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Il a été lu

  • ATELIER : Comment faire connaître son livre à l’international par Khadydja NDOYE

    Khadydja Ndoye est auteure, conférencière et Responsable du développement international chez Mosaïque Interculturelle (Canada), où elle développe des projets culturels, littéraires et interculturels entre le Canada, l’Afrique, l’Amérique latine et d’autres régions du monde.

    Passionnée par la littérature, la transmission culturelle et l’innovation, elle accompagne les auteurs et les organisations culturelles dans le développement de projets permettant de faire circuler les œuvres et de créer de nouvelles rencontres avec les publics.

    Son parcours d’auteure témoigne d’une forte dimension internationale avec un livre vendu à plus de 86.000 exemplaires en Amérique latine. Elle est également l’auteure d’un ouvrage consacré à la neurodiversité, qu’elle a présenté dans le cadre d’une tournée internationale dans quinze (15) pays.


    À travers ses expériences dans différents contextes culturels et littéraires, Khadydja NDOYE s’intéresse particulièrement aux nouvelles façons de faire connaître les auteurs, développer leur visibilité et rejoindre de nouveaux lecteurs. Elle est actuellement en tournée pour son troisième livre : La légende du collier perdu.

    Dans ses ateliers, elle propose une approche pratique et accessible, notamment autour de l’utilisation de l’intelligence artificielle comme outil de visibilité, de communication et de développement pour les auteurs, tout en valorisant leur identité, leur créativité et leur voix.

    SES LIVRES :

    • Le Monde de Sabbih
    • La Belle Malédiction d’être Neurodivergent.e
    • La Légende du collier perdu

    Inscrivez-vous à cet atelier ICI




  • Ecrire pour gagner de l’argent ou pour être lu ?

    La littérature n’a jamais cessé d’interroger sa propre finalité. Hier encore, je suivais un débat autour de cette finalité, sur une plateforme sociale. Entre vocation artistique et nécessité économique, une question demeure au cœur des débats : l’écrivain doit-il écrire pour gagner sa vie ou avant tout pour être lu ? Même si ces deux aspirations sont souvent présentées comme opposées, elles traduisent en réalité les multiples responsabilités de l’auteur, car le livre est à la fois une œuvre de l’esprit et un bien culturel.

    Écrire ne relève pas d’un simple exercice d’inspiration. C’est un travail exigeant qui mobilise des compétences, des recherches, une réflexion constante et un investissement personnel considérable. À ce titre, il est légitime que l’écrivain bénéficie d’une rémunération à la hauteur de son engagement. Les ventes d’ouvrages, les résidences d’écriture, les conférences ou les adaptations audiovisuelles… participent à l’épanouissement dans le métier et permettent aux auteurs de poursuivre leur création dans des conditions plus favorables.

    En mon sens, lorsque la logique commerciale prend le pas sur l’ambition littéraire, le risque est de voir l’écriture se conformer aux attentes du marché. Les tendances éditoriales, les phénomènes de mode ou la recherche du succès immédiat peuvent conduire certains auteurs à privilégier des recettes éprouvées plutôt qu’une véritable recherche esthétique ou intellectuelle.

    À l’inverse, écrire pour être lu signifie rechercher une rencontre durable avec le lecteur. Une œuvre trouve son sens lorsqu’elle suscite l’émotion, nourrit la réflexion, interroge encore et encore. Les écrivains qui marquent l’histoire ne le doivent pas uniquement à leurs performances commerciales, mais à la profondeur de leur regard sur le monde et à la capacité de leurs textes à continuer de dialoguer avec les générations successives. La preuve, aujourd’hui encore, certains noms d’écrivains sont au bout des lèvres des lecteurs.

    L’essor de l’intelligence artificielle vient aujourd’hui renouveler cette réflexion. Les outils d’IA facilitent la documentation, la traduction, la révision ou l’organisation des idées et constituent des assistants précieux pour de nombreux auteurs, c’est un fait qui va en s’améliorant. Toutefois, ils ne remplacent ni l’imaginaire, ni la sensibilité, ni l’expérience humaine qui donnent naissance à une véritable œuvre littéraire. Avec les contenus générés automatiquement qui se multiplient, l’authenticité de la voix de l’écrivain devient plus que jamais un critère essentiel de crédibilité et de valeur.

    Les prix littéraires occupent également une place stratégique dans cet équilibre entre reconnaissance culturelle et réussite économique. Bien au-delà des récompenses financières qu’ils accordent, ils offrent une légitimité critique, renforcent la visibilité des auteurs et favorisent une diffusion plus large des œuvres. Ils influencent les choix des lecteurs, stimulent les ventes et contribuent à inscrire certains ouvrages dans le patrimoine littéraire. Toutefois, ils ne constituent pas une finalité en soi : la véritable consécration demeure la fidélité d’un lectorat capable de faire vivre une œuvre au-delà des distinctions.

    Opposer la rentabilité à la lecture revient sans doute à poser un faux débat, à mon avis. Une littérature vivante est celle qui parvient à concilier exigence esthétique, impact culturel et viabilité économique. L’écrivain ne devrait ni renoncer à ses convictions pour répondre exclusivement aux attentes du marché, ni ignorer les réalités qui conditionnent la diffusion de son travail. Être largement lu tout en vivant dignement de sa plume constitue moins un compromis qu’un idéal vers lequel tend toute création littéraire durable. Car si l’argent récompense le travail de l’auteur, ce sont les lecteurs qui donnent véritablement vie à son œuvre et assurent sa postérité.

    Ec𝗿𝗶𝘃𝗮𝗶𝗻𝘀, 𝗾𝘂’𝗲𝗻 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 ?


    📌 𝐒𝐮𝐢𝐯𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐡𝐚în𝐞  »𝐏𝐚𝐮𝐥𝐢𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 » 𝐬𝐮𝐫 𝐖𝐡𝐚𝐭𝐬𝐀𝐩𝐩 ⤵️
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  • À Bamougoum, « Autour des mots » ouvre le débat sur l’héritage, la famille et la transmission

    Le 13 août 2026 dès 10 heures, à La Route des Chefferies sise à l’entrée de la Chefferie Bamougoum (Ouest Cameroun), s’est tenue une nouvelle rencontre de « Autour des mots », une initiative portée par DG COM. Cette nouvelle édition était consacrée à l’œuvre autobiographique de Jean Grégoire KENGNE TETA, « Le Successeur : Yambong ou Fils sacrifié » qui a paru en mars 2026, aux Éditions KADEÏ.

    Organisée autour de l’écriture, de la lecture, de la transmission et de la mémoire, cette rencontre a offert au public un moment particulièrement dense, où la littérature s’est faite espace de dialogue sur la famille, l’héritage, la tradition et les responsabilités qui traversent les générations.

    La matinée a commencé par un moment aussi simple que profondément symbolique. Après la présentation de l’auteur par Pauline ONGONO, la note de lecture de l’écrivain Mat Issofa, Nadège et Larata, deux jeunes élèves, ont pris la parole. Elles ont émoustillé l’assistance par leurs déclamations poétiques. Parmi les mots qu’elles ont livrés à travers leurs poèmes en anglais et bilingue, une expression a particulièrement retenu l’attention : « tracer sa propre voie ». Cette formule allait devenir le fil conducteur de cette rencontre qui, au-delà du livre présenté, interrogeait précisément la possibilité pour chacun de construire son chemin tout en portant l’héritage de ceux qui l’ont précédé.

    Sous la conduite du modérateur du jour Mat Issofa, les échanges ont progressivement conduit le public au cœur de l’univers de Jean Grégoire KENGNE TETA. Il n’a pas seulement présenté un ouvrage ; il a ouvert les portes de sa mémoire et livré une partie d’un itinéraire profondément marqué par la famille, la tradition, la foi, l’éducation, la vie professionnelle et, surtout, la succession de son père.

    Dans « LE SUCCESSEUR : Yambong ou Fils sacrifié», il explique que l’écriture est née d’une nécessité : comprendre les mécanismes qui conduisent au choix d’un successeur et interroger la manière dont celui-ci peut trouver sa place au sein d’une famille complexe. Il écrit ainsi son histoire pour soumettre son expérience à l’analyse du lecteur et chercher, à travers le regard des autres, des réponses aux questions qui l’accompagnent depuis l’enfance.

    Cette dimension personnelle donne à cette autobiographie une portée qui dépasse largement le récit individuel. Elle met en tension la tradition et la modernité et interroge les transformations de la société face aux héritages familiaux et culturels. Dans sa préface, le professeur ALAKA ALAKA présente d’ailleurs l’ouvrage comme une réflexion sur les épreuves liées à la succession et comme un avertissement face aux dérives qui peuvent fragiliser les familles. Il appelle à une attitude juste, constructive et fondée sur la coexistence pacifique.

    Au cours des échanges, Jean Grégoire KENGNE TETA est revenu sur la figure de son père, TETA Michel, et sur le poids de l’héritage qui a progressivement façonné son propre destin. Dès l’enfance, il avait le sentiment d’être différent, soumis à des attentes particulières et appelé à une responsabilité qu’il ne comprenait pas encore pleinement. Son parcours scolaire et professionnel, son attachement à la terre de Mbouo, son rapport à la foi et aux traditions ainsi que les enseignements reçus de son père constituent autant d’étapes dans la construction de celui qui deviendra plus tard successeur. Le livre montre que la succession ne commence pas nécessairement au moment où un héritier est officiellement désigné : elle peut s’inscrire bien plus tôt dans l’éducation, les valeurs, les silences et les attentes familiales.

    Le moment de la désignation apparaît, dans le récit, comme un véritable basculement. Après la mort de son père, Jean Grégoire KENGNE TETA apprend qu’il a été choisi pour devenir le guide de la grande famille. L’annonce est vécue comme un choc. Lui-même décrit alors, lors de l’échange, le sentiment d’avoir été « sacrifié », tant la responsabilité qui lui est confiée dépasse la simple question de la gestion d’un patrimoine. Être successeur signifie désormais porter une histoire, maintenir des liens, arbitrer des tensions et tenter de préserver une famille composée de personnalités, de sensibilités et d’intérêts différents.

    La rencontre a également permis d’aborder les conséquences parfois dramatiques de cette succession. Jean Grégoire KENGNE TETA évoque les divisions entre héritiers, les contestations du testament, les procédures judiciaires et plusieurs années de conflit. Derrière les actes juridiques et les décisions de justice, c’est une famille qui se retrouve confrontée à ses propres fractures. L’auteur raconte cette période comme un moment douloureux, marqué par l’affrontement entre frères et sœurs, alors même que la volonté du défunt était, selon lui, de préserver l’unité familiale.

    Ces passages ont donné lieu à des échanges particulièrement intenses avec un public attentif et manifestement sensible aux réalités évoquées. Les témoignages et les interventions ont rappelé que les conflits successoraux ne sont jamais uniquement des affaires de biens. Ils touchent à l’honneur, à la mémoire, aux blessures anciennes, aux relations entre frères et sœurs et à la capacité d’une communauté familiale à continuer de vivre ensemble après la disparition de celui qui en constituait le centre.

    La poésie a également occupé une place importante dans cette matinée. Après les prestations des deux jeunes élèves, Dominique GNINTELAP a apporté une autre respiration à la rencontre à travers le slam. Sa prestation a contribué à élargir l’espace de réflexion en donnant aux mots une dimension plus sensible et plus incarnée. En clôture, Hermann NJANYOU « N’Dengass le Slameur Bantou », a livré « Mère et père », un texte qui est venu rappeler avec force que derrière les questions d’héritage, de succession et de patrimoine se trouvent d’abord des femmes et des hommes, des parents, des enfants et des histoires humaines.

    L’absence de l’atelier d’écriture de Ray NDÉBI a été déplorée, mais cela n’a pas empêché à la rencontre de conserver son caractère participatif et sa vocation de dialogue entre écrivains, lecteurs, élèves, poètes et acteurs du monde culturel présent.

    La présence des Éditions KADEÏ et de l’agence ACOLITT a par ailleurs permis de rappeler le rôle essentiel de l’édition dans la circulation des œuvres et dans la construction d’une véritable culture du livre. En accompagnant « Le Successeur : Yambong ou Fils sacrifié », KADEÏ contribue à faire connaître cette œuvre qui, au-delà de son caractère autobiographique, soulève des questions auxquelles de nombreuses familles peuvent se trouver confrontées.

    Au fil des discussions, une interrogation s’est imposée : que devient l’individu lorsqu’il devient le dépositaire d’un héritage qui le dépasse ? Peut-il encore être simplement lui-même lorsqu’il doit désormais porter les responsabilités familiales, sociales, professionnelles et spirituelles attachées à son statut ? Comment préserver l’héritage sans devenir prisonnier du passé ? Comment respecter la mémoire des anciens tout en construisant une voie personnelle ?

    C’est finalement autour de cette tension que la formule prononcée par les deux jeunes élèves a pris toute sa profondeur : « tracer sa propre voie ». Le parcours raconté par Jean Grégoire KENGNE TETA montre que l’héritage ne consiste pas seulement à recevoir. Il impose aussi de comprendre, de choisir, de transformer et de transmettre. L’auteur rappelle d’ailleurs, dès les premières pages de son ouvrage, qu’il est devenu héritier à travers une histoire, un lignage et un prix à payer.

    Après près de deux heures d’échanges, la rencontre s’est achevée par les remerciements, les dédicaces, le verre d’amitié, les photographies et les échanges informels entre l’auteur et le public. Mais la fin de la rencontre n’a pas mis un terme aux questions soulevées. Elle les a plutôt déposées dans les consciences.

    Cette édition de « Autour des mots » aura ainsi montré une nouvelle fois que la littérature peut être bien davantage qu’un espace de présentation d’un livre. Elle peut devenir un lieu de mémoire, de confrontation des expériences, de transmission entre les générations et, surtout, un espace où une société accepte de regarder ses propres blessures.

    Avec « Le Successeur : Yambong ou Fils sacrifié », Jean Grégoire KENGNE TETA ne raconte donc pas uniquement son histoire, il invite chacun à réfléchir à ce que nous recevons de ceux qui nous précèdent, à ce que nous choisissons d’en faire et à ce que nous laisserons, à notre tour, à ceux qui viendront après nous. Le véritable enjeu de la succession apparaît alors moins dans ce que l’on possède que dans ce que l’on parvient à préserver : la dignité, la mémoire, la solidarité et la capacité à rester humain lorsque les intérêts menacent de prendre le dessus sur les liens.

    C’est donc à dessin que « Autour des mots » porte cette vocation : écrire, partager et transmettre.

    Pauline M.N. ONGONO




  • NGUGI WA THIONG’O S’EN EST ALLÉ

    Ngũgĩ Wa Thiong’o, l’homme qui était devenu une source…

    De lui, nous retenons la capacité à rester grand en suivant son propre rêve, un rêve nommé Afrique, qu’il a porté à chacune de ses pages…

    « Belief in yourself is more important than endless worries of what others think of you. Value yourself and others will value you… » Voilà ce qu’il rappelait il y a 15 ans, depuis les profondeurs d’une âme libérée et épanouie.

    Aujourd’hui encore nous nous battons pour qu’au cœur du Livre de Qualité, la Qualité de l’Être (auteur ou personnage) soit la priorité. L’héritage de Ngũgĩ Wa Thiong’o est immense et doit se vivre de l’intérieur, loin de la quête effrénée des distinctions proposées en-dehors de la reconnaissance authentique de la valorisation de soi.

    Nous ne pleurons pas ce monument érigé dans l’esprit de nos plumes, nous célébrons une vie qui se poursuit avec grandeur et fierté.

    Sois en Paix, Génie d’Afrique.

    Ray NDEBI




    Les enregistrements gratuits se poursuivent ici


  • 55e JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE : La place du Livre de Qualité

    EN GÉNÉRAL


    Depuis 55 ans, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est active dans la culture autour de la langue française et ses diversité à travers le monde. Et tout particulièrement dans la promotion et le soutien de la Littérature, à travers diverses initiatives : le Prix des Cinq Continents, la professionnalisation de la filière du livre, l’établissement des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle, l’aide au développement de la chaîne du livre en encourageant la promotion des associations et des évènements littéraires.
    Au fil des années, le soutien aux actions culturelles a pris de l’ampleur et l’implication des jeunes pour l’épanouissement des diversités culturelles et linguistiques rend les démarches encore plus grandes et les solidarités plus fortes.
    Pour cette 55e édition, l’éducation est centre des préoccupations sous le thème JE M’EDUQUE, DONC J’AGIS.

    CONSTRUIRE L’ÉDUCATION ET L’ACTION PAR LE LIVRE


    Si des actions ne portent pas des fruits, c’est le plus souvent par manque d’éducation, de culture, autant concernant les connaissances de base que l’école peut offrir, que celles fournies par le terrain, l’expérience. S’éduquer prend donc plusieurs formes. Et comme le prescrit aussi l’ODD 4, qui indique que l’Education de Qualité, les livres de qualité doivent intégrer les programmes scolaires, les librairies, les bibliothèques.
    Profitons donc de ce thème pour inciter les acteurs de la chaîne du Livre, en commençant par les auteurs, à s’éduquer un peu plus pour agir dans le sens de l’épanouissement de la Littérature ; car un livre bien préparé et écrit avec passion (soin, attention, considération pour le lecteur), permet de mieux éduquer une société et lui ouvrir une voie saine pour l’action.
    En finançant les auteurs francophones, l’objectif est de faciliter les conditions de réalisation du livre, afin que l’écriture bénéficie de toute l’attention de l’auteur. Des textes mal préparés ou écrits sans soins désorientent le sens de la qualité et du bon sens, étant donné que les auteurs sont considérés comme des personnes maîtrisant les règles élémentaires de la langue française, le sujet que porte cette langue, et disposant d’une créativité suffisamment forte pour permettre au livre d’être un outil d’éducation et d’action.

    APPRENDRE POUR MIEUX TRANSMETTRE


    La professionnalisation de la chaîne du livre demande donc que toutes les passions qui naissent, se préparent à l’action. Aucune passion n’est forte si elle ne se forme pas sur son sujet. Comme il est couramment dit : « chacun doit apprendre son métier. »
    Bien que l’écriture soit à la base un élan égoïste, car l’on écrit d’abord pour soi, elle est destinée à la lecture. Mais l’auteur ne pouvant pas tout faire tout seul, la préparation de la chaîne du Livre permet d’encadrer et orienter la plume. La nécessité pour un éditeur, un relecteur, un traducteur, un monteur… de se disposer chacun à son métier, garantit un confort de lecture absolu. On ne peut mieux éduquer qu’en s’éduquant soi-même. On ne peut agir qu’en étant bien préparé à l’action.

    RÉCOMPENSER POUR PÉRENNISER


    Avec le Prix des Cinq Continents, prix littéraire créé en 2001 par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), un roman d’écrivain francophone reflétant la diversité culturelle et éditoriale de la langue française est primé chaque année. Le lauréat reçoit une dotation de 15 000 euros, ainsi qu’un accompagnement pour promouvoir son œuvre sur la scène littéraire internationale.
    Ce prix met en lumière des talents littéraires issus des cinq continents, célébrant ainsi la richesse et la vivacité de la littérature francophone, parmi lesquels :
    2001 : Yasmine Khlat, Le désespoir est un péché, Seuil
    2005 : Alain Mabanckou, Verre Cassé, Seuil
    2006 : Ananda Devi, Ève de ses décombres, Gallimard
    2014 : Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête, Barzakh/Actes Sud
    2022 : Monique Proulx, Enlève la nuit, Boréal
    2023 : Éric Chacour, Ce que je sais de toi, Philippe Rey


    Par un engagement aussi majeur, l’OIF favorise la Lecture de Qualité tout en donnant l’opportunité à l’ensemble de la communauté d’apprendre des meilleurs (désignés selon des critères bien définis), et finalement se disposer à une écriture de qualité qui se poursuivra à travers les générations. Encourager la Littérature en mettant ainsi en lumière des exemples honorables, garantit l’apprentissage permanent, une éducation et une action de qualité.

    QUELQUES PRÉOCCUPATIONS


    Saluer autant de présence auprès de la culture et aussi de la Littérature est aussi naturel que soulever quelques remarques de la communauté littéraire qui ne cesse de grandir et toucher des milieux que les actions de l’OIF semblent ne pas directement atteindre.


    Les questions d’accompagnements et d’aides sont-elles accessibles à cette jeunesse qui constitue la partie la plus dense et la plus active de la Littérature ? L’aide à la créativité semble ne concerner que les auteurs qui n’en ont pas réellement besoin de par leur statut.

    L’accompagnement à l’édition demeure un mythe au sein de la nouvelle scène littéraire, en Afrique notamment, où elle entend plus dire qu’il y a des aides qu’elle ne reçoit. Y aurait-il un système de suivi qui puisse assurer l’équitabilité dans la distribution de ces aides ? Beaucoup de préoccupations de cette nature hantent l’esprit de la jeunesse qui, néanmoins, continue d’entretenir sa passion avec les moyens qu’elle se crée.


    Souhaitons que cette journée soit un élan nouveau pour la Culture et la Littérature, et que plus d’action soit menée dans le sens de l’épanouissement global. Avec l’éducation au cœur de chaque initiative, nul doute que les diversités de la Francophonie seront encore plus fortes et solidaires.

    Ray NDEBI




  • AMICALE DES AUTEURS CAMEROUNAIS DE LA DIASPORA (AMACAD) : Une initiative qui changera la donne

    Vous êtes un.e auteur.e camerounais.e ? Vous vivez hors du Cameroun ? Vous pratiquez un tout autre art ? Voici une belle opportunité pour vous !!!

    « Ensemble, on est plus fort ! » Un secret de polichinelle, n’est-ce pas ? Oui, mais combien s’en rendent compte ?
    L’AMACAD voit le jour pour consolider les liens entre auteurs camerounais hors du pays ; pour permettre les liens et affirmer les réseaux avec d’autres nationalités ; pour permettre des avantages lors des salons et festivals du livre dans le monde ; et la liste n’est pas exhaustive.

    Mise sur pied récemment, elle sera déjà présente au prochain Salon du livre africain de Paris. Vous y serez ? N’hésitez pas, faites un tour dans le stand de l’AMACAD et découvrez les productions littéraires camerounaises et leurs auteur.e.s de la Diaspora.

    Cette initiative vous intéresse ? Peu importe le continent, une fois que vous êtes hors du Cameroun, prenez attache avec l’AMACAD par les contacts disponibles sur les images.

  • BIOLITT : Line Kamite, auteure camerounaise

    Activiste culturelle, militante féministe, chroniqueuse littéraire, enseignante, poète, scénariste et romancière, Lophline Yetgni Yambou – Line Kamite – est née le 03 décembre 1996 à Fotouni, une localité de Bandja dans le département du Haut-Nkam, région de l’ouest Cameroun.

    Après des études secondaires sanctionnées par un baccalauréat scientifique en 2015 au lycée Nylon de Ndogpassi, un quartier populaire de la ville de Douala, elle rejoint la Faculté des Sciences de l’Université de Douala où elle obtient une licence en physique-chimie. Elle est diplômée en chimie des matériaux dans la même Université, depuis 2022. La même année, elle est première lauréate de l’initiative « SLAM SCIENCE » du Goethe-Institut Kamerun.

    Line Kamite découvre – comme beaucoup de jeunes – la littérature à travers les bandes dessinées, les livres jeunesse et les œuvres inscrites au programme scolaire. Et si des dispositions naturelles l’orientent plutôt vers les filières scientifiques dans ses études, elle n’en demeure pas moins passionnée par la poésie en particulier et la littérature en général.
    Cette passion qui la tient dès la tendre enfance se matérialisera à l’adolescence par des bribes posées sur des feuilles volantes, et aboutira en octobre 2021, après quelques textes lâchés çà et là sur la toile, à un roman de 160 pages paru aux Editions Proximité : Ma passion perdue.

    Il s’agit dans ce livre de Binta, une adolescente amoureuse de lettres et de philosophie dont le projet est d’y consacrer ses études, et plus tard, d’en faire son métier. Cependant, ses parents nourrissent d’autres projets pour la jeune fille qui, lasse d’essayer de les convaincre, va céder à leur volonté : l’inscrire en série scientifique pour, plus tard, exercer en médecine.

    Ce texte est le récit d’une traversée de désert psychologique, émotive et même académique de la jeune Binta. En même temps, il est un plaidoyer – même si on ne saurait y voir une autobiographie – en faveur de la prise en compte des rêves d’une jeunesse qui veut s’accomplir par elle-même. Par la même occasion, Ma passion perdue pose le problème de ces parents qui espèrent s’accomplir à travers leurs enfants, et qui ne se rendent pas souvent compte du désespoir dans lequel ils les plongent.

    Line Kamite – dont le mantra est « L’écriture guérit l’âme sans faire de bruit » – est de cette jeunesse déterminée, passionnée et désireuse de s’instruire et d’instruire. Cette jeunesse africaine consciente que les batailles qui l’attendent seront gagnées par les plus aguerris.


    Découvrez son roman Ma passion perdue et ses lieux de vente ici





  • BIOLITT : MFOSSI KAM Abdel, poète camerounais

    Né en 2003 à Mamognam, à l´Ouest du Cameroun, MFOSSI KAM Abdel est un jeune passionné des écrits et étudiant en Langues Étrangères Appliquées.

    Il commence son parcours éducatif à l’école publique de Mambouokou, où il a suivi ses études primaires. Il poursuit ses études secondaires au CES de Mambouokou où il obtient son BEPC en 2017. Et quelques années plus tard, au Collège la Fraternité Adana – Yaoundé, il décroche un baccalauréat A4 option espagol.

    En 2021, il rentre à l’Université de Dschang, où il se consacre à l’étude des Langues Étrangères Appliquées, avec une attention particulière portée à l’anglais, au français et à l’espagnol (Trilingue Espagnol). Sa passion pour les langues et la littérature l’anime chaque jour dans sa quête de maîtrise linguistique et de découverte culturelle.

    En plus de son parcours académique, Abdel Mfossi cultive une profonde passion pour l’écriture et la littérature en général. À travers ses mots, il cherche à capturer les nuances de la vie, à explorer les profondeurs de l’âme humaine et à inspirer ceux qui croisent son chemin. Il a récemment remporté le troisième prix au concours ASSIMBA’A poésie.




  • BIOLITT : Nnane NTUBE, auteure camerounaise

    NNANE NTUBE hails from the south-west region of Cameroon. She is a bilingual teacher (French and English), poet, performer, and literacy advocate. In 2020, she authored her first poetry collection titled Litany of a Foreign Wife, one of the leading books that advocate for social, cultural, and political inclusion in a resilient society. Her poems have been featured in about 13 international anthologies, some of which are Bearing Witness, African Drum: Anthology of Poems from Africa, Medley of Melodies, Ashes and Memories, Best ‘New’ African Poets 2018, Corpses of Unity, Old Love Skin: Voices from Contemporary Africa, etc.
    Nnane believes in the power of poetry to change mindsets and in quality education. Through these mediums, she has proactively led community-based projects to empower young people with technical skills that have enabled them to think critically and be the voice of the voiceless. Her dream is to have parents in her community believe in the creativity of their children and in the power of literature to transform societies.
    She is the former coordinator of CLIJEC (Cercle Littéraire des Jeunes du Cameroun) and Writers Space Africa, Cameroon chapter (WSA Cameroon). She has formerly served as a reviewer for Writers Space Africa monthly magazine and an assistant editor for Poetic Africa Magazine. In 2018 and 2019, Nnane attended the African Writers Conference in Abuja, Nigeria, and Nairobi, Kenya, as a participant and a panelist, respectively. She runs a book club in the school she teaches in Bafia and in the Bafia main prison. 


    Nnane is the curator of the Young English Cameroonian Writers’ Award, one of the leading literary prizes in Cameroon.
    Nnane’s heart and mind are in Bafia, but she lives in Yaounde. She loves traveling and cherishes her time with friends. 




  • L’ECRITURE : UN AMAS DE CODES (?)

    L’entre-deux mondes, le point de rencontre le plus bas entre l’auteur et l’univers ; où les yeux sont aussi inutiles que les mains qui cherchent des formes auxquelles s’accrocher ; où les voix sont tues et seul le langage des souffles est libéré ; où ce sont les ombres qui dessinent la lumière… Ce point est le silence entre l’inspiration et l’expiration, le trou noir entre la pensée et l’action, ce qui vient à l’auteur et ce qu’il écrit…

    Cet univers est le cœur du point zéro entre moins l’infini et plus l’infini ; c’est une porte qui, à la lecture comme à l’écriture, ne s’ouvre qu’un temps encore plus bref que le clin d’œil… De là vient une expression qui donne à la matière une dimension qui fait dire de certains textes qu’ils sont hermétiques, dangereux même ; on en est même venu à craindre certains écrivains pour leur vision des choses. Il est vrai que beaucoup, réunis en cercles particuliers, définissent des moyens de communication propres à leurs perspectives ; ceux-là peuvent se reconnaître à travers le monde à la seule lecture d’un texte, puisqu’ils décryptent aisément le message disposé dans un langage qui échappe au lecteur non-initié (à leur signes et symboles, ou à cette pratique si spéciale).

    Nous ne nous posons aujourd’hui qu’une question : qu’est-ce qui rend des codes crédibles ? Cher auteur, autant être fixé tout de suite : l’écriture avec des codes ne fait pas recruter dans une société secrète. Elle ne rend pas plus fort qu’un auteur qui n’en use pas. Plusieurs plumes sont certaines d’écrire dans un langage incompréhensible, mais peu (de la poésie surtout) réalisent qu’elles n’y sont pas. Alors, essayons de comprendre cette dimension que l’on veut si complexe.
    Commençons par ce que le code n’est pas :

    📍 La complexité de la métaphore : l’auteur doit s’assurer que ce qu’il écrit est déjà compréhensible de lui-même ; il ne faut pas attendre du lecteur qu’il comprenne ce qui dépasse l’auteur… Quand on commence son explication par « j’ai/l’auteur a voulu dire que », on n’y est pas…

    📍 Une image isolée dans un texte : c’est l’ensemble qui donne de la validité à ce que l’on perçoit ; c’est le contexte qui produit ses symboles, pas la préférence de celui qui écrit…

    📍 Un mot : pour réaliser une clé, il faut composer un ensemble ; la formulation (disposition) d’une phrase proportionnellement au contexte et à l’idée générale, fait évoluer la lecture vers d’autres cieux où s’explique aisément ce qui est proposé…

    📍 Une création détachée de l’auteur : comme on lit beaucoup, comme on reproduit aussi, bien malgré soi, parce que cela est déjà inscrit comme acquis ; il devient alors facile de se mesurer à son écrivain préféré en utilisant exactement ses formulations sans son contexte et son âme…

    📍 Une barrière à la compréhension élémentaire d’un texte : si le fil ne peut pas être suivi, le texte est tout simplement à reprendre…

    📍 La prétention de l’avoir écrit : bien trop souvent, on est certain que tout est hermétique, pourtant il n’en est rien…

    Rappelons ensuite que le code est une relation personnelle, très intime entre l’auteur et la nature ; c’est ce qui lui confère la grande simplicité de sa présentation. Les clés sont des objets simples composés avec des particules simples, elles sont faites pour des portes simples derrière lesquelles se trouvent des choses encore plus simples.

    Ceci nous porte enfin vers une question très simple : pourquoi s’encombrer de « codes »… En laissant l’écriture être, non seulement elle n’égare ni le lecteur ni l’auteur lui-même, mais elle se présente naturellement. L’auteur est assis tout seul dans son coin et se bat comme un démon pour rendre son texte incompréhensible, pourtant il n’a rien à masquer ; la seule chose qu’il gagne, c’est de perdre (dans tous les sens du verbe) des lecteurs, et se consoler d’être au-dessus des autres, puisqu’il dit être le seul à se comprendre (s’il y parvient).
    Quant à celui qui veut décrypter un texte, il n’a pas à se torturer cervelle pour essayer de comprendre une pièce du puzzle ; en mettant toutes les pièces sur la table, avec patience et calme, il finit par rejoindre la pensée de l’auteur… Rien n’est à chercher en dehors du contexte…
    Mais avant, il faut vérifier deux choses :

    📍📍 On est bien face à un code ; pas la peine de voir un ciel bleu dans un ciel gris quand il ne demande qu’à rester gris ce pauvre ciel…

    📍📍 On a intérêt à déchiffrer ce code ; la vie est très courte ; pourquoi la ruiner avec les simples caprices d’un auteur sans trésor…

    Les codes les plus grands et les plus vrais sont ouverts… C’est pourquoi on ne les trouve pas… L’idée de leur présence aveugle celui qui entreprend de les chercher. Un petit conseil très utile : lisez et écrivez comme cela se présente… Là est la clé.

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