Étiquette : Échanges littéraires

  • FONALL 2026 : la diaspora centrafricaine mobilisée autour du livre, de la mémoire et de la paix

    Les 6 et 7 mars 2026, la première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL) a rassemblé plusieurs acteurs majeurs du monde du livre et de la création culturelle centrafricaine. Initiée par l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC), cette rencontre a permis d’ouvrir un espace de réflexion inédit sur le rôle de la littérature dans la reconstruction intellectuelle et sociale du pays.

    Trois panels majeurs ont marqué ce forum, réunissant des écrivains, traducteurs, théologiens, artistes et slameurs issus de la diaspora centrafricaine et du continent africain. Les échanges ont exploré trois axes essentiels : la mémoire nationale, la contribution culturelle à la paix et la place de la lecture dans l’émancipation des femmes.

    La diaspora centrafricaine face au devoir de mémoire nationale

    Le premier panel, organisé le 6 mars à 10h (heure de Bangui), s’est penché sur la question cruciale de la mémoire collective. Intitulée « La diaspora centrafricaine face au devoir de mémoire nationale », cette rencontre a interrogé le rôle des intellectuels et créateurs vivant à l’étranger dans la conservation et la transmission de l’histoire nationale.
    Autour de la modératrice camerounaise Pauline M.N. Ongono, plusieurs figures de la diaspora ont pris la parole : Gaïus Ngbolo Sangoma, Eric Ngaibino, Adrianna Joly Djangha Yelomane Ndema et plusieurs participants intéressés par le sujet.

    Les discussions ont mis en lumière l’importance de la littérature comme espace de mémoire et de témoignage. Les intervenants ont souligné que l’écriture diasporique permet non seulement de préserver l’histoire nationale, mais aussi de porter la voix centrafricaine sur la scène internationale. Plusieurs panelistes ont insisté sur la nécessité de documenter les périodes sensibles de l’histoire du pays afin d’éviter l’oubli collectif.
    Pour ces intellectuels, la diaspora joue également un rôle de médiateur culturel : elle contribue à faire connaître la culture centrafricaine au-delà des frontières tout en participant à la reconstruction symbolique du pays.

    Contribuer à la paix depuis l’extérieur : l’écriture comme plaidoyer

    Le second échange, tenu le 7 mars à 18h (heure de Bangui), a abordé la question du rôle des créateurs dans les processus de paix. Sous le thème « Contribuer à la paix depuis l’extérieur : écriture, édition, plaidoyer culturel », ce panel était constitué de Boris Koyakonzikoli, Jaïrus J. Maka Yaligara, Théophore Sao Charaf, Zidane Elder Adriss et plusieurs autres participants, sous la modération de Pauline M.N. Ongono.

    Les intervenants ont analysé la manière dont les écrivains et acteurs culturels peuvent contribuer aux dynamiques de paix depuis la diaspora. Selon eux, la littérature possède un pouvoir symbolique majeur : elle peut dénoncer les violences, promouvoir le dialogue et nourrir une culture de la réconciliation, surtout si le sango, la langue nationale, est de mise dans l’écrit, l’apprentissage et la diffusion.

    La question de l’édition a également été au cœur des échanges. Les panelistes ont souligné l’importance de développer des structures éditoriales capables de porter les voix africaines et centrafricaines. Pour ces acteurs culturels, le livre reste un instrument puissant de sensibilisation et d’éducation civique.
    Enfin, plusieurs intervenants ont évoqué le rôle du plaidoyer culturel, estimant que les artistes et écrivains peuvent influencer les imaginaires collectifs et encourager une vision pacifiée de la société. L’union faisant la force, il serait temps d’unir ces différentes forces sans préjugés ni arrières pensées, avec un seul objectif, le développement de la République centrafricaine par la culture.

    Lecture et leadership féminin : former des femmes éclairées

    Le troisième panel, organisé le 7 mars à 11h (heure de RCA), s’est inscrit dans une perspective de promotion du leadership féminin. A travers le thème « Lecture et leadership féminin : former des générations de femmes éclairées », la place centrale de la lecture dans l’émancipation intellectuelle des femmes a été mise en avant.


    Autour du modérateur Ray Ndebi, les panelistes Sainte Heureuse Naomie Bengue Banguitoumba et Élodie Mbetid-Bessane, à la veille de la Journée Internationale de la Femme, ont partagé leurs expériences et leurs réflexions sur le pouvoir transformateur du livre.
    Les discussions ont souligné que la lecture et la culture en général constitue un levier essentiel d’autonomisation pour les femmes. Il suffit de leur offrir des outils intellectuels pour comprendre le monde, affirmer leur voix et exercer un leadership dans leurs communautés.
    Les intervenantes ont également insisté sur l’importance de promouvoir la lecture chez les jeunes filles dès le plus jeune âge, afin de construire une génération de femmes capables de participer pleinement au développement social et culturel du pays.


    Un forum porteur d’avenir pour la littérature centrafricaine

    Au-delà des débats, cette première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture a démontré la vitalité de la scène littéraire centrafricaine et la volonté de ses acteurs de contribuer activement aux dynamiques de paix, de mémoire et de transformation sociale.
    En réunissant des créateurs venus de plusieurs pays, du Cameroun à la France, du Sénégal à la Corée du Sud, de la Pologne au Burkina Faso, du Sénégal au Canada… le forum a illustré la force du réseau intellectuel centrafricain à travers le monde.

    Cette initiative ouvre ainsi une nouvelle page pour la promotion du livre en République centrafricaine, en affirmant une conviction forte partagée par tous les intervenants : la littérature n’est pas seulement un espace de création, elle est aussi un outil de conscience, de dialogue et de construction nationale.

    Pauline M.N. ONGONO




  • Yaoundé : une séance de dédicace réussie pour le premier roman d’Alain Fofack


    La bibliothèque de du Goethe-Institut Kamerun à Bastos, à Yaoundé, a servi de cadre, vendredi 06 mars 2026, à une cérémonie de dédicace exceptionnelle autour du premier roman de l’écrivain Alain FOFACK, intitulé Entre mère et épouse : L’histoire d’un homme entre amour d’une mère combattante et déboires de couple. L’événement, organisé en collaboration avec Les Éditions Kadeï, a rassemblé un public nombreux et passionné de littérature.

    Dès 17 heures, la salle s’est progressivement remplie, accueillant des dizaines de personnes venues d’horizons divers : écrivains, enseignants, étudiants, amoureux du livre, mais aussi simples curieux désireux de découvrir l’univers littéraire de l’auteur. Une forte mobilisation témoignant de l’intérêt croissant du public pour la création littéraire et les débats autour des réalités sociales abordées dans les œuvres contemporaines.

    La rencontre a été marquée par un moment d’échange enrichissant entre l’auteur et le public autour de son roman, dévoilant ainsi des tensions affectives et sociales d’un homme partagé entre l’amour filial pour une mère combative et les défis de la vie conjugale. À travers cette histoire, l’auteur met en lumière des questions universelles liées aux relations familiales, aux traditions et aux transformations des dynamiques du couple dans les sociétés africaines.
    La modération de la rencontre a été assurée par le critique littéraire Ray NDÉBI, qui a su guider les discussions et susciter la participation active du public. La note de lecture, présentée par le passionné de lecture Cyrille ESSAGA, a permis d’éclairer les principaux axes thématiques du roman et d’en souligner la portée sociale et psychologique.

    Moment particulièrement attendu de la soirée, la séance de dédicace a donné lieu à une interaction directe entre l’écrivain et ses lecteurs. Plusieurs exemplaires du livre ont été dédicacés, offrant aux participants l’occasion d’échanger personnellement avec l’auteur et de repartir avec un souvenir personnalisé de cette rencontre littéraire.

    Publié par les Éditions Kadeï en novembre 2025, Entre mère et épouse s’inscrit dans une dynamique de promotion de la littérature africaine contemporaine et de valorisation des voix d’auteurs qui interrogent les réalités sociales et culturelles du continent.

    Au terme de cette soirée conviviale et riche en échanges, les participants ont salué une initiative littéraire réussie, qui confirme l’importance des espaces de dialogue autour du livre et de la lecture à Yaoundé. Cette cérémonie de dédicace restera ainsi comme un moment marquant de la vie littéraire locale, illustrant la vitalité de la scène culturelle camerounaise et l’intérêt croissant du public pour les œuvres d’auteurs africains.

    Pauline M.N. ONGONO

  • Contribuer à la paix depuis l’extérieur : écriture, édition, plaidoyer culturel : le FONALL de la diaspora centrafricaine se poursuit

    La première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL) s’annonce comme un moment fort de réflexion, de dialogue et d’engagement autour du rôle du livre dans la construction de la paix et de la mémoire collective.

    Dans un contexte où les voix intellectuelles et culturelles jouent un rôle déterminant dans la transformation des sociétés, le FONALL ouvre un espace de discussion inédit autour d’un panel international réunissant des acteurs de la diaspora centrafricaine.

    « Contribuer à la paix depuis l’extérieur : écriture, édition, plaidoyer culturel » met en lumière une question essentielle : comment les Centrafricains vivant à l’étranger peuvent-ils participer à la construction de la paix et au développement culturel de leur pays d’origine ?

    En effet, à travers l’écriture, les intellectuels de la diaspora peuvent raconter l’histoire, documenter les réalités sociales et préserver la mémoire collective.
    Par l’édition, ils participent à la diffusion des idées, des savoirs et des œuvres littéraires qui nourrissent la réflexion et la conscience citoyenne.
    Enfin, par le plaidoyer culturel, ils deviennent des ambassadeurs de la culture centrafricaine sur la scène internationale, contribuant ainsi à changer les narratifs et à promouvoir une image plus riche et plus complexe du pays.

    Dans un monde interconnecté, la diaspora ne représente plus seulement une communauté éloignée du territoire national : elle constitue une force intellectuelle, culturelle et stratégique capable d’influencer les dynamiques sociales et politiques.
    Pour explorer ces enjeux, plusieurs écrivains et acteurs culturels de la diaspora prendront part à ce panel :
    – Boris Koyakonzikoli – Traducteur, intervenant depuis la France
    – Jaïrus J. Maka Yaligara – Écrivain, intervenant depuis le Cameroun
    – Théophore Sao Charaf – Écrivain, intervenant depuis le Burkina Faso
    – Jean Romario Malot – Écrivain, intervenant depuis le Cameroun
    – Zidane Elder Adriss – Écrivain, intervenant depuis la Pologne
    La discussion sera modérée par Pauline M. N. ONGONO, présidente de l’ACOLITT, qui accompagnera les échanges autour des expériences, des engagements et des perspectives des écrivains de la diaspora, ce samedi 07 mars 2026, de 18h à 20h (heure de Bangui)

    Ce panel sera l’occasion de réfléchir collectivement à plusieurs questions majeures :
    – Quel rôle peut jouer la diaspora intellectuelle dans la reconstruction symbolique et culturelle de la République centrafricaine ?
    – Comment l’écriture peut-elle devenir un instrument de paix et de mémoire ?
    – De quelle manière les écrivains vivant à l’étranger peuvent-ils soutenir l’édition et la circulation du livre centrafricain ?
    – Comment transformer la diaspora en véritable réseau d’influence culturelle et littéraire ?

    À travers ce dialogue, le FONALL 2026 affirme sa volonté de connecter les voix de l’intérieur et celles de l’extérieur pour construire un avenir où la littérature, la pensée et la culture deviennent des instruments de paix durable.

    Le livre n’est pas seulement un objet culturel : il est une mémoire, une conscience et parfois même un acte de résistance.


    Le FONALL 2026 vous invite donc ce jour encore à prendre part à cette réflexion essentielle pour l’avenir culturel et intellectuel de la République centrafricaine ainsi qu’à d’autres échanges en présentiel. Quelques-unes :

    Pauline M.N. ONGONO

  • Zoom sur l’édition 1 du FONALL – Avec Bienvenu Juvenal ROUHEDA YASSARA, président de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC)

    Bienvenu Juvenal ROUHEDA YASSARA, vous êtes le président de l’AJEC et donc une figure importante de l’organisation du FONALL. Qu’est-ce qui a motivé l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC) à organiser le Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL) ?

    Ce qui nous a motivés, c’est d’abord un constat : en République centrafricaine, le livre existe, les talents existent, mais il manque un véritable cadre national de rencontre, de réflexion et de valorisation. En tant que jeune écrivain et membre engagé de l’AJEC, j’ai estimé qu’il était temps de créer un espace structuré où auteurs, lecteurs, enseignants, élèves, décideurs et partenaires puissent dialoguer autour du livre. Le FONALL est né d’une volonté de redonner au livre sa place centrale dans la construction intellectuelle, morale et citoyenne de notre pays.Pourquoi avoir choisi comme thème de cette première édition : « Le livre, mémoire et gage de paix pour la République centrafricaine » ?
    Notre pays a traversé des crises profondes. Dans ce contexte, nous avons voulu rappeler que le livre n’est pas un simple objet culturel : il est mémoire collective, outil de transmission, et instrument de reconstruction. Le livre conserve notre histoire, nos valeurs, nos blessures et nos espoirs. En ce sens, il devient un gage de paix, car une société qui lit est une société qui réfléchit, dialogue et évite la violence. Ce thème traduit donc une vision : faire du livre un acteur du vivre-ensemble.

    Pourquoi avoir choisi comme thème de cette première édition : « Le livre, mémoire et gage de paix pour la République centrafricaine » ?

    Notre pays a traversé des crises profondes. Dans ce contexte, nous avons voulu rappeler que le livre n’est pas un simple objet culturel : il est mémoire collective, outil de transmission, et instrument de reconstruction. Le livre conserve notre histoire, nos valeurs, nos blessures et nos espoirs. En ce sens, il devient un gage de paix, car une société qui lit est une société qui réfléchit, dialogue et évite la violence. Ce thème traduit donc une vision : faire du livre un acteur du vivre-ensemble.

    Cette initiative s’inscrit-elle dans une stratégie à long terme de l’AJEC pour la promotion du livre et de la lecture ?

    Absolument. Le FONALL n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans une stratégie durable de promotion de la lecture, d’accompagnement des jeunes auteurs et de plaidoyer en faveur d’une politique nationale du livre. Notre ambition est de faire de ce forum un rendez-vous annuel, structurant et évolutif.

    Quels sont les principaux objectifs visés par cette édition 2026 du FONALL ?

    Les objectifs sont multiples : promouvoir la lecture auprès des jeunes, valoriser les écrivains centrafricains, encourager l’édition locale, stimuler le débat sur les politiques publiques du livre et créer des ponts entre les acteurs culturels. Nous voulons également susciter des vocations et renforcer la chaîne du livre dans notre pays.

    À quels publics s’adresse prioritairement ce Forum ?

    Le FONALL s’adresse prioritairement à la jeunesse, car elle représente l’avenir intellectuel du pays. Mais il concerne aussi les écrivains, les enseignants, les chercheurs, les décideurs publics, les partenaires culturels et les membres de la diaspora. Nous avons voulu un événement inclusif, intergénérationnel et transversal.

    Peut-on parler d’un tournant dans la politique de promotion de la lecture en Centrafrique ?

    Je pense que oui, dans la mesure où le FONALL pose publiquement la question du livre comme enjeu national. Si cette dynamique est soutenue par les autorités et les partenaires, elle peut marquer un tournant décisif vers une véritable structuration du secteur.

    Quelle place occupe chaque volet du programme dans la dynamique globale du Forum ?

    Les conférences apportent la réflexion académique et stratégique. Les débats favorisent l’échange d’idées. Les expositions et dédicaces valorisent concrètement les auteurs. Les animations et concours mobilisent la jeunesse et rendent l’événement vivant. Chaque volet joue un rôle complémentaire : réfléchir, célébrer, transmettre et inspirer.

    Pourquoi avoir retenu ces axes thématiques pour la conférence du 07 mars 2026 ?

    Nous avons choisi ces axes parce qu’ils couvrent les enjeux essentiels du secteur, en Centrafrique La question des politiques publiques est fondamentale pour l’accès au livre. La place de la femme dans la littérature centrafricaine mérite d’être valorisée. Le numérique transforme profondément les modes de lecture. Enfin, la jeunesse reste au cœur de la transmission du savoir. Ces axes traduisent une vision globale et actuelle.

    Quel message souhaitez-vous faire passer aux autorités publiques ?

    Nous souhaitons leur dire que le livre doit devenir une priorité nationale. Investir dans la lecture, c’est investir dans la paix, l’éducation et le développement durable. Nous appelons à la mise en place de politiques concrètes en faveur des bibliothèques, de l’édition et de l’accès au livre pour tous.

    Sur quels critères avez-vous sélectionné les intervenants ?

    Nous avons privilégié la compétence, l’expérience, l’engagement pour la culture et la diversité des profils. Nous avons voulu réunir des figures représentatives du paysage littéraire centrafricain, qu’elles soient résidentes ou issues de la diaspora, afin d’enrichir les échanges.

    Que représente la présence de Portia Deya-Abazene ?

    La présence de Portia Deya-Abazene en tant que marraine est un symbole fort. Elle incarne l’excellence, l’engagement et la réussite. Pour l’AJEC et pour la jeunesse littéraire, c’est un encouragement et une source d’inspiration. Sa présence confère à l’événement une dimension institutionnelle et morale importante.

    On constate aussi une belle palette de partenaires…

    Ces partenariats sont réellement essentiels. Ils témoignent de la confiance accordée au projet et permettent d’élargir son impact. Sans collaboration institutionnelle et médiatique, un événement d’envergure nationale ou même internationale ne peut atteindre ses objectifs.

    Quelles sont les principales difficultés rencontrées au cours de cette première édition ?

    Les défis sont d’ordre financier, logistique et organisationnel. Mobiliser les ressources, coordonner les intervenants, assurer la communication et garantir une forte participation représentent un travail considérable. Mais ces défis renforcent notre détermination.

    Le choix du New Tech Institut à Bangui est-il symbolique ou stratégique ?

    Le choix du New Tech Institut est à la fois symbolique et stratégique. Symbolique, parce qu’il représente un espace de savoir et de modernité. Stratégique, parce qu’il offre un cadre adapté à la tenue d’un événement de cette envergure à Bangui.

    Quel impact concret espérez-vous à l’issue de ces deux journées (06 et 07 mars 2026) ?

    À l’issue de ces deux journées, j’espère d’abord un impact immédiat sur les consciences : que le livre redevienne un sujet central de discussion nationale. Je souhaite voir naître un véritable engouement pour la lecture chez les jeunes, une plus grande visibilité pour les auteurs centrafricains et une prise de conscience des décideurs publics quant à l’importance stratégique du secteur du livre. Concrètement, si des engagements sont pris, si des partenariats se renforcent et si des initiatives locales émergent après ce Forum, alors nous pourrons parler d’un impact réel et mesurable.

    Peut-on envisager la pérennisation du FONALL comme rendez-vous annuel ?

    Oui, c’est clairement notre ambition. Le Forum National sur le Livre et la Lecture ne doit pas être une initiative ponctuelle, mais un rendez-vous annuel structurant pour le paysage culturel centrafricain. Nous voulons qu’il devienne une plateforme permanente de dialogue, d’évaluation et de propositions, capable d’accompagner l’évolution des politiques du livre et de la lecture en République centrafricaine.

    Existe-t-il un mécanisme de suivi des recommandations qui sortiront des travaux ?

    Nous prévoyons d’élaborer un rapport général des travaux, qui compilera les recommandations issues des conférences et débats. Ce document sera transmis aux autorités compétentes, aux partenaires et aux acteurs culturels concernés. Au sein de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains, nous mettrons en place un comité de suivi chargé d’assurer la continuité des réflexions et de veiller à ce que les recommandations ne restent pas lettre morte. L’objectif est d’inscrire le Forum dans une dynamique d’action et non seulement de discours.

    Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse centrafricaine à travers le FONALL ?

    À la jeunesse centrafricaine, je veux dire que le livre est une force. Il est un outil d’émancipation, de liberté intellectuelle et de transformation sociale. Lire, c’est élargir son horizon, comprendre le monde et mieux se comprendre soi-même. J’invite chaque jeune à faire du livre un compagnon quotidien, à écrire, à penser, à questionner. Notre pays a besoin d’une jeunesse instruite, critique et créative. Le FONALL est aussi un appel : prenez la parole, prenez la plume, prenez votre place dans l’histoire de notre nation.

    Merci à ACOLITT pour ces questions pertinentes et pour l’intérêt porté à cette initiative.

    Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO




    30% de réduction sur tous nos services !!! Offre valable pour les femmes, jusqu’au 08 mars 2026

  • FONALL : quand la jeunesse centrafricaine parie sur le livre pour bâtir la paix


    À Bangui, les 06 et 07 mars 2026, la capitale centrafricaine vibrera au rythme des mots, des idées et des débats à l’occasion du Forum National sur le Livre et la Lecture (FONALL). À l’initiative de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC), l’événement ambitionne de repositionner le livre au cœur du développement culturel et de la consolidation de la paix en République centrafricaine.

    À la tête de cette dynamique : Bienvenu Juvénal Rouheda Yassara, président de l’Association des Jeunes Écrivains Centrafricains (AJEC), une figure engagée de la scène littéraire nationale, convaincue que l’avenir du pays passe aussi par la plume et la lecture. C’est un président d’association porté par une vision : faire du livre un outil de reconstruction, car il le considère plus qu’un simple objet culturel, mais comme un instrument pour la mémoire, la transmission et la transformation sociale. Sous son impulsion, l’AJEC s’est donnée pour mission de structurer la jeunesse littéraire centrafricaine, de valoriser les auteurs locaux et de créer des espaces d’échanges entre écrivains, lecteurs, institutions et partenaires. Le FONALL s’inscrit dans cette vision stratégique : créer un cadre national de réflexion et d’action autour du livre et de la lecture.


    Le FONALL : un forum pour repenser la place du livre en Centrafrique

    Placée sous le thème « Le livre, mémoire et gage de paix pour la République centrafricaine », cette première édition du Forum National sur le Livre et la Lecture se veut à la fois symbolique et ambitieuse.
    Dans un pays marqué par des crises successives, le choix du thème n’est pas anodin. Il traduit une conviction forte : la paix durable passe aussi par l’éducation, la culture et la circulation des idées.
    Durant deux jours, au New Tech Institut (PK4) à Bangui, le forum proposera :
    – Des conférences thématiques
    – Des débats publics
    – Des rencontres entre auteurs et lecteurs, en ligne et en présentiel
    – Des expositions et dédicaces
    – Des animations culturelles
    – Des concours d’écriture et de lecture
    L’objectif est clair : démocratiser l’accès au livre et encourager une nouvelle génération de lecteurs et d’auteurs.

    Des thématiques au cœur des enjeux nationaux

    La conférence principale du 07 mars 2026 réunira plusieurs intervenants autour de problématiques structurantes :
    – Politique publique et accès au livre en Centrafrique
    – La femme et la littérature centrafricaine
    – Les nouvelles dynamiques de promotion de la lecture à l’ère du numérique
    – Lecture, jeunesse et transmission du savoir


    Ces axes traduisent une volonté d’aborder la question du livre sous un angle global : institutionnel, sociétal, numérique et générationnel. Pour l’AJEC, il ne s’agit pas seulement de célébrer la littérature, mais de réfléchir à des solutions concrètes : bibliothèques, politiques d’accompagnement, intégration du numérique, implication des jeunes. Des axes principaux pour l’épanouissement de la littérature.


    Une marraine engagée et des voix diverses

    La marraine de cette première édition, Portia Deya-Abazene, incarne l’engagement féminin dans la sphère culturelle et intellectuelle. Sa présence donne à l’événement une dimension symbolique forte : celle d’une littérature inclusive et représentative.

    Le choix des intervenants reflète également une volonté d’équilibre entre générations, profils littéraires et acteurs institutionnels. Une diversité assumée par l’AJEC, qui voit dans le dialogue intergénérationnel un levier essentiel pour dynamiser le secteur du livre.

    L’AJEC : une jeunesse organisée et ambitieuse

    L’AJEC s’affirme comme une plateforme structurée, capable de mobiliser des partenaires institutionnels, diplomatiques et médiatiques de RCA et d’autres pays, comme ACOLITT au Cameroun, autour d’un projet culturel d’envergure nationale.
    Le FONALL ne se veut pas un événement isolé, mais le point de départ d’un rendez-vous appelé à s’inscrire dans la durée. L’ambition affichée est d’en faire un cadre permanent de réflexion, de plaidoyer et d’action pour la promotion du livre en République centrafricaine.

    L’AJEC parie sur l’intelligence et la jeunesse au-delà des discours. Le FONALL représente alors un pari : celui de croire en l’intelligence collective, en la force des mots et en la capacité de la jeunesse centrafricaine à écrire une nouvelle page de son histoire. En mettant le livre au centre du débat national autour de la paix, l’AJEC envoie un message fort afin que le livre soit un peu plus valorisé et diffusé. Et la diaspora ne sera pas en reste…


    En mars 2026, Bangui ne sera pas seulement la capitale politique du pays, elle deviendra, le temps d’un forum, la capitale des lettres centrafricaines.

    Pauline M.N. ONGONO



  • Réalités Épineuses de Amina NDAM est passé au 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB


    Samedi 21 février 2026…

    Écrire l’amour a toujours été aussi complexe qu’écrire la mort ; ce sont deux composantes de la vie qui surprennent l’auteur et le glissent très souvent dans une expression inachevée, tant il semble désarmé face aux multiples axes qui peuvent être empruntés. Écrire les deux ensemble, l’un comme conséquence de l’autre, s’avère donc une tâche ardue. C’est justement l’exercice auquel l’auteure de Réalités épineuses s’est soumise dans son roman de 20 chapitres, paru chez Éclosion en 2023.

    BREF APERÇU…

    Dassihara et Gérémy, les deux personnages principaux, ne se doutent pas que la passion qui les unit va devoir faire face à quelque chose de bien plus grand que deux cœurs qui battent, ne demandant qu’à avoir la liberté de s’unir. Dans un texte par lequel Amina NDAM fait découvrir sa plume aux lecteurs, une diversité de thèmes entre foi, tradition, famille, culture et destinée, il va s’ouvrir un univers d’exploration exceptionnel avec plusieurs horizons qui se croisent pour former un tout entraînant.

    LECTURE FAITE PAR LE 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB…

    Dans le nouvel espace de la bibliothèque LA MAISON DES SAVOIRS, au quartier Étoudi à Yaoundé, les membres du club de lecture 15 Pages Par Jour se sont donné rendez-vous pour un autre échange critique autour de ce roman dont le contenu semble se poursuivre par-delà les 333 pages. Plusieurs thèmes ont meublé la séance ; habituellement, les séances modérées par The Ghost suivent un canevas qui va toujours de ce que chacun a ressenti au fil de la lecture, à la note attribuée par chaque lecteur.

    LE RESSENTI GÉNÉRAL…

    Célestine, poétesse et auteure de Écoute !, recueil paru chez Luppepo, a apprécié la densité du texte, ainsi que sa richesse, compte tenu de l’âge de l’auteur qui fait ses premiers pas dans la vingtaine ; comme pour Danielle, relectrice, elle a trouvé le texte captivant d’un bout à l’autre. Érine, bibliothécaire, a partagé ce même point de vue, en évoquant le voyage qui s’offre et le tourisme qui fait explorer d’autres régions et cultures du Cameroun. Raphaël, très porté sur la fluidité, a indiqué ne pas avoir pu terminer la lecture bien qu’ayant obtenu le livre en premier, parce que le texte lui a paru long et parfois lourd, mais aussi à cause du lexique local qui l’a obligé à aller consulter les définitions en début de livre à plusieurs reprise. The Ghost, de son côté, a confessé, comme Danielle, que certaines difficultés liées à la lecture sont le fruit de fautes et autres insuffisances ; s’il a reconnu l’importance du travail exprimé par Amina NDAM, il a déploré le peu de regard accordé à cet aspect lors des différents processus de fabrication du livre.

    LE PERSONNAGE MARQUANT…

    « Le roi », Danielle n’a pas hésité une seule seconde. Pour elle, il joue son rôle à la perfection et a été réussi par l’auteure ; personnage que The Ghost n’a pas particulièrement apprécié à cause du peu de vertu qu’il perd facilement au nom de l’amour et aussi son esprit froid et calculateur. Selon lui, c’est Sacha, l’ex-copine de Gérémy ; c’est une jeune femme libertine certes, mais peu conditionnée dans son existence et toujours orientée sur le chemin de la vie. Sa volonté de vivre est exceptionnelle. Célestine et Raphaël sont allés dans le sens de la mère de Dassihara ; la poétesse particulièrement apprécie combien la femme dédie toute son énergie pour le bien de sa fille, malgré le contexte musulman et un mari qui ne demande qu’à marier la jeune femme au roi Abdel Malick.

    LA QUALITÉ DE L’ÉCRITURE…

    Il a été unanime que le volet éditorial est fortement à revoir, comme il est devenu récurrent dans l’univers littéraire aujourd’hui.

    L’AMOUR ET LA MORT…

    Arrivé à ce stade, les autres participants, nouveaux au club ou visiteurs, parmi lesquels l’écrivaine Viviane Moluh Peyou, ont pu participer et donner leurs avis, puisqu’on passait à l’impact du livre. La question posée par The Ghost a soulevé beaucoup de passions : Est-il normal de mourir pour l’amour ? La question trouve ses racines dans la relation entre Gérémy et Dassihara. Le garçon savait qu’il perdrait sa vie s’il s’entêtait à vouloir épouser sa belle ; destinée au roi, elle a marqué le premier pas d’un rite qui engageait sa vie. Entre Viviane qui assure qu’à un certain âge, quand la cœur est fou, on ne craint rien… propos partagés par Pauline Ongono, présidente d’ACOLITT ; et d’autres comme Laura qui pensent que rien n’est au-dessus de la vie, il a fallu près d’une heure, rien que pour ce point, et il a fallu s’arrêter et promettre de poursuivre plus tard. C’est aussi cela, les intrigues fortes, elles savent créer des débats et construire les esprits.

    DIEU ET LES TRADITIONS…

    Ce point est l’un des plus fréquents quand un texte met un accent majeur sur les traditions et, pour cette séance aussi, les échanges ont été nourris. L’auteure Amina Ndam a su offrir, au fil de son écriture, plusieurs champs à explorer. L’équilibre entre la religion catholique et les traditions ancestrales bamoun est si saisissant qu’on ne peut que rester admiratif devant la maturité d’une plume pourtant encore à ses débuts, et encore verte dans son âge.

    LA NOTE…

    En totalisant les votes du jour, Réalités épineuses, le roman d’Amina Ndam également membre du club de lecture 15 Pages Par Jour, a reçu la note de 8.5/10. Avec un comité éditorial effectif, ou un relecteur professionnel, il ne fait aucun doute que cette plume présente un intérêt certain.

    Le 21 mars, Une rencontre avec un pervers narcissique de Yvonne MASSABE sera le livre à l’honneur.

    📧 contacts@acolitt.com

    Ray NDÉBI, critiqué littéraire

  • Guillaume NANA et les grains de poussière au lycée d’Anguissa

    Il est 11h30 ce 04 février quand Guillaume NANA, écrivain camerounais, arrive au sein du lycée d’Anguissa, un établissement public de Yaoundé. Une heure après, après l’installation des élèves de 6e de cet établissement, le staff présent a pu lancer les festivités.

    Pour sceller leur appartenance à la belle nation camerounaise, ces élèves ont chanté l’hymne national avec bravoure, comme de vaillants soldats conscients de ce qu’ils sont le fer de la nation.

    Pour rappel, Guillaume NANA est l’auteur de « Grains de poussière », un recueil de nouvelles qui a été longtemps au programme scolaire camerounais, et dont les extraits de textes meublent encore les ouvrages d’enseignement de francais ; à l’exemple de celui de la classe de 6e. Par ce fait, il était question de permettre un échange entre ces élèves et l’écrivain, afin de les rapprocher un peu plus des mots et des maux qu’ils posent dans ses textes.

    Vu les nombreuses activités liées à la semaine de la jeunesse, cet échange a duré une heure, mais surtout 60 minutes enrichissantes qui n’ont pas laissé, nous en sommes sûrs, ces élèves indifférents.

  • Entretien avec Marel Fleuri, auteur et homme de loi congolais

    Bonjour, Marel Fleuri et merci d’avoir accepté de participer à ce jeu de questions. Vous êtes auteur, homme de loi, très engagé dans l’écriture et diverses activités littéraires dans votre continent et dans d’autres.

    L’écriture est souvent un voyage qui commence dans l’enfance. Pouvez-vous nous parler de votre premier rapport aux mots, aux histoires ? Y a-t-il un livre, un conteur ou une anecdote fondatrice qui a éveillé en vous le désir d’écrire ?

    Écrire, à mon avis, relève de l’innéisme ; c’est quelque chose d’inné, avant qu’un événement ne vienne déclencher la flamme… Puis, on se met à écrire. On se lance en littérature. Pour ce qui me concerne, j’ai été habitué d’abord à lire par mon père, qui était enseignant. Donc, je lisais ses documents dès l’école primaire et au collège. C’est au Lycée que je me lance dans l’écriture. J’écrivais des poèmes, imitant les grands poètes de la littérature congolaise, africaine et française… Je voulais leur ressembler et donc faire comme eux. C’est en cherchant à me détacher d’eux que naissait progressivement l’inspiration. J’ecrivais sous l’œil attentif de mes professeurs, des amis et un oncle paternel qui consacrait beaucoup son temps à m’apporter sa critique littéraire. Il enseignait à l’université. Enfin, pour reprendre les mots de Nicolas BOILEAU : « Avant d’écrire, il faut lire. » Je suis moi-même un lecteur.


    Votre parcours personnel et professionnel (en dehors de la littérature) influence-t-il votre écriture ? De quelle manière ?

    L’ecrivain est celui qui dépeint la société ; celui qui décrit le monde autour de lui. Rien n’est imaginaire si ce n’est de la fiction littéraire. J’admets que ma plume, outre mes lectures, recherches et découvertes, est le reflet de mon parcours personnel (milieu social) et professionnel, que j’exprime par des figures de style. J’écris suite à un ressenti, à une réaction, à une découverte… pour que l’inspiration cadre avec l’existentielle.

    Comment définiriez-vous votre « laboratoire » d’écriture ? Avez-vous des rituels, des conditions particulières (lieu, heure, supports) pour écrire ?

    Tout dépend du moment où l’inspiration arrive. L’inspiration peut arriver soudainement ou progressivement, pendant la sieste, en mangeant, en me promenant, en privé, en famille… Il m’est arrivé d’écrire en plein vol. Ma plume est naturelle et n’obéit à aucune condition préalable.


    Votre livre « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL » a été salué lors d’un appel à textes de la maison d’édition La perle noire. D’où est venue l’étincelle initiale de ces textes ?


    Je dois rappeler que c’est juste la profondeur de l’inspiration qui est le socle de ma plume. Sur la forme, je suis partisan du Classicisme. J’apprecie un poème quand il y a la rime, l’assonance, la versification… Au début de ma plume, j’écrivais des

    poèmes en vers libres, mais en admirant le style classique, j’ai rectifié ces vers et les ai transformés en poèmes classiques. Dans le fond, je vise toujours un message à travers mes écrits. Je n’écris pas pour écrire. J’ecris pour porter un message et je m’adresse à mon époque. Pour rappel, quelques poèmes de ce recueil, je les ai rédigés en plein dans le ciel notamment « Climaticide ». Il s’agissait, avec ce poème, d’attirer l’attention du monde actuel, des dirigeants actuels, pour agir en faveur du climat, de la protection de l’environnement, afin d’épargner les générations futures des fléaux que nous provoquons à cause de nos comportements climaticides. Outre cette thématique, j’ai aussi mis l’accent sur l’ « Afritude ». c’est un concept de l’engagement, de la détermination, de la mise en valeur de soi en tant qu’Africain. C’est un appel à dépasser la Négritude, qui longtemps à incarner la réclamation de l’identité des « Noirs». Avec l’Afritude, travaillons, écrivons… sans faire du bruit mais avec un impact pour la valorisation de notre identité. Notre respect ne viendra pas des autres, mais de nous-mêmes, de la façon dont nous la concevons, de la façon dont nous nous faisons respecter… au lieu de crier dans les tribunes du monde.

    Sans être exhaustif, je pense que cette profondeur a su toucher le comité d’organisation du Prix Littéraire La Perle Noire, qui a salué mon œuvre, son contenu et sa qualité. D’ailleurs, si je ne me trompe pas, le mot « Climaticide » va rejoindre le dictionnaire français de 2026. c’est une victoire pour toute la littérature africaine d’expression française et un signe qu’elle est au service des peuples francophones confrontés à des défis climatiques d’envergure.


    Vous écrivez en français. Comment travaillez-vous la langue, le rythme de vos phrases ? Pensez-vous à incorporer des sonorités, des expressions ou une musicalité issues du congolais ?

    Je fais partie des auteurs africains d’expression française. Ce qui veut dire qu’à la base, il y a la langue du terroir, sonorités, expressions et musicalité que l’on retrouve forcement. Les lieux indiqués dans certains extraits sont des lieux qui existent, à l’instar de Nji-Nji, qui est l’appellation traditionnelle de la ville de Pointe-Noire ; pareille pour Foa, qui est l’ancienne appellation de la ville de Brazzaville. Vous retrouverez des noms comme Issapa, qui est une zone ayant appartenu à mes ancêtres paternels, ou la Ndeko, qui est une rivière qui mène au village de mes parents maternels. Si cela est rendu peu visible en poésie, dans les prochaines parutions, tel le projet de Nouvelles qui sera intitulé « Contes et Anecdotes de chez moi », la Congolité trouvera toute sa place, toute sa couleur.


    « LES TROMPETTES », votre premier recueil de poèmes, se ancre profondément dans l’histoire et la réalité sociale. Comment abordez-vous la responsabilité (ou la liberté) de l’écrivain face à cet héritage souvent lourd et complexe ?

    L’ecrivain est un acteur social de haut rang. On vient à l’écriture pour perpétuer cette responsabilité, hériter de nos prédécesseurs. On ne se contente pas de dénoncer les vices et les travers mais aussi de construire l’harmonie, de susciter la foi en un avenir meilleur, de rappeler à chaque génération sa part de contribution attendue par notre société, pour qu’elle soit meilleure. Tout se perd si dans une société, les écrivains ne font pas leur travail : la conscientisation du peuple, le rappel à l’élite dirigeante, le rôle de la jeunesse dans la résolution des fléaux qui la persécute… C’est cette responsabilité que je porte à travers ma plume ; et elle se ressent à travers mon recueil de poèmes « LES TROMPETTES ou POEMES DE LA PREMIERE FEUILLE ».

    Il vise à décrire, dépeindre, denoncer, rappeler, détendre, attirer une certaine attention dont chaque poème sous-tend une thématique donnée : le travail, la haine, la jalousie, la dépravation des mœurs, le rôle des jeunes dans une société. Redépeindre l’Afrique comme une terre de valeurs et non une terre de malheur… Cette responsabilité consiste, pour moi, à m’adresser à ceux de mon temps ainsi qu’à notre postérité, afin qu’ils savent que la littérature est une arme constructive quand on la remplit d’œuvres de qualité.

    La littérature africaine, et congolaise en particulier, connaît un dynamisme extraordinaire. Comment vivez-vous cet « être-auteur » congolais aujourd’hui, sur la scène locale et internationale ? Nous rappelons d’ailleurs que « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL » a paru en France le 14 septembre dernier.

    Je dois rappeler que le monde littéraire d’aujourd’hui est en mutation. Celle-ci est due au déclin de la place du livre comme instrument d’acculturation et l’avènement des nouvelles technologies. Ce qui exige des auteurs plus d’originalité dans leurs œuvres pour attirer l’attention, susciter l’intérêt… L’ « être-auteur » congolais se retrouve donc face à cette réalité. Mais, au regard des distinctions enregistrées par les auteurs congolais tant au pays qu’à l’étranger, l’ « être-auteur » congolais se porte mieux et se montre résilient sur la scène locale et internationale. Pour ce qui est de « FRAGMENTS DE VERS DANS LE CIEL », le recueil est déjà disponible en ligne ; l’éditeur se charge de la mise en vente sous différentes plates-formes.

    Quels sont les auteurs congolais (classiques ou contemporains) ou africains qui vous ont marqué, influencé, ou que vous admirez tout simplement et que vous aimeriez recommander ?


    Je suis admirateur de tous mes prédécesseurs et je leur rends hommage. Certains, tels TCHICAYA-DE-BOEMPIRE, Jean MALONGA…, je les ai honorés dans lun de mes poèmes qui paraîtra prochainement. Plusieurs parmi eux m’ont marqué et je m’inspire d’eux Henri LOPES, TATI LOUTARD, Guy MENGA, TCHICAYA-U-TSAM’SI, Henri DJOMBO, Sony Labou TANSI, Emmanuel DONGALA… je vous les recommande avec plaisir.



    Au-delà du récit, quelle est, selon vous, la fonction de la littérature ? Que peut-elle apporter, guérir ou provoquer dans une société comme la société congolaise ?

    La littérature est une arme multifonctionelle. Elle est constituée d’écrits qui vise à humaniser l’homme, à nourrir son cerveau de savoir. Elle éduque, elle conseille. Elle est le refuge des âmes transgressées par les injustices sociales et un moyen pour eux de se faire entendre ou d’etre défendues. Il en va de même pour la société congolaise dont la jeunesse en a grandement besoin, face aux multiples ravages déshumanisants des réseaux sociaux. On doit non seulement écrire mais aussi susciter l’intérêt de la lecture chez le public. La littérature a un rôle important à jouer au sein de la société congolaise. Elle doit rappeler aux uns l’impérieuse nécessité de l’unité nationale après de moments de perturbations connues, la paix sociale dans une société à dominance jeune où ils doivent être des acteurs clés pour le développement du pays… La littérature doit être comme une table à manger, un feu de cuisine ou un puits d’eau autour duquel chacun vient se servir, se réchauffer, s’abreuver et garder une part pour les autres. Elle doit jouer ce rôle de formation d’un esprit patriotique, culturel, travailleur, engagé… et d’information sur les dangers présents et futurs afin que nous ne soyons pas ceux et celles qui vont causer à notre postérité, un tas de malheurs. D’où mon appel contre les attitudes climaticides, le respect des aînés par les jeunes…


    Être le lauréat d’un concours d’écriture influence-t-il votre perception de votre carrière d’écrivain ? Change-t-il quelque chose à votre regard sur votre propre travail, ou à la manière dont vous envisagez la suite de votre parcours d’écrivain ?


    Sans détour, être lauréat n’est pas qu’un simple honneur. C’est une grande responsabilité. Par conséquent, cela influence votre manière de travailler, car il faudra toujours garder la barre haute et continuer à inscrire son nom dans l’histoire et honorer son pays. A partir de là, les choses deviennent très sérieuses. Votre manière de travailler change et vous portez grande attention à tout ce que vous écrivez ainsi qu’à tout ce que vous dites. En plus d’être lauréat au Prix La Perle Noire 2025, j’ai été sélectionné dans la catégorie Poésie, pour figurer dans l’anthologie de poésie africaine et afro-descendante, Sénégal NJAAY, 2025 (la parution est envisagée pour bientôt).


    Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos prochains projets littéraires ?

    Ma plume est abondante. Je travaille sur des genres variés : poétique, narratif (roman, nouvelles, contes…) et théâtrale. Je dispose d’environs cinq (05) projets de recueils de poèmes, de sept (07) projets de romans, de deux (02) projets de nouvelles, de deux (02) projets de contes et d’un (01) projet d’une pièce théâtrale ; sans mentionner les projets en cours d’écriture. Je ne publie pas aussitôt après écriture. Je prends le temps de me relire et de faire l’autocritique. J’apprends à me référer à d’autres plumes, à me conformer aux règles en vigueur afin d’éviter de tomber dans la dark-romance. Par exemple, la plupart des poèmes qui constitue le recueil « LES TROMPETTES » sont mes œuvres du Lycée. C’est à l’Université que j’ai rédigé la plupart des projets de romans. Je ne suis pas pressé de publier. Je dois jauger de la qualité de mon œuvre avant de le confier à un éditeur. Je profite de cette occasion pour remercier les éditeurs avec lesquels j’ai déjà travaillé pour leur rigueur et leur assistance. Avec votre permission, je cite : les éditions ReCréation, Les éditions La Perle Noire, Les éditions Le Lys Bleu.


    Quels conseils ou quel message d’encouragement auriez-vous aimé recevoir lorsque vous avez écrit votre première ligne et que vous adresseriez aux jeunes plumes congolaises ?

    Pour rappel, j’ai commencé à écrire parce que je ressentais l’envie d’écrire, de passer un message, de traduire ce qui m’arrivait en tête. C’est ainsi que j’ai beaucoup rédigé de l’Université à ce jour. Malgré les deboires avec certains éditeurs au départ, jusqu’à ce que je travaille avec les éditions ReCréation, ma peine était d’avoir des ouvres mais de manquer d’éditeurs qui accepte de m’accompagner. Ça a été difficile à digérer. Le conseil qui me convenait et que je partage avec les jeunes plumes, c’est d’écrire et ne pas se lasser ; et de se rapprocher des aînés pour pallier certaines difficultés que nous, écrivains, traversons : trouver, à ses débuts, un éditeur. Autre chose, il y a le coté vente : le livre est « commerciable » mais pas commercial. Autrement dit, le livre est à vendre mais ne rend pas riche. Votre travail s’arrête à la parution de l’œuvre, le reste c’est le travail de l’éditeur. Toutefois, le résultat de la qualité de votre œuvre va jouer de beaucoup. Prenons donc suffisamment le temps de bien soigner nos œuvres, pour résister à la rouille que les réseaux sociaux veulent imposer aux auteurs. La plus grande joie pour tout auteur est : d’une part, la parution de son œuvre ; d’autre part, la distinction qu’il en recevra.


    Si vous deviez sauver un seul livre de votre bibliothèque (en dehors des vôtres !), lequel serait-il et pourquoi ?

    Cette question est difficile, extrêmement difficile ! Je respecte tous mes aînés, confrères et consœurs écrivains… alors, ne  sauvons que le livre contenant les « 42 lois du Maat », en raison des valeurs morales qu’il contient, lesquelles notre époque peut bien s’en référer et s’en servir car constructives par essence.


    Propos recueillis par P.O.

  • Compte rendu de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage 𝐿𝑎 𝑟𝑒𝑣𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑚𝑎𝑛𝑡𝑒 d’Anne Rachel Aboyoyo

    La Librairie des Peuples Noirs a vibré, ce vendredi 26 septembre à 15h, au rythme des mots et des voix lors de la dédicace du recueil 𝐿𝑎 𝑟𝑒𝑣𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑚𝑎𝑛𝑡𝑒 de la poétesse Anne Rachel ABOYOYO A. Placée sous la modération du journaliste retraité de la CRTV, Lazard Étoundi, la cérémonie a rassemblé éditeurs, universitaires, passionnés de littérature, amis et famille de l’autrice.


    La rencontre s’est ouverte avec la prise de parole de François Nkeme, éditeur des Éditions Proximité, qui a rappelé l’historique de la maison et son engagement en faveur des voix nouvelles et audacieuses. Le moment central fut ensuite la lecture de la note de lecture par le Dr Jean-Marie Yombo, chef du département de français à l’École normale supérieure de Bertoua.
    Dans son analyse, le Dr Yombo a mis en évidence la force et la cohérence d’un recueil profondément ancré dans la réalité sociale. Selon lui, La revanche de l’amante explore la condition féminine africaine à travers la figure d’une « amante » revendicatrice, qui s’affirme contre la domination patriarcale et les illusions d’une libération superficielle véhiculée par certaines idéologies contemporaines. Le critique a souligné le désir féminin au cœur de l’œuvre, ainsi que le rôle du langage poétique comme instrument de résistance et d’affirmation. L’écriture d’Anne Rachel se distingue ainsi par sa simplicité et sa lisibilité, en rupture avec les courants d’avant-garde, tout en restant dense et percutante. Le recueil aborde des thèmes essentiels tels que l’amour, la sexualité, la virilité et la restauration de la femme par la présence de l’homme viril, offrant une réflexion nuancée sur les relations hommes-femmes et le rôle complémentaire de chacun. Sa poésie, à la fois lapidaire et syncopée, invite à une relecture attentive, faisant du langage un espace d’émancipation et de créativité.
    Après cette analyse critique, la poétesse a partagé son expérience d’écriture et sa vision de la poésie comme espace de vérité et de liberté. Un échange nourri avec le public a permis d’approfondir les thématiques abordées, avant de laisser place à la traditionnelle séance de dédicaces. La rencontre s’est achevée dans une atmosphère chaleureuse, marquée par un moment de convivialité offert par l’autrice, scellant ainsi la fraternité des mots par celle du partage.


    Avec La revanche de l’amante, Anne Rachel ABOYOYO A. signe une œuvre poétique à la fois intime et universelle, ouvrant une voie singulière dans la littérature féminine africaine contemporaine.

    Catherine Laure MONGONO

  • « L’héroïne du silence : Au-delà du handicap, un cri d’inclusion » de Pacelie EDIMA au 15 PAGES PAR JOUR BOOKCLUB de ACOLITT

    PRÉSENTATION DE L’ŒUVRE

    C’est une petite fille. Elle s’appelle Edialéda. Un jour, elle se lève et n’entend plus que le silence. Sa mère la croit rebelle, puisque la petite ne répond pas quand on l’appelle. Parce qu’elle ne réagit pas quand on lui parle, on la dit irrespectueuse, têtue. Pourtant, Edialéda ne sait entendre. Elle ne peut plus entendre. Elle a perdu son ouïe. Elle est devenue sourde.
    Son père lui tourne le dos ; ce n’est pas le reflet de ce qu’il a toujours espéré. Une fille sourde ne lui sert plus à rien. Sa mère entreprend tout pour rappeler les sons à ses oreilles ; les prêtres, les guérisseurs traditionnels, les médecins… tout y passe. Edialéda demeure sourde. La communauté la rejette, disant que c’est une punition, un karma, le résultat de mauvais actes dans sa famille. Une malédiction. Les autres enfants se tiennent loin d’elle ; leurs parents ne veulent pas qu’ils soient contaminés, il ne faut pas qu’ils attrapent la surdité à leur tour.
    A l’école, la petite fille est également rejetée ; il n’existe pas de dispositif adéquat pour prendre en charge des personne comme elle. Quand les voix et les sons ne lui parviennent plus, rien d’autre ne vient. Tout s’éteint, y compris l’estime d’une communauté qui la considérait comme une perle, une lumière. L’amour de sa mère n’est pas suffisamment riche d’argent pour lui obtenir de vrais soins, un dispositif auditif pour lui permettre de réintégrer la société. Tout s’arrête jusqu’à la naissance de sa fille Amide. La lecture vous en dira plus…

    DÉROULEMENT DE LA RENCONTRE

    Le samedi 08 novembre 2025, il est 15h00 à Yaoundé quand, après une lourde pluie, la rencontre prévue pour 14h00 peut enfin débuter sous la modération de Ray NDEBI. Comme d’habitude, la bibliothèque de La Maison des Savoirs accueille la rencontre. Pour ouvrir les échanges, il émet le malaise qui l’a submergé tout au long de la lecture, parlant de la perte accentuée d’humanité constatée dans nos sociétés. « Des Edialéda, nous en avons à tous les carrefours et sur tous les trottoirs, victimes de mille formes d’indifférences », dit-il.

    Les échanges se sont portés en majorité sur l’amour, la beauté, la solidarité et l’humanité. La société telle que présentée par Pacélie EDIMA est toujours d’actualité, avec une marginalisation préoccupante. Mais, en commençant par les femmes du club de lecture 15 PAGES PAR JOUR, à la question de savoir si la future maman s’attend à un enfant handicapé, la réponse a été des plus honnêtes : « Toutes les femmes rêvent d’un enfant bien portant et jouissant de toutes ses facultés et capacités ». Du côté des hommes aussi, les attentes semblent identiques. Ce qui nous offre un contexte familial dans lequel on n’est pas préparé au handicap, surtout quand l’enfant est né comme on l’a rêvé.


    Le comportement de la famille et des communautés paraît se justifier ; mais il y apparaît surtout de l’ignorance et un manque de sensibilisation. Le handicap demeure alors mal accepté et encore plus mal vécu. Selon Raphaël et Pauline, la société aime « avec les yeux » ; ce que soutient Erine en regrettant que les gens considèrent les autres en fonction des canons de beauté préétablis.


    La question de la préparation au handicap a occupé une grande partie des échanges ; car le roman de Pacélie EDIMA montre combien les malheurs d’Edialéda auraient pu être allégés si son entourage avait su ce que le handicap représente, loin de tous les préjugés qui ont poussé la petite, à un moment, à se résoudre à la mendicité dans la rue, parmi d’autres personnes présentant des déficiences physiques. Plusieurs solutions ont alors été évoquées, parmi lesquelles l’introduction de l’apprentissage de la langue des signes et du braille dans les programmes scolaires, à la place de l’allemand et de l’espagnol. « Si cela se réalise, nous aurons une société plus inclusive et plus ouverte. Surtout, chacun sera préparé à cette éventualité qui peut survenir à la naissance ou au cours de la vie », conclura Ray NDEBI quand l’idée est émise. Des expériences personnelles vont meubler la rencontre ; Bertille Audrey, Danielle, Khamila, Amina et Michel ont partagé des vues enrichissantes.


    Il est ensuite venu l’heure de noter le livre. C’est un moment particulier, car la Littérature reprend ses droits et pèse de tout son poids sur la critique. 06/10, voilà ce qui ressort, vu l’importance et la puissance du texte, par rapport à la qualité de sa présentation. Les lecteurs du 15 PAGES PAR JOUR ont, à l’unanimité, regretté l’absence de relecture et de montage professionnels. Si le thème et son déploiement mérite toute l’attention, l’édition quant à elle pourrait sérieusement tenir le lecteur à distance. Nous recommandons vivement une relecture-correction de l’ouvrage.

    Après un appel vidéo avec l’auteure, une photo de famille et un thé d’amitié, les lecteurs du club 15 PAGES PAR JOUR sont repartis avec à cœur un regard empreint d’âme pour cette société en constante dégradation, afin que des enfants comme Amide, fille de parent handicapé, ne noie pas son enfance dans des responsabilités plus fortes que son âge ; c’était à elle de veiller sur sa mère et aussi sur ses cadets, Natacha et Legrand. Tout y est encore possible, si chacun se donne la peine de comprendre et surtout ACCEPTER.


    Vous souhaitez proposer votre livre à notre club de lecture ou y adhérer ?

    Contact : acolitterature@gmail.com


    Le livre est disponible via le numéro de téléphone +237 6 57 55 53 46 (WhatsApp) au prix de 5.000 FCFA