose une approche pacifique pour canaliser, orienter et rehausser les qualités positives de l’enfant. Pour réussir cette mission, le parent doit mettre de côté le « fouet » et la « colère », car l’enfant est un être social en devenir.

    Il est aussi important de prendre en compte le fait que dans la culture originelle africaine, l’enfant appartient à toute la société (expérience du passage de main à main) et non plus seulement à ses parents biologiques. Très tôt, confronté à cette diversité d’acteurs à sa charge, il est préparé psychologiquement à une vie tumultueuse.

    En lisant l’ouvrage, nous sommes malheureusement restés sur notre faim à plus d’un titre. En considérant le titre, tout lecteur non averti pourrait croire que cet essai offre une vision générale sur des cas pratiques des expériences de plusieurs ménages selon leur statut social, zone géographique ou encore selon leur aire culturelle. Force est de constater que l’essayiste a surtout développé son travail en se basant sur sa simple expérience personnelle et quelques notes générales sur la psychologie du développement de l’enfant. Elle n’a pas pris en compte la diversité et la complexite des situations qui peuvent caracteriser l’enfant. Car, comment étudier l’enfant, sans le situer à l’intérieur de sa culture, de son univers particulier où prédominent telle forme de pensée, tel climat affectif, tel niveau technique, tel mode d’affirmation de soi, tel type de langage ? Devrait-t-on en déduire que l’enfant de Nguelemedounga, de Bamena, d’Ebom-Zout ou de Bastos, d’Etoudi, d’Etoug-ébé ou encore celui en situation de handicap moteur, sensoriel, mental, cognitif, psychique… doivent avoir la même éducation ?
    Evoluant dans un contexte multiculturel comme le nôtre, n’aurait-il pas été d’un meilleur apport de passer par le miroir de cette richesse pour mieux observer la question de l’enfant et son éducation, afin de proposer des conduites réalistes à tenir pour réussir cette éducation de manière « pacifique » ?
    Au-delà de toutes ces remarques, « Mon enfant, ma vie » est un appel à l’autorité bienveillante, qui demande aux parents de faire plus d’efforts, de remettre en question leur mode de fonctionnement dans le but de s’adapter convenablement aux besoins de leur enfant. Une autorité qui se voudrait cohérente, ferme et souple; qui répondrait aux besoins de l’enfant en lui transmettant des règles claires. Ainsi, l’enfant comprendra ce qui lui est permis ou interdit. Et comprendra que la règle n’est pas une contrainte, mais une protection.

    Arielle DNOUTCHEU,
    Bibliothécaire jeunesse



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  • Il a été lu… Quand les racines chantent de Danielle EYANGO, auteure camerounaise

    La lecture du roman nous plonge dans un univers, où nostalgie , tristesse, solitude et mélancolie s'entremêlent. Jasmine mène une vie qui danse au rythme de la malédiction que subissent les femmes de sa lignée depuis son aïeul Nyake Rokia. Sa mère voit en elle une forme de rédemption et désire faire d'elle ce qu'elle n'a pas pu être : une femme au foyer. Les rétrospectives de Jasmine font naître et mourir sur les pages, au fil des lectures, une larme. Entre les blessures cachées de sa mère, le traumatisme dû à la violence et l'abandon de son père, elle ne mène pas une vie de tout repos.

    De plus, la disparition de son fiancé après l’opération qu’elle a subie pour se débarrasser du signe annonciateur de la malédiction qu’elle porte : 38 fibromes, n’est pas un atout de soulagement. Durant l’expiation de son Dikindo (malédiction en duala), Jasmine est seule. Elle ressent pleinement l’absence de sa mère. Jasmine est seule. Et elle en souffre. 
      
      

    «Gling! Gling! Gling!»

    Danielle Eyango, dès la première ligne du roman, jette les dés d’une histoire rocambolesque, rythmée par l’obscurité et la musicalité. Jasmine, le personnage principal, nous amène dans le monde obscur qu’elle découvre dans l’exercice de l’expiation du Dikindo de sa lignée. Elle incarne la femme face aux périples de sa vie, face aux attentes familiales, face au regard de la société…

    Les racines de Jasmine l’appellent; elle doit rentrer à Bonendalè pour réparer le tort, le tort causé par celle dont on ne doit pas dire le nom, le tort dont on ne doit pas parler. 

    Nous suivons Jasmine dans un périple rempli de mythes de la tradition africaine des côtes camerounaises, à travers une écriture qui remet au goût du jour, le style familier à la camerounaise. Elle nous fait découvrir les us et les traditions dualas, les langues et les rythmes du terroir. 

    Jasmine est une femme qui ne manque de rien. Elle vient d’une famille qui, après moultes turpitudes, a réussi à avoir une certaine stabilité financière. Elle-même, cadre dans une entreprise de la place, est promise à René Wakam, un jeune homme fortuné, beau et très convoité. Malgré les problèmes qu’elle a dans le cadre familial, elle entrevoit son avenir avec beaucoup d’enthousiasme, jusqu’au jour où sa malédiction se révèle : son utérus a disparu


    Danielle Eyango aborde sans réserve de nombreuses thématiques étroitement liées à notre contexte socioculturel. Il s’agit entre autre de :

     – Tradition ancestrale / tradition chrétienne : «Janea, tant que nous avons en commun le même et unique but, c’est-à-dire redonner à cette enfant la féminité qui lui a été mystiquement et brutalement retirée à cause de la faute de son aïeule, nous pouvons asseoir ensemble un protocole qui satisfera à la fois la tradition et l’église.» Danielle, à travers ce discours, tenterait de prôner une forme de consensus entre des croyances qui se côtoient et s’affrontent. En effet, l’expiation du Dikindo de Jasmine est partagée entre le respect de la foi chrétienne de cette dernière à travers les prières adressées à Jésus et à la Vierge Marie, les neuvaines et le respect des traditions vu à travers ses sorties nue et tard la nuit, sa marche d’expiation vers la rivière, la danse de l’ésèwè, les neufs draps qui doivent la recouvrir dès son retour triomphal au palais…

    – Préjugés et stéréotypes : «Ces filles dualas ne mettaient pas long feu en ménage…»

    – Les mariages forcés : «(…) on appelait cela le Damea la sombo, le rapt de la fiancée… C’était monnaie courante jusqu’au milieu du XX siècle.» Quand les racines chantent est aussi un témoignage des difficultés auxquelles font face les femmes sous le joug des hommes qui les étreignent, et des blessures qu’elles pensent en silence.

    – La solitude : cette thématique incarnera Jasmine le long de son périple. Elle est seule. Sa mère qui l’aurait peut-être soulagée est absente… comme toujours. Elle ploie sous le poids du silence et du secret dont elle ne peut se départir. 


    Danielle Eyango a la musicalité et la poésie dans l’âme. Elle a d’ailleurs été propulsée avec son recueil de poésie «Le parfum de ma mère» paru en 2020. Entre la nostalgie qu’expriment les ngosso dans «Quand les racines chantent», les pas de danse et la mélodie qui rythment ce récit, on est emporté grâce à son écriture qui frise l’oralité dans le voyage que l’encre et les mots dessinent devant nos yeux.

    Lire ce roman, son enfant comme l’auteure le déclare, a été une redécouverte de la littérature, un véritable plaisir, après son recueil de poésie « Le parfum de ma mère ». Se retrouver face à un registre qui traduit au mieux notre société, nos habitudes, notre vécu, donne envie de le lire encore et encore. 

    Quand les racines chantent est une œuvre qui s’invite à notre chevet. C’est une œuvre avant-gardiste et franche, malgré la tendance de l’auteure à prendre le taureau par les cornes. Le lecteur face à la vérité peut se sentir choqué, mais peut vivre une forme d’élévation à travers l’introspection à laquelle le livre invite.

    Danick Moissen Deffo Fonkou
    Université de Dschang
    Chercheur en Afrique et mondialisation



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  • Il a été lu… Quand les racines chantent de Danielle EYANGO, auteure camerounaise

    Synopsis de l’intrigue

    Quand les racines chantent est un roman de l’écrivaine camerounaise Danielle Eyango, paru aux éditions AfricAvenir en mars 2023. C’est un roman de 298 pages découpé en trois chapitres qui raconte en français, en duala et en allemand l’histoire d’une femme de 33 ans qui s’en va subir des rites dans son village maternel, dans l’optique de récupérer son utérus qui lui a été volé mystiquement. Jasmine Yondo, c’est le nom de l’héroïne. Jasmine a les artifices nécessaires pour mener une vie épanouie (travail bien rémunérée, maison…), elle a de valeureux attributs naturels pour avoir les hommes à ses pieds (elle est belle, le teint clair, bien mise, intellectuelle et croyante) ; mais il lui manque de prouver qu’elle est véritablement une femme, car elle n’a plus d’utérus, elle ne peut pas accoucher…

    Impuissante, Jasmine ne peut malheureusement pas échapper à ce qui a été prévu pour elle dans les lois naturelles de la tribu Bonendalè. Oui ! Jasmine « paie juste le prix du sang qu’elle porte » (P.22) et ne peut se dérober à ce qui l’attend tout au long de ce roman qui a focalisé notre attention de bout en bout : Jasmine doit battre le nkumbé pendant neuf nuits. Chez les duala, le nkumbé c’est la musique de l’eau exécutée gaiement et uniquement par les femmes, quand elles se baignent dans la rivière tôt le matin… A contrario, le nkumbé de Jasmine en est un de lamentation et de rachat. C’est « le nkumbé de la Rédemption. La rédemption de toute sa lignée. La rédemption de toutes les femmes de sa famille. La rédemption de ses entrailles. Elle [doit] chanter aux ancêtres offensés, la contrition et le remords de Nyakè la rebelle… Ce nkumbé-là, elle doit le faire seule. Dépouillée de tout. Dans la nuit.  (PP. 42-43)

    Chronologie et déroulement du nkumbé

    Il est convenu d’un protocole d’expiation entre Janéa Dooh La Mudi, représentant de la Tradition ancestrale duala, et l’abbé Martin SAMNICK, représentant de l’Eglise catholique romaine, afin d’unir leurs forces pour aider l’héroïne à retrouver sa féminité (Pages 29 et 195). Ce faisant, Danielle EYANGO met en lumière la complémentarité entre ces deux croyances que l’on tend toujours à opposer. Or, il est clair qu’en Afrique, si l’on a le choix de placer sa foi en telle religion ou telle autre, il n’en demeure pas moins que la tradition continuera d’occuper une place prépondérante. Dans ce sens, l’oracle affirme dans l’œuvre : « Notre tradition est religion, le socle même de notre spiritualité » (P.92). Plus loin dans l’œuvre, on peut s’apercevoir que les pratiques d’un côté comme dans l’autre concourent bien souvent aux mêmes fins ; et l’abbé SAMNICK de dire : « Je vous suis parfaitement, et d’ailleurs ceci n’est pas du tout étranger à l’Eglise » (P.106). En somme, l’idée défendue par l’auteure est là : il faut conjuguer avec les deux. C’est ce qu’elle a appelé : « le processus hybride d’indigénisation des rites de l’Eglise, et de christianisation des rites de Bonendalè… » (P.15).

    A ce titre, il va se passer des semaines durant lesquelles les deux parties vont assoir la stratégie de guérison de Jasmine. L’auteure a inséré cette période entre différents récits. Dans l’ordre, les discussions entre l’oracle et le prête apparaissent dans les pages suivantes : 15-19, 22-24, 29-30, 89-94, 106-111, 122-128, 185-188 et 291-297. Quarante pages au total pour comprendre le rite, le nkumbé !
    D’un côté, l’oracle explique ce qui est recommandé par la tradition ; et de l’autre, le prêtre veille à ce que rien dans le processus ne heurte la foi catholique de Jasmine.


    Quand ? Où ? Comment ?

    Le rite se fera en neuf nuits dans la rivière du village, et ceci toute nue. Jasmine doit franchir un certain nombre de barrières. Danielle EYANGO nous plonge ainsi dans un labyrinthe où il faudra garder toute sa lucidité, sa clairvoyance et son sang-froid de lecteur avisé pour ne pas se perdre.

    Pourquoi neuf nuits à la rivière toute nue ?

    La nuit représente l’obscurité dans laquelle est plongée la famille de la « maudite ».
    Le chiffre 9 est le seul chiffre qu’on peut lire à l’envers comme à l’endroit et qui signifie deux chiffres totalement opposés, comme l’ombre et la lumière. Dans la tradition des Bonendalè, il est le chiffre par excellence de Nyambè, le créateur de toute chose…
    La rivière… Il faut une eau qui coule, qui entraine au loin la malédiction.
    La nudité symbolise ici l’abaissement de la maudite devant les lois de la Tribu, les lois qu’elle a transgressées. Sa nudité signifie « ses genoux à terre »… Elle s’humilie, elle se dépouille de tout pour être pardonnée, de sorte que les Ancêtres Fondateurs et Nyambé, à l’issue des rites d’expiation et de réparation, puissent la rhabiller.


    Trois chapitres, trois nuits…


    Dans ce roman, Jasmine va exécuter les trois premières nuits de son nkumbé, le premier cycle. Ce qui laisse sous-entendre qu’il en reste six, et à l’évidence, si l’auteure garde l’équilibre, il reste également deux tomes de trois chapitres chacun.

    « Gling ! Gling ! Gling !
    (Et) il fit nuit… » (trois occurrences dans ce tome, pages 14, 94 et 205)

    La première nuit (pages 13-14, 19- 21, 24-28, 30-32, 42-53) : Jasmine est battue. On lui donne de violents coups de pieds dans le ventre. « (…) Tu penses que nous avons oublié ce que tu as fait ? La malédiction ne te quittera jamais ! ». Et elle est frappée plus fort. Affaiblie, elle évoque la prière à la Vierge Marie « (…) Maintenant et à l’heure de notre mort, amen… ». Cette prière à la Vierge Marie l’aide-t-elle ? A découvrir…

    La deuxième nuit (pages 94-95, 100-102, 103-106, 112-114, 116-122, 128-134) : Un bébé est mangé. Dans la rivière, Jasmine va subir un terrible affront.

    La troisième nuit (pages 205, 207-210, 216-218, 221-229) : Jasmine fait la rencontre d’un membre de sa famille déterminant dans son périple.

    Au fur et à mesure que les nuits se suivent, l’on a le sentiment que le rite se corse. L’auteure présente des scènes de combat à travers une gradation ascendante, à l’instar de : « l’eau de la rivière gonflait au fur et à mesure que Jasmine la battait. Elle devenait fleuve. Elle devenait mer. Elle devenait océan. Un fleuve à la fois à Bonendalè et dans un autre monde… L’eau bouillait comme une marmite au feu. Sa température grimpait à une vitesse folle ». Une image hors du commun qui met en lumière non seulement l’intensité de la lutte, mais aussi la détermination de l’héroïne à suivre son rite d’expiation et de réparation.

    Les histoires parallèles au nkumbé de Jasmine (les digressions narratives)

    Quand les racines chantent de Danielle Eyango a une narration plurielle. Les histoires s’enchaînent, se transposent, et il faut garder son cerveau en alerte pour pouvoir rattraper l’une exactement à l’endroit où elle s’est achevée. Ainsi donc, nous avons pu regrouper vingt événements dans ce Tome 1.

    L’arbre généalogique de Jasmine YONDO

    Comment Jasmine devient-elle Bonendalè alors qu’aucune femme de sa lignée n’est légitimement une enfant d’un Bonendalè ?

    Approche thématique dans l’œuvre

    Quand les racines chantent est un roman qui traite globalement des thèmes de la tradition et de la religion. Cependant, nous avons pu relever au fil de la lecture une pléthore d’autres sous-thèmes développés parmi lesquels :
    – La fatalité 
    – Les limites de la médecine
    – Les stéréotypes tribaux au Cameroun
    – La duplicité des chrétiens croyants
    – La mauvaise foi des hommes de Dieu 
    – Le problème d’enfants illégitimes
    – L’immigration clandestine et la captivité des Noirs en Lybie 
    – La dot d’une femme enceinte 
    – Mariage : le choix du cœur 
    – Le manichéisme de la sorcellerie africaine
    – La relation mère-fille 
    – Les violences conjugales

    Le genre romanesque

    Quand les racines chantent de Danielle Eyango présente fortement les traits d’un roman religieux.
    Il traite avec une acuité particulière la question de religion en la juxtaposant de bout en bout avec la tradition. On pourra dire que c’est un roman qui fait la propagande de la complémentarité tradition-religion. Cette complémentarité est le cœur même du rite d’expiation et de réparation de l’héroïne Jasmine, qui se développe tout au long de la narration. Pas une nuit de nkumbé ne se fait sans que la religion intervienne et vice versa.


    En tant que lecteur, nous percevons la volonté de l’auteure d’en faire un miroir sur la réalité des chrétiens d’aujourd’hui qui n’arrivent pas à se situer entre les deux croyances, ou encore d’assumer l’implication de l’une dans l’autre. On voit par exemple la mère de Jasmine qui se rend chez un marabout arborant un vêtement de l’église : « les plis de sa grosse robe blanche de conseillère paroissiale de L’Eglise Evangélique du Cameroun ». Et l’auteure de rajouter : « Il y a quelques jours, on l’avait investie en fanfare dans sa paroisse, et elle avait juré d’encadrer la jeunesse de la communauté, et de veiller à leur croissance spirituelle dans la crainte du Seigneur » (P.59). Voilà donc qui symbolise un manquement à la toute première consigne du chrétien qui vous dira, par mimétisme, le premier commandement de Dieu : « Je suis le Seigneur ton Dieu, tu n’auras pas d’autre dieu que moi ». En Afrique, les chrétiens se retrouvent très souvent pris au piège entre leur africanité et la religion moderne auxquelles ils appartiennent.
    Avec les « Racines » qui « Chantent », l’auteure nous flanque au nez l’hypocrisie de certains qui en matinée feignent de n’avoir que le « Dieu religieux », et dans l’après-midi s’en vont « ajouter quelque chose à côté pour [se] protéger » (P.60). L’auteure nous dit même que Jésus est « nonchalant » (P.64). Ah oui ! La solution est donc toute trouvée : il faut se battre soi-même, car « Dieu ne va pas descendre du ciel ?! ». Il n’y a pas assez de temps, il faut « faire vite » (P.63).
    Que va-t-il se passer ? Le Janéa et l’abbé vont-ils parvenir à sauver Jasmine ? Le Tome I laisse le lecteur avec un cœur impatient de connaitre la suite et le dénouement de cette rocambolesque intrigue…

    CLOM, lectrice à Kribi


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  • Les 5 questions posées à Fann ATTIKI, slameur, poète, romancier congolais, prix Voix d’Afriques 2021

    Poète et slameur à la base, vous êtes Congolais, originaire de Pointe-Noire, et prix Voix d’Afriques 2021 avec votre roman « Cave 72 ». Que pouvons-nous savoir de plus sur votre vie littéraire ?

    Ce qu’on peut appeler « ma vie littéraire » n’est qu’une des multiples conditions de mon humanité. Citoyen, artiste engageant, friand de littérature, comédien, coach de slam bénévole, rêveur, consommateur… Toutes ces conditions ne peuvent se désarticuler les unes des autres. Elles s’influencent mutuellement, façonnent et régissent mon existence. On ne peut donc séparer l’homme du romancier, ni le romancier de l’informaticien, ni l’informaticien de… car toutes ces conditions font évoluer mes pensées, mes pensées changent mon environnement, mon environnement m’inspire et affecte mes conditions, mes conditions font évoluer mes pensées, ainsi de suite. Tout est lié dans mon quotidien, et ce Tout constitue ma Vie. Ceci dit : l’initiation des plus jeunes à la poésie, l’organisation d’un concours de slam inter-école, ma participation à quelques projets de théâtre, les discussions publiques avec mon cercle d’amis « les têtes brûlées » sont ce qu’il y a savoir, de plus, sur ma Vie.

    Avec « Cave 72 », vous souhaitez relever la résilience des Congolais après la guerre civile de 1979 à 1997. Quelle place occupe le livre en général dans les habitudes des Congolais et quelle est votre vision de la chaine du livre au Congo ?

    La République du Congo a connu des guerres civiles courtes, espacées de plusieurs années. Celle de 97 est de loin la plus dévastatrice, la plus horrible, la plus longue.
    Le livre s’étend sur trois dimensions : la lecture, l’écriture et le rêve. Comme dans le reste du monde, les Congolais ne sont pas l’exception d’une réalité qui voudrait qu’il y ait beaucoup plus de personnes qui rêvent de publier un livre, beaucoup de manuscrits qui prennent de la poussière sur des étagères ou dans les tiroirs, et très peu qui lisent. L’amour du livre (donc de la lecture) est une affaire d’éducation et d’initiation. Très peu de parents en font une culture et leurs enfants les miment.


    Bien d’imprimeurs portant le nom de maisons d’édition, prolifèrent au Congo tels des champignons vénéneux, et empoisonnent le domaine du livre. Comment aspirer à un véritable marché du livre si la diffusion et la promotion ne sont pas une priorité ? Comment demeurer une terre de littérature lorsque ces imprimeurs, par appât du gain, publient à compte d’auteur le premier venu, tuant ainsi l’émulation saine qui conduirait à plus d’exigence, plus d’originalité, plus de créativité ?

    Du slam au roman : un parcours du combattant ou une évidence pour vous ?

    Avec du recul, je dirais une évidence, puisque je reste fidèle au registre de l’oralité. Dans le slam, je porte la voix. Dans le roman, mes personnages en assument le rôle. Pourtant, avant de penser la première phrase de «Cave 72», j’ai dû me convaincre pendant de longues années que j’en étais légitime. Il est prétentieux de se lever un matin et de se considérer collègue de Dongala, de Labou Tansi, de Mabanckou, de Flaubert, d’Hugo…

    Parlons de votre premier amour, le slam. Vous êtes slameur et vous enseigner cet art. Pour Fann ATTIKI, quels sont les éléments pour magnifier un texte de slam ?

    Enseigner est un fort mot. A mon avis, ce sont initier, entrainer et guider qui conviennent le mieux pour décrire ce que je fais ; tous les Congolais portent en eux les germes de la poésie. Justement, c’est ce mot, « poésie », qui résume tout ce qu’il faut, à mon sens, pour sublimer un texte. Car la poésie consiste, non pas à dire de belles choses mais, à dire les choses de la plus belle des manières. Pour cela, j’évoque sans cesse – lors de mes ateliers – le principe de l’OISO : Observation, Imagination, Subtilité, Originalité.

    Quels sont vos cinq conseils aux jeunes auteur.e.s ou auteur.e.s en herbe africain.e.s ?

    Lire, lire, lire, apprendre des autres grâce à des échanges et prendre son temps.

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    Basée au Cameroun, ACOLITT milite pour une littérature dynamique.


  • Les 5 questions posées à Uriel TSOB, artiste camerounais

    11 ans et déjà auteur, illustrateur, peintre. Félicitations ! Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire  »Tout ça pour quelques bonbons » ?

    Un jour, j’ai dessiné une scène et un de mes enseignants d’arts, Mr Benoit, m’a suggeré de faire un livre. Je lui ai repondu que ce n’était pas une mauvaise idée. Et c’est comme ça que «Tout ça pour quelques bonbons» est né.

    Existe-t-il un.e auteur.e que vous admirez ?

    Eric Carle qui a écrit «The Very Hungry Caterpillar» et «Slowly, slowly, slowly said the slot». C’est un grand auteur americain. J’aime aussi bien George Orwell, un auteur anglais, qui a écrit «Animal farm».

    Que préférez-vous : lire, écrire, dessiner ? Ou les trois ?

    Je préfère dessiner parce que cela m’aide à m’exprimer. Ecrire me fait aussi du bien et me permet de transmettre des morales.

    Avez-vous d’autres projets de livres pour bientôt ?

    Oui. Je préfère garder la surprise (grand sourire).

    Quel est votre mot pour les enfants du monde entier ?

    N’abandonnez pas quand vous avez en tête de réaliser quelque chose, même si les gens ne sont pas toujours d’accord avec vous.
    Soyez aussi malins et intelligents face aux obstacles.

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    ACOLITT est basée au Cameroun et est partisane de la littérature dynamique, pour que la littérature au Cameroun et en Afrique soit une éternelle lumière.



  • Il a été lu… Quand les racines chantent de Danielle EYANGO, auteure camerounaise

    « A la découverte de la nuit »

    « Quand les racines chantent » est la dernière production littéraire de l’écrivaine camerounaise Danielle Eyango. Ce roman de 298 pages raconte l’histoire de Jasmine Yondo.

    Qui est Jasmine Yondo ?

    C’est une femme de 33 ans. Elle est belle! De la mystérieuse et insolente beauté des femmes dualas. Elle est de Bonendalè. Elle est promise au richissime et charmant René Wakam. C’est une catholique pratiquante. La petite protégée du père Martin SAMNICK. Une femme coquette et coquine aussi. Elle a tout pour plaire. Elle a tout pour elle… Sauf son utérus.

    Où se trouve l’utérus de Jasmine ?

    L’utérus de Jasmine a été emporté dans la nuit par neuf femmes. Elles le lui ont pris, en même temps que son bonheur, en même temps que son mariage avec René.

    Mais pourquoi ?

    Jasmine est maudite, autant que l’était son aïeule, Nyake – Oups ! On ne doit pas prononcer son nom… Autant que l’a été chacune des femmes, descendantes de la mère de sa grand-mère. Mais c’était à elle de payer le prix de la réparation. Le choix était porté sur elle. Elle devait rentrer à Bonendalè pour expier la faute. Elle devait laver le Dikindo. Elle devait frapper le Nkumbè durant neuf longues nuits. C’était elle! La sikè! Elle, la fille de Nyake Rokia, était face à la malediction, aux esprits de la nuit qui lui étaient totalement hostiles, dans un village qu’elle ne connaissait pas, avec pour seul repère, le Père Martin SAMNICK.

    Danielle Eyango signe là son troisième ouvrage. Elle nous entraîne dans l’Afrique des mystères. Cette Afrique où on marche pieds nus pour respecter la terre qui nous porte. Cette Afrique où tout reste dans le sang. Les mots comme les maux coulent dans les veines, génération après génération. Elle nous emmène dans les mélodies de la vie, une particularité de la culture africaine. Les mélodies qui habillent les tristesses, le désespoir, la mort, la joie, la naissance, la renaissance…

    Danielle EYANGO écrit comme elle parle. Il y a de la poésie, de l’énergie, de la mélodie, la langue duala, la détermination, la générosité… Elle a tout donné. Elle n’a rien gardé pour elle.
    J’ai découvert la nuit. Elle m’a séduite ! J’y suis encore. Pour une troisième lecture. Ce n’est sûrement pas la dernière…
    Chut!
    Et il fit nuit…

    Maeva GUEDJEU, journaliste


    Cliquez ici pour les lieux d’achat de  »Quand les racines chantent » : https://fb.watch/jYl9mX0sTi/


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  • Il a été lu… Poùre, le mouton noir des Njoya de Viviane MOLUH PEYOU, autrice camerounaise

    Comment Poùre, la colombe, symbole de paix, se transforme-t-elle en un mouton noir, source de perturbation (…) ?

    L’œuvre dont nous avons l’honneur de présenter une note de lecture nous interpelle dès la première de couverture avec le visage d’une femme noire aux allures intrépides, arborant un foulard rouge sang, sang de la révolution ou du sacrifice dans un arrière-plan blanc de l’innocence, de la virginité ou de l’élévation spirituelle. D’entrée de jeu, moultes interrogations taraudent notre esprit en nous penchant sur ce titre évocateur, constitué d’un syntagme nominal à la structure particulière qui nous introduit dans l’univers des contrastes. Comment Poùre, la colombe, symbole de paix, se transforme-t-elle en un mouton noir, source de perturbation, venant remettre en question l’harmonie du troupeau des Njoya, vocable situant la diégèse dans un microcosme déterminé ? Ces pierres d’attentes impliquent-elles en filigrane des leurres ou des lueurs pour baliser notre parcours ? L’analyse du roman nous dévoilera certainement ces mystères à décrypter…


    En fait, dans son récit de huit chapitres d’inégales longueurs, variant entre 13 et 30 pages environ, Viviane Moluh Peyou nous embarque dès les premières lignes dans l’itinéraire d’une jeune fille exceptionnelle, de son mariage, à son envol vers le pays de l’Oncle Sam. Dans ce chassé-croisé significatif entre son Menké natal, son séjour à Yaoundé et le départ pour les Etats-Unis, nous découvrons le parcours exaltant d’une surdouée au caractère bien trempé qui transpire dans son leitmotiv désarmant en pages 9 et 22: «Je ne suis pas faite pour le mariage», ou dans ces termes d’une lucidité déroutante en page 10 : «Celui qui suit la foule n’ira jamais plus loin que la foule qu’il suit; par contre, celui qui marche seul, peut parfois atteindre les lieux que personne n’a jamais atteints.» Ou encore en page 28 : «Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir»,  en reprenant les dictons de la sagesse populaire. Nous sommes alors entrainés en pleine immersion dans les us et coutumes bamouns avec les indications détaillées sur le déroulement des noces ou le comportement prescrit aux différents acteurs sociaux. Nous nous délectons dans cette perspective, de ce puits intarissable de richesses culturelles sur le Noun avec l’onomastique déclinée en Poùre, Lùh, Nanji, Moa Njoya, Noùn, Mbombo Njoya, Laréni, Mbiéré, Titanji ou des pépites patrimoniales qu’une plume féminine libérée pose sur la sellette avec les mots de tous les jours, d’où fusent même le « mini-kaba-ngondo » de la page 68, d’une autre aire culturelle.

    Nous sommes, de ce fait, édifiés sur les sept jours des noces, avec le trousseau de la mariée y afférent, sur le rituel de la traversée du mets d’arachide, ou sur le sac de deux cauris accompagné de la kola bafia et du vin de raphia. C’est dans ce sillage, que nous retrouvons des déclarations sentencieuses à l’instar de «la tradition ne connait pas le divorce»,  p. 94, en p. 134 : «la place d’une femme est dans un foyer»,  ou encore en p. 42 :  «J’ai toujours considéré l’infidélité comme un problème génétique, une femme ne peut être infidèle que si sa mère à un moment donné l’a été.» 
    Son époux, Nil Moùn, doit faire des efforts surhumains pour supporter les ambitions et la détermination de sa dulcinée qui abandonne son foyer afin de poursuivre ses études d’astrophysique jusqu’à la NASA. N’aurait-elle pas annoncé les couleurs par ces mots péremptoires d’une intrépidité déroutante en p. 8 : « Nous sommes au vingt-et-unième siècle. On n’abandonne plus ses études parce qu’on convole en justes noces» et  confirmés en p. 156 : « Autant le mariage n’annule pas les études, autant les études n’annulent pas le mariage. »
    Heureusement que ses nouvelles ressources multidimensionnelles permettent à notre Amazone de disculper son mari d’une fausse accusation pour mettre tout le monde d’accord en sauvant son foyer et en offrant de nouvelles perspectives à sa famille et à tout son environnement social.

    Ce roman à l’actualité brûlante qui se focalise sur la place de la femme dans la société africaine contemporaine, à l’image de Timildo de Fadimatou Bello, décrypte l’univers intérieur d’un être tourmenté entre un destin glorieux et un parcours semé d’embûches sous l‘oppression des forces rétrogrades et d’un milieu ambiant peu propice aux carrières féminines.

    Nous pouvons alors nous régaler des thèmes qui permettent à l’auteure de célébrer les us et les coutumes de notre terroir, l’éducation de la jeune fille, l’attachement à la terre mère, les atouts de l’acceptation de la différence, la solidarité familiale, les joies de l’amour et du pardon, l’exploration des filières avant-gardistes, les mystères de la nature et des plantes ou l’ouverture au monde.
    Mais, l’occasion est aussi idoine pour décocher des coups de griffes incisifs dans un réquisitoire sans complaisance contre tous les préjugés et les discriminations sexistes, les mariages forcés, les violences conjugales, les conspirations iniques dans le milieu professionnel, les trafics de toutes sortes ou les inconsistances de la justice. En outre, dans une posture éminemment existentialiste, l’esthète nous ouvre le sanctuaire de ses méditations philosophiques et théologiques sur notre être-au-monde en mettant en exergue la responsabilité de l’homme dans la conduite de son destin malgré les obstacles du chemin.

    Nous sommes également transportés dans le monde merveilleux de contes de fées où Viviane Moluh Peyou déploie des personnages au profil de démiurge comme Nil Moùn qui accepte de soutenir sa femme dans ses rêves envers et contre tout. C’est cette toile onirique qui continue à se dévoiler dans la repentance prodigieuse de Nina et son implication remarquable dans la libération de son patron, dans la reconstruction sublime de Lùh, la réception à la Présidence de la République comme dans l’apparition du Sultan des Bamouns à l’aéroport.

    D’autre part, toutes ces problématiques se situent dans un ancrage spatio-temporel précis auquel nous nous identifions, dans le terroir camerounais à Menké, ou à Yaoundé où sont évoqués Mvolyé, la Basilique Marie Reine des Apôtres, la Faculté de l’Université de Yaoundé I, avec son Amphi 300 ou le voyage sur Douala. Par ailleurs, le style de l’écrivaine se décline dans une savoureuse délectation esthétique avec des images et des métonymies lumineuses à l’exemple de l’oxymore désignant le mariage comme une «cage dorée » en p. 10, ou dans une satire cinglante sur cette manie de ne donner raison qu’aux cheveux blancs  en p. 9 ou dans les moments éprouvants en p. 91: «Tel un train qui siffle dans la nuit noire» annonçant une longue période ténébreuse, et dans cette périphrase d’une suave mélancolie en p. 91: «Les dernières gouttes de liquide salé», pour parler des larmes.

    De plus, dans ce texte à la tonalité didactique assurée, la romancière utilise avec dextérité le texte explicatif dans le vocabulaire spécialisé de la physique pour éclairer notre lanterne et nous empêcher de nous égarer dans les dédales, de l’astrophysique, de l’exobiologie, de la géophysique ou dans les termes mystérieux de cette férue des lettres classiques qui utilise allègrement en p. 54  «Dac in altum»   ou en p. 57 «de facto», tout naturellement. C’est sur cette lancée que nous nous enrichissons des dictons, des proverbes et des déclarations pédagogiques qui foisonnent dans le récit, à l’instar de la p.28 :  «Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir», de la p.50 : «Il faut se démarquer, en ne faisant pas nécessairement ce que fait tout le monde.», et en p.97 : «La panique est mauvais guide.»

    De même, la temporalité avec ses accélérations illustrées par la succession des actions et les pauses marquées par les portraits ou les descriptions pittoresques se distingue par ses annonces et ses amorces de haute facture. Aussi, la présentation des personnages constitue des véritables tableaux de maître comme nous pouvons le réaliser avec le portrait de Nil en p.15 : «(…) la petite colombe dut admettre que Nil était un bel homme (…). Sa peau sombre restée fraîche malgré le sommeil, sa barbe rasée de près sur une mâchoire carrée délicatement sculptée, ses larges épaules musclées et son torse plaquette, son épaisse chevelure taillée en une punk afro-américaine témoignaient combien il prenait soin de son physique. Sa belle bouche et ses larges mains viriles en rajoutaient à ce beau tableau de bellâtre. Nil avait tout d’un dieu égyptien.»

    Pour tout dire, Viviane Moluh Peyou, dans son roman qui nous garde en haleine jusqu’à la dernière page, nous sert une intrigue aux péripéties palpitantes dans un cadre enrobé de tonalité didactique et lyrique où évoluent des personnalités colorées qui facilitent l’analyse psychologique. Dans ce texte, à la satire cinglante et à l’émouvante pudeur, qui est recommandable à plus d’un titre, l’écrivaine nous replonge en pleine immersion dans l’environnement bamoun ou dans les traditions de notre terroir dans un roman écrit avec brio par les subtilités de la sensibilité féminine d’une plume libérée des lois du silence.

    Si nous déplorons la présence de quelques coquilles qui seront certainement corrigées dans les prochaines éditions, la longueur excessive du chapitre six qui transgresse les lois de l’équilibre avec les autres ou les passages qui nous confinent dans une sphère surplombée par le merveilleux, «Poùre, le mouton noir des Njoya» permet une prise de conscience salutaire pour nous lever en chœur contre les inconsistances multidimensionnelles de notre société. Nous pourrons alors, sur cette lancée, militer en faveur des valeurs éthiques propres à bâtir une société plus humaine et plus équitable. Il faut également relever que nous sommes émerveillés par la maitrise pointue de la romancière de son patrimoine culturel.

    C’est donc une invitation altruiste à l’enracinement patrimonial et un vibrant plaidoyer en faveur du respect des droits de l’Homme et spécifiquement de ceux des femmes et des libertés, de l’émancipation de la femme, dans le respect de notre identité, de la justice et de la tolérance, du combat contre toutes les formes de discriminations et de violences, de l’ouverture au monde, de l’acquisition de la science en vue du développement de l’amour, de la paix et du dialogue que notre contexte actuel appelle de tous ses vœux.


    Yaoundé, le 23 mars 2023
    Josée MELI AMBADIANG
    Critique littéraire


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    «Quand les racines chantent», le nouveau roman de l’autrice camerounaise Danielle EYANGO qui met face à face le christianisme et la tradition pure, est disponible dans divers points de vente au Cameroun et en Europe. Laissez-nous un mail à acolitterature@gmail.com, pour plus d’informations.