Logo officiel des Éditions SEGUIMA. Conception : Pauline ONGONO
Nous commençons l’année 2023 avec une grande figure de la littérature actuelle au Sénégal et en Afrique, monsieur Waly Ndour.
Qui est-il ? Pourquoi a-t-il mis SEGUIMA sur pied? Ses conseils à l’endroit des jeunes éditeurs et ses propositions pour la littérature en Afrique. Un zoom sur la librairie qui porte le même nom. Et en bonus, un tour sur le dernier appel à textes. Waly NDOUR se confie à notre équipe.
Partie 1Partie 2Partie 3Partie 4Partie 5Partie 6Partie 7
Vous souhaitez un espace publicitaire comme celle à la fin de cette vidéo (partie 7)? Contactez-nous par mail à acolitterature@gmail.com
Le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé (SALAFEY) se précise de plus en plus.
L’une des activités de ce salon étant la mise sur pied d’un concours, l’équipe de coachs et des encadreurs ont joint leurs bras pour la formation des candidats aux concours de dessin, lecture et écriture. Cette initiative s’est dessinée à la bibliothèque jeunesse de l’Institut Goethe du Cameroun, à Yaoundé.
Pour immortaliser ces instants, l’équipe Linelitt’ et les arts a recueilli les sentiments des coachs et encadreurs après les ateliers avec les enfants. Disponible dans ces vidéos et à consommer sans modération.
PARTIE 1PARTIE 2
Pour rappel, le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé (SALAFEY) se tiendra du 16 au 18 décembre 2022 de 9h à 18h, au musée national et à la Fondation Tandeng Muna. Plusieurs activités sont prévues pour meubler ces trois jours. L’accès au village du SALAFEY sera totalement gratuit.
Parents, responsables d’établissements scolaires ou autres institutions, n’hésitez pas à vivre ces moments avec les enfants.
Vous avez encore la possibilité d’être le sponsor d’un des prix qui seront remis ce 18 décembre 2022 aux lauréats.
Si on avait dit à Anthiou NADO que sa vie serait un virage abrupt de 180°, elle en aurait ri, j’en suis sûre. Elle n’avait commis qu’une seule erreur : celle d’avoir aimé. Une bastonnade infligée par Yuusu, son mari, deux, dix, des fois incomptables, et c’en était trop ! Elle n’en pouvait plus. Mais Témédi devait comprendre, plus grande, ce qui avait été son parcours. Oui, les enfants aiment juger leurs parents parfois, n’est-ce pas ? Témédi, saura… Il fallait qu’elle sache.
«Anthiou : Destin de femmes», c’est le journal intime de la personne qui porte le même prénom – Anthiou – et qui a réveillé la muse de Peh de Geo. Une muse bien sensible. Lire un document appartenant à la reine du grand dépotoir de Boowal et en faire un livre édité et réédité même, il fallait le faire. Et heurement d’ailleurs…
Peh de Geo, auteur sénégalais
Anthiou est une preuve des vicissitudes liées au rejet et la maltraitance familiale. Une tragédie qui, peut-être, ne serait pas arrivée si Anthiou avait connu l’amour et la compréhension des siens : Yuusu, ses parents, sa belle-famille, l’amour de sa vie… Bunka. « Tu sais, ma fille, il n’y a pas plus grand bonheur que de se trouver, « haleine pour haleine », avec la personne que l’on aime même si on ne se dit mot. Mais il n’y a pas plus atroce supplice que de devoir vivre comme narine et fesse avec qui l’on n’aime pas. » P.15. Oui, elle a aimé, mais victime de l’amour, elle a toujours été. Est-ce parce qu’elle était par essence une «forte tête» ou parce qu’elle avait connu les joies de l’entrejambe avant le mariage ? Toujours est-il que d’amour, elle en avait besoin. Et par amour, elle est partie, elle a abandonné son foyer ; Témédi allait comprendre grâce à cette longue lettre presque journalière qu’elle lui servait.
Ce besoin d’amour va revenir à la surface chaque fois avec force et méfiance – Anthiou a horreur des gestes qui lui font se sentir comme une femme-objet. Vous voulez son cœur, allez-y à sa conquête et affrontez avec elle ses peurs et ses joies. Dans sa quête du bonheur, elle rencontre Naamusoo, une femme âgée qui cache bien son jeu et qui mène une sombre activité avec son robuste de fils, Mbay, le désormais grand frère et protecteur d’Anthiou. A Malodugu, elle vit en harmonie avec cette famille. Bulgëm n’existe plus. Finies la bastonnade, la médisance, la peur… Anthiou se sent bien. C’était sans compter sur son amour débordant et sur son besoin d’amour… Aimait-elle réellement son grand frère Mbay ? On ne saurait réellement le dire. Elle-même ne le savait pas. Et malheureusement, ce soir là où elle était juste sortie avec lui pour s’amuser, son destin a pris un autre tournant : deux aimants qui s’attirent, une Anthiou saoule et horrifiée, un aimant agacé et en colère, et la voilà écrouée sans jugement. Cet amour, Anthiou, il t’aura fait voir de toutes les couleurs!
Anthiou aimait, oui, mais plus d’une cinquantaine de jours, c’en était trop pour son amour dans cette geôle mal famée comme la majorité des geôles en Afrique. A cause de qui était-elle d’ailleurs là ? A cause d’une personne qui jugeait Dieu de lui avoir donné cet entrejambe-là ? Qu’avait-elle fait de mal si ce n’était vouloir arracher son robuste de grand frère, Mbay, des mains de cet indécis physique ? Il fallait qu’elle sorte de là. Elle n’aimait pas cet endroit. Justice devait être rendue. A Seguima, la justice était faite pour certaines personnes et au détriment de la majorité. Une justice juste pour ceux qui la trituraient à leur manière. « Tu te rends compte ! Il y a des prisonnières qui sont là depuis des années et qui attendent d’être jugées. Ce n’est pas juste. Si la justice devient elle-même injuste, que faire ? La combattre ? L’interpeller ? La traîner devant le tribunal divin ? » P.75. Que faisait-elle là sans avoir été jugée ? Que lui reprochait-on ? Prostitution et… Non, Témédi ne devait pas penser un seul instant que sa mère fût du genre.
De reine de justice à reine des immondices
«Le bonheur de l’homme engendre celui de la femme. Si la femme veut être indépendante, pourquoi cherche-t-elle ou accepte-t-elle qu’on la donne en mariage à un homme ? On n’a jamais donné un homme en mariage à une femme. » P.67. Malgré les sévices de son premier mari, Yuusu, Anthiou est restée femme à chouchouter son homme. L’extrême féminisme et tout ce qui s’y rapproche ne faisaient pas partie de ses aspirations. Son bonheur, elle le ressentait si son homme était heureux. Et Ansoumane, le juge qui la fera sortir de prison, l’était… Il l’était tellement qu’il l’épousa en secondes noces, malgré son premier acte sous régime monogamique. Il la traitait comme une reine. Il était son roi. L’union entre un homme et une femme pouvait donc être faite de quiétude, de rires, de rêves ? Le savait-on à Bulgëm ? Pourquoi d’ailleurs maltraiter l’être qu’on a juré devant Dieu et devant les hommes aimer et chérir jusqu’à la fin des temps ?
Ansoumane était le prototype du jeune panafricain : fort dans ses idées, prêt à défendre haut et fort les intérêts des Séguimalais, prêt à sacrifier son bonheur pour la minorité… Un bel exemple d’ailleurs pour Anthiou qui, après le virage malheureux que va connaître son mariage avec Ansoumane, va devenir l’héroïne des couches dites minoritaires à travers des ONG et auprès d’autres femmes très engagées dans la lutte pour l’égalité sociale; un combat décrié par les jadis détenteurs du pouvoir ; un espoir pour ceux qui ne se sentaient plus humains.
Que s’est-il passé ce soir-là où Anthiou n’a plus jamais écrit ? Témédi, nous aussi, nous nous posons cette question. Mais, Témédi, ta mère, Anthiou, est libre. Oui, elle est libre.
Mon expérience de lecture
Lire les 231 pages de «Anthiou : Destin de femme» paru aux Éditions SEGUIMA au Sénégal fait partie de ces expériences qu’on n’oublie pas. On a souvent tendance a pensé que les choses vont mal seulement chez soi ou pour soi… Voici une lecture qui remet en question. Non pas qu’il ne faut pas se plaindre, mais il faut cultiver, et c’est très important, cette résilience dont Anthiou a fait preuve dans tout son récit. Peh de Geo met en lumière, et avec une subtilité incroyable, des vices et des fléaux qui minent la majorité des pays africains ou du moins restent dans la case «TABOU» : l’absence de justice, l’homosexualité, les violences conjugales, l’insalubrité, la non reconnaissance des héros et héroïnes, les relations parents-enfants et la protection de la famille, la consommation et la vente des stupéfiants, et au-delà de tout, l’amour sous diverses formes.
Le pouvoir de la femme est mis en exergue. On se demande même pourquoi on dit que la femme est le sexe faible… Ce texte nous montre clairement que : c’est la femme qui rend l’homme heureux; c’est la femme qui par son soutien donne une belle harmonie dans l’existence de l’homme; c’est la femme qui fait bouger à un pic supérieur les lignes à Séguima; c’est la femme qui, par sa méchanceté, met à feu et à sang un mariage (à l’exemple des belles-sœurs d’Anthiou : «Les deux sœurs de ton père avaient certainement allumé le feu qu’elles n’arrêtaient pas d’activer.» P.16); c’est la femme qui est en partie la cause de la manipulation de la justice à Séguima, etc.
Entre quelques coquilles, j’ai accompagné Anthiou dans ses combats journaliers, j’étais avec elle chaque fois qu’elle écrivait à sa petite Témédi. J’étais son témoin, impuissante face à ce qu’elle subissait comme revers.
Peh de Geo a certes retouché des phrases pour que tout ceci soit cohérent et mieux lisible – une belle initiative. Toutefois, et connaissant son combat panafricaniste, on ressent bien son implication personnelle dans les séquences mettant en exergue les problèmes sociaux et économiques de Séguima, de l’Afrique. J’avais donc l’impression d’être spectatrice, comme Anthiou, de cette coulée d’encre Peh de Geoenne. On pourrait peut-être imputer cela au fait qu’il flirtait pour la première fois avec la plume…
Merci à Peh de Geo de m’avoir fait connaître Anthiou, l’héroïne de Seguima. Peut-être la verrais-je de mon œil un jour, pour l’instant, je lui souhaite de jouir de sa liberté, du haut de son trône.
Pauline M.N. ONGONO
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Le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé (SALAFEY) se déroulera du 16 au 18 décembre 2022. Vous pouvez encore rejoindre ce projet comme partenaires ou sponsors. Contacts pour plus d’informations : +237690195126 | acolitterature@gmail.com
OBYC, illustrateur et auteur de bandes dessinées camerounais
Bonjour. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?
Bonjour à toutes et à tous. Je m’appelle OFFONO BELLA Yannick Cyrille mais mon nom de plume est OBYC, illustrateur et auteur de bandes dessinées.
Votre domaine d’exercice est la Bande dessinée. Racontez-nous votre histoire d’amour avec cette branche des arts.
Mon intérêt pour la bande dessinées a commerce en 2009, j’étais en classe de CM2. Déja passionné par les dessins animés à l’époque, un camarade de classe est arrivé un beau matin avec une bande dessinée réalisée par lui. Après lecture de celle-ci, je fus conquis par son travail, et le week-end qui suivit, j’entrepris la création de ma première bande dessinée dont le nom me revient encore “FRÈRE CONTRE FRÈRE”. Je l’ai dessinée jusqu’en classe de cinquième. En 2011. Malheureusement, j’ai perdu les dessins de cette bande dessinée.
Cette même année, j’avais aussi dessiné une BD intitulée “ROBOT NUL”. Mon inspiration à cette période était principalement “DRAGON BALL”, “DRAGON BALL Z” et “DRAGON BALL GT” de Akira TORIYAMA, qui axait mes histoires plus sur le combat. Le déclic se produisit en 2013, en classe de troisième, quand la chaîne de télévision Manga diffusa pour la première fois l’anime “CODE GEASS”, réalisation du studio CLAMP. Après deux saisons et 50 épisodes, CODE GEASS m’a fait découvrir un autre univers, par le travail et la profondeur de son scenario, la psychologie de ses personnages si louables et attachants, des idéologies auxquelles qu’on serait prêt à defendre, car on s’y retrouve tous d’une certaine manière; le tout dans un environnement vivant et captivant mais aussi stressant, car tout pouvait y arriver en bien comme en mal. Dès lors, je me suis remis au travail, non seulement pour travailler mon dessin mais aussi mon scénario.
En 2014, alors que j’étais en classe de seconde C, j’ai fait la rencontre de mon partenaire de dessin et grand ami ASSONNA NGUIMGO Jean René, année qui verra germé de mon esprit une histoire que j’avais alors intitulée “EURAPHONE”. Cette BD racontait l’histoire «des Hommes qui avaient reçu divers pouvoirs d’un séraphin s’étant sacrifié pour les sauver d’un démon». J’y ai travaillé jusqu’en classe de terminale en 2016 où après mon Bac, Jean René et moi avons pris la décision de créer un collectif d’auteurs : BDSTARS 237.
En décembre 2016, je m’étais rendu pour la première fois au »Mboa BD Festival ». J’ai montré mon travail à de grands noms de la BD au Cameroun. Je me suis fait violement refoulé. De retour chez moi, totalement déprimé, je me suis remis au travail pour parfaire mon dessin. Cette décision a été un vrai parcours du combattant, car subissant les pressions familiales.
En 2017, mon travail sur mon dessin continua, et pour satisfaire ma famille, un accord a été »signé » : «Peu importe l’école où vous me mettrez, peu importe la formation que je devrai faire, je vous assure que je vous apporterai le diplôme ou la certification. En échange, laissez-moi dessiner autant que je le désire.» Et c’est ainsi que j’ai intégré l’institut universitaire Siantou en cycle BTS, travaux publics. La première année, j’ai mis sur pied un projet de BD dont je suis fier encore aujourd’hui : « LES APPRENTIS DE LA MORT » issu de mon précèdent projet « EURAPHONE », et qui donna naissance aussi à mon œuvre principale « NDULU ».
En 2019, « WA MANON » vit le jour. Elle met en scène une mythologie de mon invention. Et en 2020, les premières planches revisitées de « NDULU » virent le jour. En 2021, je commence le projet le plus ambitieux que j’ai initié, avec l’aide d’une amie dessinatrice du nom de MISREL. Il est assez long et foisonnant de personnages haut en couleur, mélangeant mythologie BETI, récit biblique et même faits historiques. C’est un projet que j’avais premièrement nommé «LE ROI ETERNEL» puis «l’EMPEREUR ETERNEL» après relecture de l’histoire.
En 2022, après de nombreux conseils, j’ai pris la décision de segmenter mon œuvre principale «NDULU», car elle-même est assez long, et le premier de ses segments est l’histoire que je dessine actuellement. Elle a pour nom «NDULU : LA SEPTIEME PERLE», puis suivra «NDULU : LES GLORIEUX», «NDULU : LES TRESORS DE L’ESCLAVAGE» et enfin «NDULU» .
Vous faites partie du collectif BDSTARS 237. Comment fonctionne-t-il et quelles sont vos productions à ce jour ?
Le collectif BDSTARS 237 rassemble des auteurs avant tout passionnés par le 9e art, car sans cette passion, il nous est impossible de surmonter les obstacles auxquels nous sommes amenés à faire face. BDSTARS 237 perçoit des cotisations de ses auteurs et tout auteur qui nous présentera des projets que nous jugerons potables après étude, et dès lors, nous pourrons envisager un format physique.
Parmi nos productions, nous pouvons citer : ✓ «MAGICAL WORLD» par ASSONNA NGUIMGO Jean René à 1000FCFA ;
✓ «ANITA» par ASSONNA NGUIMGO Jean René à 1000 FCFA;
✓ «LA MARMITONE» par ASSONNA NGUIMGO Jean René à 1000 FCFA;
✓ «MBAK ET YEBA» par ASSONNA NGUIMGO Jean René à 1000 FCFA;
✓ «NDULU: LA SEPTIEME PERLE » par OBYC à 1300 FCFA;
Quand on sait qu’illustrer un livre, et en couleur de surcroît, au Cameroun, n’est pas chose aisée, atteignez-vous vos objectifs financiers en proposant les vôtres à de tels prix?
Il faut d’abord comprendre que la BD ne bénéficie pas de la même communication que la musique, le cinéma, la littérature ou d’autres formes d’arts, car la BD, pour certains, c’est pour les enfants; très souvent, on n’en voit pas l’intérêt. Bien sûr, certains apprécient l’initiative et sont même de grands adeptes de la BD. BDSTARS 237 a été créé avec un but premier de vulgarisation de cet art. Pour rentrer dans nos frais, nous n’hésitons pas à communiquer auprès des jeunes, des adultes et même auprès des établissements scolaires – c’est généralement ces derniers qui constituent notre clientèle vu que les prix sont abordables.
Quelles sont pour vous les 05 caractéristiques principales d’une bonne BD ?
Aucun travail n’est facile; encore plus celui d’un auteur, car même si l’on a une idée générale, il faudra encore la développer, choisir le contexte, des thématiques à traiter, des sujets à aborder, le genre à utiliser, la création des personnages, établir les liens avec les personnages, décrire les origines de tous les personnages passés, présents et à venir. Et connaitre tout de ses personnages jusqu’à leur avenir revient à devenir le dieu de son univers. Pour une bonne BD, l’auteur doit tenir compte de ces paramètres scénaristiques primaires. Une bonne BD c’est d’abord:
– La qualité du scenario; – Les sujets et thématiques exploités; – La beauté et qualité du dessin (pas obligatoire), car l’art c’est avant tout la variété et la diversité, à mon humble avis; – La profondeur et la psychologie des personnages; – Et enfin, l’originalité qui est propre à chaque BD.
Contacts et points vente : Yaoundé (Cameroun) : Terminus Mimboman (en face de l’hôtel); nouvelle route nkoabang, entrée OPEP (après Auberge lune bleue) Contacts utiles: +237698056816, +237696640922, +237650047822
En bonus, la note de lecture de »Comme une reine » de monsieur Haman Mana, directeur de publication du quotidien camerounais Le Jour, à lire ici https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02x9vGoi948146KoA2hNBUrtYoJeka4ctC4N6LwNJb21tj4TRn8sdZyvZ4EAt5EbXHl&id=100000588284548
Pabé MONGO, de son vrai nom Pascal BEKOLO BEKOLO, est né en 1948 à Doumé, à l’est du Cameroun. Très tôt, il flirte avec l’encre et la plume. Après l’obtention de son Brevet d’Etudes Primaires (B.E.P.) en 1967, il nourrit des envies de reconversion religieuse. Pascal BEKOLO BEKOLO va passer deux années de noviciat pour devenir Frère des Ecoles Chrétiennes. Après ces deux ans, il décide de revenir à sa vie civile et reprend ses études en classe de seconde, au collège de la retraite, à Yaoundé.
Son retour à sa vie civile va marquer son entrain pour l’écriture. Pabe Mongo commence à naître en le jeune Pascal BEKOLO BEKOLO. Il écrit des textes à la volée, les présente sans grande ambition au public, et en 1971, alors qu’il est en classe de terminale A4, son premier texte, un recueil de nouvelles, « Un enfant comme les autres », parait aux Editions CLE. Pabe Mongo va donc désormais exister et être parmi ceux-là qui vont marquer le monde de la litttérature.
Premier livre de Pabe Mongo
Pabé MONGO mène des études essentiellement orientées vers l’écriture et l’enseignement :
Il obtient une Licence ès Lettres Modernes Françaises ; une Maîtrise en Philosophie ; un Doctorat de 3è Cycle en Littérature Négro Africaine, avec une thèse sur Le Nouveau Roman Africain, dirigée par le mythique Pr. Bernard FONLON de l’Université de Yaoundé, codirigée par le professeur Mohamadou KANE de l’Université de Dakar.
Pabé MONGO est dès lors bien armé pour mener de front sa double carrière d’universitaire et d’écrivain. Il est d’ailleurs l’initiateur du programme d’enseignement de la création littéraire à l’université de Yaoundé I et de l’encyclopédie générale du Cameroun.
Bien que l’on ne cite parmi ses œuvres, généralement, que « Père inconnu » et « La Nolica : La nouvelle littérature camerounaise : Du maquis à la cite », Pabe Mongo a une vaste bibliographie variée. Cette bibliographie est riche de trente-cinq (35) œuvres achevées et publiées et de dix-sept (17) manuscrits que notre illustre homme de culture espère voir paraitre un jour. A la question de savoir pourquoi ils n’ont pas encore paru, sa réponse est : « J’ai arrêté de publier quand on m’a demandé de payer. »
Liste non exhaustive des oeuvres de Pabe Mongo
– Un enfant comme les autres : nouvelles, CLE, Yaoundé, 1971 – La Guerre des calebasses, DAEC Coopération, Paris, 1973 (pièce radiophonique) – Innocente Assimba : comédie en quatre actes, CLE, Yaoundé, 197? – Le Philosophe et le sorcier, Radio-France internationale, Paris, 1979 – Bogam Woup : allégorie de la mutation, CLE, Yaoundé, 1980 – Tel père, quel fils, Nouvelles éditions africaines, Abidjan, Édicef, Paris, 1984 (littérature jeunesse) – La Guerre des calebasses : ou Le dixième fiancé de Miriam, Édition Le Flambeau, Yaoundé, 1982 (pièce en trois actes) – Un totem de plus, Radio-France internationale, Paris, 1985 (pièce radiophonique, 14e concours théâtral interafricain) – Père inconnu, Nouvelles éditions africaines, Paris, 1985 (littérature jeunesse) – L’homme de la rue : roman, Hatier, Paris, 1987 – Le roi des manchots, 1993 (théâtre) – Nos ancêtres les baobabs : roman, L’Harmattan, Paris, 1994 – Le Substitut, Radio-France Internationale, Paris, 1989 – «La disqualification de la nouvelle de l’arsenal littéraire africain pour cause d’inefficacité», Mots pluriels, n° 9, février 1999 – Le livre du monde (voyage en Chine), Édi’-Action, Yaoundé, 2001 – «L’Université des Mutants: une utopie universaliste récupérable ?», Université de Yaoundé 1, Actes du colloque sur Senghor 10 janvier 2002, 2003, PP. 75-82. (ISBN 2-911541-89-8) – La Nolica : La nouvelle littérature camerounaise : Du maquis à la cité : essai, Presses universitaires de Yaoundé, Yaoundé, 2005 – Jojo la star du kwat : La nouvelle œuvre littéraire camerounaise : Du kwat au palace : essai, Presses universitaires de Yaoundé, Yaoundé, 2009
Pabe Mongo est à ce jour le président de l’Association Nationale des Poètes et Ecrivains Camerounais (APEC) ; membre de la Panafrican Writers Association (PAWA), initiatrice de la journée internationale de l’écrivain africain ; coordonnateur national du pôle littéraire du Cameroun ; etc.
Véritable bibliothèque, du 15 au 17 novembre 2022, nous aurons la chance de célébrer l’immensité de son encre… en sa compagnie.
Sur le plan professionnel
Pabé MONGO occupera tour à tour les responsabilités de : – Délégué régional de l’information et la Culture de l’Est, – Directeur Adjoint de la Culture, – Secrétaire Général du Centre Universitaire de Ngaoundéré, – Directeur des Affaires administratives et Financières de l’Université de Ngaoundéré, – Directeur du Centre des Œuvres Universitaires de l’Université de Yaoundé 1, – Directeur du Centre des Œuvres Universitaires de Yaoundé 2, – Secrétaire Général de l’Université Catholique de Bertoua.
Et à chaque poste, il a enseigné la création et la théorie littéraire.
Cette disposition socioculturelle lui a permis des distinctions honoriques : la médaille d’Officier du Mérite Camerounais et la médaille de Chevalier de l’Ordre de la valeur.
Quelques témoignages
«Pabé Mongo est l’un de nos grands écrivains. C’est un géant des belles-lettres à la fois comme acteur majeur et comme théoricien. J’ai par exemple pris un grand plaisir à lire son essai «La Nolica : La Nouvelle Littérature Camerounaise : Du maquis à la cité», et à m’inspirer des conseils et des astuces qu’il donne aux écrivains pour une littérature camerounaise plus percutante et en phase avec son temps», Joseph MBARGA, auteur.«C’est celui qui a révolutionné la littérature camerounaise. Un des pionniers de la nouvelle littérature camerounaise (NOLICA)», Bern’Artdo, étudiant et slameur.«Père inconnu» est l’un des premiers livres camerounais qui aura réussi à captiver la jeune fille essentiellement passionnée de romans à l’eau de rose que j’étais jadis. Pour moi, cette raison valable à plus d’un titre a toujours fait de Pabe Mongo une légende de l’univers du livre en Afrique»,Viviane MOLUH PEYOU, auteure.«Il a influencé beaucoup d’auteurs actuels, notamment Djaïli Amadou Amal dont il a accompagné les premières lignes dans son atelier… Son écriture a permis de préciser un contexte plus direct pour le lecteur qui pouvait aisément s’y retrouver… Il est un élément incontournable de la Littérature camerounaise de par sa production dense et inspirante…»,Ray «The Ghost» Ndébi, co-fondateur de l’association littéraire Ônoan, auteur, traducteur littéraire et coach en creative writing et creative reading.«Auteur prolifique, Pabe Mongo par une verve plutôt singulière a su toucher avec dextérité toutes les couches sociales et particulièrement celles jeunes. En abordant des thèmes comme l’irresponsabilité parentale, les traditions ancestrales ou encore l’égoïsme des riches, l’auteur de Bogam Woup s’est révélé avant-gardiste et a su tenir son lectorat en haleine depuis plus d’une trentaine d’années déjà.», Viviane FEZEU, enseignante de français
N’hésitez pas à laisser vos témoignages dans les commentaires.
L’écrivain Pabe Mongo est un bel exemple de passion. Et les années n’ont pas pu ternir cette passion. Aujourd’hui encore, il se soucie de la littérature en Afrique et au Cameroun en particulier. Ayant traversé des décennies de littérature, il est clairement à même de parler de la littérature en Afrique dans son fond et dans sa forme, et d’apporter ou proposer des solutions adéquates, pour une belle émergence de cette dernière au Cameroun et en Afrique.
Pabé Mongo, écrivain camerounais
Pauline M.N. ONGONO, Promotrice deACOLITT (Association de Consulting Littéraire)
A l’initiative de l’Association Panafricaine des Ecrivains (PAWA – Panafrican Writers Association), la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain (JIEA) est décrétée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) le 07 novembre 1992.
Mise sur pied en 1973, la PAWA contribue à mettre en lumière les difficultés et les perspectives en littérature en Afrique, les écrivain.e.s qui contribuent à l’émergence littéraire de l’Afrique.
Plusieurs écrivain.e.s célèbres comme Birago Diop ou Aminata Sow Fall ont été à la tête de cette association et l’actuel secrétaire général est le docteur Wale OKEDIRAN, auteur de plusieurs livres. L’un des membres, l’illustre auteur camerounais, Pabe Mongo, fêtera d’ailleurs ses cinquante ans d’écriture cette année.
Au cours de cette année, plusieurs écrivaines africaines ont été couronnées dans le monde. De Véronique TADJO en passant par Osvalde LEWAT, Djaïli Amadou Amal, Sara TIMB, ERNIS, Irène EKOUTA, et la liste n’est pas exhaustive, la femme a porté haut l’Afrique.
Un échange initié sur la page Facebook Agence de Consulting Littéraire(ACOLITT) il y a quelque mois posait la question de savoir si la femme était l’avenir de la littérature en Afrique. A cette question, le coach de creative writing et creative reading et directeur de l’académie de littérature ÔNOAN, Ray NDEBI, répondait : « Si l’on se base sur son implication à l’exercice « écriture » et son souci de qualité dans ses textes, on peut aisément dire que la femme est l’avenir de la littérature en Afrique ».
Il suffit d’ailleurs d’écumer les médias pour savoir que la femme africaine en littérature, en 2022, a été innovante sous plusieurs aspects : édition, animation, promotion… Comment ne pas être fier des éditions ADINKRA pour les innovations en édition; les Librairies M’Wina pour les différentes animations autour du livre jeunesse; la bibliothèque 1949 et Femicriture pour les différents échanges autour des écrits de femmes; les éditions Tila Africa pour la plateforme ouverte au polar et au thriller africains; CELI Editions pour ses livres destinés aux enfants vivant avec un handicap ; ASPROBIR pour ses initiatives pour la littérature africaine en France…
Pour porter haut la littérature en Afrique, des hommes et des femmes s’adonnent au quotidien. La réalité est certaine : pour qu’un.e écrivain.e existe vraiment, il faut l’apport de plusieurs maillons, notamment des promoteurs littéraires, peu importe le canal, numérique ou autre.
Le volet « agence littéraire » se fait aussi une place dans la sphère littéraire africaine. Bien que n’étant pas encore vulgarisé, c’est un secteur qui flatte plus d’un… à distance – très peu d’écrivain.e.s s’attèlent à réduire la distance. Sous d’autres cieux, aucun.e auteur.e n’a été élevé.e dans les hautes sphères de la littérature sans accompagnement. Si oui, très peu. L’agent littéraire a ces compétences littéraires, juridiques, psychologiques et sociales pour assumer ce rôle d’ombre qui met en lumière l’écrivain et assure la qualité de ses écrits et de ses compétences. Honneur donc à ce maillon de la chaine du livre de sensibiliser un peu plus sur la chose.
Les tout-petits ne sont pas en reste…
Longtemps oublié ou très peu mis en valeur, le livre pour enfant a désormais le vent en poupe. Des initiatives s’enchainent, pour le plus grand bonheur des tout-petits qui, tout compte fait, sont la graine qui est chargée de porter de bons fruits.
L’année 2022 a vu naître, par exemple, le SALAFEY, Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé, un salon qui vise la valorisation des productions littéraires jeunesse afro centrées, dans l’optique de rallier les enfants avec leurs identités et faire connaitre un peu plus les acteurs de ce contexte en Afrique. Il se déroulera du 16 au 18 décembre 2022 à Yaoundé, sous l’initiative de les Librairies M’WINA et l’association littéraire ÔNOAN.
Quelques mois après l’annonce du SALAFEY, le SALIJEY a vu le jour, sous l’égide des Éditions AKOMA MBA; un évènement qui met au devant le livre et la bande dessinée afro-centrés.
Au-delà de ces prix et initiatives, la filière livre en Afrique n’est pas un long fleuve tranquille.
Comment les écrivain.e.s abordent-ils.elles le volet qualité ? Faut-il toujours jeter la pierre à l’éditeur ? L’éditeur joue-t-il vraiment son rôle ? Les ventes peuvent-elles être quantifiées de nos jours ? L’accompagnement des pouvoirs publics est-il effectif ? Les méritants sont-ils primés ? Quelle place accorde-t-on aux jeunes acteurs du livre en Afrique ? Quelle place souhaite occuper les jeunes acteurs du livre en Afrique ?… Autant de questions qui concernent la littérature en Afrique.
Cette année, le monde littéraire a un œil particulier sur l’Afrique. Une belle occasion pour l’Afrique de se poser les bonnes questions en ce qui concerne sa filière littérature. C’est indéniable, elle a un fort potentiel littéraire, mais comment s’utilise ce potentiel ? Comment nourrit-on ce potentiel ?
Les fautes de grammaire ou d’orthographe, la cohérence dans les textes, la construction erronée des personnages… sont des soucis retrouvés dans plusieurs livres produits et écrits en Afrique. Or, tout comme en médecine ou au cinéma, pour être performant dans le 5e art, il faut apprendre, travailler son potentiel et ses textes avec des personnes qui ont déjà fait leurs preuves; accepter les avis des lecteurs, car une fois le livre publié, il leur appartient – tout compte fait, ce sont eux qui achètent les livres, ils sont donc en droit de donner leurs ressentis, avis.
Le prix Neustadt de Boubacar Boris DIOP, le Los Angeles Times de Véronique TADJO, le Susan Smith Blackburn de Benedict LOMBE, les nombreuses distinctions de Djaili Amadou Amal… ne leur ont pas été attribués sous les bonnes grâces de ce regard du monde. Le travail pour la solidification du potentiel y est pour beaucoup.
L’Afrique a eu l’occasion de montrer, si besoin était encore, ce qu’elle vaut en littérature. Nous souhaitons encore plus de sacres et surtout encore plus de conscience sur le rôle éducatif des livres. En outre, la collaboration doit être regardée avec grand intérêt pour l’évolution de la littérature en Afrique. Quitte à copier les valeurs extérieures, autant copier aussi cet aspect.
Dans le sillage de la littérature et même dans d’autres, la question sur l’afrocentrisme occupe la première place : l’identité culturelle devient une nécessité.
De nombreux acteurs dans le monde militent dans ce sens; THANKS, première maison d’édition au Cameroun à ne produire que du contenu en langues africaines, depuis près de cinq ans, polit sa pierre pour la beauté de l’édifice afrocentrisme en littérature.
Les objectifs deTHANKS
THANKS abat un travail acharné chaque jour en suivant ses objectifs :
– À court terme :
Promouvoir les langues nationales à travers des publications très fréquentes ; promouvoir la culture nationale dans tous ses aspects à travers la publication des différents ouvrages permettant aux uns et aux autres de se connecter à leur culture ; proposer des albums illustrés comme livre d’accompagnement pour les enfants de la maternelle ; proposer des BD sur des thématiques précises.
– À moyen terme :
Donner la possibilité aux jeunes camerounais de se trouver une identité culturelle en parlant et en écrivant leurs langues maternelles et à faire de petits récits sur leur culture ; créer des supports numériques pour les différentes publications ; organiser des cours d’apprentissage de langues durant les vacances et les congés.
– À long terme :
Accompagner nos différentes publications avec des CD audio ; créer des applications en langues nationales ; créer un département de production des programmes spécialisés télévisés ; ouvrir une centrale de lecture dans ses locaux afin de perpétuer l’apprentissage des langues nationales.
Thomas Aurélien NDASSIBOU, promoteur de THANKS
Sa production
Suivant donc ces objectifs, THANKS a fourni son catalogue de plus de cent (100) titres repartis en quatre (04) collections: la Collection Baptême (exemple: Kit d’apprentissage Ɓàsàa), la Collection Didactik ( exemple: Livret d’activités en langue fe’éfe’é, 4e), la Collection Ʉnīk&Specīale (exemple: Ntəshʉn Mə̀kalə. Cɔ̀ tûmlâm nkɔ̀nǐ nǔm ngɔ̌ Kàmə́run Nteushùn Mekad. Une histoire d’amour pour le Cameroun (Témoignage)) et la Collection Təmerity (exemple: Mìlaŋ a ǹjɔwi mengisa – les contes en njowi mengisa)
Des difficultés malgré tout
Malgré ces pépites de la littérature, THANKS connait des soucis sur le plan financier – une situation qui met sur la table la question de l’aide à l’édition au Cameroun. En plus des finances, THANKS lance un appel à tous les promoteurs de la littérature et de la culture afin de lui permettre d’avoir une meilleure visibilité et de la notoriété.
Comment avoir ces livres ?
THANKS, en plus de vendre ses livres dans ses locaux, fonctionne aussi avec des distributeurs:
✓ À Yaoundé Les librairies M’wima (A suivre ici https://www.facebook.com/BooktiquebyMwina ) ; CamerounLivres (A suivre ici https://www.facebook.com/camerounlivres/ ) ✓ À Douala GVG SARL (A suivre ici https://www.facebook.com/legrandvidegrenier.cmr )
Bonjour, Béatrice MENDO. Nous vous laissons vous présenter à nos abonné.e.s.
J’aime souvent à dire que je suis « une fonctionnaire fantasque ». En fait, je suis un un fonctionnaire (de l’administration des finances) à l’imagination débordante, qui écrit beaucoup. Après des études de philologie romane, de sciences politiques, de communication et de sciences sociales, il me semble que l’univers des choses que je peux concevoir et écrire s’est profondément dilaté. La conséquence en est que je suis un auteur aux écrits multiples et variés, qui vont de la nouvelle au roman policier, en passant par le haïku et les contes.
Vous êtes, effectivement, une auteure camerounaise et votre dernier livre, L’argent n’a pas d’oreilles, a paru en 2020. Il s’agit d’un livre destiné aux enfants. Béatrice Mendo, pourquoi les enfants devraient-ils le lire ?
Ce recueil de contes n’est pas seulement destiné aux enfants, mais aussi à tout adulte qui a gardé son âme d’enfant. Il y a des contes accessibles pour les enfants, mais aussi d’autres un peu philosophiques destinés à des entendements plus mâtures. Pourquoi est-ce que les enfants devraient le lire ? Parce qu’ils apprendront beaucoup de choses tout en profitant d’une lecture agréable.
Ces contes donnent des leçons de vie, d’une manière ludique et efficace. Les conséquences de la paresse, de la gourmandise, de la vanité, de la convoitise, de la méchanceté, etc. sont présentées aux enfants dans des récits émaillés d’humour et soutenus par des illustrations belles et évocatrices à souhait.
Lorsque vous écrivez, vous posez les mots comme ils viennent ou alors vous avez un procédé d’écriture particulier ? Surtout qu’on sait qu’écrire pour les enfants n’est pas aussi aisé qu’on le pense.
Je commence par la moralité, la petite sentence finale qui peut être un dicton populaire ou un adage de mon cru, c’est le point central qui doit édifier les enfants. A partir de cet adage, de cette pensée formulée ou reformulée, qu’on retrouve à la fin de chaque conte, par exemple « l’argent n’a pas d’oreilles, il ne répond pas quand on l’appelle », je tisse une histoire que justifie et légitime ma conclusion. Vous comprenez donc qu’une seule moralité peut susciter des histoires différentes, mais qui toutes la mettent en exergue.
Ce n’est pas facile d’écrire pour les enfants, il faut savoir les captiver par des récits faciles à lire et suffisamment imagés pour capter et captiver leurs jeunes imaginations qui peuvent déjà être débordantes, elles aussi.
Parlant de littérature jeunesse, quelle analyse faites-vous de ce secteur au Cameroun ?
On constate des ébullitions naissantes dans le secteur. Les imaginations et initiatives chauffent, bientôt, je l’espère, la marmite va bouillir et le secteur pourra servir des plats appétissants aux lecteurs du Cameroun et du monde entier. Il faut déjà saluer le travail effectué par les Editions Adinkra dont la promotrice est la dynamique Armelle Touko, qui sont en train de se positionner comme un acteur majeur de la littérature pour enfants, et qui proposent des contenus afrocentrés, qui valorisent nos cultures. Dans la collection de contes en ligne que proposent les Editions Adinkra, on peut lire mon conte « La princesse grenouille ». Pour une somme modique, des parents s’inscrivent sur la plateforme élaborée à cet effet et ont accès à une variété de récits qu’ils peuvent offrir, voire les raconter eux-mêmes à leur enfants. C’est pour ça que je pense que si ce secteur est efficacement soutenu, les nombreux lecteurs pourront se régaler de magnifiques récits.
Qui dit mois d’avril dit, entre autres, Journée du livre et du droit d’auteur. Béatrice MENDO, si cette célébration vous est confiée, quel.le.s sont les dix jeunes acteurs (actrices) du livre en Afrique que vous choisirez pour vous accompagner dans cette tâche et pourquoi ?
10, c’est beaucoup, et nous touchons là un aspect qui révèle certaines faiblesses du secteur : la communication. Il y a une multitude d’initiatives, qui évoluent en parallèle alors qu’elles gagneraient beaucoup à se croiser en vue de mutualiser leurs efforts. Les Editions Adinkra avec lesquelles je travaille n’hésitent pas à collaborer avec différents acteurs, ce qui me permet de citer encore des noms, Nadine Mekougoum, promotrice des librairies M’wina spécialisées dans le livre africain pour enfants. Le projet Harambee Africa dont l’objectif entre autres est de promouvoir le livre et la lecture notamment chez les enfants défavorisés. David Wanedam avec « Lire au Sahel » qui a mis sur pied un projet intéressant, le projet Moota Andal avec sa médiathèque mobile. Voilà, pour moi, les initiatives camerounaises dont je peux parler, il y a bien sûr des projets tout aussi intéressants en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon et au Tchad, de même que dans les deux Congo. Pour finir, je trouve des espaces de rencontre comme « Le salon du livre pour enfants » particulièrement prometteurs; ils gagneraient à bénéficier de soutiens substantiels de la part des pouvoirs publics.