Lorsqu’on se lance dans l’écriture, il ne faut pas douter de son inspiration.
Yvette NOUGA, bonjour et merci de vous prêtez à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.
De mon nom intégrale NGO NOUGA Yvette Madeleine, originaire du Centre, fille d’enseignants et deuxième d’une fratrie de cinq, je suis née un 4 février à l’Est du Cameroun. Je débute ma scolarité à Bertoua, puis mon primaire et secondaire à Douala. Après un cursus en Sciences de la Terre à l’université de Yaoundé 1 jusqu’en année Licence, je vais entamer ma formation de médecin. Après l’obtention de mon diplôme, je vais travailler à Edéa. Puis, dans le souci d’étoffer mon Curriculum Vitae, je vais obtenir un Diplôme Interuniversitaire en VIH/SIDA, un Master en épidémiologie, et un diplôme universitaire en psychologie médicale et santé mentale. Je suis actuellement en poste dans une structure publique du Ministère de la Santé Publique à Yaoundé.
Vous êtes auteure de livre, avez-vous un procédé d’écriture particulier (des petits rituels, techniques, etc.) quand vous écrivez ?
Pas de rituel spécifique, mais j’ai toujours pris l’habitude de faire d’abord le résumé de mon ouvrage, et ensuite définir clairement les chapitres et ce qui va être détaillé dans chacun. Ce n’est qu’à la suite de celà que je redige la trame de fond.
Parlant de livre, vous êtes, avec le roman « Amnésique », deuxième prix de la deuxième édition du prix de création littéraire OSÚ, catégorie roman. « Amnésiques », de quoi s’agit-il ?
C’est une ode à l’amour comme on ne l’imagine pas chez les bantous, mais qui est pourtant une qualité incontournable chez nos mâles dominants. La tradition, la culture et les croyances sont des éléments abordés sans fioriture, tout cela dans le contexte épidémique de 2020. Le roman aborde aussi quelques problèmes de notre société actuelle, tant dans le domaine médicale que dans les situations sociales courantes. J’ai essayé de le faire avec un brin d’humour qui, je l’espère, pourra rendre le livre facile et agréable à lire.
Racontez-nous votre aventure avec OSÚ, ce prix littéraire promu par les Editions Eclosion
Mon aventure avec OSÚ a débuté en 2022, lorsque j’ai déposé mon manuscrit pour la deuxième édition du concours littéraire éponyme. Depuis lors, j’en apprécie les implications et les actions pour parfaire la vision de la maison d’édition Eclosion, afin de valoriser la littérature camerounaise et de motiver les nouveaux auteurs.
En tant qu’auteure, quels conseils donnez-vous aux auteurs en herbe ?
Mon seul conseil est celui de croire en soi. Lorsqu’on se lance dans l’écriture, il ne faut pas douter de son inspiration.
Quel est votre regard de la scène littéraire camerounaise actuelle ?
Avec la grande diversification des maisons d’édition, le paysage litteraire camerounais est de plus en plus ouvert à tous et axé sur nos réalités à nous. Les œuvres sont diverses et, pour peu que l’on aime la lecture, tout le monde peut y trouver son compte.
(…) ma relation avec OSÚ m’est constructive. Je ne peux que souhaiter le meilleur pour la suite.
Jordan TEGOUDJON, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.
Bonjour et merci pour l’occasion offerte. Avant toute chose, je suis un étudiant camerounais de 24 ans. Je suis inscrit en lettres modernes françaises à l’Université de Yaoundé I, en cycle de doctorat. En ce moment, je prépare une thèse qui porte sur la poétique romanesque de Léonora Miano.
En licence 3, j’ai commencé à mettre en pratique le cours sur L’esthétique du théâtre ; cours dispensé depuis le niveau licence 2. Je me suis mis à l’écriture des pièces de théâtre. J’en compte à ce jour plus de six, dont trois éditées suite à des concours.
Dans cette continuité, je m’exerce dans l’enseignement en tant que vacataire. Donc, à l’heure actuelle, je me définis comme un doctorant qui fait des vacations et suis écrit des pièces de théâtre et des scénario.
Vous êtes auteur de livres et scénariste. Avez-vous un procédé d’écriture particulier quand vous écrivez ? (Des petits rituels, techniques, etc.)
Je répondrai en deux volets. Le premier est du ressort du théâtre. Au départ, l’acte d’écriture n’était pour moi qu’un moyen de savoir si je suis capable de rendre compte des enseignements reçus à l’université. À cette époque, mon écriture était quasiment prescriptive. Autrement dit, ma technique d’écriture résidait dans les règles d’écriture du classicisme. À ce jour, je n’ai plus la même méthode d’écriture.
Un : je m’inspire plus et davantage des œuvres camerounaises pour écrire les miennes. Deux : je conçois mes livres comme mon mémoire ou ma thèse, c’est-à-dire que j’ai tout un schéma scripturaire que j’élabore. Trois : je ne me mets point à écrire si je ne connais pas déjà la fin de l’histoire.
Le second volet. Moi, j’ai trouvé qu’il n’existe qu’un pas entre le théâtre et le scénario. C’est la raison pour laquelle j’ai su (je dirais) mieux glisser de ce texte à un autre. La méthode d’écriture demeure la même. Toutefois, ici, je suis plus libre. Il n’y a aucune contrainte (vraisemblance, bienséance) et j’expose librement mon imagination.
Parlant de livre, vous êtes, avec la pièce de théâtre « Nuit noire : vérité mensongère » qui paraitra bientôt, le lauréat de la deuxième édition du prix de création littéraire OSÚ. « Nuit noire : vérité mensongère » : de quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’une affaire de tradition qui a viré au cauchemar. Sous-estimant ici l’importance de la tradition, Démanou refuse de faire un rite en l’honneur de son arrière-grand-mère. Plusieurs années après, sa fille Nongni voit son ventre prendre du volume. Contrairement à ce que tout le monde pense, elle n’est pas enceinte. Elle est vierge. Toutefois, il apparait que le responsable de son état est une personne proche d’elle.
Racontez-nous votre aventure OSÚ, ce prix littéraire que promeut les Éditions ECLOSION…
Le Prix Littéraire OSÚ est très jeune. Pour le moment, il est encore à sa troisième édition. J’en entends parler lors de sa première édition. L’envie de postuler avec ma pièce « Ose, si tu oses… » était grande, mais je ne l’ai pas fait. Toutefois, je suivais l’actualité de ce concours. L’année qui suivait, j’ai complètement décidé de me lancer. Je l’ai fait avec ma plus récente pièce de théâtre « Nuit noire : vérité mensongère ». Et j’ai été lauréat dans la catégorie Théâtre. C’est un prix que je respecte énormément. Il m’a permis d’être en contact avec Éclosion, avec Madame Christelle NOAH. J’ai vécu des choses inédites dans ma vie, grâce à ce prix. Il faut le préciser, ma relation avec OSÚ m’est constructive. Je ne peux que souhaiter le meilleur pour la suite.
En tant qu’auteur et scénariste, quels conseils donnez-vous aux auteurs en herbe ?
Tout d’abord, le talent se travaille. Un talent qui n’est pas forgé demeure un don qui meurt lentement. Ensuite, après l’avoir forgé, il faut le manipuler tout en faisant ressortir une originalité. Une fois cela fait, ce talent doit être confronté à d’autres domaines équivalents. L’optique étant d’être toujours maintenu au même niveau (minimum) que les autres.
Quel est votre regard de la scène littéraire camerounaise actuelle ?
Lorsque je regarde les écrivains comme Léonora Miano, Calixthe Beyala, Djaïli Amadou Amal, Patrice Nganang, etc. qui se sont démarqués (parlant des prix reçus) par leurs productions littéraires, lorsque je vois le nombre de dramaturges camerounais présélectionnés à quelques éditions du Prix Rfi Théâtre, je suis animée par deux réflexions : la fierté, mais surtout, le travail acharné. On n’est pas gagnant du Prix RFI Théâtre par hasard. On n’a pas de hautes distinctions littéraires par chance. On les a par le travail. Et moi, tout jeune en écriture, je comprends que je n’ai encore rien fait. La scène littéraire camerounaise actuelle me dit que je devrais également travailler pour rendre fière la littérature camerounaise. Contribuer aussi à son émergence. Je vous remercie.
OSÚ m’a donné l’opportunité de partager ma plume, chose qui a toujours été très compliquée pour moi.
Aminatou NDAM BENDIA, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.
Je suis Aminatou NDAM BENDIA ou encore Amina NDAM. Je suis une jeune auteure camerounaise originaire de l’ouest, dans le département du Noun ; je suis née dans cette localité et j’y ai eu un début d’enfance. J’ai toujours été une personne très réservée, alors je parle très peu avec la langue. Les lettres ont été mes meilleurs moyens d’expression. Autant passionnée de lecture que d’écriture, je suis l’auteure du roman » Réalités Épineuses ».
Avez-vous un procédé d’écriture particulier (des petits rituels, techniques, etc.) quand vous écrivez ?
Il n’y a pas de procédé fixe, je dois dire. Quand je ressens le besoin d’écrire, je me lance directement. Si je suis dans un environnement non favorable, je note mon idée dans mon carnet de notes électronique. Ce mot sera mon déclic pour une belle inspiration quand j’écrirai. J’ai juste besoin de calme et de concentration, pour que ma plume se libère. instantanément.
Parlant de livre, vous êtes, avec le roman « Réalités épineuses » qui paraîtra bientôt, troisième prix spécial de la deuxième édition du prix de création littéraire OSÚ. « Réalités épineuses », dequoi s’agit-il ?
« Réalités Épineuses », c’est une toute une histoire culturelle qui se mêle à l’amour. Ce roman nous présente les rouages de la société africaine en général, celle du Cameroun en particulier ; cette société où le mariage exogamique peine encore à immerger.
L’intrigue tourne autour de Dassihara Pekassa, une jeune femme Bamoun, musulmane et cultivée qui peine à trouver un époux à cause de son « long crayon » et de ses sentiments vis-à-vis d’un homme qui n’est pas de sa tribu. Elle fera l’erreur de croire que l’amour suffit ; pourtant les difficultés seront nombreuses sur son chemin : la plus grande de toute venant de l’être le plus important du peuple.
« Réalité Épineuses » est un métissage culturel qui est pour les unions intertribales, mais qui prône la connaissance et la maîtrise de la situation avant de s’y engager.
Racontez-nous votre aventure avec OSÚ, le prix littéraire promu par les Éditions ECLOSION
Mon aventure avec OSÚ est tout simplement SURPRENANTE. Je ne m’attendais pas à aller si loin avec ce concours, car j’étais sceptique. OSÚ m’a apporté la motivation qui me manquait pour ce premier roman. Ayant découvert le prix littéraire OSÚ sur Facebook, j’ai voulu tout de suite participer, mais il se faisait déjà tard pour moi. Alors, j’ai patienté pour la deuxième édition. Ma joie fut grande d’apprendre que j’étais nommée dans ma catégorie et heureusement pour moi, je suis sortie de là avec le « troisième prix spécial ».
OSÚ m’a donné l’opportunité de partager ma plume, chose qui a toujours été très compliquée pour moi. Ce qui m’a le plus captivée avec OSÚ, c’est le point essentiel qu’ils mettent sur la valorisation de la culture africaine en général, et camerounaise en particulier. C’est ce dont nous avons vraiment besoin. Alors je ne peux qu’encourager cette belle initiative d’OSÚ, tout en les remerciant pour cette opportunité qui marquera à jamais ma vie.
En tant qu’auteure, quels conseils donnez-vous aux auteurs en herbe ?
Ici, il y a tellement de conseils qui semblent clichés, mais c’est ce qui est réel et nécessaire. Je leur donnerai comme premier conseil d’écrire sans se demander s’ils seront lus ou publiés un jour ; l’opportunité est imprévisible et il faut être prêt à tout moment. Comme deuxième conseil, je leur dirai d’avoir des convictions. Dans ce choix de passion, nous faisons face à un entourage austère et hostile, alors il faut être convaincu de ce qu’on veut pour continuer dans cette lancée. Et pour finir, il faut lire, lire et lire. La lecture est le moyen par excellence d’évolution pour un auteur en herbe.
Quel est votre regard de la scène littéraire camerounaise actuelle ?
Le regard que j’ai de la scène littéraire camerounais actuellement est grandiose. Je découvre de plus en plus de jeunes auteurs qui ont tous quelque chose à dire et à partager. Aussi nombreux qu’ils soient, c’est un avantage pour notre scène littéraire, car toute les connaissances se trouvent dans des livres et même après eux, ces connaissances seront utiles.
Paru le 28 juin 2023 aux Editions Les Lettres Mouchetées, une maison d’édition indépendante fondée en 2015 à Pointe noire en République du Congo par Muriel Traodec, « Le cadavre du fleuve » est un roman policier de Marie-Françoise IBOVI. Originaire du Congo-Brazzaville, Marie-Françoise IBOVI est née le 08 Juin 1979 en ex URSS de parents encore étudiants. Désormais installée à Poitier en France, cette lauréate de l’année 2012 du Grand Prix des Arts et des Lettres de la République du Congo avec « Rue des histoires », son premier recueil de nouvelles, est l’auteure d’une conséquente bibliographie composée autant de recueils de nouvelles, de pièces de théâtre que de romans.
Voir sa bibliographie ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=668760768708426&id=100067235262143&mibextid=Nif5oz
Marie-Françoise IBOVI
« Le cadavre du fleuve », son deuxième roman policier, s’étale sur 170 pages repartis en 38 chapitres. Il y est question d’une intrigue policière dont le fond de toile est Brazzaville, ses quartiers et ses rues mouvementées et bariolées. Le corps sans vie d’un gangster local, qui essaye de se donner une image d’homme d’affaires respectable en investissant dans l’immobilier et l’industrie du jeu, est découvert au bord du fleuve Congo et l’enquête est confiée au commandant Magali Foundou, un officier de police judiciaire qui malgré les démons qui hantent ses nuits devra, avec l’aide d’une équipe de fidèles, résoudre le meurtre de ce personnage rustre et controversé.
Marie-Françoise Ibovi, dans un style parfois familier, presque vulgaire – qui rappelle à certains moments celui de San Antonio, nous balade dans le Brazzaville des quartiers populaires où les histoires et les vies s’emmêlent plus que ne se côtoient. Construite comme une série policière américaine dans laquelle les épisodes sont des chapitres, l’auteure entretient un suspense permanent, distillant les indices comme le petit poucet qui laisserait les petits cailloux blanc sur le chemin, donnant ainsi au lecteur la sensation de participer à l’enquête. Le style entrainant simple et épuré de Marie-Françoise IBOVI ainsi que sa parfaite maitrise des procédures judiciaires rend la lecture de cette œuvre plaisante et fluide.
Acheter « Le cadavre du fleuve » ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=667624255488744&id=100067235262143&mibextid=Nif5oz
Même si nous pouvons à certains moments regretter un manque de repères spatio-temporels dans le texte ainsi qu’une trop grande proximité de certaines scènes avec des séries americaines comme « Les experts Miami » ou encore « New-York police judiciaire », ce qui peut à certains moments égarer le lecteur ou lui donner une impression de déjà lu, nous recommanderions « Le cadavre du fleuve » de Marie-Francoise IBOVI à tous ceux qui souhaitent passer un bon moment de lecture.
Serge BILLO EBANGA est né à Ngaoundéré (Grand Nord Cameroun) au début des années 80. Il est un passionné des arts, des lettres et de poésie. Il est chercheur et consultant en phytothérapie et litothérapie. La médecine holistique est son premier amour.
Plume montante de la poésie camerounaise et africaine, ce passionné est l’auteur de plusieurs recueils. Par ailleurs, il est membre de la World Poetry Movement (WPM), du Collectif des Auteurs Africains (CODAAF), et depuis janvier 2023, ambassadeur de l’Association des Poètes Africains (APA) au Cameroun.
Serge BILLO EBANGA est également comédien et scénariste. Il est le secrétaire général de COCIPY3 (Collectif des Cinéastes Professionnels de Yaoundé 3ème) et membre de PRODAACC (Producteurs Associés de l’Audiovisuel et du Cinéma Camerounais). Il œuvre activement à la structuration de la cinématographie et de l’audiovisuel au pôle art cinématographique du ministère de la culture du Cameroun.
Vous souhaitez avoir son contact ? Nous écrire à 6 90 19 51 26 ou acolitterature@gmail.com
Le Pr Assana Brahim est Chargé de Cours à l’Université de Ngaoundéré et enseigne les Sciences du langage et les Arts du Spectacle au Département de Français de cette l’Université. Il a soutenu une thèse de doctorat Ph.D sur la réception des messages de prévention du VIH dans la ville de Ngaoundéré en étudiant les affiches, les spots publicitaires et les films radiophoniques.
Assana BRAHIM est auteur de plusieurs articles dont « Le recours aux artistes dans les stratégies d’implication de Protectiv’ : une approche argumentative et sociosémiotique d’un spot télévisé », in Annales de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines, vol. XVI- 2015, Paris, L’Harmattan, 2015., et « Deux affiches dans la ville de Ngaoundéré », in Tourneux H. et Metangmo-Tatou L., Parler du sida au Nord-Cameroun, Paris, Karthala, 2010. Ses axes de recherche tournent autour de l’Analyse du discours, plus spécifiquement des problèmes de réception des messages liés à la communication sociale et publicitaire. Ces axes mettent un accent sur l’ancrage socioculturel des discours sociaux étudiés.
Le Pr Assana BRAHIM a une plume qui ne tarit pas d’encre. Sa bibliographie, avec des genres littéraires diversifiés, s’agrandit à une vitesse qui pousse à l’admiration :
Poésie
– L’Éclipse du Désespoir, poèmes-chants, 2012, Éditions Ifrikiya – Amour de la Sagesse et Sagesse de l’Amour, poèmes-chants et maximes, 2016, Éditions Ifrikiya
Roman
– Les Blancs arrivent !, 2018, Éditions Proximité – Silence, le Diable passe !, 2019, Éditions Ifrikiya – L’enfant au paradis perdu, 2020, Éditions Ifrikiya – Le fœtus meurtrier, 2022, Éditions Ifrikiya
Épopée
– Les Sao, la chute de la civilisation de la terre cuite, 2020, Éditions Proximité – Toumaï. Le premier monde, 2021, Éditions Ifrikiya
Théâtre
– Halima. Dans le bureau fermé du patron, 2020, Éditions Ifrikiya – Alim. Dans la prison enchantée de la passion, 2021, Éditions Ifrikiya
Nouvelle
Couples sous le couvert du kongossa. Neuf mystérieuses enquêtes du commissaire Gambo, 2021, Éditions Ifrikiya
Essai
– L’Arabe du Cameroun, entre l’histoire des mots et les mots de l’Histoire, 2019, Éditions Ifrikiya – Panorama de la poésie orale et écrite du Nord-Cameroun, 2019, Éditions Ifrikiya – Les Présidents Ahmadou Ahidjo et Paul Biya face au défi linguistique de l’unité nationale, 2020, Éditions Ifrikiya – Aphorismes pour comprendre l’Amour de A à Z, 2020, Éditions de Midi – L’art dramatique du Nord-Cameroun, entre les discours de la théâtralité et la théâtralisation des discours, 2021, Éditions Ifrikiya
La bibliographie du Pr Assana BRAHIM en images
Suivez le Pr Assana BRAHIM ici : https://www.facebook.com/assana.brahim.92?mibextid=ZbWKwL
l’Association Des Fous du Livre a procédé ce 12 octobre à l’exposition du catalogue des Éditions Les fous du livre et aussi des catalogues d’autres éditeurs camerounais. Des dizaines de livres, genres littéraires confondus, ont ainsi été présentés à l’oeil avisé du lecteur africain.
Les visiteurs du festival International Le Souffle de l’Harmattan ont accueilli favorablement la littérature camerounaise, et les nombreux livres achetés ont bénéficié d’une marque apposée par Marie Bertille MAWEM et son équipe de Fous du livre.
La quatrième journée du Festival International Le Souffle de l’Harmattan s’annonce encore très riche. Elle est réservée aux Fous du livre. En ce moment, le pôle des Fous du livre du Tchad est au four et au moulin, pour que la journée de demain soit marquée dans la roche tchadienne, et que le Souffle de l’Harmattan chante sa joie d’avoir accueilli Les fous du livre, de nombreuses années encore.
POUR RAPPEL…
Le 13 octobre 2023 marque aussi la dateline des inscriptions à l’appel à textes pour la 4e édition du prix Francis BEBEY. Il s’agit d’une initiative des Éditions Les fous du livre. Le règlement ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=621004253484078&id=100067235262143&mibextid=Nif5oz
Bonjour, monsieur BEKOLO BEKOLO ou devrais-je dire « Pabe MONGO »… Merci de vous livrer à notre jeu de questions. Vous êtes un acteur de la scène littéraire africaine qu’on ne présente plus. Vous êtes entre autres le coordonnateur national du pôle littéraire du Cameroun et le président de l’Association Nationale des Poètes et Écrivains Camerounais (APEC), la toute première association littéraire du Cameroun. Quelles sont les missions de l’APEC à cette ère de la littérature camerounaise ?
Créée le 23 Janvier 1960, l’Association Nationale des Poètes et Ecrivains Camerounais a le même âge que l’état indépendant du Cameroun. A l’aube exaltante des indépendances, l’APEC se donnait pour mission sacrée « d’arrimer l’indépendance culturelle à l’indépendance politique ! » Pendant trente ans (1960-1990), cette prestigieuse association va fonctionner à l’unisson du pays, comme une véritable République des Lettres au sein de la République du Cameroun ! En 2017, au moment où nous en prenons les rênes, l’APEC est dans un état de dormance depuis près de 25 ans ! Nous plaçons notre mandature sous la bannière de « APEC RENAISSANCE » ! Par cette devise, nous nous arrimons directement à la Renaissance Africaine, le nouveau concept fédérateur de l’intelligentsia continentale dont nous épousons les objectifs ! Depuis lors, nous sommes attelés à faire en sorte que la littérature du Cameroun devienne l’un des plus grands fleuves qui alimentent l’océan littéraire africain ! A noter d’ailleurs que l’APEC est un membre fondateur de l’Association Panafricaine des Ecrivains (PAWA), fondée en1989 et basée à Accra au GHANA.
Y’a-t-il des critères particuliers, en dehors d’être poète et/ou écrivain, pour être un membre de l’APEC ?
L’APEC est la maison des poètes et des écrivains camerounais. De tous les poètes et tous les écrivains : qu’ils soient publiés ou non. Il suffit d’avoir produit un manuscrit, ou d’être en train de rédiger son premier texte, ou seulement d’avoir envie d’écrire ! Les écrivains confirmés, les auteurs en herbe, ou en rêve, s’exprimant dans les langues officielles, étrangères ou camerounaises sont les membres naturels de l’APEC ! En dehors de ces membres naturels, l’APEC s’honore aussi d’avoir des membres d’honneur et des membres bienfaiteurs issus de toutes les couches de la société et œuvrant à la promotion de nos belles lettres.
L’APEC a lancé, l’an dernier, le Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun (GPLMC). Cette première édition a été remportée par Djaili Amadou Amal, la diva de la littérature qu’on ne présente plus. La deuxième édition court depuis le 06 octobre dernier. Quelles sont les promesses de cette deuxième édition ?
En dépit des contraintes de temps, des objectifs trop nouveaux et d’une organisation plutôt complexe (trois sous-jurys et un super jury bilingue), la première édition du Grand Prix Littéraire du Mont Cameron, aura été un coup de maître. La participation record à cette première édition a mobilisé dix-neuf maisons d’édition dont 13 francophones, 04 anglophones et deux en Europe, avec un ensemble de 45 ouvrages : 7 en langues nationales, 5 en anglais, 33 en français.
Djaili Amadou Amal avec son trophée Quelques images de la première édition
Huit Prix Spéciaux escortaient le Grand Prix, tandis que de hautes personnalités du monde des Lettres recevaient des distinctions honorifiques de Dignitaires de la plume et de Dignitaires honoris causa. La réussite populaire était également au rendez-vous avec une Salle de convivialité comble et débordante. L’édition 2023 entend évidemment aller plus loin, notamment dans la communication, la mobilisation des partenariats et du sponsoring, et la promotion du second volet du Grand Prix, à savoir les distinctions honorifiques de Dignitaire de la Plume et Dignitaire honoris causa.
Au Cameroun, on compte une pléthore de prix littéraires. Le GPLMC vient-il pour corriger des imperfections ?
En effet, la scène littéraire camerounaise est vivace, surtout en matière de Prix littéraires. Vous avez des prix sur manuscrit, des prix sur un seul genre littéraire, des prix sur une langue, etc. L’approche de l’APEC n’est point corrective, mais globalisante ! Elle trouve son fondement dans notre volonté d’embrasser et de brasser l’ensemble du phénomène littéraire camerounais et de le pétrir pour en faire une institution digne de notre pays. Pour bien appréhender l’impératif de la globalisation, il faut consulter de l’état actuel de notre littérature. A nos yeux, la littérature camerounaise se présente à ce jour comme un archipel d’îlots littéraires, sans passerelles entre eux et sans bordure tout autour ! Il y a la littérature camerounaise d’expression française et la littérature camerounaise d’expression anglaise, deux corpus de notre littérature, qui ne se parlent ni ne se connaissent ; encore heureux qu’ils ne se combattent ! La bibliographie de la diaspora constitue un troisième ensemble distinct, sans lien organique avec les autres. A ces trois premiers ensembles s’ajoute la germination des littératures en langues nationales qui se font déjà remarquer par leur grande vitalité.
Lancement de la deuxième édition
Le Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun qui se veut une copie conforme du bilinguisme et du multiculturalisme national met toutes ces monades en émulation, dans tous les genres littéraires majeurs (roman, théâtre, poésie et nouvelle) et dans toutes les langues d’expression (français, anglais et les langues nationales) pour en faire une gerbe littéraire colorée et unie.
Au regard de sa structuration, le GPLMC serait donc, sans toucher au mérite de l’animation ambiante tous azimuts, une sorte de Prix des Prix ! Emporter ce Prix c’est véritablement se situer au sommet de la littérature de notre pays, et non dans une loge médiane. D’où son nom Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun. Le Symbole du Mont Cameroun, la demeure tutélaire de EPASA MOTO, est invoqué ici pour
L’un des objectifs que nous voulons atteindre par ce prix c’est de soutenir tous les genres littéraires et remettre à flots ceux qui ont tendance à disparaitre sous la pression de l’image et du numérique. Le théâtre en particulier, la nouvelle aussi. D’ici peu, ressuscités par le GPLMC, tous ces genres vont reverdir !
L’autre objectif est de contribuer au vivre ensemble camerounais en littérature par la traduction de l’ouvrage gagnant dans l’autre langue officielle. Ce qui concourt également à influencer favorablement la circulation des ouvrages.
Le GPLMC ne se contente pas de délivrer un palmarès, il suit l’auteur primé durant toute l’année. Il est alors revêtu de son bandeau glorieux qui fait office de lauriers ! Vous noterez enfin que la participation au GPLMC est gratuite. Il n’est réclamé aucun franc pour faire acte de candidature. Nous en faisons une question d’honneur et de résilience, malgré les affres de la conjoncture.
Vous totalisez 52 ans de vie d’écrivain, quel regard posez-vous sur les jeunes acteurs du livre camerounais ?
52 ans de pratique littéraire ! Je rends grâce à l’Eternel pour cette merveille ! Du haut de ma tour du cinquantenaire, je suis heureux de constater que le Cameroun reste toujours la terre des génies littéraires qu’elle a toujours été. De Ferdinand OYONO, MONGO BETI à Djaili, en passant par Calixthe BEYALA, Léonora MIANO, Eugène EBODE et beaucoup beaucoup d’autres, le Cameroun maintient son firmament littérature bien étoilé. Il faut à présent qu’une institution littéraire nationale professionnelle et ambitieuse mette en valeur cette iconie de manière endogène. Telle est la raison d’être du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun.
Propos recueillis par Linelitt
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La première édition du concours de poésie Assimba est lancée. Le règlement intérieur ici : https://assimbaa.org/concours-assimbaa-poesie/
Sous le thème « Littérature et engagement », un weekend riche de connaissances, riche de contacts, riche de collaborations, riche de lecture, riche de décisions autour du livre… s’annonce.
Du 13 au 15 octobre 2023 à Nantes (France), les œuvres africaines orales, écrites et dans diverses langues, ne pourront pas laisser indifférents les nombreux visiteurs attendus.
Plusieurs acteurs du livre de renom seront de la partie…
Le Festival des Littératures Africaines est une initiative de l’Association pour la Promotion des Bibliothèques Rurales (ASPROBIR). Elle a pour objectifs :
– La promotion et le développement du livre africain dans le monde, en valorisant la diversité culturelle et linguistique, en favorisant la coopération entre les acteurs du livre, en stimulant la production et la diffusion littéraires, en soutenant la création et la recherche
– Le renforcement des liens entre les littératures africaines et les autres littératures du monde
La découverte de nouveaux talents et de nouvelles tendances
– L’initiation des débats et des réflexions sur les enjeux actuels de culture et de développement.
Les activités de la 8e édition
– Le marché du livre – Des conférences – Des tables rondes – Des concours – Des spectacles – Des ateliers d’écriture – Des expositions et de nombreuses animations.
Le programme complet
Une aventure littéraire à vivre…
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N’hésitez pas à associer votre image comme sponsors, partenaires ou participants au Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé (SALAFEY). Cette année, le SALAFEY mettra aussi en avant les enfants sourds et malentendants.
« Ce roman porte également mes espoirs d’une aube nouvelle pour l’unité nationale au Cameroun, dans chaque pays africain et entre tous les africains. »
Bonjour, madame et merci de vous prêter à ce jeu de questions. En tant qu’auteure, comment vous définissez-vous ?
C’est moi qui vous remercie de me prêter votre tribune pour parler de mes livres. Pour répondre à votre question, je dirais que je suis une exploratrice de la nature humaine et une passionnée de la transmission. Je ne me donne pas de limites de genres dans mon expression littéraire.
Vous avez flirté avec la poésie, la bande dessinée, et cette année vous avez jeté votre dévolu sur le roman. « Et les femmes se sont tues » est né. On peut distinguer sur la couverture un soleil qui se couche ou se lève, la statue de la réunification à Yaoundé, un homme âgé sur une moto enchainé au conducteur… Tellement de symboles ! Sabine MENGUE, parlez-nous de ce roman.
Je suis heureuse que vous ayez observé certains détails de cette couverture réalisée par un jeune camerounais, Michel AMBASSA. En effet, à elle seule elle illustre les grandes lignes du roman. D’abord la transmission intergénérationnelle, qui est un des thèmes centraux du récit. La chaine qui lie le jeune au vieillard représente un destin commun. Le destin des jeunes africains d’aujourd’hui n’est pas indépendant du sacrifice que les plus anciens, des gens ordinaires, voire anonymes pour les historiens, mais connus de leurs famille et entourage, ont concédé. Mon espoir est que ce roman soit un prétexte pour beaucoup d’échanges dans les familles, entre les grands-parents qui sont de plus en plus délaissés aujourd’hui et leurs petits, voire arrière-petits-enfants.
Ce roman porte également mes espoirs d’une aube nouvelle pour l’unité nationale au Cameroun, dans chaque pays africain et entre tous les africains. Au Cameroun, cette unité dont le socle est l’engagement de nos grands-parents du nord au sud, de l’est à l’ouest, devrait être précieuse pour notre génération et celle de nos enfants. Pour cela, je vous inviterai à lire le discours de la renaissance de Ange, celle par qui l’histoire a commencé.
La femme qui domine le paysage a en même temps le poing levé et une main sur la bouche, car j’ai un rêve : celui que la femme africaine reprenne la parole pour réclamer l’avènement des lendemains meilleurs pour tous les enfants du continent. La moto symbolise le temps qui s’accélère, l’histoire qui avance et que l’on ne peut pas arrêter.
Comment avez-vous procédé pour l’écrire, ce roman somme toute historique ? Êtes-vous allée sur le terrain pour avoir des idées, par exemple ?
J’ai commencé l’écriture de ce roman en 2019. Tout part de l’histoire de mon grand-père qui a été prisonnier à Mantum, arrêté lors des manifestations contre les résultats des élections législatives du Cameroun Fédéral en avril 1964. Aussi, il y a en partie des faits réels récoltés auprès de ma famille, ma maman, mes oncles et tantes… Ils m’ont transmis des informations précieuses sur le contexte des années 60, la vie courante, ce que les gens buvaient, quels types de musiques ils écoutaient, comment était la ville, l’habitat à Yaoundé, la vie dans les quartiers, etc. Ensuite, je me suis basée sur des ouvrages d’histoire et des travaux de recherche universitaires. J’ai enfin consulté des historiens qui ont pu me donner certaines informations basées sur leurs propres souvenirs. En tout cas, le lecteur pourra se référer à la fin de l’ouvrage pour voir les sources.
Enfin, en 2022, lors d’un voyage au Cameroun, j’ai fait une tentative de consultation des Archives Nationales du Cameroun et celles de la prison de Mantoum où était incarcéré mon grand-père. Ma tentative n’a pas abouti, mais je ne désespère pas de pouvoir un jour y accéder.
Et les femmes se sont tues veut, à travers une histoire d’amour, une histoire de famille et une histoire politique, susciter le désir chez les jeunes et les moins jeunes d’aller chercher, lire l’Histoire, raconter et se laisser raconter l’histoire des hommes ordinaires, pour se poser la question de leur propre engagement en tant que citoyen.
Il faut préciser que ce livre parait en autoédition… Quelles sont les difficultés d’une autoéditée et aussi ses avantages ?
Je ne peux pas en parler de manière exhaustive ni pour tous les auteurs autoédités, mais je peux revenir sur mon expérience. Ce qui a guidé mon choix ce sont les lecteurs. Je souhaitais toucher en premier lieu les lecteurs qui vivent en Afrique et au Cameroun en particulier. Or, les maisons d’édition basées en France, où je vis actuellement, n’atteignent pas facilement ce public. Je voulais également me soustraire aux aléas temporels d’une maison d’édition. Si vous en trouvez une qui accepte d’éditer votre texte : soit elle vous presse de sortir un livre à telle date, soit elle prend beaucoup de temps pour vous publier. Et cela peut vous refroidir dans votre processus d’écriture. En revanche, l’autoédition requiert une grande exigence. Mon but était d’arriver à un livre aussi professionnel que celui d’une bonne maison d’édition. Mais tout repose sur vous après avoir écrit votre roman ; toutes les charges et démarches vous incombent : la conception, les coûts de relecture, de la couverture, de l’impression, du référencement de l’ouvrage, de la communication, de la distribution, etc. J’ai aimé réaliser une grande partie de ce travail, mais il est primordial de se faire accompagner par des professionnels à certaines étapes, comme des agents littéraires et d’autres, pour que justement le livre rencontre le lecteur.
Quelles sont vos prochaines actualités ?
Parallèlement à la sortie de Et les femmes se sont tues, j’ai également publié un recueil de textes poétiques, Posie Berry. Il fera sa propre vie, car je n’en fais pas tellement la publicité. C’est un recueil qui rassemble des textes assez engagés, qui questionnent l’évolution technologique et les relations sociales, la vie des jeunes, nos racines… D’autres surprises arrivent en 2024. Mais avant tout, j’espère venir au Cameroun en 2024 pour rencontrer les lecteurs de Et les femmes se sont tues.
Propos recueillis par Linelitt’
Espace PUB’
En collaboration avec Ghosts Universe, ACOLITT tiendra un atelier d’écriture ce dimanche. Il se tiendra en ligne et sera accessible le jour dit, dès 15h, par le lien suivant : https://meet.google.com/ibe-qcuv-scv