Je me souviens de ce jour comme une date d’anniversaire !
A ma tendre enfance, tout ce qui m’intéressait étaient les vêtements de Noël et les beignets aux sorties des messes. Je ne portais aucun intérêt pour le livre. Je trouvais le livre parfois trop volumineux et parfois très fatidique. Bien que mon père avait un endroit où il rangeait ses livres, dans une armoire au salon ; mon regard ne se posa jamais à cet endroit.
Mon tout premier contact avec le livre était en classe de 6ème Bilingue, où « literature Awareness » était une matière de base. C’est ainsi que je me suis plongé dans la lecture de The Youngest King of Hunters de Jephtah Sotabinda. La lecture de cette œuvre m’a permis de côtoyer peu à peu le monde littéraire, car je pouvais désormais voyager sans me déplacer. A cette époque, je n’étais pas fan de voyages routiers car je souffrais, selon les médecins, du « mal de la voiture ». C’est alors que je commençai à devenir l’ami des personnages, connaitre leur vie, leur émotion, leur quotidien.
Mon appétit pour le livre commençait déjà à se faire ressentir à l’adolescence. Je me suis lancé dans la lecture des histoires romantiques, comme True love waits de Pochi Tamba, Betrodal without Libation de Bole Butake, La fille d’Ebène d’Emmanuel Afane Ze, qui me mettaient la puce à l’oreille, et d’où je puisais mon inspiration pour parler aux plus belles filles de la classe. Tout à coup, la mini bibliothèque de mon père devint pour moi une île où je côtoyais mes amis les livres.
Le déclic, c’est quand je me suis intéressé aux livres poétiques. Directement je me suis lâché dans les bras de Paroles de Jacques Prévert, et Alcools de Guy de Maupassant, ce qui a réveillé un talent qui sommeillait en moi : celui d’écrire des poèmes. J’ai commencé à écrire des poèmes pour ma muse, ensuite pour les fléaux qui écorchent la société. En lisant des livres, j’ai commencé aussi à écrire. Depuis lors je n’ai pas cessé de lire et écrire. Merci au livre qui m’a permis de me sentir libre.
Je suis Yacinthe Maeva Guedjeu, étudiante en école de Travail Social à l’Université d’Ottawa. J’ai fait des études de littérature à l’Université de Douala. Je suis passionnée de l’art depuis mon plus jeune âge. Tout ce qui émanait de la créativité m’a toujours fascinée : les douces mélodies, les peintures, le dessin, la danse, mais particulièrement la beauté des mots.
J’ai fait la rencontre avec le livre deux fois au cours de ma vie. La première était comme une évidence. Moi, enfant, sautant d’une bande dessinée à l’autre ; je semblais être née pour cela. Jamais personne n’a vraiment questionné ce lien, ni mes parents ni moi.
Adolescente, entre les Harlequins, les collections interminables de Barbara Cartland et mes livres au programme que je grignotais toute la journée, la lecture était devenue banale. Je lisais par habitude. C’était aussi banal que de laver la vaisselle le matin. On ne se pose pas de question. On le fait tout simplement.
À l’Université, j’ai redécouvert les livres. Je réalisais alors qu’au-delà de la beauté des mots, le livre était un engagement envers soi-même, envers les codes du milieu littéraire et envers l’humanité. Je les voyais désormais comme des voix inspirantes et je souhaitais joindre ma voix à cette symphonie. Désormais, je disséquais les livres avec un regard chirurgical. Je souhaitais comprendre quelle formule utilisaient les grands auteurs pour produire des émotions. Plus je découvrais des choses, plus j’apprenais à être moi-même. Plus je lisais, plus je découvrais les livres qui manquaient à mon chevet. Et c’est ceux-là que je devais écrire finalement. Je me suis découverte au travers des milliers de livres. Page après page, après chaque morceau de l’expression humaine que je rencontrais, se formait ma véritable identité. Une fresque. Une immense fresque inachevée.
Le livre a fait de moi un brouillon qui se réinvente tous les jours.
Les livres, je suis né avec. Le paquet minimum apprêté pour ma naissance comportait un livre. je le sais, parce que ma mère lisait, peu importe la situation… J’ai donc rencontré très tôt la Littérature… Ma mère et ses sœurs étaient des lectrices insatiables qui se racontaient leurs pages, et moi j’appréciais la qualité de leur verbe. Je les admirais, espérant dans le plus grand secret que je serais un jour à même de construire un discours aussi riche et raffiné… Notre bibliothèque avait un ordre bien particulier, dont je ne peux que me souvenir pour l’avoir consultée dans un sens puis dans l’autre. A l’entrée, les livres de cuisine de ma mère, puis ceux sur la réussite du mariage près des ouvrages de Jacques Attali et quelques essais sur la politique et l’économie du Cameroun ; plus bas, Mongo Beti et Main basse sur le Cameroun, Dikongué Pipa, Amadou Diallo et son douloureux La mort de Diallo Telli qui m’a filé des cauchemars dans l’adolescence. Il m’a fallu aller à Conakry pour guérir du Camp Boileau. D’autres livres sur Amadou Ahidjo étaient adossés au Libéralisme communautaire de Paul Biya…
Et en face de la porte principale, dans la salle de séjour, d’autres livres, de la Littérature pure… Le coin favori de ma mère pour les romans, et de mon père pour le whisky. Ma grande passion pour les deux vient de là. A chaque fois que je me rapprochais des livres, je me rapprochais du whisky… D’un côté, la poésie classique anglaise avec la traduction de chaque texte (ainsi j’apprendrai la traduction, observant chaque lettre avec soin), et de l’autre côté le premier livre que j’aie jamais lu… Black boy de Richard Wright… revenant vers ma mère avec mes critiques de 10 ans… En comparant le contexte du roman avec Shanghaï, le quartier dans lequel j’ai grandi à Douala, je lui ai dit que même avec son bâton, ce gamin ne s’en serait jamais sorti. Elle en avait ri. Puis, j’ai rencontré Ville Cruelle de Mongo Beti. L’adolescent que j’étais n’avait pas aimé.
Alors j’ai poursuivi vers Hemingway, Verlaine, Ousmane, St-Exupéry, Dumas, Duras, Tutuola, Soyinka, Achebe, Sartre, Kafka que j’ai aussi peu aimé, Bebey, dont ma mère m’avait particulièrement parlé sous un sourire que je ne me décris toujours pas ; et tous mes camarades métis eurent pour mère Agatha Moudio. Plus tard, entre 17 et 21 ans, je revins vers tous ces livres. Je les relus avec le cœur passionné de ma mère et l’âme curieuse de l’enfant que j’étais à mes premières lectures. C’est durant ces quatre années que j’ai compris ce qu’est la Littérature. Les histoires s’étaient évaporées pour laisser place à l’esprit des auteurs. Et j’ai commencé une exploration approfondie des lettres.
Mais il est toujours un livre que je refuse de lire. Le tout dernier que ma mère avait abandonné à son chevet, peu avant sa mort… Voyage au bout de la nuit de Céline. Elle ne l’a pas terminé, alors je ne le commencerai pas.
Avoir été allaité et bercé entre deux pages, c’est ce qu’il pouvait m’arriver de plus magique. J’ai reçu des livres leur plus belle intimité… le secret de l’encre. Aujourd’hui je suis toujours cet enfant qui porte le cœur de sa mère.
« Enfant timide, j’ai appris à sortir les mots des lignes, à les vivre. »
Je suis née avec des troubles Dys. Ce sont des difficultés d’apprentissages pour l’acquisition du langage, de la lecture, de l’écriture, du calcul, de la planification… Je les cumule tous avec d’autres neuroatypies. J’ai dû apprendre à être persévérante en oubliant que cela générerait plus de fatigue.
J’ai adoré lire les livres de Babar. Les mots étaient liés à des images. C’est un jeu qui consiste à deviner le mot mais aussi à décrire l’image entière en face qui reprend cette banque d’images. Babar était installé sur le canapé à raconter des histoires. Ce qui exprime l’envie de se poser et de découvrir. Qui n’a pas rêvé d’entrer dans le livre comme dans le film d’une histoire sans fin ?
J’ai adoré aller à la bibliothèque. Sentir cette odeur particulière, découvrir les nouveautés, écouter les contes. D’ailleurs, je rêve d’en avoir une gigantesque.
Puis, j’ai été sélectionnée à l’école pour faire du théâtre. Enfant timide, j’ai appris à sortir les mots des lignes, à les vivre. Je me souviens de mon rôle de « Mère louve » dans la comédie musicale « Le livre de la jungle » joué en CM2. Et puis on chantait aussi, comme « Kumbaya my love ». Oui le Gospel, le chant poétique qui vous prend par les tripes.
J’ai adoré les livres de la collection « Bibliothèque rose » et « verte ». Je les regrette d’ailleurs, car il y avait des illustrations et j’aimais la texture vieillit du papier.
Au collège, j’ai participé à un concours de poésie où j’ai déclamé « la Cigale et la Fourmi » de Jean de la Fontaine. Cela m’a plongé davantage à poursuivre le théâtre.
J’ai adoré lire des livres à l’eau de rose comme ceux de science-fiction. C’était aussi la mode des chairs de poule.
Et puis en 2020, je me suis mise à écrire sur mes plaies listes de musique. Play : jouer, plaisir, et blessures. Le langage des oiseaux a sifflé mon inspiration pour devenir du slam, rap, théâtre, poétique art thérapeutique. Tout ce que j’ai appris en mix média, même dans l’imagerie des mots, est devenue mon abécédaire.
Je suis devenue la Marianne Joconde, dramaturge de ma vie. Je compose, je mixe. Je m’inspire de références et je vais plus loin.
Il y a le passé, le présent, et le futur. Je navigue entre nostalgies et ma vision du monde. Je défends la culture pour tous avec un aspect art thérapeutique. Quand je lis, je dois vivre l’histoire visuellement, auditivement et de façon kinesthésique. Tout passe en sl’âme. Je me nourris chaque jour de l’intelligence collective.
Je tiens à l’édition du livre en papier, avec des illustrations, des couleurs, des textures, tout ce qui donne envie de lire et de vibrer. Je vais reprendre mes études en licence Art et Spectacles pour nourrir davantage mon expérience de vie avec les livres. Ainsi je deviendrai une artiste et art thérapeute accomplie, car je rêve de monter mes spectacles de type « Muppets Show ». D’ailleurs, les personnages de la rue sésame (Sesame Street) avec Bart et Ernest sont d’excellent vecteur d’apprentissage qui donne le goût d’apprendre et de s’en souvenir. Car aujourd’hui, avec persévérance, j’ai pu débloquer de nombreux freins d’apprentissage. Je suis née dys, je mourrai dys, mais j’ai su comment m’en servir et en faire une force.
J’ai écris mes recueils sans tricher sur ma personnalité ni mon schéma de pensée neuroatypique. Je suis authentique et livresque.
« Je franchissais le mur de la paroisse catholique pour lire… »
Ma mère et moi étions allées en visite chez l’une de ses amies. J’avais huit ans. Cette tantine avait une fille avec laquelle j’aimais jouer. Ce jour-là, à peine arrivée, j’ai vu un livre qui traînait dans un coin. Au lieu de jouer avec mon amie, je me suis jetée sur le livre. Moi qui n’étais habituée qu’à mes livres de classe, ma joie était débordante.
De retour à la maison, je ne redescendais pas de mon nuage. Je cherchais à savoir où je pouvais trouver des livres dans une ville qui n’avait pas de bibliothèque. Une camarade de classe m’informa que la paroisse catholique en avait une. Je voulais y aller pour lire. Mais je suis musulmane. Mon père est Imam. Comment aurais-je pu justifier mon entrée dans cette paroisse, si mes oncles assis en face de la paroisse venaient à m’apercevoir ? Voilà une équation à plusieurs inconnues qu’il fallait résoudre.
Je me rendis vite compte que le mur arrière de la paroisse était ma seule solution pour atteindre mon trésor. Près du mur, un arbre dépassait. J’étais frêle, mais me sous-estimer était une mauvaise idée. Je grimpai sur l’arbre, atteignis le haut du mur et me voilà dans la cour arrière de la paroisse. J’entrai dans la paroisse, puis dans la bibliothèque, après avoir répondu aux questions du prêtre visiblement étonné de me voir là. Je sentais bien les regards curieux sur moi, qu’importe, mon trésor m’appelait. Je franchissais ainsi ce mur chaque fois que j’avais l’occasion de m’échapper de la maison.
Un soir, de retour à la maison, mon père m’attendait avec les branches du Nimier, signe que j’avais commis une faute et qu’il entendait me corriger pour cela. Il me demanda d’un ton très calme :
– Amal, qu’est-ce que tu vas chercher à la paroisse catholique ?
La tête baissée et prête pour l’orage, je répondis :
– Papa, je pars à la paroisse pour lire les livres à la bibliothèque.
Je levai légèrement la tête, pour voir venir la tempête. Il me demanda toujours aussi calme :
– Quels types de livres ?
Je commençai à lui réciter les titres de tous les livres que j’avais déjà lus. Mon père parut impressionné, bluffé.
– Et pourquoi tu escalades le mur ? me coupa-t-il.
– Parce que je suis musulmane. Je ne voulais pas qu’on me voie entrer dans la paroisse.
Mon père soupira et secoua la tête. Il se leva lourdement et me lança :
– Tu es trop bête ! La prochaine fois, entre par le portail.
L’entre-deux mondes, le point de rencontre le plus bas entre l’auteur et l’univers ; où les yeux sont aussi inutiles que les mains qui cherchent des formes auxquelles s’accrocher ; où les voix sont tues et seul le langage des souffles est libéré ; où ce sont les ombres qui dessinent la lumière… Ce point est le silence entre l’inspiration et l’expiration, le trou noir entre la pensée et l’action, ce qui vient à l’auteur et ce qu’il écrit…
Cet univers est le cœur du point zéro entre moins l’infini et plus l’infini ; c’est une porte qui, à la lecture comme à l’écriture, ne s’ouvre qu’un temps encore plus bref que le clin d’œil… De là vient une expression qui donne à la matière une dimension qui fait dire de certains textes qu’ils sont hermétiques, dangereux même ; on en est même venu à craindre certains écrivains pour leur vision des choses. Il est vrai que beaucoup, réunis en cercles particuliers, définissent des moyens de communication propres à leurs perspectives ; ceux-là peuvent se reconnaître à travers le monde à la seule lecture d’un texte, puisqu’ils décryptent aisément le message disposé dans un langage qui échappe au lecteur non-initié (à leur signes et symboles, ou à cette pratique si spéciale).
Nous ne nous posons aujourd’hui qu’une question : qu’est-ce qui rend des codes crédibles ? Cher auteur, autant être fixé tout de suite : l’écriture avec des codes ne fait pas recruter dans une société secrète. Elle ne rend pas plus fort qu’un auteur qui n’en use pas. Plusieurs plumes sont certaines d’écrire dans un langage incompréhensible, mais peu (de la poésie surtout) réalisent qu’elles n’y sont pas. Alors, essayons de comprendre cette dimension que l’on veut si complexe. Commençons par ce que le code n’est pas :
📍 La complexité de la métaphore : l’auteur doit s’assurer que ce qu’il écrit est déjà compréhensible de lui-même ; il ne faut pas attendre du lecteur qu’il comprenne ce qui dépasse l’auteur… Quand on commence son explication par « j’ai/l’auteur a voulu dire que », on n’y est pas…
📍 Une image isolée dans un texte : c’est l’ensemble qui donne de la validité à ce que l’on perçoit ; c’est le contexte qui produit ses symboles, pas la préférence de celui qui écrit…
📍 Un mot : pour réaliser une clé, il faut composer un ensemble ; la formulation (disposition) d’une phrase proportionnellement au contexte et à l’idée générale, fait évoluer la lecture vers d’autres cieux où s’explique aisément ce qui est proposé…
📍 Une création détachée de l’auteur : comme on lit beaucoup, comme on reproduit aussi, bien malgré soi, parce que cela est déjà inscrit comme acquis ; il devient alors facile de se mesurer à son écrivain préféré en utilisant exactement ses formulations sans son contexte et son âme…
📍 Une barrière à la compréhension élémentaire d’un texte : si le fil ne peut pas être suivi, le texte est tout simplement à reprendre…
📍 La prétention de l’avoir écrit : bien trop souvent, on est certain que tout est hermétique, pourtant il n’en est rien…
Rappelons ensuite que le code est une relation personnelle, très intime entre l’auteur et la nature ; c’est ce qui lui confère la grande simplicité de sa présentation. Les clés sont des objets simples composés avec des particules simples, elles sont faites pour des portes simples derrière lesquelles se trouvent des choses encore plus simples.
Ceci nous porte enfin vers une question très simple : pourquoi s’encombrer de « codes »… En laissant l’écriture être, non seulement elle n’égare ni le lecteur ni l’auteur lui-même, mais elle se présente naturellement. L’auteur est assis tout seul dans son coin et se bat comme un démon pour rendre son texte incompréhensible, pourtant il n’a rien à masquer ; la seule chose qu’il gagne, c’est de perdre (dans tous les sens du verbe) des lecteurs, et se consoler d’être au-dessus des autres, puisqu’il dit être le seul à se comprendre (s’il y parvient). Quant à celui qui veut décrypter un texte, il n’a pas à se torturer cervelle pour essayer de comprendre une pièce du puzzle ; en mettant toutes les pièces sur la table, avec patience et calme, il finit par rejoindre la pensée de l’auteur… Rien n’est à chercher en dehors du contexte… Mais avant, il faut vérifier deux choses :
📍📍 On est bien face à un code ; pas la peine de voir un ciel bleu dans un ciel gris quand il ne demande qu’à rester gris ce pauvre ciel…
📍📍 On a intérêt à déchiffrer ce code ; la vie est très courte ; pourquoi la ruiner avec les simples caprices d’un auteur sans trésor…
Les codes les plus grands et les plus vrais sont ouverts… C’est pourquoi on ne les trouve pas… L’idée de leur présence aveugle celui qui entreprend de les chercher. Un petit conseil très utile : lisez et écrivez comme cela se présente… Là est la clé.
——————
Suivez nos ateliers d’écriture, de lecture, de relecture, de traduction et de communication littéraire en ligne et en présentiel.
Journaliste-présentatrice du groupe Gabon télévision, la chaîne nationale du Gabon, Marina BOUASSA s’investit dans la promotion du livre depuis plusieurs années à travers la diffusion des émissions littéraires telles que « Autour du livre » proposée sur la chaîne d’information Gabon 24 en 2017, et depuis près 4 ans, sur Gabon culture, elle présente l’émission « Le livre de l’auteur », une émission récupérée par la chaîne nationale Gabon 1ère.
Depuis février 2024, elle est en détachement au cabinet du Ministre du Commerce des PME-PMI chargé des activités génératrices de revenus en qualité de Conseiller en communication.
Marina BOUASSA est une amoureuse des lettres depuis le banc de l’école, elle a suivi un parcours scolaire et universitaire littéraire. Elle est détentrice d’un bac A1, d’une licence ES lettre et d’un niveau Master 2 en littératures africaines.
Chédrack DEGBE est Béninois. Il est le président de l’ONG Tous Pour le Livre (TPL) créée en 2021. C’est une association culturelle certifiée Club UNESCO depuis 2022.
À travers l’ONG TPL, Chédrack DEGBE fait la promotion du livre et de la lecture en milieu scolaire. A propos, il a assisté les municipalités du département du Zou au Bénin dans la relance des bibliothèques communales du Zou et collecte chaque année des milliers de livres pour le renforcement du fonds documentaire de ces bibliothèques. Quant à l’animation de ces bibliothèques, Chédrack et son équipe de vingt volontaires dévoués à la tâche exécutent trois projets par rentrée scolaire – soit un projet par trimestre :
1-Campagne Jeunesse en Lecture (CAJEL) : elle se déroule chaque premier trimestre de rentrée. C’est une série de cafés littéraires avec des auteurs invités dans les sept bibliothèques communales du Zou pendant sept semaines.
2-Programme Samedi des Livres (PROSAL) : il se déroule chaque deuxième trimestre de rentrée. C’est également une série de cafés littéraires avec des auteurs invités dans les sept bibliothèques communales du Zou pendant sept semaines.
3- Festival Zou Livres : il se déroule chaque troisième trimestre de rentrée. C’est une série de causeries littéraires avec des auteurs invités dans une bibliothèque communale du Zou pendant trois jours.
Chédrack et sa team projettent la création d’une chaîne de bibliothèques communautaires et de librairies solidaires dans le département du Zou, pour un accès suffisamment facile des livres à leur communauté.
Nadine Mekougoum découvre le pouvoir de la lecture dès ses premiers pas à l’université lorsqu’elle décide de rejoindre une bibliothèque gérée par les étudiants ; elle se distinguera par son dynamisme et la volonté de booster l’émulation intellectuelle de ces derniers. Après son expérience en tant que première femme présidente de cette bibliothèque depuis 35 ans d’existence, son plus grand rêve devient de participer à donner cette chance aux enfants avant l’âge de 12 ans.
En 2018, Nadine met sur pied M’wina Initiatives, un organisme jeunesse qui promeut la lecture-plaisir et les livres africains pour enfants afin de participer à bâtir une génération d’enfants africains avec une identité culturelle positive. Depuis lors, elle a développé plusieurs programmes tels que les Ateliers Read ‘arts qui deviendront un festival de lecture en 2025 (The Read’arts Children’s Reading Festival),
les lectures à domicile et clubs de lecture qui ont permis d’initier près de 1000 enfants et jeunes à la lecture-plaisir, la connaissance et la confiance en soi. Bien plus, à travers les projets de boîtes à livres pour les camps de réfugiés et le Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé (SALAFEY) lancés respectivement en 2021 et 2022, son travail a touché près de 15 000 personnes, enfants et jeunes. L’association a également une web librairie jeunesse (M’wina Kids Bookshop), spécialisée dans les livres afrodescendants et afrobilingues.
Nadine est diplomée de sociologie, boursière du programme Techwomen Factory by CAYSTI et passionnée d’éducation. Ses initiatives et son engagement lui ont permis, en 2023, d’être reconnue Dignitaire honoris causa lors de la première édition du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun pour sa contribution déterminante à la promotion de la littérature camerounaise ; et d’être sélectionnée pour le prestigieux programme du département d’Etat américain pour les jeunes leaders africains, le Mandela Washington Fellowship.